Etre VIP ou être une erreur de casting

La semaine dernière, je suis allée à une soirée de la hype qui déchire, on dira. Je vous fais le résumé : je reçois une invitation pour l’inauguration d’un bar à oxygène au Bleu comme bleu qui était jusque là un salon de coiffure, salon de thé et salon de pâtes. Comme c’est avenue Hoche, autant vous dire que si j’avais pas été invitée, j’aurais pas pensé à y aller. L’attachée de presse a l’air sympa en tout cas, alors je prends mes fidèles acolytes, PinkLady et Vicky et on y va. Pour lire le résumé de Lady, c’est et les photos . Pour Vicky, elle l’a pas encore écrit la coquine !

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On arrive à 19h30 (pour 19h30, première erreur stratégique), trempées jusqu’aux os. On se présente et on sent déjà que ça va pas être simple « nous sommes des bloggeuses, nous avons été contactées par Gabrielle.

– Heu qui ? Vous avez votre carton ?
– Non, j’ai pas pensé à l’imprimer »

Ok, là, j’ai losé sur le coup, j’avoue. Mais en général, dans les soirées bloggeurs, on se pointe et c’est tout. Donc là, on passe quand même, on arrive aux vestiaires poser nos affaires (trempées), Gabrielle nous présente Lola Séguéla (oui, la fille de) qui tient le lieu et nous voilà invitées à faire un tour. Première étape, le bar. « Pardon, mesdemoiselles mais c’est une soirée privée, ce soir ». Mais ils nous cherchent ou quoi ? On a dû passer déjà je sais pas combien de personne, si on est arrivées jusque là, c’est pas par hasard.
« Oui, je sais, nous sommes des bloggeuses invitées par Gabrielle.

– Gabrielle, qui ?
– Gabrielle l’attachée de presse… »

Apparemment, il y avait beaucoup d’attachées de presse dans l’histoire. C’est pas grave, la dame nous lâche, on peut aller se promener.

Bon, évidemment, le tour est assez rapide et on décide de tester le bar à oxygène, le tout sous la caméra de M6. On est stars ou on ne l’est pas ! Bon, au bout de 30 secondes, j’ai déjà un peu la tête qui tourne, je suis plus habituée à l’air pur. Je dois expliquer à la dame de la télé que j’ai testé Extase comme oxygène car il y en a plusieurs. Heureusement que j’ai gardé fantasme pour après la vidéo, j’aimerais que quelqu’un quelque part ne me prenne pas pour une dépravée. D’ailleurs, c’est amusant de voir le vol de pintades qui suit le champ de la caméra en permanence. On s’en est pris un juste sous le nez, d’ailleurs. On continue à tourner virer, on croise des gens qu’on connaît (en l’occurrence, deux, Mry et Babillages) puis enfin, on a le droit d’aller se chercher une bouteille de champagne. Oui, une bouteille mais des baby, rêvez pas non plus. Alors, là, petit cours de physique : quand on plonge une paille dans une mini bouteille de champagne, ça mousse et ça déborde. Ce qui peut occasionner plein de jeux de mots très rigolos mais avoir du champagne plein la main (oui, tu le sens là le jeu de mots à deux balles), c’est pas hyper glamour. Et boire du champagne à la paille non plus, si tu veux mon avis.

On part à squatter un des salons de coiffure, on est peinardes pour discuter, on est juste dérangées par Monsieur Gadget, un monsieur qui a des lunettes en forme de cœur et une espèce d’oreillette genre blue tooth qui clignote et qui cherche apparemment des journalistes pour parler de son futur site. Ah, y a Bernard Montiel qui traîne aussi dans les parages, il m’a semblé petit mais je me souviens plus très bien. Oui parce qu’oxygène et champagne à jeun, ça me fait un peu perdre mes souvenirs.

La bouteille finie, on décide d’aller manger parce qu’on est toutes les 3 pompettes, on retourne au vestiaire où une grande gigue d’un mètre 80 minimum et de 35 kilos au max d’une soixantaine d’années jette son manteau en vison (ou plutôt en renard je dirais mais vu que j’y connais rien, je dis n’importe quoi) au vestiaire avant d’aller discuter avec des gens. La pauvre fille du vestiaire était toute étonnée « heu mais elle prend pas son billet la dame ? ». Et ben ouais, on a la manteau de fourrure attitude ou on l’a pas, c’est comme ça. En attendant, on a enfin réussi à ne pas se faire dépasser de partout pour récupérer nos manteaux pas en fourrure.

Bilan : je crois que nous étions une demi douzaine de bloggeurs là dedans dont deux à avoir eu officiellement une invitation, à ma connaissance, à savoir Mry et moi. Alors autant, Mry, il est dans la catégorie influenceurs et tout, autant moi, je n’ai pas compris ce que je faisais là. Je ne suis pas dans la blogosphère féminine ni dans la blogosphère de luxe, je pense que peu de mes lecteurs seraient prêts à payer 90 euros un brushing (c’est le prix du salon de coiffure, j’ai pas eu les autres mais ça m’étonnerait que ce soit donné), je ne me considère pas vraiment comme une influenceuse non plus. Alors je ne sais pas. J’ai juste l’impression d’avoir été une erreur monumentale de casting pour le coup. D’ailleurs, l’accueil qu’on nous a réservé semble le confirmer même si en partant, la dame qui devait être shootée à l’oxygène a été vachement sympa « au revoir les bloggeuses, hihi ! ». Après, est-ce que je conseillerais
d’aller fréquenter cet endroit ? Ben oui, si vous avez les moyens, c’est très sympa. D’ailleurs, moi, je me ferais bien des shoot d’oxygène, des fois. Mais je crois qu’en l’espèce, je corresponds pas vraiment à la clientèle type.

Fuckin karma

(Attention, cet article est plein de mysticisme à deux balles)
 

Vendredi soir, je me suis doucement endormie devant Earl, la nouvelle série de M6. Je vous fais le pitch : un sale type (dans tous les sens du terme) gagne 100 000 dollars à un jeu à gratter et se fait renverser de suite par une voiture et perd le billet. En regardant une émission de télé, il comprend que c’est à cause de son karma et décide de réparer tout
ce qu’il a fait de mal dans sa vie. A peine a-t-il réalisé sa première bonne action qu’il retrouve le billet. A partir de là, il s’active à réparer tout le mal qu’il a commis. Dès qu’il recule, il lui arrive une merde.

J’avoue que l’idée me plaît. J’aime bien la notion de karma mais pas sur plusieurs vies parce qu’avoir une vie de merde parce que dans une autre vie, on a été une sous merde. En
gros, si tu as l’âme d’Hitler, tu vas grave en chier. Un bébé, ça me paraît une chose toute innocente qui a toute sa vie pour bien ou mal faire… Bon, bref, c’est pas là où je veux en venir, je veux parler des bonnes et mauvaises actions de ma vie présente.

