Nous ne sommes pas les paillassons de ces narcisses boursouflés

Cette phrase tirée de Friends me paraît un adage que toutes les femmes (et ça marche pour les hommes aussi, finalement) doivent garder en tête. Je resitue le contexte pour ceux qui ne connaissent pas la série ou n’ont pas vu cet épisode. Phoebe achète un livre hautement féministe qui explique aux femmes qu’elles ne doivent pas se laisser marcher sur les pieds. Sans être une féministe bornée et monomaniaque, il y a des choses qui me font hurler.


 


 

Mercredi, je traînais sur les blogs et je découvre le nouvel article de Mel qui me fout de mauvais poil. Cette demoiselle s’est fait plaquée d’une façon ignoble par un narcisse boursouflé qui mériterait bien un coup de pied au cul (et une chaude pisse, ça calmerait son zizi hyperactif, tiens). Oui, comme j’ai pas de vie sentimentale, je vis celle des autres par procuration. Et là, Mel a la réaction de toute fille normalement constituée qui a son petit cœur brisé : « ras le bol des mecs, j’en ai marre, c’est terminé ! ». Et là, je dis stop. Aucun homme ne mérite qu’une femme abandonne le terrain amoureux. Aucun ! Même Brad Pitt. Regardez la petite Jennifer Aniston : elle s’est faite plaquer par un des hommes le plus sexy de la planète en proie au démon de midi, elle s’est consolée dans les bras d’une baraque. Et elle a bien fait.

Oh, bien sûr, je ne jetterai jamais la pierre à Mel de penser ça ni à aucune autre femme puisque je suis la première à dire la même chose après une déception amoureuse :
« ces mecs, tous des connards, je me fais lesbienne ou je rentre au couvent. » Et là, la voix de la raison (à savoir Gauthier) me répond : « Mais non, t’aime trop la queue et t’es pas croyante. ». C’est bon d’avoir un meilleur ami, y a pas à dire. Evidemment qu’on s’en remettra pas en deux jours, évidemment qu’on va être plus méfiante et le prochain Brad a intérêt de montrer patte blanche avant qu’on l’autorise à entrer dans notre vie. Mais à 26 ans, on n’a pas le droit de laisser tomber tous les hommes à cause d’un seul. Surtout quand c’est un connard comme Roberto.

Y a des fois où ça m’énerve. Dans mon entourage, il n’y a que des filles bien, c’est pas pour rien que ce sont mes amies (car qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas !). Elles comme moi avons eu à faire à des narcisses boursouflés qui se sont bien essuyés leurs pieds boueux sur notre ego, transformé en paillasson. Non seulement on en sort avec le cœur en morceau mais avec l’ego en berne. « Bouh, personne il m’aime, mais pourquoi ça m’arrive à moi ? ». Oui, tiens, pourquoi ça m’arrive à moi ? Je suis pourtant une fille charmante et conciliante, jolie et sympa, je ne devrais pas avoir à vivre ce genre d’épreuves. C’est pas normal qu’un mec oublie de me rappeler ou qu’un autre m’utilise comme punching ball en crachant tout son fiel sur ma pauvre pomme. L’autre soir, énervée, j’en parle à un copain sur MSN, sortant une phrase du genre : « Bordel, les hommes sont-ils tous des connards ou c’est moi qui ai pas de chance ? » Et lui de me répondre : « Tu connais la réponse. ». Oui, je la connais. En 26 ans, ma vie sentimentale ne fut pas de tout repos, comme l’immense
majorité des demoiselles de mon âge. Tous les hommes ne sont pas des connards, non. L’amour, c’est un peu comme la bicyclette, faut tomber plusieurs fois avant de savoir en faire.

Oui, certains mecs sont d’immondes porcs qui n’ont aucun respect pour notre personne mais je ne pense pas que ce soit notre faute. En général, ce genre de mec sera tout aussi odieux avec ses prochaines compagnes donc il ne faut pas culpabiliser. Quand je me demande ce qui ne va pas chez moi, pourquoi j’ai une lose amoureuse anthologique, je me dis que mon seul défaut, c’est ma naïveté. Je prends tous les crapauds qui passent pour de beaux princes mais un matin, je me réveille et les mots d’amour ne sont plus que d’atroces croassements. Et là, je m’énerve, je hurle, je pleure : « Mais comment ai-je pu être aussi naïve ? ». Car même quand on se fait lourder comme une merde par un narcisse boursouflé qui ne mérite aucune considération de notre part, on se demande toujours ce qu’on a mal fait, on se sent coupable.

Et bien, non. Un connard est un connard malgré nous, ça n’a rien à voir avec ce que l’on est ou ce que l’on a fait. A chaque peine amoureuse, quand je vais pleurer dans les jupes de Gauthier, je me prends toujours le sermon suivant : « Moumour, arrête de te remettre en question à chaque rupture, tu n’y es pour rien ! ». Ben oui… Donc pourquoi devrais-je empêcher tous les beaux princes de vivre une histoire d’amour avec moi parce que, dans ma vie, j’ai croisé la route d’un narcisse boursouflé et goujat ? Ce n’est pas juste !
De toute façon, aucun homme, quel qu’il soit, ne mérite que l’on renonce à notre vie amoureuse pour lui. Bien sûr, tout ne se passe pas en 24 heures, faut le temps de cicatriser et de repartir sur les chemins de la conquête amoureuse mais crois-moi, Mel, un jour, un Paulo remplacera l’insignifiant Roberto et ton cœur, certes cabossé, rebattra joyeusement et tu iras jusqu’à oublier cet ignoble connard. En attendant, je t’autorise à griffonner son numéro dans les toilettes de tous les clubs gays de la Côte, ça nous fera rire.

L’amour est un jeu risqué, on ne gagne pas toujours (même assez rarement, finalement) mais faut-il réellement arrêter de jouer après une défaite ? L’amour n’est-il pas le sel de la vie ? Bon, il n’y a pas que ça, certes, mais on va pas s’en priver juste à cause d’un connard qui passait par là… Ou d’une connasse, d’ailleurs, car certaines sont très douées pour détruire des cœurs en y enfonçant le talon aiguille de leur chaussure.

Si on résume, je pense que personne ne mérite qu’on renonce à l’amour pour lui ou pour elle. C’est comme si on renonçait aux études à la première mauvaise note ou que l’on démissionnait après un souci au travail. Non, c’est trop bête. Est-ce qu’un Roberto mérite qu’on se prive de doux moments avec un autre homme par la suite ? Non ! Est-ce qu’un Roberto mérite qu’on se cloisonne dans un couvent pour le reste de nos jours ? Non ! Perso, quand j’ai une peine de cœur, je me rappelle de toutes les fois où je me suis relevée. J’ai survécu à tant de choses, je vais pas abandonner maintenant, ce serait trop bête. Avoir souffert tout ça pour ça, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Aucun narcisse boursouflé ne réussira à nous briser le cœur de façon irrémédiable. Qu’on se le dise !

I will survive

Par Gauthier

 

At first I was afraid

I was petrified

Kept thinkin’ I could never live without you by my side

But then I spent so many nights

Thinkin’ how you did me wrong

And I grew strong

I learned how to get along

And so you’re back from outer space

I just walked in to find you here with that sad look upon your face

I should have changed that stupid lock

I would have made you leave your key

If I’d have known for just one second you’d be back to bother me

Go on now, go

walk out the door

Just turn around now

You’re not welcome anymore

Weren’t you the one who tried to hurt me with goodbye

Did I crumble

Did you think I’d lay down and die?

Oh no not I

I will survive

Oh, as long as I know how to love I know I’ll stay alive

I’ve got all my life to live

I’ve got all my love to give

And I’ll survive

I will survive

Hey hey

It took all the strength I had not to fall apart

Kept trying’ hard to mend the pieces of my broken heart

And I spent oh so many nights

Just feeling sorry for myself

I used to cry

But now I hold my head up high

And you see in me

Somebody new

I’m not that chained up little person still in love with you

And so you feel like droppin’ in

And just expect me to be free

But I’m savin’ all my lovin’ for someone who’s lovin’ me

 

Oui ce sont bien les paroles de l’indémodable tube disco par excellence : I will survive de Gloria Gaynor. Pourquoi je vous les balance ici ? Je vais essayer d’être court et surtout compréhensible (pour autant que je puisse l’être). J’adore cette chanson. Elle ne représente pas vraiment quelque chose pour moi, c’est juste que je la trouve gaie et entraînante. Ça tombe bien, c’est le but premier du disco.

 

Je ne l’écoute pas souvent. La plupart du temps, je la mets en soirée quand j’ai bien bu pour hurler un bon coup, ou je me déhanche dessus dans une boite minable (une boite qui passe encore du Gloria Gaynor ça existe aussi à Paris, faut pas croire… pffff). Bref, du fun, encore du fun, toujours du fun. Ça tombe bien je suis quelqu’un de fun.

 

Nina me la chante depuis une semaine sur MSN pour me faire rire. Et je l’écoute en boucle dès que je suis devant mon mac. Pourquoi ai-je un tel besoin de disco débile en ce moment ? Non pas parce que je suis une grosse tafiole dénuée de goût musical (Manu Katché si tu nous regardes : des fleurs !). Non j’ai juste besoin de me remonter un peu le moral.

