La Présidentielle, cette si vaste blague

Ou ce concours de bites, au choix. Nous sommes le 13 mars, nous avons donc notre premier tour dans un mois et 10 jours et je vous cache pas que je n’en puis plus. Je ne commenterai pas en détail parce que je risquerais d’être grossière mais il me semble qu’on oublie toujours salement quelqu’un dans la Présidentielle : le peuple.

Anticonformisme et libertés

Je me demande toujours ce qui fait qu’à un moment, on décide de se présenter à une élection pour devenir le chef de l’Etat. L’ambition, oui, certainement. L’envie de passer entre 5 minutes et des heures entières dans les médias pour diffuser sa parole. Oui sans doute aussi. Aller grappiller quelques secondes de son quart d’heure de gloire promis ou juste refaire parler de soi ? Pour certains, y a pas de doutes. Il y a les candidats attendus, les représentants des partis en France, de Poutou à Le Pen, mais on a aussi une myriades de candidats dont personne n’attend rien et on se demande ce qu’ils foutent là : les Alexandre Jardin, Sylvain Durif, Super Châtaigne,  même le mec qui a frappé Valls… Et là, ça confirme ce que je ressens depuis pas mal de temps : cette élection, c’est vraiment la foire.

La foire aux girouettes dans le crapouillot

De toute façon, ça sert à quoi, vraiment, la Présidentielle ? Y a une personne, souvent un homme blanc cis hétéro. Vous allez me dire “attends, sur les 8 candidats actuellement qualifiés (j’écris le dimanche 12 mars cet article), y a quand même 2 femmes, un quart des candidats”. Oui alors déjà, c’est quand même pas grandiose et y en a une, elle est là parce qu’elle est héritière, son double chromosome X ne rentre pas en ligne de compte. Et si je prends la liste de tous les prétendants, à savoir 72 personnes (oui, 72 !), je ne compte plus que 6 femmes soit moins de 10%. Bon, bref, on n’est pas là pour faire des stats. Donc cette personne se présente, nous raconte sa vision pour la France, fait vibrer le public en criant, en chantant la Marseillaise. Ah oui, oui, c’est beau, en un sens… Sauf que le Président, en fait, on s’en fout un peu , surtout si c’est un mec qui n’a pas une solide armée derrière lui (suivez mon regard…) car s’il n’a pas la majorité aux législatives qui suivent juste derrière, à part aller faire le VRP de luxe dans les conférences internationales et aller déguster champagne et petits fours chez les grands de ce monde… Le Président ne légifère pas.

Kate Middleton et le président chinois

Mais ils y vont tous, la fleur au fusil, rêvant sans doute de cette belle photo d’eux avec une écharpe tricolore à l’Elysée. Ils nous draguent comme le dernier des enfoirés à grands coups de promesses et de lendemains qui chantent, ils ont la solution à tous nos problèmes, forcément. Même si certains d’entre eux ont déjà été au gouvernement et n’ont pas su améliorer notre quotidien, là, promis, ils le feront. Ne cédons pas pour autant aux sirènes de l’anti système, argument labellisé le plus pourri par un jury d’expert composé de moi et de mon chat. Ils se bouffent tous le bec sur les plateaux à coups de punchlines pour se dézinguer les uns, les autres, ils t’inventent chaque jour une nouvelle promesse, un peu comme nous quand on se présentait comme délégué de la classe et qu’on essayait de vite trouver une raison pour qu’on vote pour nous (et en général, c’était genre “plus de devoirs à la maison et plus d’interros surprise”, le tout sous le regard désintéressé du prof principal qui savait pertinemment que vous pourriez promettre ce que vous voulez, rien ne changerait). Les débats des présidentielles sont des pépites pour les sociologues et historiens, on voit de suite ce qui préoccupe (ou est censé préoccuper) les Français au moment T.

Débat présidentielle : Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan

Mais je reste à y voir une bagarre d’egos limite insultante pour nous,les citoyens. J’en ai franchement rien à foutre du nom du futur Président (je n’ose le décliner au féminin) parce que ce n’est pas ça qui m’intéresse. Je veux un projet de société fort et cohérent, je ne veux pas d’une personne. Alors, oui, hein, y a des projets, des programmes, sauf que qui vote réellement pour ça ? Combien de gens vont te dire “oui ok son projet est cool mais il n’a pas de charisme” ? Combien attendent tous les cinq ans le ou la candidat-e providentiel-le, tel le Messie qui ne vient jamais ? Combien votent pour une couleur et peu importent les affaires qui empoisonnent le candidat ? Combien votent juste parce que celui là, les sondages ont dit qu’il allait gagner alors bon…

Les sondages pour la présidentielle

J-41, courage, on est presque au bout. Parce que ce qui aurait pu être une période faste pour des débats intelligents et de réels projets pour la France se transforme comme à chaque fois en bataille d’egos. Et je vous le dis de suite : je sais d’avance que je vais très mal vivre le résultat.

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La première phrase

La semaine dernière, je vous ai partagé la première phrase de mon roman sans titre, nom de code : Maja Sweden. Je vous parlerai titre une autre fois. Je la trouvais un peu plate, un peu nase à la relecture, je vous la repartage, pour le plaisir masochiste :

“Il est souvent difficile de savoir où commence réellement une histoire”

Il est souvent difficile de savoir où commence une histoire - écriture manuscrite - première phrase

Définitivement, à réécrire. Voyons voir celle d’un autre roman sans titre, nom de code “Ezialis”

“La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale”

La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale - écriture manuscrite

Déjà mieux, pas le temps de niaiser, on est direct dans l’action et dans un véhicule qui va vite. Une dernière pour le plaisir, voyons… Roman toujours sans titre, nom de code : “pour son sourire” (si vous cliquez, vous aurez la chanson de Jorane quasi du même nom, il y a d’ailleurs de fortes chances que cet embryon de roman ait hérité de ce titre car au moment où je nommais le fichier, j’écoutais Jorane. )

“Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter.”

Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter - écriture manuscrite

Ah tiens, on passe à la première personne du singulier. Ah, faudra que j’en parle, ça aussi, du je ou du “il/elle”. C’est fantastique, je viens d’écrire 20 lignes qui ne contiennent à peu près que du vide et des promesses. Je suis tellement faite pour la politique en fait.