 

Qui n’a jamais dit « la vie est injuste » parce qu’il fait les choses bien alors que quelqu’un qui se comporte comme le pire des connards réussit ? Hé oui, la vie est injuste et c’est comme ça. Qui peut-on ? Rien. Pour ma part, j’essaie de toujours me comporter bien, selon ma morale. Oui, ma morale, on a chacun la sienne. Mon but dans la vie est de ne pas faire souffrir les gens et de toujours pouvoir me regarder dans la glace quoi que je fasse. Mais voilà, je réfléchissais à cette histoire de karma et l’idée me plaît vraiment bien, même si je
sais que dans les faits, ça ne marche pas comme ça. Il y a quelques temps, je me disais « si on avait le physique de son âme, certains ne s’en sortiraient pas si bien ». C’est un peu la
même idée. En gros, plus tu fais des choses bien, plus il t’arrive des choses bien et vice et versa. En gros, pour réussir dans la vie, faut être bon. Pas forcément en faisant des dons à tout va, on peut être bon et pauvre, aussi, ça n’empêche rien. Mais en étant attentif aux autres, des petits gestes qui paraissent anodins mais qui font plaisir. Du genre aider sa voisine à monter ses paquets. Pour nous, c’est rien mais elle, ça lui a rendu bien service. Rend la vie des autres plus belle et ça améliorera la tienne.

 

Du coup, je me dis que je pourrais faire des trucs pour améliorer la vie des autres et donc la mienne. Mais là, y a comme qui dirait une couille dans le potage. Si j’agis pour rendre ma vie plus agréable, c’est de l’égoïsme. Ca ne fait pas très noble, tout à coup. Parce que pour avoir un joli karma, il faudrait faire tout ça sans arrière pensée, par pur altruisme. Mais
si on agit comme Earl pour nettoyer son propre karma, on se sert alors des autres pour sa propre cause. Ma voisine est contente que je lui ai monté ses paquets mais au fond, je m’en fous de ses paquets et d’elle, j’ai fait ça juste pour gagner des points de karma. Alors donc si mon karma est parfait, ma voisine, elle peut crever la bouche ouverte avec ses paquets, je les lui monterai pas.

Finalement, à bien y réfléchir, l’idée est séduisante de prime abord mais si on creuse, c’est l’individualisme ultime. Je t’aide parce que ça m’aide. Je suis une belle personne car
t’as eu besoin de moi. C’est un peu étrange de se dire que du coup, l’égoïsme devient une qualité. Oui, il pousserait à l’altruisme mais tout se fait avec arrière pensée… Et là, on atteint le degré ultime : a-t-on un beau karma parce qu’on fait tout pour qu’il le soit ou parce qu’on fait les choses gratuitement, sans y penser ?

Non, en fait, c’est trop compliqué le karma. Je vais plutôt me faire à l’idée que la vie est injuste même si je crois quand même au retour de bâton : on ne peut pas se comporter comme la pire des ordures sans que ça nous revienne un jour à la gueule… Enfin, j’espère !

La liste de la fille qui sait pas trop ce qu’elle va raconter

En ce moment, c’est très métro-boulot-dodo chez moi. Alors du coup, je suis pas sûre que cette liste soit très longue…

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– Mardi soir, j’ai un rendez-vous très VIP dont je vous parlerai lundi. J’ai rendez-vous avec PinkLady et Vicky mais en arrivant au boulot, je ne trouve plus mon portable. Or Vicky étant en formation, elle n’a pas le net et je ne lui ai pas dit où on se retrouvait. Là, je commence à me maudire genre « je suis trop cooooooooooooooonne ». Alors que j’envisageais une pendaison avec mon string, j’entends une vibration dans mon sac. Vu que je n’étais sortie ni avec Kenya ni avec un vibro, ça ne pouvait être que… mon téléphone !! En fait, il s’était glissé dans mon chapeau pour la pluie. Du coup, moi qui étais d’humeur massacrante, me revoilà de bonne humeur.

– Dans la série boulet again, mercredi, je veux fermer le plateau du lecteur CD de mon pc et évidemment, je clique sur le bouton d’allumage… Qui sert aussi de bouton pour
l’éteindre. Ben, là, je me suis sentie très très blonde quand même.

– Cette semaine, j’ai l’impression que le métro a été le théâtre de beaucoup d’incidents voyageurs… Lundi matin, RER en retard à cause d’un incident voyageur (alors que moi,
j’étais en avance), mercredi et jeudi soir, trafic perturbé à cause d’un incident voyageur…Par contre, vendredi, je n’ai jamais su pourquoi il n’y avait ni train ni RER… J’espère quand même que c’est pas moi qui porte la poisse !

– Quand je suis saoule, je suis super bon public vu que le fait qu’une brochette de 3 nanas un peu pétées manquent de se casser la figure parce qu’elles n’ont pas vu la marche, ça
me fait marrer deux minutes non stop.

– Rêver qu’on s’occupe d’un bébé (mon cousin dans le rêve alors que mon cousin le plus jeune aura 20 ans cet été) et qu’en plus, je suis douée pour ça et que j’aime bien, ça veut
dire que cette counasse d’horloge biologique est en train de se réveiller ? Je tiens quand même à dire que le bébé en question était un téléphone portable avec la tête de bébé en fond d’écran et des bras qui m’attrapaient le doigt…

– Element croustillant de la semaine (attention, vous allez voir à quel point ma semaine a été passionnante) : le retour de semi-russe. Bon, je l’ai un peu bloqué sur MSN y a
2 ou 3 mois et je l’ai un peu oublié depuis. Du coup, lundi, SMS de sa part : « t’es libre ce soir ? ». Je rappelle que je l’ai pas vu depuis mai celui-là. Je lui explique que j’ai du boulot par-dessus la tête en ce moment et que je suis claquée et il me répond : « je te ramènerai pas tard ou si tu veux, tu pourras dormir ici ». Quel grand prince ! J’insiste sur le fait que je suis inopérationnelle mais il insiste : « non mais c’est juste pour boire un verre ! ». Il me prend donc pour une buse. Donc lundi, je lui dis non. Mardi, je reçois le texto « salut miss gros seins, t’es libre ce soir ? ». Faudrait que je l’épouse celui là. Bon, va falloir que je lui explique très officiellement que je veux plus le voir car j’ai pas répondu à ses derniers textos et le silence radio, c’est mal, même avec un connard.

– Je me suis fait plein de potes chez les développeurs donc la pause clope devient de plus en plus longue. Mais voilà, j’ai une drôle de réputation à base je suis la pro des
sextoys. Hu ?

– Vendredi, à propos de sextoys, je suis en train de taffer quand je me retrouve avec un vrai vibro rabbit sous le nez. Explications : souvenez-vous, le concours sextoys que j’ai fait y a deux ou trois semaines, c’était Sasha qui avait gagné. Or, Sasha est une de mes collègues qui méritait de gagner car elle a compté les comms à la mano (mais certains articles étant
passé hors ligne, elle n’a pas trouvé le chiffre exact mais vraiment pas loin) et je lui ai demandé de me montrer la bête car je croyais qu’il s’agissait d’un mini rabbit et elle a eu peur quand je lui ai dit que le sien était petit, elle se demandait ce que j’entendais par petit. En effet, 17.5 cm de long pour 4 cm de large, c’est pas petit !

