L’ être d’embauche

Par Lucas
 
Madame, Mademoiselle, Monsieur,
 
Jeune diplomé de la Business Cool de Reims, je souhaite bien évidemment ne pas pointer au chomage suite à cette « formation de qualité ».
 
63% de mes condisciples (en un seul mot) ont trouvé l’an dernier un emploi avant d’être diplomé. Notamment lors de la « Journée Entreprises » menée par l’école mais aussi grâce au Salon des Hauts Potentiels. Soit dit en passant, cet intitulé suscite mon hilarité benoite et un brin condescendante. Sauriez-vous me définir un « haut potentiel » . L’an dernier j’ai fait le test au Palais Brongniart et sur 53 personnes interrogées (« Bonjour, en quoi vous pensez être un Haut Potentiel ? »), 52 m’ont répondues: « Parce que j’ai fait un Bac + 5 » et seulement 1 m’a dit : « Parce que j’me sens moins con que la moyenne ».
 
Sic Transit Gloria Mundi…
 
Mais revenons à ce qui va être notre avenir commun. Ou pas…
 
Je ne vous dirai pas que les cuisines Rowenta me font rêver la nuit et que la fonction d’Assistant Marketting Produits Dérivés suscite en moi des orgasmes comparables à ceux
engendrés par une pin up.
 
Je ne vais pas vous raconter de blagues sur les motifs qui pourraient vous inciter à me choisir. Si je postule pour ce job les raisons sont très simples et ne méritent même
pas un phrasé ampoulé :
 
– je ne suis pas débile et je peux donc répondre à vos attentes. En disant celà, j’applique tout bêtement un slogan publicitaire de je ne sais plus quelle boite : « Lucas,
le bon sens en action ». Bah oui, on va pas jouer les faux modestes quand on est là pour trouver un djeub.
 
– mais la raison principale qui m’anime c’est bien entendu le Salaire, l’argent, la tune, le fric, la maille. 36K€, c’est la moyenne des 1ers salaires à la sortie de
Reims Manadjemeunte’s Cool. A croire que les embaucheurs payent seulement la marque parce que je peux vous garantir qu’il y a de gros boulets autour de moi. Pardon qu’avez vous dit?
C’est moi le gros boulet ? Pfff…
 
– Bah en fait j’ai pas d’autre motivation que le salaire. Faut pas chercher, les cuisines Rowenta, c’est pas glamour.
 
Sur les raisons qui pourraient vous inciter à me choisir, je vais vous laisser jeter un coup d’oeil rapide à mon cévé, notamment les cases experience professionnelle et
études. Non parce que je sais bien que la première chose que vous lisez, c’est tout ce qui est Loisirs et Divers. Ouhai ouhai ouhai, on me l’a fait pas à moi. D’ailleurs vous noterez bien que je
vous ai facilité la vie, je vous ai mis les loisirs tout en haut de la page. Eh ouhai, pas con le frelon. 
 
Remarquez neanmoins que ce CV a été édulcoré, pomponné, épousseté, stereotypé et surtout sterilisé avec une prof de « Developpement Personnel ». Un CV qui est
devenu, parait-il, accrocheur, riche et séduisant et qui me parait surtout banal, générique et emmerdant.
Vous noterez d’ailleurs que j’applique skeurupulusement la loi et que j’ai scotché tout en bas en bas le fameux sticker en caractères gras: LIRE TROP DE CV TUE.
 
En esperant pas vraiment que vous me répondrez parce que voila quoi : Rowenta, paye ta mission pour  être motivé et aller bosser en étant heureux le matin,
 
Je vous souhaite bon courage avec tous les candidats stereotypés, pusillanimes et main stream que vous allez devoir affronter dans les heures et les jours à venir.
 
Et si vous êtes une femme je vous fais un bisou.
 
Humainement,
 
Lucas d’Amore.

Sensuelle, le nouveau magazine des femmes… ben sensuelles !

Dimanche, levée dès l’aube pour prendre mon train, j’erre dans le point Relais de la gare Montparnasse. Ma mission : m’acheter un ou plusieurs magazines pour mon voyage en train. Difficulté : élevée, j’ai pris le train 15 jours plus tôt et j’ai déjà lu Cosmo, Biba et Glamour. Non parce que les autres féminins ne me plaisent pas : entre les « on a 20 ans, on pète plus haut que notre cul » et les « déjà 35 ans, les gosses à amener à l’école et la ménopause qui approche », mon cœur balance. Alors que je m’étais faite à l’idée de pas lire de féminin dans le train, j’avise une photo d’Angelina Jolie en train de manger une pomme. Le numéro 1 de Sensuelle vient de sortir, voyons ça.

 En ce moment, c’est la grande mode des journaux féminins branchés sexe. Après S’Toys, voici donc Sensuelle. Bon, les deux n’ont pas forcément grand chose à voir. Je regrettais que S’Toys ne soit finalement qu’un long publireportage pour chambre69, Sensuelle offre du contenu, même si Soft Paris investit la place : pub, reportage sur une soirée Sex toys, même une chronique d’Anne Charlotte, la chef de Soft. On retrouve également l’incontournable Nathalie, directrice du site piment rose. Mais après, résumer Sensuelle à une collection d’articles de blog serait une grave erreur, allons plus loin.

