Ben, tiens, si je prenais un amant ?

Avant d’aller plus avant dans cet article, je précise pour ceux qui tombent sur ce blog pour la première fois et à qui je souhaite la bienvenue que je ne suis pas actuellement en couple donc tout ceci n’est que fictif.

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Vendredi soir, je rentre chez moi avec ce qu’il reste de mes pieds congelés et ô surprise, je découvre un nouvel article d’Enzo sur les règles d’or de l’adultère. Tout en débattant (enfin, débattre quand on a le même avis, c’est pas trop le mot) du sujet avec le jeune homme sur MSN, je décide de prendre le sujet en main : Nina devient infidèle à Wenworth grâce à aufeminin, c’est parti.

Avoir un amant, c’est très chic et ça occupe. Bon, entre mon taf, mon mec et mes copines, je sais pas trop où le caser mais tout est question de volonté dans la vie et si je le vois qu’une fois tous les 15 jours, c’est pas grave, il va pas commencer à me saouler non plus. De toute façon, ils le disent dans l’article, faut pas que je m’attache, je vais donc prendre un gigolo gratuit connard, en somme. Comme moi, je suis une fille bien, je mets les choses au clair de suite « écoute, j’ai pas besoin d’un mec, j’en ai déjà un, toi, je te prends juste pour ton sexe alors la ferme et on y va ! ». C’est fou comme l’adultère me rend dominatrice quand même. Bon le souci, c’est qu’avec amant qu’on va appeler Jean-Baptiste comme un joueur de rugby trop craca miaou, on peut pas trop jouer à tu m’attaches, tu me fouettes, ça laisserait des traces et il ne faut pas. Donc moi, je suis la fille hypra honnête qui dit de suite « tombe pas amoureux de moi, ça sert à rien ». Parce que je suis aussi très prétentieuse pour le coup, je suppose que forcément, Jean-Baptiste va tomber in love, bien sûr.

Comme je suis honnête mais pas garce (enfin, pas avec Wenworth), je ne dirai rien à mon mari ni à mes enfants, comme le dit le site. D’ailleurs, en gentlewoman que je suis, je ne coucherai jamais avec Jean-Baptiste devant Kenya, je dois la préserver. Mais je dois faire attention à pas me faire piquer donc c’est parti pour la phase de désinfection de JB. Ciao les cheveux et poils qui ne m’appartiendraient pas, à la lessive mes fringues qui sentent le Hugo Boss alors que Wenworth est très Calvin Klein, à la douche pour effacer cette odeur tenace de sexe. C’est marrant, quand on fornique, on a toujours l’impression de puer le sexe à 3000 lieues à la ronde alors qu’en fait, non. Enfin, je crois pas. Enfin, de toute façon, je me douche toujours après une folle nuit, c’est la base de l’hygiène. Si je vis avec Wenworth, je ne dois pas amener JB à la maison. Mais ça, très franchement, faut aimer le risque parce que vas-y pour être sûre d’effacer toutes les traces, surtout qu’avec mon amant, je prends mes précautions, histoire de pas me la jouer Brooke dans Amour Gloire et beauté : « je suis enceinte mais qui est le père » et une capote, ça brûle mal, je crois. Donc JB, il me reçoit chez lui et c’est tout. De préférence, il habite dans un quartier où je ne connais personne et où je peux me balader avec de grosses lunettes opaques sur le nez sans qu’on se dise « tiens, j’ai vu Nina dans ce quartier l’autre jour, suis sûre qu’elle a un amant. La preuve, elle avait de grosses lunettes sur le nez ». Puis en plus, le site le dit bien JB est un connard en puissance (c’est même pour ça que je l’ai choisi, pour pas m’attacher) et il risque de me dénoncer à mon Wenworth d’amour donc je dois surtout pas lui filer mon numéro et me mettre sur liste rouge. Bon, Wen’, il a pas trop compris mon délire de liste rouge et j’ai eu du mal à m’expliquer mais on sait jamais, quoi…

Le secret est, paraît-il, de ne rien dire à personne puisque moins de gens savent, mieux c’est. Mathématique comme raisonnement. Sauf que je lui dis quoi, moi, à Wenworth, sur ces 2h où personne ne sait où j’étais ? Une copine alibi, c’est bien aussi, à condition de la prévenir, bien évidemment, ça évitera les « au fait, c’était bien jeudi soir avec Nina ? – Jeudi soir ? Mais je l’ai pas vue, pourquoi tu dis ça ? ».

 En fait, je lis cet article (qui ne dit même pas où trouver un amant connard) et je me dis que l’adultère, c’est vraiment trop fatigant pour moi. Déjà qu’à l’heure actuelle, je sais même pas si j’aurais du temps à consacrer à un Wenworth, rajouter un JB au tableau, c’est pas possible, là ! De toute façon, l’infidélité, c’est pas comme ça que je la conçois, j’en parlerai un autre jour !

L’éducation sentimentale

Par Summer
 

vous commencez à en avoir l’habitude, j’aime me poser ici des questions hautement philosophiques. Alors non, il ne s’agit pas du bouquin de Flaubert, ni de la chanson de Maxime donc on ne s’enfuit pas tout de suite, mais plutôt de : comment nos ex nous ont quelque part, formaté à attendre ou espérer de nos futurs, de bonnes ou de mauvaises habitudes.

Que se soit dans l’attente ou l’attention demandé à (espéré de ?) l’autre, une chose est sure selon moi, il n’y a pas que l’aspect sociétale qui entre en jeu. Certes c’est un fait indéniable que la société dans laquelle nous vivons a formaté une partie de notre éducation et même sentimentale pour preuve malheureusement que la condition féminine n’est pas la même sur toute la planète mais nos expériences amoureuses également.

Et si nos ex nous avaient habitués à attendre des signes divers, des attentions diverses que l’on considère comme étant un fait normal et qui ne l’est peut être pas au final ?

