J’’aime pas le dimanche

Au septième jour, comme il s’était bien décarcassé, Dieu décida d’arrêter là sa création et décida d’aller se reposer. Bon ok, créer le monde en 6 jours, c’est balèze, il avait bien le droit à une petite sieste. Mais voilà, le dimanche, du coup, c’est le jour du rien, le non-jour de la semaine. Et je l’aime pas.

Petite, les heures du dimanches qui s’égrenaient à une vitesse folle me faisaient penser à un ultimatum : bientôt la fin du week-end ! Il est 16h, tu dînes à 20, il te reste 4 heures pour faire tes devoirs… Bon, d’abord, je goûte. Puis après cette sacro-sainte pause (comme si j’avais interrompu mes devoirs pour ça, tiens, je les avais même pas commencés !) à base de
chocapic tout en feuilletant un magazine, je retourne dans ma chambre où je fais semblant de bosser, sauf quand j’ai un devoir à rendre. Dimanche 20 heures, devoirs rarement faits mais c’est pas grave. Moi, j’étais la rebelle du primaire, du collège et du lycée : jamais je ne faisais mes devoirs mais j’avais toujours de bonnes notes. Dégueulasse hein ? Reste que le dimanche, je n’aime pas ça, devoirs ou pas devoirs. Et encore, les devoirs, ça occupe…
Oui car que faire un dimanche ? Du shopping ? Ben non, les magasins sont fermés. Aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, le docteur, l’agence immobilière, la banque ou je sais pas quoi ? Non, ils sont tous fermés. Oui, ils travaillent en même temps que nous, logique, me direz-vous. Tout ça, faut le faire le samedi. Bon, s’il fait beau et que nous sommes à une période de l’année où il fait bon, on peut aller se promener, prendre la voiture pour partir au fin fond du département ou chausser les baskets pour déambuler dans la forêt voisine. Mais, curieusement, le dimanche, il pleut souvent. Alors on glande, on ne regarde pas la télé car il n’y a rien. Vidéo-Gag, ça fait 15 ans que ça passe et se farcir les présentateurs entre les gags, c’est d’un pénible… D’ailleurs, ils ont bien fait de remplacer Bernard Montiel par M. Météo, j’ai pas vu la différence, ils récitent tous les deux de façon pénible et ennuyeuse leur texte. Là, y a une blonde en plus qui doit feindre l’enthousiasme mais c’est pas trop ça. Le public, maintenant, ce sont des enfants mais je me demande s’ils ont pas recyclé les images du public du Club Dorothée. Sinon, y a le maillon faible, rapidement lourd, 7 à 8, émission ni racoleuse, ni voyeuriste, Drucker qui roupille sur un canapé tandis que ses chroniqueurs font de l’auto-promo à fond. Par exemple, Philippe Geluck, personne qui m’énerve, il faut l’avouer : « oui alors M. l’invité, je vous ai fait un dessin du chat, vous savez, ma BD dont le volume 8 vient de sortir ! ». Bon, Geluck sort sa blague, souvent nulle et Drucker, à la fin, il fait le récapitulatif : « notre invité, Bidule, qui sort un film au cinéma le 7 janvier, Philippe Geluck dont le volume 8 du chat vient de sortir, vous pouvez retrouver Anne Roumanoff tous les soirs à une salle de spectacle et Jean-Pierre Coffe dans sa cuisine. » Soyons franc, cette émission résume parfaitement les ambiances de dimanche : c’est mou, c’est chiant, c’est morose. Et en plus, j’ai l’impression que le montage accentue encore cette impression.
Le dimanche, c’est se coller le nez à la fenêtre et regarder la pluie qui tombe. C’est soupirer quand on allume la lampe à 18 h car la nuit tombe : week-end déjà fini, on repart sur une nouvelle semaine. Ce n’est pas tant la perspective de cette nouvelle semaine qui commence qui me mine que celle de la semaine qui se termine. Cette semaine, j’aurais voulu finir mon roman, raté. Cette semaine, j’aurais voulu finir mes devoirs, raté. Cette semaine, j’aurais voulu appeler la mairie pour savoir comment je peux avoir le RMI, raté. Cette semaine, j’aurais voulu qu’il m’appelle pour me dire de le rejoindre chez lui, raté. Bref, les dimanches, c’est l’heure du mini bilan de la semaine : tout ce qui devait être fait et ne l’a pas été, ça fout la trouille. Et puis, y a le terrible constat : que s’est-il passé cette semaine ? Rien. Pas d’appel pour du boulot, pas de charmant jeune homme pour me consoler, Brad et Angelina sont toujours ensemble et Kenya ne sait toujours pas faire la vaisselle (ça m’arrangerait).Des fois, le dimanche soir, à l’heure du bilan, j’ai comme une boule à la gorge… Et à la télé, y a que des trucs pour me démoraliser encore plus, des émissions sur des meurtres, des crashs d’avions, des scandales, des ci, des là… Tous pas beaux, tous malhonnête, l’homme est un fruit pourri. Si, des fois, y a
Urgences. Cette série est un peu particulière pour moi puisque quand j’étais au lycée, on la regardait tous à la maison, papa, maman, Alice et moi. Plus tard s’est agrégé Guillaume 1er qui adorait. Je l’ai ensuite regardée avec Arnaud et Guillaume II. Et seule. Je me souviens de mon premier urgence seule, j’étais triste : le lendemain, je commençais la fac et je pensais au reste de ma famille qui regardait ça collégialement. Et moi, toute seule dans mon coin. En plus, Urgences, maintenant, c’est chiant. J’ai même plus le beau George Clooney pour faire passer mon cafard, j’ai plus qu’à aller me coucher.
Des fois, le dimanche, c’est repas de famille : ça égaie, mais c’est pire au niveau « sentiment qu’on n’a pas vu passer le week-end ». On apérote (hop, une coupette de champagne), on déjeune mais pas qu’un peu : entrée, deuxième entrée, des fois, plat, fromage, dessert, re-champagne, café. Comme aujourd’hui, un peu. Ma mamie et ma tatie sont venues, nous avons mangé joyeusement et pendant le café, alors que ma sœur et mon père avaient fui, ma grand-mère, pompette, raconte à quel point ma mère était une vilaine peste petite et ses sœurs, guère mieux. Moi, je
suis pleine à craquer et le champagne fait des bulles dans mes yeux. Ca pique, la meilleure façon de les soulager, c’est de les fermer. Oui, d’ordinaire, moi, le dimanche, à midi, je dors, je ne mange pas. Donc le repas s’éternise, ma tête s’appesantit et le temps qu’on finisse, qu’on débarrasse et tout ça, c’est 17 heures. Qu’as-tu fait de ton dimanche ? Bah, j’ai mangé.
J’aime pas le dimanche. En plus, dans ma famille, ils décèdent toujours un dimanche. Mon grand-père (je n’étais pas née), mon autre grand-père, mon oncle, ma tante… Ils ont tous trépassé un dimanche, c’est comme ça. Quand le téléphone sonne un dimanche et que mon père n’est pas de garde (ce qui arrive relativement rarement, il faut l’avouer), ma mère a un peu peur. Je me souviens la dernière fois que quelqu’un est mort dans ma famille : un dimanche ensoleillé, tout va bien, on déjeune tranquillement à trois (ma sœur étant à Londres) quand le coup de fil retentit. On abandonne tout sur place et, depuis, on n’a jamais plus mangé de poisson aux petits légumes.
Le dimanche, c’est aussi le jour où je me sens sale. Comme je sors pas, je fais le minimum d’effort : en jogging, un coup de brosse histoire d’éviter les nœuds et pas de maquillage (pourquoi faire ? Séduire George Clooney à travers la télé ?). Je traîne, je glande et le soir, je me sens cra-cra. Alors que je n’ai rien fait de physique ou salissant (parce que quand je le
fais, je me lave, du coup). C’est juste parce que je suis en négligée et que je ne suis pas si habituée que ça à ne pas être parée. Et qu’en plus, j’aime même pas ça, être en jogging parce que ça fait sac à patates et je me sens moche.
Un nouveau dimanche se termine. Cette semaine, j’ai eu une hypothétique proposition de stage (à suivre), j’ai appelé un beau garçon et papoté une heure avec lui, j’ai eu une idée fantastique, j’ai eu des cadeaux d’anniversaire tout plein. Mais les gens m’ont pris une taille (voire deux pour certains vêtements) en trop sur les fringues (pas vexant du tout), j’ai bouffé comme dix en culpabilisant parce que si on me prend des tailles en trop sur les fringues, c’est que je dois ressembler à une baleine. Brad est toujours avec Angelina (oui, ma mère lit Voici donc j’ai pu le
constater), Kenya roupille au lieu de faire la vaisselle et j’ai fait un rêve cette nuit qui m’a rendue tristoune et perplexe pour la journée.
Foutu dimanche !

Youpi, soyons amoureux !

Il y a grosso modo, trois catégories de gens : les en couple, les célibataires et les célibataires amoureux. Evidemment, il y a des sous-catégories mais cet article ne se veut pas une analyse sociologique de l’amour. Vous constaterez qu’on envie toujours un peu les membres des deux autres catégories : les célibataires pour leur liberté, les en couple pour leur sécurité. Mais ceux que l’on préfère, ce sont les célibataires amoureux.
 amour
Imaginons une scène : vous êtes en train de discuter avec un(e) amie de la catégorie 1 ou 3 (donc en couple ou célibataire) et vous avouez entre le fromage et le dessert que vous avez rencontré quelqu’un, « un garçon très mignon qui me plaît beaucoup, il est beau, intelligent, marrant… ». Oui, il n’y a rien de moins objectif qu’une personne amoureuse. Bon, bref, vous vous extasiez sur votre cible que nous appellerons ici Brad (au hasard). Et là, immanquablement, votre interlocuteur ou cutrice s’exclamera : « Ouah, mais c’est génial, comme je t’envie ! ». Bon parfois, c’est hypocrite, surtout si la personne fait partie de la catégorie célibataire sous-catégorie totalement aigrie. Elle dira ça mais pensera : « fais chier, cette connasse va se trouver un mec avant moi alors que je suis carrément plus belle qu’elle. Non mais qu’est-ce qu’on peut lui trouver à c’te grosse vache aux cheveux filasses ? ». Mais dès qu’on est amoureux, tout le monde nous envie. Pourquoi donc ?
 
Me voilà donc amoureuse de Brad. Quand je me réveille le matin, je rêvasse à lui, à nous, à notre premier baiser. Je sens presque ses lèvres effleurer les miennes, sa langue caresser légèrement la mienne, ses mains qui glissent délicatement de mon visage à mes hanches… aaaaaah ! Voilà effectivement de quoi se lever de bonne humeur. Tard (oui, fantasmer, ça prend du temps) mais de bonne humeur. Comme je veux Brad à tout prix, il faut que je sois belle : sport, soins de peau, nourriture saine, juvamine… L’artillerie lourde, quoi. J’ai forcément envie de m’acheter de nouvelles fringues et de nouveaux dessous (au cas où) pour parader devant mon beau et le faire craquer. Bref, à notre prochain rendez-vous, je serai tellement la plus belle que Brad ne voudra pas sortir avec moi, non, il voudra carrément m’épouser.
 
