La liste de la fille qui se barre en Thaïlande

En attendant, je suis sous humex parce que je suis malade et putain-bordel, ça fait chier. Mon humeur ne s’arrange pas trop, donc.

– J’essaie de rendre le monde meilleur à mon niveau. L’autre soir, j’attendais donc le bus à son départ avec pas mal de gens. Etant l’une des premières à saluer le chauffeur, j’ai lancé le mouvement et tout le monde lui a dit bonsoir. J’étais fière de moi. On a les fiertés qu’on peut.

– Quand une blogueuse mode se prend en photo dans un centre commercial, ça donne des montrages de culotte involontaires et des confettis partout après. Parce que la blogueuse mode se met en scène mais ne nettoie pas, c’est ça la célébrité. Par contre, je ne l’ai pas du tout reconnue (mais je ne les connais pas bien).

– Le hammam, notre nouvelle passion avec Anaïs et Anna… Quand on arrive à nos fins. Première tentative, un dimanche avec en prime le cousin d’Anaïs. Parce que oui, c’est un hammam mixte. Le monsieur nous dit que c’est plein mais qu’on revienne dans une heure. Une fois au chaud chez Anaïs à boire de la tisane ou du café, on n’a jamais eu le courage de repartir. Sauf pour aller chez Anna manger des crèpes. La semaine suivante, nos trois drôles de dames y retournent, le mec nous reconnaît de suite et une fois dans le hammam, on comprends pourquoi. En fait, ce hammam mixte, ça veut dire “que des mecs et tes copines”. Pof.

– Anaïs me tire les cartes sur le plan amoureux “il y a un événement surprise, quelque chose que tu n’attends pas…”. Elle retourne la dernière carte : une femme blonde. Ah oui, en effet, je m’y attendais pas.

– Depuis un an que je hurle sur mon ordinateur, je suis un peu entendue. Je vais donc voir notre monsieur ordinateur. “Hé salut, tu m’installes un nouveau pc ?” “Ben, écoute, t’as qu’à prendre celui de Lise et utiliser le webmail”. Oui alors le pc de Lise étant à peu près aussi pourri que le mien (mais bénéficiant d’office 2007 alors que j’en suis à 2003). Comme cette semaine je me suis beaucoup énervée très bruyamment sur mon pc, mon manager a fait un mail pour qu’on me file un nouveau pc. Réponse “mais je lui ai dit de prendre celui de Lise et j’aurais connecté le mail”. Je réclame un formatage sur ledit pc. Ca, c’était mardi et depuis, plus rien. Je sens que c’est pas gagné.

– Quand je suis fatiguée, j’ai la paupière qui vibre. Là, en ce moment, c’est la paupière supérieure gauche qui n’arrête pas de clignoter. Tellement fort que j’ai l’impression qu’on me tire par le cil. Ca fait un peu mal. Mais courage mon petit corps, tu auras bientôt le repos que tu mérites.

– La semaine dernière, j’ai été une grande fille, j’ai sollicité un entretien pour une augmentation. Et mon manager m’a répondu qu’on en parlerait après mon entretien d’évaluation. A mon retour de Thaïlande donc.

– Anaïs et Nina, un cerveau pour deux. Samedi dernier, nous nous retrouvons dans le même groupe pour l’entraînement en fosse avec Isa blonde. Ce fut une fosse très drôle mais pour ceux qui ne font pas de plongée, nos histoires n’ont pas le moindre intérêt. Bref, après une séance en fosse, on débrieffe avec l’encadrant (en l’occurence, une encadrante), on refait la séance pour voir ce qui a marché ou non. “Ouais alors, Isa, ton parachute, y a,pas de plomb au bout, ce n’est pas normal”. Mon parachute… Je me souviens pas l’avoir replié comme il faut… Oh bordel, je l’ai laissé au bord de la piscine avec mes palmes. Je redescends donc tout récupérer et qu’est-ce que je trouve à côté de mon parachute ? Celui d’Anaïs ainsi que ses palmes. Moi aussi, ça me fait un peu peur.

– Avant, je râlais pour les boulangerie qui te rendent 10 cts en pièce de 1. Mais dimanche, j’ai découvert pire. Après une nuit chez Anaïs, j’avais proposé à Anna de venir petit déjeuner avec elle car on avait prévu d’aller toutes les deux à une expo sur les loisirs créatifs. Comme je suis pas trop une connasse, je vais chercher des viennoiseries (quitte à faire des invitations dans des apparts qui ne sont pas à moi). Je demande donc au monsieur “3 chocolatines, 3 croissantes et des chouquettes”. Est-ce le 3 ou le chocolatine qui l’a perdu ? Il me sert deux chocolatine puis m’explique que les chouquettes sont par 5 et pas par 2. “Oui mais moi, je veux trois de chaque et…hmmm, 10 chouquettes.” Il me sert une 3e chocolatine et les chouquettes. Je réclame à nouveau les croissants. Je donne un billet de 20 € pour un total de 8,65, il me rend 1, 35 €. Après avoir réclamé (et obtenu) mon dû, je suis rentrée chez Anaïs et lui ai fait jurer de plus retourner là-bas.

– Soirée St Valentin. Avec Anaïs, nous avions prévu une soirée dans un bar entre célibataires mais la fatigue et la faim aidant, on s’est finalement repliées sur un resto. On rentre et le serveur nous présente deux tables : une entre deux couples se caressant les mains avec ardeur et une à côté des escaliers menant aux escaliers. Devinez laquelle on a choisi.