Prenons un exemple, une femme qui aura toujours été habituée à ce que son homme prenne des initiatives pour la distraire, trouvera sans doute normal que pour la survie de son couple l’homme qui partage sa vie présentement en fasse de même, et s’il ne le fait pas, elle pensera peut être que son couple est en péril, ou elle se fera grave chier mais ça c’est un autre sujet. Que les choses soient claires, je ne dis pas pour autant qu’elle ne propose rien pour être distraite hein ! Le but de mon article n’étant pas de légitimer les attentes réciproques des protagonistes mais de montrer combien l’éducation sentimentale joue sur ces attentes.

En effet, quand de petites attentions font défaut, il manque un repère, un repère inconscient que nos ex ont ancrés en nous. Je parle des femmes parce que c’est un domaine que je connais mieux puisque j’en suis une, mais j’imagine qu’il en va de même pour les hommes.

En gros si j’ai toujours été habituée à ce que les hommes soient doux et attentionnés avec moi, je considèrerais que c’est normal que les hommes le soient avec les femmes et donc je voudrais que l’homme qui partage ma vie le soit. A l’inverse, si j’ai toujours été avec des hommes qui refusaient de m’étouffer, qui me laisser vivre ma vie comme je l’entendais, je penserais
qu’il est normal que tous les hommes le soient et donc je voudrais un homme comme ça. Le problème c’est que si je suis une habituée du bichonnage et que je tombe sur un homme qui me laisse totale liberté, comment je fais pour trouver mes repères ou plus simplement comment je fais pour savoir qu’il m’aime ? n’aurais je pas toujours l’impression qu’il ne s’occupe pas de moi et
donc qu’il ne m’aime pas alors que ce n’est sans doute pas le cas ? Une chose est sure une attente va se créer et en cela tout le monde sait que les frustrations ne font pas bon ménage avec une vie de couple épanouie. Idem en sens inverse, si je suis une femme extrêmement libérée, ne me sentirais-je pas étouffer par autant d’attentions ? Limite si je ne remettrais pas également mon couple en question de peur d’être mise dans une cage dorée, il ne me laisse pas libre donc il n’a pas confiance en moi etc…

Toutes ces adéquations rendent elles plus fragiles l’avenir d’un couple ? Le passé affectif inconscient que j’appelle l’éducation sentimentale, a t il un rôle
déterminant ? si oui ça a quelque chose de fataliste et d’assez déprimant, parce que même si on en a conscience, comment peut on y remédier ? Faut il balancer tous les repères que le temps et l’expérience nous ont donné ? plus facile à dire qu’à faire. Pourtant, je ne sais si c’est une part d’optimisme ou carrément une utopie tenace mais je me plais à croire que les différences nourrissent et que l’adage, qui se ressemble s’assemble n’est que légende urbaine, mais si j’avais tort ?

Le nous est-il la mort du je ?

Vous avez 3h !
 

Un couple, c’est un toi, un moi, un double je, un nous. Je devrais écrire des chansons tellement c’est beau ce que je dis ! A partir où ces deux « je » deviennent un nous, perd-on une partie de son moi profond ?

 

Avant le couple, je suis « je ». Je fais ce que je veux sans avoir de comptes à personne. Mon emploi du temps, je le gère toute seule comme une grande. Sortir avec la girlie team ? Quand vous voulez les filles ! Rentrer tard du boulot ? Si je veux, mon neveu ! Une soirée rien qu’à moi avec un bain et des mags de filles ? Ce soir ou demain ou les 2 ! Une fois que le « nous » arrive, là, ça change un peu. Sortir avec la girlie team ? Quand je veux mais je vérifie quand même que ça colle avec l’emploi du temps de mon namoureux et je l’informe, qu’il sache où je suis. Et peut-être que je lui enverrai quelques textos dans la soirée. La soirée bain ? Quand il n’est pas là ou alors, je le mets dans mon bain mais j’enlève les boules de bain de filles et je laisse mes magazines à leur place. A moins qu’il ait envie de lire ses magazines mais soyons honnêtes, un homme et une femme dans un même bain, tous nus, dans l’eau chaude… Bon, ça dégénère toujours. Quant à rentrer tard du boulot, si je peux avoir un câlinou à la place… Bé voilà.

Alors soyons claire, je suis pas une fusionnelle : j’avais une vie avant mon mec, je vais pas y renoncer pour ses beaux yeux. Et je ne demande pas qu’il renonce à la sienne, bien au contraire, même. J’aime les mecs passionnés, qui peuvent me parler des heures de ce qui les branche et tout. S’il abandonne tout pour moi, franchement, ça m’emmerdera. Mais le fait est que quand j’ai un mec, j’ai envie de le voir et assez souvent en plus. Et plus je suis in love, plus j’ai envie de passer du temps avec lui, c’est normal. Du coup, j’ai moins de temps pour mes
amis et mes autres activités même si j’essaie de tout gérer au mieux.

 Le vocabulaire change peu à peu. C’est vrai qu’on conjugue de plus en plus les verbe à la 1ère personne du pluriel (ou à la limite, on met un « on » mais c’est

pareil) : « avec mon petit canard, nous sommes allés au ciné… Nous avons parlé de… Nous devons nous voir ce soir, je suis pas dispo, sorryyyyy ! ». On impose assez régulièrement notre moitié dans les soirées si celui-ci est le bienvenu. Parce qu’une soirée girlie team avec nos chéris, c’est plus une soirée girlie team donc là, ils sont priés d’aller boire des bières devant un match de foot de leur côté. Mais non, pas taper, je rigooooooole. Un petit cliché éculé ne fait pas de mal de temps en temps ! Mais c’est vrai que si chéri s’entend bien avec nos potes, il n’y a aucune raison de pas l’intégrer à nos soirées ! Même si ça fait une bouche à nourrir en plus et une chaise et de l’espace vital en moins.

