2014, année où tu oses

Un an pour la trouver celle-là, je suis une merde.

Voici, comme chaque année, mon petit exercice teinté d’autoflagellation préféré : le bilan de l’année. Aaaaaah, alors, 2014, assieds-toi, prends un verre d’eau, voyons un peu ce que tu as donné. De prime abord, autant te le dire de suite : tu as cartonné.

Usain-Bolt-signe-victoire

2014 a été une année assez intense, je dois l’avouer, mon corps a pas mal morflé entre coups de stress et nuits grises (semi nuits blanches), vie privée un peu régulièrement mise entre parenthèse, abandon de toute activité extraprofessionnelle régulière. Heureusement, sur le côté sport, j’ai été pas mal régulière jusque vers octobre, idem pour la nourriture, j’ai eu de grandes phases de bien manger (mais aussi des phases malbouffe terribles, avouons le). Ma santé physique a été légèrement sacrifiée sur le temple de ma vie professionnelle j’avoue. Mais ça paye, pour le moment.

Beyonce-1

Car 2014 sera l’année de la réussite professionnelle. Surtout sur la fin. En fait, pour vous raconter un peu, dans mon dernier taf, y a eu une partie “Nina se défonce et tout le monde applaudit” puis la phase “Nina se défonce mais elle est l’enfant mal aimée enfermée dans son placard et seuls les clients et commerciaux applaudissent mais c’est pas eux qui la managent”. Donc comme toute enfant mal aimée, j’ai planifié ma fugue (métaphore bien boîteuse mais laissez-moi vivre ma vie). D’abord, j’ai agi sous couvert, préparant méticuleusement mon baluchon. Rajout de contacts sur LinkedIn, lancement de réseaux sociaux pro où je montrais que j’étais informée, préparation d’un blog marketing (mort né… enfin, à ce niveau, c’est même mort foetus)… Entretiens. D’abord discrètement puis au fur et à mesure de ma placardisation, de plus en plus assumé. Jusqu’à ce que je prenne des pauses déj de 3h sans rien justifier. Et sans que ça ne semble déranger qui que ce soit, d’ailleurs. De toute façon, la boîte allait mal, un licenciement économique se dessinait, je voulais en être, fallait prouver ma motivation… à me barrer. Puis j’ai rencontré cet homme. Au début, je lui ai dit non mais il a insisté alors on s’est vus, on s’est parlés, on s’est compris. Il m’a présenté son chef qui m’a vue, qui m’a parlée, qui m’a comprise. Hélas, j’étais trop chère. Sauf que son meilleur ami était mon DG qui venait lui-même de démissionner (ma boîte, c’était le Titanic mais le moment précis de la scène de panique où tout le monde veut monter dans le bateau de sauvetage, voyez ?). Et celui-ci me fit un joli cadeau “Nina ? Tu la prends sans négocier ce qu’elle a demandé, elle les vaut.”. A l’arrivée, j’ai réussi à partir avec un joli chèque, sans période de préavis tout en ayant déja signé ailleurs pour le salaire que je voulais. 2014, l’année où j’ai réussi à la jouer très fine.

poker-femme-paire

Depuis, je suis une Autre. Après un mois à m’ennuyer un peu, je suis devenue la Reine de la “social intelligence”, poste gentiment inventé par mon chef, un peu, dont je n’avais pas forcément bien pigé le contenu car je croyais être boss des études sur le social (mon rêve), je suis surtout boss de la stratégie sociale (un peu mon rêve finalement). Alors parfois, j’en chie, oui, mais pour le moment, tout le monde me trouve super, j’en ai définitivement terminé avec mon syndrome de l’Imposteur. Level professionnel : I won.

gagnant-loterie

Ensuite, 2014 a été l’année des voyages et ça, c’était un gros point positif aussi : Maldives, Barcelone, Oman, Lacanau, Tunisie, Belfast, Lisbonne. De super voyages qui m’ont quand même coûté un peu chers en conneries diverses et variées : appareil photo Canon volé à Barcelone, combinaison de plongée cassée à Oman (pas très grave, suffit que je remplace la fermeture, ça me coûtera une cinquantaine d’euros), ordinateur de plongée cassé en Tunisie, écharpe semée à Lisbonne (mais j’en ai rachetée une autre depuis). 2014, année de la découverte mais un peu année du boulet aussi. Pour 2015, j’ai déjà de nombreux projets de voyage, va juste falloir que je règle ce côté casse-tout et poissarde, ça commence à me fatiguer.

maldives-reflex 149

Côté relations personnelles, il faut que je m’investisse plus dans mes relations amicales, que je sois plus disponible (et donc moins au boulot) et que je sois plus à l’origine des pots entre potes, je laisse trop l’initiative aux autres. Côté amour, j’ai quand même eu une jolie histoire cette année même si c’était plus celle de 2 potes qui jouent au couple mais on a bien rigolé et notre petit périple en Tunisie (UCPA, on a certes fait plus romantique) reste un excellent souvenir pour moi. D’autres petites histoires, aussi, celles qui me font me rendre compte que je plais plus que je ne crois. Par contre, je plais de plus en plus aux mecs maqués, ça devient légèrement redondant cette histoire…

tabarka

Bref, si je résume, l’année 2014 fut quand même bien sympa. Quelques déconvenues et déconfitures, certes, mais quand on fait le bilan, je m’en sors très haut la main. Je m’en suis presque sortie sans une égratignure (me suis bien vautrée dans l’escalator l’autre jour mais à part un pied bleu, pas de  mal). En 2015, on remet ça (la recherche d’un nouveau job en moins, bien sûr) en une chouille moins intense ?