Casting baron Noir canal plus Kad Merah, Anna Mouglalis, Niels aRESTRUP

J’ai bien aimé Baron Noir, au passage

Je n’ai jamais su commencer. Quand j’étais en terminale, la plupart de mes disserts de philo commençaient par “de tout temps, l’homme” pia pia pia… Jusqu’à ce que j’arrive à la fac et qu’un prof nous dise que c’était ri-di-cu-le et qu’il fallait éviter à tout prix. Ce même professeur, qui a ruiné ma culotte en disant qu’il se souviendrait longtemps de moi, m’avait filé un conseil qui me servira jusqu’à la fin de mes études : “Commencez votre dissert par une anecdote ou une citation”. Ah oui, oui, merci, Monsieur ! C’est ainsi que j’ai débuté la rédaction de mes mémoires… avant d’abandonner l’écriture de l’introduction pour le faire en dernier (conseil d’un autre professeur mais moins sexy (le prof, pas le conseil)).

cupcake topping marché de Belfast

Finalement, l’introduction, c’est comme le topping d’un cupcake : tu fignoles à mort car c’est ce qui va être mangé en premier

Parce que débuter, c’est difficile. Ca marche pour tout, hein, pas que pour l’écriture d’un roman. Pour l’écriture d’un article déjà, vous remarquerez que mes phrases d’attaque sont rarement le point fort du propos (je commence généralement par un “la semaine dernière”, “hier”, “il y a quelques temps”). Mais aussi pour des activités manuelles genre la couture ou le tricot, mes petites marottes du moment. Oui, c’est cyclique chez moi : j’attends avec impatience mon matos mais une fois que j’ai tout, je traîîîîne à commencer, je ne sais pas par quel bout prendre. Le pire, c’est quand je me prends d’une passion soudaine sans socle préexistant genre : le paper art. Ca me fait surkiffer, je vois plein de photos, je me dis “oui, je veux faire ça”. Et voilà. Par quel bout je prends le truc ? Par quoi je commence ? Parce qu’un mauvais départ, c’est la voie royale pour vite laisser tomber. Dans l’absolu, sur le paper art, c’est pas dramatique vu que je comptais pas en faire mon métier, mais sur un roman ça génère de la frustration. Parce que j’ai toutes ces histoires dans ma tête dont je ne fais rien, ces scènes tricotées au fur et à mesure de mes marches pour aller bosser (ce qui m’arrive beaucoup moins vu que je ne marche plus beaucoup, snif) qui n’attendent qu’à être couchées sur papier. Mais si le départ est mauvais, je n’arrive plus à rattraper le fil.

chat pelote noeud jeu mignon

Quand tu renonces à rattraper le fil

Du coup, reprenons les conseils du Pr “j’aurais tant aimé te montrer ma culotte” et voyons si nous pouvons les appliquer :

  • Une citation : alors non, direct. Le conseil est bon, ne nous méprenons pas mais vous savez qui commence ses romans ou chapitre par une citation ? Marc Lévy, Guillaume Musso, Dan Brown… Pas des gens que j’ai envie de suivre (no offense, c’est juste pas ma came). Et de façon générale, je trouve que les gens qui usent de citations dans la vie réelle genre sur leur Facebook ou Twitter sont des médiocres qui veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.
  • Une anecdote : et mais pourquoi pas en fait. Sauf que voyons… Maja, je raconte quoi comme anecdote sur elle ? Là, la phrase sert juste à enchaîner direct sur Maja et l’éveil de sa conscience politique, on s‘en fout un peu de ce qu’elle a pu faire avant, rien ne la rattache à cette histoire là. Mais le coup de l’anecdote, ça peut servir pour plus tard.

deux femmes se chuchotent un secret

Et pourquoi ça me saoule autant cette phase d’attaque ? Parce qu’avant, j’avais un vilain tic d’écriture qui lançait la première scène comme un film, littéralement : une description rapide d’un lieu, un personnage « pop » : ce sera lui ou elle le héros ou l’héroïne, certainement et quelques lignes plus tard, quelqu’un viendra lui parler pour qu’on ait le prénom de la personne. Ce qui donnait dans la version 1 d’Ezialis :

Le bois grinça, ajoutant une touche de lugubre dans l’obscurité nauséabonde. A l’odeur de sueur et de déjections se mêlaient celles, tenaces, de poisson séché et d’algues en putréfaction. L’ambiance pesante était entrecoupée de toux, de râles, quelques sanglots. Ils ne savaient pas précisément vers où ils naviguaient mais leur avenir s’annonçait sombre.”

C’est limite si vous ne voyez pas les noms des acteurs apparaître en surimpression, non ?

générique game of thrones

Le meilleur générique du monde

N’empêche… N’empêche qu’à tout relire, je me dis que c’est peut-être mieux. Et si “roman nom de code “Maja Sweden”” démarrait par “Le ciel lourd de ce matin d’automne donnait une allure lugubre à la salle de cours où on n’entendait que le professeur et les cliquetis des claviers sur lesquels les étudiants tapaient avec dextérité. Maja Lagerkvist ne se doutait pas que ce cours allait bouleverser sa vie”.

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Mmmm… C’est mieux non ?

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Le débat a-t-il pour réel objectif de faire changer d’avis l’autre ?

De temps en temps, je me lance dans un débat sur Twitter : des échanges d’arguments ponctués d’attaques sur mon ouverture d’esprit et quelques noms d’oiseaux en prime. J’en ressors parfois lessivée et certains me disent “non mais tu ne le feras pas changer d’avis, laisse tomber”. Non. Parce que c’est pas forcément elle ou lui que je vise mais ceux qui lisent l’échange en silence et pourraient être touchés par certains arguments.

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Un soir de 2012, deux hommes engoncés dans un costume débattent sous l’oeil torve d’un homme et d’une femme qui balancent aléatoirement des timings. A droite, Nicolas Sarkozy, à “gauche”, François Hollande. Les deux se balancent chiffres, promesses et punchlines sur des sujets lancés par les deux arbitres qui ne servent pas qu’à donner l’heure. Nous voici au coeur du débat d’idées de la Ve République, le fameux débat présidentiel d’entre deux tours qu’on regarde pour… se laisser convaincre ? J’aimerais avoir une étude précise sur la réelle influence du débat d’entre deux tours sur le résultat final… J’en étais restée à environ 10% de l’électorat qui est indécis et qui peut être conquis lors de cette grande cérémonie mais est-ce toujours le cas ? Bref, ça échange, ça débat, ça s’indigne et à la fin, chacun reste campé sur ses positions… Ca vous étonne ? Bien sûr que non, imaginez la scène “Mais… mais vous avez raison en fait. Mais oui, vous venez de m’ouvrir les yeux ! Bah écoutez, vu que vous êtes dans le vrai, j’invite tout le monde à voter pour vous.” Non, non, soyons sérieux deux minutes. Mais alors du coup, pourquoi débattre vu que personne ne lâchera le morceau ?