Pour le numéro 1, faut voir à pas se rater, on propose donc les sujets qui tapent fort. Alors que dans le numéro 1 de H for men, on avait le « être un bon coup, gagner plus et mincir », là, c’est « soirée sex toys, Angelina Jolie et cunnilingus ». Le magazine se revendique bi mais très franchement, c’est un peu usurpé car rien ne parle de lesbianisme. L’article sur le cunnilingus parle essentiellement d’une pratique entre un homme qui lèche et une femme qui reçoit (l’inverse, ça s’appelle une fellation), à la soirée Sex toys, il n’y a manifestement que des hétéros et l’icône lesbienne Jolie a totalement perdu de son côté Rock n’ roll. En fait, on lit l’interview et on la trouve bien chiante Angie. Et on parle même de son mari kétrobo. Pas très lesbien, tout ça. Mais bon, ça viendra peut-être au numéro 2, le côté bi, ne désespérons pas. Côté sexologues, on retrouve l’incontournable Catherine Solano mais j’avoue que je l’aime bien elle. C’était la sexologue d’une émission de M6 sur le sexe (émission globalement très mignonne) et elle était bien friponne Catherine, elle répondait des trucs un peu à double sens en se marrant sous cape. Ne manque que Jean-Pierre Leleu, l’incontournable sexologue des féminins mais là, c’est plus l’idée des femmes qui parlent aux femmes même si des témoignages de mecs sont intégrés à l’article sur le cunni. Je dirais que là, c’est la grosse bonne idée du magazine : faire aussi parler les hommes sur notre sexualité. C’est vrai ça, comment les mecs vivent le cunni ? Même je dirais qu’il faudrait intégrer plus les hommes dans ce magazine. Là, ça en ferait un incontournable.

Parce que globalement, je trouve que Sensuelle n’amène rien de plus, c’est un peu la compil des sujets sexe des différents féminins. Genre la soirée sex toys, c’est lu et relu, je vois pas bien la nouveauté. Les femmes ont des sex toys ? Diantre, elle est où la révélation ? Bien entendu, ce n’est qu’un numéro 1, je vais attendre le 2, voire le 3 pour donner un avis. Les femmes qui prennent la parole sur leur sexualité, faut arrêter de présenter ça comme une nouveauté. Je crois que pour que Sensuelle soit plus original, il doit donner plus la parole aux hommes… et aux lesbiennes ! On peut pas se prétendre bi alors qu’on ne parle à aucun moment de lesbianisme, y compris dans un article sur le cunnilingus. Par contre, il y a deux plans où le journal doit à tout prix rectifier le tir. D’abord la maquette. La couverture n’est pas du tout attirante, trop de blanc, trop plate. Franchement, je n’aurais pas lu mes féminins fétiches, je ne l’aurais même pas vu. Trop sinistre. De la même façon, gros truc rédhibitoire : les fautes d’orthographe. Sur un blog, déjà, ça peut m’agacer
mais je comprends, on se relit pas toujours mais dans un magazine, non, non et non. Normalement, on paie des gens pour corriger les fautes. Mention spéciale à Bénédicte Crabouillet qui nous en fait quasi une par phrase dans sa chronique de fin. Du genre « qui a toujours rêvée d’un homme à la maison […] ? » (tournure un peu bizarre et un seul e à rêvé), « les partisantes du PQ » (le mot exact est partisane), « vous pouvez toujours l’appelez Harry » (on a déjà conjugué le pouvez, laissons l’appeler à l’infinitif). Je suis certes
exigeante sur ce point mais là, avouez que c’est quand même gros. Surtout dans le cadre d’un magazine.

Bref, j’achèterai le numéro 2 pour voir mais je suis pas vraiment convaincue par la pertinence de Sensuelle pour le moment. Mais laissons lui le temps de rectifier un peu le tir et de s’imposer dans les kiosques. Ou pas.

EDIT : Réponse de Mélanie Courtois la rédactrice en chef de Sensuelle dont j’ai parlé récemment, j’estime qu’il est de mon devoir de le publier (elle est d’accord ! )

« Bonjour,

J’ai lu avec attention le message que vous avez laissé sur votre blog et les commentaires concernant le magazine Sensuelle et je voudrais apporter quelques précisions.
Sensuelle n’est pas bi dans le sens « pour les lesbiennes ». J’ai écrit dans l’édito Sensuelle est bi (n’y voyez-là aucun parti pris éditorial) alors oui je fais des fautes d’orthographe, c’est un gros point faible mais quand je dis cela ça veut dire bimestriel (tous les deux mois) et quand je rajoute aucun parti pris éditorial, cela veut justement dire que ce n’est pas spécialement pour les bisexuels.
Deuxièmement, c’est vrai qu’il y a énormément de fautes d’orthographe et que cela doit être particulièrement agaçant. Mais il faut savoir que nous n’avons pas de groupe derrière nous, qu’à 25 ans j’ai pris de gros risques en faisant un emprunt à la banque, que nous sommes toutes bénévoles, que si je suis à plein temps sur le magazine (bénévolement), mes amies travaillent ailleurs à plein temps et font cela pendant leur temps libre. Ca n’excuse rien, mais malheureusement les journées ne font pas 36 heures et nous avons travaillé comme des folles et il y a eu tellement de trucs à régler que malheureusement, la deuxième relecture est passée à la trappe. J’espère que pour le numéro 2, le problème sera résolu. Et comme cela arrive à beaucoup de personnes, on ne voit pas toujours ses propres fautes à force de relire son texte, on le connaît par coeur et on ne voit plus rien. Concernant la maquette de la couv, je suis entièrement d’accord et on va rectifier le tir sur le numéro 2. Voilà, je voulais juste préciser que nous n’étions pas bi au sens où¹ vous l’entendiez, sinon vous auriez été déçue (encore!) au numéro 2.
Et que deuxièmement quand on a 100 fois moins de budget que cosmo ou Marie Claire, ba oui ça peut pas être parfait.
En tout cas, tout commentaire permet d’avancer.
Merci d’en avoir parlé.
Cordialement,
Mélanie Courtois »

Je pense en effet que ces précisions sont importantes, ça explique pas mal de choses.

Commando métro

Par Tatiana

Depuis peu je redécouvre les joies des transports en commun. Oh joie immense et transcendantale qui parcourt l’ensemble de mon être. Moi en faire trop ? non jamais.

D’habitude j’ai une sainte horreur des transports en commun, c’est un de mes pires cauchemars. Mais cette fois-ci j’ai décidé de prendre ça comme un jeu. Je passe les ¾ du temps à observer les gens leurs habits comment ils se comportent…Le quart restant j’adopte le même comportement : marche ou crève surtout si t’es devant moi dans les escalators.