Etre amoureuse, c’est avoir des papillons autour de la tête en permanence. On a l’impression que les fleurs fleurissent sur notre passage, le soleil brille même à travers la pluie. Un signe anodin de sa part et notre cœur s’emballe, on s’envole, on touche plus pied par terre. Il a signé son texto par « bisous »… IL A SIGNE SON TEXTO PAR « BISOUS », vous imaginez ? Oui parce qu’être amoureuse, c’est aussi un peu retomber en adolescence. C’est se réjouir de lui avoir souri en se disant qu’il a compris le message, c’est mettre plein d’étoiles dans ses yeux et du gloss sur ses lèvres pour donner envie à Brad de nous embrasser. C’est imaginer les scénarios les plus débiles, les excuses les plus foireuses pour le revoir : « Je dois te rendre ton CD.
– Mais je ne t’en ai pas prêté.
– Ah et tu veux pas m’en prêter un ? »
 
En fait, être amoureux, c’est, parfois, ne pas arriver à coordonner deux neurones pour paraître intelligente. L’autre soir, je parlais à Anne qui vient d’entrer en catégorie 2 et elle me fait, désespérée : « je sais pas quoi lui dire, notre conversation est limitée… » Oh oui, quelle galère ! Je me souviens d’une conversation avec Bertrand au téléphone après ma rupture avec Guillaume, ma première réaction en raccrochant : « non mais quelle conne ! ». J’avais voulu jouer les séductrices, j’étais passée en mode neuneu, à roucouler comme un pigeon. Etre amoureuse, c’est être cyclothymique. Il signe « bisous » son texto, je plane à 100 000. Il ne répond pas à mon texto au bout de cinq minutes, c’est un connard qui ne cherche qu’à briser mon petit cœur et je déprime.
 
Etre amoureuse, paradoxalement, c’est douter de soi. Brad, il est beau, il est intelligent et drôle. Et moi, est-ce que je lui arrive à la cheville ? Comment un mec pareil pourrait voir une fille comme moi ? S’il avait vraiment envie de moi, il serait devant ma porte avec un immense bouquet de fleurs, non ? Là, je constate que derrière ma porte, y a que le paillasson (et Kenya qui en a profité pour courir jusqu’au troisième et dernier étage de mon immeuble). A-t-il compris que je voulais qu’il soit le père de mes trois enfants ? Soit oui et il n’est pas intéressé, soit non et qu’est-ce que je fais ? Lui envoyer dix textos par jour, c’est trop, mais si je ne donne pas signe de vie, il va m’oublier et une vilaine greluche même pas aussi belle que moi va me le piquer ! Mais est-ce à moi de le relancer ou à lui ? Qui a lancé l’invitation en dernier ? Vaut-il mieux que je l’appelle, que je le textote, que je le maile ou que je me taise ? Mais quelle prise de tête, les enfants ! Mais tant qu’il ne m’a pas embrassé, je doute. De moi, de son intérêt pour moi. M’a-t-il dit que j’étais jolie par politesse (enfin, moi, je lui avais rien demandé), par jeu ou parce qu’il veut que je sois son Angelina ?
 
Etre amoureuse, c’est analyser le moindre soupir de Brad, essayer de voir si on se fait des idées sur ses intentions ou pas. Simple ami ou prétendant ? A-t-il vu les constellations entières que j’ai mises dans mes yeux ? Peut-être que j’en ai trop mis et je lui ai fait peur. Etre amoureuse, c’est faire chier notre entourage en devenant monomaniaque. Exemple de conversation d’un amoureuse :
« Ça va ?
– Non, Brad il m’a pas rappelée !
– Et à part ça ?
– Et pourtant, il m’a dit que j’étais jolie, pourquoi il m’a dit ça si il ne veut pas m’épouser, hein ?
– Moi moyen.
– Tu crois que je dois lui envoyer un texto ?
– Mon chat est mort.
– Non parce que tu comprends, c’est moi qui lui ai proposé de se voir la dernière fois alors c’est un peu à lui de venir, non ?
– Je me suis foulé le petit orteil.
– Mais peut-être qu’il n’ose pas, peut-être que je l’intimide. S’il le faut, Brad, il est fou de moi mais il est comme moi, il sait pas quoi faire.
– Je suis allée faire pipi
– Ah non, vraiment, Brad, il est compliqué comme mec ! »
J’exagère à peine. Des fois, être amoureuse, c’est être chiante, à un point pas possible. A tel point d’ailleurs que vous finissez par vous prendre un mérité : « mais demande-lui, au moins, tu sauras ! ». Oui mais comment lui demander ? En face à face (délicat en cas de râteau), par MSN (minable si le sentiment est réciproque, ça casse un peu la magie de la révélation), par texto (alors, là, quelle que soit la réponse, c’est nul), par téléphone ? Etre amoureuse, c’est virer névrosée.
 
Et pourtant, quand une amie nous annonce qu’elle est passée en catégorie 2, on s’exclame sincèrement : « ouah, c’est génial ! » et on l’envie, en plus. On envie l’attente de ce premier baiser, on envie le jeu de séduction entre Brad et notre amie… Des fois, je me dis qu’on devrait se souvenir comme ça peut être pénible d’être amoureuse sans que ce soit concrétisé, ça calmerait notre joie. Maintenant, je ne me réjouirai pour mes copines que quand elles seront passées en catégorie 1 (ou 3 si elles sortaient avec un connard fini que je n’aimais pas).

