6 mois !

Le 28 mars 2005, je pose mes fesses dans le train corail qui relie Toulouse à Paris. Grâce aux merveilles de la carte 12-25, j’ai pris des places en première, ça me coûtait moins cher que de voyager en seconde. Je fais coucou à ma maman qui est au bord des larmes. « Tu vois, il y a 25 ans, tu naissais un week-end de Pâques où il y avait un changement d’heure. Ça faisait 25 ans que le changement d’heure n’avait pas eu lieu le week-end de Pâques et ça se produit l’année où tu pars. » On aime bien les théories tordues dans la famille.
Paris, c'est une blonde, Paris, reine du monde!!
 
Me voilà partie, le cœur lourd. Le samedi précédent, Gauthier a failli me faire pleurer en me faisant une magnifique déclaration d’amitié. La seule chose qui me motivait, c’est que j’allais vivre à quelques mètres de Julien, le directeur de publication du webzine qui me fait trop craquer. J’étais percluse de certitudes sur ma vie parisienne. 6 mois après, il est temps de faire un bilan.
 
Avant : Je pensais que Julien allait plaquer sa greluche qui vit loin de chez lui pour moi, que nous allions vivre ensemble et faire des bébés, à la longue.
Aujourd’hui : Julien qui ? Non seulement il n’a jamais plaqué sa greluche mais depuis que je vis sur Paris, nous nous sommes vus une fois… cinq minutes dans la rue. Je ne lui ai même pas payé le resto que je lui avais promis car il m’avait permis de décrocher mon premier stage. Du coup, en attendant qu’il plaque sa greluche, j’ai multiplié les aventures. Jusqu’à ce que je n’attende plus rien du tout.
 
Avant : Je craignais de perdre mes amis Toulousains.
Aujourd’hui : ils sont toujours là. Vive MSN, le téléphone, mes retours réguliers dans ma région et leurs voyages à Paris.
 
Avant : Je croyais que je ne me ferai pas d’amis, vu que je ne venais pas dans un cadre universitaire.
Aujourd’hui : Outre Victoire, Athéna et Linga, je me suis fait pas mal d’amis, surtout grâce à Internet mais aussi grâce au boulot. Lors de mon premier stage, j’ai sympathisé avec Zoé qui est devenue aujourd’hui une amie proche à qui je raconte tout (et elle en fait autant !).
 
Avant : je croyais que je me ferai agresser dans la rue ou dans le métro.
Aujourd’hui : Ben non. D’abord, les Parisiens ne sont pas tous de vilains voyous. Ensuite, dès ma première semaine, un événement m’a permis de relativiser l’insécurité nocturne parisienne. Mon premier vendredi en tant que parisienne, je pars avec Clara, son cousin, sa femme et le frère de celle-ci à la Foire du Trône, on s’amuse. Minuit, on part, contraints et forcés, on essaie tant bien que mal de retourner en ville. En effet, Clara et moi voulions aller à une soirée organisée par son ex boulevard Montmartre. On tourne, on vire, on se perd. A un moment, Clara dit à son cousin : « laisse-nous là, on va finir à pieds ! » En effet, nous étions persuadés que nous étions arrivées à bon port. On commence à marcher quand je vois une bouche de métro assez rétro qu’il me semble reconnaître. Puis j’aperçois un immeuble cerclé de néon rouge sur lequel est inscrit en énorme : « SEXODROME ». Oui, voilà, nous sommes bien à Pigalle, pas du tout où il faut, donc. Or, en province, Pigalle la nuit n’est pas synonyme d’havre de paix. Pas de panique, bras dessus, bras dessous, on redescend tranquillement mais sûrement vers le bar où nous sommes attendues. J’ai une théorie qui dit que quand on a peur de quelque chose, ça arrive forcément, surtout une agression dans la rue. En effet, une fois, à Toulouse, je rentrais tranquillement chez moi vers 23h30 en hiver, je prends une petite rue. Devant moi, un bonne femme qui, quand elle m’entend, commence à accélérer le pas. Connement, j’ai accéléré aussi. A la fin, la femme courait presque ! Elle n’aurait jeté ne serait-ce qu’un coup d’œil par dessus son épaule, elle m’aurait vue et n’aurait pas flippé. Je sais, c’était con mais imaginez si j’avais été trèèèès conne (et aussi plus grande et plus forte), j’aurais pu aller l’emmerder. Un agresseur, à mon avis, il choisit la personne qui a le plus la trouille. Non seulement personne ne nous a égorgées, volées, violées, agressées, tabassées, mais même, personne n’est venu nous adresser la parole. Ça a bien dédramatisé le côté glauque du « Paris by night ». Maintenant, je prends souvent le dernier métro (seule) pour rentrer chez moi.
 
Avant : je pensais que je ne m’inscrirais jamais sur meetic.
Aujourd’hui : seuls les abrutis ne changent pas d’avis…
 
Avant : je croyais adorer prendre les tapis roulants car ça donne l’impression de voler
Aujourd’hui : Après avoir pris les 2 tapis roulants de Châtelet deux fois par jour pendant un mois, j’aime beaucoup moins…
 
Avant : je croyais ne pas aimer le métro parisien trop bruyant et odorant à mon goût.
Aujourd’hui : j’avais raison.
 
Avant : je croyais que la vie était plus chère à Paris
Aujourd’hui : j’étais loin de m’imaginer à quel point.
 
Avant : je comptais arrêter de fumer en arrivant sur Paris
Aujourd’hui : Ahahahahah ! Quelle hypocrite.
 
Avant : je croyais que mon changement de vie allait me faire grossir
Aujourd’hui : j’ai maigri.
 
Avant : je croyais avoir envie de relations sentimentales durant plus d’une nuit
Aujourd’hui : la brouette, c’est bien aussi !
 
Avant : je croyais que j’allais passer mon temps à me perdre
Aujourd’hui : Et bien non ! La pollution n’a pas activé mon sens de l’orientation mais comme je ne connais rien, je suis particulièrement attentive et, donc, je ne me perds pas. En fait, ce n’est pas tant que je n’ai pas le sens de l’orientation mais surtout, je suis très distraite quand je chemine, perdue dans mes pensées…et je me retrouve perdue tout court.
 
Avant : je pensais que l’adaptation à la vie parisienne serait difficile
Aujourd’hui : Et bien pas du tout ! Paris, c’est comme Toulouse, ça marche tout pareil !
 
Avant : je pensais perdre mon accent
Aujourd’hui : Et bien je l’ai toujours mon accent toulousaing ! Et je crois même que je l’ai plus aujourd’hui que lors de mon départ comme si, inconsciemment, je l’accentuais pour marquer ma différence. Je revendique : j’ai le droit de prononcer le S final de moins, non mais !
 
Avant : je pensais croiser des gens connus dans la rue
Aujourd’hui : Je ne suis pas très attentive dans la rue mais j’ai croisé Jean-Pierre Darroussin, une fois… oui, d’accord, je l’ai reconnu parce qu’il parlait avec une preneuse de son équipée d’un micro énorme… Sinon, j’ai croisé des stars : Sébastien de la Star Ac (saison 4, je crois, a été éjecté dès le début), identifié grâce à ma sœur et Armande Altaï, identifiée par Anne (comme d’hab, moi, je regardais les vitrines, pas les gens). Clara a vu Nicolas d’Hélène et les garçons… Par contre, j’ai pas encore vu Brad Pitt. Ni brouetté avec…

Je fus une actrice

(J’en avais parlé l’autre jour, avant de créer ce blog et après avoir effacé mon premier opus, j’écrivais des mails type blog à Anne, Lucie, Clara et Gauthier (et parfois Mister Big). Pour fêter mes 6 mois à Paris, je vous en copie un, vous verrez que c’est pas tout à fait le même style que le blog !  Mail rédigé le 18 avril)
 
« Aïe ! J’ai des courbatures partout, j’ai maaaaal, au secours ! Et voilà ce que c’est d’être une grande sportive car mon samedi a été très sportif, justement, comme vous allez le découvrir. Mais avant tout, revenons à vendredi ! Donc, j’ai quitté le boulot assez tôt et j’ai fait un tour au « tout à 10 francs » à côté du boulot (oui, ils ont pas encore changé de nom) car je voulais acheter des torchons (que j’ai pas trouvé) et des balles de tennis pour Kenya. Au passage, j’ai acheté un nécessaire à couture et des bougies chauffe-plats. Bon, y avait une connasse qui monopolisait la caissière et m’empêchait de passer et un poivrot qui essayait d’engager la discussion avec moi mais, heureusement, Clara m’a appelée… Il y a des jours où j’adore mon portable !
C'est super!!
 
Bref, je retourne à la maison car j’ai des invitées pour l’apéro : ma sœur et sa coloc ainsi qu’une co-stagiaire de Clara. Comme mon boulot  m’avait gracieusement offert une bouteille de champagne, champ’ pour tout le monde ! Alors, là, figurez-vous que j’ai découvert ma sœur pompette et c’est assez drôle, en fait, elle est beaucoup mieux comme ça ! Enfin, le champagne était très bon, on a bien rigolé. Après, avec Clara et Nelly (la co-stagiaire, donc), on décide de partir se promener sur Paris, on va donc à la gare et bam ! On tombe sur qui ? Pedro [un camarade de promo qui vivait à 500 mètres de chez toi et qui avait trop pris au pied de la lettre : « ma maison est ta maison ». En gros, il squattait chez moi]! Donc, une fois de plus, je me montre limite aimable, il était complètement défoncé, de toute façon, et il monte avec nous dans le train, Clara était au tel et je me concentrais activement sur l’admiration de ce paysage que je connais par cœur…Bon, là, il commence à nous raconter qu’il part se mettre au vert car il va pas bien du tout, il
supporte plus de vivre chez son oncle et sa tante, blablabla. Et là, il nous sort : « ouais, depuis que j’y vis, j’avais l’impression qu’il y avait une présence, dans ma chambre, et là, cette nuit, je me suis réveillé et j’ai vu un gars au pied de mon lit, j’ai trop flippé, et tout ! » Et là, il m’annonce qu’il a failli m’appeler à 2h du mat’ pour venir dormir chez moi… Mais bien sûr !! C’est bien connu : « auberge Nina, repas et gîte à toute heure, je dors jamais, moi… ». Bon, Clara lui a fait remarquer que fumer des joints, ça arrange pas les choses mais l’autre, il continue dans son délire : « Ouais mais j’ai appris aujourd’hui qu’avant, il y a avait un mutilé de la 1ère guerre mondiale qui vivait là et lui et sa femme sont morts dans la maison ! » Donc j’ai répondu que, moi aussi, quand j’étais très fatiguée, il m’arrivait de me réveiller et de voir des gens dans ma maison qui n’existent pas (une fois, aussi, j’ai vu un carton de chaîne hi fi… Les fantômes ne
sont plus ce qu’ils étaient !!)et que, dans mon immeuble qui date de 1970, y a sans doute des gens qui sont morts aussi. Bon, j’ai été limite aimable, j’avoue, Nelly a pas compris qu’on soit aussi dures envers lui mais, Pedro, je commence à percevoir le personnage, je pense qu’il nous fait du chantage affectif et il est hors de question qu’il vienne dormir chez moi  parce qu’il va pas vouloir aller dormir dans le clic-clac, naaaaan !
 