 Puis on a beau ne pas être fusionnels et ne pas renoncer à ses activités extra job, être en couple, ce n’est plus pareil. Certaines choses nous paraissent soudain accessoires. Tous les gens en couple sortent en général moins ou plutôt différemment. Normal, un couple, c’est deux personnes, pas 10. On a besoin d’intimité, de moments à deux. Puis le couple développe son propre

langage, ses propres rituels, ses propres private jokes. Le couple devient une entité à part entière, même si on ne renonce pas à son individualité pour autant et c’est tant mieux. Mais je me pose la question : le couple nous tue-t-il pas un peu ? Ne perd-on pas un peu de soi en passant au nous ? Ca nous enrichit aussi. Si je prends ma relation avec Guillaume 1er, on avait des caractères assez opposés ce qui m’a permis de mettre un peu d’eau dans mon vin, gagner (un tout petit peu) en patience…Donc je suis pas en plein trip aigri « le
couple, c’est mal pour ma personnalité », pas du tout. Je me pose juste cette question : le nous tue-t-il le je ? Pour moi, la réponse est non : il ne le tue pas, il le fait évoluer. Après, selon les couples, c’est en bien ou en mal, bien sûr. Du coup, si c’est en mal, doit-on dire à nos amis « ton mec/ta nana a une mauvaise influence sur toi ! ». Nous y répondrons dans un prochain article (mouahahah, je vous ai bien eus !)

Dis, tu m’épouses ?

Je coupe un peu la saga « mon nouveau job » parce que sinon, ça va saouler tout le monde, moi comprise. Donc aujourd’hui, j’aborde un sujet qui n’est pas forcément
au cœur des préoccupations des vingtenaires : le mariage. Ou plus précisément la demande en mariage.

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Tout débute car une conversation avec ma sœur samedi soir. On discute de tout et de rien quand on en vient au sujet mariage. Disons que moi, je veux être tatie et je peux pas
être tatie tant qu’ils sont pas mariés (a décidé ma sœur mais souvenons nous que son cher et tendre est pompier et que si jamais un malheur arrivait et qu’ils ont des enfants… Bref). Donc
forcément « et c’est quand que vous vous mariez ?

– Quand Anthony me le demandera et ça peut être long ! ».

Oui, faut savoir qu’Anthony, ses potes le surnomment papi, c’est vraiment le Père tranquille donc effectivement, ça peut prendre du temps avant qu’il ne se décide. Bien que
moi, je le soupçonne de prévoir son coup en douce mais ma sœur ne me croit pas. Donc elle m’explique qu’elle le fait souvent chier à ce propos (oui, ma sœur et moi, on partage les mêmes gênes, je vous rappelle), elle lui a même fait remarquer que lors de leur voyage à Bali dans une quinzaine de jours, ils allaient se retrouver en haut d’un volcan à l’aube et que ce serait l’occasion idéale ! Alice, si tu me lis, s’il avait prévu de te demander ta main à ce moment là, t’as tout cassé.

Evidemment, n’étant ni une afficionada du mariage, ni en couple, le sujet ne m’a jamais travaillée mais d’en parler avec elle, je trouve ça amusant, je lui ai même suggéré de
faire un blog sur le sujet « quand me demandera-t-il en mariage ? ». Quand elle pose la question, il lui répond : « et pourquoi, toi, tu me demandes pas ? ». Alors vous ne connaissez pas ma sœur mais vous avez plus de chance de la voir manger une limace vivante que de demander son mec en mariage. Mais la question reste amusante. Comment demander quelqu’un en mariage ? Ou comment provoquer la demande ? Petite, forcément, le mariage me paraissait à peu près obligatoire, j’imaginais une demande hypra romantique, c’est à dire une sublime collection de clichés qui finalement, ne tient pas la route. La bague dans le champagne, comme je disais chez les Ra7or, faut être sacrément bigleuse pour pas la voir. Dans le dessert, c’est dégueulasse. Un soir, à l’air libre, au clair de lune avec une splendide déclaration, ouais mais juste en été alors parce que sinon, ça caille et les manteaux, c’est pas super top pour les câlins. Ni l’électricité statique. Aujourd’hui, j’aurais envie de ça, je crois que la demande idéale serait spontanée, du genre on est en train de passer un bon moment, on se sort une bêtise et là « t’es géniale, tu m’épouses ? ». Ah ouais, c’est ça que je voudrais, je crois. Bon, bien sûr, certains m’objecteront que la spontanéité, attention, il a peut-être dit ça comme ça et va le regretter, gna gna gna. Mais trop préparé, moi, je trouve que ça fait « bon, faut se marier pour faire bien alors je te demande ça avec plein de bougies autour pour que ça permette au diamant de briller de mille feux et tu dis oui, merci ». Et pourtant, j’aime bien les bougies. Par contre, le côté spontané de la demande, pas en pleine brouette parce que là, ça va vraiment faire « je dis ça parce que dans ses moments-là, je dis n’importe quoi ».

 Maintenant, je me pose la question : le mariage a-t-il toujours autant de valeur ? Du coup, la demande en mariage est-elle encore une étape importante dans un couple ? Bon, n’étant pas en couple ni fana du mariage (oui, je me répète, je sais), j’ai forcément du mal à me projeter. A l’époque de mon histoire avec Guillaume, la question ne se posait pas, je me trouvais trop jeune. Mais aujourd’hui, si mon mec imaginaire me demandait en mariage, serais-je émue, amusée, blasée ? Dirais-je oui, dirais-je non ? Si je dis non, il m’en

veut à mort ? On peut rester ensemble sans se marier, si ? Pour lui, la question serait bien sûr du quand, du comment. J’imagine que quand on décide de poser la question, ça cogite dans la tête de monsieur. Au resto ? A la maison ? Pendant qu’elle se brosse les dents ? Avec ou sans bougie ? Et la bague, comment ?

Finalement, tout ça me paraît bien compliqué. D’un autre côté le « on s’est marié parce que ça coûtait moins cher pour les impôts », j’ai toujours trouvé ça glauque. Bah oui, je suis pas forcément mariage mais quitte à franchir le pas, autant que ce soit un peu romantique quoi !

