Les pots de départ ou soirées corporate quand t’es en couple

Premier épisode de ma série sur les “quand t’es en couple” et je pars direct sur la question qui m’a inspiré le sujet. Ces derniers temps, j’ai eu droit à des pots de départ et à une soirée corporate en moins de 15 jours (je crois) et force est de constater que depuis que je suis en couple, ça m’émoustille carrément moins. Pourquoi ? Parce que je sais déjà comment ça va finir : dans les bras de mon mec.

Pots de départ

J’ai toujours apprécié d’avoir un petit crush de bureau, histoire de passer la journée en matant discrètement pour trouver toute la motivation pour animer mes communautés au mieux. Dans une boîte de plusieurs centaines de personne, il y a toujours une personne qui vous séduira, croyez-moi. Cependant, depuis que je suis en couple, je sais que même si j’ai le collègue le plus miaou du monde, il n’y a aucune chance que je conclus à un pot de départ ou une soirée corporate parce que Victor et moi avons choisi le concept de monogamie sans accroc. Et du coup, ces soirées n’ont guère plus d’intérêt.

Deux collègues flirtent au travail

Qu’est-ce qu’on aime dans les soirées ? Papoter, boire de l’alcool (moi, en tout cas), éventuellement choper le beau gosse sur lequel on bave depuis des mois (ou un qu’on n’avait pas repéré mais qui n’est pas si mal). Avec ce petit frisson de rester discret pour ne pas être le sujet de conversation de vos camarades à la cantine dans le cas des soirées pros. Je vous jure, c’est très excitant de tenter de se dissimuler au regard des autres, mener une conversation en apparence anodine tout en balançant son regard “toi, je te veux” à l’autre pendant qu’on discute… Vous allez me dire, pour papoter et boire de l’alcool, pas besoin de crush. C’est vrai. Sauf que mes collègues, je les vois toute la journée déjà et de quoi va-t-on parler ? De notre quasi seul point commun : le taf. Ou de vieilles histoires de cul gênantes selon votre degré d’alcoolémie.

L'alcool au travail

Du coup, à l’heure où ça s’excite un peu sur les soirées pros, je suis devant mon ordinateur en mode “meeeeeeh”. J’ai déjà prévenu Victor dès le matin que je ne rentrerai sans doute pas tard, “je passe faire un bisou et je rentre”, ce qui n’arrive jamais parce que je me laisse toujours entraîner dans des conversations. Genre ma soirée corpo de la semaine dernière, j’étais limite à dire à Victor le matin “non mais je prends un verre et je te rejoins à la manif”, j’ai hyperventilé quand un collègue a annoncé qu’il était 23h58. Parce que des fois, tu montes dans le train de la soirée sans y faire attention, parce que tu as un peu abusé du rosé servi en trop grande quantité et que l’addition sera salée le lendemain matin. Le train de la soirée ? Oui, c’est ce phénomène qui fait qu’à un moment de la soirée, soit tu suis l’ambiance, tu es dans le train, soit tu l’as loupé et tu es assailli par l’ennui, trop sobre alors que tes camarades commencent déjà à oublier leur prénom et à tenter de serrer Machin ou Machine dans un coin sombre.

S'ennuyer en soirée

Mais voilà, les soirées corpos ou les pots de départ sont désormais sans enjeu. Si le partant ou la partante est quelqu’un que tu appréciais de tout ton corps, restera le plaisir de passer du temps avec lui ou elle avec, déjà, un brin de nostalgie, cette sensation diffuse que ce ne sera plus jamais pareil. Alors que spoiler : si, le monde du travail t’offre un pouvoir de résilience sans limites. Mais du coup, neuf fois sur dix, ces soirées ne me donnent pas envie, j’y vais par politesse, parce qu’on ne sait jamais avec qui on va parler, qui a les clés de mon avenir (j’aimerais bien qu’on me le dise, d’ailleurs, je mise systématiquement sur le mauvais cheval, ça me fatigue un peu, parfois). Alors qu’en vrai, moi, je voudrais juste rentrer chez moi me caler contre Victor, boire un verre tous les deux en parlant de tout, de rien, en matant une série et en s’endormant dans les bras l’un de l’autre avec la garantie de se réveiller fraîche et reposée, sans gueule de bois.

Soirée couple sur canapé

Dormir à deux… Tiens, ce sera mon prochain article.

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Pourquoi j’ai peur de Macron ?

Et que je vais vous le dire maintenant avant le second tour des législatives même si je me doute bien que je ne ferai pas changer d’avis les gens. Mais au moins, ce sera fait. Donc oui, j’ai peur de Macron et ce n’est pas une métaphore ou un titre putassier pour vous attirer ici. On entre vraiment dans une ère qui m’inquiète au-delà même du sarkozysme et je vais vous expliquer pourquoi. Attention, c’est un article cri du coeur et je me rends compte qu’il est très long donc un petit café ou thé (je vous conseille le yoggi tea, je sais bien que c’est sans doute de l’attrape nigaud mais il est trop bon), quelques biscuits ou fruits séchés et on est partis.

Quelques tasses de café

En 2007, ce fut une belle gueule de bois quand Sarko remporta l’élection même si sa victoire étant sans surprise, la machine était parfaitement rôdée. Alors évidemment, on pourrait s’attendre à ce que j’ai eu la même réaction pour Macron, élu produit marketing de l’année mais j’avoue que non. Je me targue souvent d’être assez fine dans mes analyses politiques mais j’oublie souvent deux points essentiels : les gens n’ont aucune mémoire et surtout, beaucoup d’électeurs ne sont, de fait, pas politisés. Comme ils n’y connaissent rien ou presque, ils préfèrent voter pour un visage familier et rassurant qu’un projet d’avenir. Sans voir que derrière le joli sourire et la mise en pli impeccable se cache un avenir très sombre pour la plupart d’entre nous. Pas forcément moi, d’ailleurs, mais que voulez-vous, j’ai du mal à m’en foutre du sort de mes petits camarades.