– Finissons sur une note positive genre « des fois, je dis du mal de la Poste mais quand ils font un effort, je le reconnais ». Mercredi matin, je vais chercher mon fameux recommandé, les places pour le match de rugby. Sauf qu’en fait, il était sur le point de repartir et déjà dans le bac des retours. Ben, le guichetier, au lieu de m’envoyer bouler genre
« non mais trop tard, fallait passer avant », il a fouillé le bac pour me le récupérer en m’expliquant que je devais venir plus tôt la prochaine fois. Mais j’ai mes places, lalalère.
Merci M. le guichetier.

 

Voilà, semaine très calme mais vu que je dors tout le temps, forcément, il pouvait pas se passer grand-chose. D’ailleurs, là, ce week-end, j’ai décidé de ne faire que ça. Je visais
un 20h par jour mais rester que 4h debout, ça me paraît quand même pas beaucoup… Allez de la musique !

A fleur de peau

Par Lucas

Je sais bien : avec cet article je m’écarte encore une fois de la ligne éditoriale des Vingtenaires comme je l’avais fait une fois avec la Fondation Maeght ou plus récemment avec le rôle psychologique du coiffeur


Mais bon, d’un autre coté si  je la respectais à 100% cette ligne éditoriale, ça fait longtemps que j’aurais partagé avec vous mes errances amoureuses, mes séductions éparses et mes regrets eternels éphémères. Je préfère donc me la raconter graaaaave et ouvrir les yeux des lectrices et lecteurs sur un truc plaisant. Passons donc sur la licence que je m’octroie encore une fois et parlons d’un sujet merveilleux que je vais seulement survoler de trop haut : el Tango…

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  Le Tango est une danse (sans blague).

Une danse qui se fait à deux (on aurait tendance à l’oublier avec la house, le hip-hop et la tektonik ta mère).
Une danse, disais-je.  Magnifique,  élégante et sensuelle, empreinte d’une atmosphère surannée conférée par le son du bandonéon. Tous ces petits pas faits de retenue et de souplesse, cette proximité des deux esthètes, des deux complices…
Ca y est je suis ému.

Complice. Je trouve que c’est ce qui manque en boite. Comment voulez-vous réussir à développer une complicité, quand on ne touche pas l’autre ? Les plus prudes ou les plus intelligentes des lectrices me diront que, justement, c’est là toute la subtilité : réussir à créer, au travers d’une sensualité dans le regard, la gestuelle et le facies, une connivence. Réussir à se faire comprendre d’une simple œillade ou d’un simple pas. Bon. D’accord. Certainement. Peut-être. Pourquoi pas. Mais justement : devinez quelle est la danse où la règle veut que les yeux ne se croisent
jamais ?? Bingo : c’est le Tango.

Avec le Tango, les pas ne sont pas effrénés, ils ne sont pas tenus à un rythme oppressant qui tue toute créativité. Prenons un rock’n’roll, un truc basique à 4 temps  (différent du rock acrobatique à 6 temps). J’en ai fait un trimestre entier au collège en 3ème car sur les 3 heures hebdomadaires, mon prof d’EPS prenait la dernière heure  de la semaine pour nous faire danser (c’était graaaaave bien). Bref, un rock’n’roll,  c’est avant tout l’enchainement de passes, plus ou moins aériennes, sans même chercher à mettre en accord les variations de la musique avec
les pas choisis… Mais surtout,  sans créer de réelle complicité entre les deux acolytes : la femme n’est qu’un objet entre les mains du meneur.

Vous me direz certainement qu’il est des pas de rock (à 6 temps) ou même d’autres danses qui sont réalisés… de concert et que c’est là le propre de la danse : cette connivence, cette recherche du geste gracile commun,  effectué à deux. Certes…  Mais là on rentre dans la danse de salon à 6 temps et non le rock’n’roll pur et simple. En rock’n’roll, la jeune femme se laisse aller entre les bras du prince en adoptant un pas rythmé : elle est le plus souvent suiveuse et objet. Véritable instrument, elle se laisse mener sans mots dire.Or, dans le tango, il y a une complicité
dans chaque pas, souhaitée et recherchée. Le Tango est une philosophie (ça par contre, ça vous épate, hein ?)

Ce qui caractérise cette danse c’est l’abrazzo ou l’étreinte. Une fois qu’il est accompli, les deux complices vont lancer leur propre langage, leur propre univers et se livrer l’un à
l’autre… Tout en retenue.
La demoiselle est enlacée mais pas trop, on est à la limite mais on ne va pas plus loin. Regardez un couple danser, il y a un partage de sensations et de sentiments épars, sans que les yeux ne se rencontrent. Subtilité : tout n’est que suggestion qui semble émaner des deux corps enlacés.

La musique assure un lien entre les deux partenaires voire même plus : une connivence.
Dans un tango, on ne se parle pas et on ne se regarde pas dans les yeux : on se cherche mutuellement  dans les pas de l’autre. Le toucher, la proximité des corps, l’unité recherchée permettent une complicité des plus intenses qui va au-delà des mots.  Comme dans la vraie vie, l’exigence qu’on a envers l’autre est une forme de respect. Cela est associé au port de tête altier et la prestance générale. Le Tango c’est un peu un langage silencieux où la gestuelle est un dialogue fait de questions et de réponses… Tout ça avec le métronome, implacable : la musique qui impose de faire des choix et de prendre des initiatives. Tantôt l’un des deux fuit l’autre,  tantôt les deux corps ne font qu’un : on passe, de manière impromptue, d’une pudeur indicible  à une pose sensuelle, d’une retenue distante à un pas incandescent. Tout n’est que caresses : dans le pas des jambes sur le sol ou le toucher feutré entre les deux complices…

Etonnant cette dichotomie entre la sensualité indéniable et la distance de façade maintenue entre les deux. Les poses les plus « chaudes » sont tout de même matinées d’un je ne sais quoi, une
retenue, un souffle, une prestance…

Mais la danse est déjà terminée. La fin de la chanson, c’est la fin d’une histoire, d’un univers à part, la fin d’une pause chaleureuse et le retour à un monde froid et hostile : il y a comme un flottement comme si les deux complices hésitaient à revenir dans la vraie vie.

Il y a indéniablement une philosophie du tango… Et je dirais même plus. Relisez donc cet article en remplaçant le mot tango par « vie en couple »…

Le prix du chômage

Un entretien, ce n’est pas rien quand on est au chômage : c’est une lueur d’espoir. Alors je l’ai déjà dit, on le prépare pour être au top. Mais ce dont on ne parle pas forcément, c’est de son coût. Parfois, ça peut coûter cher. Illustrations (au pluriel, oui, oui).