En fait, après réflexion, je me suis souvenue de quelqu’un qui était EXACTEMENT comme lui : Johanne ! J’explique pour Clara qui ne la connaît pas (oui, à partir d’aujourd’hui, Clara reçoit aussi mon mail, c’est pour ça que je dis plus de mal d’elle, hihihi !! ;)). Donc, Johanne, c’était le genre de fille qui supportait pas d’être célibataire et qui sortait avec n’importe qui (j’ai failli mettre n’importe quoi…) du moment que le mec semblait s’intéresser à elle.  A une époque, elle s’était installée avec un mec qui s’appelait Pedro (c’est fou les coïncidences, quand même !). Un jour, ce monsieur a dû partir pour un stage, il était en musicologie, et là, c’est devenu du grand n’importe quoi ! A ce moment-là, elle découvrait Internet et je sentais bien que ça allait partir en vrille. Déjà, pour te situer un peu le
niveau de la nana, elle arrive un jour à la cafétéria du Mirail et annonce, toute fière : « ouais, hier soir, je scannais des bouquins et je me suis scannée les seins ! » Ouah, trop drôle ! Puis elle finit par m’annoncer qu’elle était partie dormir chez un autre mec, la veille, car elle supportait pas de dormir seule car elle voyait des monstres, la nuit… Tiens donc ! Après, quand son mec est rentré, je lui ai dit de faire attention car elle commençait à partir en vrille, elle n’allait plus en cours ni rien et là, il m’a dit : « De toute façon, si elle rencontre un mec avec qui elle dialogue sur le net, je la quitte ! ». Avec Guillaume, on s’est regardé mais on n’a rien dit. N’empêche qu’ils ont rompu juste après, elle est partie deux fois plus en vrille et on a fini par s’engueuler, elle voulait me péter la gueule, entre autres, Gauthier
 Anne et Lucie s’en souviennent ! Donc, a priori, si Pedro me gonfle trop, ça va finir pareil : suis comme une cocotte minute,  moi, si on me relâche pas la pression, je finis par exploser et c’est violent.
 
Bref, sur ce, on va se promener dans le quartier latin, avec Clara et Nelly, on a mangé dans un grec un peu bizarre mais c’était sympa puis on rentre, on mate Sex and the city et dodo !
Le lendemain matin, Clara se lève à 6h30, je crois, pour aller prendre son train, elle part vers 7h (je crois, j’avoue que  j’étais pas super réveillée) et, juste après, Kenya commence à chouiner donc je me lève pour la gronder et je vois qu’elle est en train de me faire un petit caca dans la cuisine donc je nettoie (hummm, doux réveil) et je me dis : « tiens, charge ton portable ! » et là, que vois-je ?? Un texto de Christophe [un mec que je voulais brouetter à l’époque] reçu la veille qui me dit : « J’ai plus de cheveux, c grave ? » Oui, parce que lui, il aime bien se raser la tête, chacun ses lubies. Bon, je réponds pas de suite car je suis polie, à 7h, ça le fait pas et puis, il peut mariner un peu, non ? Bon, je me relève plusieurs fois pour nettoyer les bêtises de Kenya puis, à 11h, lever définitif, je réponds donc à Christophe : « j’aime mieux les mecs à cheveux mais faut voir… tu es bizarre, com’ gars quand même ! » Non mais c vrai, il me dit qu’il veut pas que je lui mette la pression mais il arrête pas de se rappeler à mon bon souvenir, faudrait qu’il sache ce qu’il veut, nan ? Bon, je me douche, je me prépare et je trouve sur le bar de ma cuisine un petit mot de Clara avec un sachet plein de bonbons et de chocolats, pour m’aider à être belle et svelte !! 😉 N’empêche que j’ai été toute zémuse !
Allez, c parti pour le tournage, rendez-vous à 13 heures sur les Champs Elysées, juste devant l’Arc de triomphe, rien que ça ! Je sors et je repère une dizaine de gars qui papotent donc je fais : « vous êtes là pour France five ? » Bingo ! Bon, j’allume une clope et je commence à discuter un peu avec deux gars que je connaissais pas puis, soudain, arrive Christophe, toujours aussi ponctuel (environ 20 mn de retard) qui me fait la bise, m’adresse deux mots et part rejoindre ses potes… Ok, je le sens bien celui-là !! Bon, peu à peu, les acteurs de F5 (ça va plus vite que France Five) arrivent et c’est fou comme ils sont mieux en vrai. Pour la suite de ce paragraphe, ce serait bien que vous alliez jeter un œil sur leur site (www.francefive.com) pour comprendre de qui je parle !
 
Donc arrivent les deux acteurs qui jouent Red fromage et Black Beaujolais… Ben, le mec qui joue Red, il est trop charmant en vrai, avec des yeux bleus à tomber !! Il est immense ce type, ça se voit pas à la télé… Après, y a le réalisateur, Alex Pilot, qui arrive et fait la bise à tout le monde en demandant les pseudos et quand je me présente, il me dit : « Hé, mais t’as pas mis tes baskets ! » parce que j’avais dit sur le forum que j’avais de supers baskets pour courir et faire la figurante donc ça fait plaisir, ça montre qu’il se souvient des gens !! En même temps, sur le site, on n’est que 2 filles hors staff et l’autre est suisse, alors… Ensuite, y a la fille qui joue Pink à la mode qui arrive,
c’est fou comme dans le film, elle est pas top alors qu’en vrai, elle est très jolie. Mais le plus beau, le plus séduisant, le plus « je lui mordrais bien les fesses », c’est Blue accordéon, en fait… Alors lui, franchement, je le trouvais pas top du tout dans les films, surtout que le mec qui joue Yellow baguette est top canon (mais, là, il était pas là, il était au Japon), mais en vrai… Raaaaaaah ! En +, là, il avait des lunettes et il était mal rasé, je l’aurais bien ramené à la maison ! Enfin,  bref, on fait la queue comme en Pologne (oui, comme je parle plus de Julien [le directeur du webzine], j’ai un peu délaissé ce pays froid et gris donc je profite de l’occasion pour me rattraper)pour se faire inscrire comme ça, on aura notre nom au générique, tatan ! Donc, première scène : une vingtaine de figurants dont moi et mes deux nouveaux amis dont je connais absolument pas le nom on y va, il fallait faire semblant de téléphoner et, soudain, d’avoir une coupure de téléphone car, c’est comme ça que le drame arrive : quand les Lexos (ce sont les méchants) attaquent, les portables coupent. Donc, y a un acteur au premier plan et nous, on fait : « allo ? Allo ? ». La scène, on l’a refaite dix fois, le directeur des acteurs, qui s’appelle Dico, nous disait : « Heu, si vous pouviez avoir l’air plus stressés, quand même ! Circulez, y a une grande allée derrière l’acteur, mettez vous derrière lui, au fur et à mesure ! ». Alors comme on faisait ça juste devant la sortie de métro à l’Etoile, nombre de touristes se sont retrouvés infiltrés parmi nous, on avait l’air trop fins :  20 pékoïs qui font «allo ? Allo ? » en même temps, terrible !!
 
Ensuite, on va dans une rue parallèle pour faire une autre scène, consigne : on court comme des débiles derrière le faux journaliste mais faut pas sourire ! Bon, alors, c’est super drôle parce que c’était vraiment la panique : vu que tout le monde courait dans tous les sens, on s’est un peu tous rentrés dedans, certains tombaient et tout, du grand n’importe quoi mais c’est quand même quelque chose de tourner une scène de panique juste à côté de l’arc de triomphe !! Bon, on change plusieurs fois d’endroit pour faire plusieurs journalistes, en fait, à un moment, on se calme car les flics passaient et qu’apparemment, on n’avait pas d’autorisations.
 
A un moment, y a Dico qui vient me voir et me fait : « bon, il faudrait que tu joues la maman des petites filles ! » Oui car il y avait 4 gamines sur le tournage, de 5 à 10 ans, à peu près, blondes aux yeux bleus (sauf une, on dira que c’est l’illégitime !). Bonjour le coup de vieux et puis me demander, à moi, de jouer avec des gosses !! :’( Bon, au moins, vous regarderez dans la vidéo dont je vous ai parlé dans le mail d’hier, on me voit bien avec mes petites que je sauve et que je tiens même par la main, Seigneur Dieu !! N’empêche que j’en ai tué aucune ! Elles étaient mignonnes, en même temps, même si y en a une qui m’a démis le coude en tombant et une autre qui m’a tué le dos en me sautant dessus ! Vive les gosses !! Le seul avantage, c’est qu’elles connaissaient le très beau Blue (Daniel, de son prénom,
il a pas du tout une tête à s’appeler comme ça) donc j’ai maté comme une folle !! 😉 J’espère qu’ils me rappelleront pour jouer la maman, loooool !
 
Sinon, pendant les scènes de course, je suis rentrée deux fois dans le même gars, celui avec qui je parlais dès le départ et dont j’ignore toujours le prénom alors son pote, que j’avais déjà croisé sur le forum, fait : « Vous avez qu’à courir  côte à côte, vous ne vous rentrerez plus dedans ! » (oui parce qu’on faisait pas semblant, quand même…) et, là, le mec, il me fait : « Oui, on a qu’à courir main dans la main, style, on est un couple, on se promène et tout… » Et bien, y en a au moins un qui aura voulu me tenir la main !! Bon, il était pas trop mal mais un poil trop féminin, pour moi. Si vous voulez voir sa tête, vous téléchargez la vidéo que je vous ai conseillée hier (oui, je suis chiante avec ma vidéo, oui, je suis égocentrique, oui, je vous emmerde !), c’est celui qu’on voit juste après moi au tout début.
Et Christophe, là-dedans ? Bon, si vous regardez la vidéo que je vous ai conseillée (reprendre parenthèse du paragraphe  précédent), à un moment, on le voit qui se balance dans une benne à ordure… Hum ! Hum ! Bon, il me paraît clair que je terrorise ce garçon ou quelque chose, je me rends compte aujourd’hui que j’ai été glaciale comme un vent polonais (lol) avec lui samedi alors qu’il est venu me parler deux, trois fois de platitudes pas possibles et quand je lui dis : « tiens, j’ai soif, je boirais bien un verre, tu viens ? », il me répond qu’il part avec ses potes en s’excusant platement… Mouais…  Hier, il est venu me parler sur MSN, une catastrophe, il m’a dit en gros : « salut », a répondu à mes questions puis m’a dit : « je joue a resident evil 4, c’est bien. J’y retourne, ciao ! »… J’ai mal à la tête rien que d’y penser !! En +, je lui ai dis que j’avais mal au dos, vous pensez qu’il serait venu me masser ? Naaaaaaaaaaan ! Pourtant, j’ai très mal… Au pire, je demanderai au gars qui voulait me prendre la main pour courir, il m’a dit sur le forum : « quel meilleur moyen de faire connaissance ? » ben, me faire un massage, ce serait cool, tu vois !
 
Enfin, pour Christophe, je fais plus rien, il a qu’à me rappeler, s’il veut, sinon ciao ! Il me saoule, à la fin, à pas savoir ce qu’il veut. De toute façon, je reprends mon opération « belle et svelte » et je vais trouver une activité pour sortir et faire des rencontres car, comme dit Anne, « moi, je me suis inscrite à la salsa pour faire des rencontres ». Ben, moi, je sais pas encore mais je vais trouver ! Non parce que j’en ai marre d’attendre des mecs qui se décident pas à plaquer leur greluche polonaise (Ouais, j’ai réussi à le placer !!)ou à faire le premier pas alors que j’en ai déjà fait 15 !
 