– Comment savoir que tu es fatiguée ? Quand tu appelles un prestataire et que tu lui laisses comme message vocal “Ouais, Nina, c’est prestataire”. N’im.por.te.quoi

– Mercredi, nous avons visité nos nouveaux locaux. Oui, en fait, mon service bouge et descend d’un étage. Nous voici donc dans nos nouveaux bureaux et qu’avons nous retenu ? Les immenses toilettes pour mec, “aussi luxueux que dans un hôtel”, dixit Adrien. On a le sens des priorités. Tous les individus sans pénis ont été assez jaloux de ces toilettes de luxe.

– Y a des moments, t’es fatiguée, très. Alors quand la poche qui contient tes pamplemousses se rompt en pleine rue, de 1, ça ne te fait pas rire, de 2, tu soupires d’abord longuement, de 3, ah ben tiens si tu ramassais…

– Des fois, tu veux bien faire et tu décides de faire un traitement anti paludisme pour la Thaïlande. La pharmacienne te dit gentiment « ah, c’est pas remboursé », tu hausses les épaules (en souriant parce qu’elle est gentille). Donc un traitement anti paludisme non remboursé, un vaccin non remboursé, du nurofen, du humex, du stérimar et je sais plus quoi… « 160 € . Pif paf. Tout ça pour un traitement juste un peu conseillé…

En résumé : je suis fatiguéeeeeeee mais jeudi, je me caaaaaaaaaaaasse

Le métro rend (vraiment très) con

Depuis un an, je me rends au travail à pieds. Ne serait la plongée, la chorale et ma vie sociale débordante, je pourrais ne pas prendre le métro… Pas de bol pour moi, hélas, je m’entasse régulièrement dans des wagons surpeuplés et bruyants. Or comme je le prends quand même moins qu’avant, l’incivilité et la crétinerie de la plupart des passagers me donnent envie de frapper et fort.

Le ballet des montées et descentes

C’est la situation type où le passager crétin surgit. Tu ne sais pas s’il va monter, descendre ou s’accrocher comme une moule à son rocher à la barre centrale pour pas céder sa place dans la rame. Place debout, hein. D’un côté, nous avons donc ceux qui descendent, le passager crétin est rarement parmi eux vu que leur seule activité consiste à quitter la rame au plus vite. Mais parfois, en pleine heure de pointe, l’un d’eux se laisse aller à une douce rêverie et réalise soudain qu’il est à sa station. Il bondit de son siège (le rêveur étourdi est généralement assis) et bouscule ceux qui tentent de de faire une petite place parmi la foule.

Mais le passager crétin est généralement sur le quai et je suis excessivement généreuse quand j’utilise le singulier. Sur les quais symbolisant les portes du métro, il est facile à reconnaitre : c’est celui qui se pose bien en plein milieu. Le passager crétin ne connait absolument pas le principe des vases communicants : il est plus facile de monter dans un métro bondé quand on en a laissé descendre quelques passagers. Non lui, il veut monter quoi qu’il arrive. Il lance aux autres un regard de défi, son attitude transpire l’agressivité : il sera le premier dans la rame, point. Quand le métro arrive à quai, il s’agite, n’hésitera pas à se poser pile devant vous et à bousculer ceux qui descendent. Pourquoi ? Par peur de rater le métro, de ne pas pouvoir rentrer dedans ou il a vu quelqu’un quitter une place assise et il la veut. Comme la fille observée la semaine dernière : cheveux long, sanglée dans un trench, téléphone à l’oreille, elle a bousculé tout le monde pour poser son cul sur la dernière place assise dispo. Et est descendue 2 stations plus loin.

Les places assises parlons en, elles sont un révélateur parfait de passager crétin.

Je poserai mon cul, point

Prenez le métro au départ d’une ligne vous permet d’observer un spectacle amusant : quand la rame arrive à quai, les passagers sont sur le qui-vive. Ils ont beau avoir un métro entier pour eux, dès qu’ils pénètrent dans le wagon, ils se dispersent dans tous les sens telles des abeilles dans une ruche dans le but de trouver une place a/assise, b/dans le sens de la marche et c/ sans personne à côté. Cette place libre à côté est particulièrement prisée par les femmes qui y disposeront leur sac et soupireront très fort quand un importun osera lui demander de le pousser. Etre assis est une lutte permanente dans le métro, c’est un ballet fascinant à observer. Dès qu’une personne assise quitte sa place, vous pouvez admirer divers protagonistes tenter de récupérer le siège, jouant au choix la carte du eye fight ou justement faire genre « je ne regarde personne afin que mon droit à m’asseoir ne soit pas contesté ». Si aucune place en dur n’est libre, il reste les strapontins, place chouchoute du passager crétin. Le strapontin, quand y a personne, c’est pratique sauf que malgré les dessins on ne peut plus clairs, passager crétin refuse d’admettre que non, déplier un strapontin aux heures de pointe n’est pas une option acceptable. Mais j’admire toujours un peu le culot de ce qui le font et persistent alors même qu’ils sont les seuls assis dessus, entourée d’une foule hostile qui leur jette des regards assassins et distribuent des coups de sacs au moindre mouvement de la rame (ça, c’est moi).

