Devinette

Qui est la bloggeuse qui a décidé de prendre un week-end de 4 jours dans le sud pour se dorer la pilule mais pas de chance, il pleut des cordes?

Je sens que je vais officiellement postuler pour le titre de reine de la lose. Notons quand même que le train, lui, était à l’heure, un an que ça ne m’était pas arrivé.

Sinon, un vrai article pour aujourd’hui, ça va pas être vraiment possible vu que je me suis levée tard et que je compte bien glander. Promis, je me rattrape lundi !

La mélodie du bonheur

Par Diane

Françaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes, aujourd’hui est un grand jour: j’ai trouvé la recette du bonheur. Si.

Il se trouve que ça a l’air d’être une constante chez le moindre organisme vivant doté d’un cerveau et d’une conscience; homme, femme, enfant,vieux, jeune, socialiste,mexicain ou comptable: le bonheur.

Pascal, quand il pense, dit: « tous les hommes recherchent d’être heureux; cela est sans exception…C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre… », et oui, on est prêt à faire tout et n’importe quoi pour quelques gouttes d’endorphines dans le cortex: être con, stupide, intelligent, spirituel, borné, infidèle ou martyre,  quitter femme et
enfants, lécher les bottes d’un dictateur,  trahir son meilleur ami, tout sacrifier pour son meilleur ami,manger de la gelée à la menthe, bref, quoi qu’il fasse faire pour avoir sa dose, jusqu’à ce qu’on soit satisfait, et que notre petit bonheur se fasse de nouveau la malle pour laisser place à un énoooorme vide fait de déprime et de désespoir, qu’on va se dépécher de vouloir effacer derechef, etc etc.

Alors après, qu’est ce que le bonheur, si on commence à disserter là dessus on est franchement pas couché et moi j’ai un quota d’heures de sommeil à respecter, donc je me permettrais de zapper cavalièrement la question, étant donné qu’on doit pouvoir trouver environ 45784 réponses différentes, et qu’on aille chercher son bonheur chez Régine, dans le droit des affaires (non mais franchement…) ou dans la choucroute congolaise, ça me regarde pas laissez moi tranquille j’aime pas la choucroute. (N.B: raindrops on roses and whiskers on kittens, bright copper kettles and warm wollen mittens, brown paper packages tied up with strings, these are a few of my favourite things…)

Mais LA question la plus intéressante et la plus pragmatique étant surtout: comment le bonheur? Alors là, on peut aller à la bibliothèque et lire Platon, aristote, epicure, Spinoza, Diderot, cyrulnik, Comte, sponville et j’en passe… mais là, ça dépasserait quand même gravement mon quota d’heures de sommeil, surtout que je n’ai pas trouvé la recette magique chez Platon epicure Spinoza Diderot Cyrulnik Comte-Sponville et j’en passe, que nenni (et pas seulement le cheval), mais chez Poe. Edgar Haleine Poe, qu’il l’avait mauvaise contre l’atroce angoisse despotique des longues soirées d’hiver (veuillez m’excuser chers lecteurs pour l’ignoble jeu de mots qui s’est glissé dans la proposition précédente, moi je cherche le bonheur dans les jeu de mots) et qu’il a énoncé, dans une de ses nouvelles, une théorie intéressante.

Dans cette nouvelle, (intitulée le domaine d’Arnheim), le naratteur raconte la vie de son ami Ellison, qui s’est avéré avoir traversé la vie favorisé par une « brise de prospérité » et totalement heureux, et il nous révèle la recette du bonheur d’Ellison, qui s’avère être le résultat d’un « système préconçu ».

Il apparaît alors qu’Ellison a vécu sa vie invariablement selon 4 principes, qu’il jugeait être les quatre conditions élémentaires de félicité.

….je vous sens, lecteurs, je vous sens trépigner d’impatience et tout fébriles d’émotion extatique devant l’imminence de la révélation qu’Edgar a offerte au monde aveuglé par trop de choucroute congolaise et d’épisodes de desperate housewives. (non mais sérieusement, susan est vraiment trop gourde, ça commence à m’exaspérer, et j’ai envie de foutre la tête de la fille de Tom dans le
caniveau. Ahhh jvous jure, heureusement qu’il y a Lynette. J’ai grand espoir qu’elle finisse par effectivement foutre la tête de la fille de Tom dans le caniveau). Je ne jouerai donc pas plus longtemps avec vos petits nerfs fragiles et m’en vais vous livrer les quatre ingrédients de la fameuse recette du bonheur selon Poe:

1/La simple condition physique, du libre exercice en plein air. La prise en compte du corps donc, qui doit s’épanouir au contact de la nature et ainsi permettre un terrain fertile pour l’harmonie avec l’esprit. (et là je me demande: et pour ceux qui ont le rhume des foins??) J’sais pas pour vous, mais pour moi c’est mal barré, enfant de la pollution (le nez au vennnt, je respire à fonnnnd),
mais effectivement je reconnais qu’à chaque fois que je m’évade de ma banlieue Nord pour aller m’enterrer dans un endroit tout désert et tout vert où ça capte même pas le WIFI (voire-j’ose à peine le dire- le téléphone), eh bien je ressens une certaine béatitude sereine à déambuler parmi les petits chemins qui sentent la noisette et l’herbe mouillée.

2/L’amour de la femme. Bon, là, je vous sens venir, « ouiiiii c’est n »importe quoiiii, l’amour ça apporte que des emmerdeeees, ça rend malheureux, toutes des salopes/tous des connards (rayez la mention ridicule) fais chier bordel mieux vaut être seul que mal accompagné et puis zut ». Certes, vous n’avez pas tout à fait tort, mais déja laissez moi vous dire que ce n’est pas une raison pour
être vulgaire, et ensuite il est avéré que, au bout du compte, quoiqu’on puisse râler et dire, on rêve tous de l’autre, et quand on se remémore les moments les plus heureux de notre vie, bah c’était rarement des moments où on était seul…

3/La troisième condition (la plus difficile à réaliser selon Ellison) est le mépris de toute ambition. Alors j’imagine qu’on pourrait placer dans cette case tout ce qui est « le pouvoir/l’argent/la célébrité n’apportent pas le bonheur »…, et surtout dans le sens  où l’ambition n’est jamais satisfaite, qu’on veut toujours plus, et qu’on reste bloqué dans un sentiment de « manque » à combler etc…et qu’au final l’attitude la plus raisonnable semblerait d’essayer tout simplement d’aimer ce qu’on a et ce qu’on est, sans passer sa vie à se soucier de ce que l’on
pourrait avoir/être.