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Avril 2007, le 11 précisément. J’ai décroché deux entretiens dans la journée, si, si. Le premier au fin fond du XVe à 11 heures et le second au fin fond de la ligne A du RER à 15
heures. Oui, je suis un peu une warrior quand je m’y mets. Alors je vais à mon premier entretien, je sors vers midi alors autant vous dire que je n’ai pas le temps de rentrer chez moi pour déjeuner donc je m’arrête vers Montparnasse manger un repas sur le pouce. 10 euros. Ajouté aux 9 euros de RER puisque je dois aller péter en zone 5 plus encore 3 euros de bus pour atteindre ma destination finale. 22 euros. Et je me vois mal aller à l’ANPE pour réclamer le remboursement de mes trajets pour de si petites distances. J’aurais pu avoir le même problème quand j’étais allée passer un entretien au fin fond des Yvelines mais j’ai grugé le bus, j’ai juste dû payer mon aller-retour zone 5. Autre exemple : mon entretien chez TGGP. Souvenons-nous, à l’époque, comme j’étais un tout petit peu intimidée à l’idée de travailler pour le site du mag féminin de grand standing. Du coup, pour passer l’entretien, je me devais d’être hype. Je me suis donc achetée une tenue pour l’occasion.

Il est vrai que la recherche d’emploi, ça coûte quand même de l’argent. Quand on a un accès illimité à Internet, ça va, on peut candidater à moindre frais. Parfois, il faut envoyer
des CV par courrier, comme demandé sur les annonces. Sans compter le book, ça s’imprime, ça se relie… Et les fringues pour les entretiens. Et encore, moi, je suis une fille, je peux trouver un tailleur à pas trop cher alors qu’un homme… Et tous ces frais là, on nous les rembourse pas. Déjà pour les transports, accrochez-vous alors aller à l’ANPE pour se faire son budget fringue, on va vous rire au nez. Or nous n’avons déjà pas de pouvoir d’achat car pour pouvoir vivre décemment avec le RMI, faut déjà pas vivre à Paris vu qu’un loyer moyen dépasse largement ce petit pécule. C’est mieux que rien, ok mais aujourd’hui, j’ai parfaitement conscience que si mon père ne gagnait pas aussi bien sa vie, je n’aurai jamais pu rester vivre en région parisienne. Et dans ma ville natale, niveau médias, c’est un peu pauvre…

Alors évidemment, la solution en attendant, c’est le boulot alimentaire. A un moment, j’ai envisagé de postuler au Starbucks parce que ça sent meilleur que le McDo et y a pas mal
d’étrangers, ce qui m’aurait permis de parler anglais. Je n’aurais pas vraiment pu le mettre sur mon CV, c’est pas tip top cohérent avec mon parcours. De plus, le travail alimentaire, même s’il permet de vivre en attendant, ça prend du temps et ça ne facilite pas les choses pour candidater correctement et surtout passer des entretiens. J’ai toujours eu peur du travail alimentaire, pas tellement dans sa dimension travail, hein, mais peur d’une situation qui perdure. Quand je bossais à la Poste, par exemple, je faisais mes 35 heures réglementaires et si j’aurais pu envoyer des candidatures le soir, pour caser des entretiens, bon courage. Surtout que je pense qu’un employeur doit être ravi de voir qu’une de ses employées prend des RTT pour passer des entretiens ailleurs. Et puis on sait ce que c’est : on gagne un salaire, on rentre fatiguée le soir et la situation s’étale dans le temps. Un mois, deux mois, trois mois… Mince, ça fait déjà un an. Dois-je renoncer à mes rêves ? Non parce que si je voulais faire un boulot alimentaire à vie, j’aurais pas fait d’études et j’aurais gagné quelques années. Là, j’en serais déjà à 10 ans de carrière presque, je serais plus en bas de l’échelle…

En attendant, on peut toujours accepter des stages rémunérés mais pour ça, il faut des conventions et vaut mieux s’inscrire à la fac vu que l’ANPE n’en délivre quasiment pas. Sauf
que la fac, c’est pas gratuit non plus. A mon époque, c’était en moyenne 300 euros pour les premières années, 800 pour le master pro. Plus que mon loyer. On se moque souvent de la génération Tanguy qui vit aux crochets de leurs parents mais franchement, j’ai beau poser l’équation dans tous les sens, un chômeur, c’est un gouffre financier. Quand je vois combien je coûtais à mes parents, je suis quand même gênée. Plusieurs fois, j’ai envisagé de rentrer dans mon sud natal pour ne plus leur coûter si cher. Plusieurs fois, on m’a répondu que c’était pas là-bas que je trouverais du boulot dans ma branche. Certes mais si mes parents n’avaient pas eu les moyens, je n’en serais pas où j’en suis aujourd’hui.

Où trouver l’homme. Etape 3 : le cours de danse

 (Je rappelle à mon lectorat que cet article est purement fictionnel. En vrai, je ne cherche pas de mec. Et en vrai, je n’ai jamais pris de cours de danse, d’ailleurs. Enfin, si, quand j’étais en maternelle mais je m’en souviens plus trop.)

Après ma prospection en piscine et en salle de sport, je continue à explorer les milieux qui bougent mon corps. Alors, c’est naturellement que je vais tester le cours de danse et plus précisément de tango car comme dirait Julio Iglesias qui est quand même l’archétype du latin lover : « C’est une danse verticale qui évoque un plaisir à l’horizontale ». Enfin, il dit à peu près ça mais on ne trouve pas tout sur google, en fait. Le tango, c’est sensuel, sexy, torride. Idéal pour ma quête, en somme.

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Me voici en cours et déjà, j’ai comme un doute : il faut danser en talon. Je sais à peine marcher avec… Là, je sens que ça ne va pas être facile mais d’un autre côté, je serai
peut-être possédée par le démon de la danse. Oui, à mon âge, je crois encore des fois au père Noël. Voilà le prof. Hum, caliente ! En voilà un latin lover tel que je les aime, brun au regard incandescent qui vous met le feu tout partout. Enfin, je vous fais pas un dessin, bien sûr. Oh mon Dieu, je veux danser, là de suite, absolument. Ah voici sa collègue prof, il nous montre des mouvements. Trop facile… Bon, je dois me trouver un partenaire qui n’est pas le prof, je vais prendre le gars là, il a l’air craca miaou. Et c’est parti, un, deux, trois, quatre, un, deux, trois… oh pardon, c’était ton pied. Bon alors en fait, le tango, ça a l’air plus simple quand on regarde que quand on pratique. Oh et puis on est proche, proche quand même. Faudrait voir à pas trop s’agiter, mon déo n’est pas non plus tout terrain. Et j’ai mangé quoi à midi ? Note pour moi-même : ne jamais prendre un sandwich au camembert le midi les jours de tango. Et toujours me laver les dents juste avant. Non parce que je sais pas comment elles font les princesses comme la belle au bois dormant : elle dort 100 ans et là, y a un mec qui arrive et qui l’embrasse alors que j’ose pas imaginer l’haleine après une nuit de 100 ans.