Bon, dimanche, journée tranquille, j’ai passé ma journée à ramasser les cochonneries de Kenya. A ce propos, ma mère est horrible, elle me fait culpabiliser. Voilà, je l’appelle hier et lui dit que je me fais du souci pour Kenya car elle a la diarrhée, elle me fait des pets foireux et des petits besoins partout et la voilà qui me dit : « Ah, mais je le savais, elle est pas bien chez toi, si tu veux la ramener… » et là, j’ai eu comme une vision de ce que sera mon avenir si j’ai des enfants, je sens que ma mère va me faire culpabiliser et tout, et tout ! Non parce que je m’en voulais presque, à la fin de la conversation, alors que je m’en occupe, de ma choute !! J’ai même trouvé un nouveau jouet, j’ai attaché une bague en fer qui traînait à la porte de la salle de bain et c’est parti ! Sinon, toujours dans le chapitre Kenya, j’ai rencontré une voisine sympa, hier, Marine, c’est celle qui vit au rez-de-chaussée et qui a un chat, aussi, c’est une femelle, elles s’entendent pas du tout avec Kenya mais elles vont s’habituer… Alors, Marine me fait : « Ah, c’est toi la maîtresse du chat qui pleure ? »… Ben, voilà, une autre dose de culpabilité, SVP !!
 
Sinon, rien, c’est pépère au boulot, aujourd’hui. Demain, conférence de presse avec tous les joueurs du stade français, Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!! Faut même que j’interviewe un joueur, celui que je veux, lalalala ! Allez-y, haïssez-moi, j’aime ça !!
 
Bon, bé sinon, rien, le soleil se lève sur Paris, c cool !
Bon, je stoppe là !
 
Bisous à tous les 4
Nina qu’a mal partout »

Fabien

Je me moque des plans drague foireux dont je suis victime mais quand je m’y mets, j’avoue que je peux être catastrophiquement nulle.
dring dring!
 
Avril 1996 : je suis en seconde. Durant la première partie de l’année, j’ai bavé comme une malade sur « le beau gosse là-bas », un très grand brun aux yeux noirs et à la peau mate, hmmmmm ! Notre histoire s’est résumé à ce seul mot : « pardon ! » proféré une fois alors que je lui étais rentrée dedans sans même le faire exprès. Petit à petit, mon cœur s’est tourné vers un autre « beau gosse là-bas », Fabien. Brun, yeux noisettes, beaucoup moins beau gosse que le précédent mais je le trouve charmant quand même. Evidemment, j’ai jeté mon dévolu sur LE mec inaccessible, pour changer : non seulement il n’est pas dans ma classe et nous n’avons pas de relations communes mais en plus, il est en terminale. Et justement, que se passe-t-il en terminale : le bac.
 
Etape 1 : drague discrète (voire inexistante)
Rentrée des vacances d’avril, je reviens d’un voyage scolaire en Italie le cœur léger, l’œil brillant, je retrouve mes amis dont ma meilleure amie Cécile, dont je suis inséparable. On fait un beau duo :  je suis petite, boulotte et bavarde, elle est grande, fine et silencieuse. Or, en ce jour de rentrée, drame atroce : les terminales ne sont pas là ! Les terminales ont disparu ! Mais où sont-ils ? Et surtout Fabien, les autres, je m’en tape. Et là, la vérité, terrible, tombe sur mes épaules : ils passent le bac blanc. CQFD : dans 2 mois, ils passent le bac tout court et je ne pourrai plus jamais voir Fabien. Panique à bord !
 
Jusque là, ma technique de drague était pour le moins passive. En fait, je suis même gonflée de parler de drague, il s’agissait plutôt de matage. A chaque récréation, le jeune homme et ses amis se posaient sur une table où étaient déposés quelques journaux (le journal local et l’Equipe), juste en face du tableau d’affichage. Donc je passais mes pauses à lire le tableau (il n’y a pas de profs absents, sûr ?) et à lire mon horoscope avec les copines dans le journal local. Je parlais assez fort pour me faire entendre, trop forte la fille !
 
Etape 2 : le suivre.
Avec Cécile, notre grand jeu, c’était de suivre les garçons qui nous plaisaient. A midi, on attendait que notre cible sorte et on la suivait. Ainsi, j’ai découvert où habitait Fabien, j’ai ainsi appris son nom de famille. Hasard incroyable : Fabien n’est autre que le grand frère du garçon dont ma sœur a été amoureuse durant le primaire (le petit frère était sacrément mignon, il faut avouer). Nous étions d’une discrétion exemplaire : on le suivait à 10 mètres. Il n’empêche que ça nous occupait beaucoup de suivre les mecs. En première, nous avons suivi de septembre à décembre un garçon qui lui plaisait beaucoup. Lassée de voir que les choses n’avançaient pas alors que nous savions que le garçon était amoureux de Cécile, j’ai décidé d’accélérer les choses : je suis allée voir une copine qui connaissait bien le garçon en question pour lui dire que Cécile était amoureuse. Ça va faire 8 ans qu’ils sont ensemble, merci qui ?
 
Nous étions discrètes mais pas tellement : un jour, nous discutions avec Cécile et une très bonne amie, Charlotte (mon amie épistolaire) au pied de l’immeuble de Fabien. Soudain, le voilà qui arrive, nous cessons aussi sec notre conversation et une fois la distance des 10 mètres atteinte, nous voilà parties vers le lycée. Quelle discrétion, bravo ! Mais Fabien ne semblait pas réagir, je devais attaquer, mais comment ? Je n’avais pas du tout conscience de mon pouvoir de séduction (absolument pas mis en valeur), j’étais d’une timidité maladive alors comment aller lui parler ?
Etape 3 : édification du plan béton.
Je dois lui avouer mais comment faire ? Première idée : lui envoyer Cécile. Je lui en parle, réponse : « non mais ça va pas ? Je vais pas aller le voir, je ne le connais pas ! » Oui, Cécile es encore plus timide que moi, elle ne parle ni aux mecs qui lui plaisent, ni aux mecs qui me plaisent. Vite une solution de secours ! Un dimanche soir, j’écoutais la radio (Fun, vive les radios libres !) et il y avait une jeune fille qui appelait un mec pour se déclarer. En voilà une idée ! Folle d’excitation, je prends ma décision : ça passera par téléphone (mais pas à la radio). Le lundi, je me jette sur Cécile et lui raconte ton plan : « tu es folle ! ». J’aurais plutôt dit désespérée. Le soir, je rentre chez moi, j’attends que ma mère emmène ma sœur à la gym et je saisis le téléphone. Vive les pages blanches, au passage ! Ça sonne, je vais faire une crise cardiaque ! « Allo ? » Aaaaaaaah ! « Oui, bonjour, répondis-je d’une voix tremblotante, pourrais-je parler à Fabien ? ». Et la personne (son frère ?) passe le combiné au dénommé Fabien, je ne peux plus reculer !
« Oui…euh… tu ne me connais pas mais je voudrais sortir avec toi. Je suis en seconde un, je suis comme ça et comme ça, j’étais habillée comme ça, aujourd’hui.
– Ah. Je ne vois pas du tout qui tu es ! »
Bim, dans les dents. Mais je ne me dégonfle pas :
« Ben, tu regardes dans le livre de l’école, sur la photo de classe, je suis assise à côté d’une black. 
– Ouais ben je vais faire ça.
– Ah…ben d’accord, salut ! »
Je raccroche. Mais comme je suis nulle ! C’est pitoyable ! En plus, je jette un œil au livre en question et je me rends compte qu’il peut y avoir quiproquo : dans ma classe, il y avait une noire et une métisse (oui, dans les lycées privées, le métissage n’est pas trop de rigueur). Or j’étais assise à côté de la métisse elle-même assise à côté de la noire : s’il comprend qui je suis, on aura de la chance.
Le lendemain matin, j’arrive à l’école et qui passe devant la classe ? Fabien ! Morte de trouille, je me faufile dans la classe et vais tout raconter à Cécile qui me requalifie de folle.
 
Etape 4 : Il aurait peut-être fallu transformer l’essai
Et ensuite ? Rien. J’ai pas osé aller lui parler mais j’ai su quelques années plus tard que Johanne était allée lui parler pour lui dire qui j’étais. Pourtant, j’avais fait des efforts. Un jour, je me suis pointée au lycée dans un ensemble haut sans manche/jupe courte superbe. Moi, en jupe ? Mais c’est la fin du monde ou quoi ? Ça m’allait bien, en plus, surtout que la jupe faisait un super effet gaine et me rendait plus mince. Mais à l’époque, je n’assumais pas ma féminité, je ne m’habillais qu’en jean et T-shirt XL, forcément sexy…
 
Et bien, c’est ce qui s’appelle un vent. Du coup, le « plan béton » est devenue une expression entre Cécile et moi pour désigner des idées totalement à la con qui finiront forcément dans le mur. Quelques années plus tard, j’ai raconté cette histoire à Guillaume, mon ex, qui s’est moqué de moi : « Non mais tu crois vraiment qu’un terminale serait sorti avec une seconde ? » Réponse : « Chéri, quand tu étais en terminale, j’étais en 4e… ».
 
Peut-être que si j’étais allé lui parler… Peut-être que si j’avais été en terminale, aussi… Peut-être que si j’avais été plus féminine…Ce qui est sûr c’est que je n’ai plus jamais appelé un mec pour lui dire que je voulais sortir avec lui.

Ma famille concurrence les Feux de l’’Amour

Lecteur, tu as peut-être remarqué que, parfois, j’étais un peu bizarre, un peu sur une autre planète…Et bien, je crois que ça vient tout simplement de ma famille ! En effet, j’ai pu me rendre compte récemment qu’ils étaient tous frappadingues là-dedans !
 
Je t’ai déjà parlé de la famille de mon père, avec ma chère grand-mère, voici donc aujourd’hui le côté maternel, le seul que je fréquente, pour tout dire. Ma mère est la 2ème d’une famille de cinq filles, elle s’entend bien avec toutes ses sœurs sauf feu n°4, décédée il y a trois ans. Les quatre sœurs restantes sont semblables et différentes à la fois mais elles se serrent les coudes. Aujourd’hui, je parlerai de n°1 et n°5 (je sais, ce n’est pas classe de les appeler par un numéro mais ça ira plus vite que de trouver des faux noms à tout ce monde).
Deux pour le prix d'une!
 
N°1, que j’adore (c’est ma marraine !) est professeur d’histoire et géographie dans un lycée, elle entame sa dernière année d’enseignement et, zou, à la retraite ! Normalement, il lui restait encore cinq ans à faire mais je n’ai pas trop compris pourquoi elle part dès à présent. Elle est veuve et a trois enfants entre 25 et 30 ans, plus un chien qui fait tellement de conneries que Kenya, à côté, c’est le prix nobel de la sagesse.
 
N°5, c’est l’excentrique de la famille. Les cheveux oranges, lunette rouges (comme ma mère, ceci étant dit), vêtements géniaux, bijoux énormes… Elle a refait tout l’intérieur de sa maison, c’est fantastique ! C’est très coloré, très original, on aime ou on déteste. Cette tante-là est infirmière libérale, elle vit en concubinage depuis près de 20 ans avec son ami qui est le père de leur fils, mon cousin le plus jeune avec qui je m’entends particulièrement bien. En fait, je les aime bien car ce sont quasiment les seuls de gauche de ma famille et je me sens moins seule lors des repas.
 