Mais le passager crétin assis ne s’illustre pas simplement dans sa volonté d’utiliser les strapontins quand il ne faut pas. Il est aussi remarquable dans son abnégation de l’autre. Et quand je dis l’autre, je parle des vieux, des estropiés et des femmes enceintes. C’est marqué qu’ils sont prioritaires mais peu importe : tout cul posé sur une place assise le restera jusqu’à destination. Je concède que parfois, parmi la foule, on peut ne pas voir celui qui mérite siège. Parfois, on tape un article de blog sur son iPhone et on ne regarde pas du tout autour de soi (genre moi en ce moment-même mais la rame est vide donc c’est pas grave, il reste plein de places assises). Mais le passager crétin, tu le voies bien qu’il fait mine de ne rien voir alors qu’il n’y a qu’une paire de gens debout dont un avec béquilles ou une sur le point de perdre les eaux. Ah et pour l’argument « mais pourquoi ils prennent le métro ceux là aussi ? », je répondrais qu’on n’a pas tous les moyens de prendre un taxi à chaque déplacement, qu’une patte cassée ou une grossesse vous permet quand même de sortir de chez vous et que, bordel, si on autorise les mauvais joueurs d’accordéon ou, pire, de violon, on va pas s’indigner pour un bidon rond ou un tibia en kit.

Mon métro, ma poubelle

Le passager crétin est aussi sale. Pas forcément d’un point de vue corporel (mais des fois si) mais niveau savoir vivre, c’est le néant absolu. Par exemple l’autre soir, je prends le métro (la 14 je crois) et que vois-je au sol ? Un trognon de maïs. Rah mais c’est dégueulasse ! Déjà que d’ordinaire, on se tape les canettes et autres bouteilles plastiques, là on part carrément dans l’organique. C’est juste crade et ça dépasse ma compréhension. Y a des poubelles sur tous les quais de métro, les rames ne sont pas faite pour qu’on se laisse aller à nos élans porcins bordel !

Et je renonce même à l’idée de m’indigner sur les usagers qui n’ont pas compris que l’escalator, c’est comme la route, tu restes à droite si tu ne comptes pas tracer.

Mais je ne peux m’empêcher de me poser la question : qui sont ces gens là ? Que nous veulent-ils ? Pourquoi font-ils ça ? Par étourderie ? Par anticonformisme ? Par QI proche de celui d’un mollusque neurasthénique ? Non, je comprends pas bien. Voire pas du tout. La vie serait tellement plus belle si tout le monde jouait le jeu de la civilité, dans le métro ou ailleurs.

Je songe à aller voir un psy pour guérir de mon bisounoursisme.

Je suis pas ta pute (gratuite)

Ca fait longtemps que je vous avais pas un peu parlé sexe. Bon, faut dire que chez moi, hiver et libido font rarement bon ménage. Effet hibernation ou effet bonnes résolutions, je ne sais pas. Bonnes résolutions, disais-je ? Ben oui, quand s’en vient la nouvelle année, on se résoud toujours à arrêter le mauvais sexe, celui où tu sens dès le départ que le respect a été oublié des cadres. Bof quoi.

Il y a des mecs qui ont noté que tu étais une fille plutôt open sur les possibilités de se laisser butiner. Sauf que bon, faudrait voir à pas oublier que pour me laisser butiner, faut quand même me donner envie. Le style « salut, c’est quoi ton prénom ? L’éjac faciale, j’adore et toi ? ». Tout faux mon ami. En me posant précisément cette question alors même que tu n’as absolument pas cherché à savoir qui se cachait derrière ce prénom que je venais de te donner (est-ce le bon ? Tu t’en fiches), tu rentres dans la liste de ceux qui n’auront jamais la réponse à cette question par l’expérience. Peut-être que j’aime, peut-être que j’aime pas mais tu ne pourras jamais le vérifier de toute façon. Bye bye Charlie.

J’entends déjà les râleurs qui vont me signaler avec véhémence que je suis un peu mal placée pour jouer les prudes. Mais non, je ne joue pas les prudes, au mieux les filles blasées. Voyez, je considère que le sexe, le bon, le vrai, ça se partage. La question n’est pas celle de l’éjac faciale, j’aurais pu remplacer ce terme par sodomie, avalage de sperme ou léchage de pieds. La question est qu’au fur et à mesure de l’entretien sexuel que le jeune homme me fait passer et malgré la lointaine promesse d’un cunnilingus d’anthologie (formulé du type « j’adore lécher. Sinon, tu avales ? »), je sens que ça va être le classique tout pour lui ou la bonne baise d’autiste où on est tous seuls dans notre tête pendant que nos corps s’emboîtent. Ouais, super…A ce niveau là, tu m’excuseras mais je préfère me démerder toute seule. Au moins, je me sens pas frustrée avec une pointe d’humiliation derrière.

Je me suis longtemps demandé pourquoi certains sex talking me ruinaient la culotte et d’autres me glaçaient le sang. La réponse est simple : tout dépend de la place que j’ai dans la conversation. Si je sens que le mec veut partager un moment sexuel, ça va me faire tout chaud dans le bas ventre. Si je le sens triper tout seul dans son coin, je baille d’ennui. Pitié, mec. On pourrait me dire que c’est à moi de prendre ma juste place dans cette histoire, m’insérer dans l’histoire mais j’ai juste pas envie. Parce que ce mec qui veut savoir tout ce qu’il pourra faire de mon corps pour assouvir ses envies (et non les miennes), il me prend juste pour une pute gratuite. Ni plus ni moins. Cool, meuf, t’es ouverte, je vais pouvoir réaliser mes fantasmes avec toi. Oui, mais non. Le pire étant ceux qui manquent de tact. Du genre : « Ca va ta libido ? » (moi,on s’en fout) « Non, ma grand mère est mourante » « Oh, c’est triste. Dis-moi ce que je peux faire pour réveiller ta libido ? ». Dialogue réduit mais auquel j’ai réellement eu droit. En fait, avec ton tact, ma libido, tu l’as définitivement enterrée, du moins te concernant. Je ne suis pas une machine à sexe facile, je ne suis pas ta pute. Pardon d’être sensible aux fluctuations de la vie, pardon de ne pas me concentrer uniquement sur ta jouissance en te prêtant gratos ma bouche, mon cul, ma face ou tout autre partie de mon corps avec laquelle tu as envie de jouer. Je ne suis pas un pantin, une poupée gonflable.