Joyeux Noël, bon courage à tous les célibataires

Parce que les fêtes, c’est aussi avoir le droit au fameux « et alors, c’est quand que tu nous en ramènes un », serrons-nous les coudes et disons non au diktat de la vie en couple !

Ceci étant, si vous êtes déjà en couple, je vous aime quand même et joyeux Noël !

 

audrey-noel

Lost in Lisbon

(en vrai, je me suis pas perdue mais je trouvais que ça sonnait bien)

Tout a commencé fin septembre. Rentrée de Belfast, j’avais légèrement le cafard à l’idée de ne plus partir de l’année. Parallèlement à ça, Goldie prenait ses petites affaires pour s’installer à Lisbonne. Ni un ni deux : elle avait envie qu’on vienne lui rendre visite, j’avais envie de bouger, trois clics plus tard : Lisbonne me voilà !

lisbonne

Je vais pas faire durer le suspense : j’ai aimé très très fort. Est-ce la ville ? Est-ce le temps splendide ? Est-ce les Portugais qui sont tellement piles dans mon style de mec que je comprends pas pourquoi je ne connais aucun Portugais alors que paraît-il, ils sont plus d’un million en France ? Le côté ville méditerranéenne même si on est au bord de l’Océan ? Un tout ? Je ne saurais dire. Mais laissez-moi vous raconter mon périple.

lisbonne2

A peine arrivée à Lisbonne city, je suis embarquée dans un resto burger très à la mode avec Goldie et une de ses amies portugaises, Andreia. On papote en anglais puis on part dans le centre de Lisbonne rejoindre d’autres amis, majoritairement français, de Goldie. Ca monte, ça descend. Oui, à Lisbonne, c’est vallonné donc on note : si vous avez une petite fatigue dans les pattes, c’est pas la destination rêvée. On se retrouve tous dans un bar de Santa Appolonia avec une terrasse géniale avec vue sur le Jésus local (plus petit qu’à Rio) et leur joli pont rouge, les fauteuils sont de vieux sièges de train. On écoute un concert en sirotant du gin (grosse boisson à la mode, là-bas) mais on tombe un peu de fatigue donc un taxi plus tard, me voici dans mon petit lit de l’Hostel. Un des habitants a organisé une fiesta mais je suis tellement épuisée que je m’endors quand même.

terrasse-santa-appolonia-lisbonne
Photos Instagram prises avec mon iPhone alors que je tenais mon cocktail, pardon pour la qualité

gin-cocktails

 

Lendemain matin, réveil à 9h30, je traînasse jusqu’à 10h avant d’aller me doucher tout en me flagellant : raaaah, je suis une merde, j’avais dit que je devais partir à 10h pour profiter un peu, je me suis même pas levée, je suis trop nulle. Je finis de me préparer et saisis mes deux téléphones* pour les passer en wifi. Petite énigme : un des téléphones affiche 9h40, l’autre 10h40. Heu, mmmm… Sachant qu’au Portugal, il y a une heure de moins qu’en France, à priori, le bon téléphone est celui qui m’affiche 9h40… Ou comment gagner une heure de son temps en ne vérifiant pas les paramètres de son téléphone.**

lisbonne-2

Direction Santa Appolonia pour une matinée en solo. Bon, grâce au métro, c’est assez facile, c’est direct. Petit aparté : le métro de Lisbonne étant plus large que le métro français (grâce à un écartement des rails plus important, je l’ai appris plus tard), on a de l’espace et c’est bien plaisant. De façon générale, j’ai trouvé qu’on avait de la place un peu partout à Lisbonne et ça, vraiment, j’ai kiffé. Bref, me voici à Santa Appolonia, je sirote un café en dégustant un pasteis de nata (je dois apprendre à cuisiner ça, c’est trop bon) puis je pars à l’assaut du quartier ou plutôt de ses hauteurs. Erreur de débutante : j’adopte la démarche parisienne donc je grimpe la côte limite en courant et j’arrive en haut limite en mourant. J’y retrouve un charmant marché aux puces joliment surnommé “le marché aux voleurs”. Si on te tire ton mobile, tu peux l’y retrouver en vente, par exemple.C’est très bric et broc, ça me rappelle la Braderie de Lille, je me régale. Au loin, le soleil scintille sur le Tage. Je me perds un peu dans les petites rues, quelques surprises m’attendent comme un étrange jardin avec un vespa au milieu, un oranger chargé de fruits, des fontaines. Près du Tage, les street artists s’expriment sur les murs des docks, c’est joli et coloré.

lisbonne-marché lisbonne-marche-2 lisbonne-marche-3 lisbonne-marche-4 lisbonne-marche-5 lisbonne-santa-appolonia lisbonne-santa-appolonia-2 lisbonne-san-appolonia-street-art lisbonne-san-appolonia-street-art-2 street-art-san-appolonia-lisbonne-3 lisbonne-oranger

Je m’amuse à me perdre mais pas tant que ça, je dois retrouver Goldie. Un petit tour par la praça do comércio et ses symboles phalliques (mais si !), je prends deux, trois trams en photo histoire d’assurer le pittoresque et je récupère Goldie. On revient sur la dite place, on se promène, on monte, on descend, on remonte. On se pose dans une cafétéria brésilienne puis on va prendre un peu le soleil sur une terrasse au sommet de la ville, en attendant le début du tour Street Art. Car oui, en moins d’un mois, la demoiselle a déjà trouvé un job : guide pour un tour street art qui va nous occuper l’après-midi. Mais j’en parlerai dans un article à part.

jesus-lisbonne
la croix au fond, c’est le Jésus de Lisbonne

  lisbonne lisbonne-praça-de-comerco lisbonne-terrasse lisbonne-tramway tram-lisbonne

Tour de Street Art, donc (article à suivre). Le soir, un peu claquées, on va dîner chez Andreia puis on repart dans le centre prendre un verre dans un bar très branché situé au sommet d’un parking. Vue superbe, cocktails fameux, bonne soirée.

