Attention à ton Facebook !

La semaine dernière, j’ai parlé de la gentille manie des recruteurs à taper votre nom sur google pour voir un peu qui vous êtes. Or souvent, le problème, c’est qu’on ne maîtrise pas toutes les occurrences liées à notre nom. Notre pire ami étant Facebook et autres myspace.

Quand j’ai démarré ce blog, j’ai fait en sorte que mon vrai nom n’apparaisse nulle part. Surtout qu’au début, ici, ça parlait essentiellement sexe et rien d’autre et je ne crois pas que le fait d’avoir brouetté, comme on disait à l’époque, la veille soit le meilleur argument vente pour moi. Donc si un recruteur tapait mon vrai nom, il n’avait aucune chance de tomber ici.

Maintenant quand je tape mon nom sur google, je trouve essentiellement mes contributions à des webzines, la référence de mon article dans une revue d’histoire (et oui, j’écris pas que des conneries), mon profil Linkedin que je dois à tout prix remplir et… Facebook. Au début, j’ai eu une utilisation légère de Facebook, adhérant à tous les groupes à la con comme « j’ai couché avec au moins un de mes contacts facebook », « j’ai eu du sexe avec quelqu’un sur facebook » (j’insiste), « front de libération du cunnilingus » (mais j’y suis plus
avec mon vrai nom), « je parle mieux anglais quand je suis bourrée »… Alors évidemment, j’ai quitté la plupart de ses groupes et
mis mon profil en privé mais il y a toujours moyen d’y accéder. Déjà, les photos de soirée. Imaginons que je fasse une soirée hypra alcoolisée et qu’un des convives ait la bonne idée de me taguer sur l’album. Ben là, je suis à nouveau visible et pas de la façon la plus glorieuse qui soit… D’ailleurs, je trouve que les gens devraient demander l’autorisation avant de taguer parce que s’ils ont envie d’afficher leur pochtronnerie, pourquoi pas mais quand on cherche du boulot et qu’on sait que Facebook est devenu un réflexe, je dis non. Evidemment que j’ai le droit de faire la fête mais si sur toutes les photos de soirées, j’ai l’air décrépite, vraiment, ça ne va pas jouer en ma faveur.

On ne se rend pas souvent compte du danger du net et que tout anonymat est relatif. Evidemment,  un recruteur ne fait pas une recherche poussée sur chaque candidat, il n’a pas le temps de trouver un blog qui n’est pas écrit avec mon nom. De toute façon, je l’ai mis sur mon CV, Les vingtenaires, comme ça, je n’ai rien à craindre. Et ça m’évite de raconter un peu trop n’importe quoi, de me plaindre de mes employeurs ou de baver sur mes collègues (bien que j’ai pas forcément envie/besoin de le faire, c’est un exemple)… On ne sait jamais à quelles données a accès le service informatique donc on ne va pas jouer avec le feu.

En fait, dans la gestion de son nom sur le net, le pire, c’est souvent les autres, bien qu’ils ne cherchent pas forcément à vous nuire. De toute façon, si tel était le cas, vous pourriez porter plainte pour diffamation. Mais on ne se rend pas compte qu’un taguage sur une photo peut faire très mal pour notre image, que les messages qu’on laisse sur les wall des autres peuvent aussi donner une image négative, les groupes auxquels on appartient…Idem pour myspace où on accepte allègrement tous les friends, y compris les moins
« fréquentables », dirons nous. Evidemment, tout ça est du loisir, du fun… Mais quand on cherche du boulot, il faut maîtriser son image de bout en bout. Vous iriez à un entretien avec des confettis coincés dans votre col ? Ben, là, c’est pareil.

Alors certains diront que la solution, c’est de ne pas avoir de facebook, de se contenter des profils linkedin, viadeo et co… Mais tout dépend dans quel secteur on bosse. Par exemple, dans tout ce qui touche le web 2.0, de près ou de loin, c’est difficile de s’en passer.

PS : Zut en cherchant les liens des groupes dont je parle, j’en ai trouvé plein de trop fun mais j’ose pas y adhérer. Notamment le « j’ai couché avec au moins 5 de mes contacts facebook ou plus », histoire de rassurer Gabriel qui se croyait seul concerné par le « j’ai couché avec au moins un de mes contacts facebook » ou des « je parle aux toilettes quand je suis bourré« , « j’efface le numéro de mes exs pour ne pas les appeler quand je suis bourré« , « j’ai couché avec Estelle Denis« …

Où trouver l’homme ? Episode 15 : la balade post café post musée

(Lecteurs chéris et lecteurs pas chéris aussi, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction donc cette scène n’a jamais eu lieu en vrai. Mais tu vas voir que j’ai intégré des éléments du réel, essaie de deviner lesquels).

A la recherche du prince charmant

Nous voici donc sortis du café et je ne sais plus du tout à quoi m’attendre. J’avais sorti le grand jeu de l’odiosité et normalement, le mec devrait partir en se disant que je suis une connasse et ciao. Les hommes préfèrent-ils donc réellement les chieuses ? Ou alors il veut finir notre joute verbale sur un autre terrain ? Larguée, je suis.


