“Je” est une marque… ?

En tant que consultante social media, je réalise souvent des veilles sur mes réseaux sur le sujet afin de ne pas trop être larguée. C’est un peu l’inconvénient de ce métier : tu pars en vacances 15 jours et quand tu reviens, tout ce que tu croyais connaître sur les réseaux sociaux n’existe plus. Un jour, on se lèvera et Twitter ne fonctionnera plus en 140 caractères. Parmi les quelques articles parvenus naturellement jusqu’à moi, un article qui m’a passablement énervée : pourquoi il faut supprimer de votre liste les amis passifs.

facebook-effacer-ami1

Dans les faits, j’ai une gestion assez inexistante de ma liste d’amis : je supprime rarement les gens et je ne sais jamais combien j’ai d’amis dans ma liste, notant parfois que je n’ai pas vu passer une personne depuis un bail. Ah tiens, pourtant, nous sommes toujours amis. J’ai supprimé quelques exs ou assimilé récemment vu qu’on ne se parlait plus et qu’à part faire ma voyeuse et cancaner, ces amitiés ne me servaient à rien. Et les cancans ne font pas de moi une personne meilleure. Bref, je ne sais pas qui sont mes amis et mon Facebook est paramétré pour que seules certaines personnes voient mes rares mises à jour. En gros, à part quelques photos de vacances sur lesquelles j’apparais très rarement, y a rien à voir, passez votre chemin.

manhattan-soleil-couchant

Et pourtant, l’article précédemment cité m’explique que je dois supprimer mes amis inactifs car… ils nuisent à mon reach (nombre de personnes atteintes par une publication pour les non initiés). Ouais, à cause de ces fantômes, tous mes amis ne verront pas mes belles photos de vacances, c’est intolérable. Mais… pardon mais ça vous importe, vous, que tous vos amis voient vos statuts ou bien ? Je veux dire : si je dois partager une news importante genre, je sais pas, “hé salut, je suis en cours de reproduction avec mon chéri, livraison du colis dans 3 ou 6 mois” ? ou éventuellement un “hé salut, je m’expatrie car j’ai trouvé un super boulot à l’étranger”, mes amis, les vrais, seront au courant bien avant que je le balance sur Facebook et heureusement ! Je serais pour ma part bien vexée que mes amis proches m’annoncent une grosse news via Facebook et ne me l’aient pas dit avant. C’est même à ça que je mesure ma proximité avec mes “amis” Facebook. Si j’apprends leur mariage, leur grossesse ou expatriation par le réseau, c’est que je ne suis pas leur amie, au mieux une pote ou une camarade, voire une lointaine connaissance. Je mets un like, poste un “waouh félicitations” et la vie va. Et si je rate la news ? Et bien, vu que ce n’est pas une personne que je vois suffisamment régulièrement pour me rendre compte que sa circonférence abdominale a cru de façon exponentielle ou que leur adresse principale ne se situe plus en France, ce n’est pas si dramatique. Bien sûr, il y a cette fois où je suis allée boire un verre avec Simon et Philippe, anciens collègues de TGGP et où j’ai appris que le premier avait eu des jumeaux et que le second était marié mais n’ai-je rien vu sur le sujet parce que Facebook ne m’avait pas distribué la news ou parce que je n’étais pas connectée au moment où c’est passé ? Nul ne le saura jamais.

La seule raison d'annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote
La seule raison d’annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote

Mais ce qui m’interroge là dedans, c’est ce besoin presque maladif de visibilité. Oui, sur Facebook, on publie des news pour se la raconter (on va pas se mentir). “Héhé, regardez ce que je suis en train de vivre, ma vie est tellement plus belle que la vôtre, ahah !”. Certains font un peu de promo pro “coucou, je cherche des freelances”, “coucou, j’ai publié des articles”, “coucou, j’ai eu une promotion” mais si tu ne te sers que de Facebook pour ce genre de publication, c’est que tu ne maîtrises pas très bien les réseaux sociaux. Pour le pro, LinkedIn fait bien le job et Twitter te dnne une visibilité publique, sans parler du partenariat avec Google qui prend désormais en compte les tweets dans les résultats de la recherche (oui, pour le moment, juste ceux des big big comptes mais ça va finir par arriver pour tout le monde).