Jeune, je me souviens que n°5 m’avait dit qu’elle voulait se marier pour ses 50 ans, je crois, nous étions parties toutes les deux à imaginer notre mariage commun (oui car on trouvait amusant de se marier le même jour). Mais son compagnon, Oncle n°1, est contre le mariage. Déjà, il ne rentre jamais dans les églises, sauf pour les enterrements. Je me souviens, pour le baptême du fils aîné de ma cousine (grand moment, faudra que j’écrive un article du dimanche dessus, tiens), il est venu avec son fils, ils ont fait la bise à tout le monde, ils sont restés dehors tout le temps de la cérémonie, ils ont refait la bise en sortant et c’est tout, nous n’étions pas invités au repas.
 
Il est donc contre ce qui est religieux mais il est aussi contre le mariage civil et même le PACS, ça ne lui plaisait pas. Il est comme ça, lui, il est libre Max. Je l’aime beaucoup parce qu’il a traversé le Canada en solex et ça me fait rêver, j’aurais aimé en faire autant…
 
Il y a près d’un mois, je rentre sur Paris, Arnaud me récupère à la gare, nous allons nous poser dans un café car mon train est annulé. J’en profite pour appeler ma maman, histoire de lui dire que je ne suis pas morte dans le train et là, elle m’annonce : « nous sommes de mariage en juin ! ». Petit tour d’horizon de ma famille : tante n°3 a bien un « ami » depuis 10 ans mais ces deux-là ne se marieront jamais. Cousine n°1 est célibataire, cousin n°1 et n°4 gays donc pour l’heure, ça ne peut pas être eux, cousine n°2 vient de divorcer. Ca ne peut pas non plus être ma sœur Alice, ma mère ne me l’aurait pas annoncé sur un ton aussi badin. Reste donc cousin n°2 mais il ne sort avec sa Bretonne (décidément) que depuis un an et demi. Quant à cousin n°3, le caille-ra de service (on se demande comment ça se fait qu’il ne soit pas encore en prison, grosso modo), ma mère ne m’en aurait pas parlé. Alors qui se marie ?
Et bien tante n°5 et oncle n°1 mais « ils divorcent juste après, c’est juste pour les impôts ». Je rigole, persuadée que c’est une blague.
 
Je redescends donc dans mon sud natal ce week-end, ma grand-mère (maternelle, of course) est conviée au déjeuner. On discute, on rigole puis revient sur le tapis cette histoire de mariage.
« Mais c’est une blague, non ? m’enquis-je.
– Non ! répond ma mère. Tante n°5 se marie en juin.
– Nooooooon pas du tout ! intervient ma grand-mère. En juin, oncle n°1 se marie avec tante n°1 puis il divorce pour se marier avec tante n°5 et redivorcer. »
 
Quoi ? Mais qu’est-ce que c’est cette histoire ? Suis-je en train de rêver ? Me suis-je retrouvée par les mystères du songe dans la peau de Nicky ou Victoria (ou n’importe quelle pintade des Feux de l’Amour). Je me mets à rigoler : « ahahah, n’importe quoi ! ». Mais ma grand-mère n’en démord pas : oncle n°1 va épouser tante n°1 puis divorcer pour épouser tante n°5 et s’en séparer. Alors que j’essaie de replacer ma mâchoire tombée, mon père part dans de grandes explications sur le divorce. Je te le répète lecteur car c’est intéressant. « Tu vois, on peut pas se remarier de suite après un divorce, il faut attendre 9 mois. Et pourquoi 9 mois, comme par hasard ? C’est pour être sûr que la divorcée n’est pas enceinte de son ex-mari ». Oui, enfin, aujourd’hui, faut rajouter des tests de paternité aussi car une fraîche divorcée peut tout à fait être enceinte de son amant… hum ! hum !
 
Samedi, alors que je partais faire l’andouille avec Clara et mes camarades de promos j’ai croisé tante n°5 mais je n’ai pas eu le temps de lui demander pour cette histoire de mariage, divorce… Ils sont tellement frappadingues dans ma famille que ça ne m’étonnerait pas que ce soit vrai, au fond. Je ne sais donc pas au mariage de qui je vais assister en juin mais comme dirait ma mère : « du moment qu’on boit le champagne, moi, je m’en fiche ! »

Bilan amusant

Allez, je jauge mes conquêtes du blog ! Bien évidemment, je ne compte pas Arnaud dans ces petites données, ça fausserait tout, sinon ! Donc, voilà, c’est subjectif, ce n’est basé que sur mes impressions et c’est tout. Sont donc en lice : Louis, Benoît, Reno, Laurent et Raphaël
 
Le plus mignon : Reno et Laurent
Le mieux foutu : Benoît (natation oblige)
Le mieux habillé : Laurent
Le mieux coiffé : Raphaël (c’est surtout qu’il avait des cheveux très doux)
Les plus beaux yeux : Laurent
Le plus beau sourire : Reno
Le plus beau nez : Laurent
Le plus poilu : Reno (le seul, en fait !)
Le plus beau sous-vêtement : tous en boxer sauf Laurent, donc pas de gagnant…
 
Le plus bavard : Benoît et Raphaël
Le plus marrant : Reno
Le plus silencieux : Louis
Celui avec qui j’ai le plus de points communs : Laurent
Le plus intéressant : Laurent (il m’a montré des documentaires, quand même)
Le plus bel accent : Reno (facile, c’était le seul à en avoir un qui ne soit pas ce foutu accent parisien!)
La plus belle voix : Laurent
Le plus ronfleur : Louis
Celui qui a les meilleurs goûts musicaux (quand je les connais) : Laurent, Louis (Raphaël pour  la BO de Requiem for a dream)
Le plus bizarre : Raphaël (pourquoi m’a-t-il viré de sa vie ? Je n’ai pas compris…)
Le moins en accord avec son paraître : Raphaël
Le plus timide : Louis
Le plus charmeur : Laurent
Le plus dragueur : Raphaël
 
Le meilleur « embrasseur » : Benoît et Laurent
Le plus doué avec ses mains : Laurent
Le plus inventif : Benoît et Reno
Le plus classique : Louis
Le plus câlin : Laurent et Reno
Le plus joueur : Reno et Raphaël
Le plus gros fou-rire post-brouette : Reno et Raphaël
Celui avec qui j’ai le plus brouetté : Laurent
Celui avec qui j’ai le moins brouetté : Louis
Celui avec qui j’étais le plus à l’aise : Louis et Laurent
Celui avec qui j’étais le moins à l’aise : Raphaël
 
La meilleure relation post-brouette : Louis (le seul avec qui j’ai vraiment gardé contact)
La fin la plus nulle : Benoît et Raphaël
Le plus connard : même réponse.
Celui avec qui j’aurais aimé rester en contact (amicalement) : Laurent
Celui avec qui j’aurais aimé un dernier coup : Laurent et Reno
Celui que j’aurais pu présenter à ma mère : Laurent (Breton oblige)
Celui dont j’aurais pu tomber amoureuse : Laurent et Reno (Benoît ?)
Voilà! J’ai dû oublier plein de rubriques donc si vous voulez en savoir plus, demandez-moi mais je me réserve le droit de ne pas répondre à tout!

J’’ai montré mon string au Fouquet’’s

Dans la vie, je suis d’un naturel désarmant. Ma spontanéité, ainsi que mon étourderie, me poussent parfois à commettre quelques impairs dans des lieux publics qui font beaucoup rire les gens qui m’accompagnent. Voici quelques morceaux choisis, j’en oublie certainement beaucoup, je compte sur mes amis pour en livrer d’autres.
L'objet du délit
 
Discrétion, toujours.
Février 2000, nous nous acheminons en groupe vers l’UFR d’histoire pour attendre je ne sais plus qui. A ma gauche, l’éternel Gauthier. A ma droite, un mec que je convoite. On se pose devant l’UFR, on discute, on discute, les esprits s’échauffent gentiment et, je ne sais plus pourquoi, à un moment, je me mets à crier : « je ne hurle pas quand je baise ! ». Je suppose qu’on devait parler de ma voisine qui hurlait. Donc tout l’UFR a eu la primeur de cette information et moi, je me suis payée la honte devant le mec que je convoitais. Ceci étant, je suis sûre que j’ai fait le bonheur des pauvres étudiants qui faisaient semblant de se passionner pour les révélations numismatiques d’une pauvre prof frustrée ou qui devaient analyser un texte de Thucydide. Et je suis quand même sortie avec ma cible avec qui je suis restée 4 ans et demi, comme quoi…
 
Le Café de Flore
Avec Gauthier, on aime bien jouer les snobs. Partis à Paris pour quatre jours de vacances, nous voilà stationnés au Café de Flore pour boire un chocolat chaud à 20 francs la tasse. On discute, on mate les deux couples à côté (un en pleine rupture, l’autre en pré-brouette) puis à force de boire ce délicieux chocolat, j’ai chaud donc j’entreprends d’enlever mon pull et là, Gauthier explose de rire. Je le regarde et il m’indique que j’ai mis mon t-shirt à l’envers, toutes coutures dehors et l’étiquette en érection. Donc, rouge de honte, je renfile mon pull. Et le pire c’est que, le soir, nous sommes invités chez les cousins de notre ami Gauthier, nous n’avons pas le temps de nous changer. Au menu : raclette ! J’ai dû garder mon pull toute la soirée.
 
Le pigeon au Capitole
Avec Gauthier (décidément, tu me portes la poisse ou quoi ?), nous décidons de nous offrir au coca sur la place du Capitole. Pour les non-Toulousain, un coca Place du Capitole coûte en moyenne 3 euros, presque autant qu’à Paris…  Donc, malins, nous nous installons sur la terrasse du McDO. On discute et soudain, je sens un truc qui me tombe dans le dos, je lève les yeux pour voir quel est le débile mental qui a jeté un truc par la fenêtre et là, Gauthier me fait : « oh, y a un pigeon qui vient de lâcher une grosse merde sur la table, regarde ! » Et là, je me lève en poussant un cri : y a pas que sur la table que cette ignoble bête s’est lâchée ! Heureusement, j’avais une veste qui a protégé le reste de ma personne. Je me précipite aux toilettes pour me laver les mains, je reviens et au moment où on allait partir, une blonde entreprend de s’asseoir à notre table, Gauthier commence à l’informer de ce qu’il vient de se passer mais trop tard, elle est assise donc : « bon, viens, on s’en va ! ».
 
Ernest dans mon sac
Une grosse honte évitée mais j’ai eu peur. A Noël dernier, Gauthier et Anne ont eu la grande idée de m’offrir un ladyfinger (petite vibromasseur). Je l’ai appelé Ernest, prénom ridicule qui m’est passé par la tête quand Gauthier m’a demandé de le nommer. Depuis quelques temps, Ernest prend la poussière dans mes sacs à main inutilisés. Un jour, je décide de changer de sac, je transvase toutes mes affaires et je file à mon rendez-vous avec Zoé… Sauf que ce jour-là, des terroristes ont décidé de faire exploser Londres, il y a donc des flics partout dans le métro. Je déjeune avec Zoé et, au retour, la station est pleine de policiers… Et là, je me souviens : j’ai Ernest dans le sac. Seigneur ! Il ne manquerait plus que des officiers décident de fouiller mon sac, ce serait la honte intégrale ! Je passe donc la tête baissée, style : j’ai quelque chose à cacher… Dieu merci, étant blonde, je dois pas avoir une tête de terroriste donc ils ne m’ont pas arrêtée. Sinon, je me serais prise la honte de ma vie.
 
