Et sinon, ce week-end à Marseille, c’était bien ?

Deux ans plus tard, je me penche enfin sur la question du week-end à Marseille mais je vais angler l’article différemment puisque pas mal d’articles ont été écrits sur le sujet. En quelques mots, je dirais que l’organisation fut au top, le parfum n’est pas dans mon style mais plutôt agréable. J’avoue que sur le coup, je craignais un peu que ça fasse un peu trop cocotte Eau jeune mais ça va. J’en ai profité pour me racheter du baume à la cerise et quelques petits produits, j’ai pris le soleil à Marseille. Chouette.

Bien, voilà, en résumé, le soleil marseillais m’a fait du bien, j’ai un peu joué les autistes en restant avec une Bridgette et un SweetAnge mais quand on bosse avec des blogueurs toute la semaine, on n’est pas forcément motivé à l’idée de trop se mélanger le week-end, même si certaines furent particulièrement sympas. J’aurais certainement été plus cordiale si je ne venais pas d’entamer ma petite déprime. Au point que j’ai failli annuler le week-end mais j’ai bien fait de ne pas le faire, ça m’a fait du bien même si techniquement, le bénéfice a duré jusqu’à lundi 10h. Du coup, il est vrai que je n’étais pas au mieux de ma forme mais c’est pas pour autant que je n’ai pas été attentive à l’organisation du week-end. Car là, je suis face au dilemme de la travailleuse du web : dois-je louer honnêtement le travail de la concurrence ou le fustiger en étant exigeante à l’extrême ? Mmmm…



N’étant pas d’un naturel garce, j’aurais du mal à dire du mal gratuitement, juste pour le plaisir de descendre un « concurrent ». Au contraire, j’ai plus tendance à me comparer à nos deux accompagnatrices, Vicky et Acia (pas la mienne de Vicky) et quand quelque chose se passe bien, ça fait quand même plaisir qu’on reconnaisse notre travail. Parce que des râleurs, il y en aura toujours et pour ma part, je n’ai pas envie de pinailler. Imaginez un peu le travail que ça peut représenter, de réunir 40 nanas à Marseille (pas toutes de Paris), les loger, les déplacer, les nourrir, les faire tenir (relativement sagement) dans un magasin, les occuper sinon ça râle… Oui, quand on n’est pas de l’autre côté de la barrière, on a tendance à être exigeant… A moins que ce ne soit l’inverse ? Après tout, étant justement de l’autre côté de la barrière, n’est-on pas plus en attente encore, estimant que telle chose est normale et une autre pas ?


Il est vrai qu’être juge et partie peut fausser la donne. De mon côté, les blogueurs qui sont dans le milieu et ne jouent pas le jeu m’énervent plus que tout car ils savent qu’on a des deadlines à tenir. Ohoh, je vois, ça fait de suite « ouais donc toi, tu dis des gentillesses par solidarité professionnelle ! ». Tut tut tut, point du tout.

Ca aurait été foiré, j’en aurais juste pas parlé. Juste que parfois, des blogueurs qui voient du positif, c’est bien aussi, vu qu’il est pas mal de bon ton de jouer les blasés en disant que tout est nul, mauvais, qu’on nous ment, on nous spolie… Bref. Pour ma part, j’ai trouvé ce petit week-end objectivement bien organisé et si je devais souligner du négatif, je dirais qu’amener 40 blogueuses dont une énorme majorité ayant moins de 25 ans à un concert de Nina Hagen, c’était suprêmement couillu (personne n’a aimé mais moi, ça m’a fait rire quand même). Pour le reste, l’idée de nous faire circuler en petit train était pour le moins incongru mais assez marrant en fin de compte.


Bref, une belle organisation quoi qu’on en dise et rien que pour ça, ça fallait la peine d’écrire un article sur le sujet. Et de façon toute personnelle, j’ai noté mentalement quelques petites leçons car le  « RP » (relations publiques), ce n’est pas mon travail du tout mais ça me sert d’observer, même si je ne suis pas sûre d’avoir envie de me diriger dans cette voie là.

Et pour finir, un peu de Nina Hagen !

Joyeux Noël !

Aujourd’hui, c’est Noël. Après avoir déballé vos beaux cadeaux, vous foncez ici voir mon nouvel article, bande d’intoxiqués ! Et comme je suis sympa, je mets à jour même les jours fériés. Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de Noël… l’histoire de mes Noël.