20éà

Et puis, “je” est-il appelé à devenir une marque ? Doit-on gérer nos réseaux sociaux en fonction d’objectifs, en fonction d’un reach ? A ce niveau là, ne postez pas vos mises à jour à certaines heures de la journée pour être sûrs d’être vus, hein ! Poste-t-on pour le plaisir de partager un moment, un bonheur, une bonne nouvelle ou juste pour se la raconter sévère auprès du plus grand monde, y compris Caroline, la fille avec qui on a partagé un goûter en maternelle et Salim, le stagiaire d’une ancienne boîte ajouté pour le mettre admin d’une page Facebook ? Je trouve ça assez déprimant, assez parlant d’une période où les réseaux sociaux ne sont qu’un outil pour nous vendre comme un vulgaire yaourt. Vas-y, like ma grossesse, mon mariage, mon expatriation, mes vacances, donne-moi l’illusion d’être une Rihanna et que mes faits et gestes t’intéressent et font réagir le plus grand nombre… Car j’aurai optimisé mon reach en supprimant ces vilains amis qui ont l’audace de ne pas se connecter régulièrement.

Le scénario porno d’Aston et Nina

Ce qui est bien quand on est blogueuse, c’est qu’on rencontre des tas de gens intéressants dont Aston, qui s’est illustré plusieurs fois par son humour en comm. Et quand Nina et Aston parlent pour la 1ère fois sur MSN, ils montent un film porno intitulé « du pain, des mains, des gros seins » dont voici l’affiche, réalisée par Aston himself. Je vous laisse découvrir la conversation.