Il ne faut pas confondre fille libérée et pute gratuite, mec. Car tu vas finir par te la mettre derrière l’oreille comme on dit.

La leçon de vie des acteurs

Si des fois, tu finis ta journée de travail mécontent car tu as fait de la merde pour répondre aux besoins de tes clients, si des fois, tu te sens sales d’exécuter certaines tâches, je vais te donner mon secret pour revoir la vie en technicolor. Je pense aux acteurs.

Il était une fois un jeune homme (ou une jeune femme, ma fable est unisexe) qui décida de devenir acteur. Plus qu’un métier, une passion. Il prit des cours, travailla dur, il se donnait sans compter pour son métier, n’hésitant pas à brûler les planches dans d’obscurs théâtres à 10 places pour prendre de la bouteille, assouvir sa passion et, avec de la chance, se faire repérer. Une fois diplômé, il courut les castings, plein d’espoir. Aujourd’hui, il a connu son heure de gloire : c’est le monsieur ridicule d’une pub pour banque ou assurance. Voire pire genre la pub Panzani où les mecs chantent faux en souriant dans un décor dessiné ? A chaque fois que je la vois, je pleure pour les acteurs dedans, j’imagine quels ont été leurs rêves et quelle peut être aujourd’hui leur désillusion. Et que dire de la pub Crédit Lyonnais avec les acteurs recalés du cinéma français ? Samuel Le Bihan ou Clothilde Coureau qui hochent la tête face à un banquier qui se croit au souk et leur offre des milliards d’avantages. Non mais imaginez ce qui peut bien se passer dans leur tête. Genre Lebihan qui était un peu une star hypra bankable après la sortie du Pacte des loups, qui a dû se faire un max de pépettes et de soirées de l’ambassadeur et qui se retrouve aujourd’hui à cachetonner dans une pub. Bon, ok, il a dû se faire du blé facile, être payé à rester assis en faisant la moue, ça gère mais on sent bien que sa carrière est plus derrière que devant lui. Ou la Coureau, pareil, sorte d’actrice écorchée vive du cinéma français, ancienne fiancée de l’acteur maudit mort trop jeune et épouse d’un prince, ça fait joli sur le papier. Mais dans les faits, sa carrière se termine face à un faux conseiller financier. Triste, triste, que tout ceci est triste.

Ca met mal à l’aise, hein ? Mais oui, voilà, c’est la vie. Je veux dire que quoi que tu choisisses comme voie professionnelle, y a des moments où faut bien manger et les rêves de gloire et de grandeur attendront des jours meilleurs.Bon, les rêves de grandeur et de gloire sont relatifs dans mon métier : même si on met en place la meilleure appli du monde et que je suis fière à en pleurer, peu de gens sauront que j’ai apporté ma pierre à ce petit édifice mais vous voyez l’idée. La vie professionnelle comporte des moments où on s’éclate, des moments de réussite où on arrive à imposer nos choix et nos préconisations par une subtile argumentation. Et d’autres où le client n’écoute pas, qu’il sait mieux que toi et que vu que les cordons de la bourse sont dans sa main, tais toi et exécute. Non mais pense un peu aux mecs qui ont dû créer la pub Panzani, pense à eux !

Et puis parfois, tu fais des pubs pourries en priant pour que personne ne te reconnaisse et puis un jour, paf, tu es nominé aux oscars. Comme quoi, accroche-toi quoi qu’il advienne, la roue tourne, toujours. Et en attendant, faut bien manger… même des pâtes à la sauce Panzani… aussi !!

PS : Oui, je parle de Dujardin dans une pub pourrie même si pour le coup, à l’époque, il était déjà connu mais c’était avant l’époque Un gars une fille, il était encore dans le Nous C nous

J.Dujardin et B.Salomone – Pub Quick mug par seby9

PS bis : Y a Patrick Bosso aussi qui me donne envie de pleurer quand je le vois faire de la pub pour Point S.

L’hiver rend le poil mauvais

(en témoigne ce titre tellement mauvais)

Bon, cet article sera sans queue ni tête, juste l’expression brute et non travaillée de ce qui me secoue actuellement : une mauvaise humeur tenace. La cause ? Le froid. J’ai du mal à comprendre pourquoi je vis aussi mal cette soudaine vague de froid, on n’est quand même pas au Canada, les températures restent tout à fait supportables. Mais cette année, non, j’y arrive pas.

