Ah oui, c’est Noël…

Ambiance étrange. Noël est dans moins d’une semaine maintenant et je ne percute pas 30 secondes. Est-ce dû à mon âge, au climat ambiant qui tient plus d’une fin d’octobre que d’un mois de décembre, le fait que c’est la crise et que tout le monde déprime, le fait que ma grand-mère ne verra sans doute pas 2012 ? Sans doute un peu de tout. C’est clair, cette année, Noël, j’y suis pas.

J’espère secrètement que ce n’est pas une question d’âge, j’ai envie d’être à nouveau touchée par la magie de Noël sans nécessairement me reproduire. Noel, c’est la famille, le triturage de neurones pour trouver le(s) cadeau(x) qui fera plaisir. Je sais que ça peut paraitre bizarre mais les cadeaux sont importants pour moi, ils prouvent que tu connais une personne… C’est pour ça que je déteste faire des listes. Je me souviens, une année, j’avais été un peu déçue quand j’avais ouvert les cadeaux que m’offraient Guillaume 1er car il s’était contenté d’appeler ma mère pour savoir ce que je lui avais commandé vu que je ne lui avais rien dit à lui. Les plus beaux cadeaux sont ceux auxquels tu ne t’attends pas, ceux qui te montrent que la personne a acheté ce cadeau pour toi. Comme l’Ex qui m’a offert deux anthologies de nouvelles russes l’an dernier, j’etais super touchée. Ou les tableaux faits par ma maman, je sais que j’en aurai un cette année aussi, une aquarelle de Venise qu’elle a faite et que je trouve chouette. Et qui me donne envie de me mettre à l’aquarelle. J’en suis plus à une envie d’activité près.

Mais cette année, je sais pas, le coeur n’y est pas. Je me suis appliquée à trouver des cadeaux qui feront plaisir à tous mais je n’y pense pas vraiment. Pour mes parente, un beau voyage (enfin, un week-end prolongé à Londres), des cadeaux Amazon pour ma soeur et son mari. J’aurais aimé offrir du fait main mais la seule qui aura un cadeau made by moi, ce sera mini Emma parce que lui tricoter chaussons, paletot et bonnet, c’est facile, c’est un bébé… L’an prochain, j’essaierai. L’an prochain, peut-être que je serai dans le mood, que j’aurai envie de décorer un peu mon chez moi. Là, comme je suis pas dans le trip, toute la niaiserie christmatique m’épuise, jez trouve ridicule que toutes les marques essaient de communiquer dessus, y compris celles qui n’ont rien à voir (non mais est-ce quelqu’un offre du Coca à Noël ?) . Je suis à côté, je ne crois pas en la magie de Noël cette année. Parce que je suis même pas sûre que le 25, on sera pas en pleine veillée funéraire. Comment voulez-vous que je pense sérieusement aux cadeaux et à la fête ?

2011, une année de merde jusqu’au bout.

PS : Cet article n’a pas pour but de récolter de gentils commentaires où les gens sont désolés pour moi rapport à ma grand-mère. Ca fait un mois que je me prépare au pire et vu qu’il n’arrive pas, ça devient un peu irréel en fait… Et j’en viens même à croire qu’elle sera encore là après les fêtes même si dans les faits, elle est déjà pas mal partie.

La liste de la fille qui a les cheveux rouges

Des fois, la teinture maison, ça fait pas ce que tu attendais.

– Il se passe de vrais drames dans ma boîte. Par exemple, mercredi, nous avions le Noël des enfants. Mais drame ! Une semaine avant, quelqu’un a volé les affaires du Père Noël stoquées dans le local du CE, ne restait que le manteau. A l’arrivée, j’ai pas su si on avait rendu les affaires manquantes ou si quelqu’un en avait prêté mais je me pose une question : qui irait voler ce genre de trucs ?

– Visite chez mon osthéo qui s’extasie : “c’est fou comme votre corps a changé depuis votre première visite ici” (en mai). Voilà, je suis officiellement toute retapée et j’ai même des petites astuces pour réparer mon dos en cas de nécessité car j’ai une foutue cambrure naturelle.

– Le technicien informatique a voulu m’installer un nouveau pc, j’ai dit “plutôt en début d’après-midi”. C’était y a 10 jours. Je dois donc relancer l’opé “un nouvel ordinateur”.

– Je travaille dans une boîte vraiment très joueuse. Pour Noël, ils nous organisent une soirée… Dans un ancien club échangiste qui a conservé son décor d’origine. Je me demande s’ils vont nous distribuer des capotes à l’entrée…

– Va falloir un jour que j’explique aux hommes que quand je dis “non, j’ai pas envie”, c’est pas pour qu’ils insistent…

– Depuis que je suis rou-rousse; le séducteur quinqua de la plongée se souvient de mon existence…

– “Mais sinon, tes cheveux là, c’est fait exprès ou tu t’es ratée ?