4/L’objet d’une poursuite incessante. Avoir dans la vie quelque chose pour laquelle on se passionne et pour laquelle on se fixerait un but. Ellison, pour sa part, a pour « objet de poursuite incessante » la création de ce qu’il nomme un « jardin-paysage », une forme nouvelle de beauté où il se donnerait pour mission de corriger les défauts de composition d’un paysage, créer une sorte de paradis naturel fait pour charmer les sens.

Bref, voilà ma découverte du jour, faites-en ce qu’il vous (en)chante!


Découvrez Charles Trenet!

Où trouver l’homme ? Episode 14-2 : au café après le musée

(je rappelle à mes chers lecteurs que tout ceci n’est qu’une fiction parce qu’en vrai, j’ai pas le droit d’aller au café en journée alors que ça fait 3 bons mois que je suggère l’idée à Ioulia et Simon. Mais Simon étant un chef « sympa-mais-faut-pas-pousser », il me rappelle qu’il faut bosser. Des fois, la fac me manque)

A la recherche du prince charmant
Recommandé par des Influenceurs

La semaine dernière, je vous avais laissé en pleine joute verbale avec le dandy séduisant du musée mais qui commence à grave m’énerver. Du coup, je n’ai plus envie de me marier avec et de lui faire des enfants (au pluriel, ouais) donc je me la joue chieuse. Puisqu’il m’attaque sur Scoop, journal people que je ne lis pas mais dont j’anime le site, je vais le défendre bec et ongles (courts).


« T’as un discours réac typique du mec qui n’a jamais ouvert ce genre de magazine. Tu décides que c’est de la merde parce que ça ne correspond pas à tes stéréotypes d’intello prétentieux qui se considère au dessus de la masse mais qui ne sait absolument pas de quoi il parle. De la même façon, j’imagine que tu craches sur des émissions populaires parce que forcément, ce qui plaît au petit peuple, à la France d’en bas, comme on dit, ne peut être que mauvais. Mais je suis sûre que tu es du genre à consommer ce genre d’émission ou de
magazine en cachette pour mieux cracher dessus.

– J’ai même pas la télé !

– Mais ça importe peu, ça. Tu as déjà lu Scoop ne serait-ce qu’une fois ?

– Certainement pas, je vais pas leur filer de la tune.

– Donc c’est ce que je dis, tu condamnes sans savoir.

– Je l’ai déjà vu chez le dentiste.

– Donc tu l’as déjà lu. Tu vois, tu n’assumes pas.

– Donc si je l’ai lu, j’ai tort, si je ne l’ai pas lu, j’ai tort aussi. C’est assez limité comme argumentation !

– Pourquoi, moi, j’argumenterais alors que toi, tu te contentes de condamner ? Tu veux que je te dise ? Oui, la vie des people, je m’en fiche, il y en a toujours que je ne connais pas alors savoir s’ils sortent avec Jim ou Joe, ça ne changera pas ma vie. Il n’en reste pas moins que ça m’arrive de le lire en vacances parce que ça me prend pas la tête, que le côté gossip m’amuse.

– Et ça t’amuse de savoir qu’à partir du moment où un artiste est connu, il n’a plus aucune intimité ? Ça ne te ferait pas chier, toi, d’être traquée en permanence ?

– Mais enfin, tout dépend comment tu joues le jeu. Des tas d’artistes qui cartonnent ne passent jamais dans ce genre de journaux, ne serait-ce que parce qu’ils ne vont pas dans toutes les soirées people où ils se font arroser de cadeaux, ils ne partent pas en vacances à St Tropez et compagnie. Ophélie Winter tire l’essentiel de ses revenus des procès qu’elle intente à ces journaux alors qu’en partant en vacances à St Trop ou St Barth, elle sait très bien qu’elle sera paparazzée.

– Et ça te dérange pas d’alimenter tout ce système.

– Je n’alimente rien du tout ! Je n’achète pas cette presse mais par contre, c’est une toute petite partie de mon job et c’est aussi ça qui me fait manger. Je vivrais bien aux frais de l’Etat mais tu vois, j’aime gagner mon argent. Surtout que j’y travaille ou pas, ça ne changerait strictement rien. Maintenant, le gossip a toujours existé, les potins, ça circule, qu’on parle de stars, de collègues, de relations… On fait même du potin avec les politiques et finalement, c’est juste parce que les gens adorent partager les scoops, c’est comme ça. On a tous nos petits travers et je trouve celui là moins nocif que d’autres. »

Il gratifie mon joli discours d’une moue dédaigneuse. Apparemment non seulement je ne l’ai pas convaincu mais en plus, le peu d’estime qu’il avait pour moi, il l’a oubliée au musée. Mais, là, je suis remontée, je suis partie. La semaine prochaine, je l’atomise. Juste pour le fun.

La Stratégie du Tétard

Par Lucas


Ce matin j’ai passé deux heures dans le métro pour faire une expérience amusante.
Entre 7h30 et 9h30, j’ai fait mon show…
Arrêtez de froncer les sourcils, lisez la suite plutôt…


Mon idée pour cette expérience est partie d’une observation attentive.
La mise en œuvre a été précédée d’une préparation très poussée. En effet,  les préalables étaient très importants (comme tous les préalables…). Il me fallait choisir

–         
Un trajet pertinent :
Il est venu comme une évidence. Ligne A du RER, entre Charles de Gaulle Etoile et La Défense, Aller-Retour.
The reason why ?
Dans un sens, des cadres quinqua qui vivent en banlieue et vont bosser à Paname.
Dans l’autre sens, des trentenaires qui vivent à Paris et qui vont bosser à la Défense.