Mercredi matin, le réveil sonne. J’ouvre un oeil et soupire. Enroulée dans ma couette et mon gilet XXL, la bouillotte qui n’est plus vraiment chaude errant près de mon flanc, j’essaie de trouver la force de m’extirper de ce cocon chaud. Pas le choix, j’ai une réunion, impossible de jouer les prolongations dans mon petit lit. Fais chier les réunions, encore des powerpoints. J’aime pas les powerpoints, ce n’est que poudre aux yeux. Autant faire nos présentations clients en faisant des claquettes. Mais allez, lève-toi, tu vas être en retard. Dans la salle de bain, j’exécute les gestes lentement, mollement. Dans quelques instants, je vais sortir, emmitoufflée dans mon manteau, mes gros gants sur les mains, ma chapka enfoncée sur la tête, mon écharpe autour du cou. Et je vais marcher 30 minutes dans le froid pour rejoindre mon bureau. AUcun moyen de transport ne me permet de rester au chaud. Et si j’appelais mon chef pour lui dire que j’étais malade ?

Je suis de mauvaise humeur. J’ai froid, je me contracte et j’ai mal aux épaules et aux cervicales. La quotidienneté me pèse mais l’idée de sortir me paralyse : trop froid, je veux rester chez moi sous ma couette. Tout m’énerve, surtout les broutilles sans intérêt que je ne relèverais même pas en temps normal. J’ai envie de ruer dans les brancards, de remettre des points sur les i de tout le monde mais je me retiens. Parce que ces points là n’ont pas le moindre intérêt, ce ne sont que pécadilles, petites divergences d’opinion qui me passeraient à des milliards au dessus de la tête d’ordinaire. Mais là, rien ne passe. Alors j’essaie de me taire et de respirer (fort) par le nez. Parce que se brouiller avec les gens juste parce que je suis mal lunée, ce serait dommage. Enfin, pour les gens un tant soit peu importants pour moi, bien entendu. Parce que y en a deux ou trois qui ne font pas partie de ces happy few de mon coeur que je m’emplafonnerais avec grand plaisir.

Je suis en période bof. Vous savez, cette période où on trouve notre vie chiante, insipide mais qu’on ne sait pas trop quoi faire pour changer les choses et surtout qu’on n’en a pas la moindre envie car changer signifie dépenser de l’énergie et on n’en a plus. La fatigue nous étreint, nous paralyse, ma paupière vibre pour me signaler qu’il serait temps d’arrêter de me dépenser dans tous les sens sauf le bon. Mais quel est le bon sens, je ne le sais même pas. Je suis dans une période où quand je me regarde dans une glace et que je n’y vois rien qui me plaise vraiment. Mes cheveux sont plats, mon teint terne, ma peau se prend pour une usine à sebum tout en m’infligeant la malédiction du coude sec, mes lèvres se craquèlent et ma paupière gauche fait du morse. Je me sens inséduisante. Pas moche, juste bof. Banale à en pleurer. De toute façon, le froid réduit à néant toute mon envie de m’habiller joliment, je me jette sur les pulls comme la misère sur le pauvre monde, je suis un oignon : toujours plus de couches. Toutes les filles sont plus jolies que moi, je suis transparente.

Curieusement, le seul domaine qui n’est pas touché par cette période bof, c’est le boulot. Comprenez bien : aller au boulot ne me pèse pas, c’est le trajet qui me donne envie de rester au lit. Je me « découvre » (oui, enfin, c’est pas tellement une nouveauté) une chef de projet efficace et que, ouah, en fait, je peux être hyper organisée comme fille. Comme la consultante avec qui je travaillais est partie, je dois prendre sa remplaçante par la main pour qu’elle puisse prendre tous nos dossiers en main. En fait, je suis passée de la fille qu’on prend par la main (au début de mon contrat) à la fille qui marche à tes côtés (depuis pas mal de temps) à la fille qui guide à son tour. Tout se passe bien et j’envisage l’entretien annuel d’évaluation avec sérénité et envie de réclamer quelques trucs (à savoir plus de sous et de responsabilités). Pour la première fois de ma vie, j’ai dépassé les un an dans une boîte sans chercher désespérément à me barrer. Je réponds négativement à toutes les propositions qu’on me fait et j’en ai quand même quasi une par semaine en ce moment. Non, messieurs dames, la Nina version 2.012 pérennise.

Dans toute cette mauvaise humeur et nuages gris (et non noirs), j’ai conscience que j’exagère. 2012 est bien plus tendre avec moi que 2011. Il ne se passe rien mais il ne se passe rien de négatif du coup. Pas de rupture ni d’abcès dentaire ou drames amicaux, c’est déjà mieux qu’en 2011. Sauf que j’ai pas eu de vraies vacances depuis un an : les vacances de janvier ont été marquées par ma rupture, celles de juin par un cassage de genou et celles de Noël par le décès de ma grand-mère. Je crois que j’en peux juste plus et ce gros ras le bol n’est que l’expression d’une énorme fatigue générale, d’un burn out mental. Heureusement que dans 2 semaines, à cette heure-ci, je serai sans doute dans un avion pour l’autre bout du monde. Le sans doute, c’est juste parce qu’on n’a pas encore les horaires du vol. Si je reviens pas reboostée, je vois pas ce que je pourrais faire.

Ah si : hiberner mais pour de vrai.

Les cabinets de recrutements ou les fausses joies

Hé hé, un peu de chômagie, ça faisait longtemps hein ?

Tout chercheur d’emploi, en quête effrénée ou en veille active, a un jour eu affaire à un cabinet de recrutement. Je me souviens la première fois que j’ai été contactée, j’étais fière comme une poule. J’y ai cru quand ils m’ont raconté qu’ils allaient chercher du taf pour moi, que je serais la candidate que tous s’arracheraient. Je te le dis : bullshit.