– Par contre, cette couleur cartonne chez les plus de 50 ans, donc… Et chez les moins de 6 ans. Mercredi, Noël des enfants, donc. Une collègue vient avec sa petite fille qui a 5 ans. A un moment, elles viennent toutes les deux me voir : “Voilà, c’est Nina, tu voulais la voir.” Hein ? La petite voulait me voir ? Mais pourquoi ? Réponse le lendemain dans la bouche de mon directeur de pôle : “Oh ben t’as cartonné avec les petits hier, ils ont adoré tes cheveux, la fille de Collègue voulait à tout prix venir te voir”. Supeeeeeeeeeeer !

– Maintenant, je maîtrise la maille envers et je suis très fière de moi. D’ailleurs si tu tricotes et que tu as envie de faire une bonne action, clique ici : http://www.larcenette.fr/2011/et-si-vous-tricotiez-utile/

– En ce moment, je ne suis pas sereine, ma grand-mère s’éteint petit à petit donc je passe mes journées à attendre LE coup de fil. Alors forcément, quand mon réveil se déclenche à 1h30 alors qu’il est réglé à 8h10, je panique un peu. Bon, ma grand-mère étant toujours là, la seule explication plausible est : micro coupure d’électricité. Mais ça m’a bien fait flipper.

– Conversation entre collègues : Lui : “T’as pas trop un prénom porté par des gens célèbres” Moi : “Dès que je trouve mon domaine de prédilection, je deviens célèbre “ Lui : “Le porno ?”. Ils mettent quoi dans la machine à café ?

Voilà, une quinzaine qui sent le souffre et les cheveux rouges, quoi.

I want to believe

Un dimanche de novembre, je suis allée au salon des bouquinistes avec mes parents (il ne m’arrive que des choses folles) et j’ai été surprise par le nombre d’ouvrages ésotériques qui fleurissaient ça et là : ovnis, fantômes, sorcières et voyants. Par ici, vous trouverez les réponses à toutes vos questions.


J’avoue que l’ésotérisme a toujours été l’un de mes péchés mignons. La faute à l’emission Mystères qui me manque tant. Dès que je vois une émission ésotérique poindre, faut que je la regarde, surtout quand y a des reconstitutions. Même quand elles sont mauvaises. Je ratais pas un normal/paranormal alors que le concept de l’émission était un peu bancal : un reportage, un débat sceptique/croyant où chacun restait strictement sur ses positions et Stephane Rotenberg qui disait « à chacun de se faire sa propre opinion ». Mais j’aime les histoires de voyance, d’ovnis et surtout de fantômes. C’est pas pour rien que j’étais une fan absolue de X files et que j’avais justement le fameux poster « I Want to believe » dans ma chambre.

Parce qu’aujourd’hui, le principal problème est là : je ne crois plus. Toutes mes croyances adolescentes se sont envolées au fur et à mesure que je grandissais. Parce que j’ai beau ne pas être scientifique pour deux sous, l’âme me parait un concept bien trop flou pour être crédible. Pourquoi tous les êtres vivants n’en auraient pas ? Même une amibe ? Ce n’est réservé qu’à l’être humain ? Pourtant mon chat me semble doué d’une certaine affection, d’une capacité de réflexion (elle a compris qu’au bout de mon coude, y a mon avant-bras et ma main et que si elle le grignote, ma main finira par sortir de sous l’oreiller pour lui faire un câlin). Elle n’aurait pas d’âme ? Or si l’âme n’existe pas, qu’est-ce qu’un fantôme ? La résurgence électrique d’un souvenir ? L’activité électrique d’un individu voyagerait dans le temps ? Mais si on n’a pas d’âme, qu’on est une simple mécanique, quand on mourra, ce sera un tomber de rideau définitif.

Et ça, j’aime pas. Je n’ai pas peur de la mort en soi. S’il n’y a rien après, on ne s’en rendra pas compte. Mais je trouve cette idée révoltante ! Je ne vivrais qu’un mini bout de l’histoire humaine ? Vraiment ? Tu veux dire que quand je meurs, je ne connaitrai jamais la suite de l’histoire ? Que mon moi, sous une forme ou une autre, ne pourra jamais savoir ce qu’il se passera en 2200 par exemple ? Ah mais non ! Évidemment, si mon âme existe bien en 2200, elle ne se souviendra pas avoir vécu en 2011 donc bon… Mais quand même. Je me souviens ado, alors que je pensais du haut de mes 15 ans que ma vie était un gâchis, que j’étais moche et qu’aucun mec ne voudrait jamais de moi, seule une pensée me consolait : dans ma prochaine vie, je gèrerai mieux. Bon depuis, j’ai un peu rattrapé mon retard sur cette question là et je me trouve plutôt pas mal et j’ai surtout pas envie d’arrêter cette vie là. Même si j’en ai une après, elle attendra.

J’ai envie de croire. Parce que l’ésotérisme a quelque chose de magique et donc d’enfantin. J’ai envie de croire que tout ne s’explique pas car il y a des choses au delà de la simple physique, chimie ou biologie, qu’il existe une science surnaturelle dont nous ne maitrisons que les bribes et dont nous avons tout à apprendre. Quoi qu’en ce qui concerne les extraterrestres, c’est pas du surnaturel. Je veux dire que si on a un jour la preuve de leur existence, ça ne sera plus soumis à débat. D’ailleurs, faut forcement que mon âme continue à vivre, je ne peux pas rater ce jour là, je suis curieuse de voir quelles seraient les relations avec nos amis extraterrestres. Ça dépendra bien sur de qui est le plus évolué, s’ils nous trouvent ou si on les trouve… Oh ça m’excite l’imagination, ça… Bref, tout ça pour dire que l’idée qu’il y ait des domaines de connaissance inconnus et non maitrisés, ça me fait fantasmer, j’imagine toute cette masse de connaissance peut-être à découvrir… Ou peut-être pas.

