La victoire de l’Homme normal

Je n’avais pas prévu au départ de parler de la victoire de François Hollande et puis, finalement si. Courage, je vous promets des articles très futiles dans les prochains jours pour compenser. Mais hier soir, alors que j’étais prise dans la foule à Solférino et que le résultat officiel est tombé, que les gens sautaient de joie en hurlant de bonheur, j’ai repensé à ceux qui se gaussaient de Hollande y a un an en disant qu’il n’avait aucune chance. Et j’y ai vu une sublime leçon de vie.

Je l’avais confessé alors que DSK était annoncé comme prochain président : j’ai toujours bien aimé François. Il incarne une force tranquille admirable, une fidélité sans faille, un homme droit. Il a préparé son tour avec soin et a su partir au bon moment, menant une campagne propre. François, c’est aussi l’anti-bling bling. Ce que François n’est pas est aussi important ce qu’il est. Il n’est pas La France que j’exècre, cette France des médiocres élus sur des mensonges, des faux semblants, l’image d’un candidat qui se présentait proche des Français qui n’a même pas tenu une nuit. François n’est pas arrogant, méprisant, à la limite de la violence. Pour reprendre l’expression de Sarkozy face à Ségolène Royal, lui, il sait « garder ses nerfs ».

La victoire de François, c’est la défaite de l’homme d’apparence, ce genre d’individus que j’abhorre et qu’on croise tous à un moment dans notre vie : celui ou celle qui nous endort avec de belles paroles ou promesses masquant à la perfection leur incompétence crasse. Sauf que nul vernis n’est éternel et un jour, on se réveille avec une sale gueule de bois. Je ne peux pas dire que Sarkozy ait réussi à m’endormir, je n’ai jamais cru en lui mais je peux comprendre l’espoir qu’il a pu incarner, un espoir de changement. Bonjour la gueule du changement…

La victoire de François, c’est la victoire d’un homme « normal ». Un homme cultivé et intelligent, un travailleur mais un homme comme vous et moi qui a des valeurs. Je ne peux pas dire qu’il révolutionnera la France, je pense qu’il fera du mieux qu’il pourra sans faire passer ses intérêts avant ceux de la Nation. J’aimerais être dans sa tête, là, maintenant. Ce gars qu’on prenait tous pour un perdant, que nul ne voyait triompher. Il est là, il est Président. Personne ou presque (je t’ai entendue crier derrière ton écran mais je sais que tu es une Hollandiste de la première heure) n’aurait parié sur lui y a un an. Et il l’a fait, il l’a juste fait. Je peux pas m’empêcher de trouver cette victoire émouvante ne serait-ce que pour ça. Parce que ça nous montre que tout est possible, pour tous, que rien n’est insurmontable.

Hier soir, la France a choisi : entre le bling bling, le mépris, la colère et l’honnêteté, la rigueur et la modestie, elle a opté pour la seconde option. J’ai espoir que ce soit significatif pour des gens comme moi qui préfèrent être consciencieux plutôt que morveux, qui préfèrent travailler bien plutôt que fanfaronner fort. Le changement est radical, il était nécessaire.

Je suis aujourd’hui fière de mon Président et confiante. Un homme serein et digne, c’est ce dont nous avions besoin. Je resterai droite dans mes convictions, j’ai voté pour un homme mais aussi un projet, une vision de la société. J’attends de cet homme qu’il tienne ses engagements, j’y serai attentive.

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7 réflexions au sujet de « La victoire de l’Homme normal »

  1. Effectivement, « sublime leçon de vie »… et bien joli texte!
    J’adore la dernière photo et cett » phrase:  » J’ai espoir que ce soit significatif pour des gens comme moi qui préfèrent être consciencieux plutôt que morveux, qui préfèrent travailler bien plutôt que fanfaronner fort. »
    merci Nina!

  2. So Long dit :

    Pour moi, la première image que je retiendrai de ce quinquennat, elle est à 10 000 lieux des images que j’imaginais un jour voir gravées dans ma mémoire :
    Je suis à Bastille, au coeur de la foule, je ne sais pas trop comment on a fait pour atteindre le centre de la place, au pied de la colonne, mais on y est. François vient d’achever son second discours de la soirée. Et on commence la Marseillaise.
    Je lève les yeux vers les casse-cous qui sont parvenus à monter sur la colonne. Majoritairement des jeunes de quartiers… mais pas que. Des petites parisiennes, très bobo, avec des ballerines Repetto. Mais pas que.

    Et tout ce monde se tient par la main. Des drapeaux de toutes sortes flottent : algériens, belges, corses, grecs, français, arc-en-ciel, PS, FDG, PRG (mon préféré)… (je ne les connais pas tous). Et tout ce petit monde se tient par la main… et chante la Marseillaise avec une ferveur que les fumigènes ne parviennent pas à dissimuler.

    L’intégration, c’est maintenant.

  3. Catherine dit :

    Je trouve cet article aussi affligeant que ces réactions le sont. La vraie question qui entoure ces présidentielles, au-delà du vote pour ou contre Sarkozy puisqu’elles semblent avoir viré au plébiscite, c’est : est-ce que la France pouvait se permettre le luxe de mettre un incompétent fini à la plus haute fonction de l’exécutif en des temps aussi instables économiquement parlant ?

    Je vous invite à vous livrer à une comparaison. Si demain était nommé à la tête d’une grande société du CAC 40, un PDG qui n’avait pas eu la moindre responsabilité dans toute sa carrière de la gestion du plus petit des centres de profits, ne seriez-vous pas étonné qu’on puisse lui confier une telle responsabilité ? C’est ce que l’électorat de Hollande vient de faire avec confiance hier.

    Le président du Conseil Général de la Corrèze devient le Président de la République, sans avoir jamais exercé aucune responsabilité dans un des ministères régaliens, ni même sur la scène internationale. Le besoin de changement ne justifie pas une telle aberration…

    Et cessons de chercher à voir en nos hommes politiques des hommes intègres et loyaux. Pour arriver à ce niveau de visibilité, n’ayez aucun doute sur le fait qu’hommes et femmes de droite ou de gauche, ont rendu de gros services ou sont redevables eux-mêmes.

    Faites de beaux rêves !

  4. Matt dit :

    Moi aussi, il m’a surpris, je n’ai jamais été un de ses partisans, d’ailleurs je n’ai pas voté aux primaires mais j’ai pu apprécier le succès et le bel effort d’unité qui en est ressortit. Et pourtant ce n’était pas gagné.
    Et encore là, durant cette campagne, pas une vague, aucune aspérité donnée aux vautours d’en face, qui s’étaient déjà, il est vrai, bien repus du cadavre de DSK. Sa force est avant tout d’avoir su garder une ligne claire, sans faux-semblants et sans avoir été pris à défaut. Et pourtant, cette campagne a été tout sauf une mer calme.
    Une autre satisfaction, c’est qu’il garde la tête froide et a bien pris conscience de l’ampleur de la tâche, car tout ne fait que commencer et une majorité doit d’abord se construire.

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