 

Sans rapport mais j'aime bien
Sans rapport mais j’aime bien

Le dimanche, on part à la mer ! Enfin à l’Océan. Même si le Tage a tendance à faire illusion, il faut prendre le train pour aller tremper ses petons dans l’Océan. Expérience que je n’ai moi-même pas tentée, on était le 07 décembre quand même. Mais il fait quand même très chaud. Petit tour à Cascais où on se pose au soleil puis au retour, petit passage par Belém. Je n’ai pas le temps de monter à la Tour mais c’est pas grave, j’ai vu la mer. Au passage, je sème mon écharpe, histoire de continuer à faire mon boulet.

 bellem-lisbonne bellem-lisbonne-2 plage-lisbonne tour-bellem-lisbonne

De retour au centre, on récupère Andréia, on va s’acheter quelques pasteis, il y avait trop de monde pour ceux de Belém hyper réputés et j’avais un avion à prendre. Une fois à l’aéroport, on réalisera alors que j’avais mal lu les infos : mon avion à l’aller n’atterrissait pas à 19h20 mais à 18h45 (mais on a eu du retard donc ça collait), pas plus que mon retour ne décollait à 18h45 mais à 19h20… Oui, j’avais plié mon billet papier de sorte qu’on ne voyait plus les dates donc j’ai un peu tout mélangé. Boulet, je disais donc.

 lisbonne-angelot

Vendredi, je vous parlerai de la balade street art et concluerai ce petit périple Lisbonnais. Bisous !

 lisbonne-reverbere

* Pro+perso mais le pro est un iPhone 5S vs mon perso tout pourri (un Samsung trend, n’achetez pas) et à l’étranger, le 1er est bien plus utile.

** Cette histoire est d’une rare insignifiance

 

Partage ton Noël sur les réseaux sociaux

Ahahah, bonsoir, bonsoir, vous me surprenez alors que je termine d’installer mon sapin de Noël. Approchez, mais approchez donc, que je partage avec vous le résultat, je suis pas peu fière. Hé oui, moi, j’aime montrer mon esprit de Noël. Clic, zou, c’est publié sur Instagram. Ohohoh !

IMG_0575

Il y a quelques rituels sur les réseaux sociaux, quelques dates importantes où il faut montrer qu’on en est. Il y a les vacances d’été où il faut poster une photo de ses jambes en mode knacki, le brunch où il faut à tout prix montrer sa belle assiette, les concerts, histoire de prouver qu’on y était, etc. Noël est l’un de ces moments et, pas de chance pour les allergiques à l’esprit de cette sympathique fête, ça dure un moment : course aux cadeaux, décoration de la maison, départ en vacances, réveillon, repas et ouverture des cadeaux, vous allez en bouffer du tweet, du statut Facebook, de la photo Instagram et même du Vine pour les moins chanceux (tiens, si je me servais de mon compte, d’ailleurs ?). Immortalisons, immortalisons !

champs-elysees-noel

Mais pourquoi ce besoin de partager ce moment précis ? Pour s’inscrire dans une sorte de grand tout ? De communion sociétale ? Certes mais pas que car n’oublions pas que Noël, c’est aussi la grande fête du “dis-moi combien tu m’aimes ?” Hé oui, plaisir d’offrir, joie de recevoir : selon ce que tu as mis comme fric sur mon cadeau, je saurai si tu m’aimes ou pas*. T’as vu mes beaux cadeaux, tavu, tavu ? T’en a pas eus d’aussi beaux, toi, hein ? Puis tiens mate ceux que moi, j’offre, parce que je suis généreuse et j’aime mes proches, je leur fais de supeeerbes cadeaux.

cadeaux-noel

Et puis, les fêtes, c’est aussi la joliesse de son intérieur. Hop, ça fera bien sur Pinterest. T’as un aussi beau sapin, toi ? T’as vu mes boules, hein, t’as vu mes boules ??

miley-cirus-sur-une-boule

Et puis n’oublions pas la bouffe. Aaaaah la bouffe ! Saviez-vous que l’alimentation était le 3e sujet le plus discuté sur les réseaux sociaux ?** Alors là, on va un peu étaler notre richesse et notre opulence avec des délicieux mets raffinés et follement délicieux. Une petite coupe de champagne par ici, une petite cuillère de caviar par là, tu me passes les huîtres s’il te plaît ?

buffet-noel

Bref, Noël est l’un des paroxysme de la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. Alors que tout l’année, on chuine sur nos impôts, la cherté de la vie et nos découverts, durant les quelques jours de la fin décembre, nous voici soudain riches à étaler notre argent comme s’il en poussait sur le sapin. Et j’avoue, je m’en amuse et en abuse. Vous aurez donc le droit comme chaque année à mes photos de réveillon, de mes paquets cadeaux, de bon manger et des photos de mon neveu de dos. Et encore, vous avez de la chance, je vous ai épargné ma crise de foie de l’an dernier.

champagne-rose

Ca vous saoule ? Courage, on enchaîne direct avec le réveillon.

Et en cadeau, pour vous, parce que je regarde ça en boucle depuis un mois pour survivre à mes pitches, l’épisode de Noël du Coeur a ses raisons !

*en vrai non, certains  achètent l’affection d’autrui avec des cadeaux histoire de compenser une absence ou pour étaler leur fric mais ceci est une autre histoire.