Bon, en attendant, moi, je dors pas, je danse. Enfin, pardon, j’essaie. Ok, je débute mais j’ai un défaut : je ne supporte pas de débuter, en fait. Oui, je crois toujours que
tout est facile et quand je n’y arrive pas du premier coup, j’ai tendance à considérer que je suis nulle et je laisse tomber. Un peu comme le dessin. Bon ok, mes BD faisaient peur mais ai-je fait l’effort d’aller au-delà de la simple constatation « je suis nulle ». Là, je dois m’accrocher parce que je suis présentement collée serrée à un mâle et même si j’ai payé 18 euros pour le faire, c’est pas une raison ! Je peux y arriver, c’est quand même pas sorcier, il suffit d’être concentrée. D’ailleurs, je me concentre très fort sur mes pas et sur la stabilité de mes chevilles parce qu’écraser le pied de mon partenaire, c’est déjà pas top mais alors si je me casse la figure en plus, je crois que mon
pauvre compagnon, il ira danser avec une autre la prochaine fois. En plus, elles m’énervent les autres greluches, là, elles ont l’air de mieux s’en tirer que moi. Pffff, je suis sûre que  c’est pas leur premier cours, aussi, c’est vraiment pas juste. Ah, tiens, le prof vient me voir pour m’aider un peu. Alors, là, deux options : où je me réjouis de l’aubaine d’avoir été remarquée par le bellâtre, soit je pleure parce que s’il vient m’aider, c’est que je m’en sors vraiment pas. Bon, après tout, je veux trouver un mec, moi, pas faire danseuse professionnelle donc on va prendre le parti de se réjouir. Tiens, je vais lui planter mon regard bleu azur dans les siens pour le faire fondre. Mmmmm, ses bras musclés qui me serrent fermement contre lui, je suis au paradis. Hé mais c’est que j’arrive même à faire quelques pas sans me planter. Je suis douée, je suis gracieuse, je suis amoureuse, épouse moi Pedro ou peu importe ton nom. Pour toi, je suis prête à apprendre l’espagnol. Ouais, moi, j’ai fait allemand en LV1 au collège et ça se faisait pas espagnol en LV3 dans mon lycée…

Mais… mais Pedro, pourquoi tu me lâches ? Mais tu vas danser avec une autre qui te dévore du regard, la tête bien droite. Merdeuse va, tu crois que tu es douée ? Et toi
salaud, comment oses-tu te compromettre dans d’autres bras quelques secondes après avoir quitté les miens. Ah, mon partenaire veut me récupérer. De suite, ça va moins bien, c’est lui qui est nul alors. Et par rapport à Pedro cœur d’artichaut, il est carrément pas choupinou.

Fin du cours, c’est l’heure du bilan : j’ai mal au pied à cause de ces talons et j’ai de la corne sous les pieds. Sans parler de mon cœur brisé et des 18 euros que j’ai payés.
Bon, la semaine prochaine, je me mets aux rollers.

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S’encarter or not ?

J’avais dit que je parlerais plus politique sur ce blog mais je dis beaucoup de choses que je ne fais pas donc je fais un écart mais je vous rassure, il ne sera pas question du mariage de Sieur Nicolas Sarkozy et de sa gente dame Carla Bruni qui a eu, au passage, la bonne idée de poser nue avec sa bague de fiançailles et des cuissardes dans une revue espagnole. Ce serait facile de s’en émouvoir mais c’est pas le sujet. Non, je veux parler de devenir militante.undefined

 Retour en arrière, en mai. Face à moi, l’urne électronique, je dois appuyer sur un bouton pour choisir mon candidat ou pour voter blanc. En mon âme et conscience, je clique Ségolène Royal. Oui, je suis moderne, moi, je vote électronique. Quelques temps plus tard, cette même Ségolène se gausse : « huhu mais mon programme n’était pas réaliste, huhu ! Le smic à 1500 de suite, soyons sérieux ! ». En tant que personne qui a cliqué son nom, je me sens un peu flouée. Ségolène, je ne l’ai jamais aimée, soyons clair sauf peut-être pour le coup de la colère saine que j’ai approuvé à 100%. Mais depuis cette histoire de « mon programme, c’est de la merde », je regrette vraiment de pas avoir voté blanc. C’est certes pas ma voix qui aurait changé quoi que ce soit mais des fois, je me dis qu’elle aurait fait un score minable, on nous la dégagerait du PS et on aurait la paix. Certains m’objecteront peut-être que si Sarko avait fait un plus gros score, il se la serait joué dictateur mais sans faire de mauvais esprit, je suis pas sûre qu’on verrait la différence.
 
Retour à maintenant, à ce week-end, précisément. Je parle avec Pierre, un vieil ami de Toulouse installé en région parisienne. On en vient à parler politique et je pars dans ma grande diatribe anti Ségolène, lui expliquant que je suis totalement fan de Manuel Valls et que c’est lui que je veux. Parce que je trouve que c’est celui qui s’exprime le mieux, le plus intelligent, le plus serein. DSK ? Il est à la banque mondiale donc bon…Et en parlant, j’ai une espèce de révélation, un instant de lucidité qui éclaire tout si cher à Moravia. C’est bien beau de m’exciter sur mon fauteuil mais c’est pas ça qui va faire avancer le schmiblick. Si je veux faire avancer les choses au PS, n’est-il pas temps de s’encarter.
 

Là, je réfléchis : pourquoi devenir militante ? Bon, je n’ai honnêtement aucune ambition politique, ce n’est pas un milieu qui m’attire. La politique m’intéresse en tant que citoyenne mais c’est tout. C’est déjà pas mal, vous me direz. Du coup, je me demande s’il est pertinent de s’encarter juste pour soutenir un homme. Aller aux réunions ? Oui mais je n’ai pas pléthore de temps libre pour commencer. Et je n’ai pas bien compris à quoi servaient les réunions vu que je me suis endormie à la seule où je suis allée. J’ai surtout l’impression que ça sert à se chamailler pour récupérer la présidence de la section. Mais si je veux pas être présidente de section ou essayer de convertir des non socialistes, ça me sert à quoi de militer ? A voter quand on me le demande et point ?

D’un autre côté, n’est-ce pas ma seule « arme » pour m’exprimer ? Quand j’ai râlé parce que les militants avaient investi Ségolène au premier tour, était-je réellement en droit de me plaindre alors que je n’avais qu’à m’encarter. Bon, il est vrai qu’à l’époque, j’étais au chômage et que j’avais peur que la mention PS (ou UMP si j’avais été de droite, hein) soit vraiment un argument vente intéressant. Bon, un an plus tard, je me dis que ça ne m’aurait pas nui mais à l’époque, il m’arrivait de postuler dans des rédactions de mairies et je préférais éviter de me griller. Aujourd’hui, je sais que je peux intégrer un parti sans problème, je crois que globalement, tout le monde s’en fout. Du moment que je fais pas trop de prosélytisme au boulot, ça passera tout seul.