 

Les gens dans le métro, même la plus innocente et frêle des jeunes filles, peuvent laisser dominer leur plus bas instinct. Ca peut aller très loin vous savez. Surtout en période de pointe ou de canicule (si c’est les deux ne pas sortir sans son gilet pare balle). Le plus drôle dans les transports en commun c’est de voir comment les gens vont se servir de leur instinct primitif et animal pour survivre et surtout écraser son voisin.

Voila comment ca se passe :

D’abord vous arrivez sur le quai et vous vous placez pile au bon endroit, en face de la sortie ou correspondance. Vous avez pris soin avant de repérer le terrain et les éventuels pièges. Le métro/train/RER arrive et là les gens qui descendent on s’en fiche car sinon on risque de rester sur le quai. Donc on laisse descendre le gros, histoire de pas se faire piétiner, et ensuite on fonce dans le tas. Deuxième étape : tout le monde se regarde d’un air suspect, et surtout guette les places assises. Il n’y en aura pas pour tout le monde donc seuls les plus forts y auront droit. Certains surveillent de manière nonchalante alors que d’autres sont limite sur vos genoux tellement ils veulent être sûrs que si vous vous levez ils auront votre place. Des fois y a même des gens qui me barrent le passage et m’empêche de sortir. Ca c’est le truc qui m’énerve le plus. Du coup votre station arrive. Vous vous êtes préparés mentalement à sortir depuis deux stations déjà. Certains se sont même rapprochés stratégiquement de la cible : les portes du métro. La rame se stoppe et les portes sont à peine entrouvertes que les fauves sont jetés dans l’arène et que le débarquement a lieu devant l’ennemi ébahi qui ne peut même pas s’approcher pour rentrer dans la rame. Maintenant plus rien ne compte, vous êtes seuls dans cette horde et personne ne vous facilitera la tâche, à savoir : emprunter une correspondance. Le flot de la foule vous emmène, parfois même là où vous ne voulez pas aller.  Vous devez maintenir le cap coûte que coûte qu’importe le prix à payer (écraser un ou deux pieds et bousculer une vieille c’est pas la mort après tout). Là aussi vous connaissez le terrain par cœur et vous empruntez tous les raccourcis possibles menant à la liberté. Mais votre moral est plus dur que le diamant : la lutte est dure mais la cause en vaut la peine (et toute peine mérite salaire c’est bien pour ca qu’on nous rembourse la moitié de la carte orange).

Mais le métro c’est aussi les embouteillages dans chaque escalators et sortie. Je crois que les mecs ont pas compris le principe de l’effet entonnoir. C’est absolument insupportable d’attendre en piétinant que la foule se déverse vers l’extérieur. Du coup y a des petits malins qui courent en sortant des rames. Ca me fait toujours un peu peur de voir tous ces gens sortir en courant. On dirait qu’ils fuient quelque chose. En tout cas prendre le métro comme un jeu ca permet de moins subir et mieux vivre les trajets aux heures de pointe. Et puis ca permet de faire aussi son sport de la journée ! Avec ça si je retrouve pas une ligne de déesse moi…

Comment convaincre nos mamans qu’on n’est pas lesbiennes

Spécial kass-dédi à ma chérichounette adorée

Des fois, dans la vie, on a de vrais problèmes, si, si. Par exemple, avec Vicky, nos mères sont persuadées que nous sommes un couple. Bon, c’est vrai que vu de loin, ça y ressemble mais c’est pas parce qu’on se quitte jamais, qu’on s’appelle chérie, ma puce et co, qu’on partage nos plats, qu’on va au resto dans le Marais qu’on est un couple. Non, y a même pas de sexe entre nous, c’est pour dire ! Oui, on dort ensemble mais on garde nos culottes.

 

Pour les pervers du fond qui nous rejouent déjà les scènes de McKenzie dans Sex House, non, il n’y aura jamais de sexe entre nous, c’est même pas concevable. Autant aller coucher avec ma sœur ou ma mère (celui qui a rêvé de ça se reconnaîtra). Seulement, c’est vrai que de l’extérieur, c’est pas clair. « Hier soir, je suis allée au resto avec Vicky, trois jours qu’on s’était pas vus, tu te rends compte ? Hier, Vicky a dormi à la maison et ce soir, je dors chez elle parce qu’elle part en vacances et ça va être horrible de pas se voir pendant 15 jours ! Et Vicky, elle a dit, et Vicky, elle a fait. Hier, avec Vicky… ». Ouais, ok, c’est carrément normal. Et le fait qu’on s’échange 158 textos par jour car on n’a plus le net ni l’une ni l’autre interpelle sa maman aussi. Mais bon, c’est pas notre faute à nous si on est aussi inséparables que des siamoises. Qui va me conseiller sur ma vie sexuelle amoureuse si ce n’est elle, hein ? A qui je peux confier le résultat de ma dernière galipette ? Bon, ok, j’ai des copines que ça intéressera aussi mais Chérichounette, c’est un peu mon coach sentimental, un peu la fille qui me dit « tu fais chier avec ton semi Russe, c’est un connard, je t’interdis de recoucher avec ». Ouais.

Donc la solution serait de prendre un de nos amants et de le présenter à nos mamans. Bon, je ne parlerai pas des siens, je regarde de mon côté, qu’avons-nous dernièrement dans le panier ? Un semi-Russe qui fait très bien sur le papier (pété de tunes, métier qui pète, pas mauvaise gueule, de droite, je pense) mais un peu totalement connard et je le soupçonne d’avoir soit une copine soit d’avoir emprunté l’appart de ses parents pour m’emballer. Non parce que quand on a un appartement comme ça, on propose pas à sa maîtresse de la « défoncer » dans une voiture ou dans une cage d’escalier. Donc non. Ensuite, on a Gabriel. Lui, il est plutôt bien parti : mignon, il sent bon et il est tout doux (enfin, ça, c’est juste pour moi), un métier pas dégueulasse, il reprend ses études en formation continue donc de l’ambition, plutôt intelligent, je trouve, intéressant et en plus, il a voté Sarko (mais attention, pas vraiment de droite, ne pas aborder le sujet). En fait, Gabriel serait le gendre idéal s’il ne m’avait pas clairement expliqué qu’il ne souhaitait pas forcément s’attacher et que je sens que sa priorité absolue, c’est sa carrière, pas sa vie privée. Bref, ma mère serait ravie de le rencontrer mais je pense que la réciproque ne serait pas vraie du tout. Sinon, dans mes derniers amants en date, on a Nabil qui, comme son nom l’indique, a des origines méditerranéennes certaines. Or ma mère, elle est quand même raciste. Elle me l’a encore dit la dernière fois que je suis allée chez mes parents « tu sais, ton mec, il viendra d’où il viendra… Mais s’il venait d’où tu sais, ça me contrarierait ». Okéééééééééééé… Dommage, bonne situation dans la big entreprise pour laquelle l’agence travaille (mais non, c’est pas un collègue) et s’il est pas de droite, il est pas de gauche non plus.