Episode 4

Chapitre 2
 
            Le dernier soir avant les fiançailles, derniers moments de liberté : quelle
charmante idée ! Il soupira et regarda Neve qui était en train d’essayer une drôle de robe mauve qu’elle avait choisie pour la soirée. On aurait dit une grosse meringue colorée, mais il
n’osa pas lui dire sinon elle allait paniquer et devenir infernale. Il simula un bâillement pour indiquer à la jeune femme qu’il avait envie de se coucher, mais elle ne se s’en aperçut pas, trop
occupée à s’admirer dans la glace.
« Neve, il est presque dix heures, j’aimerais aller me coucher. Tu ne voudrais pas rentrer chez toi ?
– Je ne peux pas rester dormir ici ?
– Non, y a pas de place.
– Bon, d’accord, mais tu me raccompagnes, alors. J’aime pas me balader seule dans les rues la nuit. »
Il ne chercha pas à la convaincre qu’elle n’avait rien à craindre, car il avait hâte de se débarrasser d’elle : sa patience avait des limites.
Elle se rhabilla rapidement et il la raccompagna chez elle. En guise de remerciements, elle le gratifia d’un signe de la main et lui jeta un rapide au revoir avant de rentrer. Dans un monde
normal, ils se seraient embrassés tendrement et chuchoté des mots doux pendant un bon bout de temps, mais ça ne marchait pas comme ça avec Neve. Ils ne s’aimaient pas, à quoi bon faire
semblant ? Durant leur mariage, ils ne s’embrasseraient pas et ne feraient l’amour que pour avoir une petite fille à marier à un pauvre gosse qui était actuellement plus occupé à s’amuser
qu’à trouver l’âme sœur.
Il se remit en route et erra sans but précis, réfléchissant à ce mariage et à son avenir…ce n’était guère réjouissant. S’il n’y avait pas eu sa mère,
il n’aurait pas choisi cette femme là. Il aurait même probablement pris une femme d’un statut social inférieur au sien et serait parti vivre chez elle, là où les apparences ne comptent pas plus
que tout.
Il se rendit soudain compte qu’il était retourné dans le même parc que l’autre jour, là où il s’était fait agresser. Au fond de lui, il savait qu’il
avait fait exprès : il voulait retrouver cette étrange femme et parler avec elle. De quoi ? De tout, passer sa dernière nuit de liberté à parler à une inconnue…l’idée le transportait
littéralement, parce que ça lui donnait l’impression qu’il bravait un peu les traditions de l’élite, qu’il se rebellait, qu’il…
Quelque chose tomba de l’arbre derrière lui et il se retourna prestement : la jeune femme était de retour.
« Tiens, tiens, Ethan Wadeker ! Tu cherches vraiment les ennuis.
– Vous êtes seule ?
– Où est la différence ?
– J’aimerais…hum…discuter avec vous.
– Je ne vois pas vraiment ce que nous aurions à nous dire.
– Et bien, déjà, j’aimerais savoir pourquoi vous êtes ici : je suis sûr que vous n’êtes pas une exclue.
– Jamais entendu un truc aussi ridicule de ma vie. File-moi ton passe.
– Qui êtes-vous ? Comment me connaissez-vous ?
– Je lis les journaux, crétin. Donne-moi ton passe avant que je m’énerve.
– Les exclus ne reçoivent pas le journal, j’ai vérifié. »
Elle sembla perdre son agressivité un instant…touché ! Mais elle retrouva rapidement toute son énergie et lui sauta dessus pour lui voler son
précieux passe. Il ne se laissa pas faire, essayant de se défendre du mieux qu’il pouvait, mais elle se défendait comme une tigresse et l’envoya rapidement au sol. Elle se posa ensuite à
califourchon sur lui et put enfin retirer l’objet tant convoité sur lequel elle fit jouer la lumière pendant un instant.
« Ecoute, Wadeker, je te le répète une dernière fois : ne traîne pas par ici, ça craint. En tout cas, merci pour le passe, j’en ferai bon
usage. »
Elle s’apprêtait à repartir mais il saisit sa combinaison et l’attira vers lui : elle n’allait pas s’en tirer aussi facilement. Elle poussa un
petit cri et leur regard se rencontrèrent Elle semblait furieuse.
« Mais qu’est ce qui te prend ? Lâche-moi !
– Rendez-moi d’abord mon passe.
– Si tu ne me lâche pas immédiatement, tu risques de le regretter : ce serait dommage de célébrer tes fiançailles avec un œil au beurre noir,
non ?
– Dites-moi d’abord qui vous êtes.
– Peu importe qui je suis ! T’es vraiment pénible comme mec. Bon, puisque tu ne veux pas me laisser tranquille… »
Elle lui donna un formidable coup de poing dans l’estomac, ce qui lui fit lâcher prise et pendant un instant, sa vue fut obstruée par un tas de
petits points noirs : elle n’y était pas allée de main morte. Elle se releva et le regarda se tordre, les bras autour du ventre en gémissant, puis repartit sans rien ajouter. Il la suivit du
regard, puis quand elle eut disparu, il se releva lentement et se mit à marcher en titubant, jusqu’à une cabine téléphonique, où il composa le numéro de sa mère.
« Lauren Wadeker.
– Maman, c’est Ethan, j’ai…hum…un petit problème.
– Qu’est ce qu’il se passe ?
– Et bien, je suis coincé au parc Washington et on vient de me voler mon passe.
– Quoi ? Mais qu’est ce que tu fais dans ce coin là, à cette heure-ci de la nuit ?
– Je me baladais.
– Ma parole, tu as perdu la tête. Bon, ne bouge pas, je vais appeler une escorte pour te ramener chez toi, mais tu me dois des
explications.
– Oui, maman. »
Elle raccrocha, visiblement énervée, ce qui était compréhensible : les gens de l’élite n’étaient pas censés se promener dans ce genre d’endroit.
Si ça se savait, sa réputation en prendrait un sacré coup. Il attendit patiemment et au bout de cinq minutes environ, un patrouilleur de la police arriva à sa hauteur ; il s’agissait d’un
petit robot juché sur une moto à aéropropulseur qui permettait de voyager rapidement partout dans la ville.
« Vous-ê-tes-E-than-Wa-de-ker ? demanda le robot de sa voix métallique.
– Oui, c’est moi.
– Veuil-lez-en-trer-vo-tre-car-te-d’i-den-ti-té-dans-la-fen-te. »
Ethan soupira et fouilla dans sa poche pour trouver un bout de plastique que l’on appelait carte d’identité et obéit aux instructions de la
machine.
« I-den-ti-té-con-fir-mée-veuil-lez-mon-ter-sur-la-pla-ce-ré-ser-vée-aux-pas-sa-gers »
Il s’assit derrière le robot et attacha sa ceinture. Le policier vérifia que son passager était bien installé puis appuya sur un bouton :
l’engin décolla du sol et monta à une vitesse vertigineuse vers les sommets de la ville, zigzaguant entre les différentes lignes du monorail avec une habileté remarquable, puis stoppa devant le
balcon d’Ethan.
« Vous-ê-tes-ar-ri-vé-à-des-ti-na-tion-la-po-li-ce-de-Tech-no-po-lis-vous-sou-hai-te-une-bon-ne-soi-rée-
et-vous-rap-pel-le-q’il-est-dan-ge-reux-de-cir-cu-ler-dans-les-bas-é-ta-ge-la-nuit-
veuil-lez-des-cen-dre-du-vé-hi-cu-le-mer-ci. »
Ethan obéit sans discuter et regarda la petite machine filer vers le pilier nord. Cette soirée avait été probablement la pire de sa vie et, à bien y
réfléchir, il aurait dû s’en douter. Ce n’était pas parce qu’il s’appelait Wadeker et qu’il faisait partie de l’élite que tous étaient à ses pieds, cette fille lui avait rappelé de façon assez
brutale. Celle-là, il lui en voulait : il voulait juste discuter avec elle et cette garce, pour le remercier de sa sollicitude, lui avait dérobé son passe et détruit son estomac qui le
faisait encore souffrir.
Il se rendit dans sa chambre et s’écroula sur son lit où il s’endormit presque instantanément, malgré la rage dont il était la proie.
—–       
            Elle regarda autour d’elle et, après s’être assuré qu’il n’y avait personne,
poussa la porte qui donnait sur un petit hangar. A l’intérieur, une immense hélice tournait sans cesse, produisant de l’électricité pour toute la ville et occasionnant tout un tas d’étincelles
bleues inoffensives mais impressionnantes. C’était dans cette pièce qu’ils avaient décidé de s’installer, parce que personne ne viendrait les y chercher et quand ils auraient tout le matériel
dont ils avaient besoin, ils feraient exploser l’hélice.
Elle retira son masque et alla rejoindre Juan, qui était le chef des rebelles avant son arrivée. D’origine latine, il avait eu la chance d’être
naturalisé dès sa naissance, sinon, il aurait fait partie des esclaves à l’heure actuelle. Cependant, ses cheveux bruns, son teint hâlé et ses yeux noirs lui causaient pas mal de problème :
à cause de l’esclavagisme, la plupart des américains pure souche avaient développé des sentiments xénophobes très forts et tous les exclus qui semblaient être étrangers étaient considérés comme
des esclaves en fuite. D’ailleurs, dans leur groupe, ils avaient aidé un couple de chinois à s’évader et les cachaient dans leur hangar.
Maria, la sœur de Juan vint les rejoindre.
« Qu’est ce que tu as ? Tu es toute débraillée.
– Oh, ce n’est rien. Regardez plutôt ce que je vous ramène, dit-elle fièrement en exhibant le passe volé. Ce Wadeker est un vrai crétin : il
voulait discuter. Je lui ai pris son passe vite fait et je l’ai laissé sur le bitume.
– Il t’a reconnue ? s’enquit Juan.
– Il se doute que je ne suis pas une exclue, mais je ne crois pas qu’il sache qui je suis précisément. Tu sais, ce n’est pas parce qu’on fait partie
de l’élite qu’on se fréquente.
– Tu es pourtant un des meilleurs partis de la ville, remarqua Maria, il a peut-être vu ta photo dans les journaux.
– C’est vrai qu’en étant la fille d’Hank Antelwort et la belle-fille de Nicholas Geller, on passe difficilement inaperçue. Tu devrais faire
attention, Oceany : s’il te reconnaît, il risque de te dénoncer et tout ce que nous aurons fait jusqu’ici n’aura servi à rien.
– Ne t’en fais pas, Juan, il ne me reconnaîtra pas et si jamais il me dénonçait, je nierais, c’est tout. Réfléchis : avec mon nom, je ne risque
absolument rien.
– Ca nous fait deux passes pour les sommets avec le tien, on va pas aller loin avec ça, soupira Maria.
– Ne désespérons pas, on va y arriver. De toute façon, on n’est pas encore prêts, il ne faut pas se précipiter. Il va falloir que je rentre, on
pourrait s’apercevoir de mon absence.
– Je te ramène, proposa Juan.
– OK . Demain soir, je vais essayer de chiper quelques passes, durant les fiançailles de ce cher Wadeker. Avec de la chance, on pourra réaliser
notre plan plutôt que prévu. Et restez sur vos gardes. »
Elle fit un signe de la main pour saluer ses complices, puis suivit Juan jusqu’à un recoin du hangar où ils avaient planqué les trois motos à
aéropropulseurs qu’ils avaient volés à la police. Ils étaient en train de s’installer quand Mai-Li, la Chinoise qu’ils avaient sauvée vint les rejoindre. Mai et Oceany étaient devenues très
proches au fil des mois et se comportaient presque comme deux sœurs, toujours inquiètes l’une pour l’autre. Faire partie des rebelles n’était pas sans danger.
« Maria m’a dit que tu t’étais battue, ça va ?
– Ouais, je l’ai mis K.O dès le premier round. Tu sais, les membres de l’élite qui font du karaté, ça court pas les rues, et puis, j’ai gagné un
passe pour les sommets ! Je vais essayer d’en voler quatre autres, demain, à la réception, comme ça, on pourra envoyer notre commando spécial.
– Fais attention à toi, d’accord.
– T’en fais pas, tu risques plus ici que moi là-haut. Fais attention : il ne faut surtout pas que l’on te voie.
– Ne t’inquiète pas pour moi, je suis habituée à me terrer. »
Elles s’étreignirent affectueusement et se quittèrent avec regret quand Juan mit le moteur en route. Oceany salua son amie de la main, puis
s’accrocha au torse puissant de son chauffeur ; elle était inquiète pour Mai-Li, elle n’avait pas une très bonne mine : l’air ambiant était chargé d’électricité, ce ne devait pas être
très bon pour leur santé, mais ils n’avaient pas le droit de sortir, car ils risquaient d’être rattrapés par la police qui les recherchait depuis quatre mois.
La moto s’éleva dans les airs et fonça vers le sommet ; grâce au passe d’Oceany et celui qu’elle avait dérobé à Wadeker, ils pouvaient passer
n’importe où sans déclencher les alarmes…Bientôt, ils en auraient assez pour envoyer cinq d’entre eux au sommet pour réaliser le plan qu’ils avaient mis sur pieds presque un an plus tôt, quand
ils avaient découvert que Technopolis n’était pas le paradis qu’on leur avait promis.
Juan se posa à côté du balcon de la jeune femme et mit la moto en mode « lévitation automatique » ; elle descendit du véhicule et
vérifia qu’il n’y avait personne aux alentours.
« Merci de m’avoir raccompagnée.
– De rien : j’aime bien me balader en moto et je déteste te savoir seule.
– Je ne risque rien, tu le sais bien. Dans cette ville, ce sont nous, les bandits.
– Ouais, mais on n’est pas les seuls : on a fait des émules ! Chacun veut son passe pour les sommets, pour voir enfin le soleil briller
dans le ciel.
– Dire que je croyais que le soleil brillait pour tout le monde pareil. Dans cette foutue ville, seuls les privilégiés peuvent en profiter. Cette
société est pire que l’ancienne, je crois.
– Moi, j ‘en suis sûr. Bonne nuit, Oceany.
– Bonne nuit, et fais attention en rentrant : ne casse pas la moto en faisant l’idiot. »
Il sourit et lui adressa un coup d’œil complice avant de remettre les gaz et de filer. Elle observa un instant le discret sillon que laissa
l’appareil derrière lui, gardant en mémoire les quelques instants passés en compagnie de son complice. Il ne la laissait pas indifférente et elle savait ce sentiment réciproque mais il tait
inutile d’espérer quoi que ce soit. Outre le fait qu’un amour entre un exclu et un membre de l’élite était très difficile, voire impossible, il fallait se concentrer sur l’essentiel. La lutte
contre le pouvoir n’était guère propice aux amourettes.
Elle soupira et rentra dans sa chambre, luxueusement décorée au milieu de laquelle trônait un immense lit à baldaquin. Pour créer les appartements de
l’élite, les architectes s’étaient inspirés du Château de Versailles et la rumeur prétendait même qu’il existait des passages secrets. Mais elle en doutait sérieusement : quel intérêt de
pouvoir aller d’un appartement à un autre ? Aucun. Elle retira sa combinaison qu’elle rangea dans son coffre fort et enfila sa nuisette en soie dorée ; tout respirait le luxe, dans
cette pièce, jusqu’à ses sous-vêtements : on affichait sa supériorité jusqu’au bout, ça en devenait ridicule. Elle haïssait cette ville et le système qu’elle imposait à ses habitants, même
si elle était du bon côté des choses. Elle avait eu beau se voiler la face durant les premières années, aujourd’hui, elle ne pouvait plus fermer les yeux : cette société était totalement
inégalitaire et ils étaient tous prisonniers de Bill Oxford et de ses collaborateurs.
Elle s’allongea sur le dos et observa un instant le voile tendu au-dessus de son lit qui bougeait légèrement, mu par une petite brise provoquée par
les immenses hélices du rez-de-chaussée. Juan, Maria, Mai et son compagnon Myo…ils devaient tous vivre, ou plutôt survivre, dans des conditions ignobles pour permettre à l’élite d’avoir un cadre
de vie agréable .Pourraient-ils changer tout ça ? Elle n’en était pas sûre, mais elle voulait essayer, quitte à en mourir. De toute façon, sa vie n’avait aucune valeur à ses yeux. Si elle ne
se battait pas avec les rebelles, elle n’était qu’un pauvre pantin articulé par la poignée de dirigeants, ce n’était pas une vie. Son père avait été un héros, elle devait se prouver qu’elle
n’était pas une lâche comme tous ces élitaires dont la volonté avait été étouffée par tout ce faste, ces réceptions qui ne rimaient à rien et toutes ces constructions pharaoniques…mais bientôt,
les Anges qui maintenaient la bulle de verre au-dessus de leur tête deviendraient les Anges de la Justice et Oxford payerait pour tout le mal qu’il avait fait, elle se l’était juré.

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Mars et Venus ne se rejoignent jamais ou presque

Par Tatiana
Aujourd’hui j’ai décidé de rebondir sur un article de Nina, précédemment publié, sur la psychologie masculine, en donnant moi aussi mon avis sur cette épineuse question. Cette idée m’est venue ce WE en parlant avec le copain d’une de mes amies. C’est d’autant plus d’actualité qu’aujourd’hui, au moment même où j’écris ces lignes, je suis en train d’attendre des news d’une personne de la gente masculine qui met beaucoup trop de temps à mon goût à se manifester, et j’ai deux de mes amis masculins qui ne répondent ni aux mails ni aux messages en ce moment (ça fait plaisir là, je me sens pas du tout rejetée).

Ce WE j’étais à Grenoble chez Sandra, qui vit là-bas depuis 4 ans (ou 5 peut-être). Après un samedi après-midi shopping, activités hautement parisienne et féminine – oui, parce qu’à Grenoble (ou Gre pour les habitués de cette ville) on ne fait pas du shopping le WE mais du sport, et d’ailleurs moi je fais un peu figure d’hérétique en tant que parisienne qui va là-bas mais pas pour faire du ski. Donc, après notre shopping nous avons rejoint son tendre et cher dans un café pour papoter un peu. Au passage le café était très sympathique : décors très tendance et le capuccino vous est servi avec des gâteaux et de la chantilly dans un petit ramequin à part. Nous voilà partis à parler de tout et de rien et plus précisément de ce que nous allions faire le soir : un resto entre nanas. Sandra propose à sa moitié de venir mais comme de par hasard il nous dit qu’un mec avec 4 nanas ca va pas vraiment le faire, et que ces messieurs risquent d’en prendre pour leur grade, genre « tous des salauds… ». Là je lui réponds que non peut-être pas aussi poussé mais que quand même y a des fois où il sont franchement maladroits ces hommes. Là, il sourit et me dit qu’ils pensent la même chose de nous. C’est à ce moment précis que j’ai été interpelée par ce fait : les hommes et les femmes ne se comprennent pas mais pensent la même chose. Pourquoi n’arrivons nous pas à nous comprendre mutuellement ? Vaste question sur laquelle je pense qu’il n’y a pas de réponse, mais seulement des exemples d’incompréhensions qui glissent sur des quiproquos voire des conflits stupides qui n’auraient pas lieu d’exister.