On s’enfonce petit à petit dans la rive gauche, du côté de St Germain, en discutant littérature, pour changer. Apparemment, les tensions se sont calmées. Alors qu’on marche, mon nez commence à me chatouiller. Ca m’arrive souvent, je laisse faire. Zut, mes yeux commencent à frotter. Plus de doutes : j’entame un épisode allergique. Je fouille dans mes poches et y pêche un malheureux kleenex déjà entamé. Ok, avec de la chance, ça ne va pas durer.

« Kchou ! Kchou ! »

J’ai un éternuement très mignon, entre le chaton et la petite fille et là, ça attendrit toujours un peu mais faut voir à ne pas en abuser…Parce que là, je suis en pleine rafale d’éternuements, ça n’arrête plus et mon nez commence à couler. En général, il y a une loi mathématique qui dit que le pouvoir de séduction est inversement proportionnel à la morve qui coule de mon nez. Et là, mon pauvre kleenex a déjà perdu la guerre, il se disperse en lambeau et je n’en ai pas d’autres. En un mot : c’est la lose.

Mon compagnon de balade (oui, avec un b et pas avec un m prononcé avec un nez pris) semble fort impressionné par ma décrépitude soudaine et à chaque éternuement, fait un imperceptible pas sur le côté pour s’éloigner de moi.

« Heu… Ca va ?

– Oui…gggg… C’est rien…gggg… Allergies… »

Je ne le sens pas super ravi de la nouvelle mais peu importe, faut que je trouve un remplaçant à mon kleenex et accessoirement que je me lave les mains… Oui, à ce moment là du récit, j’ai perdu tout mon glamour, mon pouvoir de séduction, mon charisme, tout ce que tu veux. Je suis le Titanic et la fuite, elle vient de mon nez.

« T’as pas un bouchoir…gggg… ?

– Non… Tiens, y a un marchand de journaux, ils en vendent des fois, viens. »

Il ne me prend pas par la main, ce qui est compréhensible puisque là, elle est totalement sinistrée, mais m’amène quand même au kiosquier qui, oui, vend des kleenex. J’en déplie un tout propre et souffle de tout mon cœur dedans. Y a vraiment des fois où je suis impressionnée par les prouesses du corps humain : comment ai-je pu fabriquer autant de miasmes en si peu de temps.

« Bon, écoute, on va rentrer, je pense, c’est mieux pour toi.

– Nan, nan… ggg… Ca ba aller…gggg… Ca ba pazer, je le sais…gggg…

– Oui mais non mais là, c’est pas possible. Les nez qui coulent, ça m’écoeure. »

Je le regarde par-dessus mon mouchoir : effectivement, il est légèrement vert. Mais j’avoue que là, je suis tellement préoccupée par mon allergie que je m’en fiche un peu. Il était bien trop tôt dans notre relation pour qu’il me voie dans cet état, c’était clair que ça ne pouvait pas durer. Les faiblesses et les nez qui coulent, jamais au premier rendez-vous. Déjà que vomir au deuxième n’est pas toujours une bonne idée [c’est du vécu, souviens toi]…

Alors on se quitte. On ne se donne pas nos numéros, on se dit quand même à une prochaine des fois qu’on se croiserait par hasard dans la rue. En attendant, vu que je me retrouve avez un nez tout irrité, je doute de pouvoir attraper quelqu’un de suite, de suite. Pourtant la prochaine fois, je vais à la bibliothèque.

Etre professionnelle avec le nez qui coule

Ceci n’est pas vraiment un article parce que voilà où j’en suis : 0h22, mon cerveau a dû se liquéfier et me sort par le nez, mes sinus grincent, ma mâchoire est bloquée, mes yeux pleurent, je suis au bord du coma éthylique grâce à un grog maison hypra corsé. Hé oui, vive les allergies. Du coup, je ne suis pas en état de faire un article avec un minimum de réflexion, je vais donc faire un mini vécu prospectif. Et essayer de parler français.


Lundi matin, j’arrive au boulot, la tête qui pèse 100 tonnes. But de la journée : faire le minimum vital et tenir au moins jusqu’à 18h. 10h30, par là, téléphone qui sonne.

« Allo ?

– Heu Nina ?

– Oui ?

– Bonjour, je suis une chroniqueuse dans une émission télé quotidienne et que même mon nom, tu le connais… [bref, elle se présente mais je vais pas dire qui c’est]

– Heu… Oui ? »

C’est une blague ? Ils n’ont que ça à foutre les gens ou quoi ?

« Louise vous a prévenue ?