le débat télévisé de la présidentielle

Parce qu’on ne cherche pas à convaincre son contradicteur direct mais bien l’audience passive. Déjà, admettons assez facilement qu’il est difficile de faire admettre à quelqu’un ses torts en public. Je pense pouvoir plaider coupable, ce moment où tu sais que l’autre a raison mais ça t’arrache la gueule de l’admettre. Mais il y a aussi les autres, ceux qui te répètent en boucle les trois mêmes arguments foireux que tu entreprends de démonter à grand coup d’articles (écrits par d’autres) ou de vidéos qui expliquent en long, large et travers les quelques notions que tu balances de ci de là genre, au hasard, l’humour oppressif (humour oppressif, humour oppressif, humour oppressif, voici mes références habituelles, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres au besoin). T’as beau expliquer, gentiment ou plus “énergiquement” le pourquoi de ta colère, tu butes systématiquement sur un mur de “mais je dis ce que je veux”, “j’ai encore le droit d’avoir mon opinion”, “mais moi, je connais quelqu’un qui prouve le contraire de ce que tu dis” (selon la grande loi qui dit qu’une seule exception dans ton entourage nique l’ensemble du travail des statisticiens et sociologues, t’séééé), “moi ça me fait rire, donc c’est drôle”, “ah Coluche et Desproges seraient bien malheureux aujourd’hui”, “on ne peut plus rire de rien” “oh, ça va les minorités, hein !”, “t’es qui pour me juger d’abord ?”, « c’est la liberté d’expression ! » « t’es pas Charlie, toi ! ». Bref, vous avez beau tenter différentes techniques, c’est le bide.

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l'adresse du crétin qui s'entête pour aller lui en donner une

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l’adresse du crétin qui s’entête pour aller lui en donner une

Et ce n’est pas grave. Parce que pendant que vous croisez fermement le fer avec Jean Connard (ou Jeanne Connasse), il y a Jean Naïf (Jeanne Naïve) ou Jean-ne “je n’avais pas d’opinion sur le sujet mais à présent que je te lis, j’ouvre les yeux” qui suit l’échange en silence. Et si vous avez bien argumenté, c’est celui là que vous allez convaincre. Si j’en reviens à mon cas personnel, j’ai appris énormément de choses en suivant des débats dans lesquels je n’étais pas impliquée, parfois par manque d’opinion, parfois parce que j’arrivais deux heures après la bataille. Prenons, au hasard, le débat sur le “mademoiselle” que les féministes ont souhaité supprimer des formulaires. Ma première réaction fut à peu près : “mouiiiiiiii ?”. Soit “heu ben appelez moi madame ou mademoiselle, peut me chaut”. Puis j’ai lu des échanges, parfois acerbes, entre celleux qui défendaient cette proposition et ceux qui s’indignaient parce que… ben, c’était soit par coquetterie (“hihi, j’aime qu’on m’appelle mademoiselle, c’est une façon subtile de me draguer, hihi”) et les “mais y a plus important comme combat, putain !” J’ai donc aussi réalisé à quel point les gens qui se foutaient des combats féministes étaient par contre très préoccupé par leur liste des priorités… Parce que c’est bien connu que les féministes sont un bloc monolithe qui ne peut prendre les problèmes que les uns à la suite des autres. Bref, d’un sujet sur lequel je n’avais pas grand avis, je me suis mise à défendre la suppression du “mademoiselle” dans les formulaires car j’ai compris en lisant des argumentaires qui ne m’étaient pas adressés en quoi, effectivement, c’était problématique. Je prends cet exemple mais je pense que ma conscience féministo-gauchiste (et surtout le fait que j’assume l’être, nous en reparlerons) s’est construite grâce à ses débats qui fleurissaient sur ma timeline, sur Twitter ou Facebook.

jeune fille lit sur un écran portable

Alors échange avec Jean-Connard, balance des arguments et tes liens et une fois que tu as bien tout étayé, pars la tête haute, un petit coup pour balancer tes cheveux avec classe par dessus l’épaule (comme c’est virtuel, tu peux le faire même si tu n’as pas de cheveux) et adresse un clin d’oeil complice à celui ou celle qui te lit sans savoir et qui sera convaincu. Limite, sois un troll et quitte Jean-Connard en le remerciant de t’avoir permis d’argumenter et de gagner de nouvelles personnes à ta cause.

Rihanna double doigt d'honneur clip we found love

PO PO PO !!!

Ah oui, je vais faire ça la prochaine fois. Délicieux !

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Premier baiser, échangé…

Sur une plage, en été -hé. Ma merdophagie est sans limites.

Nous avions laissé nos jeunes prétendants amoureux autour du verre de tous les dangers. Dieu merci pour eux, tout se passe bien et leur attirance est renforcée par cette petite conversation censément anodine. Mais l’heure tourne et il serait temps de rentrer.

Et on se retrouve plantés là, une tension érotique à couper au couteau. Elle sourit à pleine dent, l’oeil brillant, se tordant les mains malgré elle. Lui penche un peu la tête, ne sachant trop que faire de ses bras, se passant du coup la main dans les cheveux pour se donner une contenance. Tout l’univers sait qu’ils ont envie de s’embrasser mais eux hésitent encore à se jeter à l’eau. Et s’ils avaient mal interprété les signes ?

Le premier baiser à une importance relatives aux espoirs que l’on place dans la relation naissante. En clair le premier baiser avec une one shot ne restera pas dans nos mémoires tant il n’est qu’un préliminaire parmi tant d’autre, une donnée technique. Embrasse-t-il bien ? O-N rayez la mention inutile, fin de l’histoire.

Le premier baiser amoureux, lui, est unique, il fait partie intégrante de l’histoire du couple, la conclusion de la belle histoire du premier rendez-vous. Il est tout à fait possible que ce premier baiser soit un prélude à une nuit endiablée mais ça, ça ne se raconte qu’à un public choisi. Souvenez-vous dans quel état de transe l’attente de ce premier baiser vous plonge. Autour de vous, il n’existe plus rien, votre cœur s’emballe et vos boyaux se tordent, votre respiration est suspendue. Un état quasi douloureux dont le seul remède est ce fameux baiser désormais imminent.

Et quelle explosion des sens quand vos lèvres se rencontrent enfin, que vos langues se lient et se délient dans un ballet voluptueux, vos doigts effleurent timidement la peau brûlante et frémissante de l’autre, se glissent dans ses cheveux. Tout votre corps vibre et jouit de ce baiser tant désiré.