Le verre au resto japonais.
La semaine dernière, Gauthier était chez moi donc je décide de le présenter à Arnaud. C’est pas que l’avis de Gauthier est essentiel pour moi mais il reste très important donc nous voici partis au restaurant japonais à côté de chez moi. Nous passons une délicieuse soirée, j’ai des étoiles plein les yeux, les deux garçons s’entendent bien, je suis ravie. En partant, l’anse de mon sac a la bonne idée de s’enrouler autour de mon verre encore plein d’eau et, là, c’est le drame ! Le verre se renverse directement sur mon pantalon et fait une merveilleuse auréole. Les deux garçons me regardent et là, toujours très courageuse : « vite, on se casse ! ».
 
La cafétéria de l’IEP
Bon, là, je pourrais en faire un article entier ! Les derniers mois, je m’y rendais souvent en compagnie de Gauthier et de Mister Big. On rigole, on est d’une discrétion hallucinante, on tombe amoureux toutes les dix minutes soit du beau gosse (qui m’a demandé plusieurs fois du feu, d’abord !), soit du nouveau serveur surnommé « Nikos ». Le Nikos, il nous rend dingue, il faut dire ce qui est. Un jour, alors que nous avions une conversation philosophique sur nos vies sexuelles (pour changer), Nikos entreprend de laver le micro-onde placé juste derrière nous, une bonne demi-heure d’ouvrage ! Suspect, non ? On rit, on plaisante et au moment où le volume ambiant baisse, je me mets à crier : « non mais va te taper ton gode ventouse et fous-moi la paix ! ». Bon, et bien, me voici cataloguée « grosse cochonne aux mœurs bizarres ». Pour l’histoire du gode ventouse, ça vient d’un film érotique japonais que nous avions visionné chez Mister Big le soir du nouvel an, à un moment donné, une prostituée allait s’empaler sur un gode ventouse collé à un miroir.
 
Mon string au Fouquet’s
La dernière honte en date, très drôle. Samedi dernier, mes parents étaient sur Paris et nous voilà partis boire un verre au Fouquet’s avec Gauthier qui nous avait rejoint. Pour ceux qui ne connaissent pas le Fouquet’s, le café est à 6 euros… Arrive le moment de se quitter, mes parents partant d’un côté, Gauthier et moi de l’autre donc ma mère me rend mes achats du jour, à savoir un chapeau et un string. Inspirée, je décide de montrer mon string à Gauthier et voilà que je le brandis fièrement en plein milieu du Fouquet’s avant de me rendre compte que ma conduite est légèrement déplacée. Ceci étant, ça m’a donné une idée artistique : prendre mon string en photo sur les lieux mythiques de Paris !

Un samedi soir aux Halles

Que se passe-t-il quand quatre filles plus ou moins vingtenaires (une l’est moins, une l’autre l’est un peu plus) sortent ensemble le samedi soir ? Ça donne un festival de plan dragues foireux.
 
Acte 1 : le branleur
Nous sommes donc 4, toutes issues du blog de Nicolin : Agnès, Sab, Tink et votre aimable blogueuse, moi. On se retrouve toutes puis on chemine direction la rue St Denis. En chemin, nous croisons un jeune homme un peu étrange qui nous arrête et nous fait : « et les filles, vous connaissez je-sais-plus-quoi ? ». On se regarde, toutes les quatre et on répond par la négative. Pas dépité, le garçon interpelle directement Sab en lui faisant : « si, toi, obligé, tu connais ! ». Comme nous n’avons jamais su de quoi il s’agissait, nous n’avons pas compris pourquoi Sab était censée connaître et nous, non. S’ensuit un dialogue passionnant à base de « non-si-t’es sûre-je te jure » et le monsieur finit par nous lâcher. Ce qui  est particulièrement intéressant dans ce petit plan drague vraiment raté, c’est que durant cette folle conversation, le jeune homme n’a pas arrêté de se tripoter, ce qui nous a légèrement interpellées mais, surtout, ça nous a fait beaucoup rire !
 
Acte 2 : la terrasse
Après s’être délectées d’un délicieux repas japonais et après que Tink nous ait abandonnées, nous voici à trois à la terrasse d’un café à refaire le monde en fumant et en buvant. J’adore les soirées entre filles… Nous avons fui l’intérieur car il y avait une soirée karaoké et…hum…comment dire ? Imaginez les candidats malheureux de la Star Ac, ceux qui ne savent ni chanter, ni danser, qui ont le charisme d’une huître (et la vie sexuelle d’un organisme monocellulaire), ceux qu’on ne prend pas dans le château alors qu’ils ont payé une fortune pour suivre les cours privées de la sorcière violette qui sévit dans ledit château… Et bien imaginez que pour se venger, ils aient tous décidé de laisser exploser leur talent sur la scène étriquée de ce bar des Halles. Un jour, il faudra leur expliquer que gueuler n’est pas chanter mais passons.
Nous étions donc sur cette terrasse quand un mec passe en faisant : « vous voulez passer une bonne soirée » et Sab, inspirée, lui répond : « Non, ça va, on passe déjà une bonne soirée ! ». Sab, je sais que tu liras cet article. Tu sais que je t’adore mais, pitié, la prochaine fois qu’un homme que tu ne connais pas t’adresse la parole dans la rue, ne réponds pas… Car le monsieur a pris cette réponse comme une invitation et le voilà qui commence à vouloir s’asseoir. Sab lui rappelle que nous passions déjà une bonne soirée sans lui mais il semble avoir une audition super sélective et le voilà qui nous baratine, sous nos regards condescendants : « Bon, moi, je n’aime pas parler à des gens que je ne connais pas donc moi, je m’appelle X (j’avoue ne pas du tout me souvenir de son nom), là, c’est mon pote Y, et vous ? » Par politesse, on donne nos vrais prénoms qu’il met deux heures à retenir. A présent que les présentations sont faites, il semble convaincu qu’il va pouvoir poser ses fesses sur la chaise qui reste inoccupée à notre table.
X : « Bon, alors, je peux m’asseoir ?
Sab : Non.
X : Mais c’est toi la chef ou quoi ? Tes copines, elles disent jamais rien ?
Agnès + Nina : Hihihihi ! C’est elle qui a répondu, elle se démerde ! »
Bon, au bout de cinq minutes de monologue, le monsieur comprend ENFIN que nous n’avons absolument pas besoin de lui et finit par nous lâcher, ouf !
 
Acte 3  : le romantique
Aux petites heures de la nuit, après avoir siroté de délicieux cocktails colorés, nous décidons de rentrer dans nos demeures, Agnès nous proposant gentiment de nous déposer chez moi pour que Sab puisse attendre les premiers trains dans la chaleur de mon foyer (aucun double sens sexuel ici). Alors que nous nous acheminons tranquillement vers sa voiture, nous croisons un jeune homme qui nous fait une merveilleuse proposition : « wouah, les filles, ça vous dirait pas une nuit de tendresse ? » Forcément, nous avons ri mais nous n’avons pas accepté, merci bien ! Vu la façon dont la proposition a été formulée, nous n’étions pas du tout tentée. Une « nuit de tendresse », pour lui, ça doit être du pilonnage intensif…
 
A Paris, sortir entre filles est toujours une source de joie et de rire infinie, tant les hommes sont excités par cette gentille troupe. Encore, nous avons la chance d’éviter le : « vous êtes seules ? » Non, connard, on est trois, tu vois pas ! En tout cas, on recommence quand vous voulez, mesdemoiselles !

Rentrée amoureuse (Arnaud)

J’ai une théorie sur la vie : elle est bien faite. En janvier, je parlais avec mes amis de promo dont Clara et j’expliquais que je ne comprenais pas l’intérêt de sites comme meetic. En effet, l’amour vient quand on s’y attend le moins, pourquoi provoquer les choses ? Je reste sur cette ligne de conduite. Je me suis inscrite sur meetic, dans le temps, mais pas dans l’optique de trouver l’amour. Et la vie m’a prouvé que j’avais entièrement raison.
 
Je te présente ma copine, tu me présentes ton copain
Mi-juillet, Clara arrive chez moi. Louis vient nous faire un coucou, officiellement pour me rendre le double des clés de mon appartement (que je lui avais donné pour qu’il nourrisse mon chat pendant un week-end en province), officieusement pour rencontrer ma colocataire provisoire. Le lendemain, il me parle sur MSN, me disant tout le bien qu’il pense de la miss. Il m’explique aussi qu’un de ses amis, Arnaud, est chez lui. Dans le délire (je te présente ma copine, tu me présentes ton copain), je lui demande une photo d’Arnaud, il me l’envoie et là, gros coup de cœur : il est très mignon, ce jeune homme ! Louis me donne aussitôt son numéro de téléphone mais je ne le prends pas : je me vois mal appeler un inconnu, comme ça ! Il me fil alors son MSN, avec l’autorisation d’Arnaud et me voilà partie à discuter avec un inconnu.
 
Dès le départ, il me fait bonne impression, je lui envoie quelques photos de ma personne pour le moins flatteuse. Je le trouve drôle et Louis m’avoue qu’Arnaud me trouve sympa. Chouette ! Quelques jours plus tard, Louis organise une soirée crêpe chez moi, j’y traîne Clara qui n’a aucun atome crochu avec son pauvre prétendant. On se rend chez lui (nous sommes presque voisins) et devant son immeuble, j’aperçois un motard qui enlève son casque. Je le reconnais de suite, c’est Arnaud ! Il m’adresse un sourire : il m’a aussi reconnue, et moi, je fonds.
 
La soirée se passe bien, Clara, fatiguée, somnole dans son coin tandis que je discute à bâtons rompus avec Arnaud et Louis, je suis totalement sous le charme des ses yeux verts et de son sourire, il me plaît mais je ne sais pas ce qu’il ressent pour moi. En repartant, je saute partout dans la rue en poussant des : « Seigneur, qu’il est beau, il me plaît, je le veux ! ».
 
Un peu de drague…
Le lendemain, on se retrouve à nouveau sur MSN, il m’explique qu’il a faim et je lui rétorque que j’ai de la pizza chez moi (elle m’a rendue malade, d’ailleurs), on joue à : « je-viens-non-Clara-dort ». Dans le jeu, je lui propose de passer faire un saut le week-end, je lui donne mon adresse. Le lundi, Clara étant partie, je retrouve mon cher Arnaud sur le net et je me mets à le taquiner :
« Ben alors, t’es pas passé ce week-end ! 
– Non car je n’ai pas de moyen de te joindre.
– Serait-ce une façon détournée de me demander mon numéro ?
– Peut-être. »
Comme je suis polie, je lui donne mon numéro et il me donne le sien. Suite de la conversation :
« Ça te dit qu’on mange ensemble, ce soir ?
– Sérieux ?
– Ben oui, pourquoi ? »
Parce qu’Arnaud est joueur et je ne sais jamais s’il fait de l’humour ou non. Une heure plus tard, il sonne à ma porte et nous voilà partis sur Paris en moto, j’adore la balade même si les pavés maltraitent mon pauvre fessier. Il faut savoir que j’ai un fantasme déjà assouvi avec les motards mais un mec qui arrive avec son cuir de motard, ça me rend toujours dingue. On dîne dans un petit resto, on discute beaucoup, son sourire me ravage à chaque fois et quel profil ! Il a un nez sublime, quelle bonheur. A minuit et demi, on se décide à partir, comprenant que le restaurant n’attendait que notre départ pour fermer. Retour en moto, je me colle un peu contre lui, j’adore ce moyen de transport ! Il me dépose chez moi, je lui fais la bise et je pars me coucher. En effet, il faut savoir que la veille, j’avais passé la nuit avec Laurent donc j’avais plutôt envie de dormir.
 