 

Dimanche soir, j’ai pris un TGV lancé à pleine vitesse dans ma gueule. La sale mauvaise nouvelle, celle que je ne pouvais pas sentir venir. Et depuis j’accuse un peu le coup. J’aurais voulu vous amener ça de façon plus tendre peut-être plus littéraire aussi. Mais j’en ai pas du tout l’envie, et encore moins la force. Je suis vidé de toute consistance (déjà qu’à la base c’est pas la joie !).

 

Pour planter le décor : je couche avec un inconnu, la capote explose, je m’en rends compte après le coït, il flippe, je ne comprends pas pourquoi. Je lui dis que je suis séronégatif, il flippe toujours. Il me dit qu’il est séropositif, je comprends pourquoi il flippe. Et moi ? Ben je suis sous trithérapie préventive depuis le début de la semaine. Alors je n’ai qu’une chose à dire à ce fucking virus : I WILL SURVIVE !

 

Ps : je sais que ça ne se fait pas, mais j’en parle sur mon blog. Je ne voulais pas faire un grotesque copier/coller de mes post de la semaine. Vous méritez mieux que ça. Alors en attendant que je sois capable de reprendre sur les deux fronts, je vous invite à lire ce que j’ai publié sur mon blog. Promis la semaine prochaine je vous consacre plus de temps.

Toujours pas d’’amour

Ici, nous sommes sur un blog de gens hautement cultivés donc je cite du Priscilla, même pas peur. Mais cet article ne concerne pas cette mini-chanteuse qui file tout droit sur les traces d’Alyzée. Puis un petit clin d’oeil à Emma rapport à cette chanson. 

 

Bon, résumons la situation. Il y a trois mois, je décidais de me racheter une virginité, espérant que mon gentil voyant avait raison en disant que sur le plan amoureux « ça allait évoluer sur les trois prochains mois ». Oui, bon, techniquement, il n’a pas eu tort, il y a eu évolution mais ça s’est soldé par un rien. Bon, rassurez-vous, je suis pas en train de pleurer sur ces trois derniers mois que je ne considère pas comme perdus, quelque part, j’y ai gagné. En très résumé : j’ai rencontré quelqu’un que je trouvais trop bien pour moi mais finalement, non, nous étions à égalité.  Donc, au moins, ça a regonflé mon ego même s’il ne s’est rien passé pour des raisons que je ne détaillerai pas ici.

Mais bon voilà, ma nouvelle virginité ne m’a rien apporté, finalement. Dimanche soir, je réfléchissais en faisant mon sudoku (oui, je fais du sudoku pour rêvasser, je suis bizarre) et je me demandais ce que je devais faire. La situation est simple : je n’ai pas de petit ami potentiel et je sais pas vraiment où en trouver. Sur meetic ? Non, déjà donné. Dans les camarades de promo de Gauthier ? Heu ben non plus, le seul à peu près potentiellement baisable, y a une fille qui a fait pipi dessus pour marquer son territoire (métaphore) et elle jette des glaçons sur la première femelle qui s’en approche. Là, c’est pas une métaphore, c’est véridique.

Alors que faire ? Trouver un plan D (comme dérivatif) en attendant ? Dans ma besace à mec, il ne me reste que Laurent dit l’obsédé. Bon, alors, certes, il était très mignon et j’ai un bon souvenir de nos brouettes mais vu comme il m’a saoulée, je ne suis pas sûre que ce soit très bon pour mon ego de me retrouver entre ses pattes. Car le souci majeur, c’est que je sais déjà pas où je pourrais trouver un plan L (comme Love) alors un plan D… Enfin, si, un plan D, je peux en trouver en boîte, par exemple mais bon, en boîte, j’y vois rien donc si c’est pour repartir avec un gars qui ne me plaît pas, autant laisser tomber.

Bon, alors, aucune perspective d’avenir amoureux ? Bah, techniquement, si : avec Zoé, on a prévu une soirée plan M. Elle invite chez elle le petit Ludovic et Bastien plus un couple d’amis et on voit ce que ça donne. Bon, a priori, j’hériterais de Bastien mais rien n’est moins sûr. Enfin, ce n’est pas forcément pour me déplaire : beau petit brun journaliste rugbalistique, y a quand même pire. Mais bon, autant ne pas capitaliser là-dessus, on ne sait jamais… Enfin, quoi qu’il en soit, Zoé m’a promis de s’occuper de moi, vu que M. Zoé fait un retour remarqué. Cool.

Y a un an, j’en étais au même point : « bouhou, mais où trouver un homme ? » Bon, la différence majeure entre l’an dernier et cette année, c’est qu’avant, j’étais limite désespérée (d’où mon inscription meetique). Là, ça fait un an que je suis à Paris, j’ai un réseau d’amis non négligeable et donc des potentialités de rencontres infinies. Par ailleurs, cette petite année m’a montré que j’étais pas le vilain petit boudin que je croyais être et comme je suis en phase de régime, je me sens mieux dans ma tête. Rien ne me stimule plus que
ma petite demi-heure de rameur quotidienne, je transpire, j’écoute la musique, je sens mes muscles qui travaillent et je suis même pas mâchée donc aucune raison de s’arrêter en si bon chemin.

Mais bon, même si le célibat en lui-même ne me pèse pas, le fait de ne pas avoir de perspective amoureuse est un peu ennuyeux. Oui, je m’ennuie, je n’ai rien pour rêvasser le soir, pas de carotte au bout du bâton pour être encore plus motivée pour ramer et ne pas aller au McDo du coin me substanter. Heureusement pour moi, je fais confiance à la vie, je sais bien qu’elle va me mettre dans les pattes un charmant jeune homme au moment où je m’y attendrai pas. Déjà, la semaine prochaine, je vais commencer un nouveau boulot, y aura peut-être un choupinou rien que pour moi. Bon, certes, il y a le DRH qui est très mignon mais bon, un supérieur hiérarchique, c’est pas l’idée du siècle, il me semble. Mais bon, y a un millier d’individus dans cette foutue entreprise, ça multiplie les contacts.

Après, il y a toujours des moyens de multiplier les rencontres. Je pourrais, comme Anne, me mettre à la danse, c’est très bon pour rencontrer des hommes mais je sais pas si je suis particulièrement douée pour cet exercice. Je suis pas sûre que bousiller les pieds de mon partenaire soit une merveilleuse idée pour le convaincre de venir boire un verre chez moi (ou aller en boire un chez lui, je suis pas sectaire). De plus, nous sommes en avril, ce genre d’activités se termine en juin et j’ai un peu raté les six derniers mois de cours donc je ne pense vraiment pas que ce soit une bonne idée.

L’an dernier, alors que je sortais ma litanie : « bouh, personne il m’aime et je sais même pas où trouver un homme ! », Gauthier m’avait suggéré de faire du caritatif : un bel homme généreux, c’est le pied. Oui, certes, sauf que donner de mon temps pour une mauvaise raison (trouver un homme, pas aider mon prochain), je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée. Très honnêtement, ça fait quelques temps qu’un engagement social me titille : quitte à avoir du temps libre, autant que ça serve à quelqu’un qui n’est pas moi. Mais je peux pas faire ça dans une optique de drague, ce n’est pas honnête. Quelque part, ce serait exploiter le malheur d’autrui pour mon propre bonheur donc même si un gars engagé me paraît être un bon parti, je ne rejoindrai jamais une ONG ou association dans cette optique-là. Mais merci de m’aider à remédier à ma solitude, mon moumour.

Le problème en amour, c’est que moins on le cherche, plus on le trouve et vice-versa. Alors que faire ? Attendre patiemment que ça nous tombe dessus ? Attendre et patiemment ne faisant pas particulièrement partie de mon vocabulaire, je me vois mal rester le cul posé sur une chaise et voir ce qu’il se passe. D’un autre côté, mes expériences passées m’ont montré que plus je cherchais, plus je me fourvoyais. Et l’amour avec un petit ou un grand a est toujours arrivé par la petite porte, celle que je n’avais même pas vue. Seulement, pour ne pas la voir, il ne faut pas la fixer. Et pour ne pas la fixer, faut avoir un plan D pour nous divertir. Mais où le trouver mon plan D ? Hop, on en revient au point de départ.

Donc, voilà, ma vie sentimentale ressemble à un rubik cube et je suis aussi nulle en amour qu’en géométrie spatiale. En attendant de réussir ce foutu casse-tête et décider quel chemin emprunter, je rêvasserai à Brad Pitt, ça m’occupera

Fidélité avant le couple ?

A partir de quand est-on engagé avec une personne ? A partir du premier baiser ou à partir des premières tentatives de drague ? La question peut paraître curieuse mais pourtant, il est bon de se la poser.