** C’était la minute experte des réseaux sociaux

En mode “pitch”

J’ai envie de vous parler un peu de ma nouvelle vie qui n’est plus très nouvelle. Ca fait 3 mois que j’ai pris mes nouvelles fonctions. Après un 1er mois à observer un peu les fissures au plafond, les choses se sont accélérées jusqu’à leur paroxysme la semaine dernière où je passais une partie de mes nuits devant mon powerpoint à raconter une histoire en anglais pour séduire un potentiel client. You know, I am bilingue (à prononcer avec le plus charmant des accents toulousains). Bref, je suis passée en mode pitch.

Lifes-A-Pitch-Design

Pour ceux qui ne bossent pas dans le joyeux univers des agences de comm, petite définition du pitch : c’est quand un annonceur fait un appel d’offre sur tout ou partie de sa communication. Ca peut concerner les achats TV, radio, presse ou digitaux ou la stratégie digitale, social media… Ce qui fait qu’on se retrouve souvent à médiatiser les contenus créés par des autres agences ou produire du contenu qui sera médiatisé par une autre agence sans qu’on puisse avoir les résultats. Ou, quand on les a, se rendre compte qu’il n’y a pas un seul CPC* de correct. Bref, les annonceurs n’aiment pas toujours placer leurs oeufs dans le même panier et plus l’annonceur est gros, plus le gâteau à se partager est impressionnant donc après tout…

gros-gateau

Il y a plusieurs types de pitchs, on parle de pitch défensif quand on est l’agence sortante et pitch offensif quand on espère prendre la place de l’agence remise en compétition. Ce mode de fonctionner est assez problématique car il exige in fine pas mal de travail “gratuit” : si on gagne le client, c’est cool mais si on perd, on aura passé X heures dessus pour rien ou à peu près (j’aime penser que ce n’est jamais pour rien vu qu’on peut toujours récupérer une ou deux slides pour un prochain pitch voire pour la strat d’un client existant). C’est le jeu ma pauvre Lucette. Parfois, tu es en pitch peinard : il n’y a pas de compétition officielle mais le client n’aime plus trop son agence en charge de quelque chose et aimerait que tu lui dises ce que toi, tu envisagerais de faire à la place. Normalement, il y a une certaine éthique qui veut que tes idées ne soient pas utilisées si tu n’es pas retenu mais parfois…

ampoule

Du coup, depuis quelques temps, je suis en mode pitch. Et c’est souvent l’hystérie. D’un côté, il y a toi, l’expert qui dois rédiger ta partie. Tu as noté la problématique, tu regardes un peu ce qu’il se fait, tu bippes les régies dont tu as besoin, tu brieffes tes équipes, tu rebrieffes tes équipes, tu vas rassurer le directeur ou la directrice commercial-e qui en est à 3 infarctus par jour, tu vas gueuler sur les équipes qui n’ont pas bossé, tu bloques devant ta slide ne sachant plus ce que tu voulais raconter, tu te demandes comment on dit saisonalité en anglais, tu te dis que tu bosses jusqu’à 20h30 puis tu rentres chez toi… non, 21h… Allez, 21h30… 22h… A 23h, tu pars en calculant qu’il te reste encore une bonne heure ou deux de taf. Parce que faut pas oublier que, même si t’es en mode pitch, tu as d’autres clients à gérer et que donc, quand tu dis “oh bah, j’en ai encore pour une demi-journée et ce sera plié”, tu oublies les réunions, le 3e point de la journée pour voir où tu en es, le client relou sans rapport avec la choucroute qui te demande pour la 4e fois la même chose, les coupures Internet, ton pc qui plante, ta tension qui atteint des sommets, ton cerveau qui ne sait plus s’il doit penser en français ou en anglais.

Zorn Frau ist wütend angry

Et puis vient le jour J, tu finis de toiletter ta prés, tout le monde est au bord de la crise de nerf, tu cours, tu rassures, tu avales un sandwich en 2*2 en respirant fort par le nez. Puis tu présentes, ça se passe bien et le directeur ou la directrice commercial-e qui te détestais encore au petit matin te tape sur l’épaule, les yeux brillants de fierté. On a eu peur mais on l’a fait.

succes-travail

Et oui, c’est toujours comme ça. Surtout quand le nombre d’interlocuteurs autour de la table augmente : à la fin, tu as même parfois du mal à reconnaître ta prés’. Tu finis par céder sur certains détails parce que bon, l’image que tu avais choisie, c’est pas toi qui l’a shootée donc tu t’en fous un peu. On a déjà tellement débattu du contenu que tu hausses les épaules sur le contenant, même quand une chef de marque zélée te fout un effet isohélie partout.

powerpoint-rate
Slide piquée sur le très drôle ppt sur ce qu’il ne faut surtout pas faire avec un PPT http://fr.slideshare.net/jessedee/you-suck-at-powerpoint

Mais ainsi va la vie d’une agence. Tu mets le point final à ta prés ? Te réjouis pas : y aura forcément un retravail et un nouveau pitch à venir.

 

* CPC : coût par clic, se calcule en divisant le budget par le nombre de clics, pas bien compliqué, donc.