Solidarité

Le problème avec un Macron, c’est qu’on ne le voit pas venir. Un Trump, un Sarko à l’époque, un Berlusconi, on sait qu’ils sont potentiellement mauvais et les banderoles sont prêtes à sortir du placard à la première occasion. On attend le moindre pas de travers pour mordre, on le guette. Alors qu’un Macron, on va toujours lui laisser le bénéfice du doute. C’est un centriste, un “gentil”, il fait le beau gosse avec Trudeau à Taormine, il fait du wordart pour tâcler Trump, ce même Trump qu’il a trollé et à qui il a donné une poignée de main bien virile genre il a révisé avec un coach broyage de main pendant une semaine. Ah oui, parce que c’est ça, Macron : c’est pas de la politique, c’est juste de la comédie. D’ailleurs, le mec a beau jouer les mecs autoritaires “ahah, t’as vu comme je l’ai maté Trumpounet ?”, l’autre s’en bat les coussinets et sort, comme il l’avait prévu, des Accords de Paris. Bon, ok, les Accords de Paris, ce n’est pas un réel engagement écologique, ce n’est pas un réel engagement tout court. Non parce que la COP21, c’est quand même la répression des militants écolos et des tapages dans la main pour dire que ouais, allez, on va essayer de limiter (non pas stopper voire carrément renverser, juste limiter, ce qui nous occasionnera, si tant est que cette gentille promesse soit respectée, des milliers et des milliers de morts. Mais pas chez nous donc ça va) le réchauffement climatique et si on ne fait rien pour que ça arrive, bé, c’est pas grave. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Mais c’est cool car grâce à Trump, Macron, le pro-nucléaire qui veut relancer les chasses présidentielles, est devenu un héros de l’environnement. On avale tellement de conneries, c’est dingue.

Pourquoi j'ai peur de Macron

En un mois de Macronie, on voit déjà les lourds nuages menaçant se former sur notre modèle social, sur notre stabilité professionnelle, sur notre liberté d’expression. Sur notre liberté tout court. J’exagère ? J’ai plutôt envie de dire que vous vous réfugiez dans le déni : toujours moins de cotisation “ouais mais c’est cool, on va avoir plus de sous à la fin du mois et moi, je ne suis jamais malade”. Moi non plus, la pêche… mais c’est vrai que je suis myope, que j’ai des dents fragiles, que je multiplie les rhinites allergiques, que je commence à être un peu dure de la feuille, que je me casse un genou en faisant la fo folle ou que je me fais un peu mal à toujours ce même genou en faisant du foot. Et je ne veux pas d’enfants alors que je suis toujours fertile. Ouais, je suis en bonne santé mais parfois, la vie te prend un peu en traître et je n’ai pas forcément envie qu’à terme, mon entreprise fasse des économies sur ma santé tandis que les mutuelles privées s’engraissent méchamment. Je n’ai pas envie qu’on offre à nos petits frères et nos petites soeurs, voire à nos enfants, un passeport à vie pour la précarité. L’ubérisation de la société est une catastrophe, le rêve de demain, tous patrons, n’est une bonne chose que pour ceux qui en ont déjà les moyens. Si je lançais mon entreprise demain et que je me plantais, c’est mon ego qui souffrirait le plus : mon mec pourrait m’aider, mes parents aussi et même ma banquière. Mais ceux qui n’ont rien à la base, ils font quoi ? Et puis paie ton rêve d’être ton propre patron quand c’est la crise parce que tu as décidé de prendre quelques jours… Salariat déguisé bonjour ! Et salariat où tu payes pour avoir tes propres moyens de production, tellement génial ! D’ailleurs, pour rejoindre mon histoire de santé du dessus, un petit article sur la réclamation des “entrepreneurs” Uber, Deliveroo and co sur les cotisations santé. Formidable non ?

Uber manifestation au siège

Et la liberté d’expression ? Au pays des Charlie, les rédactions se font remonter les bretelles par un Ministre voire carrément traînées en justice parce que la protection des sources, OSEF ! Ah, vous êtes où, tous ceux qui ont clamé au droit à la caricature, qui avez défilé avec des crayons le 11 janvier 2015 ? Quand tu vois qu’aujourd’hui, le “t’es pas Charlie” sert surtout aux oppresseurs de tout poil pour justifier toute “vanne” homophobe ou raciste aux heures de grande écoute, on est bien. On continue de reculer dans le classement RSF sur la liberté de la presse mais ça n’a pas l’air d’inquiéter.

C'est l'encre qui doit couler, pas le sang, question sur la liberté d'expression en France

(c) Benoît Tessier pour Reuters

Et la liberté tout court, enfin. En constitutionnalisant l’Etat d’urgence, aura-t-on encore droit de manifester demain ? “Votez pour Macron, vous pourrez manifester contre lui alors que Le Pen, non !”. Vos gueules, putain, vos gueules. Depuis le fameux Etat d’urgence, on interdit aux syndicalistes, militants d’extrême-gauche ou écologistes de manifester, on interdit à un journaliste, certes très engagé, de faire son travail. Vous vous sentez toujours aussi bien en fRance ? Et puis maintenant, fini les perquisitions autorisées par un juge, ce sera juste sur autorisation du préfet. On va rigoler avec toutes les bavures, moi, je vous le dis ! Oh ben oui, je sais “moi, je m’en fous de l’Etat d’urgence, je suis honnête, j’ai rien à me reprocher !”. Oh bah tu sais, beaucoup de perquisitionnés surprise non plus, n’avaient rien à se reprocher. Mais pas de bol, on (qui “on” ?) les a soupçonnés alors les flics ont débarqué, tout cassé, insulté, avant de partir sans un mot d’excuse. Je n’affabule pas, hein… Et puis Macron nous annonce sans trembler qu’il va ficher tous les militants d’extrême gauche… sans même préciser ce qu’est un militant d’extrême-gauche. Est-ce que mon mec va se faire ficher car il est abonné à la newsletter de France insoumise ? Moi parce que j’affiche clairement mes opinions (que je ne définis pas comme d’extrême gauche au demeurant mais y a pas de définition claire). Risque-t-on un jour de voir débarquer les flics chez nous pour une perquis’ si on se montre trop ? J’exagère ? Oh bah tiens, encore un lien.