Premier exemple : depuis ce matin j’attends (désespérément je l’avoue) qu’un homme me donne de ses nouvelles car il est rentré de vacances et silence complet. Bien sûr tout de suite je me dis « ça y est il en profite pour faire le mort, le lâche ! le con !…». c’est vrai cette solution est peu être envisageable, mais avant de m’écrier à la trahison je ferais peut-être bien de me renseigner sur ce qu’il en est réellement car très souvent il y a une raison et l’on s’énerve pour rien. Imaginons que je décide de lui envoyer un mail d’insultes bien construites qui lui explique la manière dont je le perçois en ce moment. Si je me trompe, là c’est sûr il va mal le prendre et du coup il va s’énerver, moi je vais m’énerver et on aura gagné une engueulade, voire une rupture définitive. Car de son point de vue il ne voit pas où est le mal, donner de ses nouvelles aujourd’hui ou demain quelle différence ? Ici est le cœur du problème : les hommes ne pensent pas comme les femmes et inversement. Mais pourquoi sommes nous faits ainsi ?

J’entends très souvent mes amis mâles me dirent que nous sommes trop exigeantes (et là je cite une personne bien précise) : nous voulons un homme doux et violent à la fois, sûr de lui et timide à la fois, viril-poilu et épilé intégralement à la fois, bavard et muet comme une carpe à la fois, vieille école et sex toys/new sex à la fois, et je m’arrêterai là car la liste était encore longue. Mais messieurs je peux vous retourner la pareille car vous voulez une femme qui soit amie, amante et mère à la fois, il faut qu’on soit toujours disponible quand vous voulez nous voir mais il faut pas que l’on soit trop sur vous et qu’on exige trop de vous. Il faut que vous sentiez qu’on vous aime mais faut pas non plus tomber dans les « je t’aime » toutes les deux minutes. Bref, tout autant de paramètres à gérer qui fait que nous aussi on a des tendances schizophrènes.      

Autre exemple, hier (oui nous sommes un jour plus tard depuis le début de mon article) en plus de ne pas avoir eu de nouvelles de M. X je me suis pris un vent monumental par mes anciens collègues de boulot avec qui je voulais manger aujourd’hui. Je leur avais envoyé un mail et pas de réponse. Donc le soir, j’envoie un deuxième mail en disant que vu que pas de réponse, pas de déj. Car je viens pas sans confirmation, moi, imagine qu’ils soient pas là ou autre chose. Et ce matin je reçois un mail de l’un d’eux qui me dit « ben pour moi c’était ok… » voilà encore une nouvelle fois la démonstration de nos différence de formatage cérébral. Pour eux, le fait de ne pas répondre ça voulait dire ok, mais comment j’aurais pu le deviner ??? N’étant pas madame soleil je ne sais pas encore passer par le réseau internet pour atteindre le cerveau des gens.

Alors comment faire pour se comprendre ? La seule solution semble être que chacun dise explicitement ce qu’il ressent à chaque fois afin d’éviter tout malentendu. Mais cela deviendrait vite invivable. Toujours en illustration, les fameuses phrases du genre « non c’est pas la peine de m’appeler » alors que nous la seule chose qu’on attend c’est que vous nous appeliez. En fait c’est très simple, la plupart du temps quand on dit ce genre de chose on le pense vraiment, enfin à la base. Mais c’est pas pour autant qu’on vous interdit de nous appeler (ou autre chose) au contraire si vous le faites sans qu’on vous l’ait suggéré c’est encore mieux. Mais si vous le faites pas là c’est plus ou moins le drame car entre temps on se dit « ah mais il appelle pas, d’accord je lui ai dis de pas le faire mais c’est pas une raison, il tient pas à moi… » – oui je sais, l’imagination féminine a cette merveilleuse capacité d’emphase que l’on aime tant.

 

Entre temps j’ai reçu une réponse de ce fameux (et mystérieux) M. X. Réponse chaleureuse qui explique le pourquoi de sa non manifestation plus tôt, mais qui n’a pas du tout l’air de rendre compte que moi de mon côté je me suis fait tout un tas de films noirs, du genre le pire du pire. Il ne le saura jamais d’ailleurs car je me vois mal lui faire une scène parce qu’il a mis un jour de trop à m’écrire. Vu que lui il ne sait pas tout ce qui m’a traversé l’esprit, il comprendrait rien du tout à ce que je pourrais lui dire, et je passerai pour une folle hystérique alors que bon quand même c’est pas mon cas je vous assure. Mes deux autres amis se sont eux aussi manifestés entre hier et ce matin, donc finalement tout est rentré dans l’ordre.

Les rêves, reflet de mon esprit dérangé

S’il y a truc qu’on ne peut nier, c’est mon imagination débordante et des fois, ça envahit mes nuits. Je fais des rêves bizarres, ça, c’est un fait et les gens rigolent beaucoup quand je les raconte. Certains sont de véritables films ou romans dont je suis l’héroïne. Oui, c’est marrant, je ne suis pas moi dans mes rêves ou plutôt, je suis une actrice qui joue dans un film ou évolue dans un livre. Parfois, je suis même l’héroïne du roman que j’écris, bonjour la mise en abîme ! Faut dire qu’il y en a, ce sont de vrais scénarios extrêmement alambiqués.

Plus jeune, mes cauchemars reflétaient mes peurs primaires. Par exemple, je me trouvais souvent dans un avion qui s’écrase (ou je me prends un avion dans la gueule, pas de chance), un ascenseur qui tombe ou je me faisais attaquer par des serpents. Pour les Freudiens, je précise que mes serpents avec une grosse tête avec plein de dents et une petite queue. En grandissant, ma peur des serpents a disparu, sans doute parce que j’ai déménagé dans la grande ville et que la friche à côté de ma grand-mère qui grouillait de couleuvres a laissé place à de sales immeubles. Ca me fait penser à une chanson de Polnareff, tiens… Pour les ascenseurs, pareil…

Par contre, les avions, ça reste. L’autre nuit, par exemple, je rêvais que je montais avec Anne dans un vieil appareil tout pourri avec des sièges en cuir genre RER et de vieilles ceintures, je donnais mon ticket de train pour que le contrôleur le poinçonne puis je montais dedans. L’avion décolle, gniaaaaaan ! A un moment, allez savoir pourquoi, je sors de mon corps et de l’appareil et je découvre qu’il est en train de voler à l’envers… Là, je me dis que l’avion, ça fait moins peur à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mais en fait, l’avion était en panne, il plane en attendant que ses moteurs s’arrêtent et là, il tente un atterrissage en catastrophe et évidemment, il s’écrase. De là, je me retrouve à l’hôpital en train de visiter Anne et là, je regarde les infos et j’apprends que je suis morte donc je vais dans les décombres pour essayer de retrouver mon corps. Sinon, dans le genre « les avions dans les rêves de Nina », l’histoire de l’avion qui menace de se crasher sur Paris. Donc nous voilà en famille sur Paris dans un resto chinois (hautement improbable, mes parents n’aiment pas ça). Il y a donc papa, maman, Anthony, Alice et moi. Ma mère se casse faire des courses aux Halles et pendant que mon père consulte le menu, Anthony, Alice et moi nous promenons devant le resto. Soudain, alarme : un avion menace de s’écraser sur la ville, pile là où on est, évidemment. L’avion, encore à l’envers, rase le sol une première fois, on se couche par terre puis on se cache dans le hall d’un immeuble et je dis à Anthony et Alice qu’il faut rentrer dans l’immeuble et monter à l’étage pour éviter l’effet de blast. Anthony (pompier de son état) se fout de moi mais on fait ça, on rentre dans l’immeuble, on se recroqueville à l’étage et finalement, l’alerte est levée, on rejoint mon papa, toujours en train de consulter son menu. Imperturbable, le papa.

A propos de ma sœur et des rêves récurrents. Souvent, je rêve que je suis juive pendant la deuxième guerre mondiale donc je dois me cacher. Et je me retrouve toujours dans un immeuble désaffecté avec un grand escalier en pierre. Je rêve aussi souvent que je fuis les autorités et dans ce genre de rêve, la seule personne de ma famille présente, c’est ma sœur. Sinon, dans la série famille, ces derniers temps, je me retrouve affublée d’un petit frère, un bébé MINUSCULE, il tient dans la main… Je sais pas d’où il sort, celui-là !

Sinon, en ce moment, j’ai deux rêves récurrents. Le premier je suis enceinte ou j’accouche. La dernière fois, je rêvais que j’accouchais dans mon lavabo (très confortable comme lieu d’accouchement, tiens), mon père faisant office d’obstétricien, ma mère de sage-femme. Fascinant. Le bébé, une fille (d’habitude, un garçon), un truc bizarre que je pose sur le rebord du lavabo une fois née. Je suis contente, elle a les yeux verts et l’accouchement se passe extrêmement facilement, même pas mal. D’ailleurs, on en parlait après avec mes parents, nous étions tous fiers du travail accompli (et ma pauvre gosse neurasthénique toujours sur son rebord de lavabo). Sinon, l’autre nuit, je rêvais que j’étais enceinte, d’un garçon cette fois, mais il voulait pas venir le bougre, il avait trois jours de retard et je me promenais avec mon gros bide, je prenais le train et je racontais cette histoire à Bertrand (qu’est-ce qu’il foutait là, lui ?). Tiens, ça me fait penser que je rêve souvent de trains, aussi.

Sinon, dans la série rêves très récurrents : je repasse mon bac. Ah, celui-là, je le fais tout le temps ! Je suis extrêmement angoissée par l’épreuve d’allemand, vu que je ne parle plus un mot de cette langue. C’est curieux car pour mon bac, le vrai, j’avais pas stressé du tout, pourquoi ce rêve revient donc fréquemment ? La nuit dernière, j’ai rêvé que je devais passer le bac mais en série ES (j’ai le L). J’expliquais à un métis trop miam miam que je passais cette série pour ajouter un plus à mon CV… Non mais c’est dingue ça ! Mais c’est plus souvent l’allemand qui ressort, quand même, cette foutue épreuve qui me glace le sang j’arriverai pas à faire illusion, je ne sais plus rien dire. Ich spreche nicht deutsch ! I can do my work in english ? Non? Va te faire voir.

Sinon, les rêves les mieux, ce sont ceux plein d’amour. Il y a des moments dans la vie où je suis amoureuse de mecs qui ne sont pas (encore ?) mien. Dans les rêves tout est permis… Et ben non, en fait. Je me souviens, quand je craquais sur Fabien, le vilain démon tentateur, dans mes rêves, il y avait toujours le « tu n’as pas le droit ». Les caresses et attentions tendres étaient nombreuses mais je n’ai rêvé qu’une fois d’une brouette avec lui car généralement, même dans mes rêves, je me l’interdisais… Ah, mon surmoi est très puissant, ma foi. Mais ces tendres baisers déposés sur la joue, sa manie de me prendre dans ses bras, juste comme ça… Et les : « non, il ne faut pas ». Merdouille ! Encore récemment, je rêvais d’un gars comme ça, pas disponible pour moi, je me contentais de le serrer contre moi, de lui chuchoter de belles paroles et même, audace suprême, de l’embrasser sur la joue… Bon, j’avoue, je l’ai aussi un peu embrassé sur les lèvres mais pas trop, car pas le droit.

Par contre, quand je craque sur un célibataire, mes rêves sont autrement plus explicites. Quand je craquais sur Julien, je me souviens très bien d’un rêve où il m’emmenait chez lui me présenter sa famille, très gentille, d’ailleurs. A un moment, on se retrouvait à s’embrasser passionnément sur un tapis, c’était torriiiiiiiide. Pareil pour Bertrand après ma rupture avec Guillaume mais je me souviens moins là.