 

L’autre jour, je discutais avec Zoé sur MSN et j’essayais tant bien que mal de la conseiller sur sa vie sentimentale. Je me sens pas du tout experte en la matière mais des fois, quand on est pris dans une situation, on ne voit rien donc rien ne vaut un regard extérieur. Donc pour résumer la situation Zoé est en attente : cet homme qui n’est pas (encore) le sien, elle le veut mais monsieur tarde à venir. Le problème c’est que plus elle attend, plus elle est sous pression et ce que je crains, c’est qu’elle lui explose à la figure. Le problème, c’est qu’ils ne sont pas un couple et que monsieur ne lui doit rien. Donc, ne sachant plus comment faire, je lui conseille de vivre sa vie de célibataire : s’il doit venir, il viendra, en attendant… Donc, l’autre soir, je la pousse à sortir avec le charmant Ludovic (son plan M, aussi) et ses,potes car on ne sait jamais. Pour la convaincre, je viens même avec elle, moi qui ne connaît rien au foot, si ce n’est ce que je voyais dans Olive et Tom. Résultat : bah rien mais au moins, Zoé a envisagé la possibilité que, éventuellement on ne sait jamais, il pourrait se passer quelque chose avec Ludovic (qui est un garçon bizarre mais très gentil).

Ceci étant, les filles, quand elles sont amoureuses, elles ne voient plus que l’objet de leur amour, les autres mecs peuvent aller se faire foutre. Zoé, elle verrait même pas Brad Pitt si elle le croisait dans la rue (sauf si elle est avec moi parce que je me jetterais sur lui !). Et le pire, c’est que je la comprends. Ado, j’étais la pro de la fidélité au mec dont j’étais amoureuse alors que lui ne savait même pas que j’existais… Mais j’allais pas sortir avec un autre mec alors que je ne voulais que lui ! Non mais imaginez que monsieur sait que j’existe et qu’il n’ose pas faire le premier pas et là, il me voit me faire lécher la pilule par un autre mec, je vais ruiner toutes mes chances ! Oui, ado, j’étais une extrémiste de l’amour et totalement naïve-idéaliste. Combien de mecs j’ai repoussé à cause du beau mec là-bas ! (enfin, combien, pas tant que ça, mais quand même…).

En grandissant, les choses ont un peu évolué. Prenons ma relation avec Arnaud, surtout la période pré-couple. Je sais que je lui plais, il sait qu’il me plaît, on sortira ensemble quand il reviendra de ses vacances. Mais pendant que monsieur se faisait dorer la face à la
plage, je n’ai pas été des plus sages. Après tout, nous n’étions pas ensemble et je ne lui devais rien (et réciproquement). Pourtant, je n’avais qu’une trouille, c’est qu’il tombe sur le blog et apprenne que sa dulcinée avait partagé sa couche avec d’autres mecs que lui, en attendant… Culpabilité mal placée ? Je ne sais pas.

Récemment, Anne nous a raconté que l’objet de son désir avait fauté avec une autre avant de se tourner vers elle (ils sortent ensemble, je cafte). Peut-elle lui reprocher ? Bon, techniquement, elle peut lui reprocher d’avoir été un second choix, ça oui, mais pour le reste… Après tout, tant qu’on n’est pas un couple, se doit-on fidélité ? A partir du moment où on n’est pas un couple, qui suis-je pour faire une scène à ce mec qui a profité de son statut de célibataire ?

Je pense que tout dépend des sentiments que l’on a avec le monsieur en question. Quand je suis vraiment attirée par un mec, je ne vois pas les autres donc la question ne se pose pas. Avec Arnaud, j’étais dans une phase intense de brouette… Et je ne me sentais pas amoureuse de lui, même s’il m’attirait. Peut-être y avait-il le fait aussi que je savais que c’était du tout-cuit et, du coup, je voulais profiter de mes derniers jours en tant que célibataire. Car quand j’ai des doutes sur la finalité de mon plan drague, je suis beaucoup
moins « volage ». Exemple, avec sieur Julien. Donc voilà, je le rencontre, je le veux, je veux qu’il soit le père de mes enfants (non, là, je déconne). Or les choses n’avancent pas vite et voilà que monsieur Benoît vient frapper à ma porte. Je cède, je cède pas ? Après tout, je suis célibataire, je fais ce que je veux. Finalement, je le laisse venir mais j’ai comme un arrière-goût de culpabilité.

Après tout, engager son cœur, est-ce s’engager, soi ? C’est discutable et je pense que cela dépend de chacun. Quand je suis amoureuse (avec un petit a), je suis tellement obsédée par le mec qui occupe mes pensées qui les occupe même pendant les soirées pleines de charmants célibataires (quoi qu’en ce moment, mes soirées sont certes pleines de célibataires mais pas charmants). Dès que j’ai deux minutes pour rêvasser, je me branche sur le canal « objet de mes désirs » et j’imagine ce que nous pourrions faire si nous étions ensemble, nos deux corps qui se touchent, qui se mélangent, raaaaaaaaaah ! Bon, il dégage ce mec célibataire qui me trouble dans ma rêverie ? Il voit pas que les étoiles dans mes yeux ne lui sont pas destinées ?

Et pourtant, si je conseille à Zoé de vivre sa vie de célibataire en attendant, ce n’est pas pour dévier sa route de celle de M. Zoé (parce que je reste obscurément convaincue qu’ils finiront ensemble, même si je ne peux l’expliquer) que pour la « détendre ». Oui, quand on attend un mec, on devient vite monomaniaque, comme je l’expliquais. Le danger ? La morosité si monsieur ne vient pas. Plus on pense à lui, plus on s’accroche et la chute risque d’être plus dure le jour où on comprendra que monsieur ne viendra jamais. Sortir avec un autre, c’est se préserver. Mais un autre problème est soulevé là : sortir avec un mec « en attendant », c’est risquer de blesser le mec en question le jour où monsieur viendra. Que tout ceci est compliqué, quand même. La solution serait alors d’avoir un petit plan
brouette en attendant mais faut être honnête : un plan brouette n’a jamais occupé mes pensées suffisamment pour oublier « l’objet de mes désirs », bien au contraire. Après, non seulement je culpabilise mais en plus, je me dis que j’aurais préféré dormir dans les bras de chouchou plutôt que dans ceux de ce plan brouette dont je me fous royalement

En fait, j’ai beau dire et beau faire, je suis une fidèle avant l’heure et, quelque part, ça m’énerve. Mais j’ai la trouille de faire fuir chouchou pour une nuit de galipettes qui ne le regarde pas. Certes, je ne lui dois rien et je fais ce que je veux tant qu’on ne sort pas ensemble mais il occupe tellement mes pensées que je me sens infidèle quand j’agis de la sorte. Pourtant, ma propre expérience m’a démontré que sortir avec un mec quelques jours avant de conclure avec un autre n’était pas négatif en soi. En effet, quelques
jours avant de sortir avec Guillaume 1er, j’avais mélangé ma langue toute la soirée avec un mec en boîte (celui qui faisait 2 mètres). Evidemment, le lundi, à peine arrivé à la fac, Gauthier se sent obligé de le lui raconter. Bon, Gaugau, il n’avait pas compris ce qui allait se passer et moi non plus, honnêtement. Ben, Guillaume, il a rigolé de l’anecdote et quelques jours plus tard, on entamait une relation de 4 ans et demi. Comme quoi…

Alors, voilà. « L’infidélité » avant le couple peut être salvatrice dans le sens où ça peut nous permettre de décompresser. Ca nous évite
par exemple d’exploser à la figure de chouchou : « bordel de merde, t’attends le déluge pour sortir avec moi ou quoi ? ». Ceci étant, le pas n’est pas toujours facile à franchir et ça peut faire plus de mal que de bien.

Questionnaire bloguesque

1. Attrapez le livre le plus proche de vous, allez à la page 18, qu’y a-t-il d’écrit à la 4ème ligne?
« évocations matinales et grâce à une mystérieuse », Bof ! d’Alberto Moravia.

2. Étirez votre bras gauche aussi loin que possible…
Oui, ben voilà.

3. Quelle est la dernière chose que vous avez regardé à la TV ?
Soirée Paris Première : Scrubs (j’adore), L’ultime souper, Sleepwalker et le tournoi de Poker, j’ai pas tout pigé, là…

4. Sans vérifier, devinez quelle heure il est:
2H30, je suppose.

5. Maintenant, vérifiez, quelle heure est-il réellement ?
2h26, je suis trop forte.

6. En dehors du bruit de votre ordinateur, qu’entendez-vous ?
La télé que j’ai pas éteint.

7. Quand êtes-vous sorti pour la dernière fois ? Qu’avez-vous fait?
Hier soir, vers 22h45, je suis allée sur les Champs avec Gauthier et la Rouquine (et d’autres personnes), le froid nous a rejoint, nous sommes allés dans une première boîte par là puis dans une
2e plus loin. Aujourd’hui, j’ai pas mis le nez dehors

8. Avant de commencer ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Des blogs.

9. Que portez-vous ?
Un t-shirt XL bleu marine, mon vieil adidas et des pantoufles

10. Avez-vous rêvé la nuit dernière ?
Oui mais je me souviens pas vraiment…
11. Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
Hier soir. Aujourd’hui, j’étais trop morose, j’ai juste souri devant Scrubs.