En attendant, les histoires de fantôme, ça fait toujours un tabac auprès du feu de camp…

Deny everything

L’autre jour, je matais Malcolm, série que j’apprécie et que je n’avais pas maté depuis une éternité. Dans cet épisode, la famille de Malcolm essaie de vendre des sapins de Noël pour gagner de l’argent, il ne leur en manque plus qu’un pour rentrer dans leurs fonds mais la police intervient et les force à plier boutique car ils n’ont pas l’autorisation de vendre ces sapins sur leur trottoir. Le père reste optimiste en expliquant qu’ils vont quand même réussir à vendre leur sapin, contredit par Malcolm qui fait preuve de réalisme. Et là, le père sort un truc fantastique : “Fils, la seule chose qui m’empêche de me flinguer, c’est le déni”. Un truc du genre.

Et là, je me suis dit qu’on frôlait le génie. Et si finalement, il avait raison. Le moral fluctue selon notre interprétation des faits qui dépend elle-même de notre humeur générale. En gros, un incident, si on est dans une période heureuse, ça ne sera qu’un détail, une péripétie sans la moindre importance alors que le même événement dans une période un peu plus compliquée deviendra un drame sans aucune mesure. Donc pour prendre les choses avec plus de légèreté, usons de ce merveilleux mécanisme mental, le déni.

Alors évidemment, c’est à utiliser avec précaution. Pour les choses graves, c’est à éviter absolument, je parle des petits drames, les petits pépins qui vous pourrissent bien la vie. C’est un peu l’idée que demain, ça ira mieux et qu’il va arriver quelque chose qui va nous sortir de là. L’idée qu’on va enfin recevoir un appel après nos envois de CV massifs qui va nous fixer l’entretien qui nous permettra de sortir enfin du chômage, l’idée qu’on va croiser celui ou celle qui fera battre notre coeur, la bonne nouvelle qui va vous redonner du baume au coeur. Bref, plus que du déni, c’est d’espoir dont il s’agit. Peu importe l’orage, demain, ça ira mieux. Voyez, ça a été mon mantra en 2011. La vie a pourtant été taquine puisqu’à chaque fois que je pensais que c’était enfin fini, je m’en reprenais une dans la tronche. Mais hop, je passe en mode déni et je me dis que forcément, demain, ça ira mieux, la vie ne peut pas être que vacharde, forcément la roue tourne… Bon, y a des jours où on doute forcément un peu de cette belle maxime (pas forcément par rapport à ma propre vie) mais faut s’accrocher à ça comme un naufragé à un tronc d’arbre : CA IRA MIEUX DEMAIN !

Par contre, si je trouve que le déni adoucit un peu la vie en nous faisant tenir en attendant des jours meilleurs, relisez bien mon paragraphe précédent et notez un truc essentiel : les bonnes choses n’arrivent pas toutes seules non plus, faut quand même un peu pousser les choses. Je veux dire si tu veux trouver du boulot, ben faut quand même en chercher. Si la recherche d’emploi intègre une part de chance, c’est pas en attendant que ça tombe que ça va arriver. Idem pour l’amour, si tu veux le trouver, sors un peu, le prince charmant ne se cache pas sous ton lit. Et les histoires à base de “j’ai rencontré mon mec sur le pas de ma porte, c’est mon voisin”, ça marche surtout dans les magazines en fait. Et puis si vous ne sortez que pour aller sortir votre poubelle, je doute que votre sexyness soit à son optimum quoi qu’il arrive. Bref, l’idée n’est pas de se la couler douce en attendant que les choses arrivent sinon le déni ne sert strictement à rien. L’idée est plus de faire du mieux que l’on peut en toute situation en espérant un petit coup de pouce du destin ou de qui vous voulez qui va nous faire avancer encore plus vite. Le déni, en gros, c’est le vent dans le dos quand tu fais du vélo.

Moi, je l’applique à mort. Parce que sinon, je pèterais les plombs. Un peu mystique, un peu inconsciente… Et les jours se suivent et chaque jour, j’espère un petit coup de pouce. Et s’il ne vient pas ? C’est pas grave, ça ira mieux après-demain.

Comment trouver l’homme ?

Oui, comment ? Pendant longtemps, j’ai cherché où (je vais tout réécrire en fait pour lui donner la forme que je lui voulais au départ) mais finalement, le où est une mauvaise question, limite une question de micro trottoir pour mag féminin. Parce que tu peux fréquenter les hauts lieux de la drague, si ça matche pas… Ben ça matche pas. Je pense présenter ma candidature pour écrire les slogans iPhone, je suis sur le bon chemin, je crois.