Bref, je vois des raisons pour m’encarter et d’autres pour ne pas le faire mais la principale me paraît être la suivante : entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, il y a-t-il une réelle place pour mon chouchou ? En d’autres termes, s’encarte-t-on pour soutenir un homme, quitte à claquer la porte s’il n’arrive pas au sommet ? Surtout que j’ai du mal avec l’idée de m’engager avec un parti, des fois qu’un candidat d’un autre parti me parlerait plus.

De toute façon, c’est de la merde ce que tu fais

C’est l’hiver et les trolls sont de sortie. A priori, ils n’hibernent donc pas. J’en vois partout sur les blogs. Comme on dit, c’est un peu le revers de la médaille, on ne peut pas passer au travers même si je ne comprends toujours pas. Alors attention, les trolls ne sont pas des gens qui ne sont pas du même avis que le bloggeur. Le troll est celui qui poste un comm insultant sans donner une vraie adresse mail et certains poussent même le vice à cacher leur IP. Oui, il y a des trolls professionnels.

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Pour ma part, j’ai pris le parti d’effacer les comms en question. Je pars du principe que si la personne n’a pas la politesse de se présenter et de me parler sans m’insulter, je n’aurai pas la politesse de respecter sa liberté d’expression. Au début, j’étais parfois touchée par ces méchancetés. Et oui, derrière l’écran, il y a une vraie fille qui, selon les périodes, a la sensibilité à fleur de peau. Maintenant moins. Déjà, je vais plutôt très bien en ce moment, mes soucis sont de l’ordre de l’accessoire donc des insultes anonymes me font l’effet d’une piqûre de moustique : c’est pas agréable mais on oublie vite. C’est vrai que des fois, je trouve un peu débile le principe du « c’est comme ça, tu peux pas y couper », vu que j’estime que n’importe quel bloggeur a le droit au respect comme n’importe quelle personne. Mais quelque part, c’est logique : à partir du moment où on prend le risque de faire quelque chose, on a le droit à des mauvais esprits.

Il est vrai que j’ai pris plus d’insultes méchantes et gratuites sur ce blog que dans tout le reste de ma vie. Non pas que je sois différente mais en vrai, quand je parle, on voit quand je ne me prends pas au sérieux, ce qui n’est pas forcément le cas à l’écrit. Du coup, on peut passer que je pète plus haut que mon cul alors que je tiendrais le même discours oralement, ça passerait différemment. De la même façon, quand on me connaît en vrai, l’image qu’on a de moi est plus complète et subtile. Sur un blog, on ne peut pas tout montrer de soi et je ne le souhaite pas pour ma part. En vrai, je peux être aussi très cash et secouer les gens pas très gentiment mais ce n’est pas que je me trouve mieux qu’eux, c’est le principe de l’électrochoc. Etre toujours gentille n’est pas aider les gens. Si je prends la peine de discuter une heure avec une personne et de la secouer, c’est que je tiens à elle sinon, je prendrais même pas la peine de lui parler. Donc oui, on juge sur les éléments qu’on a, je n’y peux rien et tant pis.

Mais surtout, il y a autre chose : j’ai pris le parti de me créer un espace de parole public. Il y a eu des fois où j’ai été tentée de fermer mon blog pour ne plus du tout me faire agresser pour peanuts par des gens que je ne connais pas (ou que je connais et qui parlent anonymement derrière leur cache IP), revenir dans mon anonymat total où les gens me causent correctement. Mais à ce niveau là, plus personne ne fait rien. Prenons n’importe quel artiste (je ne me mets pas dans cette catégorie, hein) qui fait son métier. Forcément, il ne fera pas l’unanimité vu qu’on ne la fait jamais. La seule œuvre qui a récolté l’unanimité, à ma connaissance, c’est l’élégance du hérisson de Muriel Barbery, j’ai beaucoup aimé, aussi. Dès qu’on s’expose, on est forcément objet de critique. Ca doit quand même faire mal de passer des jours et des nuits à se défoncer sur un truc et entendre 3 connards qui ne sont pas capables d’en faire autant démonter ça en deux minutes « c’est vraiment de la merde ». Ceci étant, je peux pas juger, je n’ai pas toujours été tendre avec des oeuvres que je n’ai pas aimées du tout. Même si je ne le dis jamais directement à la personne concernée vu que je connais pas tous les artistes produisant un truc.

 

Alors quoi ? Doit-on ne rien faire et rester sagement dans son coin pour être sûr d’éviter les crachats ? Mais si tout le monde fait ça, ça va devenir épouvantable. Bien sûr, ce serait exagéré de dire que les blogs sont nécessaires à la bonne santé d’une nation, ce n’est pas de la culture avec un grand C. Pourtant, c’est un espace de parole facile à créer et ce serait dommage que certains disparaissent à cause de 3 insultes. J’en ai parlé cette semaine avec Babillages (par mail) et Sonia (par comms interposés) qui en subissent pas mal en ce moment et je trouve dommage qu’elles (comme d’autres) perdent un peu de plaisir à
blogger à cause de ça. Babillages se demandait même si son blog valait vraiment la peine. Mais si les gens viennent vous lire tous les jours, les filles, c’est pas par charité. Des blogs, il en existe tellement que si un ne nous plaît pas, il suffit de ne pas y aller, ce n’est pas difficile. On ne pourra jamais empêcher les trolls mais si on doit tous se taire pour ne plus être importunés, c’est vraiment faire gagner les sauvageons du net. Quand on produit quelque chose, même des écrits qui n’ont aucune prétention littéraire, il faut s’attendre à ça. Mais au moins, on fait quelque chose. Et ça ne pourra jamais plaire à tout le monde. Et quand mon chef Simon me dit que TGGP devrait racheter mon blog, je me dis que je dis pas que des conneries, quand même. Même si j’en dis beaucoup mais des fois, c’est fait exprès !

La liste de la fille qui va bientôt poser un RTT pour un week-end de 3 jours

Semaine de débile, c’est quand que ça s’arrête ? D’ailleurs, entre le taf et ma vie sociale, j’ai pas posté hier.

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– Samedi, j’ai rendez vous avec Alice, Anthony, Yohann et Sandra pou dîner. Ma sœur me demande de réserver un resto donc je lui propose notre cantine à chérichounette et à moi, le Starcooker dans le Marais. J’appelle vers 18h30-19h, je tombe sur un répondeur qui m’invite à laisser un message pour ma réservation. « Bonjour, 20h30, on sera 5 » (en vrai, j’ai mis plus de mots). Je me prépare, je pars. 20h20, mon portable sonne, un numéro que je ne connais pas. « Bonjour, le Starcooker, on n’a pas de place pour votre réservation. » Ok…
« Vous vous moquez de moi ? Et vous m’appelez 10 minutes avant alors que j’ai appelé il y a près de deux heures ? – Oui mais je viens d’avoir le message. – Et je fais comment moi maintenant ? On et quasi là ! – Vous pouvez essayer d’aller à notre restaurant à Opéra ». Non mais tu rêves cocotte ! D’ailleurs, tu peux attendre avant que je refoute les pieds dans ton resto. Déjà que le service était déplorable. Du coup, après s’être pris une dizaine de « c’est complet » dans la tête, on a fini à St Michel, à se faire sauter dessus par tous les restaurateurs dans la rue (qu’est-ce que je déteste ça).