Institutionatiolisation de l'état d'urgence, un risque de voir de plus en plus de perquisitions abusives ?

Je ne décolère pas depuis avril, je suis anxieuse, paniquée… et vraiment méprisante face à ceux qui laissent faire parce que ça les concerne pas. “j’ai rien à me reprocher”, “j’ai un travail”, “y a du travail, ceux qui sont au chômage, c’est parce qu’ils ne veulent pas travailler”. J’en peux plus de cette fRance qui harcèle les femmes qui se couvrent la tête ou les femmes Noires qui veulent rester entre elles pour des ateliers mais qui laisse faire les fachos qui veulent condamner à mort des Migrants ou des dîners entre Blancs. J’en peux plus de cette fRance qui vote pour que les Riches soient toujours plus riches parce que tu comprends “une fois, j’ai connu un mec qui fraudait les allocs”. J’en ai marre de ces fRançais qui avalent tout et n’importe quoi, tellement sensibles à la forme qu’ils n’en voient pas le fond (et vouent au nues un Obama qui a un bilan bien décevant ou un Trudeau plus libéral que jamais mais il met des chemises roses et y a un Ministre Sikh dans son gouvernement alors il est cool. Alors oui, y aussi du bon chez Trudeau, notamment sur l’accueil des migrants même si, en grattant un peu, l’histoire n’est pas si belle… En clair “oui, Trudeau est un beau gosse qui fait des trucs cools mais ça ne fait pas forcément de lui un bon politicien ». Comme Obama, comme Macron. Aujourd’hui, je suis plus paniquée par Macron que par Sarko. Parce que Sarko, on était prêts à descendre dans la rue. Macron, il passe mieux, il fait moins colérique. Et puis de toute façon, pourra-t-on encore manifester dans quelques mois ?

Manifestation du 11 janvier "je suis Charlie"

J’écris cet article sans nuance, un cri du coeur. Un long cri du coeur. J’espère que dans 5 ans, vous me le collerez sous le nez en me disant “mais comme tu avais tort ma pauvre fille”. Oui, vraiment, j’aimerais parce que mon petit ego n’est rien comparé au modèle social français et à notre liberté. Mais y a presque 9 ans, j’avais dit toute la méfiance que j’avais pour Obama, ce président trop cool. L’histoire a prouvé que j’avais pas eu tort… Alors pour me donner tort, on ne laisse rien passer. Levons le poing, le combat débute maintenant.

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Te rendors pas citoyen !

Les élections sont passées, nous sommes officiellement en Macronie et je n’avais encore rien dit sur le sujet… parce que j’ai pas eu trop le temps, en fait. Une retraite yoga à Barcelone le week-end dernier, du boulot cette semaine. Mais il est temps de sonner la fin de la récré : vous êtes contents de pas avoir Le Pen comme présidente ? Nous le sommes tous (enfin, sur ce coin du web, je pense). Mais va pas falloir crier victoire trop vite car je pressens que le pire nous attend. Te rendors pas citoyen, la vraie lutte commence maintenant.

lutte sociale

Durant la campagne, on a brandi les drapeaux du pire à coup de grandes comparaisons historiques souvent foireuses. Car si le nazisme n’est, in fine, qu’un effroyable accident de l’histoire, le fascisme, lui, s’incarne régulièrement ça et là sur le globe, sous des noms différents. Le nazisme était d’ailleurs l’un de ses pires avatars. Je vais pas vous faire l’histoire de tous les fascismes mais en gros, on a trois ingrédients : populisme, nationalisme et totalitarisme. S’il serait intellectuellement malhonnête d’affirmer que le FN contient le 3e ingrédient (bien que tout nous pousse à le croire), les deux premiers sont indiscutables. Mais comment ces gens-là arrivent au pouvoir, allez-vous me demander (si, si, je vous entends poser la question). Il n’y a pas une histoire précise mais on note souvent quelques éléments comme un pouvoir affaibli et impopulaire et une inflation galopante (cf Italie ou Allemagne)… Et sans vouloir jouer les Cassandre, ça s’annonce mal pour nous. Cf la République de Weimar qui glace le sang si on joue à comparer

Mussolini Si

Parce que là, qu’est-ce qui se dessine ? Un Président sans histoire ni consistance qui va nommer un gouvernement avec un peu de droite, un peu de gauche, un peu de centre. And so what ? La politique qu’il entend mener, s’il respecte son programme, s’annonce une catastrophe pour les classes moyennes, celles qui ont déjà tendance à voter FN. Or si dans cinq ans, les citoyens insatisfaits auront quoi comme alternative pour ne pas reconduire Macron et ses amis ? En poids lourd : le FN et la France insoumise (je compte pas les républicains et le PS (déjà, pourquoi même en parler…) car ils seront pour certains dans le gouvernement annoncé donc ils ne sont pas une alternative crédible). Tiens, voyons, les nationalistes et les communistes qui se déchirent un pays en difficulté, ça rappelle vaguement quelque chose. Oui, ok, la France insoumise, c’est pas non plus du communisme, laissez-moi un peu schématiser, vous l’avez bien fait pendant l’entre deux tours en criant qu’Hitler avait été élu (nope) et qu’il fallait faire barrage. Or au vu de l’entreprise de dénigrement systématique envers la France insoumise, correspondant à son envolée dans les sondages (c’est rigolo le hasard) et la volonté de Macron de ficher les militants d’extrême gauche, on sent que ça va être une putain de gueule de bois, 2022.