Bon, bref, c’est pas brillant tout ça. A moins de convaincre Gabriel que s’attacher à moi, c’est une super bonne idée, faudra que je trouve un autre gendre idéal. C’est marrant, je n’ai jamais eu la pression de « c’est quand que tu nous ramènes un mari », moi, c’est plus « t’es lesbienne ? ». Bon, soyons honnête, ça me fait plus rire qu’autre chose, je n’aurais pas honte d’être lesbienne si je l’étais mais non, c’est toujours les mecs que je mate dans la rue, que je désire, que je brouette… Puis il faut essayer de voir le positif (en plus du
drôle de la situation) : ma mère m’a ouvert une porte « si tu es lesbienne ma fille, je l’accepte ». Ou alors, ça veut dire que ça fait trop longtemps que je suis officiellement célibataire et que, ça y est, c’est devenu suspect. Gloups !

Once upon a time in the West…

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs


En me relisant, je pense avoir été sévère avec moi-même lors de mon article précédent. 
Célibataire, oui. Désespérée, non. En fait, tellement habituée au célibat qu’il ne fait plus problème. C’est la vie, et c’est de sa faute dirait l’autre.
Bref. Je ne vais pas gloser indéfiniment sur les affres de la vie de célibataire, sur ses bonheurs et ses malheurs, etc. En fait, je crois que j’ai insisté sur cet état de fait pour pouvoir prendre 
la mesure du changement qui s’est opéré sur ces quelques derniers mois.

Il était une fois il y a un certain temps sur un certain continent… La jeune célibataire somme toute assez sereine que j’étais se réjouissait d’aller dîner avec son ami Nico et des amis à lui.
– Ah Marine, mais mes potes t’ont trop aimée. T’as fait forte impression!! J’en suis sûr!
– … (sourire flatté)
– Toi, t’en as pensé quoi? Benoît, par exemple?
– Benoît? Oh il est mignon, hein (très mignon).

Ca c’est la version niaise. Mais chez moi, ça ne marche pas comme ça. Point d’yeux qui se rencontrent, d’élégance feutrée dans un restaurant japonais, en toute délicatesse.

Ca ne marche pas comme ça.
Chez moi, ça doit prendre un tour burlesque.
A vrai dire, tout a commencé à cause de mes vêtements. Ce sont mes vêtements qui expliquent mon attitude face aux hommes, aussi loin que je me souvienne. Jusqu’à 15 ans, ma mère m’a habillée. Or j’ai un problème avec l’autorité : je la suis. Alors ma mère me disait toujours « Montre pas ton nombril, c’est vulgaire ». Ben oui, mais c’était la mode, les t-shirt courts. C’était dommage. Et brimer des instincts de pouffe c’est péché. Alors du coup, je montrais pas mon nombril.
Puis est venu le temps des études. Une vraie allumeuse, mes amis. Subséquemment habillée. Produisant les effets subséquents, également.  Mais il y a un certain temps, sur un certain continent, alors que je me promenais dans la rue, je me disais « tiens je me mettrais bien pouffe ». Mais montrer son nombril c’est vulgaire. Ma mère me
l’a toujours dit, quand j’étais ado. Alors j’ai mis une robe. Courte. Comme ça on voyait mes jambes. Pas toutes, le bas était couvert par des bottes. J’étais contente.

Et j’ai donc retrouvé Benoît, mon copain. Oh il l’était pas à cette heure là. C’était H-2 avant qu’il le soit. Quand il m’a embrassée, dans un bar à bières (j’ai toujours fait les choses avec classe, je vous dis), il m’a littéralement soulevé la robe. Sans doute qu’il voulait voir mon nombril.

N’empêche, j’aurais pas dû écouter maman. Montrer son nombril, c’est vulgaire. Mais montrer sa culotte, c’est pire. Et brimer des instincts de pouffe, c’est péché.

Alors j’ai eu honte. Les gens dans le bar ont applaudi. Et moi je voulais me cacher le visage. J’aurais dû commencer par me cacher le nombril et la culotte.

Ainsi commençait mon initiation au non-célibat… et croyez-moi, y avait du boulot.
To be continued…

 

Les filles misandres prennent le pouvoir

Bon, en guise d’introduction, je vous rassure messieurs, mon article ne sera pas un « tous des connards », non, non, non. Non parce qu’il y a des mecs bien quand même,
juste que je tombe rarement dessus. Aujourd’hui, je vais vous parler des nanas qui font des chansons misandres parce que ça change un peu.

Koxie-Garcon

Au boulot, il y a un jeune homme, Jason, qui travaille à moitié chez nous, à moitié dans la grosse entreprise et qui de temps en temps veut tester la popularité de nouveaux
chanteurs ou chanteuses. Ca donne « hé vous connaissez Machin ? » « Heu… non » « Et les ados ils vous en parlent ? » « Heu… non plus ! ». Bon, faut dire, moi, les ados, ils me parlent rarement musique, finalement. Bref, quand il commence ses phrases par « dites, vous connaissez… » on se demande toujours de qui il va nous parler. Il y a quelques temps, le voilà « Hé vous connaissez Koxie ? ». Donc Claude va voir sur le net et met la chanson et là, gros kiff. Bon, vous l’écouterez vous-même en fin d’article mais une nana qui ose chanter « garçon si t’enlèves la cédille ça fait garcon et gare aux cons, ma fille », ça sent le girl powaaaaaa à fond.