Dimanche, je suis en train des discuter avec Anaïs chez elle après une soirée chez Isa Rousse où tout le monde a gardé son pantalon. Une de nos conversations favorites : comment faire des rencontres intéressantes. Au club de plongée ? Les mecs intéressants sont soit en couple, soit gays, soit mon ex. A la chorale ? Le seul mec est verrouillé par une hystérique et l’autre, le guitariste, je sais pas mais y a pas de communication en fait, on va au cours, on chante et on part. Puis j’ai un peu envie de l’imaginer en couple avec la prof, ils seraient mignons tous les deux. Au boulot ? Je me rends compte que j’arrive pas du tout à être dans un contexte de séduction. Y a des mecs hyper comestibles mais non, je bloque. Dans mon immeuble ? Je compte pas passer mes soirées dans l’ascenseur. Dans le métro ? Je ne le prends plus vraiment et je ne croise des mecs sexys que quand je suis en mode démaquillée mal sapée limite cheveux mouillés pour peu que je rentre de la piscine. Mmmm, je sens que tu es sous l’emprise de mon incroyable sex appeal !

Bref, à un moment, je lui explique qu’il faut qu’on aille prendre des cours de danse, c’est un bon plan. Mais rien n’est garanti. Parce que l’amour, ça se trouve potentiellement au coin de la rue ou à l’autre bout du monde. Dans mon entourage, y a celle qui a trouvé son mec au Chili, celle qui a trouvé sa copine au boulot, celui qui a rencontré sa tendre moitié au lycée et est toujours avec (cette option là est finie pour moi), celle qui a trouvé son mec sur Meetic, celle qui a piqué le mec de sa meilleure amie… Non, je rigole pour cet exemple là, je ne crois connaitre personne ayant rencontré sa moitié ainsi. En fait, il n’y a pas de recette magique parce que tout n’est pas question de lieu mais bien de personne. Peut-être que demain, en allant au boulot, je vais rencontrer un mec qui va me bouleverser et je vais me dire « ouah, je veux aller plus loin avec lui » ou peut-être pas. Peut-être que si je m’inscris en cours de danse, je vais juste progresser en coordination (ce qui ne sera pas dur) mais ne rencontrer aucun mec qui me fait envie.

J’ai déjà dit que l’amour était une question de timing mais c’est aussi une question d’alchimie entre deux personnes. Cet alchimie peut naitre en tous lieux et toutes occasions, il suffit juste d’être prête à craquer et croiser celui ou celle qui vous fera chavirer. Ce n’est pas forcément immédiat ceci étant dit, on ne se rend pas toujours compte qu’un personne nous plaît au premier regard, c’est en découvrant sa personnalité que des fois, on craque. Et inversement d’ailleurs, certains plumages se rapportent à de biens tristes ramages.


J’essaie toujours d’alléger ce débat en soulignant que, bon, ok, on est célibataire mais le célibat est aussi question de chance ou de malchance. Par exemple, ce mec en couple qui nous fait craquer, on l’aurait rencontré plus tôt, ça aurait pu le faire (ça reste à prouver, c’est un peu un raisonnement par l’absurde), on aurait été heureux patati patata mais non, on est arrivées APRES. Maudit timing, comme toujours. Et puis c’est un peu comme dans HIMYM, on l’a peut-être déjà croisé sans le savoir. Par exemple, quand j’ai commencé à sortir avec l’Ex, on a découvert qu’on avait été présents à la même soirée (mais je ne l’avais point vu). Bon, cette info n’a aucun intérêt après mais juste qu’au moment de cette soirée, j’étais célibataire et j’aurais pu le connaître au lieu de chouiner sur mon célibat. Bien que je ne me souvienne pas trop dans quel état d’esprit j’étais à ce moment là de l’histoire.

Finalement, tout ça nous amène à la conclusion que le où et le quand n’ont d’intérêt que lorsque tu as conclu et que tu racontes l’histoire de ta rencontre à tes potes ou à qui veut l’entendre. Seul compte le qui. Et c’est là qu’on se rend compte qu’on n’est pas sortis de l’auberge.

Touche pas à mon sommeil !

Des fois, y a des hommes, tu les rencontres et tu découvres assez tôt que ça va pas le faire. Parce qu’ils ne comprennent pas un truc fondamental, un truc qui fait que tu ne pourras jamais faire ta vie avec eux. Ils osent… ne pas respecter ton sommeil.


Petites heures du matin un samedi. Le réveil doit se déclencher à 8h30 et l’idée me met déjà de mauvaise humeur mais c’est pour la bonne cause : je dois faire une petite plongée en fosse. Sauf que dans le lit, je ne suis pas seule et non, je ne parle pas de Kenya. Quoi qu’elle aussi, des fois, elle trouve que 6h30 est une bonne heure pour venir me miauler dans l’oreille à propos de la vie, de la mort puis elle va faire caca, gratte sa litière pendant 10 bonnes minutes et va boulotter trois ou quatre croquettes. Mais revenons à ce matin là, ce samedi d’automne où ma grasse mat allait être sacrifiée sur l’autel du sport et cette idée me rendait légèrement morose. Mais là, le drame se noue. Mon compagnon de dodo décide qu’il faut bien tirer son coup une dernière fois avant de partir et décide de me réveiller. Et ce quelques instants avant le réveil. Putain mais vas-y, nique mon sommeil, je te dirai rien ! Parce qu’une fois l’affaire faite, il restait très précisément 10 mn avant la sonnerie fatale, impossible de me rendormir. Désormais, je vais mettre un panneau au-dessus de mon lit : “interdit de me réveiller tant que le réveil ne s’exprime pas, sauf incendie ou infarctus”. Et les métaphores à base de “ma bite est en feu, viens l’éteindre” ne fonctionnent pas, je n’ai aucun humour au réveil.