– Non, je ne sais donc pas du tout pourquoi vous m’appelez, hihi. »

Ouais, je me la joue tu m’impressionnes pas. Bon, en gros, elle va tenir un blog sur TMF.com et elle a besoin d’une formation. Rendez-vous est pris pour ce matin, 11h. Dans 10h30, à peu près. Et j’ai mal partout, j’ai des crises d’éternuements, je suis pas bien du tout…

Alors je me demande si éternuer sur une chroniqueuse télé, ça peut nuire à ma carrière. Bon ok, j’exagère, on a tous le droit d’être malade mais faut comprendre que ce genre de formation, ça permet de rappeler que je suis super compétente, qu’on ne me paie pas pour rien… En général, c’est toujours là que la personne que je forme me trouve très sympathique et disponible et que je marque des points. Là, je me dis que j’ai au moins une bonne raison de ne pas rester au lit demain à agoniser de mes allergies mais je sens que je vais pas être au top. Mais je vais essayer. Déjà, faut pas que j’oublie d’enlever la carte postale que m’avait envoyée Vicky d’Australie et qui trône sur mon bureau : c’est un mec à poil « great beaches, great views ». Les fesses rebondies, moi, ça m’a toujours émue. Mais ça fait pas hyper pro, quand même…

Au moins, je pourrai dire que j’ai éternué sur une « star » de la télé, c’est pas donné à tout le monde.

Bon, douche et dodo, je suis morte. Si toi aussi, tu souffres d’allergies, t’as le droit de râler en comm. C’est open aujourd’hui.

Pour un jeu de dupes…

Par Lucas

Les mecs sont assez excités
Et ça les préoccupe
Que les filles sortent leurs décolletés
Et leurs mini-jupes

(Grand Corps Malade – Quatre saisons – Album « Enfant de la Ville »)

Chais pas si vous avez remarqué, mais c’est l’été. Ouep, sans blagues. Ne me remerciez pas : je sais bien que vous venez ici tous les jours pour lire mes aphorismes et mes paroles de prophète.
Heureusement que je suis là, hein ? (Je sais. On dit pas hein, on dit… )

Bien sûr, qui dit Voila l’été dit léééééégèreté . J’adore ce mot. Prononcez-le tout haut, dans un souffle… Légèreté, c’est-à-dire faire virevolter les habits oppressants le soir venu, quand on a plus ce rôle social à jouer au bureau ou vis-à-vis des clients. La logique du Friday Wear me parait à ce sujet complètement débile. Si on va bosser, si on a des comptes à rendre et l’image de notre boite à défendre, même si  le Friday Wear doit devenir une institution à quoi bon s’habiller « sérieux » les autres jours… Ouhai je sais, je
fais mon coincé du cul (vous l’avez pensé tellement fort que je l’ai entendu, bande de médisants 😉

M’enfin revenons au sujet.

C’est donc l’été et, pour les nanas, c’est la révolution après le régime dictatorial… (Lucas, premier sur les jeux de mots à deux balles…)
Voila donc le règne de la mini jupe et du décolleté. Conséquence directe pour nous les hommes, c’est l’heure du matage hypocrite de ces grâces, ambulantes et ineffables.

Je ne sais pas pour vous messieurs mais moi je ne me gêne absolument pas. Mais alors pas du tout.
Quand je croise une nana qui a un décolleté plongeant, bah je le regarde.
Une seule fois, pas deux, mais je le regarde bien sans faire style « j’ai rien vuuuuuuu ».
C’est tout de même moins hypocrite qu’un regard de furet.

Ensuite, je passe, comme de bien entendu, sur ses guiboles, un rapide coup d’œil pour en apprécier le galbe.
A tous les sens du terme.
Concupiscence quand tu nous tiens…
Et puis j’oublie la naïade.

Je ne la regarde plus.
Bah oui,  j’ai tout de même des scrupules.
Peur que la demoiselle se sente comme un bibelot, un objet de convoitise sexuelle.
Ça ne doit pas être facile pour une nana de sentir un regard qui l’instrumentalise comme ça.

Vous pourriez me dire que c’est une malhonnêteté intellectuelle et une frustration débile que de ne pas continuer le matage.  Que les filles sont « habituées » à ce qu’on les regarde, que si elles s’habillent comme des chaudasses pyromanes elles n’ont qu’à assumer les flammes engendrées. Vous avez parfaitement raison : d’ailleurs, si j’étais vraiment un saint je n’aurais pas regardé du tout… Si j’ai jeté un coup d’œil, autant aller au bout des choses. Paye ton caractère non entier et vraiment sournois !
Vous pouvez donc critiquer, ne vous empêchez pas ! Voire mieux : allez relire
cet article sur ma religion des actes gratuits ; vous aurez  de quoi rigoler…

Mais allons plus loin…

C’est marrant cette tendance naturelle, cet instinct quasi animal qu’on a de mater les sexy girls alors même qu’on sait bien qu’il y a aucune chance de la voir finir dans notre lit. Ya même une sorte de paganisme moderne là dedans. Plus la nana parait inaccessible et plus on « l’adore ». Perso, dans ces moments là, je me dis (et je le vis bien) que je suis un vieux libidineux avant l’heure. Surtout que je reste de plus en plus perplexe quand je mate une fille dans la rue. Vous voulez savoir pourquoi ? Ouiiii, raconte-nous une histoire Papy
Lucas…

Il s’avère que si vous me présentez une jeune trentenaire et une vingtenaire de 25 ans j’ai troooop de mal à évaluer leurs âges respectifs… si je n’ai pas des indices vestimentaires. Et encore, il est des jeunes vingtenaires qui ont une classe folle et des trentenaires habillées comme des collégiennes.  Mais heu ! Tricheuses !! Comment que je fais moi ?