–     Un bon emplacement :
Au beau milieu d’un wagon. Mais attention, pas un wagon de milieu de rame. Les wagons de milieu de rames sont bondés le matin et il me fallait de quoi gambader facilement. A certains moments j’ai
eu du mal à me faufiler entre les gens alors même que j’étais en tête de train, normalement l’endroit le plus vide…. Autre chose trrrrès importante : ne pas oublier de hurler car Etoile – La Défense est un trajet particulièrement bruyant et  les gens au bout du wagon ne peuvent pas entendre si on ne fait que crier mollement… Dont acte.

–         
Le discours, enfin…
Bien articulé car mes proches savent que je pêche facilement en la matière…

« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, je sais bien ce que vous vous dites : « Zut, encore un emmerdeur, on ne peut plus survoler son 20 minutes en paix !« . Remarquez d’ailleurs le nombre de passagers qui ont des écouteurs  dans le RER… J’en viens aux faits : j’ai besoin de votre soutien ! Si vous avez qq pièces en trop, des tickets resto, des places de concert au Trabendo, des BN ou même un boulot, je suis preneeeeeeur. En échange de tout ça, je vous offre une… blaaaaague! Si vous la trouvez bien, faites un don ! C’est à vot’ bon cœur M’sieurs Dames ! Attention, blaaaaague !!

« C’est l’histoaaaare,
 D’un petit tétaaaard
Qui croyait qu’il était tôooooot
Alors qu’il était taaaard ».
Bim.
2 heures après la session, on fait le bilan calmement en se remémorant chaque instant.

Soit un trajet qui dure pas loin de 4 minutes
Soit un transfert d’un RER à un autre qui exige une bonne minute à Charles de Gaulle contre une simple traversée du quai à La Défense.
Prenons large. 5 minutes par opération (trajet + transfert). Les RER étant légion à ces heures là on va oublier le temps d’attente.
J’ai récolté une moyenne de 3,41 € par trajet (certains à 0 et d’autres à… 10 !) Trois euros, c’est ouf !

Notez bien que ce ne sont UNIQUEMENT des femmes qui ont donné. Pas un seul mec. Je me demande ce qui se passerait si une nana canon quémandait…
Allons plus loin.

En deux heures et des brouettes, j’ai fait 21 trajets et récolté 71,8 €,
soit un salaire horaire de 36 €,
soit un salaire mensuel équivalent à 35h x 36€ x 4 semaines = 5040 €.
Mazeeeette.

Ce à quoi je dois rajouter les avantages en nature :

– 2  tickets resto,

– Un p’tit écolier, un gâteau inconnu,

– Des sourires par dizaines. Toutes les donneuses m’ont fait des smile 10000 watt. Et je vous raconte pas le nombre de nanas qui m’ont dit « J’la connaissais déjà mais c’est la manière de la raconter…!« 

Allons plus loin.
Mon âme d’entrepreneur prend le dessus…

Si je change de ligne de métro souvent pour ne pas lasser mon auditoire, voire que je fais des tournées en province, à Lille, Toulouse,
Marseille, Lyon… histoire de créer un phénomène d’attente, (Ne ratez pas la venue de Lucas !! Réservations points de vente habituels !) je crois que je peux embrasser une carrière d’amuseur public  et embraser les transports en commun jusqu’ici terriblement froids et insipides.

 Fiscalement, c’est tout benef.

Admettons que je bosse du lundi au vendredi entre 7h30 et 9h30. Ca nous fait  net d’impôt 1440 € par mois, ce à quoi je peux
rajouter 20 heures par semaine chez Décathlon au SMIC soit 550 € par mois. Net, ça nous fait un total de 1875 € par mois. Attendez, je vérifie le salaire net moyen à la sortie de mon école de commerce.  2200. Purée, je perds 300 € et des brouettes. Trop dure ma vie… Surtout que je ne bosse que 30h par semaine. Si je laisse mes week end libres, ça me laisse encore 30 à  40 heures pour un 3ème boulot à caser.  Je pense que refaire le coup du matin, sur une autre ligne, à des gens à la ramasse qui reviennent du boulot, c’est pas top. Faut donc un 3ème job. Purée, va falloir calculer à partir de combien d’euros je paye des impôts avec mes boulots déclarés…

Et quant à mon épisode RER A, une moralité ?
(à prononcer tout haut pour que  vos collègues de bureau y voient un autre mot et vous prennent pour un gros niais)

 En France c’est l’amoral qui domine…

 

Loi d’Alonso / Point Alonso

(en hommage à Isabelle, pas Fernando)

« Plus un débat sur un thème sexuel dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver un propos visant à dénigrer la sexualité d’un des membres s’approche de 1. »
Dans un débat, donner un point Alonso revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de discréditer en vérifiant la loi d’Alonso.

Cette loi s’appuie sur l’hypothèse qu’en cas de désaccord sur un thème, une personne à court d’arguments (ou tout simplement débile) peut avoir la faiblesse d’appuyer ses propos par des attaques personnelles. Cette tendance est particulièrement frappante dans les thèmes relatifs à la sexualité.

Plutôt que d’apporter des arguments fondés sur une logique relative, la personne vérifiant la loi d’Alonso peut attaquer son interlocuteur (avec des critères subjectifs) sur :

  • – son orientation sexuelle (ex: « sale hétéro ! »)
  • – sa sexualité (ex: « mal-baisée ! »)
  • – ses capacités sexuelles (ex: « puceau ! »)
  • – son physique (ex: « petite bite ! »)
  • – sa psychologie (ex: « coincée ! »)
  • – ou toute combinaison de ces divers domaines (ex: « grosse pucelle coincée et mal-baisée ! » oui, généralement, la personne
    n’a pas peur des contradictions
    )


Références :

The Hours, de Stephen Daldry

Par Bobby


Chronique cinéma

 

Cher lecteur, j’ai décidé de te présenter, une semaine sur deux, non pas un film qui vient de sortir, mais un film que j’aime beaucoup, plus ou moins récent. La semaine dernière, je t’ai parlé de Française, qui m’a laissé de marbre, mais ne va pas croire que je suis de ceux qui dénigrent tout -et surtout ce qui marche- pour se donner un genre ! Figure toi qu’il m’arrive d’apprécier, voire de « surkiffer » (dans un jargon plus adapté aux trolls qui pourraient être amenés à lire cet article, sait-on jamais, il faut savoir s’adapter…) des films plus ou moins populaires.

