Liste de la fille qui va voir les gondoles à Venise

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! Pardon, je suis un peu hystérique.

– Des fois tu vas en soirée et y a une fille tellement bourrée qu’elle vomit sur un violon. Bon, ok, sur la housse du dit violon mais j’ai un peu envie d’en faire une expression du genre “t’es saoule à en vomir sur un violon”, le truc qui ne veut rien dire et qui ne fera rire que moi. Mais j’aime m’auto private joker.

– Moment surréaliste : lundi dernier, retour de la chorale en voiture avec ma soeur. Comme on n’était pas super satisfaites du cours, nous avons décidé de chanter toutes les deux dans la voiture. C’est pratique en plus, on n’est pas dans le même groupe (elle est soprano, je suis mezzo) donc on le fait à deux voix. A un moment, on s’arrête à un feu, on est à fond les ballons quand on voit que le scootman à côté de nous est mort de rire. Et qu’en fait, le scootman, c’est Stéphane Plaza. Et qu’il y a vraiment beaucoup trop de feux rouges sur cette avenue et qu’on n’ose plus le regarder… Mais comment voulez-vous que je fasse pas des rêves hyper surréalistes quand tu fais marrer en vrai Stéphane Plaza en chantant en voiture avec ta soeur, hein ? Hein ?

– Plus il fait froid, plus je sacrifie mon sex-appeal sur l’autel du gilet qui me recouvre de la tête aux pieds, des grosses chaussettes, des pantoufles uggs. Pantoufles que j’aime porter avec un mini short en jean et t-shirt lose, je me sens totalement Kate Moss (dans le look et je ne mets cette tenue que pour faire le ménage). Je pense qu’il va être temps de décréter une période d’abstinence choisie. Même si la piscine m’impose de quand même m’épiler…


– La motivation est une donnée relative. Mardi dernier, je prends mes affaires de plongée mais fait froid, je suis pas trop motivée. Anaïs tire la première : je viens pas ce soir, trop fatiguée. Suivie d’Anna qui est enrhumée. Isa rousse et moi, on sent que ça va être compliqué… Et voilà comment on s’est retrouvées dans un bar où personne ne parlait français à rigoler en buvant des cocktails trop bons. Mais j’ai acheté une combi depuis pour aller à la piscine sans mourir de froid.

– Cette semaine, je suis pas sortie du tout. Pas chorale lundi pour cause de vacances scolaires, pas de piscine mardi pour cause de chauffage en panne. Mercredi, rien. Jeudi, on devait se faire un afterwork avec la même fine équipe que le paragraphe précédent. 15h40, personne n’en a parlé. Je suppose donc que personne n’avait envie de sortir. Du coup, j’ai bien récupéré, ça fait du bien !

– Le truc le plus cool du monde en hiver, c’est que tu peux siroter des grogs. Avec un sans alcool, du moment que c’est chaud et que ça coule dans mon corps. Mmmm… Cette phrase me paraît légèrement tendancieuse.

– Y a des jours où ta boîte mail te réserve des petites surprises. Mercredi, j’arrive, je fais mon tri matinal de mails. La RH nous invite à nous déguiser vendredi pour Halloween, hihihi (mais attention si on a des rendez-vous client quand même). Heu… Pour de vrai ? Bah résultat, dans mon pôle, personne ne s’est déguisé et on a zappé le goûter qui se tenait dans le bureau de l’un des DG mais mon manager nous a gentiment ramené quelques trucs. Autre mail le même matin : “Oui alors pardon pour le spam mais celui qui a pris mon combiné de téléphone pour me filer le sien tout pourri et tout emmêlé, c’est nul, rends moi mon combiné!”. Ca vaut pas celui sur la propreté des chiottes (mérité) mais belle moisson.

– Au bureau, j’ai lancé un jeu : quel pc claquera en premier ? En lice : celui de Lise, la consultante avec qui je bosse sur tous mes dossiers, celui d’Adrien qui s’éteint des fois tout seule. Mais voilà qu’un outsider nous a tous grillé ! Jeudi, Arthur tourne son pc vers moi et me demande de regarder. Oui, c’est très joli l’image que tu me montres mais je vois pas trop où tu veux en venir… Ah tu me montres le fait que soudain, des centaines de fichiers excel, ppt, jpeg avec du chinois partout s’est ouvert sur ton pc ? Ouais, ok, tu gagnes mec. Depuis, il bosse sur le poste de Maureen (stagiaire partie), le pc qui s’éteint si tu le fais bouger. Arthur vainqueur par double KO.

– Bon, voilà, j’ai fini ma rééducation… Maintenant, va falloir que je retourne au sport sérieusement, je me laisse un peu vivre ces derniers temps…

Bref, après un petit coup de mou, ça va mieux. Et surtout : hiiiiiiiiiiiiiii Venise !!!

J’ai testé pour vous un job qui recrute

Sous titre : putain de branleurs de chômeurs.


Lundi soir, j’ai fait un truc un peu inhabituel : je suis rentrée chez moi suffisamment tôt pour découvrir quelques émissions capsules, vous savez, ces mini programmes de 5 mn qui ne servent qu’à rebalancer de la pub derrière. J’ai donc découvert à ma très grande surprise une émission « j’ai testé pour vous un job qui recrute », un pseudo reportage réalisé en partenariat avec le Pôle emploi où les « stars » de M6 testent donc des jobs qui recrutent.