Antifascisme extrême gauche

On a évité le pire cette année, en partie parce que Marine Le Pen a fait une mauvaise campagne et n’a pas obtenu la première place au premier tour. Parce que je peux vous dire que dans ces conditions, j’aurais peut-être revu mon projet de m’abstenir. Mais là, c’était safe. Par contre, 2022, ça risque de craindre et assez méchamment. Heureusement, nous avons nos connaissances historico-politiques et cinq ans. C’est long et court à la fois cinq ans. Alors toi, la France des lettres ouvertes qui s’est sentie si impliquée pendant l’entre-deux-tours, ne crois pas que le péril brun est écarté et que tu peux te relâcher. Au contraire, il ne fait que commencer.

te rendors pas

Pour ma part, je vais utiliser ma meilleure arme : l’écriture. Pas ici, ailleurs, sur un blog dédié avec un autre pseudo (parce que trouver un pseudo fait partie de mes petits plaisirs coupables). Peut-être ferai-je des vidéos, je ne sais pas encore (je sais pas faire mais je dois essayer). Et puis j’irai manifester quand il le faudra.

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La politique de gauche existe-t-elle ?

Si j’avais le temps, je comparerais les premières années du règne de Sarko et celui du règne de Hollande. Je comparerai les journaux, je traquerais la différence, histoire de me rassurer. Parce que là de suite, le seul qui me vient, c’est qu’on raillait Sarkozy sur sa taille, on ricane de la (re)prise de poids d’Hollande. Des sujets indécemment intéressants, donc. Mais la resucée de certains débats me fait douter : la politique de gauche existe-t-elle ?

hollande-a-grossi

J’entends le brouhaha médiatique et je ne comprends pas, je ne comprends plus. Je vois mes amis de gauche grimacer de plus en plus et même commencer à tonner. On nous bassine avec une vague bleue marine qui va tout balayer sur son passage. Je vois un gouvernement qui nous fait une politique du fait divers. Comme Fillon et ses copains à l’époque et on se moquait bien. Ben finalement, c’est pareil. On nous ressort même les Roms, ça fait jaillir l’encre en tout sens. Tout ça pue bien la merde…

ca-pue

Alors je m’interroge : était-il possible de mener une véritable politique de gauche alors qu’il y a la crise, le FN, l’UE qui tire une drôle de gueule ? Notre survie impose-t-elle un serrage de ceinture jusqu’à l’asphyxie ? Doit-on se trouver des ennemis de la Nation comme une sorte de patafix du peuple, histoire de tenter une cohésion ? Les Ministres de l’intérieur sont-ils condamnés à jouer les intraitables douaniers ? Je suis pas énarque ou politicienne, y a sans doute un truc que j’ai loupé.

politique de gauche... pas avec Valls

1 an et demi qu’Hollande est élu et… Rien. Je me sens revenue entre 2002 et 2004, quand le Premier Ministre Raffarin passait inaperçu face à son excité Ministre de l’Intérieur… Je me sens perdue dans ma temporalité. Le pire, c’est que je peux même pas dire que je suis déçue, je savais au 6 mai au soir que la gueule de bois serait terrible. Je ne crois pas aux hommes providentiels, je ne crois pas aux Sauveurs. Mais j’espérais quand même ne plus entendre certaines choses. J’en peux plus de cette culture du « salaud de pauvre », de voir des propos homophobes ou racistes fleurir partout sur mes réseaux sociaux et dans la presse, comme si plus personne ne pouvait être choqué. On peut désormais traiter une Ministre Noire de guenon en toute impunité, ça fait rire gras. Je vous linkerais bien les pages qui diffusent à l’envi des montages du visage de Taubira sur un singe ou qui ricanent bêtement sur les « Taubira Banania » mais je me refuse à leur donner un tant soit peu de lumière. Vous savez que ça existe, de toute façon. Je rêvais d’une France un peu apaisée. D’une France qui ne sombre pas dans l’hystérie et la haine de l’Autre, quel qu’il soit, d’une France qui ne jouit pas de brûler tous les épouvantails qu’on lui tend. Si on va mal, c’est la faute de ces Autres : les Arabes, les Noirs, les Ministres de couleur, les Roms, les pauvres, les pédés… ou qui vous voulez. Je rêve d’une France qui arrête de croire que le portrait esquissé d’elle par une presse creuse et sensationnaliste est l’exact reflet de la réalité. Je rêve d’une France qui s’indigne des perpétuelles chasses aux sorcières. Je rêve d’une France qui, à défaut d’aimer l’autre, le tolère. Je rêve. C’est peut-être ça le problème.

reve

Peut-être qu’au fond, le socialisme n’est qu’une utopie ? Qu’en temps de crise, c’est invivable ? Que de toute façon, croire que l’homme n’est pas individualiste et obsédé par son intérêt personnel, c’est croire encore au Père Noël. Que souhaiter vivre dans un pays solidaire, préoccupé par autrui avec une vraie justice sociale, c’est juste bon pour les neuneus fans de licornes à paillettes. Peut-être qu’aujourd’hui, je ferais mieux de me réfugier dans le cynisme. Ca n’arrangera rien mais au moins, plus rien ne m’étonnera. Mieux, je pourrai m’en servir pour me montrer incisive et impertinente sur Twitter. Peut-être que je serai tellement bonne que mon tweet sera repris sur les pseudos journaux en ligne qui construisent des milliers d’articles en se contentant de captures d’écran. Une sorte de gloire… Je crois.