Quand j’ai commencé à chercher à m’échapper de Pubilon, j’ai croisé le chemin de quelques cabinets de recrutement surtout un qui m’a proposé rien de moins qu’un poste d’éditrice de site. Un peu la chef d’orchestre, quoi. Un peu comme sur mon blog sauf que c’est professionnel, faut négocier du partenariat, tout ça. Pas ma came du tout. A la fin de l’entretien, nous étions tous dubitatifs, je devais quand même rendre un travail pour expliquer ce que je ferais sur le bien du site en matière de design, contenu, référencement et partenariat. J’ai envoyé un beau powerpoint, jamais eu de retour.

Ensuite, ce fut ma recherche d’emploi suite à la fin de mon contrat chez boite-qui-n’a-pas-de-nom. Le premier, j’ai passé plusieurs entretiens pour un poste pas mal mais à la fin, je n’ai pas été retenue car, entre autres, « je n’écrivais pas assez bien ». Mmmm, oui, alors je veux bien entendre les critiques mais alors là, tu me fais rire, Elvire. Il faut dire que pour jauger mon écriture, plutôt que de me faire écrire un article sur un de leurs sujets de prédilection, je devais écrire une sorte de document d’intention sur ce que j’imaginais pour ce futur emploi, les stratégies à mettre en place… Le genre de documents où la prose se fait naturellement littéraire, aisée à lire et surtout, surtout, sans aucune bullet point. Bullshit again.

Autre cabinet : ils cherchent un community manager pour faire un truc trop cool. Hé mais oui, je suis community manager dis donc, on dirait que c’est dans mes cordes. Premier entretien (il neigeait, j’avais les pieds mouillés et glacés) nickel même si j’ai chié la partie anglais un peu prise de surprise. Ils m’ont quand même envoyé chez le client en disant que je speakais l’english. Et bah tiens… Entretien chez le client, je sens au fur et à mesure de l’entretien que le poste n’a rien à voir avec mes compétences, qu’ils cherchent un business developper et que je suis un peu une sous merde dans le domaine, j’aime pas négocier, démarcher… Bref, ils ont eu la bonne idée de pas me prendre, ça me paraissait évident que je ne correspondais pas. Quelque jours plus tard, un autre cabinet m’appelait pour le même poste ! Ils ont appelé à peu près tous les community managers de Paris et y en a un bon paquet.

D’autres exemples ? J’en ai à la pelle, mon profil fait rêver les cabinets, j’ai des propositions en pagaille. J’ai donc eu la dame qui m’appelle pour un poste correspondant à peu près à mon parcours, je lui indique que je ne suis pas intéressée. Elle me demande donc de lui donner des noms (j’aime faire le boulot des autres), je lui donne instantanément le nom de la fille qui m’avait recommandée… Elle m’a fait répéter deux fois alors qu’elle connaissait son nom ! Avant d’enchaîner : « et dans votre boîte, personne ne veut partir ? Non parce que j’ai repéré une personne avec un nom allemand, là… ». Ben si tu l’as repérée, t’as qu’à la contacter. Et cherry on the cake : le cabinet qui m’appelle officiellement pour remettre mon profil à jour(je les avais déjà rencontrés) avant de me proposer un poste… junior. Ben oui, tiens, je vais quitter mon poste senior pour un poste junior moins bien payé, c’est une bonne idée.

Bref, plus je les côtoie, plus je comprends que faut pas compter sur eux, du moins sur le digital. Ils ont dit à Isadora qu’elle était brouillonne. Genre la fille la plus organisée du monde… Si vous avez juste à expliquer qu’on nous a préféré un autre candidat, restez en là, y a pas besoin d’inventer des pourquoi… J’ai souvent la sensation que les cabinets de recrutement doivent faire du chiffre à tout prix et balancent un max de candidats à leurs clients pour justifier leur travail. Après tout, c’est effectivement leur rôle à la base. Sauf qu’en ne se montrant pas sélectifs à la base pour grossir le chiffre, ils créent un espoir chez ceux qui cherchent et ça, ça me met les nerfs en pelote. Aujourd’hui, je ne cherche pas à bouger donc leurs coups de fil à côté de la plaque me font rire mais par le passé, j’ai cru, naïvement, que s’ils me présentaient au client, j’avais mes chances. Avant de découvrir par moi même que j’avais pas le profil. Heureusement qu’arrive un moment, je fais la part des choses et ne prends pas les choses personnellement, c’est quand même assez démotivant de se prendre des refus, même si on n’était juste pas fait pour le job.

Mais bon, l’avantage par rapport au Pôle Emploi, c’est que ça entraîne pour les entretiens.

PS perso : Un petit coucou à une ancienne recruteuse en cabinet et son ex collègue car pour le coup, c’est la seule exception à la règle avec les cabinets de recrutement : j’étais relativement taillée pour le job même si j’avais pas le look luxe (mais j’avais pas le salaire non plus)

Doit-on se rendre à une soirée spécial célibataire pour la saint Valentin ?

Jeudi soir, salle de sport, Anaïs et moi discutons autour d’un café en attendant de pouvoir accéder aux appareils. Soudain, elle m’explique qu’elle a reçu un mail sur On va sortir à propos d’une soirée de célibataires le soir de la saint Valentin. On y va avec Anna ? Mouif, je sens un peu le faux plan.