Curieusement, mes rêves érotiques (hé oui), je les fais extrêmement rarement avec quelqu’un que je connais, même si ça arrive. Le plus souvent, ce sont des inconnus, pas forcément dotés de visages. Même un homme que je désire, je rêve rarement d’une brouette avec lui, peut-être parce que, psychologiquement, je ne veux pas imaginer, j’en sais rien… Mes rêves érotiques sont par contre très crus, pas de fioriture, on en vient à l’essentiel… Des fois, y a de la baise au milieu de rien, comme ça. Et chose merveilleuse, il m’est déjà arrivée de me réveiller juste après ce genre de rêve car je venais d’avoir un orgasme. La puissance de l’esprit m’étonnera toujours, que de sensation on peut avoir en rêve, la douceur de lèvres, le grain d’une peau, la puissance d’un sexe masculin dans le mien… ou ailleurs.

Donc je rêve, beaucoup. Et même, quand je suis amoureuse d’un homme qui n’est pas (encore) mien, je m’accorde quelques siestes pour espérer le retrouver dans mes rêves et partager de délicieux moments avec lui… En attendant que ça soit enfin la réalité. Mais souvent, ce genre de rêve me rend nostalgique, après, je ne cesse de ressasser et je suis un peu triste que ça ne soit pas la réalité. A moins qu’ils ne soient prémonitoires !

Faut-il être prude ou chaude pour séduire ?

En tant que fille, je me pose toujours des questions essentielles. Et comme je suis sympa, je partage ça avec mes copines, les plongeant dans des considérations ésotériques et des
abysses insondables de perplexité. Oui, aujourd’hui, j’ai envie de faire mon intello avec des mots de plus de deux syllabes.

 


 

Bon, passons ces délires verbaux et étudions ensemble ma dernière question existentielle en matière de séduction : pour séduire un homme, quelle image donner de soi ? Ou plutôt quelle genre de nanas fait craquer les hommes. Faut-il se la jouer prude ou, au contraire, pro du sexe ? La question peut paraître saugrenue mais non.

 

Posons l’équation : d’un côté, Nina, ENCORE 25 ans (non mais !), célibataire et disponible. De l’autre, des hommes. Le premier se vante, il a couché avec la moitié de la planète et connaît des positions du bout du monde. Mon verdict : peut-être pour une nuit mais guère plus. Un mec qui a eu autant d’aventures (si tant est que ce soit vrai) ne va pas se caser si facilement, même avec la meilleure maîtresse du monde (je ne parle pas de moi, là). Donc, bof. Le second est la pudibonderie réincarnée : aucune vie sexuelle déclarée, ce qui ne veut pas dire qu’il en a pas mais visiblement, il n’est pas porté sur la chose. Certes, un couple n’est pas basé que sur le sexe, c’est pas pour autant qu’on va s’en passer. Le problème, c’est que ce qui en disent trop et ce qui n’en disent rien, difficile de savoir si on ne sera pas déçue par le premier et surprise par le second. Mais idéalement, il me faut une moyenne des deux : un mec qui a suffisamment vu du pays pour pas se servir de moi pour en apprendre plus et me jeter après mais pas un obsédé de la quéquette qui a besoin de changer de copine tous les 15 jours… Maximum.

 

Donc, de là, raisonnement inverse : comment me comporter pour séduire. Bon, honnêtement, je suis pas du genre à jouer les Saintes vierges la vertu, sans pour autant être
nympho à partager ma couche avec 15 mecs différents par mois. Seulement une fille un peu exubérante niveau sexuel ne risque d’elle pas de faire fuir les hommes.


Entre en scène Brad 1. Sans être puceau, Brad 1 n’a pas eu beaucoup de partenaires sexuelles, bien qu’il soit beau comme un Dieu. Est-ce que mon passé sexuel, qui n’est pas si impressionnant que ça quand même, ne risque pas de le castrer un peu ? Je ne suis pas un mec donc je raisonne peut-être par l’absurde mais certains mecs ne peuvent-ils pas être vexée que leur petite amie ait eu plus de partenaires qu’eux donc, a priori, plus d’expérience. Bon, très honnêtement, je ne pense pas que la quantité fasse la qualité mais je me pose quand même la question. Donc si je veux sortir avec Brad 1, faudrait peut-être que je diminue le nombre de mes partenaires.

 

Entre en scène Brad 2. Lui non plus n’a pas beaucoup d’expérience et, justement, il est avide d’apprendre. Donc il se dit qu’une fille qui a couché avec plus de trois mecs (moyenne nationale) amatrice de certaines pratiques pas pratiquées par toutes pourra lui apprendre plein de trucs. Mais le problème de Brad 2, c’est qu’une fois qu’il se sera bien amusé, il s’envolera car de toute façon, il n’est pas sorti pour mes beaux yeux azur mais juste pour s’amuser. Pour séduire Brad 2, il faudrait donc qu’au départ, j’exagère un peu le nombre de mes expériences, même si je me fais plaquer à l’arrivée.

 

Bon, on peut multiplier les hypothèses à l’infini mais la question reste : être prude ou être cochonne ? Sage ou libérée ? Et surtout, comment savoir si le Brad que l’on convoite va être intéressé par l’une ou l’autre de ces versions ? Il y a quelques temps, j’avais fait un article sur la virginité, expliquant que certains mecs préféraient les vierges car elles ne pouvaient pas comparer avec un autre partenaire. Soit. Mais plus on avance dans le temps et plus il est difficile de trouver des vierges. Par ailleurs, je vais pas me faire recoudre l’hymen pour faire semblant. J’ai un passé dont je ne rougis ni ne me vante car le passé est le passé, justement et qu’au fond, ça ne veut rien dire. J’ai presque appris plus avec mon premier amant qu’avec tous les autres réunis. Oui, bon, certes, je ne pouvais qu’apprendre avec lui puisque j’étais vierge mais les expériences furent très nombreuses. Par contre, j’ai appris quelque chose avec Guillaume 1er que je n’aurais pu apprendre ailleurs : que le sexe quand on aime, c’est encore meilleur. Et ça, je n’aurais pas pu l’apprendre avec 50 amants d’un soir, voire d’une semaine. De toute façon, chaque amant a quelque chose à nous apporter puisqu’on ne fait pas l’amour de la même façon selon la personne qui se trouve en face de nous. On peut appliquer les mêmes techniques et les mêmes positions, il y a toujours de l’inédit. Donc mes Brad, ils n’ont pas à rougir de n’avoir couché qu’avec deux filles dans leur vie mais ça, faut arriver à leur faire comprendre.

 

Quelque part, je trouve ça assez curieux cette espèce de défi statistique. Je parlais l’autre jour avec un gars qui a passé près de 10 ans avec sa petite amie, elle fut sa première
partenaire et il me fit remarquer : « j’ai peut-être eu qu’une partenaire dans ma vie mais au nombre de brouettes, je n’ai pas à rougir. » Ben, c’est pas faux. Je ne sais pas combien de fois j’ai fait l’amour avec Guillaume 1er puisque Dieu merci, j’ai pas passé quatre ans et demi à tenir des compte mais on explose largement la centaine, voire les cinq cents, voire les mille… Oui, après calcul, 4 ans faisant 1460 jours, on doit effectivement être plus proche des mille mais peu importe. J’ai donc fait l’amour plus de fois avec lui qu’avec tous les autres réunis mais que retiendra-t-on ? Si je dis que je n’ai couché qu’avec deux hommes dans ma vie, ce qui était le cas après ma rupture avec Guillaume 1er, on va me regarder comme une mère la vertu. Je dis que j’ai eu une dizaine de partenaires, hop, je suis l’experte en sexe de service. En plus, franchement, une dizaine, c’est rien du tout, si on considère le nombre de mecs qu’une fille peut connaître intimement entre 18 et 25 ans. Oui mais voilà, c’est toujours ce chiffre du partenaire que l’on retient. Et c’est celui qui attirera sans doute Brad 2 et fuir Brad 1.

 

En juin, j’avais dîné avec une copine qui se vantait d’une vie sexuelle bien remplie (elle fait l’armée, ça aide…) et elle me dit : « tu vois, j’ai eu 15 partenaires sexuels dans ma vie, je peux me caser maintenant. » Bon, vu ce qu’elle racontait, je pensais qu’elle en avait eu bien plus mais elle soulève un point important. Au lieu de croire qu’un nombre (relativement) élevé de partenaires n’indique-t-il pas au contraire que la demoiselle, ou le monsieur, a enfin envie de se caser, ayant eu l’occasion de rouler sa bosse, si j’ose dire ?

 

Mais au fond, pour choisir entre Brad 1 ou 2 ou un autre Brad, le seul critère n’est-il pas justement que Brad s’en fout du nombre de partenaire que j’ai eus ? Car au fond,
c’est moi qu’il est censé aimer, pas ma vie sexuelle.

 

Paris vs province

Aujourd’hui, je ne parlerai pas de sexe, désolée pour les obsédés. Non, en ce jour, je vais parler boulot et surtout études.
 

L’autre jour, je parlais avec ma sœur sur MSN, nous causions boulot, pour changer. Oui, Alice et moi adorons nous faire du mal en pleurant sur nos diplômes provinciaux qui n’ouvrent aucune porte. Regardons un instant mon CV : un bac littéraire (avec mention, siou plaît !), une maîtrise d’histoire (toujours avec mention), une maîtrise de science po (idem) et un master de journalisme (toujours pareil). Bon, on ne peut pas dire que je sois une bille en études. Bon, évidemment, un diplôme en soit ne veut rien dire. Par exemple, en science po, il suffisait d’étudier pour réussir, rien d’insurmontable. De même en journalisme : on a tous cartonnés en modules techniques et les cours, il suffisait à peu près de recracher, sauf quelques rares exceptions. Mais tout ça pour dire que les formations que j’ai suivies, je les ai réussies avec brio. Et pourtant, chômage. A côté, prenons un étudiant d’une école de journalisme de Paris non reconnue par la profession parce que, faut dire ce qui est, certaines sont profondément merdiques. Par exemple, en tant que chef de rubrique sur un webzine, je dois gérer plusieurs pigistes. L’un d’eux, en deuxième année d’ISCOM me rendait chaque mois des petites brèves insolites, soit. Un soir, alors que je montais sur dreamweaver ce qu’il m’avait rendu, quelque chose me turlupine. J’ai déjà lu ces articles. Un petit tour sur le net et mon sang se glace : ça fait trois mois que ce con me rend des copier/coller de dépêches AFP ! J’en informe de suite le directeur de publication qui refuse donc de publier la prose copiée du jeune homme. Oui, sans être une pro du droit d’auteur, je sais qu’on n’a pas le droit de copier un texte qui n’est pas de nous et le signer de notre nom !

 

Agacée, j’envoie donc un mail au jeune homme, insistant sur les retombées dramatiques qu’il y aurait pu y avoir si quelqu’un s’en était rendu compte. Et là, le mec me répond : « ah mais je savais pas, tu ne me l’avais pas dit ! ». Non mais je rêve ! Ce mec suit des études d’info/comm dans une école à 4500 euros l’année minimum et il ne sait même pas ça ? C’est moi, pauvre étudiante en journalisme qui doit lui apprendre les règles de base ? Et pourtant, quand un employeur verra nos deux CV, il aura plus de chance d’être pris que moi car lui, il a fait une école parisienne.

 

Le problème ne touche pas que le journalisme. Ma sœur a fait commerce : 3 ans dans une école de gestion et de commerce dans notre ville natale où elle a fini major de sa promo, deux ans d’ESC à Toulouse. Bon, vous le savez peut-être pas mais un ESC, ce n’est pas de la merde. Il faut savoir que ma sœur a été reçue à TOUS les oraux des ESC qu’elle a présentée et a été admise à TOUS les oraux qu’elle a présenté sauf un (oui, pour elle, le négationnisme, c’était le fait de nier tout, elle n’avait pas fait de lien du tout avec l’Histoire donc bon). Et ma sœur qui n’est pas la moitié d’une abrutie n’aura pas un poste si elle se retrouve face à un mec qui sort d’une école équivalente mais parisienne.