Depuis quelques temps, les nanas qui disent merde aux mecs en chanson sont de plus en plus légion et c’est tant mieux, je dirais. Parce que délire tasspé en minikini qui remue du
cul et des seins au bord de la piscine autour d’un rappeur habillé (parce que rarement beau) qui fume le cigare, ça va aller. D’ailleurs, on le jetterait dans l’eau, le rappeur, il ne noierait
avec toute la ferraille qu’il a sur lui. Ouais, ok, j’avoue, je me moque facile, là, c’est mal. Bref, Koxie n’est pas la seule à envoyer bouler les mecs, on a aussi la nouvelle coqueluche de Technikart, Yelle, qui s’en prend au TTC, surtout au Cuizinier, lui disant qu’elle voudrait « le voir dans un film pornographique/ en action avec ta bite / En forme potatoes ou en frite ». Bon, je le concède, on a fait plus fin. Mais à force d’entendre les mecs nous dire qu’ils nous zoom zoom zen dans leur Benz Benz Benz et co, comprenez qu’on
en a marre. Nous aussi, on a droit au respect, bordel.

 Les filles dominatrices dans la chanson, c’est pas tout à fait nouveau, souvenons nous de la chanson qui disait « I don’t want a short dick man » (je ne veux pas un homme

à petit zizi) ou « Boom, boom, boom, boom, I want you in my room » (boum, boum, boum, boum, je te veux dans ma chambre). Mais globalement, ce créneau est peu utilisé. Mais si les mecs font leurs beaufs avec TTC et co, nous aussi, on veut répliquer. L’ère de la femme objet, c’est has been depuis un bon petit moment, on a le droit de dire non. Et on a aussi le droit de ne pas subir les « ouah, t’es bonne ». Dis donc, jeune homme, et si toutes les filles te parlaient comme ça, tu apprécierais ? Comme dirait comme ça « t’aimerais pas qu’on parle comme ça à ta maman ». Mais bon, avec ma chance légendaire, si un mec me dit « ouah tu suces » et que je lui réponds « et toi, tu lèches ? », il va prendre ça comme une invitation à continuer cet échange verbal par les gestes. Et non, quoi. Alors j’entends d’ici les commentaires masculins : « non mais y a des filles qui nous matent le cul des fois
aussi ». Sauf que quand on est une fille, c’est pas des fois qu’on subit ça, c’est tout le temps.

 Alors maintenant, la mode girl powaaaaa n’est-elle que passagère ou est-ce un style qui va se poursuivre, honnêtement, je n’en sais rien. On peut regretter que les filles reprennent les mêmes armes que les mecs ou presque et n’invente pas un style plus à elle, où le mot bite n’est pas présent par exemple (non mais il est moche ce mot, sans déconner). Ce serait bien que ce soit aussi pris plus au sérieux parce que Yelle, elle est rangée dans la catégorie méta-beauf par Technikart… Certes avec Teki Latex de TTC mais bon, ça décrédibilise un peu le truc. Parce que les filles normales comme moi qui ne sont pas (trop) bimbo et qui ne mettent pas des boucles d’oreilles en plastique en ont aussi marre du trip de la femme objet. Ouais, les mecs, on a des choses à dire et on va plus se priver.

 Et pour finir sur une note « Nina se la pète » (pour changer), j’ai un autographe de Koxie, nananère !! Et comme elle dit « gare aux cons, ma fille ! ». (elle me l’a fait avec mon vrai prénom, c’est pour ça le floutage)

koxie.jpg

La liste de la fille qui se tire en vacances (youhou !)

Je me casse en vacances, lalalère, je me casse en vacances, lalalère !

– Mes collègues m’ont trouvé une nouvelle fonction au boulot. J’étais déjà la fille de service (« t’as pas du dissolvant sur toi ? », véridique), la fournisseuse de feu, la dernière aux fléchettes… maintenant, je fais dico vivant. Mardi, je finis ma clope dehors quand Sébastien et Rémi reviennent de la supérette. « Nina, toi qui a plein de diplômes, ça veut dire quoi pierre qui roule n’amasse pas mousse ? Tu peux nous donner un exemple ? ». Donc au boulot, pierre qui roule n’amasse pas mousse désigne un intérimaire grâce à mon exemple foireux, c’est même écrit sur l’ardoise des chiottes. Oui, parce qu’il y a une ardoise aux chiottes mais on sait pas pourquoi. Du coup, j’ai écrit dessus que ce serait cool de rabaisser la lunette. Je suis sûre que les copines/épouses de mes collègues vont finir par m’adorer.

pied.jpg

– Discussion MSNique avec Vicky « Dis, tu crois que les mecs sont des connards parce qu’ils ont de grosses bites ? » « Non, regarde machin » (laquelle a dit ça, mystère !). Arf, ça aurait été si simple ! Puis, c’est vrai que j’ai connu des mecs bien montés pas salauds. Mais on trouvera un moyen de les reconnaître un jour.

– Ok, j’ai une bonne tête, c’est un fait, mais c’est dingue que je puisse pas fumer ma clope devant l’agence sans que quelqu’un vienne me raconter sa vie. Quand je dis
quelqu’un, je parle pas de mes collègues ou des gens de l’entreprise voisine, non, je parle de gens qui marchent sur le trottoir et s’arrêtent pour commenter le temps ou la vie. Reste plus qu’à capitaliser ce pouvoir que j’ai. Si quelqu’un a une idée…

– Je suis dégoûtée, les histoires de fesses dans mon agence, elles sont à Prague, pas ici. C’est pas drôle… Bon, ok, ma boss et moi, on est les deux seules filles donc y a
une chance sur deux que je sois concernée mais j’aime bien les histoires croustillantes. Même quand je suis pas impliquée.

