La révélation du matin

Le matin et moi, c’est une histoire compliquée, torturée. J’appartiens à la race dite des noctambules. A mon époque chômagère (néologisme mon amour), je ne connaissais pas le matin, je me couchais à 6h pour me lever à 14h, profitant de la nuit pour écrire. J’ai l’inspiration nocturne, pour le boulot et les loisirs, c’est ainsi.


Le matin, je ne l’aime pas trop trop et pourtant… Et pourtant, c’est un des moments où je suis le plus efficace. Mes plages d’efficacité sont 8h30-12h puis 18h-2h du mat. Dans mes années étudiantes, c’était dans ces créneaux que j’abattais le plus de boulot, l’après-midi ne servant qu’à la sieste et à la traînasserie. Je sais pas si vous avez remarqué mais,c’est fou comme on peut perdre du temps à traîner. « Bon, je m’y mets… Je vérifie juste mes mails. Bon… je vais me faire un café et on y va… Ah, le café me donne envie de pipi… Mais après, j’y vais… Oh, un article intéressant… Je le lis et promis, je m’y mets ». Le matin, j’ai pas envie de quitter mon lit et pourtant, quand je me lève et que je bosse bien le matin, j’ai l’impression d’avoir réussi ma journée.


Mais le matin est souvent aussi source de révélation, de décision. De quoi ? Oui, des fois, le matin, j’ai des révélations, des intimes convictions, des certitudes sorties de nulle part. Un exemple (idiot) : dans ma prime jeunesse, après avoir découvert le sexe et le stupre dans les bras de Pierre le pervers, mes règles ont du retard. Panique à bord. Pendant 40 jours, point de marée rouge alors forcément, je finis par me faire des films quand, un matin, en me réveillant, je me suis dit « non, je suis pas enceinte ». De la même façon, un exemple moins physiologique : en me levant un matin, j’ai su que je serais prise à mon master de journalisme et j’ai eu raison quelques jours plus tard. Comme quoi… Et ce matin, en me levant, j’ai senti que j’allais vers le positif.


La rentrée a été un peu ardue (et encore, y a des trucs que je peux pas vous raconter touchant au boulot, c’est pas triste) et ma vie privée plutôt glauque. Disons qu’en fréquentant le délicat adopteunmec, j’ai découvert que pas mal de mecs confondaient « fille ouverte et aventureuse » avec « pute gratuite ». Hier soir, après un rendez-vous glauque qui aurait pu me faire profondément déprimer s’il n’avait pas été à ce point risible et ridicule, je décide d’effacer ma fiche. Ras le bol des crétins, des goujats, des mecs qui ont des comptes à régler avec les femmes. Oh, j’ai sans doute bien des torts, le premier étant d’avoir transigé à ma règle qui consistait à ne pas rencontrer d’hommes ne sachant écrire correctement. A peu près correctement, finalement, c’est pas encore assez.  C’est fou que de cliquer sur un simple bouton m’a soulagée. Comme la fois où j’ai décidé d’arrêter de boire plus que de raison. J’ai déjà l’impression d’être quelqu’un d’un peu meilleure.


Ce matin, en me levant, j’étais contente, de bonne humeur et en forme. Alors même qu’il commence à faire sombre quand le réveil sonne. La new moi a bel et bien été livrée. J’ai bouffé du lion, je suis motivée. Peut-être que la reprise du sport joue aussi un rôle, je sais pas. Je m’en fous de la cause, ce qui compte ici est la conséquence : rentabilisons 2009, les derniers mois seront consacrés à moi, moi et encore moi.  Et un peu mes amis, aussi. Je vais me chouchouter, ne plus courir le gueux (dans le sens propre du terme pour le coup), laisser faire la vie. Après tout, qu’est-ce qui est plus sexy qu’une fille bien dans ses bakets ? Bah rien !


Sinon, hier soir, j’ai vu ce petit film ci, ça m’a bien émue aussi. Un rapport ? Je sais pas mais j’ai envie de le partager


Je n’ai pas changé… ah si, un peu quand même

Je vous avais parlé récemment de mes retrouvailles programmées avec Victoire, une de mes premières copines parisiennes perdue de vue depuis un bon moment. Après qu’elle m’ait retrouvée sur linkedin, nous sommes donc allées boire un café. 4 ans à rattraper, y a du travail.


C’est étrange ce qu’on retient ou non. J’avais oublié l’existence de son chat, de certaines personnes qui évoluaient dans notre périphérie à l’époque. Mais finalement, le mieux, c’est que, en discutant, on découvre qu’on a changé et plutôt en bien, je trouve. A l’époque, j’adorais la voyance, même si ça n’était qu’un jeu pour moi. Aujourd’hui, ça doit faire plus d’un an que j’ai pas touché à mon jeu et que je me fiche de savoir ce qui va m’arriver. Parce que je n’ai plus de réelles angoisses. Je suis en cdi, j’aime mon nouvel appart. Ah ouais, évidemment, je suis encore célibataire, vilaine de moi mais vu l’activité de mon célibat, c’est plus l’idée de me mettre en couple qui m’angoisserait donc ça m’est égal de ne pas savoir si je vais rencontrer quelqu’un avec qui ça le fait demain ou dans trois mois. Ou plus loin encore. Mais au fond, ça montre surtout que je suis sereine sur mes demains parce que je suis bien dans ma vie actuelle. Alors qu’il y a 4 ans, même si j’avais un peu l’excitation de l’arrivée à Paris, nouvelle vie, etc. , les sources d’angoisse étaient plus nombreuses et j’ai forcément super bien géré. D’ailleurs, je pense que si Victoire et moi étions en contact en 2006, année d’une ridicule déchéance, elle m’aurait zappé. Elle est exigeante, la demoiselle, une épave comme moi n’aurait pas eu sa place dans son univers. A raison, pour le coup, je pense.