Tiens, par exemple, en 2002 (mmh j’avais 14 ans, donc… ça c’est juste pour faire enrager mes collègues vingtenaires), le film The Hours a séduit le public, contre toute attente : petit drame de rien du tout, a priori, narrant sur trois époques la vie de trois femmes, liées par un roman et le même désespoir palpable. Dans les années 20, Virginia Woolf (Nicole Kidman, fantastique, métamorphosée), rédige son roman Mrs Dalloway (que je vous conseille, c’est très 20e siècle, très dense aussi, on y suit un long flux de pensée,  immergés totalement à l’intérieur d’une conscience), et s’interroge sur le sort qu’elle réserve à ses personnages : le suicide, ou le salut ? Dans les années 50, Laura Brown (Julianne Moore, intense, d’une sensibilité aigue…), jeune mère au foyer, lit le roman Mrs Dalloway et se laisse submerger par des pensées suicidaires. Enfin, dans les années 2000, Clarissa Vaughan (Meryl Streep, impériale, subtile, magnifique
!), revit la journée du personnage éponyme du roman de Virginia Woolf, transposée à notre époque.

Trois Heures, en sommes, comme les tois déesses grecques des saisons.

Les plans s’enchaînent d’une vie à l’autre, se succèdent sans que la modification des couleurs (gris-jaune dans les années 20, jaune-sépia dans les années 50, gris-bleu dans les années 2000) ne dérange notre nerf optique. Véritable prouesse scénaristique que de nous emporter dans une telle complexité  temporelle sans jamais nous égarer, et en nous révélant sans que l’on s’y attende les différentes connections entre les époques.

Le film est porté par le talent de la mise en scène, du jeu des actrices principales et de leurs acolytes secondaires, du scénario, de la musique de Philipp Glass (envoûtante, comme toujours), mais aussi par la puissance des thèmes abordés, au premier rang desquels on retrouve le désespoir et la mélancolie. Derrière ces maux, que l’on découvre ici liés à la folie, à la solitude, ou à la maladie, on voit poindre la menace -parfois éclatante, parfois insidieuse- du suicide.

Emotifs, prenez garde, ce film peut altérer le moral des plus solides d’entre nous avec une remarquable efficacité !

Le film est également l’occasion de peindre une intéressante reflexion concernant la vanité, qu’il s’agisse des liens entre les êtres (époux, frères-soeurs,
mère-enfant, amis…), du travail, des rituels (remettre un prix à un vieil écrivain), mais aussi -et c’est une chose plus rare donc d’autant plus appréciable- de la vanité de l’art. Et si l’art, que l’on encense incessamment, n’était pas à même de remplir la mission qu’on lui attribue souvent, à savoir préserver les choses du temps et de la mort ? Et si l’art ne pouvait pas capter le réel ?

Par ailleurs, je tiens à saluer (oui, vous allez dire que je fais une fixation là dessus, mais j’m’en fiche, na) le fait que tous les personnages -ou presque- sont homos, sans que cela fasse de The Hours un film sur l’homosexualité (avec toute la lourdeur que cela impliquerait). Cette thématique reste en filigrane, est c’est très bien comme ça. La même histoire aurait pu se raconter avec des hétérosexuels, sans que ça change quoi que ce soit. Finalement, c’est comme décider que les personnages seront blancs ou noirs ou jaunes, après tout, c’est une question de choix de mise en scène, voire d’esthétique. Il n’y a pas nécessairement de sens derrière, ni de « discrimination positive ».

PS : Si quelqu’un a lu le roman The Hours, dont le film est une adaptation, peut-être pourrait-il nous en parler et nous donner son avis (on est souvent déçu par la transposition de l’écrit aux images, et je trouve ça assez normal, mais bon)… Ca pourrait être intéressant de comparer



Découvrez Philip Glass!

Courrier des cœurs : réponse à ML

Cette semaine, ML nous a soumis la question suivante : « J’ai un collègue avec qui il y a attirance depuis deux ans, on flirte par mail et tout mais il ne s’est encore rien passé. Je lui plais, il me plaît mais rien. Pourtant, je sais qu’il en a envie, il me l’a dit. Alors que faire pour débloquer la situation? »



La cellule love and sex des vingtenaires s’est donc réunie pour essayer de répondre à cette délicate question.

Tatiana : Viole le !

Summer : moi je dis qu’il y a anguille sous roche. Il te dit mais ne fait rien? étrange…

Jane : Au bout de 2 ans, s’il y a vraiment attirance, s’il avait du passer quelque chose, ça se serait passé. A moins que le monsieur en
question soit indisponible genre « j’ai une femme et 5 gosses », où là, on comprend l’hésitation… Non mais voilà quoi, 2 ans! Il y a bien un moment où il faut savoir se jeter à l’eau, passer du flirt gentillet par mail interposé (qui remplace les petits papiers qu’on s’envoyait en cours au collège) à une tentative de rapprochement physique (on se tient la main pendant la récré) voire même carrément physique (on se fait des bisous à la grille le soir avant de rentrer chacun chez soi)
Enfin bref, deux ans d’attente, quand on a plus de 15 ans, ça fait beaucoup quand même… Pourquoi ne pas tenter de forcer le destin histoire de tester votre compatibilité avant la ménopause?
Parce qu’il semblerait que monsieur ne soit pas prêt à faire le premier pas.
Le conseil bonus: Demander à une copine de la compta de dire à un de ses collègues des RH que tu es dispo un soir en semaine pour sortir et attendre la réponse par le même chemin.