brune.jpg

Aston : en plus, il s’appelle knud… si ca c’est pas bizarre deja
Nina : Ahahahahahahah!! Sérieux?
Aston : ouais, comme le petit ours blanc du zoo de berlin. C’est comme si je m’appelais prosper
Nina : Knut, il s’appelle! Méga sex Prosper aussi
Aston : ca donne envie de faire peter le string hein? « Viens par la prosper, je vais te bouffer le pain d’épice »
Nina : Ah ouais, je suis toute excitée là
Aston : c’est un bon concept de film de cul « prosper, youplaboum »
Nina : Ahahahahahahah, comme c sex!!
Aston : mouais, faut bosser un peu sur le packaging mais ca le fait non? 😉
Nina : Ouais, je me demande comment le développer. On fait l’histoire d’un bonhomme en pain d’épice géant qui prend vie?? Et qui organise des partouzes?
Aston : vala des orgies au miel
Nina : Oui et il éjacule de la chantilly
Aston : faut trouver d’autres personnages mangeables
Nina : Faut faire une blague avec le sucre d’orge, obligé. T’as les oursons en chocolat
Aston : parce que prosper tout seul… il va lui falloir du souffle. ah oui les oursons. Prince, le roi des gouters pourrait venir faire un guest
Nina : Oui mais ça peut être Prosper qui prend vie dans la patisserie et voit les patissiers et patissières s’enfiler
Aston : faut des stars
Nina : Une bergère qui a un baton en sucre d’orge, c obligé
Aston : si t’insiste
Nina : Et le patissier qui lui fait « tiens, viens sucer mon gros sucre d’orge »
Aston : ou « viens sucer mon bel éclair »
Nina : Putain, ça me donne faim
Aston : ouais mais apres, plus jamais je ne mangerai du pain d’épice de la meme facon.
Nina : Non mais on tient un trop bon scénario et à la fin, il a suffisamment appris notre petit bonhomme pour troncher la bergère en sucre. Il pourrait se faire le lapin de pâques aussi mais la zoophilie, même chocolatière, je suis pas pour
Aston : c’est peut etre un peu trop fouillé comme scénario
Nina ; Mais non, c simple : il observe, il applique
Aston : surtout que j’ai encore un lapin or a finir, je voudrais pas etre degouté. yes! on pourrait aussi faire une scene gay entre M & M!
Nina ; Ah non, dans les films pornos, y a pas de gay mais nous faudra du lesbien
Aston : « je vais te peter la cacahuete ». Dommage.
Nina : Ou alors on présuppose que des M&Ms sont des filles
Aston : soyons credibles quand meme
Nina : Si on prend les M&Ms rouges…
Aston : y pas de personnages feminins dans le monde des gateaux. ah oui, c’est plus feminin. y a la laitiere, mamie nova
Nina : Ah ouais, avec le lait en plus, trop facile de faire des jeux de mots à la con. Non, pas de vieux, c dégueu
Aston : mais je suis pas pour les scenes avec des vieux
Nina : Moi non pus
Aston : oui le lait, plein de connotations le lait
Nina : Oui, ils en font même dans la pub pour les produits laitiers
Aston : et pis les pots, la creme…oui, j’y pensais
Nina : Ouais mais on va éviter le lait caillé et le fromage
Aston : ce sera pour les bonus trash du dvd
Nina : Beurkkkkkkkkkkkkkkk!! 😀
Aston : faut toucher un large public de pervers
Nina : Alors faut intégrer mamie nova dans les bonus et l’enculage du lapin de Paques. Non mais si on veut viser large, hein…
Aston : ouais j’étais en train de réfléchir a des bonus pour les fétichistes des pieds.mais les pieds de prosper, c’est pas ca..
Nina : Il peut se les faire manger. Ou on intègre une scène où une pâtissière se fait prendre en levrette tout en mangeant des pieds de nègres(les bonbons)
Aston : je propose de faire faire la levrette par pépito, ca donnera un cote international a la scene
Nina : Ah oui, bonne idée
Aston : les latinos se reconnaitront
Nina : Avec le sombrero en plus, c la classe
Aston : ah oui, ca il le garde!
Nina : Ah ouais, à poil mais en sombrero!! Sinon, on le reconnaîtra pas
Aston : c vrai que t’es bourrée d’idées toi!
Nina : Mais oui, héhé!! 😀 Bientôt, je serai animatrice de communauté ET scénariste de porno
Aston : et surtout scénariste
Nina : Ca paye pas des masses le porno mais bon…
Aston : ah merde, je savais pas…et pis ca va couter cher toutes ces stars
Nina : Ohé, tu crois que Prosper et Pépito, ils baisent tous les jours?? On leur end service
Aston : c’est surtout pour prosper que je m’en fais. Deja que le pain d’épice perd des parts de marché, il a perdu son sex appeal
Nina : Mais justement, comment il va devenir trop tendance après ça. Le pain d’épice sera le met incontournable de toute partouze qui se respecte
Aston : c’est bien, ca a un coté regression enfantine en plus, c’est très dans l’air du temps
Nina : Ouais, je me demande s’il faudrait pas intégrer Casimir
Aston : j’y ai pensé parce qu’en plus, il a plein de potes
Nina : Ouais mais il est pas un peu gros pour rentrer dans la pâtisserie sans rien casser??
Aston : ouais, un peu trop brutal comme scene. casimir c’est un mâle, un vrai, avec une grosse queue
Nina : Non et puis en plus, il va vouloir nous faire
du bougli boulga
Aston : voila, c’est pas sexy. Casimir, ty’es viré
Nina : Non, ouais, on va le laisser là où il est. Ou alors, on le prend en guest pour présenter les
bOnus
Aston : c’est pas l’arche de noe non plus. Ah oui pas bete
Nina : Atta, il faut penser à tout
Aston : c’est vrai qu’il a le capital sympathie nécessaire a la présentation des bonus. Alors faut lui mettre un porte jarretelles
Nina : Ouais et même qu’il pourrait commenter, tu sais. « Là, on a enlevé la scène car Mamie Nova qui se fait enfiler par Pépito, on a eu peur que ça passe pas »
Aston : « et puis la pauvre s’est cassé la col du fémur, elle a pas pu finir la scene »
Nina : Oh mon Dieu, quelle horreur!! « Là, elle a perdu sa perruque,
on a compris que c’était mort. Pourtant, la scène où elle suce un ourson en chocolat sans son dentier nous paraissait bien trouvée, très originale »
Aston : « on lui fait plein de gros bisous tout partout! »
Nina : Non, ça, c trop mignon
Aston : mouais, pardon
Nina : On fait pas de bisous dans les pornos
Aston : pardon, desole, je le referai plus. je suis jeune j’apprends
Nina : Ouais, c pas grave on dira que tu es le stagiaire scénariste
Aston : putain, je viens de me faire bouffer mon idée, t’es une sacrée meneuse d’hommes!
Nina : Mais je me pose une question : tu crois que les scénaristes
porno ont une vie sexuelle ou c leur frustration qui leur fait écrire tout ça??
Aston : bonne question. mais crois tu qu’il y ait vraiment des scénaristes de porno?
Nina : Ben oui, quand même et même des storyboarders et des
réalisateurs
Aston : ben je pense qu’ils ont une vie sexuelle mais que ca leur suffit pas
Nina : Possible… J’aimerais bien rencontrer quelqu’un qui me dit « je suis
scénariste porno »
Aston : c’est vrai que ca doit etre marrant de voir comment ils « construisent » un film. « alors pour blanches fesses et les sept mains, on est parti du texte original… »
Nina : Oui et puis en plus, faut prévoir les plans et tout
Aston : tu crois qu’il y a un mec qui griffone les scene?
Nina : Ben, je pense qu’il y en a qui aimeraient!! 😉

 

J’’aime pas le dimanche

Au septième jour, comme il s’était bien décarcassé, Dieu décida d’arrêter là sa création et décida d’aller se reposer. Bon ok, créer le monde en 6 jours, c’est balèze, il avait bien le droit à une petite sieste. Mais voilà, le dimanche, du coup, c’est le jour du rien, le non-jour de la semaine. Et je l’aime pas.