C’est assez étrange de revoir quelqu’un qui a marqué notre début de vie parisienne, ma vie quotidienne maintenant. J’ai l’impression que c’était hier et en même temps, c’est si loin. Je sais que je suis désormais une parisienne, avec l’accent, la cadence speed, la Tour Eiffel que je vois quotidiennement, les lieux touristiques que j’aimais avant et que je fuis à toute vitesse maintenant. Non parce que Victoire, je suis allée la voir au Trocadéro samedi (elle habite dans le coin) et j’avais oublié ce que c’était la station Trocadéro le samedi après-midi. Plein de gens partout qui n’avancent pas, tout ce que j’adore, en somme. Oui, je suis parisienne, j’ai mes habitudes, mes quartiers de prédilection, ceux que je fuis comme la peste, mes trajets que je fais tellement les yeux fermés qu’un jour, je me suis retrouvée au bureau, je ne me souvenais pas du tout du trajet (mais je me souvenais quand même m’être levée, faut pas exagérer non plus).  Dans un peu plus d’un an, j’aurai vécu autant à Paris qu’à Toulouse. Toulouse, d’ailleurs, quand j’y retourne, je me sens de moins en moins chez moi. Je l’aime toujours ma ville rose mais je la redécouvre à chaque fois, avec des yeux neufs, j’y reconnais mes quartiers, les lieux où j’ai vécu, les souvenirs que j’y ai mais ce n’est plus aussi vif que les souvenirs parisiens. Et je ne parle même pas de ma ville natale, quand je retourne en centre-ville, je ne reconnais carrément plus rien.



Ouais, j’en ai vécu des choses durant ces 4 ans, cette parenthèse qui me paraît à la fois si courte et si longue. J’ai grandi, oui, je ne suis plus la jeune étudiante naïve qui pensait que la vie était facile, je suis désormais une jeune travailleuse qui s’étonne parfois de son parcours mais qui a bien compris que la vie n’était pas que du foie gras, comme dirait Anaïs. Ceci étant, malgré tout ce chemin parcouru (et qui reste à parcourir), reste que le fond est le même et que finalement, au bout de 4 ans, Victoire et moi nous sommes retrouvées comme si nous nous étions quittées hier, avec juste plein de trucs à se raconter. Et il nous en reste encore pour la prochaine fois !

Les desperate singles, les femmes les plus pénibles du monde ?

L’autre soir, je regardais Fox life (mais mon Dieu, pourquoi ? Y a même plus des jours et des vies) et je tombe sur la bande annonce de Brothers and sisters.
Rien que la bande annonce, je diagnostique une série chiante à pleurer avec Sally Field, Rachel Griffiths (Brenda de Six feet under) et… Calista Flockhart. Là, de voir sa tête de Droopy dépressif, je soupire. Mais au fait, pourquoi je ne l’aime pas Calista ?


Evidemment, je ne sais rien d’elle, à part qu’elle sort avec Harrisson Ford donc pourquoi cette antipathie pour cette pauvre Calista ? Mais c’est bien sûr : Ally McBeal. Et là, j’ai eu une révélation : qu’il y a-t-il de plus pénible qu’une desperate single ? Je prends les cas « connus », les héroïnes de films ou de séries mais franchement, y en a pas une pour rattraper l’autre, que ce soit Ally, Clara Sheller, Carrie Bradshaw, Susan Meyer, Bridget Jones… pardon mais de vraies filles casse-couilles (ou ovaires, choisis ton sexe, lecteur). Elles sont toutes pareilles : « han, le célibat, c’est trop moche ! Han, j’ai rencontré un mec mais je sais pas, je lui fais un bisou le premier soir ? Et la langue, je la mets quand ? Han, Steve, il m’a pas rappelé depuis 3h, je suis désespérée ! Han, Steve, il a fini le PQ et n’en a pas remis, non mais tu imagines ? Han ! Steve, il m’a plaquée ! Han, Steve, je l’aime et il me manque trop ! Han, le célibat, c’est trop moche ! Han, il est mignon Brad mais tu crois que je peux lui envoyer un mail de blague pour le draguer ? ».  Résultat : on les déteste. Je trouve assez fort de créer des séries autour de ces femmes globalement peu appréciées mais le fait est que ça marche. Parce qu’on se trouvera toujours moins pathétiques en comparaison ?


Mais le pire, ce sont les vraies desperate singles, celles de la vraie vie. Parce que oui, en vrai, elles existent. Et quand je dis elles, soyons généreux, y a aussi des desperate singles mâles. Scannez un peu votre entourage et identifiez celui ou celle qui ne parle QUE de sa vie amoureuse ou de sa non vie amoureuse, qui préfère répéter 100 fois que « les mecs, c’est tous des connards » plutôt que de laisser la conversation glisser sur un autre sujet plus intéressant ou plus général. Parce que le desperate single, au début, tu veux être sympa, tu le rassures genre « mais non, t’as pas de problème, on ne peut pas tous être en couple tout le temps, ça va venir, tu as toutes les qualités, ne t’en fais pas… ». Erreur, on tombe dans son piège ! Parce qu’en voulant le rassurer, on lui sert d’oreille compatissante et du coup, c’est parti, on a droit à écouter toutes ses névroses amoureuses depuis Thomas, son voisin quand elle avait 4 ans et dont elle était amoureuse mais tu comprends, il n’a pas voulu lui prêter son seau et ce fut le drame… Parce que la desperate single n’a qu’une chose de réellement passionnant dans sa vie (à ses yeux, j’entends) : les hommes. Elle passe sa vie à parler de celui qu’elle a en vue, celui qu’elle a réussi à attraper, celui qui lui a brisé le cœur. Quitte à ressortir de vieilles histoires de temps en temps histoire d’avoir quelque chose à dire. Inutile d’essayer de parler de vous, elle s’en fout (à moins de parler de vie amoureuse pour qu’elle puisse vite dire « ah ben c’est comme moi, blablabla). Si on prend le cas Bradshaw, ses amies peuvent traverser les pires galères du genre « oh tiens, je suis enceinte et je ne le voulais pas », « oh, tiens, je divorce », « oh tiens, j’ai un cancer », elle va compatir trente secondes puis pleurer parce que Mister Big ne l’a pas appelée ou je ne sais quoi d’autre.