Bobby : La timidité devrait être proscrite…
Vous êtes hétérosexuels, alors foncez, que diable ! Aucun rapport, me diras-tu ? Mais ma ptite, que je mette deux ans à me poser des questions, du style « oui mais si il me refoule parce qu’il n’est pas gay ? » ou « peut-être est-il bi avec un peu de chance ? », ça peut se comprendre. Toi tu n’as aucune excuse. Alors on se met un coup de pied au cul, et on y va !
(Bobby en mode pédé aigri qui en a marre des chouinouses)

Jane : Et s’il est gay en fait et que c’est pour ça que ça avance pas, hein hein? 😉

Bobby : Dans ce cas :
1/ Oublie le
2/ Non, non, on t’a dit d’oublier !
3/ Présente le moi

Diane : Alors, dans ce genre de cas, plusieurs solutions:

1/Le damoiseau en question pourrait bien, tout simplement, ne pas être célibataire, ce pourquoi il flirtouille parce que tu lui plais réellement, mais que il ne veut pas aller jusqu’à l’adultère.

2/Il peut également être un énoooooorme immense timide (parce que 2 ans qd même…), de ces gens que, même quand tu leur envoie des énooooormes signaux genre ouiouitumeplaisjtassurevraimenttienstusensbont’esbeauj’aimebientavesteposetesmainssurmeshanches, eh bien ils se disent toujours « peut-être que pas vraiment au fait », du fait que effectivement y’a des gens qui jouent avec les autres sans vouloir aller plus loin. Bref, si c’est le cas, tu prends le taureau par la corne, si j’ose dire, et tu l’invites carrément à diner, avec force suggestion et jupe fendue.

3/Ou alors, ou alors, c’est peut-être que c’est juste le jeu qui l’intéresse, qu’il a peur qu’une fois le flirt consommé, la magie de la séduction disparaisse, et qu’il aime justement cette petite incertitude excitante qui plâne entre vos deux libidos au garde à vous.

Mais dans tous les cas, il n’y a qu’une façon d’être fixée, c’est de lui rentrer dans le lard.

Lucie : jusqu’à présent je pensais être un cas désespéré, merci à toi chère lectrice…je vois qu’il y a plus désespérée et plus nulle que moi
en drague!!!! Enfin bon 2 ans….hahahahahahahahaha….je serais tentée de dire que vous êtes (si il y a réellement ouverture avec le monsieur) vraiment de grands handicapées…mais lâchez-vous enfin! Vous n’allez pas non plus y passer 2 ans de plus.

Sinon, autre hypothèse, le monsieur en question est un grand pervers qui s’amuse allègrement avec toi depuis 2 ans. Et comble du comble du pire, peut être qu’il en plaisante même avec ses potes…version dîner de cons!!!! dans ce cas là, jettes-le.

Lucas : Je suis le seul à avoir pensé à la scène de Love Actually où le patron impose à une de ses employées de prendre son courage à deux mains et d’aller voir l’objet de ses soupirs pour le bien-être de la boite ?
Je te donne la réponse qu’une demoiselle avait écrite lorsque j’avais organisé une Lucas Academy (où les 13 candidates initiales devaient écrire un article chaque semaine sur un sujet que j’avais proposé : au bout de deux mois restait l’Elue).
Note bien que la scène se passait à une soirée mais qu’elle est transposable au bureau.
Le damoiseau : « Bon ben je m’en vais, il est tard. Bonne nuit. »
La demoiselle : « Et t’as cru que t’allais partir sans me rouler une pelle ? »
Trash ? Pfff, arrêtez vos jugements négatifs, vous les lecteurs pleutres ! Entreprenante c’est tout…

Enzo : Tout d’abord, je suppose qu’après deux ans, tu connais son statut marital et donc qu’il n’y a pas de soucis de ce coté là ! Si ce n’est
pas le cas, laisse tomber, vous échangerez votre premier baiser lors du pot de départ en retraite.
Je me désolidarise de la plupart des commentaires de mes camarades :
Summer > ELLE dit mais ne fait rien? Etrange…
Jane > Et pourquoi pas se peindre les fesses en rouge pour attirer l’attention du mâle et l’inviter à la saillie ? Il faut arrêter et se prendre en main tout(e) seul(e) !
Je dirais donc qu’il faut que tu agisses comme une grande fille ! Comme le dit Tatiana (quoiqu’avec un peu de nuance), viole-le ! Comme le conseille Lucas, soit entreprenante au lieu d’attendre (2 ans, putain !) ! Met les pieds dans le plat ! Girl-Power !

Si toi aussi, tu as une question à nous soumettre, n’hésite pas à nous laisser un comm, mail, message sur facebook, ce que tu veux !

La rupture en amitié

Par Tatiana

Bon je ne fais pas dans l’originalité niveau titre mais j’avoue avoir eu la flemme de chercher quelque chose d’original. Aujourd’hui lecteur je vais te parler de la rupture amicale. Je ne sais pas si tu as déjà vécu ça dans ta vie, mais ça peut être aussi violent qu’une rupture amoureuse. Nina pourra m’appuyer sur ce point. J’ai récemment vécu une rupture amicale que je n’ai pas vraiment vu venir et ça m’a pas mal retourné le cerveau. L’amitié c’est très proche de l’amour parfois et on peut réagir en amitié comme on le ferait avec son
amoureux(se).