12. Qu’y a t il sur les murs de la pièce où vous vous trouvez ?
Un miroir, un tableau abstrait très beau.

13. Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Vu, non, je crois pas…

14. Que pensez-vous de ce questionnaire ?
J’ai pas compris le truc du bras gauche.

15. Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Sleepwalker, donc.

16. Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, qu’achèteriez-vous ?
Un journal comme ça, j’aurai plus de soucis à me faire pour le boulot.

17. Dites-nous quelque chose que nous ne savons pas à propos de vous
Mes pieds sont vraiment vilains

18. Si vous pouviez changer une chose dans le monde, en dehors de la culpabilité ou de la politique, que changeriez-vous ?
De l’eau potable pour tous, ça marche ? Et puis tant qu’à faire, j’éradiquerais la pollution.

19. Aimez-vous danser ?
Oh oui, ça défoule.

20. George Bush:
Le premier Président suffisamment con pour arriver à s’étouffer avec un bretzel et qui s’en vante en plus. Ca fait peur, hein ?

21. Quel serait le prénom de votre premier enfant si c’était une fille ?
Héloïse

22. Quel serait le prénom de votre premier enfant si c’était un garçon ?
Philippe

23. Avez-vous déjà songé à vivre à l’étranger ?
Oui, au Canada.

24. Que voudriez-vous que Dieu vous dise quand vous franchirez les portes du paradis ?
Tu te réincarnes bientôt, pas de panique.
25. Quelles sont les 4 personnes qui doivent faire ce questionnaire sur leur propre blog ?
Je laisse le soin aux blogueurs intéressés de perpétuer la chaîne.

Cravachons l’’hippopotame

Les années se suivent et ne se ressemblent guère. Il y a un an, à peine arrivée sur Paris, je fêtais mon anniversaire avec Gauthier et Lucie montés pour l’occasion, Clara qui
vivait chez moi et son meilleur ami et Pedro, qui nous avait bien emmerdé toute la soirée (« non mais moi je veux pas faire ça ou ça. Et puis d’abord, c’est Nina qui choisit, tu veux faire ce que Gauthier propose ou ce que je propose ? » Curieusement, Gauthier a gagné). Une soirée sympathique mais qui ne restera pas forcément dans les annales (sauf ma bûche mémorable sur le trottoir à St Michel).

 

Cette année, je fus gourmande : pour fêter mes 26 ans, qui me rapprochent inexorablement de la trentaine, j’ai décidé de le faire trois fois. En fait, au début de l’année 2006, j’étais trèèèès pessimiste sur ces 26 ans, j’avais un peu peur de revivre mes 22 ans, la pire année de ma vie, d’après mes souvenirs (premier échec scolaire de ma vie, des décès en pagaille dans mon entourage, rupture d’Alice et Anthony…). Pourtant, plus l’échéance approchait et plus je me sentais sereine, je pense que mon petit CDD a bien aidé. Première fête d’anniversaire à Toulouse avec Mister Big, Anne, Lucie et un couple d’amis. On va boire dans un bar toulousain et on rit comme des petits fous, quelle merveilleuse séance d’abdos. J’avoue que j’étais ravie de cette petite soirée car, l’an dernier, je n’avais pas pu le faire avec Anne, mon amie d’enfance, et ça m’avait fait un peu bizarre. Fête deux : avec ma famille. Samedi soir, le lendemain, petite soirée en famille, papa, maman, Johann et Alice (Anthony étant resté sur Paris pour passer son concours de pompier). Et comme j’avais pas encore assez mangé et bu du week-end, le dimanche, on se fait un petit repas en famille avec ma mamie et ma tante. Tout ça se solde par un paquet de nouvelles fringues, un livre de cuisine et un kit de massage (ma famille chercherait-elle à me caser ?).

 

Retour sur Paris. Mon anniversaire étant jeudi soir, il paraît logique de fêter ça le vendredi soir comme ça, on peut se coucher tard. La liste des invités est la
suivante :

– 3 vingtenaires : Tatiana, Gauthier et moi.
– 2 blogueuses : La rouquine et Lilvirgo
– 3 lecteurs : Lefroid, Bernardin et Sechev
– 2 amies parisiennes : Sab et Zoé
– 1 membre de ma famille : Alice
– 1 élément rapporté que je connais pas : un copain gay de la rouquine.

Bon, tout le monde arrive (en retard) sauf Zoé qui est malade mais qui n’a pas l’appendicite, rassurons-nous. Forcément, nous avions réservé une table dans notre bar-restaurant de
prédilection, où nous passons pas mal de soirées depuis octobre. Bon, on est un peu serrés à table, nous voilà tous très intimes. A côté de moi, j’ai pris ma sœur qui ne connaît pas le blog donc ordre du jour : deux mots sont interdits : « Nina » et « vingtenaire ». On discute et Alice me sort : « bon, et faut appeler les gens par leur vrai nom ou leur pseudo ? » Mon cerveau passe en mode alerte : mais comment elle sait ça, elle ? J’ai bien envoyé un mail à tout le monde sauf la miss pour donner les vrais prénoms,
aurais-je commis la faute de lui adresser aussi ? Non, c’est mon Gauthier d’amour qui a envoyé un mail à tout le monde (y compris ma soeurette) de sa boîte gauthier.vingtenaire en intitulant le dit message : « anniversaire [biiiiiiip]/Nina ». Bon, ça, c’est fait.

Elle a eu droit aussi à la fameuse histoire du sperme qui rend la peau douce. Comme je ne suis pas sûre que cette histoire ait été racontée ici, je vous la retranscris. C’était en deuxième année de fac, j’étais au resto U avec Gauthier et un copain commun, Guillaume (pas celui avec qui je suis sortie). J’étais en train de bouquiner quand Guillaume dit : « et alors, il paraît que le sperme, ça rend la peau douce. » Et là, je me frotte le coin de la bouche et je lâche un merveilleux : « ah ouais ! ». Bon, elle a eu droit à plein d’autres histoires sur ma personne, notamment celles où je fais l’amour à des étagères et des grilles en fer forgé en boîte. Donc ma sœur ne me regardera plus jamais comme avant, c’est clair et net. Elle m’a aussi révélé au passage qu’elle savait que je fumais. C’est fou comme c’est difficile de cacher des choses aux gens qui vous connaissent…

 

Bon, je ne parlerai pas de la qualité de la bouffe, très bonne, mais là n’est pas la question. Abordons l’essentiel : mes cadeaux. Bon, comme j’en ai eu plusieurs (hihihihi),
ils ont été distillés tout au long du repas. Oui, les cadeaux, c’est comme les brouettes, faut pas tout donner d’un coup, faut profiter de chacun d’entre eux. Entre en piste cadeau n°1 : un petit hippopotame tout bleu, tout doux, avec de grands yeux tout mignons et qui a la particularité de vibrer. Bon, déjà, on a mis deux heures à mettre les piles, le couvercle refusant de se fermer puis le gentil hippopo a fait plusieurs fois le tour de toute la table, toute la table voulant l’essayer : « oh, mais c’est tout doux ! », « oh, ça vibre ! », « oh ouah ! Ca fait vachement de bien » (personne ne l’a testé de façon intime, je préfère préciser). Mon ami l’hippopotame, baptisé Hugo, a été l’objet de toute l’attention, Le Froid a même tenté de me le subtiliser (la photo est d’elle, on applaudit).

 

Après le plat principal entre le cadeau n°2, celui que je réclamais à corps et à cris depuis 6 mois et qui était enfin entre mes petites menottes excitées : une cravache que
j’ai baptisée Monica. Oui, j’aime donner un nom à mes objets coquins et alors ? Monica n’est pas très grande mais elle est très jolie, tout à mon image. Elle manque encore un peu de souplesse mais ça viendra avec le temps. J’ai donc passé le reste de la soirée à jouer avec, à l’agiter sous le nez des gens quand je veux leur parler et à en cravacher quelques uns. Bref, si Gauthier avait eu quelques doutes sur ce cadeau, il n’en avait plus, après. Enfin, troisième et dernier cadeau : un après-midi shopping, youhou ! Je vous tiendrai au courant de cette dernière partie du cadeau. J’ai aussi eu droit à deux roses, une offert par La rouquine, une autre par un gars qui fêtait son anniversaire à la table d’à côté. Ca devait faire trois ou quatre ans qu’un homme m’avait pas offert de roses…

 

Enfin, samedi, j’ai eu un dernier petit cadeau qui m’a fait très plaisir. Nous sommes sortis avec La rouquine, Le froid et Gauthier (of course), une folle soirée où j’ai dansé
comme une folle. Note pour moi-même : ce n’est pas une bonne idée de danser quand on a eu un torticolis dans la semaine, faut que j’apprenne à danser sans jeter ma tête de droite à gauche pour faire de supers effets avec ma chevelure. Bref, vers 4h du matin, Gauthier et moi décidons de nous transposer dans notre boîte gay préférée, prenant Le Froid sous le bras. La semaine précédente, j’avais harcelé le barman pour qu’il m’offre la merveilleuse paire de menotte en foufoune rose qui pendait à côté des bouteilles et qui étaient toutes malheureuses, seules, inutiles, inexploitées. Donc cette semaine, je reviens et je fais : « hé, tu sais, c’était mon anniversaire, jeudi ! ». Et là, je les ai eues, mes belles menottes. Et bien, la foufoune rose est très douce, je me suis baladée pour la fin de la nuit avec mes menottes au poignet, yahaa !!

