Courrier des cœurs : réponse à Daniela (2)

Cette semaine, Daniela nous a posé la question suivante : « Depuis quelques mois je suis dans une phase de guerre psychologique avec un mec, lequel est bien entendu un connard parce que c’est bien connu, Tous des Connards (sauf Enzo). Le petit jeu dure depuis maintenant 3 mois, et je me demande comment y mettre fin et l’éjecter définitivement de ma vie… sachant que nous fréquentons les mêmes personnes au quotidien »

La cellule love and sex s’est réunie et voici ce que l’on en pense.

 Bobby : Etant de sexe masculin tout en n’étant pas Enzo, j’en conclus que je suis un connard, donc je ne répondrai pas à la question. Question de principe !

Jane : Guerre psychologique dans quel sens? (ben ouai, si c’est pas précisé, je demande moi) Il te passe devant à la photocopieuse? (guerre de boulot) Il dit à tes potes que t’es chiante en soirée? (guerre de territoire potesque) Il te regarde avec des étoiles dans les yeux en te disant que tu es la femme de ta vie pour ne plus donner de nouvelles pendant 3 semaines? (guerre affective) Dans tous les cas, j’aurais tendance à dire qu’en cas de guerre, mieux vaut être comme la Suisse, neutre, et lui porter le minimum syndical d’attention (« bonjour », « au revoir », « quel mois d’août pourri! » devraient suffire) Si c’est une guerre de conquête (de cœur à prendre) j’aurais plutôt tendance à dire de fuir, vite et loin, une relation épanouïe avec quelqu’un qu’on considère à la base comme un enfoiré, ça me semble pas super sain. Surtout qu’il risque de rester le même après, le potentiel de princecharmantitude ne se développant pas forcément!

Tatiana : Moi (comme toujours) je suis d’accord avec la miss. Si c’est la guerre psychologique « affective », ce que je soupçonne fortement, car sinon tu en aurais rien à faire, il est clair que la relation épanouie risque d’être difficile. Ben oui on est pas dans un film, mais dans la vraie vie. Sachant qu’en plus si par guerre psychologique tu entends qu’il te laisse croire que mais que rien ne se passe, d’après expérience propre j’ai envie de te dire que rien ne se passera surtout au bout de trois mois. M’est avis qu’il vaut mieux des relations superficielles et cordiales. Laisse le dans son coin.

Enzo : Merci pour le petit hommage flatteur à défaut d’être réaliste !
Sinon je ne puis rien rajouter que mes collègues n’ont déjà pu dire. La raison voudrait qu’on s’oriente vers une attitude d’ignorance pacifiste. Mais si tu tiens à pratiquer la guérilla, je suis à ta disposition pour idées et conseils (laxatif dans le café, etc).

Diane : Mmm…la grande question est tout de même: malgré le fait qu’il soit un connard, serait-il possible qu’éventuellement tu sois
intéréssée par ce jeune bougre? Parce que, c’est bien connu, tous les hommes sont des connards, soit, mais bien souvent ils savent être connards irrésistibles (cf Hugh Grant, alias daniel cleaver, dans bridget jones)… S’il y a « petit jeu » comme tu dis, c’est que les deux participants veulent bien y jouer… Donc soit tu lui pourris la vie, soit tu choisis tu choisis l’option « ton venin passe sur mes chakras ouverts comme une petite brise de printemps sur le papillon guilleret », ce qui je te l’accorde ne doit pas être des plus aisés si vous fréquentez les mêmes personnes…

….ou alors, cyanure dans le café.

Nina : 3 mois, c’est long quand même, pourquoi ne pas y avoir mis fin avant ? Au départ, je t’aurais dit de lui parler entre 4 yeux pour
mettre les choses à plat mais puisque tu veux l’éjecter de ta vie… Ben, simple, fais-le. Fais-lui savoir que tu ne veux plus le voir et fais circuler l’info. Ensuite, il est possible que tu ne sois plus invitée à toutes les soirées mais si tes amis sont intelligents, ils ne choisiront pas leur camp. On a tous vécu ce genre de rupture amoureuse et pour ma part, j’ai toujours adopté la technique du « il est sorti de ma vie, je ne parle plus de lui », histoire de ne pas donner l’impression que j’essaie de monter les gens contre lui et que je devienne la méchante de l’histoire. Après, je n’ai pas pu être invitée à une soirée, du coup, la fille qui l’organisait s’est excusée. A l’arrivée, on se voit toujours, elle et moi.

Voilà, si toi aussi, tu as une question love and sex à nous communiquer, tu peux le faire par mail (nina.bartoldi(a)gmail.com)  ou par facebook, twitter ou même en nous laissant un comm. Par contre, j’en ai déjà deux en attente donc ta question passera dans 3 semaines mais pas de soucis, elle passera.

Je crois que je t’aime…

Par Jane

C’est drôle, quand j’ai demandé à Nina comment on pouvait traduire « je suis amoureuse » en version amicale, nous sommes tombées sur une faille linguistique. Il n’y a rien. « Je suis amicale », oui, certes, mais ce n’est pas ce que je veux dire. Reprenons donc le « je suis tombée en amour » de nos cousins québécois, ce qui donnera « je suis tombée en amitié ».