 Premier souvenir de Noël, en 81, j’avais donc un an et quelques et je me souviens juste de trucs en plastiques tout rond en forme de H qui s’emboîtaient et un jouet rond qui avait une ficelle : quand on tirait, ça faisait un bruit d’animaux. J’avoue que c’est mon tout premier souvenir, je ne suis même pas sûre de vraiment m’en souvenir, peut-être ai-je reconstruit mes souvenirs par des photos parce que se souvenir d’un truc qu’on a vécu quand on avait même pas deux ans, ça me paraît gros… Cette même année, à la fin des fêtes, le sapin, tout sec, m’est tombé dessus, il paraît que j’ai hurlé comme jamais. Là, je m’en souviens pas, j’ai dû occulter. N’empêche que depuis, j’ai toujours peur de me faire piquer par un sapin (vive les sapins normands !).
 
Après, c’est un peu confus. Les Noëls se suivent et se ressemblent… Je me souviens, une année, on était allés au parc pour jouer (il devait faire un froid de canard, ils sont fous mes parents !). Ma maman nous surveillait pendant que mon papa s’éloignait discrètement. On s’en est donné à cœur joie et quand on est revenus à la maison (mon papa était revenu), il y avait les cadeaux au pied du sapin ! J’étais émerveillée. Je me souviens, cette année-là, ma sœur a eu un train un peu bizarre, les wagons étaient des gros carrés… Ce Noël me marqua et pendant longtemps, je n’ai pas compris pourquoi Noël c’était un coup le matin, un coup l’après-midi, un coup le soir… Oui, à l’époque, les dates, ça ne voulait rien dire pour moi.
 
Ensuite, pendant longtemps, le Père Noël est entré en scène. En fait, on ouvrait les cadeaux le soir, on regardait le programme de Noël à la télé puis ma mère nous disait que le Père Noël allait arriver donc il fallait se cacher, on montait en courant dans ma chambre (la plus grande), accompagnées de ma maman. Mon père sortait discrètement et sonnait : ding dong ! Il ouvrait la porte et dialogue :
« Bonjour !
– Bonjour Père Noël
– Alors, est-ce que Nina et Alice ont été sages cette année ?
– Oh, je sais pas !!
[Nous, en haut, doucement : si ! si ! si !]
– Oui, elles ont été sages.
– Alors, elles vont avoir leurs cadeaux ! »
Mon papa installait les cadeaux en bas puis une fois fait, le Père Noël disait au revoir et on avait le droit de descendre. Pendant des années, j’y ai cru dur comme fer. Une fois, mes parents nous ont fait une blague : le Père Noël allait monter dans nos chambres mais il fallait se cacher parce que s’il nous voyait, on aurait pas nos cadeaux ! Je me suis cachée sous ma couette (top original), morte de trouille mais le Père Noël n’est pas monté, finalement…
 
Il y avait une autre mythologie en rapport au Père Noël. A l’époque, nous habitions dans un appartement en rez-de-chaussée dans une résidence donc nous n’avions pas de cheminée, ce qui me turlupinait beaucoup : un Père Noël, ça passe par la cheminée, il vient par où, le nôtre ? Par la porte, nous l’avons vu plus haut mais nos voisins du 2e étage, amis de mes parents, avaient une cheminée : le Père Noël passait donc forcément par chez eux ! Mais c’est bien sûr.
 
Sinon, je me souviens d’une année, j’étais petite, j’étais allée chez ma nounou pour le Noël. Ma nounou était la mère d’une camarade de classe de ma mère et elle avait plusieurs enfants à charge. Sa fille cadette avait une dizaine d’années de plus que moi, un peu plus, peut-être et donc, elle ne croyait plus au Père Noël. Je me souviens, ma nounou m’expliquait chaque année qu’en allant au supermarché, elle croisait le Père Noël qui faisait ses courses pour nous. Sous-entendu : j’ai acheté vos cadeaux. Et il est très aimable, ce monsieur, il nous faisait toujours passer un bonjour. Donc une année, nous voilà dans le salon quand la fille de ma nounou se met à crier : « oh, le Père Noël ! », en regardant par la fenêtre. Je me précipite à la fenêtre mais ne voit rien. « Mais si, là, regarde ! » Ben non, je n’ai rien vu et ça m’a franchement désappointée.
 