 

Bon, maintenant, me reste plus qu’à trouver le monsieur qui fera la connaissance Monica et des menottes à qui j’ai pas donné de nom…

 

Voilà, j’ai maintenant 26 ans et je reprends ma vie en main, j’ai profité du week-end pour régler des choses qui ne pouvaient plus attendre, il est temps de ne plus subir les
événements mais de les maîtriser. Déjà, à peine ai-je soufflé mes bougies que je vais commencer un nouveau boulot. Ca commence plutôt bien, non ?

 

Pour terminer : je remercie les gens qui sont venus à mon anniversaire, j’ai passé une super bonne soirée et j’étais ravie de mes cadeaux. On se refait ça l’an prochain,
hein ?

Acteur ou témoin ?

Samedi 13 heures. Comme tous les samedis, la famille est installée devant la télé et regarde le JT. Peu importe la chaîne, au fond, le spectacle est sensiblement le même. En ce moment, ce qui fait fureur, ce sont les manifs Anti-CPE. Mais pas tellement le côté manifestation de syndicats qui ont un discours, non, pas tellement le côté les étudiants découvrent le militantisme et ont des choses (parfois même intéressantes) à dire, non. Ce qui est amusant de montrer, ce sont les casseurs, ces espèces de brutes épaisses qui ne savent sans doute même pas ce que veut dire CPE et qui croient que Chirac est juste un personnage en latex d’une émission bizarre. Et on les voit : là, ils brûlent une voiture, là, ils pètent une vitrine, là, ils cognent un étudiant qui n’avait rien demandé. Le tout sous le regard impitoyable de la caméra.

Je regarde donc les infos et là, grande réflexion. En tant que journaliste, tu serais à la manif, tu ferais quoi ? Est-ce que je filmerais aussi un pauvre gamin en train de se faire tabasser ou je poserais ma caméra pour essayer de faire quelque chose (bon, ok, du haut de mon mètre 57 avec ma tête de Bisounours, je ne fais pas vraiment peur mais quand même…) ? Suis-je avant tout journaliste ou citoyenne ? Franchement, ce questionnement me laisse perplexe, j’essaie de réfléchir. Je vous rassure, à la fin, je sais toujours pas. Et puis, je me dis
que c’est toujours facile de raisonner par l’absurde et de se donner les vêtements du héros tant qu’on n’est pas confrontés à la situation. Genre tous les gens qui disent : « moi, à la seconde guerre mondiale, j’aurais été résistant ». Mais bien sûr, c’est tellement facile de dire ça 60 ans après sans jamais avoir connu l’état de guerre. Ah, ça, les courageux virtuels, y, en a, mais pour le reste… Enfin, bref, je vous fais quand même part de mes élucubrations.

 
Journaliste

Bon, imaginons que je suive une formation de JRI (journaliste reporter d’images) et que je me retrouve employée par France 2, on me jette dans la manif. Alors, pour ceux qui n’ont pas fait journalisme, je préfère préciser : on ne part pas de la rédaction avec juste le matériel. Non, si on va là-bas, c’est avec une thématique précise. Par exemple, France 2 va envoyer deux équipes sur les manifs, une qui traitera de la manif en elle-même avec deux, trois interviews de syndicalistes étudiants et de manifestants lambda et une autre qui couvrira la violence des casseurs. Donc j’hérite du sujet et je pars avec mon acolyte, Jean-Paul. Nous voilà arrivés sur les lieux, on règle la caméra, c’est lui qui filme parce qu’une caméra, c’est lourd et que je suis une petite chose fragile. Surtout petite, je filmerais plus le cul des manifestants que leur tête et comme je suis censée bosser à France 2 et pas à Pink TV, ça le fait pas. Donc Jean-Paul
tourne, moi, je microtte et je repère ce qu’on peut filmer. Oh, devant moi, un gentil étudiant qui ne demandait rien à personne vient d’être la proie d’un groupe de casseurs qui l’ont fait chuter au sol et commence à lui filer des coups de pieds et de poing pour lui voler son portable. En tant que journaliste, que fais-je ? Je hurle : « tourne ! ». On filme donc l’agression, on coupe quand les agresseurs sont partis avec le portable, la montre, l’ipod et la paire de reebok (heureusement, le gars portait un slip pas tendance du tout). On attend que le
petit se relève, crache sa dent cassée et on attaque. On fonce sur lui avec notre caméra et interview. Avec de la chance, le petit est dégoûté par ce qu’il vient de lui arriver et va nous faire un bon petit témoignage. Hop, on enregistre, on prend son nom. Comme on est sympa, on reste deux minutes avec lui en attendant que quelqu’un vienne le soigner puis on file. Vous croyez quoi,
vous ? Qu’on fait un reportage de deux minutes avec juste une agression ? Mais non, il faut toute une série d’images choc, on fait deux, trois interviews d’agressés, le meilleur gagne le droit de passer au JT de 20 heures. Les autres, c’est définitivement pas leur jour mais avoir ses quinze minutes de gloire parce qu’on s’est fait piquer son sac, ça craint du boudin. Pour fignoler, on interroge un représentant des forces de l’ordre et direction la rédaction pour monter notre sujet. Ces gamins tabassés ne sont plus que des noms griffonnés sur un papier, on est plutôt content : on a bien travaillé. Tant pis si un de nos interviewés a eu le bras cassé.

 
La citoyenne

On recommence, Jean-Paul et moi, lui caméra, moi, micro. Le gamin se fait attaquer et là, en tant que citoyenne, je cherche de l’aide. Oui parce que passer de la journaliste à la citoyenne ne me fait pas grandir et ne me donne pas de muscles donc j’essaie de trouver très rapidement soit une autorité compétente soit des jeunes étudiants qui seront prêts à aider leur pote. Même Jean-Paul est prié de mettre la main à la pâte. Le gamin, une fois débarrassé de ses bourreaux, on l’aide à se relever et on l’amène vers les pompiers pour qu’on le soigne. Naturellement, je ne supporte pas la violence, c’est un truc qui me dépasse complètement. Une fois, j’ai été témoin d’une agression, j’étais en voiture avec Anthony, on s’était perdus du côté de Rosny sous Bois. Je vois des gamins courir et bondir sur un collégien, sur le coup, je me dis : tiens, ce sont ses copains. En trente seconde, le collégien se retrouve par terre roué de coups, le portable tiré et les voyous déjà repartis dans la cité. J’avoue que je n’ai pas tout compris tellement c’est allé vite, personne n’a réagi mais je m’en suis voulue de n’avoir rien fait. Bon, techniquement, je vois pas ce que j’aurais pu faire mais si tout le monde laisse faire tout le monde comme ça, on ne s’en sortira jamais, à mon avis.

Le dilemme est simple : dois-je faire mon boulot envers et contre tout ? Est-ce que filmer ses actes de violence ne revient pas finalement à les banaliser ? Ou au
contraire les dénoncer. Le problème essentiel du journalisme est, à mon sens, qu’à force de montrer des images spectacle, on finit par être comme anesthésiés. Par exemple, prenez des images du tsunami ou du 11 septembre. Au début, ça vous remue. Au bout de la 20e rediffusion, vous mangez vos spaghettis devant toutes ces vies qui s’achèvent sans sourciller. Autre problème qui me paraît de taille : la multiplication des vidéastes amateurs. Ah ça, pour sortir le camescope et tourner une scène de violence, va y avoir de plus en plus de monde mais pour bouger… Tout dépend de la situation, jamais je ne me scandaliserai si un amateur lambda filme une prise d’otage et n’intervient pas, c’est peut-être mieux. Mais souvenez-vous de la vidéo d’une femme en train
de se noyer au Mont Saint Michel… Et voilà, on filme avec indifférence une vie en train de s’achever. Il y avait un film pas mal du tout sur le sujet avec Elie Semoun, je ne me souviens absolument pas du titre, un journaliste qui travaillait aux States et qui filmait des gens mourant, comme ça, sans intervenir. Mais au fond, quel est le rôle du journaliste ? Montrer. Le journaliste n’est pas censé intervenir sur les événements. Je citerai ici Gérard Filion, journaliste Québécois et ancien directeur du journal Le Devoir : « Ceux qui l’écrivent [l’histoire] seraient incapables de la vivre ; ceux qui la vivent n’ont pas le goût de l’écrire. » Les journalistes sont, quelques part, nos yeux et nos oreilles, ils nous permettent de voir ce qu’il se passe partout dans le monde mais n’interagissent pas avec ce qui se déroule sous leurs yeux. Tel est leur métier, tel est mon métier.