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Passion dodo

Hé salut, toi ! Sais-tu qu’en ce moment, c’est l’hiver ? Les vingtenaires, le blog premier sur les scoops ! Qui dit hiver dit froid, pluie, neige, temps dégueu et nuit tout le temps. Donc de façon assez mathématique, en hiver, dès qu’on me parle sortie, je pleure des larmes de glace.

paris-neige

C’est pas que je sois déprimée, rien de plus que le bon blues du mois de janvier où l’hiver s’installe et tu sais que ça va durer. Le mois de janvier, c’est une saloperie. T’es en pleine gueule de bois des fêtes de fin d’année où t’as baigné dans une atmosphère pleine de joie, d’amour et de cadeaux et là, tu rentres, il fait froid, le gris a conquis le monde, on te parle entretiens annuels alors que t’as encore l’alcool du réveillon qui erre dans tes veines. Moi, j’ai juste envie de me lever dignement et de partir comme un prince pour aller me réfugier sous la couette avec un bon livre, ma couverture chaude, ma bouillote et mon chat. Et éventuellement un grog avec le rhum ambré ramené par mes parents de Cuba. Ca tombe bien, j’ai pas eu les congés que je visais pour y aller (oui, rectification, 2013 s’annonce plus du tout comme l’année des voyages). La grosse teuf, quoi.

Vive+La+Fte

Mais depuis quand il est humain de mettre une Nina dehors par temps si froid ? La Nina qui chope consécutivement la crève. Et comme la Nina est fatiguée par le froid, elle fait des conneries. Non parce que je vous ai laissé sur mon histoire de dégât des eaux mais j’ai fait fort depuis. Jeudi midi, H-1h30 avant un rendez-vous ach’ment important avec un client ach’ment essentiel, je pars m’acheter un sandwich et… Oh ben tiens, si moi, je peux pas prendre de vacances, ma carte bleue peut, elle, elle n’est plus là. A pu la carte, ciao ! Youhou, juste avant un rendez-vous important, une petite lichette de stress est une si bonne idée. Puis tiens, en rentrant du rendez-vous en question (qui s’est bien passé), j’ai voulu courir après le métro. Sauf que mon pied gauche a tenté une escapade et s’est faufilé dans l’espace entre la rame et le métro. Et blaaaaf l’énorme bûche en public à 18h. Mal à l’ego, une jambe bleue et écorchée bien profond. Une dernière pour la route ? Allez, dimanche, je décide de me faire un grog (cf supra le rhum ambré de Cuba). Je remplis une grosse tasse de jus de citron et de miel, j’ouvre la porte de mon micro ondes juché sur mon frigo. Un petit pot en verre posé sur le dessus du micro ondes me fait un petit suicide, tombe sur le sol, rebondit. Oh ouah ! me dis-je, quelle solidité. Sauf qu’apparemment (je me souviens pas bien), je me suis baissée pour le ramasser… La porte du micro ondes toujours dans ma main. Et vlaf, le micro ondes par terre, vlan les petits pots de verre atomisés, vlan le jus de citron au miel, tout parterre, youhou ! C’est pas comme si quelques minutes avant, je me glorifiais d’avoir tout bien nettoyé mon appart et que ça faisait du bien au moral. Tu vois, j’aurais entretenu ma passion dodo plutôt que de tenter de rentabiliser mon week-end, j’aurais pas cassé mes petits pots (le micro ondes va bien sinon).

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De toute façon, le froid, moi, ça m’endort, je vire totalement narcoleptique en ce moment. C’est impressionnant. Par exemple l’autre soir, j’errais sur le web, je me suis endormie quelques secondes plusieurs fois devant mon pc ! Et que dire de vendredi dernier, quand je suis allée me coucher et que je me suis dit « bon, allez, je termine ce foutu livre, me reste 5 pages. 4 ! 3… 2zzzzzzzzrrrrrrrrrzzzz ». Je me suis réveillée 4h plus tard, la lumière allumée, le livre sur mon oreiller. Il me restait VRAIMENT 2 pages en plus.

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Donc, oui, je joue les associales. On pourrait croire que je vais mal mais non, je vais neutralement. Ni bien, ni mal, je vais cool. Pas de projets particuliers pour le moment, juste l’envie de sauter sous ma couette en criant mon amour à mon matelas, me pelotonner bien comme il faut au chaud et lire, dormir, jouer au sudoku sur mon iphone en rêvassant… Bref, une vie d’hiver comme j’aime. Mais bon, comme j’aime aussi mes amis, je fais des efforts ! Mais c’est bien parce que c’est eux !

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C’est trop d’amour

Dimanche soir, me voici de retour chez moi après un week-end éreintant à base de mariage de Yohann le presque frère. Aller-retour quasi express, peu d’heures de sommeil et amour à tous les étages. Seule face à mon bol de céréales (équilibre alimentaire mon amour), je suis prise par la bipolarité de ce genre de week-end : heureuse et triste de me retrouver enfin seule.

Je suis un être social. Rarement chez moi, je cours de la chorale à la plongée, des afterworks aux thés entre copine, de brunchs aux dîners. J’aime la vie en société mais je l’aime car j’ai aussi des moments de solitude, des moments rien qu’à moi où j’écris, je couds (enfin, j’ai cousu une fois), tricote, lis ou même dors. Après des séjours en collectivité, je ne rêve que d’une chose : me retrouver enfin seule.

Mais après de grands moments de fusion collective, la solitude paraît soudain un gouffre. Oui, c’est cool de prendre des douches interminables, rester 15 mn aux toilettes à faire des mots croisés, de se balader en culotte et de manger des tartines de kiri, de ne pas parler, de chanter à tue-tête… Mais y a un manque étrange, ce silence devenu inhabituel te bourdonne dans les oreilles et surtout, surtout… Y a plus d’amour.