 

Et là, je hurle mon indignation. Bon, la France est un pays globalement mal décentralisé, je ne le découvre pas aujourd’hui. Mais si les diplômes de province ne valent rien, autant fermer tous les établissements là-bas. Au nom de quoi une école parisienne vaudrait-elle mieux qu’une école provinciale ? Surtout qu’à Paris, des écoles de merde, il y en a, notamment en journalisme puisque c’est la filière que je connais la mieux. Serai-je toujours à la masse car mes parents n’ont pas eu le bon goût de me faire naître à Paris ? Ne trouverai-je que des postes minables parce que je n’ai pas eu mon bac à Henri IV et que je n’ai pas fait science po Paris ?

 

Au-delà du problème du diplôme, y a le problème du réseau. En février, je suis allée dîner avec Clara et un de nos camarades de promo qui continue joyeusement ses études plutôt que de chercher du boulot (si moi je suis surdiplômée, lui, je me demande ce qu’il est…). Et nous voilà à chouiner : « ben tu vois, un élève de telle école-de-merde (je suis généreuse, je cite pas), il trouvera plus facilement du boulot que nous parce que lui, au moins, il a un réseau. » Le mot est lâché : réseau ! Si je regarde dans mon carnet d’adresse, c’est pas brillant, il ne fourmille pas de journalistes parisiens, loin de là. Sur mon CV, une seule expérience significative s’est déroulée sur Paris et pas dans un grand journal. C’est ça qui me tue tout. Parce que, mine de rien, les journaux omettent souvent de passer des annonces pour recruter ou le font quand le poste est quasiment déjà pourvu, pour être en accord avec la loi. Or, moi, je ne connais personne qui m’appellera pour me proposer un poste vacant. Les candidatures spontanées ? Ah, ça, le « on garde votre CV en archives », je l’ai entendu mais si un petit journaliste chômeur connaît quelqu’un dans la rédaction, il passera toujours devant moi, même s’il sort d’école-de-merde et qu’il n’a fait qu’un stage à « Salut » ou « OK podium ».

 

Nous sommes bientôt au mois d’avril et là, je dois prendre une décision. Je suis incapable de savoir ce qui est le mieux pour moi donc tous les conseils que vous pourrez me donner sur le sujet seront les bienvenus. Et le thème est : « dois-je reprendre mes études ? ». En fait, l’IPJ (Institut Pratique de Journalisme) reconnu par l’Etat propose deux diplômes qui peuvent m’intéresser : le diplôme de l’école (on est pris sur dossier) et le master pro de journalisme (concours). Si je choisis le premier, j’ai encore le temps de décider mais pour le second, faut que je m’active : on révise pas un concours trois jours avant. Guillaume II m’a posé une bonne question : « mais tu vas apprendre quoi de plus ? ». Rien ou presque. Alors pourquoi ? Juste pour intégrer le réseau. Des cours de journalisme à Paris, ce sont des enseignants journalistes, ce sont à nouveau des stages obligatoires et des facilités pour intégrer une rédaction durant quelques temps.

 

Mais question essentielle : est-ce que j’ai vraiment envie de reprendre des études ? J’adore ça, les études, c’est pas le souci mais avoir deux master pro de journalisme sur mon CV, est-ce que ça va vraiment appâter le recruteur ? Car si je vire celui de Toulouse, je vais me retrouver avec un trou de deux ans dans mon cursus. Est-ce que j’ai envie de « reperdre » un an de ma vie pour apprendre ce que je sais déjà ? Je peux compter sur le soutien de mes parents, j’ai vaguement abordé la question avec ma mère qui m’a criée, la voix tremblante (oui, au téléphone, je ne vois pas les yeux plein de larmes) : « mais ma fille, si c’est ce que tu dois faire pour réussir, n’hésite pas ! ». Mais est-ce que je dois faire ça pour réussir ? Mon talent, si j’ose dire, se résume-t-il à un diplôme ? Non, certainement pas. Par ailleurs, si ce diplôme peut éventuellement m’ouvrir des portes, n’est-ce pas également un aveu de faiblesse ? Je ne suis pas capable d’ouvrir les portes avec mon CV actuel donc j’essaie de trouver une solution qui ne sera peut-être pas la bonne.

 

Donc, voilà, j’en suis là et ça me fatigue un peu. Dois-je céder au parisianisme ambiant pour arriver, enfin, à décrocher un poste ou continuer à me vendre malgré mes origines provinciales ? Plus j’y pense, moins je sais.

Le petit garçon

Par Gauthier

 

C’est l’histoire d’un petit garçon ordinaire. Il grandit dans une famille normale. À 2 ans, ses parents décident d’aller vivre en banlieue parisienne. Le petit garçon est sage et gentil. Il est peut-être plus timide que les autres, plus calme que les autres. Mais ses parents sont si fiers de tout ce qu’il peut faire, ils l’encouragent tout le temps. Le petit garçon est plus éveillé que ces camarades de classe, et au lieu de jouer avec ses copains de maternelle, il reste pendant les récréations pour dessiner avec la maîtresse. Très vite la maîtresse demande aux parents de venir, et devant le refus de leur fils de s’intégrer, ils décident de le faire passer dans la classe supérieure.

 

Dans sa nouvelle classe, il se lie d’amitié avec une gentille petite fille plus âgée que lui. Il la suit partout, il veut la protéger. Un jour un « grand », un méchant « grand », décide de soulever la jupe de la gentille fille devant tout le monde pendant la récréation. Le petit garçon s’enflamme en un quart de seconde, il fonce tête baissée, et envoie le « grand » dans le grillage. Le grand saigne et pleure devant tout le monde. Les maîtresses qui assistent à la scène convoquent encore une fois les parents du petit garçon. Tout le monde s’inquiète de ce geste. Alors les parents du petit garçon ont une idée…

 

Quelque mois plus tard, à l’orée de ses quatre ans, le petit garçon hérite d’un petit frère. En voilà une idée de génie ! Le petit garçon ne sera plus tout seul… Mais cette « nouveauté » se révèle très vite être très embarrassante. Un petit frère ça pleure, ça réclame l’attention toujours grandissante de ses parents, ça grandit et ça vient dans la chambre du petit garçon, ça déplace ses jouets, ça utilise ses jouets, ça gêne…

 

Un soir, la maman monte dans la chambre du petit frère, alors âgé de 3 ans, et surprend le petit garçon en très mauvaise posture. Il tient fermement la tête de son petit frère entre ses petites mains, et il a un genou posé sur sa nuque. La maman se fige, elle sait que si elle ne réagit pas convenablement l’aîné de ses fils peut, dans un geste qu’il ne contrôlera pas, qu’il ne comprendra pas, briser la nuque de son petit frère. Elle hurle… Le petit garçon lâche prise ne comprenant pas les cris hystériques de sa maman, et la baffe démesurée qu’il reçoit une fois que son petit frère touche le sol.

 

Outre ses petits problèmes domestiques, le petit garçon comble ses parents. Il réussit très bien à l’école, il n’a pas beaucoup d’amis, mais il est sage, il est poli, il est la fierté de ses parents. Alors que son petit frère est turbulent, agité, mauvais élève. Les parents ne se rendent pas compte, mais ils disent à leurs amis et à la famille que l’aîné est très intelligent et que le second est très beau. Dans la tête d’un enfant, ce genre de discours se transforme très vite, et devient « l’aîné est moche, le second est bête ». Les deux petits garçons en souffrent, chacun de leur côté, mais ils continuent à se détester, pour la forme tout du moins. Le petit garçon ne s’entend pas avec les autres petits garçons de son école, il ne joue qu’avec des filles, les filles sont plus gentilles avec lui, elles le comprennent. Le petit garçon ne sait pas jouer au foot, il joue à la marelle, le petit garçon ne sait pas jouer aux billes, il joue à la corde à sauter, le petit garçon ne sait pas espionner les filles dans les vestiaires, il joue à papa-maman.

 

Le petit garçon a une nouvelle petite copine, ils se font des bisous, à 7 ans il sait déjà qu’il faut introduire sa langue dans la bouche de la fille et tourner. Il ne comprend pas trop pourquoi, mais ça lui fait plaisir de le faire. Il ne comprend pas non plus pourquoi son zizi s’obstine à devenir tout dur quand il fait des bisous à sa copine. Ils promettent de se marier, ils auront trois enfants. Ils s’enfuiront tous les deux quand ils auront fini le CM2, pour éviter que le papa de la petite copine ne tue le petit garçon. Le papa est un ex-taulard, plein de tatouages, et un jour il a dit au petit garçon qu’il ne laisserait aucun garçon toucher sa fille. Le petit garçon a très peur, il touche déjà sa fille tous les jours.

 

Un matin pas comme les autres il arrive à l’école et la maîtresse vient lui dire que sa petite copine est parti vivre très loin. Le petit garçon pleure… Il se sent seul, il n’a que 8 ans, et il a le cœur brisé. Après ça le petit garçon ne sera plus jamais le même pense-t-il.

 

Il rencontre un petit garçon dans un repas d’entreprise de son papa. L’autre petit garçon n’est pas comme les autres, il vient lui parler, ils jouent ensemble, ils rient. C’est la première fois que le petit garçon s’amuse avec un autre petit garçon de son âge. Il est heureux. Les parents des deux petits garçons sont tellement contents de voir leurs progénitures, d’habitude si solitaires, s’amuser ensemble qu’ils décident de se revoir. Les parents se lient d’amitié, les petits garçons aussi. Les petits garçons grandissent ensemble, ils se voient très souvent, ils jouent au docteur ensemble, ils jouent à papa-maman, ils ont 8 ans et ils s’embrassent. Ils sont heureux.

 

Un soir, les parents du petit garçon entrent dans la chambre où les deux enfants dorment ensemble, ils sont tous nus dans le lit, ils ont 8 ans. Ils ne comprennent pas ce qu’ils font. Ils jouent, ils apprennent, ils sont innocents. Les parents hurlent, pleurent, donnent des baffes…

 

Les petits garçons ne seront plus jamais les mêmes, surtout un. Un jour, ils discutent, ils ont 12 ans maintenant, l’ami du petit garçon lui dit :

– Moi j’aime pas les pédés

– Mais on a été pédés nous ! répond le petit garçon.

– Non, on s’amusait juste…
– …

Le petit garçon pleure. Il ne comprend pas, il ne se comprend pas. Son corps change, il découvre l’excitation sexuelle, le désir, et ce désir, il ne l’éprouve que pour son ami, pourquoi ? « Les pédés, ils sont pas normaux, les pédés ils sont malades dans leurs têtes ». Le petit garçon n’est pas pédé, il est normal, il n’est pas malade dans sa tête, il est normal… Il aime son ami, il le désire, mais il doit se taire, il doit taire se qui le brûle de l’intérieur, ça passera.

 

Le petit garçon a 16 ans, il est en terminale, il est populaire, il a bien changé depuis son enfance, il est devenu beau, il n’a que des amies mais il s’en moque, les garçons sont toujours trop bêtes. Il sort avec la plus belle fille du lycée. Sa petite amie, plus âgée, lui demande de lui faire l’amour. Le petit garçon hésite, il ne l’a jamais fait encore. Mais il a envie. Il a oublié son amour pour l’autre petit garçon. Il franchit le pas, mais, après quelques semaines, quelque chose ne va pas. Le petit garçon se sent sale, il a envie de vomir, il ne supporte pas de toucher cette fille, si belle, si douce, si tendre. Non il ne peut pas. Il ne peut plus. Pourquoi ? Alors que tout se passait si bien, pourquoi il a tant envie de mourir ?

 

Une nuit le petit garçon se réveille en sursaut, il est en sueur, il tremble, et son cœur va exploser. Il vient de faire un rêve. Dans son rêve, il faisait l’amour à l’autre petit garçon, et il ne peut pas chasser cette idée de sa tête. Il doit savoir, il le faut, sinon il va devenir fou, il le sent, il est en train de franchir une autre ligne. Cette barrière qu’il avait refermé et tenté d’oublier lors de cette discussion, alors qu’il n’avait que 12 ans.

 

Le petit garçon décide d’attendre d’être à la fac. Il choisit un inconnu sur le net, et après plusieurs mois d’échanges, et deux séances de psy hebdomadaire pour le convaincre qu’il est « normal », il saute le pas. Il le fait. Il couche avec un homme. Il vient d’avoir 18 ans.