Oui, mon sommeil est sacré. Je suis une marmotte puissance 1000. Déjà, je ne dors pas assez à mon goût. Enfin, selon une étude récente, 4h suffisent pour se reposer mais bon, à 6h30 de sommeil en moyenne dans la semaine, je suis assez au radar quand vient l’heure de se lever. Bon, ok, mon snoozing n’aide pas. Bref. J’en parlais l’autre jour à la cantine avec les collègues et, là, la réaction fut unanime : “non mais pas le matin quoi !”. Au mieux, il a été concédé un “bon, une heure après le réveil, ok !”. Donc j’ai décidé de prendre la parole au nom de la collectivité : le réveil, c’est pas fait pour le sexe. Enfin, je reformule : on ne réveille pas quelqu’un pour du sexe, surtout quand ce quelqu’un, c’est moi. Parce que je suis un diesel, moi, monsieur, je mets du temps à me mettre en route et je vais te dire, j’aime ça, prendre mon temps pour m’extirper du lit. J’aime m’étirer pendant deux heures, retomber lourdement sur mon oreiller en soupirant et en me disant “encore 10 mn et après, je me lève” et pour peu que j’aime bien mon compagnon de lit, je peux le coller à lui pour un câlinou. Le matin, c’est conçu pour être doux, c’est tout.


Et puis c’est quoi ces manières ? La seule raison pour laquelle j’accepte que mon sommeil soit brisé sont : “y a le feu à l’appart” (je me répète) et “faut se lever pour aller travailler” (ou tout autre déplacement indiquant que je dois sortir du lit car le monsieur ou moi-même avons un impératif). Tirer un coup ne fait pas partie de la liste. Et puis franchement, tu crois que je vaux le coup alors que je suis à moitié dans les vapeurs du sommeil et pas du tout excitée. Mon corps était au repos et mon cerveau aussi. Si j’étais pas réveillée, c’est que je n’avais sûrement pas envie de galipette avec toi ou avec qui que ce soit d’ailleurs. Tu vois, tu me laisserais me réveiller toute seule, venir me coller contre toi, là, tu pourrais emballer l’affaire et je serais bien plus dynamique et audacieuse. Mais non, tu ne dors plus et tu as décidé que je devais faire de même. Erreur fatale mec. Erreur fatale.

JE NE SUIS PAS DU MATIN ! Et si tu peux pas t’y faire, cessons là notre relation, ça le fera pas.
Résolution 2012 (oui, on est en décembre, je peux commencer) : régler ma relation extrêmement problématique avec le sommeil.

Liste de la fille qui a un calendrier de l’Avent

J’en avais jamais trop eu, c’est un collègue qui nous l’a offert. Tout ça pour dire que je cours tête baissée vers Noël en espérant glisser en 2012 sans plus de dommages, j’en ai eu assez, merci.

– Petite soirée anniversaire, je m’habille un peu sex des fois que (raté, tous les célibataires avaient un vagin et une préférence pour les mâles quoi qu’il en soit), j’enfile mes chaussures à talons pas mises depuis longtemps. Arrivée chez ma pote, je finis par les virer tellement j’ai mal. Il faut savoir que depuis mon accident, mon pied gauche s’est un peu affaissé de n’avoir pas marché pendant quelques semaines donc les talons, je supporte plus. Retour vers 1h du matin, le seul train qui part me laisse à une gare à 15 mn à pied de chez moi. Bien. Je le prends, je commence à marcher dans la rue pour rejoindre chez moi. Au comble de la douleur, je finis par enlever mes bottines. Je remercie le ciel d’avoir eu la présence d’esprit de mettre des chaussettes en plus de mes collants.


– Tirage de cartes par ma copine Anna : je vais rencontrer le big Love et être tellement heureuse que ça va créer plein de jalousies mais attention, M. va être muté. Rah mais même dans les tirages de cartes, ma vie est compliquée !


– PC du bureau, on m’a invitée à en réclamer un via le service de maintenance informatique. J’ai donc ouvert un ticket… Il a été fermé en résolu alors que j’ai toujours ma rougne. Bon ben je vais le rouvrir.

– Des fois, dans la vie, tu as le choix. Comme celui de balancer le mail d’une personne pour qui tu n’as aucune estime sans le lire et lui laisser l’illusion qu’elle a eu le dernier mot. Ou alors, tu le lis, tu t’énerves et tu t’enfonces dans un débat sans fond. Pour avoir testé plusieurs fois la première solution, je vous la conseille.