Pourquoi l’amour est-il toujours un échec ?

En ce moment, je me plonge dans « L’amour dure 3 ans » de Beigbeder. Enfin, je dis ça mais vu que j’ai 50 articles en avance, quand vous lirez ceci, ça fait longtemps que
je l’aurai fini. Donc notre ami Beigbeder se lamente durant une petite centaine de pages de ses amours perdus, tout ça. Moi, ça me fait réfléchir : si la fin du couple est forcément un échec, ne peut-on connaître qu’une réussite amoureuse maxi dans sa vie ?

 

Si je regarde ma vie amoureuse passée, tout ne fut pas rose. Mais tout ne fut pas noir non plus. Dois-je considérer toutes ces histoires comme des échecs parce qu’à l’arrivée, on
n’a pas été séparés par la mort ? On n’aurait donc qu’une réussite amoureuse dans toute notre vie ? Je trouve ça totalement déprimant. Oui, le couple n’a pas duré jusqu’à nos vieux
jours mais c’est pas une raison pour tout jeter avec l’eau du bain, comme on dit. Si je prends mes 4 ans et demi avec Guillaume the first, je ne peux en aucun cas considérer cette relation comme un échec, une perte de temps ou ce que vous voulez. C’est la relation qui m’a fait passer de l’adolescence (enfin, 19 ans, on est encore un peu ado) à l’âge adulte. A la fin, on ne s’aimait plus mais la rupture s’est passée en douceur et cette relation m’a énormément appris sur moi, sur l’autre, sur l’amour, etc. Donc pourquoi la fin d’un couple est toujours vécu comme un échec avec cette pointe de culpabilité, ce « merde, où ça a dérapé ? ».

 

Comparons avec le professionnel. Notre génération n’est plus faite pour rester dans la même boîte toute sa vie, je ne connais même aucun vingtenaire qui aspire à ça. Oui, la
stabilité de l’emploi, c’est confortable mais faut bien être conscient que la progression professionnelle passe plus aujourd’hui par les mouvements externes que par les mouvements internes. Quitter une boîte pour tenter l’aventure ailleurs (en général, meilleure boîte, meilleur poste, meilleur salaire) est toujours vu comme un signe de réussite. En amour, mettre fin à un couple qui était condamné est systématiquement un échec. Alors que si rester ensemble, c’est faire deux malheureux, je ne vois pas où est la réussite, très franchement. Bien sûr, une rupture ça fait mal. L’an dernier, j’en ai vécu une qui me rendait si malheureuse que j’aurais eu le courage de me fracasser la tête contre les murs pour oublier, je l’aurais fait. Ca n’aurait servi à rien d’autre qu’à me faire du mal à moi (physiquement, en plus) mais également au garçon qui m’avait quittée et qui ne l’avait surtout pas fait par sadisme, il s’en voulait énormément. Mais bon, c’est la vie,
je ne lui en veux plus du tout. On n’était pas faits pour être heureux ensemble, les circonstances nous étaient défavorables, il n’y a finalement ni coupable, ni victime.

Aujourd’hui, je suis presque heureuse d’avoir vécu ça. Notre histoire bien sûr, qui aura toujours une saveur particulière pour moi mais aussi cette rupture difficile parce que je m’en suis sortie. La prochaine fois que je pleurerai à m’en fracasser la tête pour oublier, je saurai que je finirai par m’en sortir, faudra juste prendre mon temps pour ça. Là, encore, à bien y réfléchir, je ne vois pas bien l’échec. C’était juste qu’on y a cru alors que c’était clair que ça ne marcherait pas, on a fait preuve de naïveté, sans doute, mais de là à parler d’échec… Toutes les histoires ne sont pas faites pour durer, c’est pas une raison pour parler de gâchis. Je sais que si je vais mal, je n’ai qu’à décrocher mon téléphone pour lui parler, on a connu pire comme échec, non ?

En fait, je n’aime pas cette notion d’échec amoureux, c’est trop absolu. J’ai l’impression qu’en amour, c’est tout ou rien : t’es en couple, t’as réussi, t’es célibataire, t’as échoué. Manichéisme, mon amour ! La nuance, c’est pas fait pour les chiens. Surtout que je connais des maqués malheureux et des célibataires heureux, arrêtons un peu de classer les gens
dans des stéréotypes lourds à porter. C’est pas parce que je suis célibataire que je passe mes soirées à me gaver de nutella pour oublier que j’ai pas d’amoureux surtout qu’à priori, se gaver de nutella ne m’aidera pas à trouver the only one… Si les hommes préféraient les geignardes chocolaïnomanes, ça se saurait.

 

Alors, oui, ça me déprime et ça me gonfle cet état d’échec amoureux qu’on colle aux célibataires ou ceux qui viennent de vivre une rupture. Déjà, une rupture n’est pas
nécessairement une mauvaise chose même si elle n’est pas facile à vivre. Mais c’est comme quitter une boîte : on est triste de dire au revoir aux collègues, on est un peu effrayés par ce
qu’il va suivre mais c’est pour notre bien. Pourquoi n’aurait-on pas le droit, en amour, de mettre fin à une situation qui ne nous convient plus sans forcément passer pour un perdant ? A moins que tout ceci ne soit un complot gigantesque du consortium « ma vie est trop moche, je mange du nutella, pleure dans mes kleenex et regarde des films d’amour avant d’écouter la chanson trop romantique qui me refera utiliser des kleenex ». Mmmm.

Pourquoi les beaux sont-ils toujours avec des moches ?

Par  Tatiana

Un vendredi soir sur Paris : réunion d’une partie de la girly team (je crois qu’on arrivera jamais à se voir toutes ensembles) dans un bar puis au bistrot romain. Je pense que tous les sujets de filles ont été abordés sauf peut être l’épilation, on a pas du en parler ce soir là. En tous cas je m’en rappelle plus. On a surtout parlé
couple et beaux mecs. Oui quand est-ce qu’on pourra nous aussi s’afficher au bras d’un dieu grec ? Certaines d’entre nous on déjà le leur mais pas toutes.