 

C’est la saison du manque affectif

Novembre est souvent un mois un peu bof, un peu mou du genou où l’humidité nous envahit malgré notre manteau tout neuf, la nature pourrit, il fait nuit tout le temps. Bref le mois où rien ne nous paraît plus sexy que notre plaid, notre pyjama, notre couette et nos pantoufles rembourrées. La période où se coiffer et toucher des objets sans se prendre une pigne devient un défi permanent… Bref, on n’a pas la gagne.

fillette-boude
Un samedi soir de novembre, alors que l’ennui et la mollesse sont mes seuls compagnons, je me surprends à taper le nom de quelques uns de mes exs sur Google histoire de voir. Tiens, un a fini par passer sa thèse et enseigne à La Sorbonne maintenant. Tiens, une vidéo d’un autre… Ah mince, il est resté bien charmant. Et celui-ci qui ne m’a offert qu’une nuit bien foireuse, puisque Facebook me le propose en ami (scrmlml), il devient quoi. Bon, ok, c’était un connard mais ses yeux couleur de Jade, mon Dieu…

Ceci n'est pas le connard aux yeux de jade
Ceci n’est pas le connard aux yeux de jade

Mais que m’arrive-t-il, bordel ? Pourquoi je m’amuse tout à coup à aller réveiller ces fantômes du passé qui végétaient peinards à la limite de ma conscience, qui ne hantaient même plus mes rêves ? Soit je suis complètement maso soit… Mais bien sûr ! C’est la saison du manque affectif !

coussin-coeur

En hiver, je suis un chat : je veux de la chaleur, de la douceur et des câlins. Je veux rentrer le soir et tomber dans les bras d’un gentil gars qui me serrerait contre lui en me grattant la tête. Or actuellement, les seules personnes à me faire des câlins sont mon chat et un amant occasionnel (et encore j’ai du bol, j’eus connu des plans cul garantis 0% tendresse et câlin). Mon cerveau a envie de tendresse et comme j’ai pas de crush en ce moment, à défaut de piocher dans mes fantasmes, il pioche dans mes souvenirs. Sale traître !
cerveau-etrange
Parce que c’est là que tu es susceptible de commettre une « connerie ». Que si un de tes exs t’appelle, ta raison aura beau tenter de te rappeler que c’est un connard ou une connasse, ton cœur et ton corps en manque vont te susurrer que quand même, les gens changent, peut-être que cette fois-ci… Ou tu tenteras de combler ce manque en recrutant ton patch tendresse sur Tinder parce que, bon, on sait jamais, y a peut-être quelqu’un de bien dans le tas. Sauf que tu es vulnérable, tes critères de sélection sont drastiquement revus à la baisse et le premier ou la première « pas trop mal » fera l’affaire. Et tu réveilleras le lendemain dans des draps souillés encore plus mal que la veille parce que l’autre n’avait pas prévu de jouer les prolongations avec toi.
chaque-matin-c-est-la-meme-chose-vous-n-avez
Vraiment une période de merde. Mais accroche-toi, préserve-toi, on ne sait jamais qui frappera à ta porte demain. Certes, peut-être personne mais ça fait pas de mal de rêver un peu.

On perd vite le manuel des rencards réussis

Par Audrey

audrey-folle

Après la soirée de l’angoisse avec mes copines censées m’insuffler du courage pour ce premier rencard post longue relation amoureuse, je décide que j’ai pas besoin d’aide. Ca va, je ne suis plus une jeune pucelle rougissante. J’ai passé trois ans avec le même mec et j’ai eu une vie avant lui : plus experte des mecs que ça, tu meurs.

Le fétichisme des pieds, in ou out ?

Et je meurs, justement. De stress. Parce que bon, en trois ans, y a peut-être quelques trucs qui ont changé en matière de drague et mes copines ont préféré me prévenir sur les risques de finir découpée à la scie sauteuse et balancée dans la Seine en menus morceaux plutôt que de me dire si les rendez-vous galants, ça marche toujours pareil. On est toujours dans le bon vieux resto ou vive les apéros dînatoires ? Et on sort où maintenant à Paris pour passer une bonne soirée sans passer pour la meuf dépassée face aux hypra branchées parfaites jusqu’au bout des orteils. Tiens, au fait, faudrait que je pense à me faire une petite pédicure maison, peut-être que ce monsieur va voir mes pieds et les ongles un peu pas faits, ça le fait pas. Où on est-on du fétichisme des pieds, d’ailleurs ? In ou out ? On ne me dit rien, à moi !

Respire, ma fille, respire. Un, deux, trois, tout va bien se passer, ce n’est qu’une question d’organisation. D’abord, lançons les travaux de fond appelés aussi “bah, tiens, enfin une bonne occasion de me chouchouter”. Un peu de cire sur mes poils (c’est pas la mode les poils à tout hasard ? Ca m’arrangerait…), un peu de produits tout doux sur mes cheveux et ma peau, un peu de vernis sur mes doigts… Telle Cendrillon, j’émerge de mon petit nuage magique et… point de miracle. Le souci quand tu vis en couple et que tu te crois à l’abri de toute rupture (ERREUR), c’est que tu en profites pour te la couler douce sur les quelques gestes beauté qui t’ennuient le plus. A savoir pour ma part : épilation stricte (ça va, lui aussi, il a des poils et je ne lui dis rien), vernissage impeccable (selon une loi universelle, il est impossible de conserver une couche de vernis dans son intégralité plus de 8h… un peu comme les collants, impossible d’en porter un sans le filer toute une journée), silhouette impeccable. Je me masse le haut du nez en soufflant puis je hausse les épaules. Y a bien que les magazines féminins pour croire qu’on n’a aucune chance si on ne ressemble pas à une fille de leur canard. D’ailleurs, même les filles de leur canard ne se ressemblent pas et vu que Photoshop n’existe pas dans la vraie vie, on fera avec ce qu’on a.

 M’a-t-il draguée car il me sentait désespérée ?