Lundi soir, Laurence .. a testé pour nous le travail de serveuse. Je n’ai juste pas la moindre idée de qui est cette demoiselle mais pendant 5 minutes, on la voit à la caisse, vêtue d’un uniforme très propret,un peu en cuisine et un peu en salle mais surtout, Laurence, elle ne fait qu’à papoter en souriant au gérant du restaurant, paie ta serveuse, quoi. Et à la fin, elle fait « ouah trop cool comme métier et en plus, je peux goûter les desserts » tandis qu’un bandeau nous annonce que c’est super bien payé vu qu’on gagne le SMIC+ les pourboires ! Waouh, tant d’argent pour flirter avec le boss et manger les desserts, quel beau métier.


Je passerai sur le fait que le reportage a été fait dans un resto cosy et pas dans une brasserie déprimante au carrelage fissuré, aux fenêtres mal colmatées et à la cuisine tellement crasseuse que même les rats ne veulent plus y aller. Je n’ai pas vu d’autres épisodes mais je suppose que c’est tout à l’avenant. Curieusement, y a pas employé de fast food, ça embauche pourtant, si j’en crois les pubs McDo. Bref, au pays des bisounours, tous les métiers sont super chouettes et c’est pas grave si t’es pas bien payé, tu mangeras du dessert gratos, youhou !


Alors évidemment, il n’y a pas de sot métier, je ne méprise pas les serveurs, serveuses. Ce qui me titille dans cette émission, c’est la sensation que si tu trouves pas de boulot, tout est de ta faute car tu ne fais pas l’effort. Ca me rappelle un peu les heures sombres de mon chômage, quand un salarié bien pensant venait te crucifier d’un « si tu bosses pas, c’est que tu veux pas ». Ben ouais, des serveurs, caissiers et autres hôtes d’accueil, sans parler des fameux téléprospecteurs, tout le monde en cherche, d’où tu restes chez toi ? Oui tu as un bac +5 dans une discipline donnée mais, mec, du boulot, là, y en a pas alors arrête de faire ta pleureuse, oublie ta vocation, tes connaissances, ton désir de faire ce métier là et devient serveur ou hôte d’accueil ou déménageur. c’est là que ça embauche ! Puis c’est « en attendant ». Et c’est là tout le vice du truc. D’une part, qui peut sérieusement chercher du travail en bossant 8h/jour dans des boulots somme toutes fatigants ? Oui certains le font car faut bien manger et payer son loyer mais mine de rien, la recherche d’emploi en prend un sacré coup. D’autre part, si les bac++ postulent à des postes ne nécessitant pas ce niveau d’étude, que font ceux qui se sont arrêtés après le bac ? J’avais déjà parlé de mon ex qui, du haut de son bac+4, avait réclamé n’importe quel job et on lui avait répondu sans rire qu’il était trop diplômé pour passer le balai. C’est vrai mais ce sont des jobs qui recrutent, huhu. Et je ne commenterai pas le fait que, perso, serveuse, je veux bien mais je suis plutôt du genre maladroite donc je vous dis pas le nombre d’assiettes qui pourraient trépasser entre mes mains. Et pour terminer, les quelques métiers que j’ai vus sur la page web du site me paraissent être le royaume de l’interim et des contrats saisonniers. Mais pas de panique, la précarité, c’est cool !


Bref, vous l’aurez compris, cette petite émission capsule m’a ulcérée, ça se sent à travers ma plume. Parce qu’en France, aujourd’hui, les seuls métiers qui recrutent te paient au SMIC. Que parce qu’on ne te propose que des jobs à la précarité certaine, loin de nos rêves de carrière de départ. Parce qu’on fait genre qu’il n’y a pas de crise de l’emploi et que si t’as pas de boulot, c’est au fond un peu de ta faute. Et surtout parce que je vois des Guignols payés en un mois ce que je gagne en un an tester un métier pendant deux heures de leur vie et nous expliquer sans sourciller que, waouh, c’est génial ! Que je pense à la fille qui est serveuse de façon permanente qui oublie que ouah, super, elle va voir plein de gens aujourd’hui et qu’elle pourra même taper dans les desserts, le tout pour un smic+pourboires ! Elle est pas belle la vie ?

Mademoiselle princesse

Par Pink Lady


Ah,les magazines féminins, ils ne cessent de m’épater. Parfois, j’ai un espoir, un espoir fol, celui de vor un engagement, un réel engagement pour la cause des femmes et pas de belles intentions « ohlala, être une femme, c’est pas facile facile ». Cette semaine, le poing fut relevé par Alix Girod de l’Ain, fameuse Dr Aga pour ceux qui lisent Elle. Aga a décidé de s’exprimer sur le débat sur le « mademoiselle ».


Petit point avant de continuer sur cette histoire d’Aga. Osez le féminisme et les chiennes de garde ont décidé de lancer un débat sur la suppression de la case « mademoiselle » dans les formulaires puisqu’il paraît étonnant qu’une femme doivent, dès l’énoncé de son nom, préciser si elle est mariée ou célibataire, contrairement aux hommes qui sont monsieur de la naissance à la mort. Il ne s’agit pas de supprimer le mademoiselle de notre vocabulaire, je ne crois pas que la disparition d’une case sur un formulaire empêchent qu’on vous adresse un mademoiselle censé être flatteur. On parle d’une case, une foutue case en moins à cocher. Une case qui ne nous rendra pas nos années passées et qui n’émoustillera pas le mec qui traite les données en face car, grande révélation, une demoiselle peut être indésirable ou frigide et une dame absolument pas monogame. Cocher la case madame ne fera pas pousser les pattes d’oie. J’en veux pour preuve que, parfois, j’omets d’utiliser la liste déroulante des sites pour indiquer que je suis une mademoiselle et je me retrouve en monsieur. Et bien incroyable, aucune paire de couilles n’est apparue entre mes cuisses…