Pour vous situer un peu le contexte je vais vous parler de la fille en question. J’ai sûrement du en parler sur ce blog sous le nom de Maria il me semble. C’est avec elle que je suis partie au Mexique (cf. mes 1er articles ici). Maria je l’ai rencontré en colo quand j’étais au lycée. On s’est tout de suite super bien entendues comme un coup de foudre amical en quelque sorte. On a eu des contacts épisodiques pendant 2 ans et c’est quand je suis venue habiter sur Paris qu’on a commencé à plus se voir. Elle travaillait en tant que pionne
dans un lycée vers chez moi et du coup elle venait dormir chez moi de temps en temps pour ne pas avoir trop de trajet. On est devenues très proches à ce moment là. Puis elle a emménagé sur Paris l’année d’après et ensuite moi j’ai déménagé pour me retrouver à côté de chez elle (5 min à pieds). Autant vous dire qu’on passait notre temps ensemble (et avec d’autres gens aussi). Ses amis
sont devenus mes amis et inversement. On est parties en vacances ensemble… Avec le recul je crois qu’on passait trop de temps ensemble. Après tout on est amies et pas un couple, donc on aurait peut-être pas du se voir autant. On a sûrement fini par se saouler mutuellement. Il y a deux ans j’avais déjà eu un 1er déclic quand elle est partie au Mexique pendant un an. Je me suis aperçue que je vivais très bien sans elle. C’est vrai qu’au début elle me manquait mais après au contraire je me suis rendue compte qu’elle avait trop d’influence sur moi, mes goûts, mes réactions… On était tellement tout le temps ensemble que du coup j’avais quasiment pas de temps pour d’autres amis. Je me demande maintenant si c’est pas à cette époque que la cassure a dû se faire. On a trop évolué chacune de son côté pendant un an et voilà le résultat. Ces derniers temps je remarquait de plus en plus des choses qui m’énervait comme le fait qu’elle soit hyperpossessive (elle peut me faire des crises si je vois ses amis sans elle ou autre), ou alors trop noir ou blanc niveau morale (genre ça c’est mal et ça c’est bien), ou encore un peu butée et fermée.  Mais ça ne voulait pas dire que je n’avais plus envie de la voir. On a partagé tellement de choses ensemble et puis moi aussi je dois avoir des défauts de merde qui l’énervent.

La dernière fois que je l’ai vu c’était début février, ou fin janvier je ne sais plus. Juste avant les vacances scolaires. Elle était venue chez moi et il y avait une autre de mes amies qui était là aussi. Bonne soirée tranquille. Elle est partie en vacances et après elle passait son CAPES. Forcément pendant cette période on ne s’est pas vues et je lui ai juste envoyé quelques textos. Seulement là où ça coince c’est qu’après je n’ai pas eu plus de nouvelle. A chaque fois que je l’appelais je tombais sur son répondeur et après elle me répondait par
texto. J’ai naturellement commencé à me poser des questions sachant qu’on se voyait plusieurs fois dans la semaine. Mais au début je me disais qu’il ne fallait pas que je psychote trop. Un mois passe. Je me pose vraiment des questions. Est-ce que j’ai fait quelque chose ? Est-ce qu’elle va bien ? J’appelle une de ses amies que je connais et là la fille me sort qu’elle l’a vue la semaine dernière et que tout allait bien. Ok, il se passe quelque chose. Surtout que la fille l’a vue car elle est venue chercher un truc sur internet chez cette fille alors que j’habite à 2 minute de chez elle. Ca commence à m’énerver sérieusement. Je trouve ça super bête comme attitude. Avant de partir moi-même en vacances pour une semaine je décide de lui laisser un ultime message en lui demandant ce qu’il se passe et qu’elle me dise pourquoi elle ne me parle plus.  2 mois s’étaient écoulés quand même, deux mois pendant lesquels je n’ai cessé de l’appeler. J’ai hésité
à venir chez elle mais d’un autre côté ma fierté m’en a empêcher et aussi la peur que même comme ça elle ne me dise rien et que ça m’énerve encore plus. Je rentre de Lisbonne et j’apprends qu’elle est allée voir une de mes amies et que mon amie en question ne me l’a pas dit vu que je l’ai appris par quelqu’un d’autre. En plus je sais que Maria lui a dit pourquoi elle ne me parlait plus, par contre à moi ça ne lui a pas effleuré ses 2 neurones de me le dire, même par mail si elle ne veut pas être confronter en direct avec moi. Autant vous dire que je ne peux pas m’empêcher d’en vouloir un peu à mon autre amie de ne m’avoir rien dit.

Pour en revenir à mon sujet d’article vous pouvez voir que Maria a choisi la technique de rupture de « je fais la morte » comme beaucoup de mecs aiment faire (et aussi quelques nanas ne les oublions pas). Technique que j’adore ! Quand je pense qu’aucun de mes mecs ne m’avait fait ce plan et qu’il a fallu que ce soit une de mes amies les plus proches qui me fasse ce plan là. Ca m’écoeure.  Comme pour une rupture je suis passée par tous les stades, de la culpabilité (j’ai fait quelque chose qui ne fallait pas) à la haine, en
passant par la tristesse. Aujourd’hui j’ai tiré un trait sur elle et je ne veux plus entendre parler d’elle. D’ailleurs je vis très bien sans elle. Ce qui me fait dire que finalement il fallait peut-être que cela arrive. Mais comme dans une rupture amoureuse il y a aussi un hic du côté des amis en communs. Comme pour beaucoup c’était des amis à elle je pense que je vais faire une croix dessus. J’ai l’impression de me retrouver sans amis du jour au lendemain et je trouve ça injuste car au final je n’ai rien fait. Il y a 2 ou 3 personnes avec qui j’aimerais garder contact mais je suis sûre qu’ils vont être gênés vis-à-vis de Maria.

Tout ça me fait qu’en amour comme en amitié rompre avec quelqu’un ce n’est jamais facile et surtout jamais sans dégâts.

Où trouver l’homme ? Episode 14 : le café d’après musée

A la recherche du prince charmant

(Je rappelle à ceux qui débarqueraient ici par hasard que cette histoire n’est qu’une fiction, que je ne drague pas au musée en journée et en semaine vu qu’à ces heures là, je suis au travail. Puis si vous croyez que je pourrais trouver un Parisien à Orsay, c’est que vous êtes naïfs, surtout à cette période de l’année)

Aurais-je tiré le gros lot ? Un mec passionnant en dedans et séduisant au dehors qui accepte d’aller prendre un café ? Mais j’ai une veine pas possible. Essayant de ne pas trop sourire de façon extatique, voire niaise, je l’entraîne dans un café voisin et le regarde à la dérobée, bien contente de ma « prise ». On passe commande et on continue à parler un peu du musée puis il commence à me demander ce que je fais dans la vie.