– Il y a 15 jours, j’ai commandé un parfum sur Marionnaud (parce que sur Sephora, ils ne font pas cette marque online), on m’annonce qu’il sera livré dans deux ou trois jours. Au bout d’une semaine, je n’ai toujours rien reçu donc je vérifie sur le site et là, je lis à propos de ma commande “reçue-complète”. Je heu quoi ? Je le confesse, j’ai parfum un peu cher, 80 € le flacon donc forcément, je commence un peu à m’énerver sur leur site et les réseaux sociaux et au bout de 15 jours, révélation : en fait, mon colis était abandonné quelque part dans l’entrepôt. Je sais pas pourquoi je m’obstine à commander quoi que ce soit sur Internet vu que je tombe toujours sur le colis oublié dans un recoin.


– Des fois, tu décides d’être honnête et tu cherches à télécharger des séries en VO sur iTunes pour les regarder sur ton iPad. Sauf qu’en fait, le catalogue est riquiqui, je voulais Spartacus et Borgias, moi… Alors, bon, je fais quoi ? Je télécharge ?

– Il m’arrive toujours de folles aventures. Par exemple, vendredi dernier, j’ai un rendez-vous client avec Lise. Elle m’appelle pour me prévenir qu’elle sera en retard et m’encourage à monter chez le client avant elle. Sauf que pas de bol, la boîte est au 5e et on m’annonce l’ascenseur en panne. Bon ben je vais monter à pied. Sauf qu’évidemment, arrivé au 5e, je me retrouve face à une porte close. Je toque à la porte, rien… Bon… Je vais donc envoyer un mail à la cliente. Le temps que je l’écrive, Lise me rappelle “je suis arrivée, il marche l’ascenseur”. Oui seul le plafonnier ne marchait pas… On dira que 5 étages à pied, c’est bon pour mon genou.

– Je suis une délinquante. J’ai pris une place dans un idtgv mais ma gare n’est officiellement pas desservie. Le train s’y arrête mais je n’ai pas le droit de descendre. Je vais le faire quand même. Je demande au contrôleur qui me dit “si vous vous faites contrôler à la descente, c’est 35 € d’amende”. Bon, je vais tenter. Et je suis descendue sans encombre.

– Au retour, par contre, je me fais choper par un contrôleur beaucoup moins compréhensif qui m’aboie dessus. Forcément, je lui réponds sur le même ton en lui faisant remarquer que le train s’arrêtant en gare, je ne vois pas bien où est le problème. Comme il continue de s’énerver, je lui réponds qu’il est obtus. “Ne m’insultez pas mademoiselle!”. C’est pas une insulte mais c’est ma faute aussi, faudrait que j’utilise des mots plus simples… Ceci étant dit 35 € parce que je ne respecte pas le trajet initial (mon trajet est moins long que si je partais de Toulouse), ils se touchent grave à la SNCF.

Ma vie est foooolle… Non, en ce moment, c’est un peu calme plat et ça fait du bien en fait.

Pourquoi il ne faut pas acheter de tenues bleues aux bébés filles

De toute façon, ça n’existe pas.

Je l’ai évoqué récemment, ma cousine est maman. Je suis grande cousine pour la 7e fois mais cette naissance là est la plus importante du lot puisque c’est le premier de ma famille la plus proche. C’est donc logiquement que je suis descendue voir la petite crevette pour célébrer la vie. Surtout qu’à coté, ma dernière grand-mère est en train de mourir donc il était nécessaire de compenser car un pouponage en règle.


Veille de mon week-end, je file dans une boutique pour bébés conseillée par Hana, ma collègue deux fois maman. Vendredi midi, j’y cours, j’y vole, retenant bien la leçon number one : prends pas de fringues taille naissance, ils ne le gardent que très peu et y a même des bébés qui ne rentrent pas dedans. Sauf que j’avais pas pensé qu’Emma devrait encore être dans le ventre de sa mère à l’heure actuelle, d’où le doux sobriquet de crevette (elle arrive aux 3 kg, ouais !). Je rentre et là, stupeur : bleu pour les garçons, rose pour les filles. Avec quelques dégradés dans les parmes et violets pour les unes, tout un camaïeu de bleus pour les autres. Alors je n’ai pas d’avis tranchés sur les histoires d’imposer ou non des vêtements genrés aux enfants vu que j’en ai pas mais quand même… Le bleu, c’est une belle couleur ! Je zieute un peu et les imprimés ne me laissent pas de marge de manoeuvre. Je vais quand même pas offrir une grenouillère bleue où il est marqué « je suis le roi » à ma petite cousine… Je me rabats donc sur une grenouillère violette, un bonnet violet (TELLEMENT adorable) et deux t-shirt violets/gris et gris/rose. Pas de fuchsia. C’est pas que j’aime pas, au contraire, mais la cousine a fait du beige son uniforme alors bon… J’ai failli craquer pour une petite robe en laine blanche mais je me suis ravisée. De çe que je sais, un bébé, ça régurgite.