Petite, les heures du dimanches qui s’égrenaient à une vitesse folle me faisaient penser à un ultimatum : bientôt la fin du week-end ! Il est 16h, tu dînes à 20, il te reste 4 heures pour faire tes devoirs… Bon, d’abord, je goûte. Puis après cette sacro-sainte pause (comme si j’avais interrompu mes devoirs pour ça, tiens, je les avais même pas commencés !) à base de
chocapic tout en feuilletant un magazine, je retourne dans ma chambre où je fais semblant de bosser, sauf quand j’ai un devoir à rendre. Dimanche 20 heures, devoirs rarement faits mais c’est pas grave. Moi, j’étais la rebelle du primaire, du collège et du lycée : jamais je ne faisais mes devoirs mais j’avais toujours de bonnes notes. Dégueulasse hein ? Reste que le dimanche, je n’aime pas ça, devoirs ou pas devoirs. Et encore, les devoirs, ça occupe…
Oui car que faire un dimanche ? Du shopping ? Ben non, les magasins sont fermés. Aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, le docteur, l’agence immobilière, la banque ou je sais pas quoi ? Non, ils sont tous fermés. Oui, ils travaillent en même temps que nous, logique, me direz-vous. Tout ça, faut le faire le samedi. Bon, s’il fait beau et que nous sommes à une période de l’année où il fait bon, on peut aller se promener, prendre la voiture pour partir au fin fond du département ou chausser les baskets pour déambuler dans la forêt voisine. Mais, curieusement, le dimanche, il pleut souvent. Alors on glande, on ne regarde pas la télé car il n’y a rien. Vidéo-Gag, ça fait 15 ans que ça passe et se farcir les présentateurs entre les gags, c’est d’un pénible… D’ailleurs, ils ont bien fait de remplacer Bernard Montiel par M. Météo, j’ai pas vu la différence, ils récitent tous les deux de façon pénible et ennuyeuse leur texte. Là, y a une blonde en plus qui doit feindre l’enthousiasme mais c’est pas trop ça. Le public, maintenant, ce sont des enfants mais je me demande s’ils ont pas recyclé les images du public du Club Dorothée. Sinon, y a le maillon faible, rapidement lourd, 7 à 8, émission ni racoleuse, ni voyeuriste, Drucker qui roupille sur un canapé tandis que ses chroniqueurs font de l’auto-promo à fond. Par exemple, Philippe Geluck, personne qui m’énerve, il faut l’avouer : « oui alors M. l’invité, je vous ai fait un dessin du chat, vous savez, ma BD dont le volume 8 vient de sortir ! ». Bon, Geluck sort sa blague, souvent nulle et Drucker, à la fin, il fait le récapitulatif : « notre invité, Bidule, qui sort un film au cinéma le 7 janvier, Philippe Geluck dont le volume 8 du chat vient de sortir, vous pouvez retrouver Anne Roumanoff tous les soirs à une salle de spectacle et Jean-Pierre Coffe dans sa cuisine. » Soyons franc, cette émission résume parfaitement les ambiances de dimanche : c’est mou, c’est chiant, c’est morose. Et en plus, j’ai l’impression que le montage accentue encore cette impression.
Le dimanche, c’est se coller le nez à la fenêtre et regarder la pluie qui tombe. C’est soupirer quand on allume la lampe à 18 h car la nuit tombe : week-end déjà fini, on repart sur une nouvelle semaine. Ce n’est pas tant la perspective de cette nouvelle semaine qui commence qui me mine que celle de la semaine qui se termine. Cette semaine, j’aurais voulu finir mon roman, raté. Cette semaine, j’aurais voulu finir mes devoirs, raté. Cette semaine, j’aurais voulu appeler la mairie pour savoir comment je peux avoir le RMI, raté. Cette semaine, j’aurais voulu qu’il m’appelle pour me dire de le rejoindre chez lui, raté. Bref, les dimanches, c’est l’heure du mini bilan de la semaine : tout ce qui devait être fait et ne l’a pas été, ça fout la trouille. Et puis, y a le terrible constat : que s’est-il passé cette semaine ? Rien. Pas d’appel pour du boulot, pas de charmant jeune homme pour me consoler, Brad et Angelina sont toujours ensemble et Kenya ne sait toujours pas faire la vaisselle (ça m’arrangerait).Des fois, le dimanche soir, à l’heure du bilan, j’ai comme une boule à la gorge… Et à la télé, y a que des trucs pour me démoraliser encore plus, des émissions sur des meurtres, des crashs d’avions, des scandales, des ci, des là… Tous pas beaux, tous malhonnête, l’homme est un fruit pourri. Si, des fois, y a
