article vous est dédié, fondons ensemble le collectif toutes tes salopes.

Alors voilà, vous avez pris un mur avec une personne vaginalement équipée, vous avez le nez en sang, vous crachez vos dents et votre cœur ressemble à du steack
haché, vous l’avez donc mauvaise. Là, vous appelez vos potes et vous déclenchez le programme toutes des salopes, c’est-à-dire que tout le monde crie en cœur cette petite litanie.
Exemples :
Ah non, le dernier exemple ne rentre pas dans notre collectif, pardon. Il est cependant intéressant de remarquer qu’une fille, dès qu’elle n’est pas bien, on remet en cause sa vertu en la traitant de salope alors qu’une fille peut être garce sans coucher avec la terre entière (ni être sodomite). Une fille peut même être garce en étant vierge, j’en eus connu ! D’ailleurs, l’autre jour, je réfléchissais à ce collectif et j’étais emmerdée : moi, j’ai jamais été salope/garce, comment illustrer mon article ? Puis il m’est revenu une anecdote qui remonte à l’époque où j’étais vierge. Ca prouve bien qu’on peut être salope et pucelle. Bon, bref, je vous raconte l’anecdote.
C’était en septembre 96, jour de la rentrée des classes, je rentrais donc en 1ère L dans mon petit lycée privé de Saillie-sur-Ginette, ma ville natale. Je me baladais en ville (mais qu’est-ce que je foutais là, je m’en souviens plus) quand je croise un mec que je connaissais de vue puisqu’il m’avait plusieurs fois fait des compliments sur mes yeux. Oui, tu ne le sais pas lecteur mais j’ai de très beaux yeux, bleus comme le ciel azuré ou un truc du genre, on pourrait s’y noyer dedans… Bon, en fait, je dis ça pour gagner des points dans ton échelle de valeur car je vais prouver dans deux secondes que j’ai pu être garce, aussi. Donc il m’aborde et me demande mon prénom. « Nina. » Merde, j’ai oublié de donner un faux prénom ! Oui parce que je le fais, ça, des fois… Bref, il commence à me baratiner, à me dire que chuis trop belle et si on pouvait aller boire un verre. Mais je peux pas mon cher, j’ai cours dans peu de temps. Du coup, il me demande à quelle heure je finis les cours pour venir m’attendre à la sortie du lycée, je lui donne une heure. Sauf que je suis sortie avant et que je me suis barrée. C’est ce qu’on appelle un lapin, non ?
J’ai refait le coup du lapin l’année suivante à un autre mec. J’étais à la terrasse d’un café avec Johanne la nymphomane quand un mec nous aborde, elle l’invite,
ravie, à s’asseoir à notre table (fais chier, j’aime pas ça). Le mec s’asseoit, on discute, il s’appelle Nino, moi Nina, comme c’est rigolo (tu parles !). Et là, je remarque que le monsieur me dévisage d’un air bovin, limite la bave au coin de la bouche et c’est reparti pour un « comme t’es trop belle, tu veux pas sortir avec moi ? » Heu… Il file son numéro à Johanne, j’avais pas de papier. « Tu me rappelles, hein ? » « Oui, oui… ». Bon, je l’ai jamais fait. Quelques temps plus tard, je le recroise dans la rue, re-regard bovin. « Dis, faut qu’on parle ! » « Je peux pas, là, j’ai cours ! », ce qui était vrai mais l’éclat de rire de mes copines, ça a pas aidé…Mais bon, c’est pas ma faute s’il
était relou, qu’il arrêtait pas de répéter qu’il se trouvait beau (comme quoi, on a pas tous les mêmes goûts) et que ma mère s’est étranglée quand elle a vu que je parlais à ce mec qu’elle avait trouvé un jour errer dans notre ancien immeuble alors qu’il n’avait rien à y faire. Mais bon, rassure-toi, lecteur, vu son rendement en matière de drague, il m’a très vite oubliée.
Sinon, il m’arrive de me moquer de mes prétendants, mais que quand ils le font exprès. Du genre : « t’es célibataire en ce moment ? Non ? T’as pas une copine à me présenter alors ? ». Bon alors j’ai peut-être un ego mal placé mais ils méritent pas que je me montre très clémente avec eux donc je leur casse le coup auprès de
toutes mes copines genre « y a un moche relou qui cherche une copine, intéressée ? Nan ? Ca m’étonne pas ! »
Bon, moi, je suis une petite joueuse niveau garce comparée à certaines. Mon côté St Bernard fait que ça m’émeut toujours les mecs tombés sur des égocentriques sans
cœur qui les ont trompés et/ou largués comme une sale paire de chaussette odorante et trouée. Il y aussi les allumeuses, les accros de l’affect qui draguent un mec mais dès que la passion retombe, ben ciao ! Tu m’aimes ? Ah mais moi non et puis Paolo, mon nouveau collègue, il est trop choupi et il m’a invitée à prendre un verre alors tu comprends…Ou les allumeuses vrai de vrai qui draguent un mec et le jettent avant consommation et vont se foutre de sa gueule avec leurs copines. Bref, on m’en a conté des vertes et des pas mûres qui m’ont limite filé la honte d’être une femme. Et je suis sûre, lecteur, que tu en as connu aussi, des garces finies qui ont dansé la lambada sur les miettes de ton cœur.
A y regarder de près, dans la guerre des sexes (beurk, j’aime pas cette idée), il n’y a pas un camp plus clean que l’autre, les coups bas sont universels… Un partout, balle au centre.