 

Enfin bref, ça parle ça parle et ça arrive au sujet de prédilection du moment « l’île de la tentation ». Ceux et celles qui regardent auront donc vu le couple Lyndsay  et sa copine Joanna. Nous, ce soir là, on s’accordait pour dire que Lyndsay il est beaucoup plus beau que Joanna. D’ailleurs il est même très beau, mais ça c’est mon avis personnel. Et justement ce soir-là, on s’est demandé ce qu’il foutait avec elle car il peut trouver beaucoup mieux. Genre nous quoi ! Bon, en fait on a pas dit ça hein. Mais au bout du compte on arrive au constat suivant : pourquoi les beaux sont-ils souvent avec des moins beaux qu’eux ?

Eh bien moi j’ai une théorie là-dessus, que je me suis empressée de dire quand on a eu cette discussion et qu’on m’a expressément incité à vous livrer ici-même.

Tout d’abord la version logique et mathématique. Les beaux sont par définition plus rare que les gens normaux et les gens moches. C’est ce qui les rend si attirants et qui définit par là même leur statut de beau. C’est comme l’expression « tout ce qui est rare est cher ».  La sélection naturelle a mal fait son travail elle n’a pas encore rayé de la planète les spécimens trop faibles. Donc si les gens beaux sont plus rares, forcément à un moment y en a dans le lot qui seront avec une personne moins bien qu’eux. Je crois que jusque là c’est plutôt logique.

Mais moi j’ai une autre théorie sur le pourquoi du comment de la chose. Une théorie bien plus subtile qui découle des mécanismes inconscients et complexes de notre cerveau. C’est parti pour l’analyse de Mme Freud herself :

En fait c’est très simple. Inconsciemment ou non, notre moitié nous sert quelque part de faire valoir. On a beau dire « non non c’est pas vrai » ; E=m6 nous a déjà expliqué qu’on choisissait souvent sa moitié en fonction de son patrimoine génétique (notre cerveau analyse certaines caractéristiques physiques comme révélatrices de caractéristiques génétiques illustrant notre supériorité dans la sélection naturelle). On peut donc facilement accepter le fait que la beauté fait partie de ces caractéristiques. Mais la société et tous ces fonctionnements tordus et compliqués fait qu’on a aussi besoin de se mettre en avant auprès du regard de l’autre. On ne peut nier le côté très plaisant de se promener
aux côtés d’un bel apollon ou d’une naïade. Aussi, mis à part quelques personnes qui ne tiennent pas compte du physique, on cherchera toujours le plus beau ou la plus belle.

Maintenant si l’on fait partie de la catégorie des apollons ou des naïades (au passage si t’es dans la catégorie apollon envoie nous ta photo ! ok j’arrête de dire des bétises), on nous répète depuis tout petit qu’on est beau blablabla etc [on connait bien ça nous chez les vingtenaires ;)], donc on a moins besoin de reconnaissance via notre moitié vu que nous on est déjà reconnu. Ca paraît tout con mais c’est pourtant vrai. Les apollons et les naïades vont donc regarder d’autres qualités chez leur moitié. Des choses pour lesquelles peut être ils ne sont pas reconnus. Perso, je me dis que si on me répète depuis toute petite que je suis « trop mignonne avec mes grands yeux et ma bouche en en cœur », je vais sûrement chercher un mec qui est vif d’esprit et tout et tout. Maintenant s’il est pas hyper beau physiquement ce sera moins important. C’est ainsi que les beaux sont souvent avec des moins beaux qu’eux car au final ils ne vont pas chercher à se mettre en avant via la beauté de l’autre.

Tout cela n’est que mon avis, mais je suis sûre que vous avez, vous aussi, une théorie sur la question, alors surtout allez-y car aujourd’hui c’est psychologie de comptoir !

Dis, on est ensemble ?

Par Jane

Once upon a time, les choses étaient simples. Très simples. Un garçon séduisait une fille (ou l’inverse), réussissait un rapprochement allant jusqu’à l’horizontale, et hop, on considérait qu’ils étaient ensemble. C’était clair et limpide, personne ne se posait de questions. C’était il y a longtemps, du côté de mes 18 ans. Bon, ok, à 18 ans, les moments les plus torrides de ma vie se bornaient à mélanger ma salive avec un jeune homme. Mais n’empêche. Aujourd’hui, c’est l’article « théorie foireuse ».

Dans un grand moment de nostalgie de Sex and the City, je regarde la saison 1. La rencontre de Carrie avec Big, le début de leur histoire… Et le jour où elle se rend compte qu’un business dinner n’a pas le même sens pour elle que pour lui. En gros, le jour où elle découvre que tant que tu n’as pas parlé d’exclusivité, tu es libre. Enfin il est libre de chercher ailleurs.

Comment est-on passé du stade « on se voit, ça veut dire qu’on est ensemble » au stade « tant qu’on n’a pas mis les choses clairement au point, ça veut dire qu’on est libres comme l’air »?

Il y a quelques temps, cette dernière affirmation m’aurait fait hurler. Et maintenant, beaucoup moins. La preuve, je suis une fervente militante du « t’es célibataire » quand Nina se pose des questions sur le type de relation qu’elle entretient avec Gabriel (là, je pourrais vous exposer mes arguments, mais après on va dire que je cherche à rallier les lecteurs à mon point de vue, ce qui est évidemment faux, étant donné que j’ai raison, je n’ai même pas besoin de tenter de convaincre qui que ce soit) Disons que je m’adapte à la situation.