Je me retrouve donc en pleine rue à me poser des questions. Cette nana, si je l’aborde, d’une part ça va graaaave l’emmerder. Ou tout du moins, le fait de l’aborder va directement  la mettre en mode « j’me méfie« . D’autre part, et si par chance elle accepte de partager une tarte au citron sur un banc ou de faire un tour avec moi sur ma trottinette imaginaire (authentiques : et  le pire c’est que, devant de telles entrées en matière, chaque nana a rigolé et ça a « marché »), donc une fois finis les préambules, je vais peut-être me rendre compte au bout de 5 minutes qu’elle a 20 ans et qu’on a pas les mêmes envies, les mêmes trips, voire sur le court terme les mêmes désirs d’avenir…  Ça démontre bien à quel point le coup de foudre suivi d’un amour peut se résumer par la phrase de Peguy :  tout commence en mystique et tout finit en politique…

Continuons sur ce sujet passionnant. Vous ne trouvez pas  qu’entre 20 et 28 ans, il y a beaucoup plus de différences qu’entre 30 et 38 ou  40 et 48 ? J’en ai pris conscience en rentrant dans ma Business Cool à l’âge de 25 ans et ca s’est confirmé il y a 2 mois quand j’y suis retourné pour y finir le reste de mon âge (sic).  Jeune diplômé ? Pas vraiment en ce qui me concerne avec mes 28 ans…

C’est certain : il y a une envie de s’amuser, encore et toujours, chez les Djeunz Cool  là où le vieux vingtenaire aspire à des logiques différentes.
Allez, encore un exemple en provenance du laboratoire qu’est mon école.

La 2ème année de  cours se conclue par un stage en entreprise de 4 mois minimum.
Si on prend en photo un mec qui part en stage et le même à son retour, c’est le jour et la nuit.
Presque flippant.
Le bonhomme revient plus posé, le regard calmé, la démarche moins folle, le discours plus maitrisé, avec un style vestimentaire beaucoup plus adulte , les traits affinés: un peu comme une seconde crise d’adolescence. Eh oui, ce n’est pas pour rien que chez les Romains le terme adulescens englobait la période qui va de 17 à 30 ans…

Tout ça pour dire que j’ai 29 ans dans 3 mois et que je suis en passe de sortir de l’adolescence. Alors pour ma part, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais continuer, rétines et pupilles, à avoir les yeux qui brillent, à mater les jupes des filles, de manière désinvolte et fugace, pour en chérir ensuite, la journée durant, le souvenir fugitif.

Les Idiots, de Lars von Trier

Par Bobby 

Oui, encore un ‘vieux’ film. Cette fois, c’est à cause d’une semaine passée en province chez papa-maman, dévoré par les moustiques pendant un tournage expérimental en forêt. Du coup, Bobby la Bidouille n’a pas le temps d’aller au ciné et resort ses films favoris : Les Idiots

Celui-ci est particulier. Il n’a pas eu autant d’impact que The Hours ou 21 grammes. Il ne pouvait pas plaire au grand public, en quelque sorte. Le synopsis est le suivant : un groupe d’individus décide d’expérimenter, en autarcie, un plan presque machiavélique : vivre en jouant à être malades mentaux. Pour cela, aller dans des lieux publics et agir comme des « idiots » pour choquer et déranger les gens. Dans la vie privée, également, chaque membre du groupe doit retrouver et exploiter son « idiot intérieur ». Le film dénonce en cela l’hypocrisie sociale, les limites de cette expérience (in)humaine, le regard que l’on porte sur soi, sur les autres.

MAIS, ce n’est pas tout. Le film, réalisé par Lars von Triers, appartient à la mouvance que le cinéaste a lancé avec son ami Thomas Vinterberg, nommée DOGMA. En gros, c’est une charte qui impose d’aller à contre courant des grands artifices cinématographiques en vogue, en revenant à la matière brute du film : aucun éclairage, pas d’équipe technique (un caméraman et un preneur de son), pas d’accessoires, ni de musiques, ni de retouches de l’image ou du son. Résultat, à première vue, ça ressemble à un film de famille.

Sauf que ce n’est pas un travail d’amateur. Il s’agit là d’une vaste entreprise, minutieuse, courageuse, permettant d’exploiter avec les acteurs la vérité même du jeu, et des personnages. En effet, en l’absence de lumières à régler (ce qui prend en général des heures), le réalisateur a pu consacrer davantage de temps au jeu de ses comédiens. Ce qui fait qu’au début, certes, on est un peu déboussolés, avant d’être rapidement absorbés par l’histoire, la force poignante des sentiments mis en scènes. Lars von Trier en agace plus d’un. On juge souvent que son travail est « facile ». Je ne pense pas, au contraire, que ce soit si simple que ça. Et j’avoue avoir pleuré comme jamais lors de la séquence finale, peut être plus encore que devant Dancer in the Dark.  