Quoi qu’on en dise, le décor importe peu. Ce mythique premier baiser fait fi des détails, il sera magique qu’il ait lieu sur le Pont des Arts (j’aime les clichés), sur le quai du métro, dans l’obscurité d’une chambre ou sur une aire d’autoroute (et pourquoi pas !). L’objet de votre désir se mêle enfin à vous, il y a tant de promesses dans ce premier baiser… Au fond, peu importe où, peu importe comment, vous l’attendiez, il ne peut être que parfait.

Mais je parlais de prélude tout à l’heure, ce premier baiser peut être le début d’une nuit torride. Peu importe que nos héros couchent ensemble ou non le premier soir, la prochaine étape est, bien entendu, le partage de la couche…

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La victoire de l’Homme normal

Je n’avais pas prévu au départ de parler de la victoire de François Hollande et puis, finalement si. Courage, je vous promets des articles très futiles dans les prochains jours pour compenser. Mais hier soir, alors que j’étais prise dans la foule à Solférino et que le résultat officiel est tombé, que les gens sautaient de joie en hurlant de bonheur, j’ai repensé à ceux qui se gaussaient de Hollande y a un an en disant qu’il n’avait aucune chance. Et j’y ai vu une sublime leçon de vie.

Je l’avais confessé alors que DSK était annoncé comme prochain président : j’ai toujours bien aimé François. Il incarne une force tranquille admirable, une fidélité sans faille, un homme droit. Il a préparé son tour avec soin et a su partir au bon moment, menant une campagne propre. François, c’est aussi l’anti-bling bling. Ce que François n’est pas est aussi important ce qu’il est. Il n’est pas La France que j’exècre, cette France des médiocres élus sur des mensonges, des faux semblants, l’image d’un candidat qui se présentait proche des Français qui n’a même pas tenu une nuit. François n’est pas arrogant, méprisant, à la limite de la violence. Pour reprendre l’expression de Sarkozy face à Ségolène Royal, lui, il sait « garder ses nerfs ».

La victoire de François, c’est la défaite de l’homme d’apparence, ce genre d’individus que j’abhorre et qu’on croise tous à un moment dans notre vie : celui ou celle qui nous endort avec de belles paroles ou promesses masquant à la perfection leur incompétence crasse. Sauf que nul vernis n’est éternel et un jour, on se réveille avec une sale gueule de bois. Je ne peux pas dire que Sarkozy ait réussi à m’endormir, je n’ai jamais cru en lui mais je peux comprendre l’espoir qu’il a pu incarner, un espoir de changement. Bonjour la gueule du changement…

La victoire de François, c’est la victoire d’un homme « normal ». Un homme cultivé et intelligent, un travailleur mais un homme comme vous et moi qui a des valeurs. Je ne peux pas dire qu’il révolutionnera la France, je pense qu’il fera du mieux qu’il pourra sans faire passer ses intérêts avant ceux de la Nation. J’aimerais être dans sa tête, là, maintenant. Ce gars qu’on prenait tous pour un perdant, que nul ne voyait triompher. Il est là, il est Président. Personne ou presque (je t’ai entendue crier derrière ton écran mais je sais que tu es une Hollandiste de la première heure) n’aurait parié sur lui y a un an. Et il l’a fait, il l’a juste fait. Je peux pas m’empêcher de trouver cette victoire émouvante ne serait-ce que pour ça. Parce que ça nous montre que tout est possible, pour tous, que rien n’est insurmontable.

Hier soir, la France a choisi : entre le bling bling, le mépris, la colère et l’honnêteté, la rigueur et la modestie, elle a opté pour la seconde option. J’ai espoir que ce soit significatif pour des gens comme moi qui préfèrent être consciencieux plutôt que morveux, qui préfèrent travailler bien plutôt que fanfaronner fort. Le changement est radical, il était nécessaire.

Je suis aujourd’hui fière de mon Président et confiante. Un homme serein et digne, c’est ce dont nous avions besoin. Je resterai droite dans mes convictions, j’ai voté pour un homme mais aussi un projet, une vision de la société. J’attends de cet homme qu’il tienne ses engagements, j’y serai attentive.

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L’écran de résolutions

Par Lucas
(n°1 sur les jeux de mots foireux)

Vous vous rappelez la chanson de Rose ?
« Aller à un concert,
Repeindre ma chambre en vert,
Boire de la vodka,
Aller chez Ikea… »

« La Liste ».
J’y repense chaque année au moment du nouvel an, période, s’il en est, des bonnes résolutions. Pour un nouveau départ, une année toute neuve, comme une nouvelle vie, qu’il vente ou qu’il pleuve. Game over, insert coin : same player shoot again !

http://emma.indoril.free.fr/dotclear/images/sisyphe.png
Mais chaque année je me refuse à prendre de bonnes résolutions.
Je me dis que je ne vais jamais les tenir alors à quoi bon faire un listing de velléités.
Exactement ce que chante la Grande Sophie dans sa chanson « Les Bonnes résolutions ».

Quand vient le mois de Janvier, je nage
Même au mois de Février, je nage
Et d’année en année
Je n’ai fais que passer
A côté de mes promesses

Quand arrive l’été, j’enrage
Je n’ai fait que brasser, dommage
Brasser de l’air
Jusqu’au prochain hiver
D’autres résolutions…

Les lecteurs intègres vont me dire que, Sophie et moi, on manque simplement de volonté,  que si on avait vraiment envie d’appliquer un programme on le ferait…  Ce n’est pas faux. Mon petit frère a décidé l’an dernier d’arrêter la clope : un an après il n’a pas rechuté. Idem pour la beuh. Chapeau bas, p’tit frère.

Je n’en suis pas fier mais la raison pour laquelle je n’ai jamais pris de résolutions, au nouvel an, c’est tout simplement que j’ai toujours eu  peur de ne pas aller au-delà de la déclaration d’intentions. Peut-être que c’est l’intérêt de rendre publique une liste de bonnes résolutions ; comme on a des témoins qui ne manqueront pas de nous questionner quelques semaines plus tard quant à l’application du programme, c’est la fierté qui incite à se tenir aux prévisions annoncées.
C’est un peu sournois comme logique.
Je ne le fais pas pour moi je le fais pour ne pas être stigmatisé par les autres.
C’est lâche, c’est  débile (à tous les sens du mot), c’est nimp…

Les résolutions, normalement, ça doit être une manifestation d’énergie et ensuite d’opiniâtreté.
D’ailleurs, en pratique, mieux vaut-il en avoir une kyrielle et n’en faire que quelques-unes ou en choisir trois ou quatre et les faire toutes ?
Pour une question de fierté je préfèrerais la deuxieme solution… mais ya toujours un problème de volonté initiale, une lâcheté implicite que je dois mettre au placard.