– C’est l’été, les hormones font pschhhhhhhhhhhtttttttt, c’est un fait.

– Des fois, je m’impressionne par ma lose, mais vraiment. Jeudi, en plein ennui, je décide d’aller passer la soirée au cybercafé, vu que free a décidé que livrer une prise,
ça irait plus vite par pigeon voyageur que par la Poste (je sais pas si on peut tout à fait leur donner tort). Je mange et me mets en branle, j’arrive sur place. Autant vous dire qu’au bout d’un an, mon identifiant n’existe plus donc je recrée un nouveau compte et là, le mec me fait « on ferme à 22h donc vous n’êtes pas obligée de prendre beaucoup de temps. » Alors vivant à quelques bornes de Paris, j’avoue que je pensais naïvement que ce foutu cyber serait ouvert au moins jusqu’à minuit. Je lui demande l’heure : 21h46. 10 minutes de net, ô joie. Faut dire que dans mon quartier, dans la catégorie « célibataires entre 20 et 40 ans n’étant pas équipé d’Internet chez eux », on doit être 3.

– Il se murmure des choses au boulot ! Jeudi, on reçoit un mail de Tchèque en chef « réservez votre week-end du 30 septembre au 2 octobre » (en anglais mais
fuck, pas envie de vous le faire en VO). Là, Guillaume fait « ça sent le séminaire  – Ah bon, demande-je, vous en faites souvent ? – Non mais tout un week-end…
Peut-être qu’ils veulent faire un week-end avec les Tchèques. Et ça coûte moins cher d’aller à Prague pour nous que pour eux de venir ici ». Bon, j’ai bien vérifié qu’il me faisait pas marcher parce que Jason, il m’a fait croire qu’on allait faire un chat avec Justin sexy back Timberlake et je l’ai cru (c’est con, je pourrais trop me la péter, là). J’espère trop que c’est ça !

– Cette semaine, j’ai pas le net, ma girlie team est en vacances, j’ai plus la télé et le téléphone non plus donc je pouffiasse seule chez moi. Au menu : vernissage des
orteils (bon ok, c’était dimanche juste avant la venue de Gabriel mais je sais pas s’il a vu), masque vert qui fait peur et masque avec du gel froid sur les yeux pour chasser les cernes. Parce que oui, le noir que j’ai sous les yeux, force est de constater que c’est pas du maquillage, le démaquillant refuse de l’enlever.

– Pour pétasser à mort dans les couloirs du métro, je mets mon super walkman Sony Ericsson que j’ai gagné dans les oreilles et je mets Fast Tracker d’Etienne de Crécy. 8 mn d’électro pure qui rend les couloirs du métro de suite vachement plus sympa.

– Pourquoi quand je verse l’eau chaude sur ma soupe lyophilisée, ça crie ? (et pourquoi je sais pas écrire lyophilisée ?)

– Hier, j’ai découvert le comble de l’audace : mettre un jean blanc alors qu’on est sur le point d’accoucher. Bravo, madame.

Gérer son sex friend

L’autre jour, j’ai survolé un magazine masculin tout nouveau qui traîne au bureau, H for men, tout en regardant les mecs jouer au foot sur la console. Ouais, je sais magazine masculin, foot, faut pas que je m’étonne si ma mère pense que je suis lesbienne. Donc ce magazine très instructif vous apprend entre autre à saouler une femme pour la désinhiber (mais il conseille du champagne, classe quand même) et comment convertir sa copine de brouette en power plate pour se muscler en baisant. Ca envoie du rêve, surtout la position du marteau piqueur où la fille doit avoir la tête en bas. Pendant que tu te fais les adducteurs, ça te gêne pas que je te vomisse sur les pieds chéri ?

Entre autres articles, le désormais incontournable papier sur les sex friends ou « amis de complaisance ». J’adore la subtilité francophone. Bon, le papier est court, je vous le résume : c’est super parce que des fois, dans la vie, on veut pas s’engager mais vaut mieux en avoir plusieurs car ces garces charmantes demoiselles ont tendance à se trouver des mecs et plus vouloir sexer avec nous. Je vais pas jouer les prudes, j’ai déjà eu des sex friends, je crois en avoir un actuellement (oui, je suis pas sûre de ma situation avec Gabriel, c’est un peu la lose quand même). Bon moi, à la différence de ce qu’ils disent dans l’article, je les recrute pas dans mon groupe d’amis parce que je ne suis pas foutue de mélanger les genre. Un sex friend peut devenir un ami mais la réciproque n’est pas vraie car mes amis sont des êtres asexués pour moi. Enfin, je veux pas coucher avec sinon, c’est le foutoir et aucune brouette ne mérite de sacrifier une amitié. Mais chacun les recrute où il veut, c’est pas le sujet.

Il est vrai que le sex friend est une bonne solution quand on est dans une période où on veut pas s’engager. Par exemple, l’été dernier, mon cœur était en réparation, hors de question de sortir avec quelqu’un, de lui faire des promesses alors que je savais que j’étais pas capable de donner un chouia d’amour. C’est une question d’honnêteté, je veux pas sortir avec quelqu’un juste pour avoir ma dose de sexe et de tendresse tout en sachant que je ne suis pas vraiment dispo. Récemment, j’ai traversé trop de changements dans ma vie avec mon nouveau boulot et mes projets de colocation. Ca peut paraître bizarre mais je me sens très différente d’il y a quelques mois et je dois me poser dans ma nouvelle vie avant d’aller de l’avant. Donc retour sur meetic pour le recrutement, on n’a pas fait mieux. Dans le lot, Gabriel, donc, qui a beaucoup de qualités à mes yeux mais m’a prévenue : ça fait 7 ans qu’il est pas tombé amoureux et ne veut
pas forcément s’attacher donc je ferais mieux d’en faire autant. Et là, je merde un peu. Etant profondément monogame même avec mes sex friends (à moins qu’on soit un couple mais je serais au courant, non ?), j’ai du mal à gérer les autres et à même à avoir envie de les voir. Le semi Russe m’a saoulée avec sa fellation routière, il est disqualifié, na. Non parce que je le sens gros comme une maison, ce sera une fellation et il me ramène chez moi et non. Comme dirait Vicky, il a qu’à aller au Bois de Boulogne.