Urgences. Cette série est un peu particulière pour moi puisque quand j’étais au lycée, on la regardait tous à la maison, papa, maman, Alice et moi. Plus tard s’est agrégé Guillaume 1er qui adorait. Je l’ai ensuite regardée avec Arnaud et Guillaume II. Et seule. Je me souviens de mon premier urgence seule, j’étais triste : le lendemain, je commençais la fac et je pensais au reste de ma famille qui regardait ça collégialement. Et moi, toute seule dans mon coin. En plus, Urgences, maintenant, c’est chiant. J’ai même plus le beau George Clooney pour faire passer mon cafard, j’ai plus qu’à aller me coucher.
Des fois, le dimanche, c’est repas de famille : ça égaie, mais c’est pire au niveau « sentiment qu’on n’a pas vu passer le week-end ». On apérote (hop, une coupette de champagne), on déjeune mais pas qu’un peu : entrée, deuxième entrée, des fois, plat, fromage, dessert, re-champagne, café. Comme aujourd’hui, un peu. Ma mamie et ma tatie sont venues, nous avons mangé joyeusement et pendant le café, alors que ma sœur et mon père avaient fui, ma grand-mère, pompette, raconte à quel point ma mère était une vilaine peste petite et ses sœurs, guère mieux. Moi, je
suis pleine à craquer et le champagne fait des bulles dans mes yeux. Ca pique, la meilleure façon de les soulager, c’est de les fermer. Oui, d’ordinaire, moi, le dimanche, à midi, je dors, je ne mange pas. Donc le repas s’éternise, ma tête s’appesantit et le temps qu’on finisse, qu’on débarrasse et tout ça, c’est 17 heures. Qu’as-tu fait de ton dimanche ? Bah, j’ai mangé.
J’aime pas le dimanche. En plus, dans ma famille, ils décèdent toujours un dimanche. Mon grand-père (je n’étais pas née), mon autre grand-père, mon oncle, ma tante… Ils ont tous trépassé un dimanche, c’est comme ça. Quand le téléphone sonne un dimanche et que mon père n’est pas de garde (ce qui arrive relativement rarement, il faut l’avouer), ma mère a un peu peur. Je me souviens la dernière fois que quelqu’un est mort dans ma famille : un dimanche ensoleillé, tout va bien, on déjeune tranquillement à trois (ma sœur étant à Londres) quand le coup de fil retentit. On abandonne tout sur place et, depuis, on n’a jamais plus mangé de poisson aux petits légumes.
Le dimanche, c’est aussi le jour où je me sens sale. Comme je sors pas, je fais le minimum d’effort : en jogging, un coup de brosse histoire d’éviter les nœuds et pas de maquillage (pourquoi faire ? Séduire George Clooney à travers la télé ?). Je traîne, je glande et le soir, je me sens cra-cra. Alors que je n’ai rien fait de physique ou salissant (parce que quand je le
fais, je me lave, du coup). C’est juste parce que je suis en négligée et que je ne suis pas si habituée que ça à ne pas être parée. Et qu’en plus, j’aime même pas ça, être en jogging parce que ça fait sac à patates et je me sens moche.
Un nouveau dimanche se termine. Cette semaine, j’ai eu une hypothétique proposition de stage (à suivre), j’ai appelé un beau garçon et papoté une heure avec lui, j’ai eu une idée fantastique, j’ai eu des cadeaux d’anniversaire tout plein. Mais les gens m’ont pris une taille (voire deux pour certains vêtements) en trop sur les fringues (pas vexant du tout), j’ai bouffé comme dix en culpabilisant parce que si on me prend des tailles en trop sur les fringues, c’est que je dois ressembler à une baleine. Brad est toujours avec Angelina (oui, ma mère lit Voici donc j’ai pu le
constater), Kenya roupille au lieu de faire la vaisselle et j’ai fait un rêve cette nuit qui m’a rendue tristoune et perplexe pour la journée.
Foutu dimanche !