Comment convaincre nos mamans qu’on n’est pas lesbiennes

Spécial kass-dédi à ma chérichounette adorée

Des fois, dans la vie, on a de vrais problèmes, si, si. Par exemple, avec Vicky, nos mères sont persuadées que nous sommes un couple. Bon, c’est vrai que vu de loin, ça y ressemble mais c’est pas parce qu’on se quitte jamais, qu’on s’appelle chérie, ma puce et co, qu’on partage nos plats, qu’on va au resto dans le Marais qu’on est un couple. Non, y a même pas de sexe entre nous, c’est pour dire ! Oui, on dort ensemble mais on garde nos culottes.

 

Pour les pervers du fond qui nous rejouent déjà les scènes de McKenzie dans Sex House, non, il n’y aura jamais de sexe entre nous, c’est même pas concevable. Autant aller coucher avec ma sœur ou ma mère (celui qui a rêvé de ça se reconnaîtra). Seulement, c’est vrai que de l’extérieur, c’est pas clair. « Hier soir, je suis allée au resto avec Vicky, trois jours qu’on s’était pas vus, tu te rends compte ? Hier, Vicky a dormi à la maison et ce soir, je dors chez elle parce qu’elle part en vacances et ça va être horrible de pas se voir pendant 15 jours ! Et Vicky, elle a dit, et Vicky, elle a fait. Hier, avec Vicky… ». Ouais, ok, c’est carrément normal. Et le fait qu’on s’échange 158 textos par jour car on n’a plus le net ni l’une ni l’autre interpelle sa maman aussi. Mais bon, c’est pas notre faute à nous si on est aussi inséparables que des siamoises. Qui va me conseiller sur ma vie sexuelle amoureuse si ce n’est elle, hein ? A qui je peux confier le résultat de ma dernière galipette ? Bon, ok, j’ai des copines que ça intéressera aussi mais Chérichounette, c’est un peu mon coach sentimental, un peu la fille qui me dit « tu fais chier avec ton semi Russe, c’est un connard, je t’interdis de recoucher avec ». Ouais.

Donc la solution serait de prendre un de nos amants et de le présenter à nos mamans. Bon, je ne parlerai pas des siens, je regarde de mon côté, qu’avons-nous dernièrement dans le panier ? Un semi-Russe qui fait très bien sur le papier (pété de tunes, métier qui pète, pas mauvaise gueule, de droite, je pense) mais un peu totalement connard et je le soupçonne d’avoir soit une copine soit d’avoir emprunté l’appart de ses parents pour m’emballer. Non parce que quand on a un appartement comme ça, on propose pas à sa maîtresse de la « défoncer » dans une voiture ou dans une cage d’escalier. Donc non. Ensuite, on a Gabriel. Lui, il est plutôt bien parti : mignon, il sent bon et il est tout doux (enfin, ça, c’est juste pour moi), un métier pas dégueulasse, il reprend ses études en formation continue donc de l’ambition, plutôt intelligent, je trouve, intéressant et en plus, il a voté Sarko (mais attention, pas vraiment de droite, ne pas aborder le sujet). En fait, Gabriel serait le gendre idéal s’il ne m’avait pas clairement expliqué qu’il ne souhaitait pas forcément s’attacher et que je sens que sa priorité absolue, c’est sa carrière, pas sa vie privée. Bref, ma mère serait ravie de le rencontrer mais je pense que la réciproque ne serait pas vraie du tout. Sinon, dans mes derniers amants en date, on a Nabil qui, comme son nom l’indique, a des origines méditerranéennes certaines. Or ma mère, elle est quand même raciste. Elle me l’a encore dit la dernière fois que je suis allée chez mes parents « tu sais, ton mec, il viendra d’où il viendra… Mais s’il venait d’où tu sais, ça me contrarierait ». Okéééééééééééé… Dommage, bonne situation dans la big entreprise pour laquelle l’agence travaille (mais non, c’est pas un collègue) et s’il est pas de droite, il est pas de gauche non plus.

Bon, bref, c’est pas brillant tout ça. A moins de convaincre Gabriel que s’attacher à moi, c’est une super bonne idée, faudra que je trouve un autre gendre idéal. C’est marrant, je n’ai jamais eu la pression de « c’est quand que tu nous ramènes un mari », moi, c’est plus « t’es lesbienne ? ». Bon, soyons honnête, ça me fait plus rire qu’autre chose, je n’aurais pas honte d’être lesbienne si je l’étais mais non, c’est toujours les mecs que je mate dans la rue, que je désire, que je brouette… Puis il faut essayer de voir le positif (en plus du
drôle de la situation) : ma mère m’a ouvert une porte « si tu es lesbienne ma fille, je l’accepte ». Ou alors, ça veut dire que ça fait trop longtemps que je suis officiellement célibataire et que, ça y est, c’est devenu suspect. Gloups !