Je passe en caisse en m’interrogeant au passage sur la mode enfantine que je trouve trop « adulte ». Genre le short à noeud, ils l’auraient fait à ma taille, je l’aurais pris. Et je ne vais pas trop polémiquer sur le manteau en fourrure pour mini-pouce qui me rend littéralement hystérique. Le manteau de fourrure, c’est pour les vieilles. Je ne vois tellement pas un enfant avec ça sur le dos… Bref. En rentrant au bureau, je me dis que je vais tout plaquer et créer ma marque de fringues qui propose aussi du bleu aux filles et du rose aux garçons, bordel. Mais bon, rassurez-vous, j’ai tous les jours des idées fantaisistes comme ça mais en vrai, je vais rien plaquer du tout.


Je vois bébé Emma, je la prends même dans mes bras (j’ai une photo qui le prouve), je fais des « hiiiiiii » devant ses toutes petites menottes trop mimiiiiiiis, je craque quand elle se met à bailler et je plisse le nez devant tant de mignonnerie. Du coup, mercredi, en allant acheter une ampoule au Monoprix (une histoire fascinante), je passe au rayon bébé et voit des babygros bleus sans inscriptions genrées dessus. Bon, si j’en prenais un ? C’est là que m’est revenu une anecdote racontée par ma cousine.
Là tu m’imagines la tête penchée, les yeux regardant en haut à gauche, l’index droit posé sur mon menton puis tu fais un effet de vague sur ma figure avec une musique de harpe pour lancer le flashback.


Ma cousine tient Emma dans ses bras, la petite est vêtue d’une grenouillère blanche à liserés roses. « Et là, y a une infirmière qui rentre dans ma chambre, Emma était habillée comme aujourd’hui, on voit bien le rose quand même ! Et là, elle me demande si c’est un petit garçon ! » Indignation et stupéfaction de la jeune maman. Bon, entre nous soit dit, il me parait clair qu’Emma est une fille mais je le savais dès le départ et je vois pas assez de bébés pour vous affirmer qu’on discerne facilement les garçons des filles. Tiens, ça va être mon nouveau jeu dans le métro, ça.

Fin du flash back, retour au Monoprix, je délaisse le babygros bleu, estourbie par cette incroyable compréhension des choses qui fut la mienne tout à coup. En fait, si on habille les filles en rose et les garçons en bleu, c’est pas pour les « genrer », si j’ose dire ou pour les enfermer dès le départ dans des stéréotypes. Non. C’est tout simplement pour indiquer aux adultes le sexe du bébé et éviter de froisser la susceptibilité des jeunes mamans.

Par contre, j’ai pas encore compris pourquoi le vert était banni… Mais je crois que je suis une des seules filles au monde à raffoler de cette couleur alors qu’elle ne me va pas forcément très bien… Mais bon, quand je serai forte en couture (quand j’aurai commencé déjà), j’achèterai un babygros bleu et j’y ajouterai un gros noeud joli. Comme ça, on comprendra que c’est une fille et je lui apprendrai dès le biberon à ne pas se laisser enfermer par les diktats de la mode.

Donne-moi ta main et prend la mienne

En ce moment, je ne suis pas amoureuse, ceci n’est pas un scoop. Je suis dans un état de neutralité totale sur la question donc je me pose des question sur l’Amour sans acrimonie ou bisounoursisme. L’autre soir, en observant un couple amoureux dans le métro, je me suis soudain interrogé sur un détail qui tue : pourquoi les amoureux marchent main dans la main ?

Concrètement, marcher main dans la main, c’est chiant. Déjà, si tu veux prendre ma main, tu choisis celle de droite car celle de gauche tient la hanse de mon sac posé sur mon épaule gauche. Oui, je peux éventuellement changer mon sac d’épaule mais je ne suis pas à l’aise comme ça. Toute la psychorigidité d’une femme résumée dans ce détail. Donc prends ma main droite et cheminons, côte à côte. Levons nos bras pour passer au dessus des bites de trottoir placées en plein milieu, il faut limite se déboîter l’épaule quand on croise quelqu’un sur le trottoir pour ne pas rompre le lien, c’est une vraie gymkana des doigts quand on se prend la main pour être bien. Et je ne parle pas de la nécessité de trouver un rythme de marche qui convient aux deux. Bref, soyons clairs, c’est pas pratique.


Alors pourquoi ? Première explication en mode un peu cynique : le marquage de territoire. Hé t’as vu, j’ai un mec, même que c’est celui accroché à ma main. Tu t’approches pas, il est à moi, propriété exclusive. Ca reste plus classe que lui faire pipi dessus pour signaler que cet homme est mien. Observez certains couples, on a parfois l’impression que l’un des deux exhibe l’autre tel un trophée : héhé, tu as vu ce que j’ai attrapé. Envie-moi.


Deuxième explication, plus bisounours cette fois-ci : le besoin de se toucher quoi qu’il arrive. On vit le moment à deux en communion, peau à peau. Je sais pas si vous avez remarqué mais les amoureux se touchent souvent voire tout le temps, des caresses des bouts des doigts, une multiplicité de petits gestes intimes. Je suppose que c’est sous l’action de l’ocytocine, la fameuse hormone de l’amour. On a besoin de se toucher pour ne pas être en manque de l’autre, même s’il est juste à côté. Et puis en se liant physiquement, on se crée une intimité, un cocon rien qu’à deux ou les autres sont exclus. On dit souvent que les amoureux sont seuls au monde et pour cause !