Dans ce type de week-end, on est surboostés par le bonheur d’être ensemble, les rires fusent, on est heureux de se retrouver. On baigne dans une atmosphère chargée d’adrénaline et d’ocytocine. Et soudain plus rien, le vide. Seul mon chat me témoigne son affection, mon mec est à un bon millier de km et je me sens con. Sensation étrange de ne pas assez avoir profité.

Comme je le disais l’an dernier, Cendrillon a la gueule de bois. Heureusement, ma maman vient sur Paris fin septembre. Heureusement, ma sœur va accoucher fin novembre. Heureusement Noël n’est pas si loin. Des kilos d’amour familial en perspective. Mais au moment T, quand tu te retrouves seule face à ton chat et ton bol de céréales, tu te tapes un bon vieux cafard…des familles, justement.

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Un week-end si parfait

J’aime à observer la vie dans ses cycles, ses rebondissements et ses circonvolutions. Je suis la pro du cycle Kitchin readapté à la vie privée, je traque les fins de marasmes, les débuts glorieux d’une belle période ou l’accumulation de détails qui annoncent une période de lose. Sauf que parfois, alors que tu te sens plutôt en lose, voilà un week-end si parfait qui tend à te pousser très haut, jusqu’à la période glorieuse.

Faut dire que les éléments étaient réunis. D’abord on était en Bretagne, région que j’aime de façon instinctive. Rapport à mes origines Finistériennes ? Peut-être et justement, je redécouvrai le Finistère avec joie et émerveillement ce week-end. Puis y a la mer. Je n’ai jamais bien su si j’étais accro à la mer, à l’iode, au sable sous mes pieds mais je le dis et le répète, tous mes soucis et chagrins sont dissolvables dans l’eau de mer. Même si en l’occurrence, je n’y ai mis que les pieds et ça m’a suffi. Il a même fait un temps radieux jeudi, j’ai réussi à me ramasser un coup de soleil. En fait, la seule chose que je n’aime pas en Bretagne, c’est l’humidité.

Et puis il y avait des gens que j’aime. Lena et son mari, les copines « plouf » avec qui on a parlé cul à peu près tout le temps (et transit aussi et un petit peu plongée). Des fous rires jusqu’aux larmes, du champagne, de bons moments, le plaisir d’être ensemble, tout simplement.

Et puis quelques anecdotes aussi comme lors du premier déjeuner. Je suis assise à côté d’un garçon dont je ne connais que le prénom, on discute en bande quand je me lance dans une folle histoire à base de « j’étais en cours de physique et j’écoutais pas, comme d’hab, quoi… » »Ah ben bravo, je suis prof de physique ! » »Hihihi, c’est une blague ? » »Non… » Ah oui ok, je vais aller voir sous la table si j’y suis hein… Surtout que le lendemain, j’ai voulu me rattraper donc sur le ton de la blague, je sors « Non, mais je suis pas si nulle que ça en physique, on peut parler d’ohm si tu veux… » Oui, ok, la prochaine fois, je dirai ampère ! C’est triste que mes meilleures vannes ne soient toujours qu’accidentelles.

On a aussi eu la blague sur la rivière. L’immense propriété familiale est traversée par une « rivière » que je qualifierai pour ma part de ru. Le premier soir, le futur marié prend la parole pour nous donner quelques consignes pour le lendemain à base d’heure de départ pour la mairie, et « attention aux enfants rapport à la route ». Discours accueilli avec enthousiasme et là sa mère grimpe sur une chaise « Oui, je vous en conjure, faites attention aux enfants car la route et la rivière sont très dangereuses, ce serait vraiment trop triste que la fête soit gâchée… » Gros blanc, rattrapé par le futur marié « Heu mais si on, il reste des fraises ! », « Oueeeeeee ! ». Du coup, on a passé le week-end à se dire « t’approche pas de la rivière, ce serait trop dommage ! »

Sinon, j’ai exécuté pour la première fois de ma vie des bouquets de fleurs, on a construit deux barnums avec l’équipe des ploufs sans s’engueuler une seule fois, on a super bien géré la douche et les toilettes aussi (on était 7 ploufs dans la même maison ainsi que la famille propriétaire soit 11 en tout). Bref, je retrouvais un peu la même énergie de nos week-end plongée mais en plus fort encore puisqu’on ne venait pas se cailler les fesses dans une eau à 13° mais célébrer l’amour. Amour avec un grand A devrais-je écrire. Une énergie folle, puissante, constructrice.

Alors forcément, quand vient le moment de se quitter après 4 jours ensemble, y a du cafard et du pincement au cœur. Cendrillon a la gueule de bois, disais-je l’an dernier. On sait qu’on se reverra mais ce sera pour d’autres occasions, moins fortes. Alors tu te mets presque à espérer de partir vite histoire de ne pas te faire attraper par la langueur de cette journée d’après où nous errons, groggy, à la recherche de la moindre miette à attraper en plus. Belle allégorie de la vie, on aimerait que les belles choses ne terminent jamais ou se terminent vite histoire de ne pas trop verser dans la mélancolie.

Ce week-end, j’ai fait le plein d’énergies positives, je suis prête à relever le gant cette semaine et me battre telle une lionne. Paris, attention, la Nina 2.012 en mode iodé débarque !

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La victoire de l’Homme normal

Je n’avais pas prévu au départ de parler de la victoire de François Hollande et puis, finalement si. Courage, je vous promets des articles très futiles dans les prochains jours pour compenser. Mais hier soir, alors que j’étais prise dans la foule à Solférino et que le résultat officiel est tombé, que les gens sautaient de joie en hurlant de bonheur, j’ai repensé à ceux qui se gaussaient de Hollande y a un an en disant qu’il n’avait aucune chance. Et j’y ai vu une sublime leçon de vie.