Dans le même ordre idée, je vous conseille Festen, de Thomas Vinterberg. Tout aussi puissant et déconcertant.

Courrier des cœurs : réponse à Sylvain

Cette semaine, Sylvain nous a posé la question suivante : « Mon ex vient de réapparaître dans ma vie alors que ça faisait 3 ans que nous avions rompu. Depuis, j’ai rencontré une autre fille avec qui je suis. Mais avec mon ex, on a vécu une histoire très forte et quand elle est partie, j’ai mal vécu la rupture. Là, le fait qu’elle revienne, même si elle me demande rien, me fait tout remettre en cause. Je ne sais plus laquelle j’aime. Je suis bien avec ma copine actuelle mais mon ex est tout le temps à ma tête. Que faire?? »


La cellule love and sex des vingtenaires des vingtenaires s’est réunie et voilà ce que nous en avons pensé :

Jane : Dans le mot ex, il y a… ex. Je suis absolument contre la remise de couvert post-rupture, au final, on se rend compte que ce qui nous énervait chez l’autre est toujours là, parce que c’est un peu ce qui fait sa personnalité, et à moins de pouvoir le ou la reformater… Ça ne changera pas! Et là, je m’interroge: elle ne demande rien, elle réapparait, tu es avec quelqu’un avec qui tout se passe bien, et tu ne sais plus qui tu aimes? Ya comme une rupture mal digérée là. Même si l’histoire était forte, à l’époque, il y a eu rupture, tu as refait ta vie, elle aussi… Pourquoi ne pas profiter de la tienne sans ressasser le passé? A moins que tu sois persuadé que tout peut être différent cette fois-ci, que vous avez changé et que ce que tu vis actuellement finalement c’est moins bien. Sans vouloir être pessimiste, c’est généralement se voiler la face ce genre de pensées. Voilà pourquoi les exs devraient avoir interdiction formelle de revenir dans nos vies (et pourquoi si c’est toi qui l’a retrouvé sur Facebook, tu as bien cherché les complications!)

Lucas : Je suis incapable de répondre à ce genre de question. La morale me ferait dire « Non Lucas, tu es avec une nana, tu avais enterré
l’autre, ce qui est fait est fait, point barre ». Mais d’un autre coté le poids de l’emotion peut être très fort… Comme je suis un peu pusillanime, je ne serais pas enclin à tenter le diable.
Casser avec l’actuelle pour repasser 15 jours avec l’ancienne et recasser de nouveau avec l’ancienne pour se retrouver seul, aussi seul, c’est pas top…
C’était Lucas, défonceur de portes ouvertes devant l’éternel.

Enzo : Je te comprend pleinement cher lecteur, m’étant retrouvé plus ou moins dans cette situation, ayant réessayé avec la plupart de mes exs, que ce soit poussé par le manque de confiance en soi, de la culpabilité ou par un sentiment semi-conscient de vengeance !
Au final, je dirais qu’il y a toutes les chances pour cela n’en vaille pas la peine (ne soyons pas dans l’absolu, après tout, tu as dit que c’est elle qui t’avait quitté, peut-être qu’elle a muri entre temps si c’était le problème). Mais d’un autre coté, tu auras toujours ce sentiment de « et si ? » vu que c’est elle qui t’a quitté et que tu n’as pas absorbé totalement la rupture. Il faut aussi ajouter qu’il y a eu un espace de trois ans sans contacts entre les deux, il est donc à parier que tu n’es plus amoureux que de souvenirs qui se sont embellis avec l’age…
Mon conseil serait d’essayer de te refroidir un peu, de prendre du recul.
Tu penses à ton ex qui est réapparu soudainement, avec qui tu as vécu un truc fort. Ca te fait quelque chose, c’est normal, tu es un être humain sensible.
Mais cela ne veut pas dire que tu es amoureux d’elle, qu’il y a encore quelque chose entre vous. Il faut donc juste faire attention à toi, ne surtout pas te précipiter.
Dans le cas infime où vous seriez vraiment des âmes soeurs, multiplie par 10 les délais ! Après tout, ça fait déjà trois ans alors des mois en plus ou en moins, ça ne changera rien si ce n’est te donner du temps pour réfléchir et analyser tes émotions.
(au fait, ça finit comment déjà « Quand Harry rencontre Sally ? »)

Tatiana : Je vais encore chercher the solution comme la dernière fois : et si tu trompais ton actuelle avec ton ex histoire d’être sûre que tu peux quitter ton actuelle pour ton ex ? Par contre fais le discrètement car si ton actuelle s’en rend compte c’est mort. Et pas de crise de culpabilité post aventure non plus, l’honnêteté c’est pas toujours cool.

