L’hiver rend le poil mauvais

(en témoigne ce titre tellement mauvais)

Bon, cet article sera sans queue ni tête, juste l’expression brute et non travaillée de ce qui me secoue actuellement : une mauvaise humeur tenace. La cause ? Le froid. J’ai du mal à comprendre pourquoi je vis aussi mal cette soudaine vague de froid, on n’est quand même pas au Canada, les températures restent tout à fait supportables. Mais cette année, non, j’y arrive pas.

Mercredi matin, le réveil sonne. J’ouvre un oeil et soupire. Enroulée dans ma couette et mon gilet XXL, la bouillotte qui n’est plus vraiment chaude errant près de mon flanc, j’essaie de trouver la force de m’extirper de ce cocon chaud. Pas le choix, j’ai une réunion, impossible de jouer les prolongations dans mon petit lit. Fais chier les réunions, encore des powerpoints. J’aime pas les powerpoints, ce n’est que poudre aux yeux. Autant faire nos présentations clients en faisant des claquettes. Mais allez, lève-toi, tu vas être en retard. Dans la salle de bain, j’exécute les gestes lentement, mollement. Dans quelques instants, je vais sortir, emmitoufflée dans mon manteau, mes gros gants sur les mains, ma chapka enfoncée sur la tête, mon écharpe autour du cou. Et je vais marcher 30 minutes dans le froid pour rejoindre mon bureau. AUcun moyen de transport ne me permet de rester au chaud. Et si j’appelais mon chef pour lui dire que j’étais malade ?

Je suis de mauvaise humeur. J’ai froid, je me contracte et j’ai mal aux épaules et aux cervicales. La quotidienneté me pèse mais l’idée de sortir me paralyse : trop froid, je veux rester chez moi sous ma couette. Tout m’énerve, surtout les broutilles sans intérêt que je ne relèverais même pas en temps normal. J’ai envie de ruer dans les brancards, de remettre des points sur les i de tout le monde mais je me retiens. Parce que ces points là n’ont pas le moindre intérêt, ce ne sont que pécadilles, petites divergences d’opinion qui me passeraient à des milliards au dessus de la tête d’ordinaire. Mais là, rien ne passe. Alors j’essaie de me taire et de respirer (fort) par le nez. Parce que se brouiller avec les gens juste parce que je suis mal lunée, ce serait dommage. Enfin, pour les gens un tant soit peu importants pour moi, bien entendu. Parce que y en a deux ou trois qui ne font pas partie de ces happy few de mon coeur que je m’emplafonnerais avec grand plaisir.

Je suis en période bof. Vous savez, cette période où on trouve notre vie chiante, insipide mais qu’on ne sait pas trop quoi faire pour changer les choses et surtout qu’on n’en a pas la moindre envie car changer signifie dépenser de l’énergie et on n’en a plus. La fatigue nous étreint, nous paralyse, ma paupière vibre pour me signaler qu’il serait temps d’arrêter de me dépenser dans tous les sens sauf le bon. Mais quel est le bon sens, je ne le sais même pas. Je suis dans une période où quand je me regarde dans une glace et que je n’y vois rien qui me plaise vraiment. Mes cheveux sont plats, mon teint terne, ma peau se prend pour une usine à sebum tout en m’infligeant la malédiction du coude sec, mes lèvres se craquèlent et ma paupière gauche fait du morse. Je me sens inséduisante. Pas moche, juste bof. Banale à en pleurer. De toute façon, le froid réduit à néant toute mon envie de m’habiller joliment, je me jette sur les pulls comme la misère sur le pauvre monde, je suis un oignon : toujours plus de couches. Toutes les filles sont plus jolies que moi, je suis transparente.

Curieusement, le seul domaine qui n’est pas touché par cette période bof, c’est le boulot. Comprenez bien : aller au boulot ne me pèse pas, c’est le trajet qui me donne envie de rester au lit. Je me « découvre » (oui, enfin, c’est pas tellement une nouveauté) une chef de projet efficace et que, ouah, en fait, je peux être hyper organisée comme fille. Comme la consultante avec qui je travaillais est partie, je dois prendre sa remplaçante par la main pour qu’elle puisse prendre tous nos dossiers en main. En fait, je suis passée de la fille qu’on prend par la main (au début de mon contrat) à la fille qui marche à tes côtés (depuis pas mal de temps) à la fille qui guide à son tour. Tout se passe bien et j’envisage l’entretien annuel d’évaluation avec sérénité et envie de réclamer quelques trucs (à savoir plus de sous et de responsabilités). Pour la première fois de ma vie, j’ai dépassé les un an dans une boîte sans chercher désespérément à me barrer. Je réponds négativement à toutes les propositions qu’on me fait et j’en ai quand même quasi une par semaine en ce moment. Non, messieurs dames, la Nina version 2.012 pérennise.