Etape suivante : les vêtements. Dans la mesure où il ne fait pas particulièrement chaud, tout ce qui implique de dévoiler mes jambes avec juste un peu de voile autour me donne envie de pleurer. Bon allez, va pour mon petit jean fétiche, il me fait un cul d’enfer et ça dédramatise un peu la rencontre : je joue pas ma vie sur ce rencard, t’emballe pas mec. Par contre, pour le haut, l’hésitation monte d’un cran : décolleté or not ? En dévoiler un peu mais pas trop pour donner l’envie d’en voir plus mais sans envoyer le message “j’ai tellement la dalle que tu n’as rien à faire pour m’avoir”. Non, non, pas trop, soyons dans le suggéré… Ah oui, autre chose que j’ai un peu délaissé pendant ma vie de couple : ma grande-robe sexy. J’avoue que la mode sweat a eu avec moi l’une de ses plus ardentes défenseuses…

Deux heures plus tard, le contenu de mon armoire a envahi mon appart et je ne suis toujours pas plus avancée. Au fond, est-ce que tout cela a vraiment une importance ? Le mec m’a adressé la parole dans un bar où j’étais la seule à ne pas être fringuée en mode slut donc soit il aime les filles simples… soit il aime les filles désespérées, en période “basse estime de soi” parce que ça fait des proies faciles…

Je me jette sur mon lit et soupire… C’est fou comme, tout à coup, mon ex me manque… Soit on nous ment en nous disant que le célibat, c’est trop cool… soit c’est moi qui ne suis pas faite pour ça.

 

La prochaine fois, je vote à droite

(Spoiler : article qui va puer le cynisme et la désillusion)

J’y ai cru. Naïvement, certes mais j’y ai cru. En 2012, j’étais enfin heureuse d’être débarrassée de l’Affreux qui nous prenait pour des cons et nous divisait, j’ai cru qu’enfin, enfin, les choses allaient changer. Près de 3 ans plus tard, il est vrai qu’on a le Président le plus normal du monde, avec les mêmes soucis conjugaux que plein de Français, et le mariage et l’adoption pour tous. Mais putain à quel prix les a-t-on obtenus ? C’est précisément là où je veux en venir.

hollande-election

Je ne m’attarderai pas à commenter la politique “socialiste” de notre gouvernement, tout mon mépris et ma déception sont contenus dans mes guillemets. A un moment, je ne comprends pas bien qu’un parti qui se base quand même pas mal sur les notions de solidarité et d’entraide peut à ce point chercher à tous nous diviser en désignant tous les jours de nouveaux boucs émissaires pour expliquer les différentes crises (économiques, sociétales, sécuritaires…). Alors, moi, je veux bien que ce soit la faute des Roms, profs, retraités, jeunes, classe moyenne, resquilleurs du Pôle Emploi ou qui tu veux mais… c’était déjà les mêmes sous la droite, ce sont toujours les mêmes qu’on dénonce et on est toujours dans la même merde. Y a pas un léger souci quelque part ? Oui, non, ta gueule tu comprends pas ? Bref, changement de parti mais same old shit.

tire-la-chasse

Le problème, c’est que notre gouvernement de gauche a beau avoir peu ou prou le même agenda et les mêmes bêtes noires que ses prédécesseurs (au fait, est-ce qu’on peut arrêter de dire qu’on va revenir sur les 35h ? Ca fait 15 ans qu’elles sont installées dont 12 avec un gouvernement de droite et personne n’a rien fait donc faut arrêter de nous dire qu’on va les abroger, hein…), une opposition se lève, la voix de la rue, et je la trouve particulièrement hideuse. Effrayés par l’incroyable loi permettant aux pédés de se marier et même d’avoir des enfants, le tout ficelé par une femme qui est noire, en plus, les opposants à cette intolérable égalité des droits ont décide de prendre la parole… et ne la lâchent plus. Alors dans l’absolu, il est sain que toutes les opinions aient leur espace de parole dans  notre société mais dans les faits, j’en peux plus, j’en ai marre. Parce que ce qui m’agaçait franchement sous la droite (les commentaires racistes) sont devenus encore plus fréquents depuis que la gauche est au pouvoir en y rajoutant une bonne lichette d’homophobie et de grands relents de “ah, les heures sombres de notre histoire”. On a quand même des gens qui ne cessent de parler de dictature socialiste alors que si je m’en réfère à la dernière élection de leurs leaders (100% de voix pour Marine ou un vote interne UMP qui sent la merde et l’embrouille à 3 km à la ronde), pardon mais vos gueules…

Cette image traduit à elle seule la folie de ces personnes...
Cette image traduit à elle seule la folie de ces personnes…

 

Je ne comprends pas qu’aujourd’hui, des gens pensent que ne pas être d’accord avec le parti en place les autorise à mal parler des bougnoules, des négros, des pédés et des gouines. Je ne comprends pas qu’une loi qui se contente de donner une égalité suscite autant de haine. Je ne comprends pas qu’on en vienne à revenir sur des droits fondamentaux (IVG) pour “faire l’opposition”. J’en peux plus des cons, ça me fait mal, mal à ma France de lire tant de haine au quotidien et voir la vague bleu marine se former au loin. Bien sûr que la vie tous ensemble, c’est compliqué et qu’aucun pays n’y arrive parfaitement, il y a toujours des tensions mais merde, quand même… Ca fait un an et demi que la loi est votée et on continue à recevoir des tombereaux de haine de la part de ceux qui voient leurs schémas menacés, qui hurlent que la GPA est une ignominie alors qu’il n’y a bien qu’eux qui en parlent. On parle d’une loi qui a juste étendu un droit à tous sans nuire à personne. Et tout s’amalgame, on nous parle de lobbies LGBT, de gauche dégénérée (la violence dans le choix des mots).

Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau-dali

Ca me rend malade, vraiment. J’ai essayé de répondre, d’argumenter, de tenter de faire comprendre le mal dans ses propos, ça ne sert à rien. Mais comment veux-tu prêcher pour un mieux vivre ensemble quand, aujourd’hui, on t’explique qu’on serait mieux sans eux (eux, ça dépend du jour de la semaine mais ça peut être les Arabes, Musulmans, Juifs, franc-maçonniques, immigrés de tous horizons, les pauvres en général…), qu’il faut réfléchir à fermer les portes, à punir ceux qui trichent en te faisant croire qu’ils sont légion, à taper sur les déjà plus faibles parce qu’ils ne ressemblent pas à cette belle France blanche, chrétienne et hétérosexuelle d’avant… La nausée.

france-chretienne

Alors non, bien sûr, j’irai pas jusqu’à voter à droite. Mais j’aimerais parfois que ces voix se taisent, que je puisse un peu me prendre à rêver de cette france multi… multi ce qu’on veut, en fait, je m’en fous du nom, l’important est que chacun de ses habitants puisse avoir les mêmes droits que les autres, indépendamment de ce qu’ils aiment… Juste parce qu’on a beau se la raconter “on est les pays des droits de l’Homme”, là, de suite, ça me saute pas aux yeux.

droits_de_l_homme

PS : Et oui, je sais, c’est pas forcément mieux ailleurs mais ça me console pas pour autant

 

Quel site de rencontre choisir ?

Je parle, je parle mais vous me dites “non mais Nina, c’est bon, ça va, on a compris le principe alors sur lequel on va pour (te) choper ?” Alors, c’est très simple :

  • pour choper : ça dépend
  • pour me choper : actuellement aucun mais ça, j’en parlerai une autre fois

1155-site-rencontre

“Quoi, tu nous saoules avec tes articles sur les sites et tu n’es même pas foutue de nous dire lequel est le plus mieux du monde ? Tu servirais pas un peu à rien ?”. En fait, la réponse se cache derrière la définition que vous mettez derrière le mot rencontre. En gros : si vous avez envie de fricoter avec une personne nue dans votre lit, vous n’allez pas forcément aller sur les mêmes sites que si vous cherchez une personne qui apposera sa signature à la fin d’un contrat de mariage à vos deux noms. Par exemple, je ne suis pas certaine que Tinder, basé sur une sélection uniquement sur des photos, soit le site le plus adapté pour trouver l’Amour. Ca peut sans doute arriver, je dis pas, mais je ne pense pas que l’utra majorité des utilisateurs soient dans cette optique. De la même façon, adopteunmec semble plus dédié au plan cul qu’au plan love. Meetic semble, lui, s’adresser plus à ceux qui recherchent un peu plus sérieusement mais là, encore, ça dépend sur qui on tombe.

maman-cherche-l-amour

Le problème finalement n’est pas d’aller sur un site de rencontre : une fois le pas franchi, ce n’est finalement pas si pire. Le problème, c’est d’en trouver une qui nous correspond. Je n’ai moi-même pas testé tous les sites (je dois pas en connaître la moitié, je pense), j’ai débuté sur Meetic, poursuivi sur Adopte, pas mal traîné sur OkCupid, échoué sur Tinder (mais vu que le 2e résultat était l’un de mes directeurs, j’ai tout effacé et j’en fais encore des cauchemars la nuit). J’ai vaguement testé Obs rencontres y a fort longtemps et un autre dont je n’arrive pas à retrouver le nom. J’ai fait de jolies rencontres, de moins jolies, des franchement atroces, eu des dialogues intéressants, des échanges glaçants… Des prises de contact un peu directes, d’autres marrantes, d’autres encore bien foirées. De façon générale, je ne pense ne jamais refoutre les pieds sur Adopte un mec ou Tinder : pas de discussion intéressante, on sait de suite pour quoi on est là : on est des sacs à foutre. Bon, déjà, arriver à trouver un mec qui écrit à peu près correctement, c’est une aventure, alors le reste… Après, y en a qui ça correspond, qui se sentent bien là bas donc si ça leur convient, autant y rester.

poupee-gonfable

Car c’est bien là le plus grand défi. Déjà, au début, faut s’habituer aux coutumes locales. ca flashe, envoie des charmes ou Dieu seul sait quoi, votre page est vite transformée en flipper géant avec tout qui clignote dans tous les sens. Au début, on est un peu intimidés, on répond à tous les messages par politesse, on peut vite se sentir agressés ou lassés par tous ces galants “tu veux baiser” et autres poésies. C’est pas qu’on soit contre dans l’absolu mais on aime bien aussi savoir à qui on a à faire avant et ne pas trop se sentir sale après… Faut s’accrocher pour ne pas tout envoyer balader en se disant que seuls les goujat-e-s fréquentent ce genre de sites et que c’est pas là qu’on va trouver l’amour, tiens.

trouver-lamour

Alors j’ai envie de vous proposer un plan, tout droit sorti de mon cerveau de marketeuse devenue obsédée par son métier : le A/B testing. C’est très simple. La plupart des sites de rencontres payants proposent toujours une période d’essai gratuite donc l’idée est de vous inscrire en même temps sur deux sites avec les mêmes photos, profil, description (même pseudo si vous en avez envie, peu importe)… et fréquentez les en parallèle. A la fin du test, vous serez plus à même d’élire celui qui vous convient le mieux.

ballons-ciel

Et pour ma part, mon chouchou était OkCupid : c’est fou ce qu’un site anglophone semble de suite être une barrière aux relous. Et quand certains insistaient et se conduisaient comme tels, leur fiche était supprimée au bout de 48h max. Magie.

 

Mange pas ça, tu vas attraper le cancer

Avant nous vivions dans le noir. Faiblement éclairés par quelques voix médiatiques, nous mangions des tas de merde sans savoir que ça nous tuait à petit feu. Imaginez, avant les Internet, on consommait de l’aspartame à gogo (à ce sujet, est-ce qu’on peut ENFIN se mettre d’accord sur la dangerosité du truc ou non ? Ca me fatigue un peu les études qui se contredisent tous les 3 matins. C’est pas que j’en consomme beaucoup mais ça finit par fatiguer, ce débat), du gluten, du lait, de la viande aux hormones et du poisson à la progestérone… Et bah du coup, on avait plein de cancers, sans savoir.