Quand je suis célibataire, j’avoue trouver les bécotages et autres démonstrations d’affection un peu lourdingues. Je ne parle pas de roulages de pelles salaces et pré coïtaux, hein, je parle de petits gestes krokro mignons mais vite agaçants pour ceux qui ne sont pas concernés. Vous voyez ce que je veux dire. A chaque fois, je me demande pourquoi les couples se sentent toujours obligés d’en faire autant, jusqu’à ce que je me retrouve moi-même en couple à marcher main dans la main, des gentils câlins et autres baisers pathignons (pathétiques+mignons = pathignons). Un jour, je me suis dit à part moi qu’on avait tout des couples lourds qui ne se détachent jamais l’un de l’autre mais de fait, c’était naturel, non calculé. Il ne s’agissait pas d’un marquage de territoire ou d’une exhibition parce qu’on se moquait bien des autres, on ne les voyait même pas. Mais en plus de l’ocytocine, j’ai un petit truc en plus, je l’avoue. J’ai les mains toutes douces et ça, ça suscite forcément l’envie de les toucher.

Attention ne pas flirter dans l’open space

Il y a quelques temps lointains, je chantais les louanges du crush de bureau, vous savez, ce petit palpitement provoqué par un(e) collègue bien à votre goût que l’on entretient de loin en loin pour avoir une bonne raison de se lever le matin pour aller au travail et toujours paraître au mieux. C’est mignon, c’est frais, ça donne le sourire. Sauf que je n’avais pas pris en compte un élément dans ma petite histoire : les pipelets.


Oui, pipelets parce que les mecs, ce ne sont pas les derniers à bavasser. Voire même les premiers. Avant, j’avais un pouvoir magique, celui de voir, et particulièrement les connivences entre deux êtres qui se cherchent et se trouveront peut-être dans le secret de l’intimité. Je sais pas, j’y serai pas. Mais en général, je partage assez peu mes observations sauf avec mes plus proches collègues car je suis pas une cancanière. Enfin, pas trop… Quand je veux lancer de fausses rumeurs, je dis les choses haut et fort et personne ne me croit. On en rit et on en oublie. Mais depuis qu’on a déménagé, on m’a mis dans un coin où mon pouvoir ne sert très peu puisque je n’ai dans mon angle de vue plus que 4 personnes, tous les autres sont dans mon dos. Heureusement que j’ai un pouvoir annexe : celui d’attirer les pipelets qui me racontent tout. Même quand le tout est le fruit de leur imagination.


Quoi qu’il en soit, la vie d’une entreprise tourne aussi autour des ragots échangés autour de la machine à café et là, attention, c’est parti pour le quart d’heure jugement où les personnes impliquées dans le flirt peuvent être vues comme des garces (“elle drague un mec marié alors qu’elle le sait”), des salauds (“il est en couple mais répond à ses avances”), des queutards (“il se tape n’importe qui dans la boîte, il paraît qu’il a déjà eu une liaison avec Jasmine de la compta/ Kevin du service marketing”…). Rare sont les idylles naissantes, réelles ou supposées, qui ne font pas l’objet de commentaires chuchotés à la cantine et étouffés sous quelques pouffements mal venus.


Parce que faudrait voir à pas oublier deux choses :
– ça ne nous regarde pas.
– nombre de couples se rencontrent au travail, près d’un couple sur deux (mais ça varie selon les statistiques) donc une idylle naissante entre deux dossiers n’a rien de surprenant.


Oui, certes, mais ça n’empêche pas la discrétion. Surtout si l’un des deux est déjà en couple de façon on ne peut plus officielle. Parce que si on a le droit de se conter fleurette dans l’open space (cadre teeeellement romantique), il ne faut pas oublier que ce petit jeu de séduction est une pénétration de la sphère privée dans la sphère professionnelle et ça n’a rien à faire là. Oui, on parle un peu de nos vies privées entre nous, je sais qui est en couple ou qui ne l’est pas, on a des anecdotes mais on en parle entre nous, à la cantine ou en pause. Dans l’open space, on drague pas, on bosse. On rigole aussi mais le problème d’une séduction repérée, c’est qu’elle trouble : sont-ils au top de leur concentration ? A-t-on vraiment envie de voir ça ? Et surtout, si l’une des personnes est en couple comme déjà évoqué, ne sommes-nous pas malgré nous complices d’un adultère possible ?


Quoi qu’il en soit, ça occupe, ça génère de la discussion. Au mieux ça amuse, au pire ça agace. Mais finalement, n’est-ce pas humain ? Tous ces gens passant leur journée ensemble enfermés entre 4 murs, ça finit bien par susciter des rapprochements. C’est le principe même de base de Secret Story et autres TV réalité. Et puis aussi incroyable que ça puisse paraître, les flirts de bureau peuvent se transformer en réelle love story. Genre je connais un couple qui s’est rencontré sur le lieu de travail et ça fait maintenant 35 ans. Même que ce sont mes parents et qu’ils ont bien fait de se foutre du “no zob in job”. Mais même si chacun fait ce qu’il lui plaît, n’oublions pas ce bel adage : pour vivre heureux, vivons cachés.