 

Le petit garçon est gay ? Non ce n’est pas si simple, il faut encore quelques années d’errances, quelques excès, tous les excès, il frôle la mort tant de fois, mais il a besoin de se mettre en danger pour savoir où sont ses limites. Il finit par les trouver, et il peut fièrement annoncer au reste du monde, ses parents, sa famille, ses amis, qu’il est gay. Il en est fier, il est normal. Mais à force de se consumer, il a détruit la seule chose qui faisait de lui ce petit garçon si formidable : son cœur.

 

Ce soir le petit garçon pleure. Il vient de regarder une série. Dans cette série, deux hommes s’aiment et se le prouvent de la plus belle façon qui soit, l’un d’eux renonce à vivre sa vie, pour sauver celle de l’autre. Le petit garçon avait oublié ce qu’était l’amour ? Non, il a tenté de le faire, comme il a tenté d’oublier ce qu’il ressentait pour l’autre petit garçon à l’âge de 12 ans.

 

Le petit garçon a peur, il sait qu’il doit refaire battre son cœur. Mais il ne sait pas comment s’y prendre.

Paris Dernière

Dans le paysage audiovisuel français, on a de tout (et n’importe quoi). Des émissions racoleuses, des émissions intellectuelles, des émissions musicales… Et puis il y a Paris Dernière, émission ô combien étrange qui ne ressemble absolument à rien de connu. Ca pourrait être un compliment mais non, ça ne l’est pas.
paris-derniere 

Cette émission existe depuis X années puisque j’en avais entendu parler dans Perso, à l’époque, quand j’étais en première année de fac, donc il y a 6 ou 7 ans. Le concept me paraissait intéressant : un gars se promène dans Paris, caméra au poing, et nous livre la vie de la capitale by night. Car s’il y a bien une chose que j’ai appris depuis que je vis ici, c’est que Paris ne dort jamais tout à fait. Le gars, c’est Frédéric Taddéï que j’avais vu dans Nulle Part Ailleurs aux côtés de Jérôme Bonaldi, soit. Mais bon, dans mon studio d’étudiante, j’avais pas le câble ni la freebox donc je ne pouvais voir ce soit-disant petit bijou d’originalité.

 

Il y a quelques temps, je suis passée chez free et là, j’ai découvert ce petit bijou… Ben ça pue la tocaille achetée aux vendeurs ambulants de la Tour Eiffel. En gros, l’émission a deux temps : d’abord, on nous présente les artistes underground de Paris, toujours « délicieusement subversifs », que les bobos snobs adooooorent tant. Genre on va à une soirée où un artiste vous cuisine du foie humain et tout le monde gobe ça avec délectation en s’extasiant sur l’esprit créatif dudit artiste. Je veux pas dire mais Hannibal Lecter a fait mieux. Et puis le foie d’animal, c’est déjà suffisamment dégueulasse pour pas que j’aille manger du foie humain. Donc voilà, M. Taddéï se promène dans la rue et rencontre des artistes parfois inconnus, parfois connus. Et M. Taddéï est profondément crétin. Nous avons tous dans notre entourage un mec (ou une nana) qui se la joue culturée genre je connais tout sur tout. Vous lui parlez d’un truc et il fait : « ah oui, je vois tout à fait. Moi, tu vois, je pense que… ». Sauf qu’il tombe complètement à côté de la plaque et vous le regardez d’un air navré : « Non, c’est pas ça du tout. » Je me souviens notamment d’une fois où il coince Michel Boujenah dans un resto. L’autre, il vient de se taper une représentation théâtrale, il veut bouffer tranquille et voilà Taddéï et ses caméras (oui parce qu’il a pas qu’une DV, il est suivi par une équipe) qui viennent s’installer à sa table. Bon, pour ceux qui ne connaissent pas Boujenah, ce monsieur est juif et il a fait une pièce sur le sujet et là, il tient un discours sur les origines, je ne sais plus quoi mais bon, en gros, c’est l’homme est homme avant d’avoir une nationalité.

Taddéï : ouais, ouais, t’as raison !
Boujenah : Et Taddéï, c’est quoi ? Italien
Taddéï : Ah non, c’est florentin ! »

Ah t’as tout compris à l’universalisme de l’homme que l’autre a mis trois plombes à t’expliquer, c’est bien.

Bon, des fois, y a des endroits sympas genre des petits bars, des petits restos ou des galeries mais bon, les trois quarts du temps, c’est atrocement bobo. De toute façon, faut pas se leurrer, Paris Dernière, c’est surtout fait pour montrer du cul. En effet, la deuxième partie montre en général du cul. Des anonymes qui baisent dans la rue ou des chauds du sexe qui croisent comme par hasard la route de M. Taddéï. Non parce que le Frédéric, lui, il se balade et hop, il croise un couple qui se rend chez le roi de la capote (véridique) donc il les accompagne. Curieusement, moi, quand je me promène dans la rue, à Paris, la nuit, la seule chose qu’on me demande, ce sont des clopes (ou des fois mes faveurs mais je réponds pas). Une fois aussi, M. Taddéï a croisé des gens en plein acte sexuel appuyés sur une Megan Scenic en pleine rue pour un « porno amateur qu’on mettra en ligne ». Il y a donc une bonne femme en pleine levrette et là,

interview :

« Vous faites quoi, là ?
– On baise (t’es con ou quoi ?)
– Ah mais vous faites quoi dans la vie ?
– Je suis comptable.

– Et dans votre entreprise, ils le savent que vous faites ça ?

– Mmmm, peut-être ! »

Oui, je la vois tout à fait, la Sylvie, arriver le lundi et expliquer à la machine à café qu’elle s’est faite troncher dans la rue par plein de gens très excités par la présence de caméras qui ne sont pas les leurs puisqu’en pleine interview, une bonne femme est venue lui lécher la tronche. Mais le plus merveilleux, c’est que la bonne femme parlait avec une voix tout à fait normale… Vous remplacez « je baise » par « je viens d’acheter mon pain » et la conversation n’aurait pas été différente. Curieusement, moi, en pleine levrette, j’ai du mal à soutenir une conversation… Enfin, j’ai jamais essayé mais je pense que ça aurait donné un « hmmmm oh oui, ahah, je baise, ahah, oh oui ! ». De la même façon, on a assisté à un strip tease intégral d’une pauvre fille en boîte, genre « je suis torride, je suis exhib », sauf que personne ne la regardait, c’est triste, hein ?

 

Une fois, aussi, scène très amusante, à mon goût. M. Taddéï tombe sur une écrivaine dans une boîte échangiste, je n’ai pas vu son nom à la fille (Eliette Abecassis ?). A un moment, il l’entraîne dans la backroom, on voit des gens qui baisent et la fille qui se la joue trop rebelle, elle se met à caresser une statue en exaltant les formes de la dite sculpture. Ah ouais, c’est sûr, j’irais dans une backroom, je m’extasierais sur la déco, moi aussi. Je suis une écrivaine subversive folle de sexe, je vais dans les backrooms et je caresse des statues,
mmm ! Donc, voilà, moi, je trouve ça très drôle. Autre grand moment : la scène dans la boîte SM avec une bonne femme d’au moins 60 balais torse nue qui balade son soumis avec une laisse avant de l’enfermer dans une cage pour qu’il lui lèche les bottes. Et bien une femme de 60 balais torse nue, ça fait peur. Sinon, nous avons eu aussi droit à une scène de partouze dans un appart,
j’ai pas compris comment on est arrivés là mais ce fut assez curieux de voir cinq ou six mecs totalement à poil ou juste le froc baissé (pas ridicule du tout, tiens), ramper sur une nana.

 

La semaine dernière, l’émission s’est finie par un « spectacle » trash donc hypra top tendance mais franchement, j’ai pas compris l’intérêt. Un mec à poil hurle des insanités et saute sur scène une poupée gonflable avec une bite en latex (la sienne sort de son carcan de temps en temps et il bande pas donc faut accessoiriser la chose). Bon au début, le mec, il a une sorte de couche. A un moment, il se frotte le bout, renifle ses doigts et se met à hurler dans un micro : « mon prépuce sent le fromage de chèvre ! ». Bon après, il décapite sa poupée gonflable qui meurt pas donc il la sodomise mais beurk, y a des défections et il fait manger ça à la tête de la poupée. Et là, on saisit toute l’essence de Paris
Dernière : sous prétexte d’être subversif et trash, on nous fait bouffer de la merde.

 

Ceci étant, y a quand même une chose de bien dans cette émission : la musique. Bon, ça fait très compil lounge mais c’est précisément ce que j’aime. Il existe des compils, d’ailleurs, je vous les conseille. La musique est gérée par Béatrice Ardisson, surtout connue pour être l’épouse de Thierry qui apparaît parfois dans 93, faubourg St Honoré. Globalement, je la trouve chiante, trop « mon mari est fantastique », mais elle arrive à sauver une émission du marasme complet. Bravo, Béatrice ! 

Episode 3

Il se posta devant la porte automatique et entra sa carte pour l’ouvrir. Après avoir produit un souffle semblable à un soupir, le panneau glissa dans
le mur, lui permettant de rentrer. Il comptait se rendre dans sa chambre quand sa mère lui barra le passage. Elle surgit devant lui, le faisant violemment sursauter et commença à l’entraîner vers
le salon.

« Mon chéri, tu vas voir, je t’ai concocté une surprise merveilleuse, je suis sûre que tu vas rester sans voix ! Je suis impatiente de
te montrer ça, mais avant, il faut que je vérifie si tu es bien…Oh mon chéri ! Tu as une tête épouvantable ! Où es-tu allé traîner, encore ?  »

Elle soupira et commença à lui arranger les cheveux et à lui replacer sa chemise correctement. A 55 ans, Lauren Wadeker était encore une très belle
femme, avec ses yeux vert émeraude qui valaient l’admiration de la plupart des hommes de son âge et des cheveux d’ébène parmi lesquels apparaissaient quelques cheveux blancs. Mais malgré son
succès auprès de la gent masculine, elle avait toujours refusé de se remarier, restant fidèle à la mémoire de son époux, mort en guerre. Ethan n’avait pas beaucoup de souvenirs de son père et ne
savait même plus quelle tête il avait… Il ressemblait tellement à sa mère que s’il eut appris qu’il n’avait pas eu de père, ça ne l’aurait presque pas surpris.

Quand elle eut enfin fini de le rhabiller, elle le traîna vers le salon où il découvrit Neve Woodart, sa chère fiancée, en grande tenue
blanche : sa robe de mariée. Il resta sur le pas de la porte, bouche bée, admirant la jeune femme : ses longs cheveux bruns tirant sur le roux tombaient sur ses épaules, soulignant sa
peau diaphane, tandis que son visage trahissait sa joie. Ses yeux marron pétillaient, ses lèvres joliment ourlées dessinaient un sourire qui ne paraissait pas feint. En effet, Ethan était un des
meilleurs partis de la ville, il y avait de quoi se réjouir. Il devait admettre qu’elle était très belle, même si quelques kilos en plus ne lui auraient pas fait de mal, mais il ne l’aimait pas,
c’était ainsi. Ce mariage était arrangé de toute pièce car les membres de l’élite ne devaient se marier qu’entre eux.

« Mon Dieu ! s’exclama Lauren, en prenant la future mariée dans ses bras. N’est-elle pas ravissante ? Neve, ma chérie, vous
êtes tout simplement somptueuse ! Qu’est ce que tu en penses, Ethan ?

– C’est…tu es très belle, Neve.

– Oh, ne reste pas dans ton coin, viens donc voir la robe de plus près ! C’est Neve elle-même qui l’a dessinée, elle est vraiment…je ne
trouve pas mes mots pour le dire. Oh, mes chéris ! Ca va être magnifique ! Je suis si excitée ! Ethan, il faut commander ton smoking !

– Maman, on ne se marie que dans quatre mois, on a le temps.