Résolutions de Lucas
–    Trouver un taff, même merdique
–    Courir plus souvent sur les bords de Seine
–    Mieux ranger chez moi, être plus rigoureux
–    Me remettre au piano et acheter des anches pour mon xaphoon.

http://www.swisscastles.ch/cinemascotte/films/images98/anges1.jpg
En écrivant ces phrases,
Je repense à ce film magnifique, « La vie rêvée des anges« ,  avec Elodie Bouchez (qui se bouge les fesses) et Natacha Regnier (qui se berce d’illusions).

Je repense surtout à ce mail de Nina, qui est venu dans la droite ligne de celui de Maud et de Fabian.
Des mails d’engueulade légitimes devant ma passivité lymphatique et mon incapacité à aller de l’avant, à prendre le taureau par les cornes et à me bouger le cul. Tiraillé que j’étais entre mon envie de trouver un « bon » taff (comprenez un taff payé 2 fois le smic…) associé au fait que mes copains me disaient guéris,  mais avec, en face, des parents médecins qui refusaient de l’admettre et me disaient que mes efforts ne servaient à rien.
Le tout au sein d’une crise  économique (chais pas si vous etiez  au courant) qui a rendu encore plus légitimes les 300 réponses négatives ou silences pusillanimes que les DRH m’ont assénés depuis 15 mois (bande de crevards)

Donc, les déclarations d’intentions, ca suffit.
Je repense au titre d’un film (oui, encore un) et je l’associe au titre d’un bouquin.
Le livre c’est « Et que le vaste monde poursuive sa course folle » (meilleur bouquin de l’année selon la rédaction de « Lire ») très joli titre, un peu fataliste, auquel j’oppose un « Va, Vis, et Deviens » nettement plus volontaire.
Parce que,

Je repense à la belle Tatiana qui est partie, son amour et son baluchon sous le bras, pour refaire sa vie en Amerique du Sud.
Je repense à Nina qui a galéré comme une crevarde pour trouver un taff.
Je repense à Bobby qui mène plein de projets de front
Je repense à tous mes copains qui ont maintenant des salaires annuels à pleurer et dont certains sont vraiment heureux (mais certains seulement)
Et je suis un peu frustré mais pas aigri ni jaloux.
Au contraire.
Léger,
En mode Super Constellation,
Vous savez cet avion magnifique, dont on a l’impression qu’il est toujours prêt à bondir…

Te regarder dormir
Me regarder guérir
Faire du vélo à deux
Se dire qu’on est heureux
Emmerder les envieux.

Et vous, vous vous y tenez à vos résolutions ?
Je laisse le mot de la fin à Calvin & Hobbes :
« it’s a magical world, Hobbes, ol’ buddy. Let’s go exploring ! »
Je vous souhaite à tous, complices lectrices, complices lecteurs, pour 2010, tout plein d’bonheurs.

 

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I like to move it, move it !

Salut mon moi d’avant,

Je reviens te parler de sport, comme promis. Tu vois, il est important dans la vie de tenir ses
promesses mais à ce niveau là, de mémoire, ado, j’étais déjà une personne d’honneur. Mais je crois surtout que je promettais pas beaucoup. Bref, parlons peu, parlons sport.





A l’heure actuelle de quand tu reçois cette lettre, mettons vers 14-15 ans, tu es un vilain petit saindoux qui navigue entre le 42 « élastique » et le 44. Evidemment, y a pire mais nous le découvrirons plus tard, ça aurait pu être mieux. Le seul sport que tu pratiques est l’EPS au collège/lycée (enfin, quand je dis pratique, c’est quand tu te planques pas pendant le cours d’endurance et quand tu ne refais pas le monde avec tes copines sur le gros matelas de gym ou de saut en hauteur) et le tir à l’arc ou, soit dit en passant, tu ne seras jamais vraiment bonne malgré la bonne vue que tu avais à l’époque. Ah, oui, tiens, je te préviens : dans une dizaine d’année, tu seras myope. Voilà, c’est dit.

Le reste du temps, tu croupis sur le canapé familial à mater Beverly Hills et autres Melrose Place en mangeant ton bol de chocapic ou n’importe quoi d’autre. Tu envoies du rêve, là, t’imagines même pas.  Bon, alors pose ce bol de chocapic et écoute-moi. Tu vas faire du sport. Non, ne grimace pas ! Je sais que dans le sport, ce qui ne te plaît pas, c’est la compétition puisqu’à priori, tu te considères mauvaise. Tu n’as pas forcément tort en soi, tout dépend de quel côté on regarde mais par exemple, souviens-toi, fin 4e, tu avais fait une partie de basket un peu informelle avec deux autres filles et un garçon, Jérôme. Comme vous aviez joué quelques balles avant et il t’a choisie d’office pour faire partie de son duo de basket. Jérôme, l’un des mecs les plus populaires du collège ! Pourtant, au vu de ta petite taille, on aurait pas cru  mais voilà. Le problème, c’est que tu n’as pas d’endurance mais
ça, ça se travaille.

Et puis y a la natation. Tu as toujours été douée en natation. Souviens toi au primaire, alors que tu avais encore un ventre tout rond de bébé, le prof te demandait toujours de montrer aux autres comment faire. Ahah, la petite grosse qui apprend le sport aux autres, c’était bon ! Même qu’il y avait cette fille, la sportive de service, qui t’avait dit que si tu maigrissais un peu, ce serait mieux tant elle était dégoûtée que tu fasses mieux qu’elle. La natation, mon enfant, c’est ton avenir. D’ailleurs, tu vas le découvrir malgré toi l’été 95. Comme ce petit con de Guillaume (encore un, tu vas voir, ce prénom te suivra toute ta vie) dont tu étais folle amoureuse au collège et cette bitchasse de Nathalie ne t’ont pas invitée à leur boom, tu t’es défoulée en… nageant. Tu te faisais 1km par jour de brasse. Résultat, à la rentrée, tu ressemblais enfin à quelque chose mais pendant longtemps, tu as juste attribué ça à la puberté alors que non, c’était ton km de natation.