Bref, à bien y réfléchir, oui, ces filles sont pénibles et une fois repérée, personnellement, je la fuis. Non que je n’ai aucune compassion mais arrive un moment où recevoir des textos à 0h30 m’informant que X est un connard (véridique), je suis désolée mais non. Sauf de la part de mes amies identifiées comme telles et qui savent qu’elles peuvent le faire. Surtout que soyons réalistes, si j’étais douée en relations amoureuses, ça se saurait. Ce n’est pas parce que je vis bien mon célibat que je dois servir d’épaule à toutes celles qui ne supportent pas de vivre seules plus de deux jours…



Mais va quand même falloir m’expliquer pourquoi les desperate singles sont toujours des héroïnes de séries… de séries qui cartonnent en plus.

Gertrude et Giovanni

Par Lucas

Cette bafouille se lit mieux avec cette reprise.

Bon anniversaire Gertrude ! Tu permets que je t’appelle Gertrude ?[1]
Bah oui on est potes tous les deux.
Ça fait un an qu’on se connait, qu’on se côtoie.
Ça fait un an que tu fais la une de chaque numéro hebdomadaire de l’encart emploi de l’Express.
En fait, ça fait un an qu’il n’y a pas une journée sans qu’un quotidien, une radio ou une télé ne parle de toi.

Un an !

Je sais, ça ne doit pas être facile pour toi. Cette célébrité soudaine et brutale,
constamment sur le devant de la scène, être la star et l’égérie, celle qu’on clame et qu’on n’oublie… jamais.
Pas de pause, d’accalmie, pas de repos, pas de répit.
Mais ne t’inquiète pas, Gertrude.

Comme ces soldats du fort Bastiani, dans « Le Désert des Tartares« , tu devrais voir un jour venir l’assaillant, ou même voir venir la relève. Enfin, je dis la « relève » mais ce n’est pas tout à fait ça. On n’est pas dans un album d’Asterix…
Disons plutôt la reprise.
Et là, on a envie de détourner une chanson de Cali et de te poser la question :

Et pourtant,
Et pourtant…
Tu sais quoi Gertrude ?
Ma référence au « Désert des Tartares » n’est pas fortuite…

« Le Désert des Tartares« , c’est un peu  l’histoire d’une vie gâchée. Et cette vie, c’est celle de ceux qui n’osent pas créer leur chance. Celle de ceux qui attendent tout de la fatalité et du destin, ceux qui n’osent pas, qui stagnent ou qui vétillent pour ne pas s’engager, qui ne font rien pour aller de l’avant et construire. De ceux qui se bercent de « ah si seulement » et de « tiens je vais jouer au loto, on ne sait jamais »… Ces gens pusillanimes  qui gardent espoir en sublimant un artefact éthéré, ceux qui pensent, qu’un jour, une bonne fée va se pointer et tout changer.  Un espoir odieux que  Buzzati montre tel qu’il est : comme une forme de lâcheté. Et je sais de quoi je parle, Gertrude. oui je ne le sais que trop bien et je l’avoue avec un peu de honte : j’ai mis deux ans à m’extirper de cette atonie.

Pour aller dans le même sens, ça me fait penser à cette réponse que j’ai reçue ce soir de la part de Décathlon où je postulais pour être chef manager de rayon :

Je déplore cependant que votre profil ne corresponde à aucun de nos métiers proposés, et vous informe que nous avons supprimé les informations vous concernant dans nos bases de données.

Negative answer, again and again,
So, what ?

Alors j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes, Gertrude.
De t’envoyer chier.
Oui, je sais, dit comme ça c’est vulgaire mais tu n’imagines pas comme je m’en contrefous.
Tous les DRH me font la gueule et je sais bien : je devrais essayer d’être complaisant. Aller faire risette dans le réseau des anciens de Reims Management’s Cool, appeler des gens pour les « rencontrer et leur demander des infos sur leur job », tournure insidieuse et malhonnête qui déguise un « coucou, je vais venir taper l’incruste dans ton bureau sous prétexte qu’on a fait la même école, histoire que tu notes bien que j’existe et que si tu vois un job passer dans une semaine, tu penses à moi vu que lorsqu’un job est posté sur Cadremploi ou Apec c’est qu’il n’a pas été pourvu
en interne, ouhai trop cool, j’te kiffe graaaaaaave
« .

Je vais donc me lancer comme autoentrepreneur.
A côté de mon job à mi temps,
A côté de mes recherches de boulot entrecoupées de courses à pied pour ne pas penser,
A côté de mon aide apportée à l’assoce Coup de Pouce
Et advienne que pourra.