Je l’avais confessé alors que DSK était annoncé comme prochain président : j’ai toujours bien aimé François. Il incarne une force tranquille admirable, une fidélité sans faille, un homme droit. Il a préparé son tour avec soin et a su partir au bon moment, menant une campagne propre. François, c’est aussi l’anti-bling bling. Ce que François n’est pas est aussi important ce qu’il est. Il n’est pas La France que j’exècre, cette France des médiocres élus sur des mensonges, des faux semblants, l’image d’un candidat qui se présentait proche des Français qui n’a même pas tenu une nuit. François n’est pas arrogant, méprisant, à la limite de la violence. Pour reprendre l’expression de Sarkozy face à Ségolène Royal, lui, il sait « garder ses nerfs ».

La victoire de François, c’est la défaite de l’homme d’apparence, ce genre d’individus que j’abhorre et qu’on croise tous à un moment dans notre vie : celui ou celle qui nous endort avec de belles paroles ou promesses masquant à la perfection leur incompétence crasse. Sauf que nul vernis n’est éternel et un jour, on se réveille avec une sale gueule de bois. Je ne peux pas dire que Sarkozy ait réussi à m’endormir, je n’ai jamais cru en lui mais je peux comprendre l’espoir qu’il a pu incarner, un espoir de changement. Bonjour la gueule du changement…

La victoire de François, c’est la victoire d’un homme « normal ». Un homme cultivé et intelligent, un travailleur mais un homme comme vous et moi qui a des valeurs. Je ne peux pas dire qu’il révolutionnera la France, je pense qu’il fera du mieux qu’il pourra sans faire passer ses intérêts avant ceux de la Nation. J’aimerais être dans sa tête, là, maintenant. Ce gars qu’on prenait tous pour un perdant, que nul ne voyait triompher. Il est là, il est Président. Personne ou presque (je t’ai entendue crier derrière ton écran mais je sais que tu es une Hollandiste de la première heure) n’aurait parié sur lui y a un an. Et il l’a fait, il l’a juste fait. Je peux pas m’empêcher de trouver cette victoire émouvante ne serait-ce que pour ça. Parce que ça nous montre que tout est possible, pour tous, que rien n’est insurmontable.

Hier soir, la France a choisi : entre le bling bling, le mépris, la colère et l’honnêteté, la rigueur et la modestie, elle a opté pour la seconde option. J’ai espoir que ce soit significatif pour des gens comme moi qui préfèrent être consciencieux plutôt que morveux, qui préfèrent travailler bien plutôt que fanfaronner fort. Le changement est radical, il était nécessaire.

Je suis aujourd’hui fière de mon Président et confiante. Un homme serein et digne, c’est ce dont nous avions besoin. Je resterai droite dans mes convictions, j’ai voté pour un homme mais aussi un projet, une vision de la société. J’attends de cet homme qu’il tienne ses engagements, j’y serai attentive.

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Cendrillon a la gueule de bois

(toujours pas l’article sur le mariage de ma soeur mais on continue à tourner autour).

Dimanche 10 juillet, 11h, “le jour d’après”. Je m’éveille péniblement car il va falloir retourner à la salle des fêtes tout ranger. Face à moi la porte miroir du placard de ma chambre. Et là, ça fait mal : mes cheveux ont un pli épouvantable (l’effet 30 kg de laque sur ton chignon la veille), j’ai du mascara jusque sur les joues. En un mot, je suis passée d’une soirée magique où tout le monde s’extasiait sur ma beauté à un réveil où je ne ressemble à rien de connu. C’est le syndrome Cendrillon a la gueule de bois.

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Bien qu’en l’espèce, la gueule de bois, je ne l’avais pas. Ben oui, je ne maîtrise pas les béquilles suffisamment pour m’en servir une fois saoule et j’ai pas envie de me recasser la jambe donc je suis restée raisonnable dans ma consommation d’alcool. Par contre, à force de béquiller et co, j’avais mal au genou, justement, et au dos, aussi, on va dire que ça fait office de gueule de bois. Vous connaissez un peu cette sensation déprimante de fin après une soirée divine où vous vous sentiez bien ? Ou le monde semblait vous appartenir ? Que vous vous sentiez au faite de votre séduction ? Et bien plus vous montez haut, plus la chute est grande le lendemain. Sauf si vous avez réussi à ramener un vrai prince charmant dans votre lit. Oui, parce que des fois, le syndrome Cendrillon a la gueule de bois peut être aggravé par le phénomène déjà expliqué de la grenouille et de la citrouille et, pas de bol, au lieu de rentrer avec le prince, vous êtes rentrée avec le gueux.

 

gueux

Je déteste ces matins. Le soir, même quand la fête finit, ça ne donne pas cette sensation, on est encore dans l’excitation de la soirée en se disant “waouh, c’était trop bien”. Un peu comme Cendrillon qui, quittant sa citrouille, rentre raconter à ses petites souris la féerie de son bal. Mais le lendemain, quel vide tout à coup. D’une soirée pleine de rire, de glamour, de gens sympathiques (et de champagne), vous passez à votre appartement plus ou moins rangé, plus ou moins grand, plus ou moins glauque. De toute façon, même si votre appart est digne des meilleures pages de Déco magazine, vous voilà à nouveau dans votre décor quotidien, seule ou à peu près (cf supra). Plus de champagne, plus de paillettes ou alors elles sont toutes éparpillées dans votre lit, plus de glamour, votre coiffure est digne des pires atrocités capillaires de Sue Ellen (c’est bien ce à quoi je ressemblais dimanche matin). Vous vous éveillez avec en tête, outre la migraine, cette lancinante et déprimante question : me lever ? Pourquoi faire ? Parce que votre soirée a été tant remplie que là, l’idée de vous adonner à vos tâches habituelles vous donne envie de noyer trois boîtes de Kleenex.