Il est vrai que j’ai jamais été Saint Valentin, peut-être parce que mes histoires d’amour commencent en général début février ce qui rend la St Valentin inutile à fêter. Peut-être pour mon côté connasse snobinarde qui n’aime pas ce que la majorité des autres aiment. Mais bon, j’ai parlé moult fois de la Saint Valentin, passons sur ce point pour en venir au fait : cette soirée pue.

Sur le mail reçu par Anaïs, l’organisatrice explique que y a quasi que des mecs donc qu’elle n’hésite pas à venir accompagnée de copines. Sauf que je me pose la question : quel type de mecs risque-t-on de rencontrer à cette soirée ?

De prime abord, j’ai pensé aux désespérés de l’amour. Là, ça vaut pour les deux sexes, ce fut ma première réaction : « Non mais tu trouves pas que ça fait désespérées ? ». Bon, ok, en ce moment, avec Anna, on est un peu en mode « trouvons nous un mec, oui, mais comment ? ». Non parce que moi, jez veux bien un mec mais pas le premier venu et je ne suis pas sûre de trouver un mec qui me correspond à une soirée réunissant ceux qui ne sont pas montés à temps sur le paquebot de l’amour et qui tentent de le rattraper à la rame. Même si des fois, les paquebots, ça coule. Un jour, je ferai une anthologie de mes métaphores et vous voterez pour la pire.

Mais les désespérés ne sont pas les pires spécimens de cette soirée. Après tout, leur principal défaut est d’avoir l’ego en lambeau et une possible aigreur au bord des lèvres parce que « les femmes sont de pauvres connes qui se font avoir par des connards alors que moi, je suis gentil et aucune fille ne veut de moi ». Non, les pires, ce sont les queutards à la recherche d’une fille désespérée qui cédera à la moindre avance. La Saint Valentin, c’est le Noël de tous les Barney Stinson de la Terre, un soir où les célibataires, victimes du violent lobbying des fleuristes et chocolatiers, se sentent rebuts de la société, des petits boudins impropres à la consommation. Pour peu qu’un mec pas trop mal débarque, ça va être la fête du string. Alors soyons clairs, je ne suis pas contre une petite partie de jambe en l’air, hein, mais à la base, tu sens que la soirée est faite pour ceux qui ne supportent pas le célibat.

Alors du coup, j’hésite. Parce que bon, au pire, on passera la soirée entre nous trois et ce sera forcement bien. Et peut-être que ce serait intéressant de voir si j’ai raison ou non sur la typologie des gens en présence. Mais d’un autre côté, j’ai toujours trouvé un peu pathétique les célibataires qui font un truc le soir de la Saint Valentin pour faire partir d’une fête qui ne les concerne pas. Déjà que je la fête pas quand je suis en couple…

Bon, je vous laisse, je dois aller voler un enfant en prévision de la fête des mères.

Les grandes étapes de l’amitié

L’amitié est une forme de relation amoureuse mais sans sexe et sans exclusivité (normalement mais après tout, à chacun sa définition de l’amour et de l’amitié. Et puis qu’est-ce que la normalité, hein ?). Et comme dans toute relation amoureuse, il y a des étapes. Avec Anaïs, nous en avons franchie une mardi.

J’avoue que je l’ai pas vue venir. Même si on est en train de devenir les siamoises officielles du club de plongée, un mec nous a même fait remarquer qu’on ne se séparait jamais. On part en Thaïlande en duo, on a un voyage prévu ensemble cet été (mais à 3, avec Anna), on va à la salle de sport ensemble et elle est un peu tentée par ma nouvelle lubie : un voyage en transsibérien. Bref, on vire un peu fusionnelles mais forcément,la plongée, ça fédère.

Mardi, avant l’entraînement, je passe par son appart récupérer mon sac de plongée puisque je dors généralement chez elle après la piscine. Bon à la base, je devais loger un coup chez elle, un coup chez Anna mais cette dernière oublie parfois son tour de garde. Je suis arrivée un peu tard suite à quelques péripéties ratpiennes donc je rentre et je cours aux toilettes. Alors que je m’abandonnais à mes bas instincts, Anaïs a lancé une conversation à base de « et toi, ta journée ? ». Et là, je me dis qu’on vient de passer un cap.

Les petits besoins sont un moment d’intimité, un des aspects que je voile de grande pudeur. Parler à quelqu’un quand je me soulage est signe de grande intimité, donc. Faut dire qu’en se changeant une fois par semaine dans le même vestiaire collectif casse de suite la pudeur de base. Nous nous voyons nues sans faire attention, on discute en enlevant notre culotte, en enfilant notre maillot de bain. Si Anaïs est plus pudique qu’Anna qui m’a gratifiée un jour d’une danse des seins et qui me pince les fesses en passant à côté de moi, on connaît nos corps. On ne les scrute pas mais on ne les cache pas non plus, on ne fait juste pas attention. On a partagé le même logement à Colera puis dans le Var. Elle m’a déjà fait vivre un de ses épisodes somnambuliques, on se taquine sur nos nuits ensemble. Moi à base de « non mais tu parles, tu t’assois dans le lit et tu allumes la lumière », elle à base de « qu’est-ce que tu dégages comme chaleur quand tu dors! ».