Summer : Il ne faut pas jouer avec ses jouets cassés on peut se faire mal!

Nina : A ma droite, ta relation amoureuse actuelle. A ma gauche, ta relation amoureuse passée qui n’a pas duré. Et tu veux remettre en question la première à cause de la seconde ? Surtout que tu le dis toi-même, ton ex ne te demande rien donc il n’y a absolument pas de questions à te poser. Une relation qui n’a pas marché la première fois, y a peu de chances que ça fonctionne la deuxième. Là, tu idéalises ce passé mais si ça a cassé, c’est que ce n’était pas si idyllique que ça. Et sans vouloir être méchante, si c’est elle qui est partie et qu’aujourd’hui, elle ne te demande rien, c’est certainement qu’elle ne pense pas à se remettre avec toi. Donc profite de ce que tu as au lieu de pleurer ce que tu n’as plus.

Si toi aussi, t’as une question love and sex à poser, n’hésite plus ! Poste un comm ou envoie un mail (clique sur contact, en bas de la page) ! Promis, on t’aidera… Enfin, on essaiera

Et si je faisais un site pro ?

Chercher du travail, c’est finalement accroître au maximum sa visibilité auprès des recruteurs. Envois de CV, inscriptions aux agences d’emploi (ANPE et interim) et cabinets de recrutements… Bref, si vous voulez décrocher un emploi, il faut que l’employeur sache que vous existez. Vous êtes inscrits à viadeo et Linked in, bref, aux sites permettant de développer votre réseau. Même facebook, ça marche mais ça, j’en parlerai plus tard. Mais une bonne façon de se démarquer, c’est de créer un site pro.

Imaginons que je réponde à une annonce. Premier réflexe du recruteur : taper mon nom sur google. D’ailleurs lors d’un entretien, un recruteur m’avait sorti un vieux CV avec une photo de moi à 20 ou 21 ans dessus. Il m’a sorti les articles que j’avais écrit pour un webzine et pour le site de rugby. Bref, on commence l’entretien, le gars sait déjà un peu qui je suis et a eu le temps de lire ma prose à tête reposée car un entretien, ça va vite et on n’a pas le temps de faire lire tout son pressbook. Alors au lieu de le laisser trouver des articles au petit bonheur la chance, aidons le un peu en créant un site à mon nom. Quand je dis site, ça peut être un blog qui a l’avantage d’être plus facile à utiliser qu’un site en html. D’autant que certaines plates formes proposent la possibilité d’intégrer des pages fixes qui serviront pour le CV, par exemple.

En un site, vous pouvez tout présenter à l’employeur : CV, articles rédigés, rapports de stages, réalisations… Evidemment, tout dépend du secteur concerné. Pour ma part, j’avais crée un blog journalistique qui me servait à mettre CV, press book mais aussi écrire des articles bonus genre chroniques de film ou de livres, des réactions sur des reportages, des opinions… Surtout que ce blog a vécu juste avant les présidentielles, ça tombait plutôt bien. Je détaillais aussi l’état de ma recherche d’emploi, racontant mes entretiens et
tous les dimanches, je faisais un journal de la semaine précisant combien de candidatures spontanées, combien d’annonces répondues, combien d’articles écrits ou combien d’entretiens passés j’avais à mon actif. L’avantage, c’est que ça me forçait à ne pas faiblir. Bon, dans les faits, je n’ai jamais mis le press book en ligne vu que j’ai trouvé du boulot deux mois après sa création.

Ce genre de site présente deux avantages : quand vous postulez à une annonce, vous donnez l’adresse du site/blog, permettant à l’employeur de voir rapidement de quoi vous êtes capables. Il n’y passera pas deux heures non plus donc il faut que la navigation soit la plus simple possible. Evidemment, ce n’est pas une raison pour faire l’impasse sur le pressbook en entretien : si la plupart des employeurs prennent la peine de fouiller sur le net pour vous trouver, rien n’indique que tous vont le faire.

Autre avantage : ça offre une visibilité et ça permet à des chasseurs de tête de vous trouver. Evidemment, ça dépend du secteur, là encore. Dans le mien, par exemple, ça m’est arrivé une fois, ça m’étonnerait fort que ça se reproduise, il ne faut pas se reposer dessus. Mais les cabinets de recrutement fouillent, certains recruteurs aussi. Quand je faisais mon stage occulte dans une cave en été 2005, mon « tuteur de stage » avait demandé à l’autre stagiaire de lui trouver des CV de développeurs en ligne.

Soyons clairs : avoir son site à son nom ne dispense pas des recherches, faut arrêter de croire au Père Noël. Mais ça reste qu’en un seul lien, le recruteur peut déjà savoir à qui il a à faire avant même l’entretien. Puis si on choisit la forme blog, on est obligé de le remplir plus ou moins régulièrement et d’écrire donc des articles sur notre métier, ce qui ne peut pas nous faire de mal. A condition bien sûr de soigner son orthographe, grammaire, syntaxe, la présentation et évidemment de ne pas dire trop de bêtises. Mais finalement, soigner son site, c’est comme passer un entretien virtuel, finalement. On n’aurait pas idée d’aller en entretien en pantoufle alors pareil : on écrit comme il faut, ça donnera de suite bonne impression.