Bref, le débat est lancé et notre amie Alix décide de donner son avis. Avis méchamment à côté de la plaque. Alix, elle veut le garder le mademoiselle parce que si elle se laisse appeler comme ça par son maraîcher de la rue Cadet, elle a droit à un bouquet de basilic gratuit, hihi. Alors que celui des grands boulevard est un bâtard qui l’appelle madame et lui rend sa monnaie en pièce de 1 ct, manifestement. Pour Aga, lutter contre le mademoiselle, c’est lutter contre un ressort essentiel de la séduction. Ben oui, nous, frêles femmes, nous gloussons de plaisir dès qu’un homme nous appelle mademoiselle car ça veut dire que nous sommes jeunes. D’ailleurs, Aga-ga nous cite des exemples particulièrement percutants pour prouver que le mademoiselle, c’est djeunz : Isabelle Adjani, Catherine Deneuve…et Jeanne Moreau. Oui, là, je suis crucifiée par la pertinence des arguments.


Mais comme si ce long plaidoyer pour la drague de supermarché ne suffisait pas (bien que je comprenne que notre amie Aga puisse être sensible au doux chuchotement d’un « hé mad’moizel’, zetes trop bonnes! », chacun son truc), la fin de l’article vire au pur delirium tremens, je ne vois pas d’autres explications. A moins que ce ne soit une crise de la pré ménopause, Wikipedia me dit que la dame.. .heu la demoiselle, pardon, a 46 ans. On peut réagir de deux façons face à cet événement. Soit on réagit comme l’autre plume du Elle, Sophie Fontanel dite Fonelle et on abandonne le côté lol de son personnage pour gagner en profondeur… Soit on fait une crise d’adolescence. Et Aga-ga, elle, elle est en plein dedans, genre, j’ai 15 ans et demi. Elle a voulu alléger le débat, c’est gagné, elle l’a rendu anorexique. Voyez plutôt : non seulement, Aga-ga s’accroche à son mademoiselle comme une vieille dame à son anti-rides en espérant perdre 10 ans à chaque application mais en plus, elle suggère de rajouter une case « pcsse ». Pas comme pacsée, non, comme princesse… Oui, Alix, 46 ans au compteur, veut qu’on l’appelle princesse parce que toutes les filles sont des princesses. Hihihi, huhuhu, lol.

Le saviez-vous ? Elle (le magazine pas elle, Aga) se prétend féministe. Dans les années 60,peut-être. Désormais, Elle n’est plus le magazine des femmes mais des princesses… Wesh wesh couzine ! Sinon, j’avais évoqué un débat mais face à un tel vide argumentatif, je reste sans voix.

Allez la bise !

Mademoiselle princesse Pink Lady (duchesse à ses heures aussi)

PS : L’article est là

This is a bad, bad timing

Faut que j’arrête les titres pourris, je suis sûre que ça nuit à mon karma.

L’amour, aaaaah, l’amour, que ne lit-on pas sur lui. L’amour, voyez-vous, c’est une question de feeling. Un jour, vous êtes là, sereins, et il vient vous percuter, tel une révélation divine que vous n’attendiez pas ou plus. Braoum l’amour, c’est comme l’éclair, tu sais pas où ça va tomber, c’est pas pour rien qu’on parle de coup de foudre. Et ben pardon mais tout ça, ce sont des conneries.


Perso, je ne crois pas au coup de foudre mais passons, c’est pas le sujet de l’article. Non, moi, je veux parler de timing. Parce que oui, l’amour est une question de timing selon moi et autant vous dire que j’ai la palme de la lose en la matière.


Déjà je souhaite atomiser le concept d’âme soeur. Âme soeur au singulier, je crois plutôt à des âmes soeurs. Et je ne crois pas que l’âme soeur corresponde uniquement au domaine amoureux, on peut aussi parler d’âme soeur en terme d’amitié ou de création artistique, par exemple. Deux individus complémentaires qui se rencontrent et partagent une affinité particulière. En terme d’amour, je pense donc qu’il n’y a pas qu’une seule personne qui puisse me correspondre à la perfection mais une multitude. Déjà je ne pense pas que mon âme soeur d’il y a dix ans soit la même qu’aujourd’hui car j’ai changé et pas dit que mon âme soeur ait suivi le même chemin. Puis pardon mais sur 7 milliards d’individus, ça vous déprime pas de penser qu’il y en a qu’une pour vous ? Et si on passe à côté, on sera passés à côté de sa vie privée ? Youhou, il est où le pont le plus proche que j’aille direct m’y jeter ? Bref, le concept d’âme soeur au singulier pue, fin de la démonstration.