Deux jours plus tard, je reçois un texto : « ça te dit qu’on se voit ce soir ? » Pas de chance, j’avais rendez-vous avec Raphaël donc je lui réponds : « Non, je ne suis pas libre ce soir mais on peut se voir un autre soir, si tu veux. » Réponse : « Bien sûr que je veux. » Moi : « Si je ne m’abuse, je suis libre demain soir. » « Ok mais n’abuse pas trop, je suis un garçon fragile. » Mercredi soir, rendez-vous avec Raph’ et brouette. Jeudi soir, Arnaud vient me chercher à nouveau en moto, on part dans un bar, il m’offre deux bières, on discute amour et couple, c’est fantastique. Il me ramène chez moi, on longe la Tour Eiffel qui scintille encore, j’hésite à l’embrasser mais je me contente de lui faire la bise, ne sachant trop ce qu’il pense de moi. Oui, comme je l’ai expliqué le lendemain à Clara qui venait de me traiter de triple buse (non, elle n’a pas dit ça, elle a dit : « Non mais Nina, attends, c’est clair qu’il veut sortir avec toi ! »), je ne savais pas s’il m’invitait en espérant mélanger sa langue avec la mienne ou si c’était juste parce que ses potes étaient en vacances et qu’il s’ennuyait. Pourtant, Athéna m’avait tiré les cartes quelques jours avant et m’avait dit qu’il ressentait des choses très positives pour moi, même si j’allais avoir une relation sexuelle avec un mec nettement moins correct. Avec le recul, j’ai l’impression qu’elle a eu totalement raison, certain comportements m’interpellent et m’agacent un peu mais peu importe.
 
Le lendemain, on papote sur MSN en tout bien tout honneur, on aborde le sujet ô combien érotique des chatouilles. A un moment, je lui indique que s’il me chatouillait les pieds, il s’exposerait à mes foudres puis la conversation retombe. Voici le dialogue, retranscris à peu près tel quel :
Moi : Tu boudes ?
Lui : Oui.
Moi : Oh, pourquoi ? 🙂
Lui : Parce que j’ai l’impression que tu joues avec moi et je ne sais pas ce que tu me veux.
Dieu merci, j’étais assise, sinon, je serais tombée et je me serais fait très mal. Que répondre ? Feindre l’indifférence ou exprimer mon attirance ? Je suis au pied du mur, je ne peux plus reculer mais je ne me lance pas franchement non plus. Courage, fuyons. Je lui demande donc pourquoi il pense que je joue avec lui et il m’explique que je lui envoie des signes contraires. Franchement, je ne sais pas ce que j’ai fait pour qu’il croit que je n’étais pas intéressée, il ne m’a pas expliqué mais je finis par me dévoiler : « j’allais pas sortir avec toi alors que tu pars trois semaines en vacances, il y a mieux comme début de relation. »
 
Loin des yeux, loin du cœur… ?
Durant ses vacances, il ne m’appelle pas et ça m’énerve, surtout qu’il m’avait demandé l’autorisation de le faire. A quoi ça sert de me dire des jolies choses s’il ne se passe rien derrière ? Un soir, je le retrouve sur MSN, on discute et je joue un peu ma chieuse : « puisque tu ne m’as pas appelée, tu me dois un cadeau ! Et j’espère que tu as pensé à la carte postale. » Bon, je suis un peu agacée par son comportement désinvolte, je comprends que l’adage : « loin des yeux, loin du cœur » se vérifie tant de son côté que du mien. De retour à Paris après une semaine de vacances en province, je trouve une carte postale de Bretagne dans ma boîte aux lettres, je la retourne et là, voici le texte, retranscris dans son intégralité pour toi, lecteur : « : – )) Arnaud ». Y aurait pas un peu du foutage de gueule, là ? Surtout que monsieur en remet une couche dans le côté provocation : deux jours avant, j’avais reçu un texto : « on est à côté de chez toi, t’es où ? lol On est presque arrivés, on va choper la crève tellement il fait beau ». Bon, de un, je lui avais demandé s’ils passaient près de chez moi pour qu’on se voit, donc la première partie du message est quelque peu agaçante. Certes, ils ne sont pas passés par ma ville mais ce n’est pas une raison pour tourner le couteau dans la plaie. Concernant la deuxième partie, je n’ai eu que la pluie durant mes vacances, façon subtile de me le rappeler. Comme je suis une peste, je réponds : « Je suis en string au bord de ma piscine, j’attends un charmant garçon ». La première partie est totalement fausse, il pleuvait des cordes, le thermomètre culminait à 15°… La deuxième partie est vraie, par contre, mais précisons : le charmant garçon, c’est Gauthier ! 
 
On s’approche cependant de notre retour commun, je me décide à faire le premier pas en envoyant un texto hautement érotique : « tu rentres quand sur Paris ? Moi lundi soir ». Hou, c’est chaud ! S’ensuit un dialogue SMS particulièrement torride à base de : « si tu es à Paris lundi, viens me chercher à la gare ! ». Dimanche soir, alors que je suis honteusement avachie dans la voiture paternelle me ramenant de Perpignan où j’avais assisté à une cousinade, mon téléphone portable pousse son horrible chant. Je le saisis nonchalamment, persuadée que c’était Gauthier et, là, mon sang ne fait qu’un tour : Arnaud ! Je lui indique rapidement que je suis en voiture avec mes parents, je le rappellerai plus tard dans la soirée. Effectivement, après un repas rapidement expédié, me voilà à parler une heure avec le jeune homme au téléphone, c’est très agréable. Je retrouve un peu la complicité que j’avais avec lui lors de nos sorties nocturnes. Il propose de venir me chercher mais je lui explique qu’entre ma valise et mon chat, sur le moto, ça risque d’être serré mais il me dit qu’il essaiera quand même de venir me chercher en métro pour m’aider à porter mes valises.
 
Retour sur le lieu du (futur) crime
Lundi, jour J. Je monte dans le train avec ma valise et mon chat, je m’installe à une place qui n’est pas la mienne pour que Kenya et moi puissions avoir un peu d’espace (enfin, surtout moi, elle était dans sa panière, ça ne changeait rien pour elle). Mon téléphone sonne : Arnaud ! C’est bon, il finit tôt, il viendra me chercher ! Du coup, le voyage me paraît très long (surtout que c’est celui où j’ai dû supporter la monstresse blonde). Arrivée à destination, je vais un peu durer le plaisir en consommant une clope sur le quai de la gare mais je la jette alors qu’il restait trois bonnes bouffées dessus, trop impatiente. Je trace, je regarde partout, je n’ai pas mes lunettes donc la tâche est ardue. Enfin, il est là, en chemise bleue… Mon cœur bat la chamade, j’avais oublié à quel point il est séduisant. Il se charge de miss Kenya tandis que je fais rouler la valise. On rejoint une autre gare pour prendre mon train de banlieue mais celui-ci est annulé donc je lui propose d’aller boire un verre, en attendant. On discute une bonne heure puis retour (enfin) à demeure, je libère ma pauvre Kenya toute shootée qui va se baffrer de croquettes (quand même…). On boit un petit verre de vin puis on se rend au McDo (pas le choix) pour dîner, il me parle, je le regarde en admirant son merveilleux profil, j’ai hâte de me retrouver à nouveau seule avec lui, ce qui ne tarde pas trop (l’avantage du McDo).
 
De retour chez moi, on s’installe sur le canapé, je me colle bien à lui, cuisse contre cuisse, bras contre bras, je pose ma tête sur son épaule de temps en temps et…rien. Il s’occupe surtout de Kenya… A un moment, cependant, les choses s’accélèrent. Je portais ce jour-là un pantalon un peu original avec des cordons et il commence à s’amuser à les tirer, je me débats et voilà que je me retrouve la tête sur ses cuisses, allongée sur le dos, immobilisée car il me tenait les mains. Et enfin, il finit par m’embrasser. Puis il rigole et fait : « tu as dû trouver que j’étais long à me décider ! ». Oui, en effet ! Bon séance de pelotage puis il finit par rentrer chez lui sans brouette, malgré mes tentatives pour l’encourager à dormir chez moi. C’est bien la première fois qu’il ne se passe (presque) rien le premier soir !
 
Le lendemain, il va dîner chez sa mère, il revient sur MSN vers 21h30 et m’explique qu’il regarde Koh Lanta, ce qui me fait hurler mais il me répond : « y a rien d’autre à la télé ! ». Subtilement, je lui suggère de faire autre chose comme, par exemple, poser ses fesses sur sa moto et venir passer la soirée avec moi. Un quart d’heure plus tard, le voilà. Cette fois-ci nous finissons la nuit ensemble.
 
Et me voilà maquée !
Je suis étonnée à quel point il est facile de retrouver des réflexes de couple Je me rends compte que cette complicité entre deux personnes, cette tendance à être et non plus paraître avec un homme avec qui on se sent bien me manquait. Pour le moment, tout est rose, forcément, tout est neuf, les inconvénients du couple sont loin. Actuellement, le seul point négatif, c’est l’absence de câlins (même pas sexuels) le matin. A peine le réveil a-t-il sonné qu’il est levé et habillé, à peine un smack et le voilà parti.
 
Ce week-end, on va essayer de se croiser, une fois que j’aurai abandonné mes parents, en visite sur la capitale. Je suis officiellement célibataire mais vus les stigmates d’une vie sexuelle intense qui marquent mon cou (j’ai des suçons, en clair), ça m’étonnerait qu’ils ne comprennent pas.

Pourquoi j’’aime pas les enfants (babysitting stories)

(Suite à mon premier article sur le sujet, j’en écris un second, en attendant d’écrire celui sur Arnaud.) Pourquoi je n’aime pas les enfants ? La question se pose. Je pense que je n’ai pas à me justifier car, après tout, j’ai le droit de ne pas aimer les enfants comme je n’aime pas les petits chiens. Après tout, pourquoi c’est si scandaleux qu’une femme n’aime pas les mioches ?
 
Jeune, je les adorais (très jeune, je précise). A 16 ans, je rêvais souvent que je m’occupais d’une petite sœur que je n’ai jamais eue… Oui, j’ai une sœur, Alice, mais celle-ci était bébé alors que j’étais adolescente. Alice n’a que 2 ans et demi de moins que moi, je m’en suis occupée dignement quand elle était bébé, je lui ai même sauvé la vie, figurez-vous. Quand Alice est arrivée dans notre petite famille, j’étais folle de joie, apparemment (je ne m’en souviens pas vraiment), je voulais toujours la prendre sur mes genoux et j’assistais avec attention à son bain. Or, un jour, ma mère la met dans son bain, téléphone, elle part répondre. Cinq minutes plus tard, j’arrive dans la chambre et je fais : « Maman, y a Alice qui fait la grenouille ! ». Et voilà comment j’ai sauvé ma sœur d’un drame domestique.
 