Petit exemple concret: période de célibat, gentil papillonnage pour passer le temps, et pas forcément envie de se relancer dans quelque chose de sérieux tout de suite (parce que même si pas tous des connards, on peut quand même très bien vivre sans se prendre la tête, si si)

Ca vous rappelle quelqu’un? Moi, j’vois vraiment pas qui…

Le papillonnage permet donc de passer d’agréable moments en charmante compagnie avec un jeune homme qui vous empêchera de devenir l’archétype de la nana mal baisée. Sans pour autant s’enfermer dans une relation « officielle ». Tant que ce n’est qu’un seul, tout se passe bien. Mais quand, éventuellement, sur un malentendu, il y a possibilité de… Que faut-il faire? Comment ne pas commettre un
impair? Comment gérer la crise (si crise il y a)?

S’il existait une solution miracle, ça se saurait. Chaque cas est différent etc etc, oui, on sait, mais ça ne nous aide pas. Faut-il être honnête? Euh, vous vous imaginez, vous, dire à Robert que tiens, au fait, pendant que j’y pense, je vois Marcel de temps en temps, on s’envoie en l’air, rien de bien grave, voilà, c’était juste histoire d’avoir quelque chose à dire, sinon, ça a été ton week-end? D’un autre côté, nier en bloc n’est pas très classe. La femme des années 00 est classe et glamour, assume sa sexualité, donc voilà, on ne ment pas. On change de sujet. Avec classe et
glamour.
Mais parfois, c’est pas mal de savoir ce qu’il se passe de l’autre côté. Juste pour être au courant. Histoire de savoir si tout le monde est sur la même longueur d’onde. Oui, ça aide. Parce que quand on considère que Maurice est un charmant jeune homme avec qui on aime bien passer du temps, point barre, ça serait bête que lui pense de son côté qu’on est la femme de sa vie (même si concrètement, effectivement, on est parfaite, comment pourrait-il ne pas succomber?)
Mais aborder le sujet est périlleux, parce que le flou artistique est parfois préférable. Après, y a plus le choix, faut assumer. Soit tout le monde est d’accord, on se voit sans se poser trop de questions et sans se promettre quoique ce soit, et advienne que pourra. On peut même avoir envie finalement d’officialiser la chose (je rappelle à titre purement informatif qu’un plan cul avec exclusivité ne peut plus être appelé un plan cul, c’est une façon soft de dire « Chéri tu es à moi ») Soit il y a désaccord, et là, c’est plus difficile à négocier pour la suite. Parce qu’Hubert, pour qui nous incarnions la perfection faite femme, il pourrait mal le prendre qu’on lui avoue qu’on voit parfois René et Auguste (oui, Louis, c’est fini, ça demandait trop d’organisation au final tu comprends…)

Finalement, c’était plus simple avant…

Je crois que je t’aime…

Par Jane

C’est drôle, quand j’ai demandé à Nina comment on pouvait traduire « je suis amoureuse » en version amicale, nous sommes tombées sur une faille linguistique. Il n’y a rien. « Je suis amicale », oui, certes, mais ce n’est pas ce que je veux dire. Reprenons donc le « je suis tombée en amour » de nos cousins québécois, ce qui donnera « je suis tombée en amitié ».

Non, ça ne fait même pas mal! Et même plutôt du bien.

L’amitié, c’est quoi? Une forme d’amour, ni plus ni moins. Mais un amour auquel on aurait enlevé toute la dimension sexuelle et l’attraction des corps. Non parce que faut pas non plus déconner, je ne couche pas avec tou(te)s mes ami(e)s pour leur prouver que je les apprécie. Se dévouer, parfois c’est bien, mais pas toujours totalement nécessaire… Et l’amitié quand il y a une attirance physique, ce n’est pas de l’amitié. « Non, je ne veux pas franchir le pas avec Maurice, ça gâcherait notre amitié », quelle excuse bidon! S’il y a attirance pour Maurice, ce n’est clairement pas de l’amitié. On se contente d’amitié en espérant qu’un jour il se rendra compte qu’on en voudrait bien un peu plus.

L’amitié, c’est être là pour l’autre. Sans juger. Ok, on peut parfois dire « écoute, tu ne vas pas aimer, mais je pense honnêtement que tu déconnes là » Ce n’est pas juger, parce que quelle que soit la décision de l’autre, ça ne changera rien au regard qu’on porte sur elle/lui. L’image de l’autre ne compte pas. Je suis parfois profondément superficielle, mais je ne crois pas à la grande love story avec un homme qui ne me plaira pas un minimum. En amitié, l’image, on s’en fout. Ma meilleure amie m’a vue en jogging indatable, les cheveux en vrac, le maquillage ayant coulé. Mes exs, assez
rarement (ça fait beaucoup d’un coup à encaisser quand même) Je lui ai tenu les cheveux un soir d’abus alcoolique, sans qu’elle perde une once de glamour à mes yeux, parce que je m’en fous royalement! Je connais la beauté intérieure de mes amis, et c’est tout ce qui compte à mes yeux.

Une autre amie a été mon point fixe lors d’une rupture douloureuse. Elle m’a inlassablement écouté rabacher les mêmes idioties pendant un temps fou. Elle m’a inlassablement rassuré. Elle est inlassablement là quand j’ai besoin d’elle pour me dire que si si, je suis quelqu’un de génial, ou que là, je joue avec le feu. Je sais qu’elle a parfois (dire toujours me ferait vraiment trop mal à l’ego) raison, mais elle ne se formalise pas quand je décide de me casser la gueule toute seule comme une grande. Et elle ramasse les morceaux. J’essaye d’en faire autant pour elle.