Mais Internet n’est pas toujours notre avis, je vous en parlerai la semaine prochaine.

En attendant, un petit article d’un chef d’entreprise qui parle recrutement.

 

Où trouver l’homme ? Episode 14-3 : le café d’après musée

(Je rappelle aux gens que cette histoire est une fiction et que cette scène n’a jamais eu lieu parce que si  j’avais le temps d’aller au musée en journée, ça se saurait)

A la recherche du prince charmant

La semaine dernière, j’avais décidé de prendre M. le dandy à rebours. A présent que je lui ai expliqué que mon métier n’était pas vraiment condamnable vu que j’ai tué personne et que je n’écris pas dans scoop, je vais continuer sur mon chemin et engager la conversation sur un autre terrain. J’ai souvent remarqué que des gens très cultivés sur un sujet essayaient de rester sur ce thème là. Je vais donc entamer une autre discussion pour voir si sa culture s’étend dans d’autres domaines ou s’il n’a qu’une culture très spécialisée.


« Je ne comprends pas quel est le problème dans tout ça. Tu sais, je connais des gens capables de te citer le nom de tous les enfants d’Angelina Jolie et de t’expliquer la situation politique du Népal. Tu vois, j’ai une copine qui fait une thèse en histoire moderne et qui est très au point sur la vie de Britney Spears [j’intègre l’air de rien un élément de réalité, là]. Ca ne fait pas d’elle une personne moins bonne, ça fait d’elle une personne qui sort le nez de son domaine de son spécialité. Parce que souvent, quand on est brillant dans un domaine, on a tendance à rester dessus plutôt que prendre le risque d’aller voir ailleurs.

– Tu ne peux pas comparer la vie de Britney Spears et une thèse en histoire, ça n’a strictement rien à voir. N’importe quelle pintade peut te parler de Britney mais je me demande combien percutent quand on parle de la guerre des tulipes, par exemple.

– C’est de la culture générale, aussi, je suis désolée. Même si le prénom de ses enfants n’est pas une donnée essentielle, à qui ça peut nuire de le savoir. Bon, moi, je les sais pas, je les ai oubliés, mais connaître cet élément là n’empêche pas de connaître le nom du Premier Ministre Canadien ou de son président.

– Mais, ça, c’est de la politique, ça n’a rien à voir !

– Oui, enfin, il n’y a pas de président au Canada mais apparemment, ça te turlupine pas une seconde que j’en parle alors que si je glisse le nom de Britney Spears dans une conversation, là, ça s’agite ».

Mesquinerie, quand tu nous tiens. C’est vrai que pour le coup, je ne suis plus sport du tout mais j’ai de plus en plus l’impression que ce qui s’est passé après les impressionnistes lui passe à des kilomètres au dessus de la tête. Allez, comme je suis très garce, j’en refous une couche.

« Tu connais le Turkménistan ?

– C’est une ancienne république soviétique, oui.

– Oui et ?

– Et quoi ?

– L’ancien président du Turkménistan était particulièrement fascinant en terme d’égocentrisme forcené. Par exemple, il a fait construire une énorme statue de lui en or qui tourne en regardant toujours le soleil en face, un espèce de défi à Dieu. Il a également écrit un livre qui sert en même temps de livre religieux et de loi et il en a même fait envoyer un exemplaire dans l’espace. Finalement, ne peut-on pas voir un lien entre cet égo surdimensionné des dirigeants et la volonté d’être sur le devant de la scène des people. Surtout que maintenant, la frontière entre les deux est de plus en plus flou, y a qu’à voir Sarko et sa Bruni.

– Mais on s’en fout de sa vie privée !

– Oui, on s’en fout mais ça fait partie de son moyen de communication. Il trimballe sa Carla partout pour tenter d’amadouer les gens. Tu peux essayer d’ignorer le truc mais c’est passer à côté d’un pan énorme de la politique sarkozyenne, si tu veux mon avis. Sarkozy, sa plus grande force, ça a toujours été la comm, la mise en scène, on y est toujours. Après tout, regarde le sacre de Napoléon par David, on n’est pas si loin de cette mise en scène de la vie privée ».

Il avale ce qu’il lui reste de café et regarde sa tasse pensivement. Puis il me sourit tout à coup, ce qui m’étonne. J’étais pas censée être odieuse là ?

« Bon, j’en ai marre, là, j’ai envie de bouger. On va se promener ? »

Il y a un truc que j’ai oublié, d’essentiel, dans ma quête de l’homme : les comprendre. La semaine prochaine, je vais donc me pencher sur l’étude de la psychologie de cet homme là.