« Je suis community manager pour TGGP.

– Oh, TGGP ? Et bien… »

Est-ce du dégoût que j’entends dans sa voix ? En tout cas la température vient de perdre quelques degrés, là… Peu importe, je ne suis pas PDG de TGGP, juste employée.

« Et c’est quoi community manager ? T’es dans les RH ?

– Ahah, non ! J’anime des forums et des blogs pour des sites Internet.

– Et t’es payée pour ça ? »

Re-dedain. Température moins quelques degrés de plus. Prochaine question et j’enfile ma petite laine. Je sais que souvent, les gens ont tendance à me poser cette question en riant mais là, je sens que ma côte auprès du jeune homme dégringole vitesse grand V. De mon côté, j’aime pas trop qu’on dénigre mon travail parce que, ouais, de prime abord, ça a l’air très drôle mais pas tant que ça. J’ai aussi mon lot de merde à gérer et y a quand même des forums moins faciles à animer que d’autres. Bref, je vais éviter de relever.

« Oui, je suis payée mais tu sais, je suis également force de proposition pour faire évoluer le site, y a beaucoup de boulot. Tu sais, sur le forum de TMF, quand je suis arrivée, on recevait moins de 100 messages par jour. Là, on en est en moyenne à 300 ou 400.

– Tu bosses pour TMF ? »

Je crois qu’à force de manifester son dégoût, il va me vomir dessus.

« Je comprends pas comment ce genre de titre existe, c’est la quintessence même de l’avilissement de la femme. Soyez mince, soyez bronzée, portez cette robe à 400 euros et ce sac qui coûte un SMIC… Franchement, tu m’as l’air plus intelligente que ça, je comprends pas que tu te gâches à travailler pour un tel torchon.

– Un torchon ? Tu l’as déjà lu ?

– Pas besoin, je vois les couvertures, ça me suffit. »

Là, j’ai deux options : soit défendre un peu mon taf et accessoirement mon honneur dans une conversation qui va s’annoncer houleuse, soit je change de sujet pour ne pas effrayer mon dandy même si, honnêtement, j’ai plus très envie de faire des bébés avec. Ni rien du tout d’ailleurs. Bon, allez, on va le faire exploser.

« Enfin, je travaille pas que sur TMF, je travaille sur Joséphine, un autre mag féminin et pour Scoop [mag people du groupe] »

Implosion dans 2 secondes et demi

« Rah mais alors ça, ça me dépasse complètement ! Mais comment on peut même s’intéresser à la vie privée d’une star ? Et encore, quand je dis star, on nous vend souvent la vie de pauvres types qui se sont laissés enfermer dans une maison pleine de caméras. C’est d’un pathétique ! Je comprends même pas qu’on puisse oser travailler pour une telle merde ! ».

Sur le fond, c’est pas faux le côté people de seconde zone mais quand même, je travaille un peu pour, même si je ne l’écris pas,va falloir que je défende mon bifteck.

La semaine prochaine, suite de mon entrevue avec le jeune homme. Que va-t-il se passer ? Nina parviendra-t-elle à faire comprendre au jeune homme qu’il n’y a pas de sot métier ? S’engueuleront-ils ? Feront-ils furieusement l’amour dans les toilettes du café, emportés par leur élan destructeur ? Est-ce que c’est vraiment fini entre Jenifer et Pascal Obispo ? Ça vous choque pas que la première dame de France sorte un album ? A midi, je prends des courgettes ou des haricots ? Mais que de questions !

Il jouait du pipeau debout

par Lucas

C’est l’histoire d’un plongeon du haut d’une fadaise…

Chers lectrices, chers lecteurs, aujourd’hui vous avez droit à un Lucas en mode Simplet et Naïf.
A quoi se reconnait le Lucas ainsi transformé me demanderez-vous en arborant un sourire inquiet ?
Oh c’est bien simple, le bon Lucas croit qu’un job va lui tomber tout cru sur le nez parce que vous comprenez il a fait une Maîtrise de Droit des Affaires puis une école de Commerce  dans la riante patrie du champagne (Reims Management’s Cool)… Ouhai même que.
Comme le godelureau a orné son CV de quelques stages épars justifiant d’une expérience de ouf gueudin, il arrive la gueule enfarinée chez les recruteurs pour demander plein de kilo-euros. Recruteurs qui le remettent vite fait à sa place une fois qu’il a avoué que son pire défaut est d’être un peu trop perfectionniste et autres réparties sempiternelles…

Du coup, Lucas postule via Internet. Il reçoit même des mails de son école pour des offres. Voire pire. Pour le… Salon des Hauts Potentiels. (là dans un Walt Disney ou un Tim Burton, c’est le moment où un éclair traverse la scène et fait un grand bruit terrifiant)

Le Salon des Hauts Potentiels (éclair/bruit terrifiant), je vous l’ai déjà  évoqué en 3 lignes dans un article intitulé L’Etre d’embauche publié le 3 août 2007… Allons bon, Hauts Potentiels… C’est quoi ce truc ! ?

Le Salon des Hauts Potentiels est tout bêtement un événement à la con au Palais Brongniart (La Bourse).
Un truc qui a lieu tous les ans à la mi-juin, qui dure deux jours et où des boites qui ne sont pas nécessairement dans le besoin recherchent des jeunes ayant moins de dix ans d’expérience. Des jeunes dont trouver un job est un besoin nécessaire (redondance folklorique) et qui sont donc pret à tout pour ça. Je n’arrive pas à piger si, pour les boites, ce salon sert à répondre à un besoin pressant de main d’œuvre qualifiée ou si c’est vraiment pour trouver des gens qui valent le coup et qui pourront être embauchés à un poste donné. Peut-être les deux…
En tout cas, le Salon des Hauts Potentiels, c’est moooooooortel (éclair/bruit terrifiant).