Et la danse ? Tu adores danser. Pas en pro, entendons nous bien mais combien de fois tu as allumé la chaîne avec ton dance machine pour remuer ton cul dans ta  chambre ? Ben, ça, par exemple, au lieu de bouffer ton chocapic devant Melrose Place (à la fin, Amanda finit avec Jake), tu le fais. C’est pas compliqué, tu montes dans ta chambre, tu dis que tu vas faire tes devoirs et tu remues tes fesses pendant une heure. Ah par contre, rassure-toi, je te ferai pas la morale sur le fait que tu ne fais pas tes devoirs, ça n’a pas eu grand impact à l’arrivée (mais fais-les un peu quand même, ça t’évitera des frayeurs).

Tu vas voir, être bonnasse a du bon et surtout, t’en auras rien à faire de cette bitchasse de Nathalie ou de ce couillon de Guillaume, tu seras aussi populaire qu’eux. Tiens, d’ailleurs, la prochaine fois, je t’en parlerai de ce couillon de Guillaume ou comment être raide amoureuse d’un crétin.

PS : Ah, j’oubliais, faut bien mettre le clip :


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Gérer son sex friend

L’autre jour, j’ai survolé un magazine masculin tout nouveau qui traîne au bureau, H for men, tout en regardant les mecs jouer au foot sur la console. Ouais, je sais magazine masculin, foot, faut pas que je m’étonne si ma mère pense que je suis lesbienne. Donc ce magazine très instructif vous apprend entre autre à saouler une femme pour la désinhiber (mais il conseille du champagne, classe quand même) et comment convertir sa copine de brouette en power plate pour se muscler en baisant. Ca envoie du rêve, surtout la position du marteau piqueur où la fille doit avoir la tête en bas. Pendant que tu te fais les adducteurs, ça te gêne pas que je te vomisse sur les pieds chéri ?

Entre autres articles, le désormais incontournable papier sur les sex friends ou « amis de complaisance ». J’adore la subtilité francophone. Bon, le papier est court, je vous le résume : c’est super parce que des fois, dans la vie, on veut pas s’engager mais vaut mieux en avoir plusieurs car ces garces charmantes demoiselles ont tendance à se trouver des mecs et plus vouloir sexer avec nous. Je vais pas jouer les prudes, j’ai déjà eu des sex friends, je crois en avoir un actuellement (oui, je suis pas sûre de ma situation avec Gabriel, c’est un peu la lose quand même). Bon moi, à la différence de ce qu’ils disent dans l’article, je les recrute pas dans mon groupe d’amis parce que je ne suis pas foutue de mélanger les genre. Un sex friend peut devenir un ami mais la réciproque n’est pas vraie car mes amis sont des êtres asexués pour moi. Enfin, je veux pas coucher avec sinon, c’est le foutoir et aucune brouette ne mérite de sacrifier une amitié. Mais chacun les recrute où il veut, c’est pas le sujet.

Il est vrai que le sex friend est une bonne solution quand on est dans une période où on veut pas s’engager. Par exemple, l’été dernier, mon cœur était en réparation, hors de question de sortir avec quelqu’un, de lui faire des promesses alors que je savais que j’étais pas capable de donner un chouia d’amour. C’est une question d’honnêteté, je veux pas sortir avec quelqu’un juste pour avoir ma dose de sexe et de tendresse tout en sachant que je ne suis pas vraiment dispo. Récemment, j’ai traversé trop de changements dans ma vie avec mon nouveau boulot et mes projets de colocation. Ca peut paraître bizarre mais je me sens très différente d’il y a quelques mois et je dois me poser dans ma nouvelle vie avant d’aller de l’avant. Donc retour sur meetic pour le recrutement, on n’a pas fait mieux. Dans le lot, Gabriel, donc, qui a beaucoup de qualités à mes yeux mais m’a prévenue : ça fait 7 ans qu’il est pas tombé amoureux et ne veut
pas forcément s’attacher donc je ferais mieux d’en faire autant. Et là, je merde un peu. Etant profondément monogame même avec mes sex friends (à moins qu’on soit un couple mais je serais au courant, non ?), j’ai du mal à gérer les autres et à même à avoir envie de les voir. Le semi Russe m’a saoulée avec sa fellation routière, il est disqualifié, na. Non parce que je le sens gros comme une maison, ce sera une fellation et il me ramène chez moi et non. Comme dirait Vicky, il a qu’à aller au Bois de Boulogne.

Le risque majeur dans le sex friending, c’est l’attachement unilatéral. Avec Laurent et Benoît, je m’étais pas attachée, je sais pas bien pourquoi pour le premier. Pour le second, je sais, c’était un enfoiré. Après tout, Laurent avait pas mal de qualités. Mais j’étais pas dans le mood sans doute. Là, avec Gab, je me fais un peu peur, je joue avec le feu parce que je commence à craquer et je crains de me prendre une claque car je pense pas avoir de place dans sa vie. Pourtant, ça fait un peu chier, on est de plus en plus en symbiose sexuellement parlant et on s’entend bien, en dehors de ça, on papote beaucoup quand on se voit. Mais c’est vrai que quand on se voit pas, on parle pas trop, des fois sur MSN mais ça ressemble pas à une relation de couple. Hé oui, il ne faut pas confondre tendresse et attachement, là est tout l’art du sex friending et moi, je suis merdique dans la gestion des sentiments, c’est pas nouveau. Comme dirait
Vicky (elle dit plein de choses intelligentes), j’ai le droit de m’attacher, c’est pas un mal mais faudrait juste que je m’attache à un mec qui me le rend bien.

Bref, sur le papier, le sex friending peut paraître une solution idéale pour avoir sa dose de sexe et tendresse à des moments où on ne peut offrir plus. Cependant, il faut toujours rester clair dans ses sentiments avec l’autre et admettre la possibilité que la situation finisse par nous échapper. A trop jouer avec le feu, on peut parfois se brûler et ça fait mal.

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Beau parleur

Par Mister Big

Quid des beaux parleurs ? Je m’explique… Parfois, on tombe sur des cons, qui nous traitent comme des cons, on les sent venir, et on se prépare à les jeter comme des vieilles savates dès la rencontre… Au mieux, ça sera juste sexuel, au pire, ça se limitera à un verre ou un café dans un bar… Mais parfois, on tombe sur LE mec, celui qui vous dit ce que vous avez besoin d’entendre, qui vous fait sentir ce que vous avez besoin de ressentir, qui est attentif, qui vous promet mariage et châteaux en Espagne… Du coup, devant tant de bons sentiments dégoulinants, on ne peut que fondre et craquer, se laisser espérer à une relation parfaite et épanouissante, celle qui nous manquait tant, celle qu’on attend tous.