Donc il y a plusieurs personnes qui nous correspondent et même que certaines sont célibataires. Mais ça ne veut pas forcement dire qu’elles sont disponibles. En gros, si t’as pas le timing, t’es mort et moi, je l’avoue, je l’ai jamais. Par exemple, j’ai rencontré un gars fort chouette avec moult qualités tant physiques que morales, une personnalité un peu originale… Bref, ça aurait pu être le coup de foudre mais j’ai vite freiné des 4 fers car je ne peux ignorer l’énorme obstacle dans cette relation : SON EX. En majuscule, oui. Parce qu’en gros, ils ont passé 5 ans ensemble, ont acheté un appart ensemble et après la rupture, ont tenté une colocation. Or vu toutes les affaires de la jeune fille qui traîne dans l’appart, tu sens la rupture plus que fraîche. Ça plus d’autres histoires assez difficiles qui font passer ma propre année 2011 pour une petite promenade de santé. Donc autant dire que je n’ai pas de place dans sa vie (et son global manque de réactivité à mes invitations me le confirment).


Et parlons de cette sublime âme soeur que l’on croise un beau matin d’été (ou un pluvieux matin froid d’automne), c’est lui ou elle, c’est toi, c’est nous, love at the first sight comme on dit sauf que, voilà, l’amour, il te frappe toi mais trop pas de chance, il l’a frappé(e) la semaine dernière avec une autre âme soeur. Donc il est en pleine lune de miel métaphorique et même si vous êtes faits l’un pour l’autre, là, de suite, il/elle est fait pour quelqu’un d’autre. Alors, oui, on peut mettre son mal en patience mais rien ne dit qu’il/elle reviendra sur le marché des célibataires. Lose ultime.


Mais de l’autre côté, un homme pourrait-il en avoir une dans la mienne actuellement ? Si on considère que le lundi, c’est chorale, mardi plongée, jeudi sport avec les coupines, re plongée le vendredi même si j’arrive pas à me motiver (c’est plus loin et l’eau est froide). Le week-end, je ménage du temps pour mes cercles d’amis hors plongée, je dois faire le ménage, avancer dans mon tricot… Et encore, j’ai plus de contrats annexes. Ajouté à ça la folie furieuse qu’est mon boulot actuellement (tête dans le guidon jusqu’en 2012), je le mets où le mec de l’histoire ? Non, pas là… (enfin, je dis pas non de façon absolue hein mais c’est pas le sujet !). Oui je chouine sur le timing mais je l’ai pas non plus. De toute façon, 2011 m’a épuisée, je vais finir l’année tout doux et on reprendra un rythme plus serein en 2012.

Tout ça pour dire qu’avoir le feeling, c’est bien mais si t’as pas le timing, tu pourras rien faire. Et là, tu pourras soupirer comme moi et dire que, de toute façon, la vie est une pute.

J’ai le sourcil unfashion

Par Pink Lady


Mes magazines féminins, ils te sortent de ces trucs des fois, tu relis 4 fois pour être sûr que t’as tout bien lu comme il faut. Par exemple l’autre jour je glandais, je bossais dur sur Facebook quand je vois passer un titre : Selena Gomez et son gros sourcil très fashion. Oh mon dieu, mes sourcils sont naturellement fins, je suis une damnée de la mode.


Du coup, je guette la prochaine tendance : le nez tordu ? Les dents du bonheur à la Vanessa Paradis ? Un duvet labial ? Des veines apparentes ? Un bec de lièvre ? Là, j’ai comme la sensation de franchir un nouveau cap dans la connerie fashion. Qu’on nous culpabilise sur nos gros culs, qu’on nous présente des gamines de 14 ans prépuberes comme quintessence de la féminité, on est habituées et on finit par hausser les épaules devant ses maigrelettes de 3m60 en s’avalant un McDo sans culpabiliser. Mais si on peut plus ou moins gérer notre poids, en perdre ou en gagner selon les cas (même si ok, en vrai, c’est pas si simple mais on n’est pas sur un blog médical ou nutritionniste alors on va dire que potentiellement,on peut tous perdre ou prendre du poids si on le désire en suivant un régime adéquat. Et pas Dukan !), je vois pas bien ce qu’on est censé faire si la mode nous impose un prérequis biologique. Non parce que déjà, moi , je fais pas 1m75 mais en plus, j’ai l’incroyable audace de ne pas avoir une pilosité fournie. Ce qui m’élimine d’office de cette nouvelle tendance. A moins qu’ils ne nous sortent des postiches de sourcils.


Et après ? Si la mode est aux peaux noires, je me roule dans la suie tous les matins ? Si on en vient à s’extasier sur les nez « de caractère », je me le fracasse exprès ? J’ai tellement hâte de lire des articles m’expliquant comment me redesigner l’arrête nasale ! Par contre, j’espère que la mode du nez droit ne reviendra pas trop vite, le temps que je puisse dégonfler et économiser pour me payer une rhinoplastie.


Bien entendu, les femmes ne sont pas stupides (certaines si mais on les enferme régulièrement dans de fausses maisons avec des caméras partout) et ne vont pas s’arracher les cheveux car elles n’ont pas le sourcil fourni. D’autant que la mode n’est jamais branchée calvitie… Mais le fait qu’à un moment, une personne ait tapé sur un clavier une histoire de sourcil à la mode, je suis dépassée, littéralement. Comment, à un moment, quelqu’ un a pu se dire que le sourcil pouvait être fashion ou ringard ? J’ai bien pensé à un coup de Lourdes Ciccone (fille de Madonna pour ceux qui n’ont pas leur carte Gold du select club des abonnés de Voici) mais aux dernières nouvelles, elle a réglé son problème de sourcil. So what ? Pourquoi, oh oui, pourquoi on va nous inventer des complexes en plus ? Mon sourcil, il va pas, mon nez non plus et je te parle même pas de mes aisselles qui se doivent d’etre belles (par contre la pilosité, je suis pas au faits, pardon).