Dans toute cette mauvaise humeur et nuages gris (et non noirs), j’ai conscience que j’exagère. 2012 est bien plus tendre avec moi que 2011. Il ne se passe rien mais il ne se passe rien de négatif du coup. Pas de rupture ni d’abcès dentaire ou drames amicaux, c’est déjà mieux qu’en 2011. Sauf que j’ai pas eu de vraies vacances depuis un an : les vacances de janvier ont été marquées par ma rupture, celles de juin par un cassage de genou et celles de Noël par le décès de ma grand-mère. Je crois que j’en peux juste plus et ce gros ras le bol n’est que l’expression d’une énorme fatigue générale, d’un burn out mental. Heureusement que dans 2 semaines, à cette heure-ci, je serai sans doute dans un avion pour l’autre bout du monde. Le sans doute, c’est juste parce qu’on n’a pas encore les horaires du vol. Si je reviens pas reboostée, je vois pas ce que je pourrais faire.

Ah si : hiberner mais pour de vrai.

Enjoy the list

Comme promis hier, voici ma liste. Comme ma mamie va beaucoup mieux, mon moral remonte en flèche.

– C’est fou cette capacité que j’ai à ce que les gens me prennent systématiquement à la bonne (mais ça n’empêche pas qu’après, certains me détestent). Mercredi, une nana m’appelle pour me présenter data presse, un truc trop cool mais pas fait pour les particuliers et c’est dommage. Je lui explique ma situation et elle me file un contact. Comme ça.

– Les mecs sont tous des connards. Enfin, non, pas tous mais quelques uns quand même.

– Non, mon numéro de téléphone n’a pas changé et je reçois tous les coups de fils ou texto que l’on m’envoie donc si j’ai rien reçu de la part d’un connard, c’est qu’il n’a rien envoyé.

– Cobra en manga, ça déchire, c’est vachement mieux que le dessin animé

– Faire des photos dans la rue, c’est rigolo mais si j’oublie mes lunettes, c’est flou. Et je prends ce que je veux en photo, monsieur qui passe dans la rue, pas la peine de me rappeler que j’ai pas le droit, que je dois demander l’autorisation. Je peux prendre ce que je veux en photo, le publier est une autre question.

– Faut que j’aille chez l’ophtalmo
 
– Conversation avec ma môman cette semaine :
« Tiens, avec ton père, on a lu ton blog, c’est rigolo.
– Mon blog ? Lequel ? (voix angoissée. Oui, j’ai 150 000 blogs)
– Je sais pas, moi…
– Il était de quelle couleur.
– Heu… Michel [mon pôpa], il est de quel couleur son blog ?
– Bleu
– Bleu
– Ah…
– Oui, c’est rigolo, on a lu une histoire d’hiver où t’as les lèvres gercées. Mais on va pas en lire plus. »

Après vérification, c’est cet article là, je parle pas de sexe mais j’évoque mon tabagisme, gloups ! N’empêche, ça fait flipper. Enfin, au moins, elle doit être rassurée ma maman : y a des hommes dans ma vie (même que des fois, c’est des connards mais pas toujours quand même)

– Je me suis enregistrée pour un futur projet, j’ai une voix super classe, quand même… Mais je me souvenais pas qu’elle était si grave, je l’entends différemment dans ma tête. Mais en fait, en réécoutant, bof un peu quand même.

– Je suis clairement en manque affectif, j’arrête pas de faire des rêves chelous. Lundi : je rêve que je passe le bac (oui angoisse pro = je passe le bac en rêve, systématique), mon prof de stats est un de mes anciens amants qui a la bonne idée d’illustrer le sujet de l’épreuve par des photos de ma personne (softs les photos, hein), ce qui crée un tollé, tout le monde dit qu’on couche ensemble et que je suis favorisée, tout ça. Le directeur de la fac nous convoque (oui parce que je passe le bac mais c’est la fac), moi, j’essaie de passer mon épreuve tranquille. Puis après, y a un autre cours, c’est un ami de mes parents qui fait le cours, je suis juste habillée d’un drap, j’ai oublié de m’habiller et le prof veut que je me lève parce qu’il parle du scandale et je le prie discrètement de m’oublier. Mardi nuit, je me suis tapée David Charvet dans la salle de bain du duplex où j’ai grandi. N’importe nawak !

– Monsieur le beau gosse que j’ai maté pendant une heure au Starbucks du Marais samedi entre 15h45 et 16h40, tu étais très beau mais par pitié, apprends à t’habiller parce que ton espèce  de pantalon jogging, c’est pas possible. J’ai même pas pu mater tes fesses.

– Le fait que Kenya me tapote la figure quand j’essaie de dormir, ça a l’air très drôle quand je le raconte mais en fait, c’est très lourd.

– J’hésite à me faire la même coupe de Victoria Beckham, le blond pisseux en moins… Mais y a des photos où c’est plus joli que d’autres. Là, par exemple, c’est moche.