– Deux personnes sont nues dans un lit et je suis une des deux et je fais mon caprice : « bon, tu me le diiiiiiiis ? – Non. – Allez, steuplééééééééé ! – Non.  – Si tu me le dis pas, je te tire les poils du torse ! – Si tu me tires un poil, je te vire du lit et deux, je te vire de l’appart. – Ah… Bon d’accord, je te tire pas les poils. Mais diiiiiiiiis le moi ! ». Bon, j’ai fini par savoir ce que je voulais. Chamaillerie suivante. « Hé, je boude, j’te signale ! Tu dois me faire un câlin pour te faire
pardonner ! ». Et là, j’ai droit à trois caresses sur l’épaule genre les mêmes que je fais à Kenya pour lui dire bonjour. Et là, je vous demande : comment je peux être crédible dans ma bouderie si je suis morte de rire ?

– Je suis d’une étourderie assez monumentale en ce moment. Exemple : la semaine dernière, je reçois un avis de recommandé. Là, je commence à vaguement paniquer : mais j’attends rien ! Donc c’est forcément un truc désagréable. Comme j’ai pas le temps d’aller à la Poste, je traîne mon angoisse (enfin, quand j’y pense) toute la semaine avant de me souvenir : j’ai acheté deux billets pour un match de rugby en mars. Je suis un boulet !

– Boulet 2, le retour de la championne. Jeudi, je passe une bonne partie de la journée à bavasser avec Babillages par mail. A un moment, elle me demande mon avis sur un article qu’elle vient d’écrire sur les défilés haute couture et je réponds : « J’aurais rajouté que c’est quoi l’intérêt du front row si on doit faire semblant d’en avoir rien à foutre ??? Mais très drôle sinon ! 😉 ». Et là, angoisse : je me rends compte que cette phrase, je l’ai pas écrite dans le bon mail et que je viens de l’envoyer à une éditrice de la boîte. Heureusement qu’on se racontait pas des cochonneries ! D’ailleurs, tout est bien qui finit bien, l’éditrice ne m’en a pas tenu rigueur.

– Lundi, c’est la panique : les commentaires marchent très mal sur les blogs et notre star de TMF écrit un mail pour nous informer. Nous, c’est la chargée de comm (Sylvie, ma coupine) l’éditrice, moi et… la directrice de publication du magazine. Donc forcément, c’est la panique, Sylvie qui bosse le lundi chez nous et moi décidons d’agir. « Bon, Alice qui est chef de projet blog est en vacances, on va demander à lui. » Simon m’explique que le monsieur n’est pas là. Ni son collègue. Ni un autre. « Heu… mais y a personne ? – Non, y a un séminaire, aujourd’hui ! ». Bon, avec Sylvie, on va quand même faire un tour dans le désert qu’est le bureau des développeurs et on finit par en trouver un (pile en face d’un de mes choupinoux de 23 ans). Au bout d’une heure, le gars me rappelle : « bon, j’ai trouvé le bug mais je peux rien faire, j’ai pas les codes ». Mardi, je crée un incident diplomatique toujours chez les développeurs mais pas les mêmes. Des grandes plumes de TMF ont lancé leur blog et l’une d’entre elles m’engueule parce qu’il n’y a aucun lien vers leur blog sur le site (même si elle me dit qu’elle sait que c’est pas ma faute) donc je demande directement à un gars de régler le problème. Deux minutes après, je reçois un premier mail : « Nina, remplis une demande officielle sur le serveur, s’il te plaît », suivi quasiment immédiatement par un « désolé, je viens de me faire attraper par mon chef et je me suis fait engueuler, je suis censé faire autre chose ». Oups…

– Quand tu appelles un mec choubidou, ça a des effets dramatiques sur l’érection. Alors que c’était gentil, je le plaignais (« oh, mon pauvre choubidou »). Je crois que je vais en rester à « oh, petit bouchon ! ». J’adore cette expression.

– Jeudi soir, rendez-vous avec une copine du collège/lycée de passage sur Paris. Pour situer rapidement la demoiselle, elle est pilote dans l’armée. Là, elle revient du Tchad où elle gérait les transports de nourriture (et de blessés parfois). Avec elle, un couple, un homme marié sans sa femme et une autre fille. Dans l’armée, on se marie vite. Face à moi au restaurant, l’élément mâle du couple qui sort de bien belles perles : « Aux Etats-Unis, il pratiquent énormément le sexe oral… L’oral sex, qu’ils appellent ça et il ne s’agit pas d’un speed dating d’une heure trente » mais surtout ma préférée que je vais ressortir : « l’amour rend aveugle, certes. Mais y a pas mal de clairvoyants qui se sont plantés ».

– Dernier tiret glam pour la route. Suite aux conseils de Vicky (sentez déjà comme j’assume le truc), j’ai regardé Cops hier soir. Je n’avais jamais regardé, pensant qu’il s’agissait des poursuites en voitures avec 10 accidents par minutes et tout ça mais pas vraiment. A un moment, une fliquette arrête une camée qui lui explique qu’elle a une pipe à crack dans le vagin… Et qui va la repêcher. Est-ce plus ignoble que le mec qui avait une seringue dans le rectum ? Je sais pas.

 

– Pour me faire pardonner du tiret précédent, un peu de musique !

Fais moi une place…

 En tant que vieux vingtenaire,  je voudrai écrire trois lignes pour survoler un sujet que Nina a évoqué il y a quelques temps : se caser.

Je détèèèèèèèeste ce concept.

Dans caser il y a casa et qui dit casa (maison en espagnol) dit sédentaire et qui dit sédentaire dit esprit non aventurier et qui dit non aventurier dit insignifiant.

Purée, je viens de vous faire un tel ramassis de clichés et de liens faciles, je viens de vous faire un raisonnement tellement nase qu’on a du perdre au moins 1000 lecteurs par mot : chuis trop fort !