Alors, à la question qu’aurais-je fait, je crois qu’il sera plus honnête de répondre : je tourne. Même si la violence me donne la nausée, même si ça m’emmerde de laisser ce pauvre gosse se faire tabasser au lieu de l’aider, je n’ai pas le choix. Mon métier, c’est montrer, relater, inscrire sur un support un moment de notre histoire. Suis-je contrainte d’accepter ça ? Oh non, je peux tout à fait me rebeller, dire au rédac chef d’aller se faire foutre, que je refuse de rentrer dans cette surenchère de la violence…et je peux retourner le cœur lourd à l’ANPE. Car si quelqu’un doit changer la société, ce ne sera pas, a priori, un journaliste.

 
(à suivre)

Episode 6

Ethan serra une dizaine de mains avant d’arriver devant Bill Oxford. Il était vraiment impressionné par cet homme qui avait conçu cette ville et la dirigeait de main de maître.
Après tout, on ne pouvait pas lui imputer la responsabilité de ce qu’il se passait chez les exclus : lors du recensement, on avait fait des erreurs de calcul et il n’y était pour
rien.

Bill l’aperçut et lui sourit, ce qui lui fit battre le cœur : c’était la première fois de sa vie que quelqu’un d’aussi important faisait attention à lui et lorsqu’il lui serra
la main, il ne put s’empêcher d’afficher un sourire idiot.

« Oh, Bill, regarde, c’est Nicholas Geller, là-bas, remarqua Kelly. Allons le saluer. Excusez-nous. »

Elle entraîna son époux vers le général, plantant là tous ceux qui avaient voulu saluer leur maire bien aimé. Neve lui attrapa le bras et l’entraîna à l’écart.

« Je peux savoir où tu étais ? Ce sont nos fiançailles et tu dois être avec moi pour accueillir les gens : j’ai l’air de quoi, moi, toute seule ?  »

Il soupira et la suivit pendant une bonne demi-heure parmi les divers groupes, ce qui l’ennuyait au possible : il n’était pas très doué pour les mondanités. A un moment, il
aperçut Oceany Antelwort            Geller en pleine conversation avec Mark Oxford. Elle était plutôt jolie, même si on ne pouvait pas dire
qu’elle appartenait aux canons de beautéen vigueur, contrairement à Kelly Oxford, notamment. Elle était plus petite et plus musclée, ce qui était plutôt étonnant pour une élitaire : en
général, elles ne faisaient pas de sport, hormis de l’équitation ou le tennis. Elle lui rappelait  vaguement quelqu’un, mais il ne voyait pas qui. Il continua de l’observer, étudiant
minutieusement chacun de ses traits.

« Ethan ! On t’a posé une question, annonça Neve, légèrement agacée.

– Pardon ?
– M Leighton t’a demandé si tu jouais encore au tennis.

– Oh, excusez-moi, je regardais pour voir si tout allait bien…Hum, je n’ai pas joué depuis très longtemps, il faudrait que je m’y remette. »

Les autres repartirent dans leur conversation et il fit semblant de les écouter en hochant la tête de temps en temps, histoire de manifester un quelconque intérêt à ce que disaient
ses invités. Mais le récit des exploits sportifs de Leighton n’était pas vraiment passionnant.

—–

            Oceany jeta un coup d’œil discret en direction de la grande horloge qui produisait un véritable spectacle
aquatique. A chaque seconde, un plateau descendait, faisant basculer un plan incliné, faisant tomber de l’eau dans un circuit…mais ce n’était pas ce qui l’intéressait, elle voulait juste savoir
quelle heure il était. Mark Oxford ne semblait pas vouloir la lâcher et elle craignait de ne pas pouvoir s’introduire dans les vestiaires pour subtiliser quelques passes. Cependant, elle s’en
voulait un peu de se conduire ainsi : Mark était un garçon charmant, même s’il était très naïf. Il ne se rendait pas compte que son père n’était pas le gentil démocrate qu’il prétendait être
et se foutait totalement de la vie de ses concitoyens, du moment qu’il pouvait en faire ce qu’il voulait. Ils discutèrent pendant près de trois-quarts d’heure sur des sujets qu’elle jugeait
futiles, mais qui correspondaient tout à fait à ce genre de soirées et à ceux qui les fréquentaient. Etait-elle si différente des autres ? Soudain, Kelly vint les interrompre, ce qui la
surprit : elle était persuadée que la jeune femme se moquait éperdument de son beau-fils et ne pensait qu’au fantastique pouvoir de son époux.

« Ah, te voilà, Mark, ton père et moi nous demandions où tu étais passé. Je ne connais pas ta jeune amie, tu fais les présentations.

– Oui : Oceany Antelwort Geller, voici ma belle-mère, Kelly Oxford.

– Oh, mais oui, vous êtes la petite Antelwort, je me souviens de vous, maintenant. »

« Elle se souvient plutôt de mon nom »pensa la jeune fille en réprimant un sourire moqueur.

« Oh, Mark, il faudrait que tu ailles voir ton père, il voudrait te présenter à des gens.

– D’accord. A plus tard, Oceany. »

Il lui baisa galamment la main, puis partit en compagnie de sa belle-mère. Elle s’avança jusqu’au buffet et se servit un verre de punch et s’en renversa discrètement sur son
gant. 

« Oh non, je me suis tachée ! se plaignit-elle à une femme qui était à côté d’elle. Ce que je peux être maladroite.

– Oh, je sais comment faire pour…

– Ne vous en faites pas, j’en ai d’autres dans mon sac qui est au vestiaire, je vais les chercher, mais c’est très gentil à vous de vouloir m’aider.

– C’est naturel. Je suis la mère du fiancé et je veux que cette fête soit réussie pour tout le monde sans exception.

– Et bien, vous avez réussi : cette soirée est vraiment très bien. »

Mme Wadeker sourit et allait commencer à discuter sur sa fête, mais Oceany lui montra son gant avec un sourire d’excuse, puis se dirigea vers les vestiaires. A présent, elle avait
une excellente excuse pour s’y rendre et si des gens se plaignaient de vol, elle pourrait aisément expliquer pourquoi elle y était entrée et Mme Wadeker la soutiendrait. Parfait.

Elle allait entrer dans la pièce quand la porte glissa brusquement et elle entra en collision avec quelqu’un. Elle recula légèrement et s’aperçut qu’il s’agissait de Bryan Masson,
le beau-frère d’Oxford qui semblait assez ennuyé d’avoir été surpris.

« Excusez-moi »marmonna-t-il en filant rapidement. Elle le suivit un instant du regard, puis haussa les épaules : ce type était bizarre, mais elle n’avait pas le
temps de chercher pourquoi. D’ailleurs dès qu’elle entra dans la pièce, elle comprit tout : Kelly était en train d’arranger sa robe et son rouge à lèvres avait bavé. Elle ouvrit de grands yeux
horrifiés quand elle vit Oceany et rougit violemment.

« Qu’est ce que vous faites ici ? demanda-t-elle.

– J’ai taché mon gant, je viens en prendre un autre : je sors toujours avec deux paires de gants blancs, en cas d’accident. Et vous ?

– Je…euh….je…

– Vous veniez remettre votre rouge à lèvres : le vôtre a bavé. Ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien, mais y a des endroits plus discrets pour faire ça. »

Kelly devint cramoisie et la fusilla du regard avant de sortir. Oceany attendit un instant, puis dès qu’elle fut sûre que Kelly était partie, elle plongea la main dans le sac à
côté du sien et chipa deux passes. Elle adorait les maris qui confiaient tout à leur femme. Elle répéta l’opération d’à côté et en récupéra un troisième. Elle continua son inquisition, un peu
plus loin et en trouva deux autres mais elle n’en prit qu’un : il ne valait mieux pas trop en prendre et se faire pincer. Ensuite, elle les glissa dans une enveloppe qu’elle dissimula
derrière l’un des piliers de la salle, en prenant soin de les dissimuler parfaitement. Si quelqu’un s’apercevait avant la fin de la soirée que son précieux bout de plastique avait été volé et
qu’on fouillait tous les sacs, elle ne risquerait rien. Elle viendrait les récupérer plus tard. Avec ses acolytes, ils étaient devenus des maîtres dans l’art d’entrer par infraction dans
n’importe quel lieu.

Elle ressortit du vestiaire avec ses nouveaux gants et se rendit sur le balcon, pour prendre un peu l’air : la salle était surchauffée. Elle leva les yeux au ciel mais ne vit
aucune étoiles car la bulle de verre réfléchissait la lumière et empêchait de voir. Elle sentit une main se poser sur son épaule, mais elle n’eut pas besoin de se retourner pour savoir de qui il
s’agissait, car elle l’avait reconnue. C’était sa mère.

« Qu’est ce que tu fais ici, ma chérie ?
– J’essaie de voir les étoiles, mais c’est impossible.
– Oui, je sais, dit-elle, une pointe de regret dans la voix.

– Tu te souviens comment c’était avant ? Quand, le soir, on s’asseyait avec papa dans le jardin pour voir les étoiles et essayer d’oublier la guerre…et après, dans le camp,
quand Jimmy nous parlait des constellations et nous racontait des histoires sur la mythologie. On pourra plus jamais vivre ça.