Donc, voilà, jeune, j’adorais les gosses. Premier accroc dans ma love story avec ces petits bouts : été 1996. J’avais fait un stage au journal de ma ville natale et la secrétaire m’avait proposé de partir 15 jours avec son mari, un couple d’amis et elle à St Jean de Luz pour garder les petits. Je résume : 15 jours au bord de la mer, nourrie, logée, payée… Bon, il faut garder les enfants mais tout va bien… Bien sûr que j’accepte ! Je ne savais pas dans quelle galère je m’étais fourrée. Le jour J, j’arrive chez la secrétaire, je n’avais pas encore vu les enfants. Je rencontre donc sa fille, 4 ans, assez sage, elle regarde la télé et m’explique un peu le dessin animé, elle me pose quelques questions. Bon, elle, ça va, me suis-je dit.
 
Arrive la femme de l’autre couple. Oui, ces familles sont amusantes : les épouses partent en vacances, les maris viennent de temps en temps faire un coucou (véridique). Me voici en présence de deux petits garçons, un de 5, l’autre de deux ans. Le grand part avec la petite fille dans l’autre voiture, je monte dans celle où il reste le plus petit et le voilà parti en pleine crise d’hystérie. Que se passe-t-il donc ? Sa mère arrive et le petit se calme : « il ne supporte pas d’être seul avec quelqu’un qu’il ne connaît pas. » Super, ça commence bien !
 
Le trajet se passe sans encombre, je joue avec le petit pour qu’il s’habitue à moi. On arrive sur place et, là, le cauchemar commence : les deux aînés font les cons, ils décapitent les fleurs, ils hurlent. Je prends cinq minutes pour appeler mes parents, le petit en profite pour se faire la malle mais on le retrouve vite. Bon, j’ai compris : j’ai pas intérêt à le lâcher car sa mère n’a pas l’air super attentive. Je joue un peu avec les aînés. Mon défi, si je l’accepte : les empêcher de jouer avec des bâtons, youpi ! J’avoue que j’ai eu de bons résultats à ce niveau. J’y reviendrai.
 
Premier soir (un samedi), les mères se cassent au casino, me laissant leur marmaille pour une des soirées les pires de ma vie. Le petit hurle à la mort quand sa mère s’en va, il est inconsolable, il pleure tellement qu’il me vomit sur la moquette (oui, sur le carrelage, ça n’aurait pas été drôle). Pendant que je m’occupe de lui, les deux autres se battent comme des chiffonniers, me voici donc avec trois gamins qui chialent, au secours ! Agacée, je fous tout le monde au lit (à 21h, c’est tard pour les enfants, de toute façon), je parviens à calmer le petit, les deux garçons vont se coucher sans trop de problème. Mais j’ai fort à faire avec la petite fille, une épreuve atroce m’attend. La pauvre gamine souffre de mycose mais celles-ci ne sont pas aux pieds, nan, nan. Avant de partir, ma mère m’explique que je dois lui glisser un truc dans le vagin pour la soigner. Je vous jure qu’à 16 ans, c’est assez dur à vivre surtout que ça lui fait mal à la petite et elle pleure, elle ne veut pas. J’ai développé des trésors de diplomatie pour y arriver mais j’ai trouvé ça atroce, la pauvre… A 4 ans, devoir se faire soigner son intimité par une inconnue, y a vraiment pas plus glauque. Je lui raconte une histoire et elle s’endort. Mais ce n’est pas fini : je dois nettoyer le vomi sur la moquette… Sauf que je ne sais pas où sont les produits de nettoyage, je fais ça avec du papier toilette et de l’eau, je manque à plusieurs reprises de rajouter mes propres miasmes au pâté du petit…
 
Les autres soirées ont été plus calmes mais ces gamins étaient des monstres pourris gâtés. Les parent sortaient tout le temps et achetait l’affection de leurs gamins à coup de cadeau. Le couple avec les deux garçons ne s’entendait pas, ils s’engueulaient tout le temps et le père finissait toujours ses phrases : « j’ai pas raison, Nina ? » Je suis obligée de prendre parti ? Je me souviens notamment de ce drame : les enfants ont attrapé des poux pendant les vacances. Dialogue.
Femme : Elle est dégueulasse, la plage de St-Jean-de-Luz, y a des serviettes hygiéniques qui traînent !
Mari : T’es conne ou quoi ? Les poux, ça s’attrape pas par les serviettes hygiéniques (certes, mais c’était un exemple de saleté).
– Dès qu’on rentre, on désinfecte tout, on amène tous les draps à la laverie.
– Non, mais ça va, ils ont trois poux, un shampoing et c’est bon ! Hein, Nina?
Nina : Euh…
Voilà, on s’éclate ! Côté conneries, les gamins étaient infernaux. Leur grand jeu, à la plage, c’est de courir dans tous les sens et de jeter du sable sur les gens. Le problème, c’est qu’ils étaient deux et j’étais seule, donc ils ne partaient jamais dans le même sens, je ne pouvais en courser qu’un à la fois. Le pire, ce fut le jour où j’ai grondé le grand garçon je ne sais plus pourquoi. « Puisque c’est ça, je te fais pipi dessus ! » Et là, il me sort son tuyau et met sa menace à exécution ! J’évite le jet mais, furieuse, je lui en colle une. Or le papa n’était pas loin. Il faut savoir qu’une des premières choses que ce monsieur m’a dit fut : « t’hésite pas à leur en coller une s’ils déconnent ». Sauf que moi, la violence, je supporte pas, c’est plus fort que moi. Là, il me voit faire et comprend que son gosse a dépassé les bornes, il me demande ce qu’il vient de se passer et met une trempe pas possible au gamin. Moi, du coup, je plaignais un peu le gosse, j’ai indiqué qu’il en avait déjà pris une et ce n’était pas la peine d’en rajouter. Maintenant, lecteur, je me demande si je dois compter cet incident comme une « golden shower », ce qui ferait augmenter mon score (pas franchement glorieux) au test de pureté… Hum ! Sinon, chaque matin, même rituel : les mères me jettent leurs gamins à huit heures et demi pour que je m’en occupe pendant qu’elles terminent leur nuit, je dois les tenir jusqu’à midi dans le salon sans qu’ils hurlent, sachant qu’il a plu à peu près tout le temps… Ô joie ! Franchement, Tom Cruise, il me fait marrer dans Mission Impossible, c’était rien, à côté, surtout qu’il y en avait toujours un qui tentait de m’échapper pour aller voir papa et maman…
 
Le soir, ils ne faisaient pas trop d’histoire pour aller au lit, sauf le petit qui passait son temps à me demander : « où il est papa ? Où elle est maman ? » parce que je lui répondais et il savait que je m’occupais de lui. Un soir, il commence enfin à s’endormir et son frère, qui dormait au dessus (lits superposés) me fait : « dis, je peux te chanter une chanson ? » Je l’y autorise, trouvant ça mignon, et le voilà qui se met à hurler : « C’EST L’HISTOIRE DE LA VIE !!! » (version très personnelle, je précise). Du coup, l’autre : « et il est où, papa ? » Et merde !
 
Bon après, il y a eu quelques bons moments. La première fois que je vois le papa des petits garçons, je bave comme une folle (qu’il était beau, Seigneur !), il arrive dans le salon où j’étais avec le petit et il me dit : « Alors, c’est toi, Alexandra ? » « Non, pas du tout, je suis Nina. » Quelques jours après, j’ai compris d’où venait la méprise. Le petit garçon arrive et me fait : « tu connais Sandra ? C’est la fille qui a les mêmes yeux que toi ! ». Là, j’avoue que j’ai trouvé ça trop mignon. Sinon, j’ai appris à la petite fille à faire des bracelets brésiliens mais bon, ce n’est pas très facile pour son âge donc je lui en fais un qu’elle donne à sa maman en disant que c’est elle qui l’a fait, elle était super fière. Mais mon préféré restait le petit qui a fini par s’habituer à moi. Il y avait une pente juste derrière l’immeuble en herbe, il la dévalait en courant et je devais le rattraper, c’était marrant.
 
Quelque part, je plains ses gosses qui ne savent pas ce qu’était l’autorité parentale. En quelques jours, j’avais plus d’autorité sur eux que leurs propres parents. Un jour, on regardait la télé dans le salon, les deux grands jouaient dehors et le garçon arrive en courant dans le salon avec un bâton dans la main et, là, il me voit et lâche de suite son jouet, sachant très bien qu’avec moi, ça ne passait pas… Alors que ses parents, il s’en foutait. Pour la petite histoire, l’année suivante, ils ont pris une autre baby sitter (curieusement, ils en changeaient chaque année) et ce fut proprement catastrophique : la mère des garçons s’était trouvé un amant au casino donc elles sortaient encore plus. Au dernières nouvelles, l’aîné est très perturbé et a eu du mal à apprendre à lire. Tu m’étonnes !
 
Dieu merci, je ne suis pas restée sur cette expérience. Quelques temps plus tard, j’ai gardé un bébé de trois mois trop mignon, il s’est endormi dans mes bras. Ses frères et sœurs avaient le droit de regarder le premier reportage de Thalassa et après, dodo ! Je les laisse regarder la télé me disant : « tu regarderas la télé à telle heure pour vérifier qu’ils ne grugent pas ». Pas la peine, ils sont allés au lit d’eux-mêmes ! Une autre fois, j’ai gardé des petits franco-américains tout aussi adorables. A 21h30, je fais : au lit ! Et bien, ils ont obéi sans discuter !
 
Dernier baby-sitting en date, il y a deux ans, les enfants de l’associé de mon père. Je les déteste, ceux-là, de vrais petits monstres. Normalement, c’est Alice qui les gardait mais ce soir-là, elle ne pouvait pas. Elle m’avait prévenu mais je ne m’attendais pas à ça. On ne peut pas dire que ces enfants sont mal élevés, ils ne sont pas élevés du tout mais il ne faut pas les contredire, les petits chéris ! Ma sœur n’a pas été rappelée après avoir donné une fessée bien méritée.
 
A 20 ans, je rêvais d’avoir un enfant, sentir cette vie grandir en moi. Aujourd’hui, plus du tout. Bien sûr, les enfants dans la rue me gonflent mais je crois que ce dégoût vient plus de mon entourage. En effet, je connais des filles qui se sont retrouvées mères alors qu’elles n’avaient pas la maturité pour et je crois que je crains tellement pour l’avenir des enfants que ça m’a dégoûtée d’en avoir. Je ne parle pas d’Océane, je parle plus précisément de ma cousine (trois enfants en deux ans, aucun jumeaux) ou une copine de lycée qui a appelé sa fille Samantha en hommage à Madame est servie (ça vous situe le niveau). A 20 ans, j’étais choquée quand l’une de mes amies, très grande et très costaud, se sentaient mal dès qu’elle était en présence d’enfants. Au début, je ne comprenais pas mais maintenant, je sais : un enfant, c’est cruel, ça peut dire du mal et être méchant. Personnellement, je n’ai pas de soucis à ce niveau-là, les enfants m’aiment bien. Le neveu d’Anne est fou de moi, un autre m’a consciencieusement draguée dans le train l’autre jour à coup de sourires enjôleurs (avant de se tourner vers la Black en face de moi, salaud, va !). A 19 ans, je me suis crue enceinte, je pensais à ce petit être qui existait peut-être en moi et j’étais terrassée à l’idée d’avorter. Dieu Merci, ce ne fut qu’une fausse alerte.
 