Bon, les hommes, rassurez-moi : vous aussi, on vous impose des particularités physiques pour être fashion ?

Liste de la fille un peu sous l’eau

Tellement de choses à faire, tellement pas de temps, youhou…

– “Tu fais quoi ? 1m65 ?”. Jeune homme, soit tu surestimes totalement ta propre taille et donc la mienne, soit tu cherches à me flatter. Je fais quasi 10 cm de moins… (mais c’était mignon).


– Cours d’anglais vendredi (oui, j’ai des cours d’anglais payés par ma boîte, c’est un peu cool quand même), je suis avec Salima et on doit s’interviewer (en anglais donc), elle me demande mon âge, je réponds “thirty-one” (je suis fluent in english, t’as vu ?). Là, le prof me reprends : “thirty-one ? Trente-et-un ?” Et ouais, mec, c’est unbelievable mais je n’ai plus 25 ans (ni 21)

– Ma vie, c’est un peu Hélène et les garçons quand même. Genre jeudi dernier, on est joyeusement allées au sport avec Anaïs et Isa Brune et nous voilà à papoter sur le vélo elliptique puis au rameur. En fait, la seule différence c’est que nous, on faisait vraiment du sport au lieu de rester assises sur les appareils en soupirant sur le fait que José avait encore trompé Béné.

– Jeudi soir, suite. Avec Anaïs, on rejoint un de ses potes, Flavien. Après une piña Colada méritée (et ok, à jeun), je m’enflamme un peu dans mon discours quand je me suis fait crucifiée par un “t’as vraiment un vocabulaire de femme castratrice”. Heuuuuu ? Enfin vu le nombre de fois où il m’a touché le bras suite à ça, c’est un bon plan, la femme castratrice.

– Y a des moments où tu sens chaque seconde s’écouler douloureusement. Lundi dernier, je suis convoquée à 18h pour une soirée avec un client. Je m’exécute et quand j’arrive… “ah ben tout est prêt en fait”. Du coup, de 18 à 19h30, je suis restée dans un coin sans que personne ne vienne me parler et j’avais un peu décidé d’arrêter de fumer donc je pouvais pas m’occuper avec une ou deux clopes… Et aller faire pipi ne prend pas plus de 5 mn, lavage de main compris. Je remercie mon smartphone d’avoir capté…


– Jeudi soir, drame dans le métro. Je filais retrouver le club des 5 devenu clan des 7 avec de légers changements dans le casting (une en moins, trois en plus). Je m’apprête à prendre la ligne 14 quand j’entends le bip me signalant le départ donc je me précipite pour entrer dans la rame mais la fille devant moi stoppe pile devant la porte et je me retrouve coincée entre les deux portes. Petit à petit, j’arrive à me dégager de la porte (qui est quand même assez violente) sauf ma cheville droite et me voilà par terre, la cheville droite bloquée dans la porte. Bilan : un peu mal à la cheville, un peu mal au genou, beaucoup mal à l’ego. Nouvelle résolution de vie : arrêter d’avoir des histoires où je finis à terre. Littéralement, je veux dire.

– Je suis débordée au boulot en ce moment, c’est parfois un peu déséspérant. Parce que c’est forcément quand t’as what millions de trucs à faire que tu as des pépins en plus à régler genre “mais pourquoi elle marche pas l’appli Facebook ?”. Oui, hein, pourquoi ?


– Le micro-short, c’est super pour les soirées mais j’ai un peu plus de mal à l’assumer au boulot, quand même (enfin, ça va, hein, il descend à mi cuisses).

– Y a des fois dans la vie, tu te retrouves à tricoter des chaussons pour bébés devant Dexter, en toute décontraction. Au passage, la VF me fait peur mais pas dans le bon sens du terme.



– Tiens, 4e petit(e) cousin(e) en approche (enfin, j’en ai déjà 5, y en a 4 en plus qui arrivent en peu de temps dont le premier côté Bartoldi).

– La semaine dernière, on nous a proposé une formation photocopieuse. Ca m’a laissé sans voix. Non, en vrai, ça m’a fait rire parce qu’une photocopieuse, à part imprimer, photocopier et scanner, je vois pas trop quoi en faire.

– Depuis quelques temps, j’ai les cervicales en vrac. Osthéo, prépare-toi, j’arrive (quand j’aurai des sous).

Ce qui devrait être, ce qui est

Dans ma vie, j’ai un but, un but ultime : régler mon problème du matin. C’est à dire arrêter de ne pas me lever comme il faudrait, arriver au boulot tôt, être pimpante dès l’aube voire même avant (en hiver, à l’aube, je suis déjà levée). Mais force est de constater que j’échoue, inlassablement, tous les matins. Pour lutter contre le snoozing maudit, j’ai tenté une nouvelle technique : mettre direct le réveil à mon heure de lever. Résultat : me suis levée hyper en retard.

Alors forcément, sur le coup, ça m’a pas mis de très très bonne humeur, surtout que je devais me laver les cheveux donc la course dès le réveil, ça me fatigue. Déjà que je traîne une vieille fatigue due à une vie sociale intense (trop)… Bref, alors que je cheminais, cheveux encore mouillés, vers mon boulot, je soupirais intérieurement : bordeyl, je vais jamais arriver à me lever tôt pour faire des trucs. Bon ceci étant, ce n’est pas une surprise. Et là, je réalise que j’ai un énorme problème dans ma vie : je ne vois que mes défauts (ou ce que j’interprète comme tel) et pas mes qualités. En gros, j’essaie d’être ce qui me paraît être le mieux au lieu de travailler sur ce que je suis et mes forces déjà présentes.