LACHAPELLE-BURGER-01

Heureusement, l’interweb est arrivé, le flambeau de la vérité à la main et vient nous éclairer de sa sagesse. Tout ça, c’est dégueulasse pour toi. Si t’en manges, tu mourras du cancer. Alors que les baies de goji, elles t’en sauveront, magie* ! Ou d’autres produits, ça dépend qui est en train de te vendre ses pilules magiques. Car c’est bien là que je veux en venir : curieusement, ce sont toujours ceux qui vendent des compléments alimentaires “anti cancer” (déjà paie ta promesse de vente) qui voient des aliments cancérigènes partout. Coïncidence ? Je ne crois pas.

boisson-miracle

Ainsi quand je furète sur mon Facebook (pas vu sur Twitter mais sans doute car je suis pas de personnes susceptibles de relayer ces conneries), je vois régulièrement des statuts de type “ah, je savais bien que le lait/l’aspatarme/le soja/le sel/le sucre/ta mère donnait le cancer, la preuve !” avec le lien vers un article de blog dont l’url contient bien entendu santé. OH MON DIEU ON VA TOUS MOURIR ! Non, non, respirons et examinons ça de plus près. Déjà, ne trouvez pas bizarre que l’immense majorité des articles concernent le cancer ? Ok, tout ça fait peur mais quand même… Donc nous avons à peu près 50% d’articles “tous les aliments de la terre filent le cancer” et 50% “mais y a des produits miracles et comme je suis sympa, je vous les vends, hopla !”. Juste un point avant de poursuivre : aucun aliment ne prévient ou, pire, ne guérit le cancer. Au mieux, vous avez des aliments bourrés d’antioxydants qui ne vous feront pas de mal mais ensuite… et encore, je dis ça, va bien y avoir une étude pour nous démontrer que ça file le cancer.

antioxydant

Car c’est là que le bât blesse furieusement : dans ces articles, il est toujours question d’études “des études ont démontré”. Oui ok mais je veux en savoir plus : quelles études ? Qui a conclu ça selon quel protocole ? Combien de personnes testées ? Sur combien de temps ? De 1, curieusement, on n’a jamais la référence de la moindre étude et de 2, il faut aussi se méfier du résultat des “études”, pas mal sont finalement soit bidons soit totalement réinterprétés pour coller au discours. Parce que finalement, le vice de ces articles, c’est de jouer avec deux ou trois chiffres, deux ou trois “études”, les tordre un peu puis saupoudrer tout ça de théorie du complot et voilà : vous allez regarder votre verre de lait avec angoisse et ne plus vacciner vos gosses parce que le vaccin, ça file l’autisme**. Oui, oui, les chiffres (lesquels ?) le prouvent, ya une corrélation entre vaccin contre la rougeole et autisme. Le fait qu’on soit mieux armés pour reconnaître plus tôt cette maladie n’a rien à voir, non non. Sinon autre statistique intéressante : grâce à cette folie anti vaccin qui-file-l-autisme, 288 Américains ont contracté la rougeole entre janvier et mai de cette année dont 90ù de non vaccinés, 1 malade sur 7 a fini à l’hôpital. Et je rappelle que la rougeole chez les jeunes enfants peut être fatale…

la-rougeole-une-maladie-encore-bien-presente-o15594

Mais pourtant, ça fonctionne. Pourquoi ? Parce que ça fait appel à deux mécanismes simples : la peur (notamment sur son enfant) et le fait de se sentir éclairés : “nous vous révélons ce que les lobbies pharmaceutiques veulent taire à tout prix”. Alors réfléchissons un peu : les gouvernements, de droite, de gauche, du centre et d’où tu veux, tous se tairaient dans un immense complot mondial pour permettre aux labos de faire leur beurre. Okayyyy, donc si on cumule gouvernements et tous ceux des labos “qui savent”, ça me paraît faire beaucoup pour un seul complot mais bon… Ensuite, il me semble que, quand même, certains produits dangereux produits par ces mêmes labos ont été dénoncés et interdits à la vente à partir du moment où leur dangerosité a été démontrée. Par ailleurs, je ne vois pas bien l’intérêt des gouvernements de laisser perpétrer ce genre d’empoisonnement à grande échelle : ça leur coûtera toujours bien plus cher de soigner les gens que de taper sur les doigts des grands labos et interdire la vente de vaccins problématiques. Enfin, sur la question du lobby, il me semble que le lobby du tabac et celui de l’alcool sont également très puissants et représentent une manne financière importante, c’est pas pour autant qu’on n’a pas droit à notre petit lot de messages de prévention.

fumer-tue

Et si jamais tu as un doute, tu lis le blog du Pharmachien qui est trop super, il te parle des édulcorants, du gluten, du lait et des vaccins (plutôt deux fois qu’une). Etre attentif à ce que l’on consomme, c’est bien, mais croisez les sources avant d’affirmer sur votre Facebook que manger trop de salsifis file le cancer. Quoique, curieusement, on ne s’attaque qu’aux produits de très grande consommation, t’as vu ?

salsifis

*Note pour moi-même : faire un article sur la tendance “healthy” sur les réseaux sociaux

** L’autisme est une maladie génétique, il semble difficile de la refiler par vaccin. Les seules causes non génétiques envisagées (envisagées, même pas confirmées) sont toutes liées à la grossesse comme par exemple une trop forte absorption d’alcool par la mère