Je ne dis pas ça par fatalité.
Même quand on a bien ciblé son marché, son offre, son discours, la faute à pas de chance a toujours sa place.
Mais au moins j’aurais essayé et je pourrais enfin me regarder dans une glace.
Un an, Gertrude…
J’espère bien que tu vas crever dans les 6 mois.
Et c’est avec joie que j’irai cracher sur ta tombe.
Je te laisse avec une apologie ou une exhortation de Jaurès que je trouve bien jolie et que j’ai envie de suivre. Oui, je sais Gertrude : c’est beau les déclarations d’intentions. Mais pour moi c’est un objectif à atteindre et un instrument, un moyen et un but. Un tout.

« Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication.
Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.
Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.
Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.
Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.
Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.
Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.
Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.
Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

[1] Intro empruntée à l’article du Tigre sur Marc L…

Baisse les yeux quand tu m’regardes!

Par Diane

Vingtenaires,  vingtenairettes,Aujourd’hui,  j’ai envie de partager une expérience avec vous. ( Là, étant donné les moultes sens et contresens que peut contenir ma phrase légèrement équivoque,  je vois certains d’entre vous qui pensent que je leur propose des trucs tendancieusement louches, ou qui se croient à une réunion des alcooliques anonymes. Que nenni petit lecteur, patiente donc un peu, j’y arrive). Voyez vous, j’ai obtenu mon petit diplôme de professeur l’été dernier, et de fait, j’ai le droit cette année certes à  une classe de mômes boutonneux aussi divertissants que désespérants, mais également à deux jours par semaine dans un établissement rien que pour nous les profs débutants, un établissement hors du temps et de l’espace qu’on appelle l’institut  de formation des maîtres (IUFM pour les intimes). Je vous passe les détails de ce qu’on y fait, mais entre autres nous avons eu une sorte de « cours » en gros sur le geste/la voix/le regard, parce que, être prof finalement se rapproche pas mal du boulot de comédien, parfois. Et lors de ce cours, un G.O IUFMiens nous a fait faire une sorte de…euhhh « exercice », ou en gros, et tout simplement, il fallait pendant 10 secondes environ fixer droit dans les yeux un petit camarade. Eh bien j’ai été aussi surprise qu’intéressée par à la fois la difficulté, et
surtout le côté si inhabituel de la chose.Déja, il y en a pas mal qui n’y arrivait tout simplement pas: qui détournent imperceptiblement toutes les deux secondes les yeux d’un côté ou d’un autre. Puis il y a ceux qui rigolent en même temps, histoire de tenter de détourner par leur rire ce regard étranger qui les fixe.

Bref, même en y parvenant, je trouve ça vraiment étrange la difficulté, l’effort que cela peut demander de simplement regarder quelqu’un dans les yeux pendant 10 secondes.Et puis, en y réfléchissant, quand on y pense, c’est vrai que la société où on évolue ne voit pas la chose d’un très bon oeil, sans faux jeu de mots. Essayer de fixer un inconnu dans le métro, même de la façon la plus neutre du monde, vous allez voir que au mieux il se détourne de votre regard, au pire vous vous prenez une baffe ou une insulte dans la gueule.  Et faites l’expérience, quand vous parlez avec quelqu’un en tête à tête, il (de même que nous tous) détourne le regard régulièrement, il « décroche » des yeux de l’autre.Et au delà de l’ultime cliché qui nous dit que les yeux sont le « miroir de l’âmeuuu », je me demande bien ce que ça dit d’une société, le fait qu’on ne puisse pas fixer 10 secondes une autre personne dans les yeux, voire même qu’on trouve ça insultant…

Parce qu’il y a des cultures où ça n’est pas du tout le cas, où c’est le contraire qui est offensant.Chez nous, il me semble que le regard, c’est quelque chose de complexe, certes: il y a le regard qui materne, celui qui vous envoie chier en un froncement de sourcil, celui qui vous aguiche (cf cette jolie phrase de Stendhal: « le regard est la grande arme de la coquetterie vertueuse. On peut tout dire avec un regard, et cependant on peut toujours nier un regard »‘) MAIS il me semble aussi que le regard (occidental en tous cas) est toujours furtif en ce qui concerne les yeux de l’autre.
Et d’après mon expérience, c’est en regardant avec attention une chose qu’elle devient intéressante. Alors pourquoi ne pas le faire avec l’Autre? Par pudeur de pénétrer un peu trop loin dans son intimité? Ou par peur, peut-être?

Bref je vous conseille de tenter l’expérience, c’est vraiment un contact très particulier aussi repoussant qu’attractif, et particulièrement fort, ne serait-ce que parce qu’on n’y est pas habitués. Essayez donc et racontez moi ce que ça vous a fait, ça m’intéresse. Vous verrez, c’est bien spécial.Et, je trouve, très agréable.

La positive attitude est de retour

(Sous titre : arrête de râler Nina)

Je pense que même le lecteur le moins attentif aura remarqué que par chez moi, en ce moment, c’est pas trop la grande forme. Faut dire que je suis dans ces fameuses périodes que je déteste où une lose peut en cacher une autre donc à force, je ne trouve plus ça très drôle et ça finit par me miner. Rajoutons ça à la fin officielle de l’été (légitime certes), mon moral est dans les chaussettes.


Faut dire que la semaine dernière n’a pas été de tout repos : des dossiers extrêmement compliqués à ficeler avec des changements de demande de clients toutes les deux minutes, un rhume qui a commencé jeudi, jour où en saisissant mon jean qui gisait dans mon sac de sport, je l’ai découvert trempé. Bouteille d’eau renversée ? Non, chatte pisseuse. J’ai compris le message, j’ai viré le toit de sa litière. Ah et quand je dis chatte pisseuse, évidemment que je parle de Kenya, je ne pisse pas sur mes affaires, hein ! Donc mauvaise humeur

jeudi (surtout que j’avais un petit souci de machine à laver pour changer, Anthony l’a réparée mais j’ai quand même dû aller à la laverie entre temps parce que la pisse de chat, c’est infect), vendredi, tonus aux abonnés absents, remplacé par une jolie rivière de morve s’écoulant de mon nez tandis que ma voix n’avait plus à rien à envier à Macha Béranger. Dieu ait son âme (à Macha, pas à ma voix). Puis si samedi, ça allait mieux, Dame Nature m’a fait un beau cadeau dimanche. Et me voilà pliée en deux sur mon lit, une bouillote bouillante sur le ventre à maudire les spermatozoïdes Y de mon papa qui n’ont pas été capables de remporter la course.  Super rentable le week-end en somme.