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Non mais sans rire…

Se caser ce n’est pas nécessairement trouver la femme de sa vie et pondre des gamins à tire larigot, acheter une Rono Espace et un pavillon en banlieue avant de
vivre la crise de la cinquantaine et se barrer avec une jeunette…
Quand je dis se caser c’est moins le fait de rentrer dans un moule social que de trouver l’âme sœur, même si l’idylle doit durer « seulement » 3 ans. Là on tombe sur un sujet qui va peut-être emmerder à mort les djeunz cool qui nous lisent par millions. Eh oui, la brouette c’est joli, les passades portent bien leur nom… Oh oui jeune vingtenaire, je te comprends… Mais vient un temps où on aimerait trouver another thing than relation cheap (jeu de mot nase, je sais) Trouver une complicité et un soutien, une compréhension mutuelle et une sérénité… Ah, quelqu’un l’a dit ! Bravo, c’est exactement ça !  Tomber amoureux… (mais en fait non, car tomber amoureux est un moment sublime qui est à mille mille de l’amour quotidien…)

Ya pas à dire j’ai pas tout récupéré de mon accident. Ou alors déjà avant  j’étais super con : je viens seulement de comprendre pourquoi on dit « Tomber Amoureux ». Eh oui, on est tous des êtres humains et des êtres humaines, on est donc pas des rhinocéros et on est hyppppppper sensible : l’émotion est censée nous faire défaillir et
chuter et…
Pff, n’importenawak !
Personnellement, je m’envole amoureux. C’est surement parce que j’ai des pensées légères…

Tomber amoureux, c’est une chute libre
(enfin, on est quand même esclave de son amour car on ne le maitrise pas donc on est pas vraiment libre..)
Chute libre donc ? Admettons.
Mais la chute, tomber amoureux, sous entend une durée alors qu’on est dans un domaine où l’intensité des sentiments prédomine. Jolie ambivalence, don’t you think ?
C’est un processus mais dans mon cas j’ai tendance à  le limiter au pas en avant esquissé pour « tomber » de l’avion. Pardon ? Que dites-vous ? Tomber amoureux, ce
serait
l’émotion surannée du vol plané, celle qui nous fait tressaillir et frissonner quelques jours, l’apesanteur de la chute ?… Non, ça c’est l’état
amoureux !

TOMBER AMOUREUX, ce n’est pas encore de l’Amour, ce truc qui va venir une fois qu’on sera à Terre.
Tomber amoureux, ce n’est pas non plus la passion comparable à la chute libre des premiers jours.
Tomber amoureux, c’est ce saut vers le vide avec le cœur qui bat. Un simple regard et tout s’en va.

D’aucuns diront que je vous parle du coup de foudre. Moi yen a pas être d’accord !! C’est un brin subtil…

C’était en Septembre 2006. Alejandro, futur coloc émérite et moi avions pris la Lucasmobile pour vagabonder jusqu’à la riante cité de Reims. Tout ça pour rencontrer
l’une de nos futurs colocs potentielles et lui dire ouste ou amen. Ouhai, c’est ca : comme en recherche d’emploi. Apres la lettre de motivation et le dossier, place à l’entretien…
Donc, petit rendez-vous pour un p’tit dèj dans un café, vers 10H00 un dimanche matin… Marie, future coloc,  s’était pointée à l’heure et au moment des présentations
j’ai eu un coup de foudre.
Un coup de foudre pour la demoiselle qui l’accompagnait…

Rien ne m’avait préparé à L. , petite lumière dans mes ténèbres.

Fort heureusement en moins de 3s les présentations ont été faites et j’ai respiré quand j’ai su que ma p’tite fée ne faisait que passer et que Marie était la demoiselle qui postulait pour la chambre ! Imaginez une coloc de 4, avec un couple au beau milieu qui rompt au bout de 3 semaines, qui ne peut plus se piffrer et qui ruine l’ambiance générale de l’appart. Merci bien…

Donc, à ce stade, on vien d’assister à un coup de foudre, le craquage physique qui se résume à une émotion « palpable » (sic.) et à un desastre mental. Notre futur
jeune homme amoureux est dans un état d’esprit feu follet qui lui impose de repenser 3 fois sa phrase dans sa tête en présentant les croissants : « tu veux une gâterie
viennoiserie ? ».

Mais pendant l’heure et demie qui va suivre, dans les échanges, les réparties, les sourires, les non dits, les mimiques, la gestuelle, bref tout le théatre social,
là, le petit Lucas va tomber amoureux. Breves, intenses, 90 minutes sur un nuage à gazouiller…Coup de foudre et tombage amoureux : si mon distingo vous parait débile n’hésitez pas à le commenter !

3 mois sont passés sans que je ne revois L.,
3 mois sont passés où j’ai gardé son image en moi, enfouie. Je suis même sorti avec une autre nana. Mais L. était toujours là…

Et puis accidenti, un an de perdu, jusqu’à hier soir…
15 mois, bordel…
Or, hier soir, une fois de plus, j’ai été subjugué. Recoup de foudre, puis deux heures au resto avec un petit coeur qui bat la chamade.

Pas facile de rester concentré, de ne pas rougir, de répondre intelligemment aux questions, de contenir un petit cœur qui retrouve l’ame de ses 5 ans…

Surtout que L. n’était à mes yeux qu’une image, pas même une ébauche de personnalité. Une blondinette avec un petit accent et une grâce qui vous coupe la parole tellement vous êtes ému…

3 jours plus tard, quid juris ?

3 jours plus tard, L. est parfois dans mes pensées. Mais elle ne s’impose pas de manière impromptue, comme ça ni vue ni connue : c’est parce que je pense à un sujet
ou une personne et que je fais le lien avec « elle ». Ca arrive ainsi de temps à autre dans la journée : son p’tit accent, ses remarques finaudes, son physique de rêve, son visage qui me fait fermer les yeux et soupirer…

Mais alors

serait-ce L.,
serait-ce la promesse du bonheur commun,
serait-ce son image sublimée

qui me fait frissonner?

La dernière solution évidemment. D’où on en déduit que Lucas est en train de retomber amoureux bercé par une symphonie idyllique qu’il entretient telle un chimère ? Bonne question… Dans 3 jours elle sera peut être une simple mélodie qui me fera sourire… Passionata

Tout ça me fait dire qu’une fois le stade amoureux dépassé, on aime en dépit du bon sens ! Je veux dire par là qu’on a ciblé le personnage de A à Z : à nos yeux, le
passif (les défauts) est compensé par l’actif (son amour, sa compréhension, sa finesse d’esprit, tout ça). De là à dire qu’on aime une nana aussi pour ses défauts il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas… Mais tout de même ! L’idéal amoureux en prend un coup !  

De la même façon, je me demande souvent quel rôle on doit donner à la sexualité dans tout ça ? Souvent, au petit matin, suite à la complicité physique de la nuit,
mes sentiments étaient dix fois plus intenses pour une nana simplement « choppée » la veille… C’est le même processus qui me fait renoncer à draguer une nana en boite simplement parce qu’elle a une plastique dementielle : trop dure serait la chute le lendemain matin…

Alors quid juris ?? Ya surement une thèse à faire la dessus, (avez vous lu le bouquin « Comment devient-on amoureux ?« )

L., si tu passes par là n’hésite pas à me donner ton avis !
Et toi lectrice, si tu veux relever un tchaleunge, me donner des ailes et me faire oublier L., oui toi lectrice, deviens une amie de Lucas d’Amore sur FaceBook, le nouveau site social auquel je m’en vais donner un p’tit coté « mythique »…