 

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J’aime les soirées, je les aime vraiment. Mais alors le lendemain… Heureusement, Cendrillon a parfois droit à un tour de manège de consolation comme là, dimanche, où nous sommes remontés à la salle retrouver tous les gens qui avaient dormi là et nous avons fait un petit buffet froid. Buffet cafardeux pour la peine car les gens commençaient à partir pour rentrer chez eux et leur chez eux, parfois, c’est loin. Plus tôt dans l’année, par exemple, il y avait eu cette soirée chez la belle Jade qui m’avait inspiré l’article sur la grenouille et la citrouille (cf supra. Oui, j’aime bien dire ça). Le lendemain, avec Anaïs, on étaient allées pique-niquer avec Marielle, une autre fille de la plongée, ça permet de ré atterrir tout en douceur dans la vie quotidienne.

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En fait, nous faire la princesse d’un soir est le pire cadeau qu’on puisse nous faire. La fée était une garce.

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Le drame des sapins de Noël en entreprise

La semaine dernière, j’ai travaillé. Peu, 2 jours. Petite ambiance post apocalyptique avec, au max, un employé sur 3 à son poste. Pour vus dire, quand je suis arrivée jeudi matin à 9h20 (parce que j’avais dormi chez Vicky qui travaille tôt), c’est limite si j’ai pas été percutée par une botte de foin roulant par là. Mais surtout j’ai été accueillie par le sapin de Noël. Ou plutôt ce qu’il en reste.

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Jeudi soir, rendez-vous pro dans une boîte qui n’est pas mienne. En attendant mon rendez-vous, je zieute leur sapin. C’est marrant, on dirait le même que nous : en rouge et blanc, il fait la gueule et pas qu’un peu. et j’ai trouvé ça triste. Il y a bien sûr l’explication de l’air chaud en boîte qui le fait lentement s’étioler alors que le sapin familial chez moi était encore tout pimpant quand je l’ai quitté mais je m’en fous de l’explication physique, en fait, c’est pas de ça dont j’ai envie de parler. Non, en fait, je trouve la déprime de ce sapin très symptomatique de cette période étrange qu’est Noël dans une entreprise.

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Déjà, je précise donc que mon entreprise ne ferme pas entre Noël et le Nouvel an comm vous pouviez vous en douter, je suis pas allée bosser par philantropie. Mais la masse salariale a considérablement diminué. Quand je suis revenue jeudi, nous étions 3 sur notre bloc sur les 8 employés. 4 étaient donc en congés et une en maladie. On pouvait aller à la
machine à café sans faire la queue, idem aux toilettes, on recevait au mieux un mail par heure, le calme régnait dans l’open space. Une vie un peu au ralenti, comme si nous étions tous victimes de l’hibernation malgré la chaleur tropicale qui règne dans le bureau. Et après, je m’étonne d’être malade tout l’hiver. Mais peu importe, nous ne sommes pas là pour débattre de la température ambiante en open space. Puis ça me change de l’an dernier où j’enfilais mon sweat de gym par dessus mon pull tellement je mourrais de froid. Bref, je disais donc vie ralentie. Et le sapin, il fait pareil, il décline en même temps que l’activité de la boîte, laissant un étrange sentiment de lendemain amer.

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Revenons au vendredi 17 décembre. C’est le Noël des enfants. A 17h, ça crie, ça piaille, ça court, le sapin étincelle, entouré d’une ribambelle de cadeaux et d’un beau Père Noël, rouge et barbu comme il faut. Pendant que les petits déballent et que l’un d’entre eux vient me montrer son cadeau dont je n’ai toujours pas compris le nom, les grands avalent petits fours et champagne en devisant gaiement. Pour une part d’entre nous, dans quelques minutes, ce sont les vacances. Tant pis pour les dossiers qui traînent, à 18h, après une ou deux coupes de champagne, c’est la désertion. On se revoit en 2011, hein ! 18h, extinction des feux dans une certaine euphorie, dans un grand bruit festif. Pendant 15 jours, les survivants pianoteront mollement sur leur clavier, se disant que ce soir, à 17h, ils seront partis vu que personne ne vérifie leurs allers et venues. La vie sociale de l’open space s’étiole, personne ne parle vraiment, tout le monde a en tête ses derniers achats de Noël ou son réveillon. Ah tiens, un mail ! Ah non, c’est une réponse automatique m’informant que mon interlocuteur est en congés et reviendra en 2011. Si personne ne me répond, autant partir.

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Je trouve que la déprime du sapin est assez symptomatique de cette non vie durant ces 15 jours, successifs à une ambiance festive où tout le monde est clinquant, de bonne humeur. On peut ne pas aimer les fêtes de fin d’années, le champagne fait toujours son petit effet. Et je trouve que ça fout le cafard. Rentrer de vacances alors qu’on n’en a pas envie pour trouver un sapin qui fait la gueule, vestige d’une époque très proche où les vacances étaient encore à venir et non pas derrière nous. Les lendemains de fête ont toujours la même gueule : l’euphorie passée, ne reste que le ménage à faire et la gueule de bois, l’envie d’y retourner encore parce qu’on ne veut pas croire que c’est déjà fini et celle de se noyer dans un verre d’aspirine. De se dire qu’on retourne déjà au boulot dans 2 jours, qu’on sera accueilli par un sapin qui fait la gueule avec ses guirlandes pendantes, ses boules qui menacent à chaque seconde de s’écraser en mille morceaux quelques mètres plus bas, retenues de justesse par une branche molle à l’agonie et je ne vous parle même pas des épines ni de la bonne odeur de sapin partie avec l’humeur de la fête.


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03 janvier, ambiance gueule de bois.

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