Le risque majeur dans le sex friending, c’est l’attachement unilatéral. Avec Laurent et Benoît, je m’étais pas attachée, je sais pas bien pourquoi pour le premier. Pour le second, je sais, c’était un enfoiré. Après tout, Laurent avait pas mal de qualités. Mais j’étais pas dans le mood sans doute. Là, avec Gab, je me fais un peu peur, je joue avec le feu parce que je commence à craquer et je crains de me prendre une claque car je pense pas avoir de place dans sa vie. Pourtant, ça fait un peu chier, on est de plus en plus en symbiose sexuellement parlant et on s’entend bien, en dehors de ça, on papote beaucoup quand on se voit. Mais c’est vrai que quand on se voit pas, on parle pas trop, des fois sur MSN mais ça ressemble pas à une relation de couple. Hé oui, il ne faut pas confondre tendresse et attachement, là est tout l’art du sex friending et moi, je suis merdique dans la gestion des sentiments, c’est pas nouveau. Comme dirait
Vicky (elle dit plein de choses intelligentes), j’ai le droit de m’attacher, c’est pas un mal mais faudrait juste que je m’attache à un mec qui me le rend bien.

Bref, sur le papier, le sex friending peut paraître une solution idéale pour avoir sa dose de sexe et tendresse à des moments où on ne peut offrir plus. Cependant, il faut toujours rester clair dans ses sentiments avec l’autre et admettre la possibilité que la situation finisse par nous échapper. A trop jouer avec le feu, on peut parfois se brûler et ça fait mal.

Faut-il partir en vacances avec ses potes ?

Comme vous l’avez noté, nous sommes en période de vacances, les uns partent, les autres reviennent, certains restent parce que l’été, la plage, c’est plein de monde et c’est
pas vraiment des vacances de revivre tous les jours l’angoisse de la proximité physique du métro. Bref, chacun fait à sa sauce. Le grand trip quand on est jeune (et fauchés), c’est de partir 
entre potes : à plusieurs, la location d’une maison, ça coûte moins cher, c’est mathématique.
 

les_randonneurs

Sur le papier, ça promet de supers vacances mais en réalité, c’est pas garanti du tout. En général, ça débute comme une proposition qu’on ne peut refuser. Votre super copine
Charlotte vous propose de partir une semaine chez ses parents, y aura la maison que pour nous. La mer, la plage, le soleil à moindre frais. Vous en rêviez, Charlotte l’a fait. Valise enfournée 
dans le coffre vous voici parti avec Charlotte et d’autres amis parce que plus on est de fous, plus on rit, youpi you ! Sauf que les vacances de rêves tournent à l’aigre. On se dispute pour la bouffe, la vaisselle, les rythmes de vie ne sont pas les mêmes, Julie déteste les musées et ne veut que se reposer, Paul est cramé au 3e degré et refuse de retourner à la plage. Christian veut sortir tous les soirs et moi, je fais un lobbying actif pour jouer aux tarots. Ce qui fait chier Julie mais faut dire qu’elle joue comme une brèle, elle pète les jeux en prenant tout le temps parce que, si, elle a un bout et qu’elle se fait toujours bouffer le petit en essayant de le placer à la fin mais elle comprend pas qu’avec 5 atouts en tout, elle tiendra pas toute la partie.

Alors que la situation est déjà tendue, que Christian et Julie se sont déjà disputés trois fois et que vous vous rendez compte à quel point Charlotte est chiante quand elle s’y met (et elle s’y met tout le temps, à croire). Alors que les vacances touchent enfin à leur fin et que vous vous rêvez discrètement du retour à Paris, là, arrive l’épreuve ultime : les comptes. Avec de la chance, vous n’avez pas de pingre dans le lot parce que sinon, c’est un cauchemar. « Non mais attends, je suis allée acheter trois bricoles l’autre jour, ça m’a coûté 3 euros 28 ! ». Là, si personne ne se fout vraiment sur la gueule, on aura de la chance.

J’ai déjà fait des vacances entre potes et je peux vous dire qu’on a parfois de drôles de surprises. La première fois, c’était en 1ère année de fac, nous voici parti avec Yohann et Rachel, mes meilleurs amis de l’époque, ainsi qu’un couple d’amis, Stéphane et Gabrielle. J’ai cru étrangler Rachel. D’abord, elle ne se levait pas avant 11h30 dont hors de
question de faire du bruit avant, pas question de marcher non plus parce que c’est fatigant et les comptes furent une pure horreur car un sou et un sou. Moi, maline, je m’étais préposée d’office à la vaisselle parce que j’aime bien faire la vaisselle et surtout, Rachel n’aime rien ou presque en matière d’alimentation et si c’est pas préparé comme elle le fait, ça va pas donc la cuisine, j’ai laissé tomber aussi sec. Avec Yohann, on est rentrés, on s’est franchement dit qu’on ne voulait plus jamais revivre ça. J’ai passé d’autres vacances entre amis : un séjour chez Lucie (parfait), un autre chez le même Yohann en Suède ou quelques jours avec Gauthier sur Paris quand on était de jeunes étudiants, ça s’est toujours bien passés. Faut dire que dans les 3 cas, on craquait tous en même temps : hé oui, un corps, ça s’épuise et visiter tout Paris en 2 jours et demi, non, c’est pas possible. Et prévoir la visite du Louvre le matin et celui du salon de l’auto Portes de Versailles l’après-midi, c’est de l’utopie (surtout après 3 jours de folle cavalcade). J’étais également partie 4 jours chez les parents d’une copine, Vanessa, à Gruissan, avec Gauthier et une autre amie, Corinne. Autant vous dire qu’on se l’est coulé douce pendant 4 jours, pas le moindre conflit ou éclat de voix, si ce n’est le premier soir, quand Corinne et Gauthier papotaient (fort) dans la chambre voisine et que Vanessa et moi essayions de dormir. Bon, j’ai été un peu traumatisée par Vanessa qui me parlait dans son sommeil et m’a même attrapé le genou à un
moment (mon Dieu, que va-t-elle me faire ?) mais c’est vraiment tout.