Est-ce là que l’on reconnaît les amitiés ? A une intimité créée sans sexe ? Si je liste mes meilleures amies, j’ai dormi dans le même lit que l’immense majorité d’entre elles, elles sont les seules à connaître certains de mes tourments intimes, certaines de mes péripéties. Si je ne vais pas bien, je n’ai qu’à envoyer un mail pour les voir arriver en courant pour venir m’aider. Et vice et versa bien entendu. L’amitié se construit par des abandons progressifs. J’abandonne ma pudeur vis à vis de mon corps, de mes tourments…Et de mes petits besoins. J’abandonne ma méfiance, mon masque et je me livre en toute confiance. Le jour où tu confies tes imperfections à une amie, celles que tu caches avec fureur, tu sais que celle qui reçoit tes confidences fait désormais partie du cercles fermé des meilleures amies. Celles pour qui tu te couperais un bras comme je disais l’autre jour.

Un jour, je me pencherai peut-être sur une essentielle question : mes belles amitiés sont-elles un pilier si solide de ma vie que je deviens incroyablement difficile avec les hommes au point de ne tomber amoureuse qu’une fois tous les 5 ans en moyenne ? Après tout, avec tout cet amour amical, comment avoir besoin d’amour tout court ?

Engage-toi, indigne-toi !

L’autre jour, je lisais un article intéressant dans Philosophie magazine (jemelapete.com) à propos de notre époque qui nous épuise par une nécessité d’indignation perpétuelle. En gros il faut que l’on ait un avis sur tout, nous devons quoi qu’il arrive être des citoyens éclairés, éveillés, à l’inverse de la grenouille qui cuit à petit feu. Quitte à s’épuiser en vain.

(c) Antonin Moulart

Je baigne dans le magma médias sociaux toute la journée, c’est mon métier mais aussi mon bruit de fond. A défaut d’écouter la radio, je zieute Facebook et Twitter et suis (vaguement) ce que racontent les congénères. Et je suis fascinée. Fascinée par la nécessité de l’individu média social d’avoir un avis sur tout, en permanence, mais surtout un avis critique, violent. On est bien plus souvent dans le rejet que dans la bénédiction. On live tweet les discours politiques de Sarkozy, Le Pen ou Hollande à grand coup de hashtags (pour ceux qui ne connaissent pas Twitter, le hashtag est un mot clé précédé d’un # donc si j’utilise le hashtag #fhollande2012 par exemple, si quelqu’un clique dessus, il aura accès à tous les tweets intégrant le dit hashtag) histoire de ne pas passer inaperçu.

Un certain recul ? Une possible réflexion ? Non, non, on est à chaud tant que le hashtag est dans les trends topics (les sujets du moment), faut que les gens connaissent à tout prix notre avis. Le web citoyen est éclairé, il tire à boulet rouge sur tous les somnifères médiatiques car il est celui qui sait. Ce qui donne d’un côté des tweets assassins sur TF1 collabo et de l’autre les live tweets sans le moindre intérêt de Confessions Intimes. Du type : « Jérôme, c’est vraiment un gros beauf avec son tuning » « Ohlala, Karine cause bien la France. LOL ! ». Indispensable.

Sauf qu’il y a des sujets sur lesquels je n’arrive pas à avoir un avis spontané, je suis partagée et j’ai besoin de me renseigner, de prendre du recul pour m’exprimer (ou pas d’ailleurs). Genre l’histoire de Megaupload où nombre de twittos ont hurlé au scandale, à la censure, à la fin de la liberté d’expression. Heu, la liberté d’expression, c’est se faire de la tune easy en proposant des films et séries que nous n’avons pas tournés ? Non, je demande hein. Si d’un côté, je comprends le côté préoccupant des lois SOPA et co qui menacent la créativité web et la libre expression, de l’autre, j’ai un peu de mal à pleurer pour un mec qui s’est fait des ronds sur le dos des créateurs de séries, réalisateurs et consommateurs. Et je suis assez agacée de voir la capacité des internautes à s’indigner quand leurs intérêts sont directement touchés (« je vais faire quoi sans megaupload moi ? ») plutôt que pour certaines causes un peu plus critiques à mon sens. Oui, megaupload, c’était bien pratique (bien que je ne m’en suis que peu servi, je reconnais) mais bon, un peu comme les torrents et co, je les utilise en sachant bien que le robinet risque d’être coupé un jour. Même si je continue d’acheter des biens culturels, même si ça m’a permis de découvrir des artistes dont j’ai acheté les CD, même si je n’aurais jamais dépensé un rond pour certains films téléchargés par curiosité. Et jamais regardés pour la plupart, en plus. Sauf que bon, chacun y va de sa petite histoire, la main sur le coeur mais comme j’ai dit, ils sont nombreux à s’indigner à l’heure de passer à la caisse.

Je crois que le web et surtout l’utilisation qu’on en fait (mise en scène perpétuelle d’un nous engagé, éclairé, pétri d’intelligence et de bonnes réflexions) nuit au débat par la rapidité de jugement et, donc, de condamnation. C’est noir ou blanc, c’est brut et c’est comme ça. Je crois qu’admettre qu’on n’a pas assez d’infos pour exprimer un avis est preuve de sagesse, ne pas parler comme tous les autres histoire de est preuve de maturité.

Je vais donc prendre le temps de lire des articles sur anonymous et je vous ferai part de mon avis. Si j’en ai un à l’arrivée. Non parce que moi, j’aime bien l’idée du groupuscule comme ça, d’une résistance mais y a des trucs qui me turlupinent un peu alors je n’arrive pas à prendre partie définitivement dans l’histoire. Et peut-être que j’en parlerai pas parce que je me serai pas décidé et que mon blog pourra se passer d’un article vide sans intérêt ni réflexion.