Reprenons cette histoire de sommeil. J’avais dit “idéalement, je dois me coucher à 0h30 et me lever à 7h30, ouais !!”. Sauf que dans les faits, ma vie ressemble à ça :



Donc retournons le problème autrement. Dans les faits, peu importe l’heure du réveil, je me lève tard, c’est un fait (enfin, tard, tout est relatif, je travaille quand même). Donc au lieu de prévoir un lever à 7h30, soyons objectifs et plaçons le à 8h30. Et au lieu d’espérer se coucher à 0h30, couchons nous à 1h30 (max), ça fait toujours 7h de sommeil et j’ai le temps d’écrire si je veux. Oui, faut pas se forcer non plus.


Au fond, plutôt que d’essayer d’être ce que je ne suis pas (en l’occurence lève-tôt pour cet exemple), essayons de tirer partie de ce que je suis (couche-tard). Je parle de cet exemple là spécifiquement mais ça marche pour tous les autres domaines de ma vie. Par exemple je ne suis pas quelqu’un de rangé, je vis dans un joyeux bordel permanent mais je retrouve toujours ce que je cherche. L’inconvénient, c’est que la norme est d’avoir des apparts nickels, ce genre d’appart où j’ose même pas m’asseoir de peur de marquer très légèrement le cuir du canapé. Moi, mon appart, j’y vis, j’empile les choses (et je manque cruellement d’espace de rangement mais dès que j’ai réglé mes problèmes de sous, je m’achète une commode). Plutôt que de me lamenter sur le fait que je suis pas la reine du ménage, acceptons les faits. Et passons la serpillère parce que pas rangé n’est pas synonyme de souillon, faut pas déconner non plus (puis ça sent bon quand c’est tout propre). Bref, il faut que j’arrête de stresser en ne focalisant que sur ce qui ne va pas chez moi par rapport à ce qui me paraît être un modèle de perfection et voir ce qui va bien. Sans non plus se réfugier dans une espèce d’autosatisfaction permanente, y a quand même certains défauts qui sont corrigibles, pour peu qu’on s’en donne la peine.

Ceci étant, j’ai décidé de changer de fusil d’épaule. Plutôt que de tenter de travailler sur ces qualités que je n’ai pas et que je n’aurai sans doute jamais (quoi que y a 5 ans, je ne me savais pas sportive et finalement…), travaillons pour gagner en compétence là où j’ai des prédispositions. Et arrêtons de culpabiliser parce qu’il m’est toujours impossible de me lever à 7h30 si j’ai pas une bonne raison de le faire. Y a pas mort d’homme.

2011, quand y en a plus, y en a encore

Ces derniers temps, je l’avoue, je ne suis pas de très bonne humeur. Disons que j’arrive à saturation de 2011, cette année est une calamité, je m’en ramasse plein la gueule pour pas un rond et j’avoue que ma patience a atteint ses limites. Voire les a dépassées.

Dernier épisode en date de cette mauvaise sitcom qu’est ma vie en 2011. Jeudi soir, je pars dans le sud pour voir mon chirurgien qui m’annoncera officiellement que je suis guérie. Ca, c’est une bonne nouvelle. Je rentre chez moi le samedi, je récupère mon courrier, ma vie est toujours aussi passionnante. Dimanche, je décide de le lire et j’ouvre notamment ma fiche de salaire. Et dans la case salaire net, un étrange chiffre : 100 €. Je relis plusieurs fois la fiche de paie, ne comprenant même pas de quoi on me parle puis je sens comme une lourde pierre tomber dans mon ventre. En fait, ma boîte a légèrement omis de me déduire mon congé maladie sur le salaire du mois d’août donc ils m’ont tout sucré en septembre. Or, moi, je pensais que tout était réglé et j’ai fait de lourdes dépenses.

Petit exercice de mathématiques. Une salariée dans sa première année de travail se casse le genou et en prend pour deux mois. Sa boîte couvre le minimum du minimum (salaire de 125 € en juillet et 100 € en septembre, donc), la sécu prend le relai. Sauf que la sécu me rembourse à hauteur de 40 € par jour. Soit en moyenne 5 € de l’heure (le smic est à 7 net). Soit au bout de 2 mois un différentiel de 2000 €, somme que j’ai dû me résigner à emprunter à la banque. Vous allez me dire que, hého, je bossais pas et c’est normal. Faux d’une part, je bossais de chez moi. Ensuite je ressens comme une relative injustice. En 4 ans et demi de vie professionnelle, je n’ai pris que ce congé maladie. Donc pendant 4 ans, j’ai travaillé tous les jours où je n’avais pas posé de congés. Même quand j’étais malade, que je pleurais du nez, que j’étais shootée aux médocs. Oui, deux mois, je me rends bien compte que c’est long mais j’ai quand même fait du mieux que j’ai pu pour filer un coup de main.