Non, ça ne fait même pas mal! Et même plutôt du bien.

L’amitié, c’est quoi? Une forme d’amour, ni plus ni moins. Mais un amour auquel on aurait enlevé toute la dimension sexuelle et l’attraction des corps. Non parce que faut pas non plus déconner, je ne couche pas avec tou(te)s mes ami(e)s pour leur prouver que je les apprécie. Se dévouer, parfois c’est bien, mais pas toujours totalement nécessaire… Et l’amitié quand il y a une attirance physique, ce n’est pas de l’amitié. « Non, je ne veux pas franchir le pas avec Maurice, ça gâcherait notre amitié », quelle excuse bidon! S’il y a attirance pour Maurice, ce n’est clairement pas de l’amitié. On se contente d’amitié en espérant qu’un jour il se rendra compte qu’on en voudrait bien un peu plus.

L’amitié, c’est être là pour l’autre. Sans juger. Ok, on peut parfois dire « écoute, tu ne vas pas aimer, mais je pense honnêtement que tu déconnes là » Ce n’est pas juger, parce que quelle que soit la décision de l’autre, ça ne changera rien au regard qu’on porte sur elle/lui. L’image de l’autre ne compte pas. Je suis parfois profondément superficielle, mais je ne crois pas à la grande love story avec un homme qui ne me plaira pas un minimum. En amitié, l’image, on s’en fout. Ma meilleure amie m’a vue en jogging indatable, les cheveux en vrac, le maquillage ayant coulé. Mes exs, assez
rarement (ça fait beaucoup d’un coup à encaisser quand même) Je lui ai tenu les cheveux un soir d’abus alcoolique, sans qu’elle perde une once de glamour à mes yeux, parce que je m’en fous royalement! Je connais la beauté intérieure de mes amis, et c’est tout ce qui compte à mes yeux.

Une autre amie a été mon point fixe lors d’une rupture douloureuse. Elle m’a inlassablement écouté rabacher les mêmes idioties pendant un temps fou. Elle m’a inlassablement rassuré. Elle est inlassablement là quand j’ai besoin d’elle pour me dire que si si, je suis quelqu’un de génial, ou que là, je joue avec le feu. Je sais qu’elle a parfois (dire toujours me ferait vraiment trop mal à l’ego) raison, mais elle ne se formalise pas quand je décide de me casser la gueule toute seule comme une grande. Et elle ramasse les morceaux. J’essaye d’en faire autant pour elle.

Paradoxalement, je suis bien plus exigente en amitié qu’en amour. Peut-être justement à cause de ce détachement de l’image. Nos personnalités doivent être compatibles. Se compléter et s’harmoniser. Je dois apporter quelque chose à l’autre, et vice et  versa. Et comme je suis atrocement rancunière, je ne pardonne pas les faux pas. Oui, c’est bête et méchant. Mais comme en amour, j’ai eu des ruptures amicales très douloureuses. le moment où on se rend compte qu’une personne qu’on croyait être une amie nous lache. Je digère ces ruptures là beaucoup moins bien que les ruptures amoureuses. Parce que la personne avait toute ma confiance, et en a abusé. Ou parce que j’ai beaucoup donné, pour me rendre compte qu’il n’y a personne en face quand j’ai besoin d’une épaule solide et affectueuse. Je ne marche pas au compteur, mais parfois, un minimum syndical est exigé.

Je me rappelle d’une amie pour laquelle j’ai mis ma vie entre parenthèses pendant de longs mois. Elle traversait une période difficile, se retrouvait sans rien, et complètement désarmée. j’ai canalisé sur moi pas mal de l’énergie négative qui l’entourait. Elle s’est servie de moi quand elle en avait besoin, et a du jour au lendemain arrêté de répondre à mes appels, alors qu’elle s’était relevée, et que j’aurais eu besoin d’elle à mon tour. Etrangement, quand on me donne de ses nouvelles, et qu’on me dit qu’elle voudrait me revoir, je réponds que je n’ai aucune envie qu’elle revienne dans ma vie. La rupture fut trop douloureuse.

Maintenant, les gens que j’aime d’amitié, je le leur dis. Autant j’ai du mal à dire « je t’aime » en amour, autant ça me vient facilement en amitié. ca peut parfois surprendre. Non, le fait que je te dise que « je t’aime toua tu saiiiiiiiiiiis » ne veut pas dire que « j’ai envie qu’on milite pour le mariage gay une fois qu’on aura notre labrador chérie, tu fais quoi ces 20 prochaines années? » Ca veut juste dire « ton amitié m’est précieuse, j’apprécie tous les moments qu’on passe ensemble et notre complicité. J’aime ce que tu es, ta personnalité, et tu as une place importante dans ma vie. » Parce que des fois, c’est bien de dire aux gens qui nous entourent qu’ils comptent pour nous… et qu’on les aime!