– J’en suis consciente. Je n’aime pas beaucoup cette ville, mais que veux-tu y faire ? Nous avons de la chance, nous faisons partie du bon côté, penses-y. Et puis, si tu veux
regarder les étoiles, tu peux le faire avec ton ordinateur et…

– Ce n’est pas pareil, tu le sais bien, et puis…pourquoi on ne peut pas sortir de cette ville, tu peux m’expliquer ? On est enfermés.

– C’est pour notre bien, pour nous protéger. De toute façon, il n’y a plus rien dehors, pourquoi sortir ? Nous sommes mieux ici. »

Oceany fronça les sourcils. Sa mère n’avait jamais été aussi tendre avec Technopolis, elle haïssait tellement cette ville…qu’est ce qu’il lui arrivait ? Peut-être
commençait-elle à vieillir et à perdre sa volonté, comme les autres. Après tout, l’endoctrinement avait toujours été le point fort des dictateurs et Oxford semblait particulièrement habile dans
cet exercice.

« Qu’est ce qu’il t’arrive, maman ?
– Pourquoi tu me demandes ça ?

– Tu hais cette ville plus que tout, pourquoi tu la défends, tout à coup ?

– Je ne la hais pas, tu exagères. Je m’habitue, c’est tout. Viens, rentrons : le bal a déjà commencé. »

Oceany regarda sa mère rentrer dans la salle et soupira. Même elle s’était laissée séduire par les avantages que lui offrait Technopolis, qui serait le prochain à céder ?
Elle, peut-être. Après tout, pourquoi lutter alors que ce serait si facile de se fondre dans le moule et de laisser les autres se débrouiller seuls. Mais elle ne devait pas abandonner, trop de
gens comptaient sur elle, en particulier Mai, elle n’avait pas le droit de la laisser tomber. Elle se pencha légèrement et tenta d’apercevoir le rez-de-chaussée, mais c’était impossible :
ils étaient trop haut et les enchevêtrements des lignes de monorail semblaient tisser une protection opaque.

« Ne vous penchez pas trop, vous risqueriez de tomber. »

Elle se retourna vivement et vit Ethan près d’elle : qu’est ce qu’il pouvait bien faire ici ? Il devrait être en train de danser avec sa fiancée.

« Vous n’êtes pas en train de danser avec Neve ? demanda-t-elle, pour faire la conversation.

– Non, elle ne peut pas trop danser avec sa robe meringue. »

Elle ne put s’empêcher de rire, mais plaça rapidement une main devant sa bouche : elle avait peur de s’être montrée incorrecte. Après tout, il était le fiancé de la demoiselle
en question. Ethan se rapprocha d’elle et regarda le vide à son tour, avant de reprendre la parole.

« Vous pouvez rire, si ça vous amuse. Pour ma part, je trouve cette robe ignoble.

– Vous n’avez pas l’air d’aimer votre fiancée.
– Vous êtes perspicace.

– Non, simplement observatrice. Voilà à quoi nous sommes condamnés, à épouser des gens de notre condition que nous n’aimons pas. Les autres nous envient, mais s’ils
savaient…

– Qu’est ce que vous faites ici ?
– Vous m’avez invitée.
– Non, je voulais dire : sur ce balcon.

– Je regardais le ciel : on ne voit plus les étoiles, ça me manque. Pas vous ?

– Je préfère ne pas y penser, et puis, je me dis que ce que nous avons perdu est compensé par ce que nous avons gagné.

– Qu’est ce que nous avons gagné ?

– La liberté, voyons : l’homme avait toujours été prisonnier de l’argent, depuis toujours, nous avons enfin réussi à nous en libérer…Tous ces soucis en moins, c’est si
génial ! Nous pouvons avoir tout ce que nous voulons sur simple commande. Et puis, nous avons gagné la paix aussi. Tous les survivants ou presque sont dans cette ville, heureux.

– Sauf que la moitié d’entre eux sont des esclaves.
– S’ils ne nous avaient pas déclaré la guerre, ils…

– Les chinois ne nous ont pas déclaré la guerre, c’est nous qui les avons attaqués, révisez votre histoire.

– Oui, mais c’était pour sauver ce qu’il restait d’indiens. Ils ont perdu, ils doivent payer, maintenant. Mais avouez que cette société est presque parfaite, non ?

Cogito ego sucum © Larouquine

Par Gauthier

 

« Je pense donc je suce », merci Larouquine pour cette nouvelle maxime qui manquait tant à ma vie de débauche…

Je dois ici m’excuser publiquement, oui en effet j’ai encore vécu dans le péché toute cette semaine. Je vous ai récemment pondu un article sur l’alcoolisme, pourquoi tout d’un coup me suis-je interroger sur l’alcool et sa dépendance alors que je bois comme un trou depuis des années ? Parce que j’étais en panne d’inspiration ? Non bien au contraire, je suis en surdose d’inspiration.

Je vous explique mon cas en quelques lignes. Samedi soir, je me retrouve à l’anniversaire d’une copine de ma promo. Forcement on boit comme des trous avec la Nina. Et on échoue (plus totalement attribué) dans notre club favori. Là il est déjà quelque chose comme 4h30 du matin. Pour vous donner une idée de notre état de délabrement mental, on a engagé une discussion sérieuse dans le taxi. Oui pour paraître pas trop saouls et pour éviter de devoir aller du 17e au 1er arrondissement à pied, il faut savoir donner le change dans un taxi, donc la discut’ ça donne ça :

– J’achète trop de revues, j’ai pas le temps de tout lire, c’est la honte quand même !

– Oui ben moi c’est pas mieux, et dire que je suis journaliste !

– Comment ils font pour les droits d’auteurs dans Courrier International ? Non parce que ça doit poser des problèmes quand même !

– Ben écoutes, je me suis jamais posé la question, mais maintenant que tu m’en parles, il faut que je me renseigne…

Ben du coup le chauffeur il ne nous a pas parlé, ET TOC ! Bon passé ce grand moment de solitude intellectuelle, nous voilà donc dans notre club. « TAVERNIER À BOIRE !!!!! ». Et ça picole, ça picole, ça picole… Là mon regard se pose sur la foule, et que vois-je ? Mon mec…

Ah oui je vous ai pas dit, j’ai un mec. Alors pour faire vite, l’américain en partance, j’étais très malheureux, donc j’ai décidé pour faire passer ma douleur de me prendre une béquille. Qu’est-ce qu’une béquille ? Ben le mec de transition, le mec dont tu n’as rien à foutre, mais qui te permet d’avoir une vie sexuelle et des câlins et des mots gentils, mais toi, donc, tu t’en fous royal !
Donc mon mec est visible (enfin autant que je peux voir) à l’horizon. Je titube jusqu’à lui, je l’embrasse bruyamment, et je repars dans mon coin. Il me fait comprendre qu’il aimerait me présenter des gens (il me reste 3g de sang dans l’alcool à ce moment-là). J’acquiesce. Et il me dit la chose de la façon suivante :

         Gauthier, je te présente ma sœur Fabien !

         Ah… Z’êtes sœurs ? Yen a une des deux qui est mieux réussie quand même !

Je fais un clin d’œil et je m’éclipse en hurlant de rire. Alors que s’est-il passé dans ma tête tordue ? Ben mon mec (mignon) me présente un autre mec (moche), en parlant au féminin (je déteste que mon mec fasse ça, si j’aime les hommes c’est pour une raison bien précise). Alors moi voulant faire de l’humour, je lâche cette petite phrase rigolote. Mais si c’est drôle, avouez… Nan ?

Bref la « sœur » a très mal pris la chose, mon mec n’en parlons pas. Mais moi je me rends pas compte de suite, et je continue à descendre joyeusement des vodkas sunrise avec Nina. Le patron nous présente un « hétéro » qui en fait se retrouve à violer un mec moins de 15 min après contre le miroir. Bref la soirée se déroule sans encombre. Jusqu’à ce que mon mec réapparaisse.

« Gauthier, ton mec te demande » me dit le barman. Je me déplace donc pour rejoindre l’élu de mon cœur, tout sourire (autant que je puisse l’être en tout cas). Et là je me rends compte que lui il sourit pas du tout… Oupsssss !!!! Et je m’en suis pris plein la gueule comme quoi j’ai pas été correct et bla bla bla… Il me demande de m’excuser auprès de la « sœur », je m’exécute, mais apparemment ça se voyait beaucoup que j’étais un poil hypocrite. Donc je ne fais qu’envenimer les choses.