En 2011, j’en ai eu pour 9 000 € de dentiste (j’ai dû être remboursée à hauteur de 30%), 650 € d’optique (remboursé à hauteur de 50% au mieux) et voilà que j’ai un trou de trésorerie de 2000 € suite à ma fracture du plateau tibial. Je vous dis pas le fric qu’elle me coûte cette année 2011. Oui bon, ok, pour le dentiste, j’ai bien trop laissé traîner et les yeux, ça fait bien deux ans que j’aurais dû changer de lunettes, c’est vrai. Mais ça me déprime un peu de penser que tout le fric que je gagne (y compris dans des contrats annexes), je m’en sers pour payer tout ça. Ah, il peut revenir Michaël Moore pour m’expliquer qu’en France, la santé, c’est gratuit ? Surtout à Paris où le moindre coucou à un spécialiste pète les score. 70 € l’ORL, 85 € l’ophtalmo, 100 € le soin dentaire (encore que là, justement, y a un vrai soin, pas une consult’ assumée en 10 mn chrono pour me dire que je dois changer de lunettes ou que mon vasalva ne passe pas à gauche). Palam pam pam.

Alors ouiiiiiiii, je sais que c’est pire ailleurs, que je devrais penser à ceux qui ne bossent pas donc qui n’auraient pas pu « s’offrir » (pardon mais à ce prix là, je ne vois pas de verbe plus adapté) tous ces soins, que le mec qui se met un caillou à la place des dents parce qu’il n’a pas les moyens de se payer une nouvelle dent n’est pas un mythe. Ouais, c’est vrai. C’est pas pour autant que j’ai pas envie de râler dessus. Parce que dimanche, je l’avais assez mauvaise, je me suis sentie un peu trahie par ma boîte, le côté « je me suis montrée arrangeante, vous me poignardez dans le dos avec un mois de retard, histoire de bien me surprendre ». Bon, pour les défendre, ce n’est qu’une bête application de règles et le service paie et mon chef ne discutent pas de ce genre de chose. J’ose croire que mon chef partait du principe que je toucherais somme toute la même somme que d’ordinaire donc je ne la joue pas « ah mais bande d’ingrats ! ». Si j’avais pas eu mon freelance, je n’aurais pas pu me payer mes dents. Si ma fracture avait fait 2 cm de plus, j’en prenais pour 6 mois d’arrêt (j’aurais embarqué le péroné et les ligaments). 6 mois de demi-salaire, même en vivant chez mes parents, ils me restent des frais comme, au hasard, mon loyer, mes impôts, mes abonnements divers et variés… Comment font les gens ? Non parce que je veux bien qu’on me dise qu’on peut pas trop faire des congés maladie remboursés à 100% parce que tu comprends ça encourage un peu trop les gens à en prendre, salariés tous des feignasses, blablabla… Mais bordel, une fracture, c’est quand même difficile à simuler par exemple…

Bref, voilà, cet article ne sert pas à grand-chose à part râler, il ne fera pas couler les 2000 € manquants sur mon compte mais ça fait du bien de l’écrire quand même.

Ce dimanche, je vais voter pour François Hollande parce que…

Par So Long

[Aujourd’hui, on accueille So Long qui tint un blog dans le temps donc si son pseudo ne vous est pas inconnu, c’est normal]

La campagne des Primaires Citoyennes touche à sa fin, ce dimanche certains d’entre nous iront voter en ayant la sensation que le destin de la France se joue au creux d’une urne. Ce dimanche, j’irai voter, et je voterai pour François Hollande.


Je voulais m’investir dans la campagne et me battre au côté d’un homme en lequel je crois, profondément, viscéralement. Je voulais participer, débattre, et enfin apporter ma pierre à l’édifice. Des raisons amicales ont fait que je me suis effacée au moment où j’aurais dû prendre la main. Je ne le regrette pas, mon vote n’en aura pas moins de valeur et je continue de seriner mon entourage avec mes longues explications sur la nécessité de voter aux primaires. Même si on n’est pas socialiste. Même si on n’est pas totalement de gauche. Même si on ne sait pas trop qui choisir. Après tout, un vote blanc est également possible… Je ne le fais pas par militantisme. Je n’ai pas l’âme d’une militante, je le fais par convictions. Militer et convaincre sont en réalité deux choses bien distinctes… subtilement différentes mais c’est cette subtilité qui me plait.

J’étais militante en 2007. J’ai passé des journées entières dans les rues à la rencontre des gens pour leur expliquer que Ségolène Royal était la bonne alternative. J’ai cru en cette campagne. Je l’ai portée dans ma chair. Comme beaucoup d’autres. La campagne de 2007 était instinctive, on l’avait dans nos tripes. C’est la raison pour laquelle les gens haïssent tellement Ségolène Royal aujourd’hui. Contrairement à nombre de mes camarades de l’époque, je ne la déteste pas, je ne la trouve pas idiote, nulle et incompétente. Je pense qu’elle reste une femme de qualités, une femme debout comme elle le dit… et que ses maladresses, bourdes et autres saillies mal venues ne seraient pas interprétées de la même façon si elle n’avait pas perdu à l’époque. Je me revois à Solférino le soir du second tour. On savait déjà depuis plusieurs heures qu’elle ne passerait pas. On cachait nos larmes aux caméras pour que le monde continue de croire à la cérémonie de 20h pétantes. Mais on savait, dès 17h. C’était d’ailleurs Christiane Taubira qui était venue nous l’annoncer. Et les heures qui ont suivies, on n’attendait qu’une seule chose, que son dernier discours nous prenne aux tripes. Encore. Ce qu’elle a fait. Quiconque était présent ce soir là quand elle est apparue au balcon pour prendre la parole ne pourra nier qu’elle a su distiller une espérance sans précédent. Et pourtant, je n’étais pas royalienne à la base. J’étais aux Jeunes Socialistes Révolutionnaires (une mouvance pro-Montebourg)… c’est dire si je n’étais pas Royalienne. Mais ce soir là, je croyais en cette femme. La haine qu’elle provoque aujourd’hui est à la mesure de la ferveur qu’elle a suscitée. Et à la mesure de l’horreur que nous vivons depuis près de 5 années maintenant.