Paradoxalement, je suis bien plus exigente en amitié qu’en amour. Peut-être justement à cause de ce détachement de l’image. Nos personnalités doivent être compatibles. Se compléter et s’harmoniser. Je dois apporter quelque chose à l’autre, et vice et  versa. Et comme je suis atrocement rancunière, je ne pardonne pas les faux pas. Oui, c’est bête et méchant. Mais comme en amour, j’ai eu des ruptures amicales très douloureuses. le moment où on se rend compte qu’une personne qu’on croyait être une amie nous lache. Je digère ces ruptures là beaucoup moins bien que les ruptures amoureuses. Parce que la personne avait toute ma confiance, et en a abusé. Ou parce que j’ai beaucoup donné, pour me rendre compte qu’il n’y a personne en face quand j’ai besoin d’une épaule solide et affectueuse. Je ne marche pas au compteur, mais parfois, un minimum syndical est exigé.

Je me rappelle d’une amie pour laquelle j’ai mis ma vie entre parenthèses pendant de longs mois. Elle traversait une période difficile, se retrouvait sans rien, et complètement désarmée. j’ai canalisé sur moi pas mal de l’énergie négative qui l’entourait. Elle s’est servie de moi quand elle en avait besoin, et a du jour au lendemain arrêté de répondre à mes appels, alors qu’elle s’était relevée, et que j’aurais eu besoin d’elle à mon tour. Etrangement, quand on me donne de ses nouvelles, et qu’on me dit qu’elle voudrait me revoir, je réponds que je n’ai aucune envie qu’elle revienne dans ma vie. La rupture fut trop douloureuse.

Maintenant, les gens que j’aime d’amitié, je le leur dis. Autant j’ai du mal à dire « je t’aime » en amour, autant ça me vient facilement en amitié. ca peut parfois surprendre. Non, le fait que je te dise que « je t’aime toua tu saiiiiiiiiiiis » ne veut pas dire que « j’ai envie qu’on milite pour le mariage gay une fois qu’on aura notre labrador chérie, tu fais quoi ces 20 prochaines années? » Ca veut juste dire « ton amitié m’est précieuse, j’apprécie tous les moments qu’on passe ensemble et notre complicité. J’aime ce que tu es, ta personnalité, et tu as une place importante dans ma vie. » Parce que des fois, c’est bien de dire aux gens qui nous entourent qu’ils comptent pour nous… et qu’on les aime!

“Je ne crois plus en l’amour”

En ce moment, je lis un livre délicieusement girlie « Ce crétin de prince charmant ». Ouais, j’aime bien les livres légers à l’approche de l’été. Dans un monde parfait, je lirais ça sur ma terrasse au soleil mais j’ai pas de terrasse et il pleut tout le temps ou presque. Donc je lis et là, une des héroïnes s’écrit après une rupture, « l’amour, j’y crois plus ! ». Tiens, depuis quand l’amour est une religion ?

lover-dreamer

Qui n’a pas dit ça après une belle déconvenue ? Genre the only one qu’on aimait, qu’on adorait, avec qui on voulait faire des bébés et passer nos vieux jours, main dans
la main, yeux dans les yeux, joues ridées contre joues ridées nous quitte ? Qu’on le traite de connard (ou de connasse), comme toutes les personnes du même sexe ? Ok, ça m’est arrivé,
comme tout le monde mais quand on n’est pas dans la situation, ce « je ne crois plus en l’amour » me paraît curieux. Je lis la déclaration de ce personnage en plein drame et mon premier 
réflexe est de soupirer. Pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’en général, les gens qui crient qu’ils ne croient plus en l’amour sont les premiers à lui courir après avec passion (pour ne pas dire désespérément). En gros, elle pleure lundi pour Jacques, elle se consolera mercredi dans les bras de Jean. Quand j’étais ado et étudiante, la spécialiste du genre, c’était Johanne la nymphomane, qui pleurait 10 minutes sur « le grand amour de sa vie que jamais je m’en remettrai » et elle avait même pas le temps de sécher ses larmes qu’elle avait repéré un nouveau mec. Des fois, j’admire un peu cette capacité girouette vu que je déteste être malheureuse à cause d’un mec. Non, je déteste être malheureuse tout court. Mais bon, à force, le discours « bouh, je suis malheureuse j’aimerai plus jamaiiiiiiiiiiiiiis » répété X fois ça saoule. Si, si.

 

Ensuite « croire en l’amour », quelle idée. Qu’est-ce que l’amour ? Ouais bon, je vais pas me lancer dans des théories philosophiques à deux francs six sous. Ne me remerciez pas, hein, je veux juste éviter de faire des généralités débiles. Non parce que l’amour, dans le genre concept bidon, on fait difficilement mieux. Pour moi, quand je dis je ne crois plus à l ‘amour, ça veut dire au pire du pire « je pense que c’est un domaine dans lequel je n’aurai jamais de chance » mais de l’amour, j’en ai, merci. Et j’en donne aussi. Heureusement qu’on n’a pas de l’amour que quand on est en couple, ce serait d’un pathétique ! Et puis une rupture, c’est quoi ? Un « toi-moi-nous » qui se termine. Pas plus, pas moins. En gros, ça n’a pas marché avec Marc pour X et Y raisons, on les connaît ou pas, là n’est pas la question. Donc parce qu’avec Marc, ça n’a pas marché, ça ne marchera plus jamais avec
personne ? Réducteur, non ? Chaque histoire d’amour est unique, sa réussite ou son échec tient à tant de choses, tant internes qu’externes. Déjà, y a le timing amoureux dont j’ai parlé y a X temps. Quand c’est pas le moment, c’est pas le moment, c’est tout. Donc c’est pas forcément notre faute, c’est pas forcément la sienne à ce sale mec que ce sont tous des connards, c’est comme ça. Alors, forcément, on va coller ça sur le dos de l’amour, c’est plus pratique.