Et là, deux choix possible : premier choix, c’est l’homme parfait, on l’aime, on l’épouse ! Ce cas de figure ne se présente qu’une fois sur 100 000 en moyenne, on a des stats, on vous les montrera. Second choix : on le rencontre, il est très gentil, très prévenant, tellement qu’on ne se rend pas compte qu’on a parlé ensemble que 3 minutes avant de finir dans un lit, et là, chlica-chlica, un don du sperme, et hop ! Douche et cloppe comprise, il a disparu en 8 minutes montre en main en prétextant un rendez-vous important avec son gynécologue à 23h30 ! On se dit « c’était tellement bien… je dois le rappeler ou attendre son coup de fil ? » et là commence une attente épique digne de celle endurée par cette pauvre Pénélope attendant le retour de son Ulysse chéri (qui lui, prenait du bon temps sur son rafiot avec une tripotée de mâles musclés et tous plus grecs les uns que les autres ! 20 ans pour rentrer chez lui, on me fera pas croire que c’est seulement à la force du poignet qu’il a résisté aux sirènes !). Puis on attend. On attend toujours, donc on rappelle même si on s’était promis de ne pas le faire. Répondeur. Normal, il est très occupé comme garçon. Tellement que ça fait deux semaines qu’on a plus de nouvelles, d’ailleurs. Puis la vérité commence à se profiler à l’horizon… Il voulait juste tirer son coup. Et merde ! Dire qu’on s’était promis de ne plus jamais tomber dans le panneau ! Mais nous voilà encore victime du Beau Parleur dans toute sa splendeur !!! Encore un de ces connards qui sait quoi dire, à quel moment le dire, et comment s’en servir pour arriver à ses fins ! Un de ceux qui vous font miroiter monts et merveilles et qui, au final, ne vous offre que quelques minutes de plaisir (et encore, certains sont plus doués en parlotte qu’en sexe) et une capote pleine… On ne devrait pas les sentir venir, depuis le temps ? On est habitué à ce genre de type ! Alors pourquoi on se fait toujours avoir ? Hein ? Ne devrait-on pas créer un site sur le net recensant tous les connards de cette espèce ? Genre la Black-List à consulter quand le mec en face de soi semble trop prévenant ? C’est une idée à développer… Ou alors la castration au cutter rouillé, mais c’est plus délicat comme situation, car, bizarrement, ce type parfait ne pouvait pas vous rencontrer chez lui : sa moman était là pour un WE surprise, et donc on ne sait toujours pas où il habite. Mais n’empêche qu’on s’est encore fait avoir. On se sent minable comme pas permis, mais bon, c’est la vie, on n’est pas au premier crapaud embrassé qui se transforme en… salaud ! Il faut dire que ces types sont étonnement psychologues, car ils arrivent à lire entre les lignes, souvent, et à dénicher ce qu’il faut dire et ce qu’on n’attend désespérément d’entendre.

Mais le problème, dans tout ça, c’est que j’ai l’impression que moi aussi je suis un beau parleur… Et là, ça me pose problème ! Mais je me rassure en me disant que je ne suis pas du même genre qu’eux. Si je ne veux que tirer mon coup, je ne vais pas lui faire des propositions de mariage. Je sais comment baiser pour baiser. Par contre, il est vrai que quand je commence une relation qui me parait promise à un bel avenir, j’ai tendance à sortir mes ressources cachées et à déballer mon argumentation comme un démonstrateur Tupperware un dimanche matin sur la place du marché de Roquefort-la-Bédoule… Je me suis rendu compte de cela il y a quelques jours seulement. Je sais quoi dire, je sais quand le dire, et sinon, je sais comment amener la conversation là où elle m’arrange et déballer mon baratin. Je n’aime pas penser que je suis comme ceux qui se servent de cette méthode juste pour baiser, car je ne pense pas l’être, mais je me sers quand même de la même méthode pour arriver à mes fins, c’est-à-dire harponner mon gibier et le ramener à bord, autrement dit : à me caser avec lui. Et comment ai-je été amené à mener cette petite introspection, me dites-vous ? J’ai compris cela en écoutant mes mots à mon cher et tendre actuel. Là aussi, je parle beaucoup avec lui. Et je lui dis plein de choses qu’il a besoin d’entendre. Mais là où j’ai réalisé ma vilenie avec mes précédentes relations, c’est que quand je leur disais ce qu’ils voulaient entendre, je sentais que je le faisais parce que c’était ce qu’ils voulaient entendre. Mais là, avec mon cher et tendre, mon Mumur comme je l’appellerai désormais, tout ce que je lui dis sonne différemment… C’est en cela que j’ai eu la révélation sur mes précédentes expériences et sur ma façon de les appâter à coups de belles paroles. Avec mon Mumur, je ne me force nullement. Tout ce qui me vient à l’esprit et à la bouche vient naturellement. Je le dis car j’ai envie de le dire. Je lui fais des promesses car je les pense vraiment. Est-ce la première fois que je suis vraiment amoureux, me direz-vous ? Non, j’ai déjà aimé, ça, c’est sur. C’est juste la première fois (à 26 ans, il était temps !) que je me sens si bien avec quelqu’un que je serais prêt à faire bouger des montagnes rien que pour lui, la première fois que je me sens prêt à tout faire pour le garder, mais surtout pour le rendre heureux. Et je peux vous dire que ça fait bizarre comme sensation. Quand je baratinais les autres, c’était pour mon bonheur, pour me les garder pour moi. Là, je lui parle beaucoup, notamment de lui, car il a, comme nous tous, des fantômes à exorciser, et que je ne souhaite qu’une chose, qu’il se sente bien. Dans un sens, c’est égoïste, car s’il est bien avec moi, il me restera, certes, mais je préfère résumer ça en une phrase simple aux accents surannés : son bonheur fait mon bonheur. Je ne cherche pas mon bonheur, je cherche juste le sien, et ça, c’est ce qui me rend heureux. Quitte à le laisser partir au loin (CF les articles sur les Murs), quitte à le perdre, je préfère le sentir heureux et libre que de l’enfermer dans une petite cage pour le garder pour moi. Il faut laisser les belles fleurs s’épanouir, car les cacher du soleil pour les garder jalousement, ça ne peut que les faire faner… Certes, s’il m’oublie, si sa nouvelle vie ne laisse plus de place pour moi, j’en souffrirai, mais je préfère ça à le sentir prisonnier de notre relation.

Oui, vous ne rêvez pas : je suis parti d’un article sur les beaux parleurs pour finir par une déclaration d’amour, le tout en passant par une petite introspection. Ca fait beaucoup pour un seul article, je vais m’arrêter là, je pense. Je ne rajouterai qu’une chose : mon homme, je t’aime.