Pourquoi cet intermède sur 2007 alors que je dois vous parler de ce dimanche ? Parce que cette campagne à l’époque était une sorte de combat de boxe, de marathon… c’était physique, intense. C’était primaire. C’était beau aussi quelque part. Mais ça a été notre échec. Le simple fait qu’on soit face à un homme et une femme ne pouvait pas rendre la campagne très différente. Elle renvoyait à l’instinct le plus primitif.

Cette année, je suis bien plus vieille. C’est ma seconde campagne présidentielle en tant qu’électrice. Cette année je ne veux pas d’une campagne primitive. Je veux une campagne digne, intelligente, optimiste. La campagne de François Hollande est tout cela à la fois. Parce qu’on est face à un homme digne, intelligent, optimiste. Parce qu’on est face à un homme qui saura redonner une dignité à la France. Ce n’est pas rien… cette dignité, on l’a perdue depuis bien longtemps. On l’a perdue en 2002. Donc je n’irai même pas accuser Sarkozy… j’accuse seulement les Français. C’est moche, mais c’est ainsi. Et cette année pour la campagne, je ne veux pas faire reposer mon vote sur mes tripes, je veux que mon vote soit celui qu’il devrait être pour chacun, je veux avoir foi en mon candidat, je veux que ce soit le signe d’une confiance mesurée, je veux que ma souveraineté soit remise entre les mains de quelqu’un qui saura la défendre, qui saura en faire une valeur noble.

Ce dimanche, je voterai François Hollande parce que je retrouve dans son discours une cohérence qui me correspond, une intelligence qui me parle, une distinction qui me plait. Ce dimanche, je voterai François Hollande parce qu’il est le seul qui m’apparaît capable d’œuvrer pour le bien commun. Parce qu’il est le seul qui sait vraiment rassembler. Parce qu’il est optimiste. Parce qu’il pense que la jeunesse est un bien précieux et qu’elle doit être traitée avec les égards qu’elle mérite. Ce dimanche, je voterai François Hollande parce qu’il sait faire de la politique avec noblesse et qu’il me redonne foi en ce que je fais, au quotidien : travailler à la rénovation des liens entre l’Etat et les citoyens.

La sensibilité des salopes

[En attendant le récit du séminaire, un vieil article qui traînait]

Selon certaines typologies, je suis une salope. Hé oui, je couche avec des hommes sans forcément envisager d’en faire mon petit ami, je prête mon corps au gré de mes envies sans respecter une liste de principes longue comme mon bras. Seule règle : ne faire de mal à personne.

Salope donc selon certains, pas selon moi. Je baise comme je vis, impulsivement. De la même façon que je vais m’avaler du chocolat si j’en ai envie, je vais me mélanger avec un homme. Satisfaction immédiate, possibilité de crise de foie ou de frustration par la suite mais tel n’est pas le sujet de l’article. Et y a des fois où se taper une tablette de Milka au daim, ça fait juste plaisir avant, pendant et après.

Mais il arrive que la salope croise le chemin d’un homme avec qui elle ferait un peu plus que zizi panpan. Genre lui accoler le doux sobriquet de « mon mec », utiliser un « nous » à chaque fois qu’il est question d’avenir et même envisager de mettre les deux noms de famille sur la même boite aux lettres. Oui ça arrive même aux femmes libérées, même celles qui ne cherchent pas secrètement à se créer des attaches.

Le problème c’est que dans l’imaginaire collectif, chez les salopes, point de rédemption. On peut arrêter de fumer, de boire ou de se droguer mais de virer sa culotte à la moindre proposition indécente manifestement non. Salope tu fus, salope tu resteras, c’est inscrit dans tes gènes, tu as toujours la cyprine au bord des lèvres, c’est biologique. Curieusement, c’est pareil chez les hommes, les « séducteurs », leur bite lève le doigt au moindre balancement d’un fessier concupiscent pour réclamer leur part de jouissance.

Donc si j’ai eu quelques périodes agitées en terme de sexe, doit-on en déduire que je ferai forcément cocu tous les hommes ayant la folie de me prendre pour petite-amie ? Réclamerai-je forcément une relation libre car je ne peux m’empêcher d’aller quêter quéquette ? Pitié ! Je ne suis certes plus vierge et j’ai charnellement connu plus d’hommes que Miranda mais quand j’aime, je ne peux envisager de planifier de rencards avec d’autres hommes que le mien : je risquerais de passer à coté d’une nuit avec lui et le sexe avec sentiments, c’est tellement meilleur (et tout aussi voir même plus acrobatique).

Mais peu importe mon cas particulier . Nous avons tous et toutes droit à l’expérimentation et à la liberté de nos corps. Mais nous avons aussi droit à la liberté de nos cœurs et avoir eu une propension à écarter les cuisses par le passé ne nous rend pas automatiquement incapables d’aimer et de nous engager. Même si la monogamie n’est pas automatique non plus, chaque couple fait comme il veut. Seulement laisser voir avant de dire que cette fille (ou ce gars) n’est bon(ne) que pour la baise, il/elle pourrait vous surprendre.

PS : Pardon pour le gif horrible, j’ai pas pu m’en empêcher…