Et puis, j’en ai eu marre. Stop à la complainte ! C’est vrai que l’an dernier, j’étais en plein déménagement et l’année d’avant en plein changement de taf. Cette année, rien, nada, aucun changement majeur en vie. Mais évidemment, il faut être réaliste. Mais ce n’est pas parce que je n’ambitionne pas de déménager et de changer de taf que je dois me laisser aller, non, non, non. L’arrivée des jours courts et moches n’est certes pas l’idée la plus motivante de l’année mais voilà, on est partie pour la partie météorologiquement maussade de l’année, faut faire avec. Tout n’est question finalement que de point de vue. C’est vrai que la lose qui s’accumule, ça finit par ne plus faire rire mais à côté de ça, j’ai quand même une vie pas dégueulasse, pas de soucis majeurs et même des petites nouvelles qui font chaud au cœur donc pourquoi ne pas les mettre par-dessus tout le reste ? Par-dessus les clients tatillons, les bugs à répétition, les ovaires en pleine protestation, les reins qui tirent, ma gorge qui brûle, mon nez qui coule et le temps gris. Tout est relatif, toujours.


Alors je me reprends en main. D’abord, comme me l’a suggéré Isadora, j’arrive plus tôt au boulot et de 9 à 9h30, je m’occupe juste de mes affaires (blog, articles…). Puis je vais au sport le plus souvent possible, la mélancolie se dissout dans la sueur, c’est testé et approuvé. Je me bichonne aussi, je me remets au cappucino que j’adore, un petit carré de chocolat pour le magnésium. Ah et je me gave aussi de fruits et de légumes, je ne compte pas tomber malade tous les trois jours cet hiver. La Nina qui se laisse un peu aller, je ne l’aime pas. D’ailleurs, c’est pas compliqué, après un week-end à macérer dans ma crasse et mon pyjama, une vraie douche, un masque facial, un masque capillaire, je me sens renaître.


Nina Automne hiver 2009-2010, c’est parti !

Courrier des cœurs, réponse à Philou

Cette semaine, Philou nous a posé la question suivante : 

« Bon c’est Philou le presque 50, depuis Varsovie ou je rame avec ce P… de clavier qwerty de l’hotel. Déjà si je suis a Varsovie, au lieu de copuler dignement avec ma chérie en ce samedi soir, c’est que je me suis fait larguer comme ça, ya 2 semaines, après 2 ans de parfait amour, pour déphasage soi disant … Bon, on était tous deux du même âge, un gosse de 18 ans tous les deux, qui allait justement dans le supérieur donc en théorie moins de contraintes, 80 km a parcourir pour se voir, et passé pas mal d’étapes (la belle famille, les amis, les vacances en commun, etc) bref même si il y avait tassement par rapport au début très hot et très passionnel, je n’imaginais pas interrompre ainsi une belle histoire … Au bout d’1 semaine après, j’ai tenté un dernier message que Alfred De Musset il aurait pas écrit mieux ! J’ai eu droit à je cite: j’ai passe d’agréables moments avec toi… Qu’en pensez vous ? (à part que c’est bien râpé) Dois je recommencer la quête de l’âme sœur parce que là, je commence à fatiguer … »

La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie, voici ce que nous en pensons.

Enzo : Que je lise entre les lignes : 50ans, un fils de 18ans, en couple, non marié (cf *) avec une femme de 50ans qui a aussi un fils de 18ans (lequel va dans le supérieur, les deux ?). Ou il faut lire 20ans de parfait amour au lieu de 2ans, auquel cas c’est un seul fils de 18ans ? En même temps si la fin se gère en trois semaines, j’aurais tendance à privilégier le premier cas, que je vais prendre comme base. 50 ans, un fils d’une première union, une histoire de 2ans qui se finit. Combien d’histoires avant ? La question n’est pas « dois-je recommencer la quête de l’âme soeur » mais « faut-il encore croire à l’âme soeur » ! La quête de l’âme soeur, non. La quête d’une compagne, pourquoi pas si vous (à 50ans, j’ai tendance naturellement à vouvoyer) n’êtes pas fatigué des inconvénients, et puis les hommes vivent plus longtemps en couple que seul.

*: utilisation de ‘chéri’ au lieu de ‘femme’ et histoire de 2ans à un âge de 50ans

Tatiana : Moi je pige pas bien la question. Il veut savoir si c’est vraiment fini avec elle ou il veut savoir s’il a une chance de rencontrer quelqu’un avec qui ça dure ?