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L’’amour, c’’est comme le travail

Comme je suis une intellectuelle qui cogite tout le temps, je ponds régulièrement de nouvelles théories qui ne servent à rien, si ce n’est à me rassurer. Samedi, en plein délirium tremens avec le Gauthier, j’ai donc eu une révélation. Pas un triptyque, non, non, une théorie que j’ai sortie à Gauthier d’une voix pâteuse avec un vocabulaire approximatif. Maintenant que j’ai décuvé, je développe.

Bon, pour commencer, petit retour sur ma vie professionnelle. En octobre, me voilà diplômée de mon master 2 de journalisme avec une mention « assez bien », ce qui me fait chier, j’aurais mérité la mention supérieure mais peu importe. Comme m’ont dit de nombreuses personnes qui bossent dans les RH, les mentions, on s’en tape. Ca ne sert qu’aux universitaires et moi, je suis sortie de ce système donc… Donc je ravale ma fierté et je laisse tomber ma déception. Là, je découvre les affres du chômage et de l’inactivité. Je réponds à plein d’annonces, jamais de réponses ou alors, elles sont négatives. Je passe des entretiens mais ça n’aboutit pas. On me fait des promesses mais ça n’aboutit toujours pas. Fin décembre, je suis au bord de la dépression, je pleure devant Requiem for a dream. Bon, il est bouleversant, ce film, ça aurait été flippant que je pleure devant The Mask ou une autre connerie mais quand même, je suis pas trop du genre à pleurer devant un film. En mars, je suis dans la phase du découragement. Gros coup de blues après avoir trouvé une annonce marquée « spéciale Nina Bartoldi », j’en ai déjà parlé dans l’article sur l’ANPE. Et là, aucune réponse. J’appelle et on me révèle que le poste est déjà pourvu. Là, je me mets à pleurer. Car pour moi, c’est très clair : je suis même pas foutu de décrocher un poste qui correspond EXACTEMENT à mon profil où les débutants étaient acceptés. Donc je m’en sortirai jamais. Et là, le miracle, alléluia ! On me contacte, mon profil intéresse. Je rencontre donc Frédérique et le beau Pierre-Cécil (alias le DRH choupinou) et me voilà en CDD de 3 semaines en temps qu’assistante de communication. Au bout d’une semaine et demi, je repars dans mon flip : « merde, je vais me retrouver au chômage, ça va recommencer ». La veille de mon départ de ce poste, je reçois pas moins de trois propositions de stage sans même avoir cherché. Je réponds à la première annonce qui me paraît emballante. Je réponds le jeudi, je suis en entretien dès le lundi, je débute le jeudi suivant : je les ai charmés en entretien. Normal, je suis la meilleure. Donc me voilà partie en stage jusqu’en septembre, quatre mois de répit. Et comme on dit « jamais deux sans trois », paf, une nouvelle proposition en or qui devrait m’assurer la tranquillité jusqu’en janvier 2007. Et vu le truc, je me fais plus de soucis pour la suite.

Il faut dire que niveau boulot, il n’y avait apparemment que moi qui m’en faisais, tout le monde (mes parents, ma sœur, Gauthier, Alex, Lucie, Anne…) me disait : « mais enfin, tu es super talentueuse, t’inquiète pas ! ». Ben, si, quand même. Finalement, ce sont eux qui avaient raison. Au temps pour moi !

Donc, de cette expérience, je tire une théorie à appliquer à ma vie amoureuse. J’ai galéré pendant six mois pour trouver du boulot mais cette expérience n’a pas été inutile, loin de là. Et j’ai également appris que tout vient à point à qui sait attendre. Je ne dois plus douter de mes capacités, je les ai prouvées moult fois sur le terrain. Pierre-Cecil fut très content de mon travail et les gars de l’asso m’ont couverts d’éloges ce week-end. Comme quoi, ce que je faisais était vraiment bien, que c’était d’un très haut niveau rédactionnel… En fait, je dois passer pour la nana hyper susceptible et sensible, vu qu’ils m’ont dit ça parce qu’ils me faisaient deux, trois remarques sur un article que j’avais fait. Or, c’est normal ! Ce sont quand même les chefs de l’asso, je publie rien sans leurs accords car je ne suis pas en charge de la ligne éditoriale, même si je suis une sacrée force de proposition.

Mais revenons à l’amooooooour. Tout ce que j’ai vécu depuis deux ans, ce n’est pas pour rien. C’est parce que le bonheur se profile peu à peu à l’horizon et que, quand il arrivera, je pourrai pleinement en profiter. Sans pour autant faire preuve de naïveté. Bon, dis comme ça, ça fait très « destin » et compagnie, c’est vrai. Mais bon, du coup, ça me permet d’être détendue à ce sujet, de pas me dire que le temps passe et compagnie. Ca viendra quand ça viendra. De toute façon, j’ai conscience que ça peut pas arriver maintenant parce que mon petit cœur est en réparation (ça prend du temps, pfffff !) et puis, je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper. Puis l’été est plus propice aux aventures qu’à l’amour, à mon sens. Bon, l’histoire me donnera peut-être tort mais là, je me sens pas l’âme amoureuse.

Bon, comme je disais plus haut, cette vision de la vie est un peu trop déterministe, un peu trop « c’est arrivé parce que ça devait arriver ». Effectivement, les choses n’arrivent pas nécessairement par fatalité. J’ai bien conscience que les choses ne tombent pas tout cuit dans le bec et qu’il suffit pas d’attendre pour que ça arrive. Ceci étant, si le boulot n’arrive pas tout seul (enfin, pour le coup, c’est quand même pas mal ce qui m’est arrivé même si j’ai quand même mis mon CV au bon endroit), en amour, même s’il faut se montrer opportuniste, rien ne sert de se montrer forcenée. Evidemment, si j’écume les lieux de rencontre, je vais remplir mon agenda mais bon, faut voir la qualité des relations que ça donne. Je suis du genre à croire qu’en la matière, le hasard fait bien les choses. J’ai prouvé mes qualités amoureuses par le passé, personne ne m’a quittée en disant que j’étais la pire créature qu’il ait rencontrée, bien au contraire. Donc voilà, je suis comme une jolie fleur qui sent bon (oui, je passe ma vie sous la douche en ce moment, ça aide) et quand j’aurai trouvé un bon jardinier, je me laisserai cultiver. Ca vous manquait mes métaphores pourries, hein ?

Donc voilà la nouvelle théorie tirée de mon délirium de samedi. Elle est peut-être fausse mais au fond, on s’en fout. Du moment que ça me permet de pas déprimer sur le sujet, n’est-ce pas là l’essentiel ?

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