Il y eut une année aussi où il se passe quelque chose de terrible…mais de très drôle. Dans le journal, il y avait une annonce : appelez le Père Noël. Nous voici donc joyeusement réunis autour du téléphone, papa, maman, Alice et moi. Quel moment solennel ! Ma mère compose le numéro et met le haut-parleur et là : « salut, cochonne, c’est le Père Noël lubrique, je vais venir visiter ta culotte ! » (un truc du genre). Mes parents, mortifiés, tardent à couper la conversation tandis qu’Alice et moi pouffons : « Le père Noël, il a dit culotte ! ». Hé oui, dans le journal, l’annonce pour le Père Noël était accolée à celle d’un autre genre de Père Noël et ça a fait un vrai scandale car mes parents n’ont pas été les seuls à se tromper.
 
Puis vint le jour terrible de la révélation. J’étais en classe de CE1 avec une prof vieille fille qui était sévère mais juste. Quand on avait des bonnes notes, on avait des petites images et au bout de dix, on avait un poster (moi j’aimais mieux les petites images, des vignettes panini, les posters étaient moches). Quand on était pas sage, elle nous tapait sur le bout des doigts avec une règle, mais ça ne m’est jamais arrivé, ça. Non, moi, je me prenais juste des C et des D en écriture. Un jour, pendant le cours, je ne sais plus de quoi on parlait mais la révélation vint : « oui, c’est comme la Petite Souris ou le Père Noël, ce sont des contes, ça n’existe pas ! » et là, tous mes camarades : « oui, bien sûr, ça n’existe pas ! ». Et moi, je me prends un monumental coup de massue. Je me souviens ce jour-là m’être sentie désespérée pour la première fois de ma vie : le Père Noël n’existe pas ? Mes parents m’ont menti ? A bien y réfléchir, souviens-toi cette nuit où tu avais senti la main de maman glisser sous ton oreiller alors que tu y avais mis ta dent de lait… Et la fois où au lieu de trouver une pièce de 10 francs, tu avais trouvé une pesetas ! Ca aurait dû te mettre la puce à l’oreille ! Ce que tu as été naïve, ma pauvre fille ! Ce jour-là, je n’ai pas pleuré, uniquement par fierté : les autres semblaient savoir que le Père Noël n’existait pas, je ne voulais pas passer pour une sotte.
 
Depuis, les Noëls ont moins de saveur. Je n’avouerai que deux ans après à mes parents que je n’y crois plus, je me suis toujours tue pour préserver Alice. Mon père ne jouait plus au Père Noël, il attendait qu’on soit couché pour mettre les cadeaux au pied du sapin. Quelques années plus tard, quand ma sœur arrêta de croire, aussi, on faisait Noël le soir, ce qui était une mauvaise idée en soi vu qu’on voulait toujours profiter de suite de nos cadeaux…
 
Une année, ce fut terrible. On savait où nos parents cachaient les cadeaux donc on était allées, avec Alice et nos voisines, voir ça de plus près, on avait dé scotché les paquets et vu tous nos cadeaux. Ben, cette année-là, le déballage fut nettement moins beau et je regrette encore de l’avoir fait. Car ce qui est bien à Noël, c’est avant tout la surprise, selon moi. Le plaisir de déballer et de voir ce que l’on nous a offert. Le plaisir de voir le visage de l’autre s’animer en découvrant le beau cadeau qu’on lui a fait. Cette année-là, j’ai pris une leçon et je ne l’ai plus jamais refait.
 
Du coup, nouvelle tradition : le 24 décembre, pour tromper notre excitation, ma sœur et moi allions au cinéma (ce qui permettait à notre mère de pouvoir faire ses paquets cadeaux tranquille) voir le dernier Disney. Curieusement, en grandissant, l’attente m’a paru moins pénible. Ca fait même deux ou trois ans que je réalise pas que nous sommes déjà Noël (et que je suis à la bourre dans mes cadeaux).
 
Noël, c’est souvent une mauvaise période dans ma famille : il y a toujours des décès autour de nous à ce moment-là, des drames. Les quelques jours précédant le réveillon sont généralement tendus, chaque année, y a des engueulades dans la famille, peut-être parce que l’hiver débute et que le moral baisse, peut-être parce qu’on est stressés par la course aux cadeaux, qu’il manque toujours un truc à la dernière minute…Je me souviens d’une année où ma mère m’a envoyée chercher des serviettes en papier au supermarché… un 24 décembre à 18 heures ! Donc chaque année, je déteste le mois de décembre jusqu’au 24 au soir où tout se détend, tout va mieux, tout se règle. Puis le 25, on s’échange nos cadeaux dans l’amour et l’harmonie. J’ai rarement été déçue, faut l’admettre… Cette année, je n’ai pas fait de liste donc ce sera la surprise totale… Et c’est tant mieux !
PS: Oui, c’est moi sur la photo en grenouillère rouge. J’étais mignonne, hein?