Keira : Vu le nombres de potes de mon père qui trouvent l’amour, je crois que l’espoir n’est pas mort, loin de là.En plus, avec
le gosse en moins, ça va faciliter les choses.Donc… le marché est ouvert, foncez ! ^^

Petite Cervoise : 50 ans, un grand enfant qui est indépendant, promesses de sexe débridé, passion… bon, s’il n’y avait pas Varsovie, le style décousu et « Philou », je dirais « Viens te consoler dans les bras de Petite Cervoise ». (prière d’envoyer un relevé bancaire pour information, on pourra peut être s’arranger)

Nina : Bon, je vais sans doute faire ma cynique mais voilà, moi, l’âme sœur, je n’y crois pas et je n’y ai jamais cru. Dans cette histoire, j’ai l’impression que ce qui te plaisait le plus chez cette compagne, c’est le nombre de vos points communs. Ca me paraît un peu léger. A part l’âge, les enfants, le sexe, aviez-vous des passions communes ? Je crois que le problème est que tu cherches trop un idéal. Il n’y pas si longtemps, tu parlais de ton divorce, cette femme n’a-t-elle pas eu peur d’être la roue de secours ? Celle qui se retrouve à la place de l’épouse partie ? Si tu te mets la pression de l’âme sœur à chaque fois, tu ne t’en sortiras pas. Vis les choses avec plus de légèreté,
sans parler d’étapes ou autres. Laisse faire les choses. Cette femme avait déjà vécu une situation matrimoniale, il est probable qu’elle n’ait pas eu envie de remettre ça, tout simplement.

Voilà, si toi aussi, derrière ton écran, tu veux nous poser une question, tu l’envoies soit ici en comm, soit par mail (nina.bartoldi[a]gmail.com), soit facebook ou twitter si tu peux le faire en moins de 140 caractères.

Intolérants et fiers de l’être !

Il y a parfois certaines logiques qui m’échappent un peu. Il y a un an et demi, j’avais lu avec grande peine « No kids » de Corrine Meier, un livre que j’espérais drôle mais qui n’était qu’agressif et qui développait une argumentation plus que bancale. Le pire étant le parallèle fait entre le clonage et la masturbation « dès qu’un truc peut être fait sans l’aide de personne, il est condamné ». Je sais pas ce qu’ils prennent comme drogue chez EDF mais c’est puissant !


Au détour d’une page, je découvre l’existence aux Etats-Unis de résidences interdites aux moins de 13 ans. En gros les enfantophobes se regroupent dans des bunkers interdits à toute morve pré pubère. Hein ? J’ai beau ne pas raffoler des gosses, je ne comprends pas bien la démarche. C’est quoi le message ? « Puisque vous n’acceptez pas notre droit à ne pas vouloir d’enfants, nous aussi, on vous exclut ! ». Répondre à l’intolérance par l’intolérance ? Mon Dieu…

De la même façon, en ce moment, la grande mode dans les gens que je rencontre est de mépriser ceux qui n’ont pas les mêmes croyances que nous. J’avais parlé de celui qui m’avait répondu « obscurantisme ! » quand j’avais parlé du ramadan. Heureusement que je ne suis pas musulmane, j’aurais pu vraiment mal le prendre. Dimanche, re belote, je tombe sur un petit rigolo qui m’explique que les religions, il ne supporte pas ça et que pour faire chier ses potes juifs, il allait tous les appeler le lendemain, jour du Yom Kippour : « ahah, je suis sûr qu’il y en a plein qui ne vont pas l’éteindre ! ». Parce que normalement, le jour du Yom Kippour, les pratiquants ne doivent pas utiliser la technologie, en gros. Je le regarde, toute pleine d’incompréhension : pourquoi ? Pourquoi faire son petit con juste pour le plaisir ? Mais ce n’est qu’un geste de rébellion : « tu comprends, moi, mon athéisme, personne ne le respecte, je suis obligé de ne pas bosser le 25 décembre parce que ce serait la naissance de Jésus, c’est pas normal ! ». Ouais et alors ? Parce que tu sens qu’on ne tolère pas ton athéisme, tu ne tolères pas la religiosité de tes camarades ? Brillant comme réaction, y a pas à dire.




Du coup, il paraît que je suis un chantre de la tolérance. Ah ? Mais même pas. Je ne me sens pas tolérante vis-à-vis des croyances et du respect des dogmes des autres, c’est juste que dans les faits, je m’en fous de qui fait quoi. A partir du moment que la personne ne me force pas à faire comme elle, qu’est-ce que ça peut me faire, franchement ? Si j’ai fait une journée de ramadan cette année, ça n’a pas été à la demande de Iasmina qui était ravie de m’accueillir chez elle pour rompre le jeûne même si je n’avais pas joué le jeu, c’est moi qui me le suis imposé. Que Iasmina ait fait le ramadan, que deux de mes collègues aient fait le Yom Kippour, franchement, pourquoi j’irais les emmerder sur ce point ? Ca me dépasse, en fait. Je comprends qu’on puisse trouver certaines dogmes dépassés mais si les autres le respectent, en quoi c’est mon problème, franchement ? Evidemment que les dérives obscurantistes sont à bannir. Evidemment que le pape qui dit que la capote encourage la propagation du SIDA, ça me fait hurler. Mais franchement, la plupart des croyants ne sont pas des extrémistes fous furieux. Qu’y suis-je pour expliquer à quelqu’un que sa religion, ce n’est que de la connerie ? Bien qu’il faille distinguer dogme et croyance, attaquer les convictions de quelqu’un, c’est quand même couillu et plutôt agressif comme attitude. Je ne crois pas, ok. Je peux expliquer pourquoi je n’arrive pas à croire avec mes petites théories scientifiques (surtout moi qui suis littéraire) mais je ne peux pas convaincre un croyant que ses convictions ne sont que pures conneries (à moins que cette personne n’ait aucune personnalité, bien sûr). De la même façon, je ne supporterais pas qu’un mec vienne m’évangéliser, je ne vois pas ce qui m’autorise à en faire autant.