I wanna meet a man

L’autre jour, je glandais chez moi parce que je suis en vacances et j’ai droit. A un moment, je tombe sur « un gars, une fille » sur France 4 et là, c’est sûr : je veux un mec ! Un rien qu’à moi que je pourrai appeler chéri et qui m’appellera ma puce (ou comme il veut, on s’en fout).


Je regarde les événements de ma petite vie : je n’ai pas été amoureuse (mais vraiment, vraiment) depuis mai… Bordel, c’est pas brillant. Mais bon, entre mon petit cœur brisé qu’il a fallu réparer et le boulot, j’ai pas eu le temps de tomber amoureuse. Surtout que quand on bosse chez soi, niveau rencontres, c’est plus que limité. Donc maintenant que mon cœur est rafistolé et que mon avenir professionnel semble stable pour les six prochains mois, il est temps un peu de m’occuper de mes amours. Moi aussi, je veux un mec mais un rien qu’à moi ! Et un qui vit sur Paris, histoire de vivre le quotidien. Je veux une vie plus pépère ! Je veux dire « Ce soir ? Ah non, je peux pas, je vois mon roudoudou d’amour ! » (je précise que j’ai jamais appelé un mec comme ça, c’est pour rire). Je veux avoir l’air neuneu quand je parle de lui et qu’on me taquine « ouah, Nina, elle est amoureuse ! ». Je veux que toutes les étoiles du ciel soient dans mes yeux quand je parle de lui… Oui, l’amour rend nunuche donc je mets un max de petits cœurs, petites fleurs dans cet article.

Je veux passer des soirées peinardes chez lui. M’enrouler dans son peignoir parce que j’adore piquer les affaires de mon mec, je nage dedans, on dirait que j’ai rétréci au lavage (déjà que…). Je m’allongerai, l’air de rien, sur son canapé pendant qu’il est sur son ordi pour travailler (ou qu’il lit ou qu’il fait une grille de sudoku, on s’en fout), je prendrai un air détaché et me plongerai dans la lecture d’un magazine ou d’un roman. Puis il viendra vers moi, s’allongera par-dessus moi, il glissera sa main le long de mon corps et krzt krzt krzt (désolée, la scène suivante étant susceptible d’heurter la sensibilité des plus jeunes, elle a été cryptée). On passerait la nuit à discuter de tout et de rien dans le noir, à choisir le prénom de nos futurs enfants pour rigoler, à débattre de la vie, de tout et de rien, de rigoler jusqu’à ce qu’il dise « Bon, Nina, faut se lever, demain, ça suffit, là ! » et moi, je chouinerais : « Mais j’ai pas sommeil et puis c’est moche comme prénom Marie-Hortense, ma fille ne s’appellera pas comme ça ! ». Puis je me collerai à lui pour le câlin du soir, je m’assoupirai un peu dans ses bras avant de retourner de mon côté du lit car je m’endors rarement dans les bras d’un homme (en plus, quand je le fais, je lui bave sur l’épaule donc pas bonne idée).

Je veux lui présenter Gauthier. Parce qu’un mec homophobe n’a aucun avenir avec moi, c’est clair. On ira tous les trois dans un bar ou ailleurs pour discuter de tout et de rien, Gauthier l’allumera un peu mais je ne dirai rien, au contraire : je rirai. Oui parce que Gauthier, il aime bien asticoter (à défaut d’astiquer) mes mecs, surtout quand ce sont de mignons petits bruns à lunettes qui parlent en mettant leur main sur sa cuisse. Il aime bien leur promettre les ultimes outrages et si mon mec est bien (oui parce que des fois, je me trompe), il rira et rentrera dans son jeu. Tant qu’ils ne passent pas aux actes, moi, ça me va très bien. Puis je le présenterai à mes autres amis, attendant avec impatience leur avis sur le bonhomme. Oh, je sais qu’ils ne diront jamais du mal de l’homme que j’aiiiiiiiime, même si c’est un fieffé crétin parce que je suis amoureuse donc aveugle et que je les écouterai pas. Quand je sortais avec Arnaud, je l’ai présenté à Gauthier et Anne, aucun des deux ne l’a senti mais ils ne m’ont rien dit. Par contre, ils ne m’ont pas menti en disant qu’il était « formidaaaaaaaaaable », ils se sont contentés de n’émettre aucun avis sur la question.

Je veux me sentir belle parce que lui, il m’aime et que c’est tout ce qui compte. Je veux lui raconter mes journées le soir, qu’il me raconte les siennes. J’ai envie de sourire à chaque fois que mon portable sonne et que je vois son nom apparaître. Et puis j’ai envie de l’embrasser dans le métro, de lui tenir la main dans la rue, de poser ma tête sur son épaule quand nous sommes assis côte à côté, juste pour faire râler les célibataires aigris qui voudraient en faire autant.

Bref, j’ai envie d’un mec qui me fasse vibrer, que les lendemains avec lui soient toujours rassurants. Et même qu’on me trouve chiante à en parler tout le temps, qu’on me dise de changer de disque ! Ah, le peton !