Mais je n’aime pas les enfants et ça m’énerve qu’on veuille m’imposer ce sentiment d’amour que je suis censée avoir pour ces êtres, comme si mes ovaires prenaient la place de mon cerveau dès qu’un bébé entre dans la pièce. Ça m’énerve que ma cousine me colle ses bébés dans les bras en rigolant alors que je ne sais pas quoi en faire (il dort, le bébé, ou il végète, super intéressant), qu’elle me demande de lui donner le biberon alors que je m’en fiche, moi, de le nourrir. Pourtant, j’adore son fils aîné, j’ai des dizaines et des dizaines de photos de lui, je le trouve très beau et très éveillé, même si je pressens le futur gamin insupportable. En effet, sa mère lui a inventé une mystérieuse maladie, elle n’en a que pour lui, tant pis pour son frère et sa sœur. Pareil pour mon cousin, que j’adore aujourd’hui : j’ai commencé à l’adorer le jour où il a eu 16 ans, qu’on a échangé nos adresses MSN et qu’on a longuement parlé de son homosexualité. Il faut dire que mon cousin était particulièrement insupportable, petit : ma tante ne parvenait pas à l’engueuler, fils unique. De plus, il est arrivé dans la famille juste après le décès d’un de mes oncles dont tout le monde s’est un peu consolé en reportant son affection sur lui. Ce fut pareil pour le fils de ma cousine : on a appris que ma cousine était enceinte le jour du décès de sa mère.
 
Aujourd’hui, je pense que la seule chose qui peut me faire à nouveau aimer les enfants sont mes futurs neveux et nièces. Eux, je serai ravie qu’on me les colle dans les bras.

L’instinct maternel de l’’hippocampe

Rassure-toi, lecteur, ce blog ne vire pas « étude de la faune sous-marine et de ses mœurs », ce titre énigmatique et quelque peu poétique va me permettre de te parler d’une espèce que je ne supporte pas : les gosses. Vois-tu, là, je suis dans le train, ma douce Kenya endormie dans sa panière à mes côtés. Bon, d’accord, je l’ai droguée mais elle est tout sage. A quelques sièges de là, y a une sale gamine qui met un souk pas possible depuis une bonne demi-heure, qui crie, tape sur les vitres et répond à sa mère. Je te le dis sans rougir, lecteur : je déteste les gosses.
Je hurle donc je suis
A chaque fois que je prends le train, y en a toujours un ou deux dans mon wagon. Quand je pense qu’au lycée, les profs m’apprenaient, alarmiste, qu’on ne faisait plus assez d’enfants…ils doivent pas prendre le train très souvent, ceux-là ! Qu’ils s’installent à côté de la monstresse blonde, tête à claque, qui sévit ici, ils chanteront un autre refrain.
J’ai remarqué que les plus chiants n’étaient pas les bébés. La semaine dernière, j’étais dans ce même train, effectuant le même trajet, sans Kenya restée en vacances chez « ses grands parents » et j’étais encerclée de bébés et de jeunes enfants de cinq ans et plus. Les plus calmes étaient sans contexte les bébés. Comment expliquer que ses frêles créatures soient aussi calmes alors qu’ils ne sont pas conscients de l’autre et de la gêne que leurs cris occasionnent ? Pareil pour mon chat : quand elle miaule, elle se rend pas compte qu’elle dérange les gens mais dans le train, elle est toute sage, tout comme ses congénères chats. Alors pourquoi les gamins entre cinq et dix ans qui ont parfaitement conscience de faire chier leur monde ne se calment pas et hurlent comme des demeurés ? J’ai ma théorie : comme les chats, les enfants se croient roi.
Il est né le divin enfant
Imaginons : un bébé vient de paraître dans votre entourage. Premier réflexe : on court se pâmer devant ce miracle de la nature. Qu’il est mignon, guili-guili ! Même un bébé moche parvient à tirer des cris d’extase (hypocrites) de ses visiteurs. Récemment, quelqu’un (il me semble que c’est Raphaël) m’a dit : « mais c’est moche un bébé, j’aime pas ça ! » Ben, c’est vrai que c’est pas super beau, c’est tout fripé mais un nouvel individu a fait son apparition sur terre, alléluia (comme si c’était exceptionnel…). Bref, ce petit bout de chair à peine doté d’une conscience mais déjà équipé d’un estomac et de cordes vocales est déjà l’objet de toutes les adorations. En grandissant, ça ne va pas en s’arrangeant : oh, il vient de sourire ! Oh, il m’a attrapé le doigt ! Seigneur, il marche ! Et voilà notre trognon d’humain persuadé d’être exceptionnel car il s’est mis en station debout. C’est sûr, c’est bien le premier à le faire, c’est incroyable ! A partir de là, l’enfant se rend compte de son pouvoir : tout ce qu’il fait est merveilleux et, ravi, il offre à l’assemblée toute une gamme d’exploit. J’exagère ? Bien sûr que non ! Je me souviens, un jour, ma cousine est venue à la maison avec sa marmaille et l’aîné faisait l’andouille. Notez que je trouve ce gamin trop mignon. A un moment, je ne sais plus ce qu’il a sorti et tout le monde a rigolé. Super fier de lui, le gamin nous a refait le sketch dix fois d’affilée. Merci de vous écrouler de rire à chaque fois pour ne pas vexer le petit ange.
Et c’est toujours pareil. Un enfant doit prouver à l’assistance entière qu’il existe, à tel point que j’en viens à me demander si un enfant n’a pas le sentiment effrayant de ne plus être dès lors qu’on ne le regarde plus. Comme un Dieu, en fait : un Dieu n’existe sur Terre qu’à partir du moment où il a des adorateurs. L’enfant a une phrase fétiche : « Hé, maman (ou papa), regarde ! ». Regarde, je fais un dessin, regarde, je fais la roue, regarde je fais du vélo… Merde, je suis tombé. Comme tu me regardais, je me mets à hurler pour que tu t’occupes de moi. Ça aussi, c’est intéressant de voir que la douleur enfantine n’existe qu’à partir du moment où elle a lieu sous l’œil des parents. Un enfant qui tombe dans son coin se relève, enlève les petits cailloux qui lui ont éraflé le genou et repart jouer sans rien dire. Si un adulte a assisté à la scène, le voilà qui se met à hurler.
La fessée, c’est mauvais pour le développement personnel
Les enfants sont roi et j’ai l’impression que c’est de pire en pire. Gamine, je me suis ramassée quelques fessées toujours justifiées, au fond. Aujourd’hui, le pédopsychiatres nous explique qu’il faut surtout pas frapper un gamin, pas le brimer… De toute façon, les pédopsychiatres nous racontent n’importe quoi, tout est question de mode. Mais les enfants actuels sont super mal élevés, je trouve, tout leur est dû. La monstresse blonde hurle, fout le souk, tire sur les rideaux, elle a eu droit à un « chut ! » maternel de réprobation et si sa mère la force à s’asseoir (oui, là, elle saute comme une idiote sur son siège), la voilà qui pousse des beuglements terribles. Quelle sale gosse !
Mais c’est notre faute, aussi, à force de nous rabaisser à leur niveau plutôt que de les faire monter au nôtres. Les gamins, on leur parle comme à des demeurés (et qui sait qui l’est tout mignon ? Mais c’est le bébé à son papa ? Hou gouzi, gouzi !). Je suis contre la méthode américaine de bourrage de crâne pour faire des gamins pseudos intelligents, je trouve ça complètement crétin. Ceci étant, on ne fait aucun effort pour les responsabiliser, on leur passe tout parce qu’ils sont des enfants : « le pauvre, c’est long le train pour lui ! ». Pffffff, tu lui aurais expliqué avant qu’il ne fallait pas s’agiter dans tous les sens dans le train et se conduire comme une grande, on en serait pas là.
Merde, j’ai perdu mon instinct maternel
Tu l’as remarqué, lecteur, les gosses, ça m’emmerde. J’ai préféré prendre un chat, même si elle est insupportable par moment, qu’elle grignote les pieds de mes amants ou leur lèche les oreilles selon son degré de compatibilité avec le monsieur (elle a adoré Reno, beaucoup moins Raphaël…). Un chat, c’est indépendant, au moins. Ce n’est pas la chair de ma chair mais je m’en tape. Je n’ai pas une once d’instinct maternel, j’ai pas envie de me reproduire, pour l’heure, ça changera sans doute quand j’aurai trouvé ma moitié définitive. J’en parlais l’autre jour avec ma collègue, Zoé, nous étions d’accord sur un point : l’envie de l’enfant vient naturellement quand on est bien engagé avec quelqu’un.
Dans les vingtenaires, nous avons les deux cas : celle qui a une fille envie de bébé (Anne) et celles qui préfèreraient se couper un bras plutôt que de tomber enceinte (Lucie et Victoire). Pour Anne, elle est « inspirée », si j’ose dire, par l’exemple de sa sœur aînée, maman une premier fois et qui est actuellement enceinte jusqu’aux yeux. Pour Lucie et Victoire, un bébé est comme un parasite qui grandit à l’intérieur de leur corps, ça les rend malades rien que d’y penser. Personnellement, je pense que j’aimerais bien sentir la vie grandir en moi mais là… Non… Bien qu’Arnaud m’ait confié qu’il aimerait bien faire l’amour à une femme enceinte (enfin, ça l’a pas empêché de me brouetter).
Dans la nature, toutes les femelles ne s’occupent pas de leur progéniture, c’est un truc de mammifères, ça ! Par exemple, chez les poissons et les hippocampes (d’où le titre de l’article), les femelles expulsent les œufs et ce sont les mâles qui doivent les protéger en attendant la naissance. Alors que chez les mammifères… Par exemple, ma petite Kenya, que je soupçonne d’être enceinte (quelle merde !), elle fera ses bébés toute seule et qui est-ce qui va la soutenir dans cette épreuve ? Pas le(s) salaud(s) qui l’a engrossée, non, ce sera moi… Pitié, pourvu qu’elle soit pas enceinte ! Un chat, j’arrive à gérer mais des petits chatons, quelle angoisse… Mais je dévie.
Un bébé? Non merci…
Quand je vois tous ces monstres qui piaillent, hurlent, tapent du pied, je me demande pourquoi j’en voudrais un pour moi… La monstresse blonde s’est coincée la tête entre le fauteuil et la fenêtre, elle hurle comme une demeurée, au secours ! Voilà comme cette horrible gosse vient de détruire tout instinct maternel résidant encore en moi. Nous en avons parlé ave Gauthier, je lui ai balancé ma théorie sur la déification de l’enfant et il m’a expliqué ceci : « non mais c’est super beau de voir un enfant qui apprend, tu n’imagines pas ! » Non, je n’imagine pas, en effet. Gauthier, il s’occupe beaucoup du fils d’Océane, il sait mieux que moi la fierté que l’on éprouve quand notre rejeton arrive à mettre un pied devant l’autre. Peut-être que quand j’aurai ma propre marmaille, je serai comme les autres, je m’extasierai devant leurs moindres faits et gestes…
Mais pour les moments, les gamins, ça m’emmerde, surtout dans le train.