Bref, quelque part, le militantisme athée à mauvais escient me paraît une belle perte d’énergie. Qu’on se batte pour le respect de la laïcité de l’Etat, ça, je comprends tout à fait et je l’encourage,  même, mais qu’on aille emmerder les individus pour… pour quoi d’ailleurs ? Ca fait un peu provoc à deux balles d’un mec qui ne sait pas quoi faire pour exister. Je crois sincèrement que chacun fait ce qu’il veut chez lui, ça ne me concerne pas. Et ça ferait de moi quelqu’un d’ultra tolérant ? Quelle blague !


Bon, sinon, changement brutal de sujet pour finir par 2 brèves infoservice :

– Les filles qui veulent tenter de partir à Marseille avec moi et d’autres blogueuses, vous avez
jusqu’à demain pour envoyer votre article à Vicky de Buzz Paradise, ne ratez pas le coche

– Mais surtout, la bonne nouvelle du jour : on a atteint les 45 000 commentaires ! J’avais promis une bouteille de rhum agricole made in Martinique au gagnant, mais quel est-il ? La réponse en image :




Hé oui, F est l’heureux gagnant ! Ca me fait plaisir que ce soit un lecteur fidèle du blog. Envoie-moi un mail pour voir comment on se débrouille pour la bouteille.

Lucas et la Malédiction des Amis en Couple.

Par Lucas

On va l’appeler Alain. Je dirais 65 ans, voire un peu plus. En retraite depuis 6 mois. Un ami de mon père, ils se sont connus au golf. Il a bossé toute sa vie comme attaché commercial dans une ambassade d’un grand pays à Paris. Un soir, il y a 20 ans mes parents l’ont invité à dîner.

Avec deux couples d’amis et…  une nana célibataire.

Juste avant le dîner, il a pris mon père entre 4 z’yeux et il lui a dit « Lionel, arrête de me prendre pour un con. Tu ne me refais plus jamais ça, compris ? »

N’empêche qu’il a 65 ans et qu’il est célibataire.
Voila, voila.
Moi j’dis ça j’dis rien.
Pof,pof.



Je n’ai pas la hantise de finir comme Alain.
Je n’ai pas de craintes.
Pas d’angoisses.
Et je ne dis pas ça pour essayer de me convaincre : j’y crois vraiment.
Mais pourquoi est-ce que vous souriez comme ça ?

Bon, certes, avec mon accident, mes relations sociales sont limitées. Et ya pas de nouvelles têtes dans mon groupe d’amis. Alors pour trouver une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile. 
Bon d’accord… Ya bien la demoiselle avec qui je bosse mes problèmes de mémoire. Tout en elle est « aimable ». Mais depuis mon séjour à Garches, j’ai une règle :
on-ne-drague-pas-ses-
thérapeutes. D’un autre coté, je la vois toutes les semaines et vu que je lui apporte des cannelés tous les 15 jours elle doit bien se douter de quelque chose… Bref, je m’écarte du sujet, excusez moi.

Samedi dernier, je suis allé passer une soirée avec des amis. Petit squat de canapés avec quiches, vino rosso et tutti quanti.
8 couples et moi.
Avec les p’tites remarques entre deux zamoureux, voire plus implicite les regards, les sourires entre eux…
Connivence. Complicité. Que l’on capte, involontairement. Impudemment. Notez qu’ils sont tous de vieux vingtenaires, en moyenne 28 ans.
Et là j’avoue, on se sent à l’ouest.
De l’Eden ?
Je vous entends déjà hurler : « Ouhai mais t’as qu’à te bouger les fesses aussi ! »
Bah oui, je ne demande que ça !

Il y a deux ans, j’ai créé mon bachelor, Singulier Pluriel,
10 nanas se sont battues pendant un mois et demi, une épreuve par semaine. Rien de bien concluant… Faut dire qu’à l’époque je tentais de renouer avec mon intellect… Gniiiiiii. Elles étaient méritantes les donzelles ! Quand je vois les progrès que j’ai fait en deux ans… Qu’elles soient ici remerciées…
J’ai essayé PCC et ce n’était pas si mal sauf le coté insidieux derrière les bafouilles de certains. Bilan ; une nana rencontrée 11 mois après l’accident et qui m’a, bien sûr, largué au bout d’une semaine tellement j’étais à des annééééééées lumière de mon état intellectuel normal (salooooooooope). Une autre pas folichone, une dernière insipide. Allez, on arrête les frais.
J’ai essayé AdopteUnMec. Gratuitement. Deux rendez-vous, une aventure, rien de grandiose. Et un p’tit peu ras le bol que le site me prenne pour un con.
J’ai essayé Attractive World en voyant une pub sur Facebook (gratuité jusqu’à la mi-aout)  J’ai réussi à être pris alors que je n’avais même pas tilté qu’il fallait donner une image glamour et qu’on était sélectionné par les nanas en place. Ça m’a fait mourir de rire de voir ça après avoir été choisi ! Style le concept de « rencontres de qualité », genre on  sélectionne nos membres alors que tout le monde se fait adouber pour peu qu’il ait eu l’intelligence de donner une apparence un peu glamour. Autant vous prévenir les mecs :  Aum ou AW les filles sont ternes et insipides. Qui est ce qui a dit « Lucas il fait des généralités parce qu’il est aigriiii« . Oui, c’est vrai : et alors ???
Bon je vous finis mon tour des sites de rencontres. Finalement, je me suis tâté pour Meetic Affinity …
Et là ma fierté a repris le contrôle…
Arf.
Mais pourquoi donc se demande le lecteur curieux ?
Je serai bien tenté de vous mettre un « réponse au prochain épisode » mais là je vais vraiment me faire lapider.