 

Et puis en plus, l’amour, ce vilain pas beau en qui on ne veut plus croire, il est bien utile. Ca n’a pas marché ? La faute à l’amour, bien sûr, ça ne peut pas être la nôtre. Par exemple, la demoiselle dans le roman, elle sort avec un mec qui la demande en mariage au bout de trois jours et lui fait une scène monstrueuse au bout de 4 car elle suggère de récupérer la garde des enfants qu’ils n’ont pas encore. Non mais moi, un mec qui me demande sérieusement en mariage au bout de 3 jours, je me barre ! Le coup de foudre, c’est sympa mais j’y
crois pas, comme je l’ai déjà dit et quand bien même, on demande pas quelqu’un en mariage au bout de 3 jours. Donc bon, la nana, elle se jette la tête la première dans une histoire qui pue le fumier à 4 km à la ronde et après elle chouine sur l’amour, hum ! Perso, j’ai un peu trop tendance à sortir avec des mecs qui ont une fille en vue (pas moi) ou qui sortent d’une relation difficile, et forcément, ça peut me jouer des tours. Je râle, je peste mais je m’en prends pas à « l’amour », surtout que le terme est un peu fort, c’est plus de l’affection ou de la tendresse mais pas de l’amour. Souvent en analysant, je vois pourquoi ça n’a pas marché, pourquoi ça ne pouvait pas marcher. Même que des fois, ça peut être de ma faute à moi toute seule. Rarement mais ça arrive (je déconne-euh !)

 

Enfin, je trouve toujours dommage qu’à cause d’un seul, on punisse tous les autres. Bon, évidemment, on dit toujours ça sous le coup de la colère. Mais laissons un peu le
pauvre amour et arrêtons de l’accuser de tous les maux, ça lui fera des vacances

Scrrrrrrrrrrzzzzzzztttttttt, coup de foudre

(Là, je me dis que je vais me marrer pour la version audio)

Bon, c’est le printemps et il fait beau, les oiseaux font cui cui, tout ça. Et forcément, les hormones, elles font comme les marmottes, elles ont terminé leur hibernation et sont au top de leur forme. Ca fait pshiiiiiiiiiiiiiit, c’est une horreur. Du coup, tout le monde est beau. Votre voisin, votre épicier, votre facteur et même le caissier du supermarché. Enfin, moi, ce sont toujours des caissières aussi sympa, j’ai même fait remarquer à l’une d’entre elles que y avait les deux clients avant moi qui étaient toujours en train de ranger leurs courses et que ce serait une bonne idée de les laisser finir avant de poursuivre. Mais parle à mon cul, ma tête est malade.

Donc, on évolue dans une espèce de bulle hormonale qui rend tout le monde beau. Et certains plus que d’autres. Et c’est là que ce beau brun aux yeux qui pétillent et au sourire torride vous parle, vous sourit et vous vous liquéfiez sur votre chaise. Je n’ai jamais vu d’homme aussi beau, je le veux, je l’aime. C’est ce qu’on appelle communément un coup de foudre. Sauf que moi, j’y crois pas.

Des hommes, j’en ai croisé quelques uns dans ma vie. J’en ai aimé quelques uns aussi mais moins. Il m’est arrivée d’être très vite dingue d’un mec. Aujourd’hui, encore, je suis étonnée de la violence et de la puissance des sentiments que j’ai eu pour un de mes exs, Alex. En gros, lui, je l’ai vu, je l’ai voulu (et je l’ai eu, mouahahah). C’est presque un coup de foudre sauf que pas tout à fait puisqu’au début, je le voulais, c’est après que je l’ai aimé. En fait, au vu de la situation, au départ, je n’envisageais rien d’autre qu’un plan sexe mais finalement, me
suis prise à mon propre piège. Rassurez-vous, je n’en ressens plus la moindre rancœur, j’ai souffert mais tout est réglé aujourd’hui et Alex est toujours quelqu’un avec qui je parle.

Mais je reste à dire que le coup de foudre n’existe pas. C’est nous qui nous convainquons que nous ressentons quelque chose de très fort mais souvent, l’objet de cet amour furieux et soudain ne nous aurait pas fait autant d’effet à un autre moment. Si je prends mon cas avec Alexandre, ce garçon est incontestablement très séduisant et intéressant et intelligent, aussi donc il est clair qu’à un autre moment, il ne m’aurait pas laissé froide mais il est arrivé à un moment de ma vie amoureuse où ça n’allait pas forcément fort. Je venais de me faire balader pendant près de deux mois par un mec qui me faisait du « je te désire mais j’ai une copine mais reste sage quand même » donc je me sentais un peu une grosse merde. Et là, paf, un mec du genre « jamais je pourrai mettre un mec aussi canon dans mon lit » s’intéresse à moi donc forcément, mon cœur ne sait plus où donner de la tête. Enfin, il ne sait jamais, mon cœur est vraiment la partie la plus stupide de mon corps. Et la phrase précédente la plus conne de ce blog.

Donc ce que je suis en train de dire c’est que le coup de foudre, c’est notre inconscient qui repeint en rose un simple coup de cœur. Il transforme une simple étincelle en feu d’artifice, fait danser la rumba à notre cœur encroûté. Les choses n’arrivent jamais par hasard. On a beau dire qu’on s’y attendait pas, c’est pas vrai. Perso, quand je suis pas disponible sentimentalement, je ne vois aucun autre mec que le mien. Les autres, je m’en fiche, fiche, fiche. Donc, on peut ne pas s’y attendre dans le sens où on passe pas nos nuits sur meetic et consort
pour trouver the only one mais il arrive toujours quand notre vie amoureuse est en berne. Soit qu’on est célibataire depuis un bon moment, soit que notre vie de couple ne soit pas des plus exaltantes. Si je prends mon coup de cœur pour mon démon tentateur, c’est un peu ça. La première fois que je l’ai vu, honnêtement, il ne m’a pas fait d’effet. C’est venu un peu plus tard. Sans
doute qu’après deux ans de relation avec Guillaume, je m’ennuyais un peu. Mais jamais je ne pourrai dire que j’ai eu un coup de foudre pour Fabien puisque dans les faits, je n’ai pas craqué sur lui dès le premier regard et en plus, je ne l’ai jamais aimé. Juste désiré très fort.

Bref, moi, je crois pas au coup de foudre, juste au coup de cœur. Ce qui n’est déjà pas mal en soi.