Je retourne à ma Nina qui se retrouve attaquée lâchement par un hétéro qui lui parle en la regardant droit dans le décolleté (mais moumour c’était indécent ce que tu portais, c’est normal que ce brave garçon nous ait payé pleins de verres !). Et donc on boit à l’œil ! Merci moumour. Au bout de quelques verres, et des quelques tapes aux fesses de ma part pour le barman, je retourne voir mon cher et tendre. Et là que vois-je, que découvris-je, que découvra-je ? Mon abruti de mec dans les bras d’un autre, à se bécoter joyeusement ! Donc mon sang ne fait qu’un tour, et la suite de la soirée est censurée…

En gros je suis parti avec pertes et fracas…
 

Le lendemain, je reçois un charmant texto de mon doudou « il fo kon parl dier soir ». Z’avez pas compris ? Arf oui j’ai oublié de préciser, il est gentil, mais un peu jeune, un peu bac – 12 et bilingue langage sms. Moi je finis par traduire qu’il veut parler de notre rencontre de la veille. Là c’est la panique, j’appelle Nina et je lui demande ce qu’il s’est passé. Oui je n’ai aucun souvenir !!!! Moumour c’est ma boite noire 😉

Donc je laisse traîner un peu, il se trouve que cette semaine c’est la dernière semaine de cours de ma vie. Et j’ai un devoir important à rendre. Donc je me mets à fond là-dedans, espérant que l’autre il m’oublie un peu, ou qu’il me largue (ce qui m’arrangerait beaucoup !). Finalement il ne lâche pas le morceau, et il décide de prendre le taureau par les cornes (moi). Et je me retrouve à avoir une discussion philosophique, un poil ésotérique avec doudou d’amour. Et là j’en ai pris plein la gueule : je suis hautain, mal élevé, j’en ai rien à foutre de sa gueule, je ne mérite pas qu’il soit malheureux pour moi, bla bla bla bla. Moi tout ce que j’ai répondu c’est « je ne me souviens pas, j’étais bourré » et « je ne m’excuserais pas pour quelque chose que j’ai fait sous le coup de l’alcool, je ne suis pas responsable ». On a fini par casser (oh joie !), et là il me dit « mais je trouve ça dommage, ça aurait pu être bien nous deux… »

La naïveté humaine m’émeut au plus haut point… Ce garçon est formidable de naïveté ! Suis-je un monstre ? Oui complètement… Et alors ?

L’’histoire de Nina le foeœtus

Il y a 26 ans, je poussais mon premier cri, un dimanche de Pâques… J’avoue que je m’en souviens pas mais il y a plein d’histoires autour de la conception de Nina, je vous les livre.

 

Juin 77, Papa Nina et maman Nina se marient, ils sont jeunes, ils sont beaux… Pour parfaire le tableau, ne manque qu’une chose : un bébé. Oui mais voilà, les tests de grossesse se suivent et le résultat reste le même : négatif. Au bout de deux ans, maman Nina passe des tests : tout va bien. Donc le problème viendrait de papa Nina. Avant de subir un spermogramme, papa et maman Nina décident de partir en vacances, la dernière tentative. Pendant quelques jours, papa et maman Nina s’aiment sur le divan qui sert de lit dans l’appart au bord de la mer de papi et mamie Bartoldi.

 

Retour at home. Les règles de maman Nina sont en retard, serait-ce enfin le moment tant attendu ? Un soir, papa et maman Nina font la fête entre amis. Le lendemain, ils se lèvent aux aurores, l’heure de vérité est enfin arrivée. Maman Nina fait un test de grossesse, ils attendent, le cœur battant et là : bingo, il est positif ! Ivre de joie, mon papa va acheter le journal (???) et le marchand de journaux lui rend une pièce de 2 francs toute neuve : hé oui, ce jour de test de grossesse est aussi celui de la sortie des pièces de 2 francs et le marchand de journaux dit à mon papa : « C’est la première que je donne ». Papa et maman Nina décident donc de collectionner toutes les pièces de deux francs pour ce petit embryon de vie qui vient de surgir dans leur existence. Sauf qu’ils ont arrêté avant que je naisse, arf !

 

Enceinte, ma maman est persuadée que je suis pénissalement équipée et que je m’appellerai Pierre. Je pense ici qu’il y a un certain traumatisme puisqu’à un moment dans ma vie, je ne flashais que sur des Pierre (et même que des fois, je concluais). Notre couple se promenait main dans la main en regardant avec émotion les meubles pour enfants : « ça ira bien dans la chambre de Pierre. Oh, ce serait trop mignon pour Pierre. » Raté, l’échographie révèle que je suis en fait une Pierrette. Donc, il faut se mettre d’accord sur un prénom. Mon père milite
pour Isabelle, ma mère pour Flavie (là, j’ai gardé les vrais prénoms). Je dois avouer que 26 ans plus tard, je bénis toujours mon père de ne pas avoir cédé. Finalement, ce sera Nina. Et là, c’est papi Bartoldi qui fait la moue : petit, il avait été traumatisé par une Nina, vilaine petite fille moche qui l’embêtait. Mais bon, la décision est prise, je serai Nina.

 

Le problème, c’est que je suis un fœtus chiant. A 6 mois, ma mère se retrouve alitée et doit suivre un traitement parce que j’ai une furieuse envie de sortir : pas née et déjà impatiente, quelle catastrophe. Mais à 6 mois, je suis pas finie donc hors de question de me faire sortir. Comme je suis chiante mais pas trop, je reste dans le ventre de ma maman.

 

Arrive la fin de la grossesse et là, ça devient épique. 21 mars, ma maman fête ses 25 ans. Hé hop, contractions ! Elle va à l’hôpital, la sage femme (accessoirement une grande tante) dit à ma mère : « elle arrive la petite, tu vas accoucher incessamment sous peu ! ». Mais ma maman n’a rien sur elle donc elle doit vite retourner à la maison avec papa pour récupérer quelques affaires. Pas de chance, mamie Parmentier (la maman de ma maman) et la sœur de ma maman ont décidé de passer à la maison pour faire une surprise à maman Nina pour ses 25 ans. Or ma mère ne veut pas les tenir au courant que son fœtus veut sortir, elle essaie de les éconduire poliment pour filer à l’hôpital. Retour à la case hôpital et là…rien. Finalement, je ne naîtrai pas le même jour que ma maman.

 

6 avril. Pendant 15 jours, ma mère est allée plusieurs fois à l’hôpital mais finalement non, je voulais plus sortir. En même temps, j’étais prévue pour le 12, quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure. Mais revenons au 6 avril, dimanche de Pâques. Ce jour-là, papa et maman Bartoldi ont rendez-vous avec mamie Parmentier et toujours la même tante pour un déjeuner pascal dans une auberge. Sauf que je fais à nouveau des miennes, je veux sortir ! Donc au lieu d’aller au restaurant, mes parents vont à l’hôpital. L’infirmière, très désagréable, manipule ma mère avec une délicatesse peu commune et perce la poche des eaux. Bon, ben, là, c’est la bonne, je vais donc naître.

 

L’accouchement ne se passe pas très bien (c’était pas l’heure, bordel !) et les médecins veulent utiliser les forceps pour me sortir de là. Et demandent donc à mon père d’aller voir ailleurs s’il y est. Or mon père, en tant que médecin, a fait un stage en maternité et sait qu’un bébé qui naît sous forceps a une tête en forme de huit, après. Ma mère hurle : « non mais c’est sa fille autant que la mienne, il reste ! ». Oui, ma mère, même en me donnant la vie, elle garde son caractère.

 

Pendant ce temps, dans l’auberge. Hé oui, mes parents ont un peu omis de prévenir leurs deux compagnes qu’ils ne viendraient pas pour cause d’accouchement. Mamie Parmentier, inquiète, finit par appeler et apprend l’évolution de la situation (n’oublions pas la tatie sage-femme). Il faut savoir que ma grand-mère est très discrète donc toute une auberge a suivi ma
naissance en direct. Pas née et déjà une star, tel est mon destin.

 

Enfin, à 14h45, je crie. Je ne suis pas très grande ni très épaisse : 48 cm pour 3 kg, un petit bébé même pas avec une tête en forme de huit. La fin de l’histoire, selon ma mère : mamie Parmentier arrive enfin à la maternité et me kidnappe des bras de mon papa, tout étonné.

 

Et voilà, 26 ans plus tard, j’ai bien grandi (si d’abord !). Aujourd’hui, ma maman va m’appeler et elle me dira : dire qu’il y a 26 ans, tu étais un petit bébé, tu as bien grandi. Hé oui. Des fois, je me demande ce que ressent une mère quand elle voit son bébé pour la première fois. Selon ma maman, ce fut : « qu’elle est belle ». Alors que pour ma sœur qui était toute rouge et toute fripée, ce fut : « Seigneur, c’est nous qui avons fait ça ? ». Rassurez vous pour ma sœur, elle s’est défripée et a retrouvée une couleur normale depuis (et non, Bernardin, tu toucheras pas à ma sœur). Est-ce qu’une jeune mère imagine l’avenir de son petit bébé ? Ma mère imaginait-elle que je serais une journaliste de
26 ans (certes au chômage) belle comme le jour. Bon, c’est mon anniversaire, les fleurs sont pas chères, j’ai le droit de m’en envoyer.

 

Les années passent et je me rends compte que mon anniversaire a moins d’importance qu’avant. Mais ça m’ennuie quand certaines personnes l’oublient, quand même. Maintenant, c’est plus l’occasion de faire la fête avec mes amis et ma famille. Cette année, j’ai droit à trois fêtes : la familiale, la toulousaine et la parisienne. Trois fois plus de cadeaux, donc ! Non, je plaisante, les cadeaux n’ont pas d’importance. Ce qui compte, c’est d’être avec les gens que j’aime et de passer un bon moment avec eux.