Disons que j’en ai ras le bol des sites. Ras le bol de ce coté pernicieux
Never more.
Du coup, quess qu’il me reste ?
« Bah à sortir dans la Vraie Vie, Lucas ! »
Merci bien, je n’y avais pas pensé du tout !
A ce propos, j’ai l’impression que le site « On Va Sortir » est un p’tit peu une caverne de dragueurs. Quand on voit la défiance des nanas que j’ai pu croiser lors de soirées jazz diverses…
Alors que je n’y allais pas dans une logique de drague bestiale… Sans déconner !

So… what ???

Bah alors je me dis que je pourrais me prendre par la main, aller dans un bar et accoster tout ce qui bouge avec mon label Dragueur de Fonds Désespéré. Ouhai, je pourrais mais c’est con : j’ai encore un peu de vanité. Et puis un bar, c’est pas la panacée pour trouver une nana (parce qu’en plus je suis exigeant). Et puis je pourrais aussi refuser cette pression sociale implicite qui veut qu’on soit en couple et adouber le regard fataliste de certains « l’amour te tombera dessus au moment où tu t’y attendras le moins« . Mouhai. La fatalité a bon dos…
Résultat : je crois que je vais prendre la série de Nina « Ou trouver l’homme » et la transposer en « Où trouver la femme ».  Sauf que là où c’était une fiction avec Nina, moi je vais vous faire du IRL de folaille. Si vous avez des endroits à me conseiller à Paname ou sur la ligne A, je vous pose la question :  Où sont les feaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaammes !!??

Les délices de la régression

Comme vous l’avez sans doute remarqué, en ce moment, je suis pas trop à la fête au boulot. Faut dire que ma lose habituelle semble pleinement s’épanouir depuis que j’ai ce poste, on a les pire problèmes techniques. Genre une fois on a eu un méga bug, l’hébergeur technique nous a expliqué qu’il y avait une chance sur un million que ça arrive. N’empêche qu’on aurait pu finir par mettre la clé sous la porte avec ces conneries, c’était quand même bien la merde.



Bref, je vis avec la loi de Murphy comme compagne. Curieusement, je finis par m’y habituer. En fait, avec ce nouveau boulot, je me découvre des trésors de patience totalement insoupçonnés. Bon je ne dis pas que, des fois, j’engueule pas copieusement mon pc, seul truc sur lequel je peux verbalement me défouler. Mais d’autres fois, je me contente de pincer le haut de mon nez, de souffler très fort et de me lever avec grâce en proposant à Isadora « On va fumer une clope, là ? ». Ou je vais faire pipi. Bref, je sors trente seconde de mon environnement, ça va de suite mieux. De toute façon, que ce soit un client ou un truc informatique qui me cherche (je rappelle que j’ai quand même cassé mon disque dur fin juillet), à part crier dans le vide, y a pas grand-chose à dire. Oui, la vie n’est pas la même quand on est du côté prestataire, aussi.


Vendredi, j’étais donc au bord de je ne sais trop quoi, mélange d’épuisement, vague envie de pleurer, marre d’entendre mon nom prononcé toutes les 30 secondes car y a un problème sur ça, puis ça, puis ça et tiens, là aussi… Je fais face, je reste forte même si mon collègue commence à me dire de faire attention à moi, de me protéger. Pas de souci, je m’accroche à l’idée que ce week-end, je vais dormir, glander, avoir la paix. Et tant que j’y suis, je vais faire dans le régressif. J’aime le régressif, ça me rappelle une époque pas si lointaine où j’avais ma maman pour me bichonner le week-end ou quand j’ étais malade. Alors, direction Monoprix et on y va : un paquet de coquillettes et du Kiri. Oui, le truc qu’on mangeait petits. Enfin, moi, j’ai découvert les kiri, j’avais 16 ans car ma maman trouvait ça dégueulasse. Je suis plus de  la secte Babybel, moi à la base (je les aime toujours mais juste très frais. Tièdes et mous, je les déteste). Mais là, j’avais une irrépressible envie de coquillettes au kiri parce que j’ai l’impression d’avoir 8 ans quand j’en mange et y a des jours, je me dis qu’avoir 8 ans, c’est quand même super bien. Parce qu’une fois les devoirs faits (je les faisais toujours le dimanche), quel pied ! Je pouvais aller jouer au tennis contre le mur de l’immeuble ou au volley, aller jouer avec les voisines et faire des potions magiques ou jouer avec mes playmobils dans ma chambre. Oui, tu vois, quand on était petites, avec les voisines, on aimait bien faire des potions, ça consistait à prendre de l’eau et à y faire infuser de l’herbe, des feuilles, plein de trucs qui traînaient par terre ou dans les arbres. On trouvait ça trop bien. Je te dis pas toutes les saloperies qu’on a dû avaler…


Bref, ce week-end, j’ai régressé. J’ai dû dormir 24h tout cumulé, j’ai mangé des coquillettes au kiri, j’ai délicieusement glandé, regardé la télé (et dormi devant). J’ai lu que des magazines, Nabokov attendra la semaine. D’ailleurs, à propos de Nabokov, je suis en train de lire Ada et je me pose une question. Le style Nabokovien est-il bien plus lourd dans ce roman ou est-ce le traducteur qui n’est pas bon ? Parce qu’il me tombe un peu des mains, Ada. Mais je viens de commencer, voyons un peu ce que donnera la suite. Enfin, si j’en crois Wikipedia, c’est bien Nabokov qui s’est un peu trop stylistiquement éclaté pour le coup. Mais Wikipédia n’est pas forcément source de vérité absolue.


Tout ça pour dire que j’aime mes petites régressions du week-end, je me suis même fait un grog samedi soir pour faire comme si j’étais à la maison et que ma maman me bichonnait. Et du coup, je repars reposée (tu m’étonnes, avec tout ce que j’ai dormi) et plus battante que jamais… Et ce au moins jusqu’à mercredi !