– Oh, Ethan, tu me désespères ! Si on t’écoutait, on ferait toujours tout au dernier moment. Bon, je vous laisse tous les deux, en
amoureux. Vous devez en avoir des choses à vous dire. »

Elle leur fit un sourire plein de sous-entendu puis s’éclipsa, laissant les deux jeunes gens seuls. Neve se planta devant le miroir et s’examina sous
toutes les coutures, d’un air suffisant, C’était précisément la raison pour laquelle il ne l’aimait pas. Elle était à ce point superficielle qu’elle se réjouissait d’épouser un homme qu’elle
n’aimait pas, simplement parce qu’il faisait partie de l’élite. Par ailleurs, elle n’avait pas beaucoup de conversation, en dehors des bals mondains et des rumeurs sur les uns et les
autres.

« Il faut célébrer nos fiançailles, déclara-t-elle, soudain.

– Hein ?

– Nos fiançailles, répéta-t-elle, excédée. Il faut faire une grande fête et inviter tous les gens en vue, comme ça, toute la ville ne parlera plus
que de notre futur mariage…oh, je vois ça d’ici. Le colonel Woodart, héros de guerre et Mme Wadeker, veuve du grand général Wadeker ont décidé d’unir leurs enfants, pour le meilleur et pour le
pire. Hou !  »

Elle poussa un petit gloussement qui voulait certainement dire qu’elle était ravie. Il voulut sortir de la pièce pour éviter ses délires
pharaoniques, mais il s’y prit trop tard : elle fonça droit sur lui et se mit à énumérer les gens qui devaient être présents.

« Il faudra inviter les Adams, les Goldberg, les Green, Robertson…oh, tu sais qui il faut à tout prix inviter ? 

– Dieu ?

– Soit un peu sérieux ! Les Geller ! C’est une des familles les plus importantes de la ville et ils ont un petit garçon de neuf
ans ! 

– Super, on va pouvoir jouer aux petits soldats.

– Mais non ! Il nous faut une fille ! Si j’accouche dans un an, ils n’auront que dix ans de différence, c’est jouable…il faut que notre
fille épouse Oliver Antelwort Geller !

– Quelle fille ? On n’est pas mariés et tu n’es même pas encore enceinte ! Redescend un peu sur terre, Neve.

– Oh, bon sang ! Tu sais que si tu n’étais pas le fils de Wadeker, je ne t’aurais jamais épousé !

– Ca tombe bien, parce que si j’avais le choix, je ne t’aurais jamais voulue. »

Elle poussa un grognement de colère et repartit à son miroir : elle préférait sans doute se pâmer plutôt que discuter avec son futur époux
qu’elle haïssait probablement déjà. Il soupira et sortit sur le balcon pour prendre l’air. S’il n’y avait pas eu sa mère, il aurait refusé cette union, mais elle y tenait tellement.. Il ne
voulait surtout pas la contrarier, il l’aimait trop.

Il entendit un bruit près de lui et tourna vivement la tête : un simple passant qui poursuivait sa route sans faire attention à lui. Il fut
légèrement désappointé : il auaait souhaité se retrouver nez à nez avec sa voleuse, parce qu’il était quasiment sûr qu’elle n’était pas une exclue. Comment connaissait-elle son nom ?
Pourquoi tous ces malfrats obéissaient aveuglément à cette fille ? Et pourquoi pensait-il encore à elle ? Il ne la reverrait probablement jamais et même s’il la retrouvait, que lui
dirait-il ?

« Ca vous plairait de dîner avec moi ? J’aimerais bien savoir qui vous êtes. »

Elle éclaterait probablement de rire et lui volerait son passe . Il entendit Neve pianoter sur le robot-esthéticien, sans doute pour lui
demander de la maquiller ou de la coiffer. Il soupira : il allait devoir passer sa vie avec la femme la plus gonflante de la planète, quel bonheur ! C’était peut-être pour ça qu’il
repensait à l’autre femme, parce qu’elle était libre et qu’il l’enviait. Peut-être que si la guerre n’avait pas eu lieu, il aurait pu épouser la femme de son choix et aurait pu éviter les soirs
de désespoir à l’idée de se marier avec une idiote qui n’avait aucune culture et aucun centre d’intérêt digne de ce nom. De toute façon, cette société n’était pas faite pour se cultiver :
les enfants allaient à l’école pendant quatre ans pour apprendre à lire et à se servir des machines et après, ils étaient lâchés dans la Nature, sans avoir le goût de la lecture. De toute façon,
pour ceux qui en auraient eu l’envie, ils auraient vite été découragés par les horaires impossibles de la bibliothèque municipale…A présent, ils pensaient que seule la télé pouvait cultiver et
ils s’abêtissaient à regarder des films dans lesquels jouaient des cyborg plus vrais que nature ; mais au fond, il s’en était contenté jusque là parce qu’il n’avait pas vraiment envie
de se battre pour que ça change. Les gens ne lisaient plus, et alors ? Que pouvait-il y changer, lui ? La société était ainsi faite et elle faisait plus d’heureux que toutes celles qui
l’ont précédée…il fallait être réaliste : il y aurait toujours des exclus mais, au moins, à Technopolis, ils étaient réduits au minimum.

—–    

            Ethan s’étira lentement et quitta son lit avec regret, mais il avait beaucoup à
faire : Neve et Lauren avaient invité un nombre impressionnant de gens pour la réception célébrant leurs fiançailles et il fallait s’occuper de tout organiser. Il entra dans le salon et fut
assailli par Neve qui semblait surexcitée :

«Oh, Ethan, enfin tu te lèves ! Devine qui va venir à notre réception ,devine ! Devine !

– Je sais pas moi…Neve, je viens de me réveiller.

– Et bien je vais te le dire : M et Mme Geller et leurs enfants : Oceany et Oliver Antelwort. Ils viennent, c’est formidable, on va pouvoir
arranger le mariage ! Et puis c’est pas tout, devine qui sera notre invité d’honneur ?

– Je n’en ai pas la moindre idée.

– Bill Oxford lui-même ! Bill, sa deuxième épouse Kelly et son fils Mark ! Ca va être fantastique, tout simplement merveilleux ! J’ai
hâte de dire ça à ta mère ! Oh mon Dieu ! Je n’ai rien à me mettre ! Faut de suite que j’aille regarder ce qu’ils ont en rayon sur le web. Toi, il faut que tu vérifies que le repas
sera livré, la salle libre, les musiciens en service…tiens, je t’ai fait une liste. Oh, Bill Oxford !  »

Elle poussa un cri de joie et se jeta sur l’ordinateur, pour commander la robe de ses rêves. Il soupira et regarda la trop longue liste que lui avait
laissée sa future femme. Il ne savait même pas s’il aurait assez d’une vie pour faire tout ce qu’elle lui demandait, mais il allait s’exécuter par amour pour sa mère qui faisait tout pour
que ce mariage soit une réussite. Il ne voulait en aucun cas la décevoir.

Il se rendit dans sa chambre et fit tout ce qu’il put pour accomplir toutes ses tâches. Mais il était interrompu toutes les deux minutes par sa chère
fiancée qui lui envoyait des photos de robes en lui demandant ce qu’il en pensait et il répondait toujours que ça irait très bien, mais apparemment, elle n’était pas du même avis que lui,
puisqu’elle changeait de robe…alors pourquoi elle lui demandait son avis ?

Ensuite, il fut dérangé par sa mère qui voulait savoir s’il préférait une décoration dans les tons bleus ou dans les tons verts, parce que Neve
voulait accorder la couleur de sa tenue à la décoration. S’il ne devenait pas fou avant la fin de la journée, ce serait un miracle.

« Ca n’a pas l’air d’aller, mon chéri, remarqua Lauren.

– J’ai beaucoup de choses à faire, c’est pour ça. Je crois que je n’aurais jamais le temps de tout mettre en place.

– T’en fais pas, je vais t’aider.

– Mmm. Je peux te poser une question : pourquoi tu as épousé papa ?

– Quelle question : parce que je l’aimais, voilà.

– Tu sais ce que je devrais répondre, moi, quand mes enfants poseront la question : parce que j’étais un bon parti pour votre
mère.

– Oh, mon chéri, ne dis pas ça…je suis sûre que Neve t’aime sincèrement.

– Non, je ne crois pas : la seule chose qui l’intéresse, c’est de pouvoir faire une fille à temps pour la marier avec Oliver Antelwort
Geller.

– Quelle idée ! Il a déjà neuf ans, le temps que vous ayez une fille, à condition que vous ayez une fille, évidemment, il sera trop
tard.

– Va dire ça à Neve ! Pour elle, c’est le meilleur parti pour notre fille qui n’est même pas conçue. Tu sais, je crois que cette fille est
complètement givrée : c’est plus important pour elle de savoir qui sera là à son mariage que d’aimer un peu son fiancé.

– Je comprends ce que tu ressens. Tu sais, si tu ne veux pas l’épouser, je…

– Non, maman, je l’épouserai, ne t’en fais pas : ça te tient tellement à cœur. 

– Tu ne dois pas te marier avec cette chipie pour me faire plaisir, voyons !

– Mais en te faisant plaisir, je suis heureux. C’est tout ce qui compte, au fond.»

Il étreignit tendrement sa mère, mais au fond de lui, il s’en voulait de lui avoir parlé ainsi de Neve. Elle pensait sincèrement qu’ils étaient
amoureux l’un de l’autre, ou plutôt, elle voulait à tout prix le croire, mais elle devait se rendre à l’évidence, à présent : ces deux là ne s’aimaient pas et leur mariage risquait d’être
une corvée pour l’un comme pour l’autre, mais que faire ? De toute façon, les fiançailles avaient été annoncées partout, ils ne pouvaient pas revenir en arrière et puis, s’il n’épousait pas
Neve, qui pourrait-il choisir ? Les femmes célibataires faisant partie de l’élite et ayant à peu près son âge ne courraient pas vraiment les rues et il risquait de finir sa vie seul, s’il
n’attrapait la perche qu’on lui tendait et il voulait offrir à sa mère le plus beau des cadeaux : un petit-fils ou une petite-fille.

Neve entra à ce moment-là dans la pièce et les regarda atterrée :

« Ethan ! A quoi ça sert que je m’escrime à t’envoyer des messages si tu ne les lis pas ? Nous n’avons pas de temps à perdre !
 

Lauren regarda sa future belle fille, choquée par cette impolitesse et par cette attitude digne des esclavagistes, puis explosa :

« Ecoute-moi bien, petite peste ! Tu vas changer d’attitude avec mon fils immédiatement ou je romps les fiançailles et je m’arrangerai pour
que tout le monde sache à quel point tu es détestable ! Après ça, ça m’étonnerait bien que tu puisses trouver un fiancé potable et tu finiras ta vie seule : imagine : ça va être
atroce de penser qu’Oliver Antelwort Geller va épouser une femme qui ne sera pas ta fille.

– Mais, je…bafouilla-t-elle.

– Tais-toi et mets-toi un peu au travail : Ethan ne pourra jamais réussir à tout faire tout seul.

– Mais, je…heu…d’accord. »

Neve semblait au bord des larmes et elle repartit toute penaude vers son écran ; apparemment, Lauren avait trouvé la bonne méthode pour la faire
marcher au pas. Il faudrait s’en souvenir, dans le futur.

Il sourit à sa mère qui repartit dans le salon surveiller sa belle-fille, puis il repartit dans ses innombrables tâches…quelle plaie, cette
réception ! Tous ces gens importants qui allaient tout examiner, critiquer et qui feraient un compte rendu plutôt péjoratif de la soirée, ça lui donnait la nausée : pourquoi
s’encombrait-on la vie avec ce genre d’obligations qui ennuyaient tout le monde ? Quand ils avaient crées Technopolis, ils auraient dû aussi penser à supprimer ces petites sauteries
grotesques…mais pour le moment, il n’avait malheureusement pas le choix et il se concentra sur les divers menus que lui proposait le traiteur, un drôle de robot avec une fausse moustache appelé
André.

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