Vous allez au Palais Brongniart avec votre sourire 10000 watts et vos espoirs. Au préalable vous avez choppé une invitation sur le site du Salon. Ouhai l’invite c’est pour faire style on ne prend pas n’importe qui dans ce salon. Sauf que n’importe qui ayant Internet et une imprimante peut l’avoir son invite. Et le bac + 5 qui passe par là par hasard qui veut rentrer ? Ah bah non, il n’a pas d’invitatioooooons.
Déééééébile.
Salon des Hauts Potentiels : Le Salon des Cadres, Bac + 5 et MBA…
Super le sous titre.

Il y a deux ans, en revenant de Milan, j’n’avais pas pris de CV pour y aller mais seulement mon invite et une caméra.
Je m’étais posté à l’entrée du Palais Brongniart, en haut des escaliers et j’y étais allé au culot en interpellant les jeunes qui rentraient ou sortaient dudit Palais.

Bonjour, vous pouvez répondre à une interview qui sera diffusée sur le site GrandeZecolesPointCom ?
(note de Lucas : pipeau intégral…) Oui ? Vous êtes partante ? Bon on ne fera qu’une seule prise. Quel est votre prénom ? Ursuline ? Trop sexy. J’adoooooore. On peut se tutoyer ? (elle avait mon age mais c’était pour jouer mon personnage) Bon Ursuline, si tu le souhaites ton visage sera flouté et tu peux utiliser un pseudo ? Non ? C’est bon ? Tu es prête ? Allez c’est parti.
Trois, Quatre…

(voix de George Clooney en mode méga Lover)

Bonjour Ursuline, peux-tu nous expliquer en quoi tu es un Haut Potentiel ?

Et là, sans déconner, ce fut le Draaaaaame (éclair/bruit terrifiant).
Cinquante personnes questionnées et toutes ont été décontenancées.
Sauf un mec, qui m’a répondu du tac au tac :
« Parce que je suis moins con que la moyenne : d’autres questions ? »
Réponse canon. Le mec m’a remis à ma place sans pitié. Il a mon respect à vie et je vous parie qu’il sera patron d’une grosse boite dans les 20 prochaines années. Cette réponse, c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire qu’il était libre, heureux d’être là malgré tout…

Et pour les autres ?
Le temps de réaction pour se remettre sur les rails variait de 2 à 20 secondes. Et la réponse était unanime :
Je suis un Haut Potentiel parce que j’ai un Bac + 5.
Authentique et Affligeant.
A croire que plus on étudie, plus on est abêti…
Et en originalité t’as un BEPC moins 15 ?

Pas un mec, pas une nana capable de me répondre franchement :
« Parce que je suis intelligent et que je suis graaaave motivé » (eh oui en France on ne se met pas en avant, c’est mal d’assumer son talent)
ou même une boutade du style :
« Parce que je le vaux bien« .

Des qu’on crée les aspects d’un cadre officiel (et encore c’était uniquement pour un soi disant site web) les gens ont tellement peur de donner une mauvaise image qu’ils sont tétanisés ! C’est le règne du recruteur lobotomiseur. Ça m’exaspère !

Hier je suis allé à un rdv d’embauche. A l’accueil, c’est une stagiaire qui m’a conduite jusqu’aux bureaux. Quand je lui ai dit mon prenom ds l’ascenseur elle a souri : « Ah c’est vous ! M. Raoul va vous recevoir dans 10 mns. Vous savez, il nous a tous forwardé votre lettre de motivation ! Il a adoré. Il a dit que c’était la première fois qu’il recevait une vraie lettre de motivation et pas un tissu de conneries » !
Le même Monsieur Raoul qui me dit une demi heure plus tard qu’il est d’accord pour m’embaucher mais que le conseil en stratégie en
Banque va me tuer et que vue ma LM j’ai mieux à faire que ça…
Surréaliste l’entretien…

Tout ça pour dire…

Cette année, j’irais bien au Palais Brongniart avec un CV bidon de chez bidon disant que j’ai un DESS en lettres classiques, que j’ai fait un mémoire sur le rôle des virgules dans l’œuvre de Stendhal,et qu’en préparant l’agrégation j’ai eu une illumination. Que j’ai envoyé tout balader pour passer 6 mois dans les bouquins de Manadgemeunte histoire de me farcir le pgm d’une école de commerce et que maintenant que j’ai tout assimilé je me lance sur le marché du travail et donc que je suis un haut potentiel…
Un vrai.
Rien que pour voir leurs gueules

« C’est une blague ? »
« Bah non pas du tout. Je vous donne l’impression de blaguer ? » Vous n’aimez pas les convertis ? Vous êtes intégristes ?
 » Je suis dubitatif. Comment calcule t-on la VAN d’une entreprise ? »
 » Dans un milieu avec impôt ou sans impôts ? Si c’est pour vous ressortir du Modigliani et Miller, on a ptete mieux à faire, non ? Si vous n’aimez pas les profils atypiques la queue derrière moi est encore longue et ya surement des tas de gens monocordes et malléables Manifestement, c’est ce que vous recherchez. Au revoir Mada…
« Non, c’est bon, restez… »

Comme je suis toujours à la recherche d’un boulot, si je vais au Salon dans 15 jours, il va falloir que je me retienne pour ne pas foutre des baffes à tout le monde. J’insiste comme un gros lourd mais un seul mot qualifie les gens dans ces moments là : pusillanime. Pourquoi ?

1) Parce que la crainte de faire mauvaise impression inhibe tout naturel. Et quand on cherche un job, chose vitale pour son existence, on ravale ses réflexes. Pourtant combien de recruteurs vus à des conf à l’école m’ont dit que c’est exactement ce qu’ils cherchaient…
2) Parce que la culture française taxe de fanfarons les gens qui se mettent en avant même s’ils ont toute légitimité pour le faire. C’est assimilé à de la vantardise et en France, là ou la religion reine c’est le culte de la Modestie voire de la Médiocrité, ce genre d’action est hérétique…
Je n’irai pas plus loin je suis trop blasé.

Je peux quand même avoir vos avis les gens ?