On dit qu’on ne connaît pas vraiment quelqu’un tant qu’on n’a pas vécu avec et je pense que c’est pour ça que les vacances entre amis sont à double tranchant. On peut se
rendre compte que notre super copine, on l’aime mieux de façon épisodique ou au contraire, resserrer les liens. Mais si mon expérience m’a appris quelque chose, c’est que pour éviter les prises 
de tête, prévoyez le budget AVANT. Et ne soyez pas à 3 euros près APRES.

La balade de la provinciale bouseuse

Paris. 2 ans que j’y vis. Ca fait un bail, certes mais il n’en reste pas moins que quoi qu’il arrive, je serai toujours née en province, dans cet ailleurs où aussi incroyable
que cela puisse pareille, on a l’électricité et l’eau chaude. On a même l’ADSL. Dingue non ?

province

Globalement, j’aime Paris, aucun souci. Je me balade dans la rue telle une princesse moderne (au moins). Sauf que quoi que je fasse, quoi je dise, je serais toujours née en
province et pour certains, c’est carrément un défaut. Bon, avant de continuer, je précise que, non, tous les Parisiens ne sont pas comme ça donc attendez un peu avant de me lapider. Il y a quelques temps, on prenait un verre du côté de Beaubourg avec Jane et elle m’expliquait que parfois, elle avait le sentiment d’être une parvenue. Mmmm, pas mieux. Dans ma province natale, je suis la fille du docteur, celui qu’on dit qu’il est chez les francs maçons (ça me fait toujours autant rire ça). A Paris, je suis une merde qui vit en banlieue et n’a même pas des fringues de marque. Non, H&M ou Promod, ça compte pas comme des marques. J’ai même pas un sac Vuitton ! Non mais cette lose, quoi !

Bon, je caricature, of course, mais j’essaie d’illustrer cette élite parisienne à laquelle on ne peut pas appartenir si on est provinciaux parce que la province, rien que le mot pue la bouse de vache. Y en a même qui disent province en faisant unes espèce de grimace de dégoût. Pourtant, des Parisiens de Paris (sans parler de Paris intra muros), c’est quand même pas si courant que ça.

Parfois, je suis franchement agacée par ce rejet. Petite, quand je partais en vacances, les autres enfants se moquaient des fois de mon accent. Maintenant, ça me rend sympa
(même si je le perds, enfer et damnation) sauf auprès de certaines personnes. Ben, oui, moi, à 14 ans, je sortais pas dans les boîtes hyper VIP parisiennes. Déjà, je ne vivais pas sur Paris à ce moment là et de toute façon, je pense pas que ma mère m’aurait laissé sortir si jeune en boîte. Ouais, en province, on est pas toujours très cools ! Même qu’on est alcooliques, arriérés, démodés, incultes et qu’on roule tous en voiture tuning avec des chemises à carreaux, des bretelles et des bérets.

Faut dire que les médias n’aident pas à faire circuler une image cool de la province. Par exemple, prenons notre ami Jean-Pierre Pernault. Ben, forcément, si on se limite à
son journal, faut pas s’étonner de passer pour des bouseux. Y a 3 ans, j’ai vu un reportage sur un marché à côté de ma ville natale, bonjour les clichés : balances à poids parce que
l’électronique, ça pue, bérets et accents du terroir à gogo, bâtisses en vieilles pierres… Ah, merde, ils ont raté leur coup, si on regarde bien, on voit un poteau électrique. Pourtant, il y a des grandes villes autre que Paris genre Lyon, Lille, Marseille, Strasbourg… Ou Toulouse. Oui, la ville où j’ai vécu 7 ans, que même y a un métro ! Je me souviens, en 99, j’étais venue sur Paris avec Rachel, d’origine parisienne, j’avais trop l’impression d’être la débile de service « fais attention à ton sac, on va te le voler ! Non mais le métro aux heures de pointe, tu sais pas ce que c’est, tu te rends pas compte ! Aaaaaaaaaah non, c’est pas vrai, j’ai pas pris l’accent du sud, c’est trop horrible ! ». Bon, forcément, tu me connais lecteur,
moi et mon caractère patient : « Mais arrête de me prendre pour une teu-bê, je suis déjà venue sur Paris et les heures de pointe, je connais ! ». Non parce qu’à Toulouse, à la
fac, quand on sort à 18h, faut prendre le métro en sens inverse et remonter deux stations plus haut pour espérer pouvoir rentrer dans la rame avant 19h, qu’on est pliés en deux, que si on pouvait entasser les gens vers le haut, on le ferait. Non mais vous pensez vraiment avoir le monopole de la foule ? Et puis je me suis jamais fait piquer mon sac parce que même si je m’habille pas chez Prada, Gucci ou D&G, ben, c’est pas écrit sur ma gueule que je suis provinciale. Et d’ailleurs, je dirais même qu’être provinciale, c’est un atout. On est pas sclérosé culturellement, on sait qu’il existe une vie au delà des lignes de métro et que la vie culturelle en province est tout aussi intéressante, voire même plus. Moi, je viens du pays de Nougaro et de Zebda et j’emmerde les parisiano-centrés. Oui, j’ai pas fait des écoles parisiennes, je n’ai pas forcément mes entrées dans le beau monde (et encore, pour une provinciale, je me démerde pas si mal) et alors ? Moi, je ne m’arrête pas à une petite vision étriquée des choses. Moi, je ne me fie pas aux sacs et chaussures des gens (bon, ok, je les regarde même pas). Mes parents n’ont pas eu la bonne idée de me faire naître à Paris (voire à l’hôpital américain de Neuilly), est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne ? Une personne méprisable ?

Bref, le prochain qui me dit « han, tu viens de province ? » en plissant le nez, je lui fais livrer une bouse de vache par la Poste. La province, y a que ça de vrai !