Et si on changeait de stratégie

Aujourd’hui, c’est grève. Comme la semaine dernière. Comme depuis trois week-end sur le réseau nord ouest du transilien. En fait, ça fait près de 10 mois qu’on se prend régulièrement des grèves et j’avoue que je suis à un tel niveau de blasement que j’en suis tombée dans l’indifférence. Pas de train ? Pas grave, je prends le bus, y en a un qui m’arrange pas si mal. Y a qu’à minuit, quand je suis chargée, que ça m’amuse moins. Mais au bout de 10 mois, force est de constater qu’on ne peut plus continuer comme ça. Le week-end dernier a eu lieu la nuit des écoles : en gros les instits de primaires veulent protester et invitent donc parents et élèves à camper dans les établissement en réalisant diverses activités comme lecture, dictée, maths, dans une ambiance bon enfant. Alors là, j’ai tendance à dire oui ! C’est ce que j’appelle la contestation intelligente car les instits prennent le temps d’expliquer le pourquoi du comment de leur mécontentement, de montrer un peu leur quotidien, même si c’est dans une atmosphère festive. Alors que si je prends les grèves RATP et SNCF, puisque ce sont deus services que j’utilise, je ne sais rien. Si je veux m’informer, je suis priée d’aller lire le journal. Aucun tract distribué, rien. Du coup, ça devient de plus en plus nébuleux. Par exemple, ça fait donc 3 week-ends d’affilée qu’il y a une grève sur le réseau nord ouest, un train par heure voire heure et demie. Alors ok, mais pourquoi ? J’avais d’abord pensé à une agression mais ce n’est pas ça. Selon Simon, c’est une histoire d’heures en plus qui sont qualifiées de complémentaires et les cheminots voudraient qu’elles soient qualifiées de supplémentaires puisque les deuxièmes sont plus avantageuses que les premières. Mais mon père a vu un reportage où il aurait été question d’une cafète déplacée. Sur le coup, il m’a dit ça, j’ai explosé de rire. Mais si c’est vraiment pour ça, là, j’ai juste envie de dynamiter le siège de SUD vu que c’est lui qui fout le bordel. Alors voilà où nous en sommes : 10 mois de grèves plus ou moins régulières, des revendications rapportées dans les journaux, un gouvernement totalement indifférent, des usagers usés… Y a que moi qui me dis qu’il faudrait vraiment trouver une nouvelle voie de contestation ? Alors, ok, les transports gratuits ces jours là, c’est interdit, ça, maintenant, je le sais. Mais pourquoi opposer systématiquement usagers et grévistes ? Pourquoi les grévistes ne vont pas à la rencontre de ces usagers pour expliquer leur cause ? A la limite, tant qu’à y être, organisons des animations dans les trains, métros, postes… pour expliquer le métier. Ok, on est là mais on va t’expliquer pourquoi on n’est pas content. Et pourquoi pas un grand barbecue en guise de manifestation après le boulot ? Mine de rien, ça va en faire de la foule et les grévistes gagnent en sympathie. Alors j’entends déjà les « non mais attends, les revendications n’aboutiront jamais comme ça ! ». C’est sûr que les grève old school, dix mois plus tard, on voit bien leur efficacité : aucune. Je crois vraiment qu’on est à la fin du syndicalisme à la papa. D’ailleurs, quand on voit que la moyenne d’âge des syndiqués est de 57 ans, y a clairement une cassure entre les anciens et les jeunes travailleurs. Certains fins esprits à la capacité d’analyse étonnante vont encore me dire leur fétiche « pfff, et t’oses te dire de gauche » mais hiiiiiiin ! c’est pas le sujet. Je pense juste qu’après 10 mois après les premières grèves de la fonction publique, les gens qui ne sont pas concernés s’en foutent au mieux, sont vraiment remontés à cause des inconvénients qu’ils subissent depuis tout ce temps au pire. D’autant que les routiers s’y mettent aussi et là, de suite, ça parle à tous les gens qui font le plein : l’essence, c’est trop cher, faut faire quelque chose. Comme d’habitude dans ces cas là, le gouvernement  a joué le pourrissement et a gagné. Alors, on change la donne ou on garde les œillères ? En attendant, moi, j’aime bien aller bosser en bus, je crois que je vais faire ça tout l’été !

Dans le train, tugudum tugudum

Des fois je me demande bien pourquoi je sortirais un mec vu que j’ai déjà une relation passionnelle destructrice. Je l’ai avec la SNCF. Oui je sais, encore !
Mais tout n’est pas si noir.


Ce week-end, je me suis donc offert un week-end réparateur chez mes parents avec, au menu, piscine. Evidemment, il a plu et il a fait froid mais mes parents ayant
la bonne idée de mettre une bulle au dessus, j’ai quand même pu me baigner même si se promener en maillot deux minutes dehors à 17° avec une bonne grosse averse, ce n’est pas trop une partie de plaisir. A l’aller, le train fut parfaitement à l’heure, malgré les grèves de la veille et de l’avant veille, ce qui m’a un peu étonnée surtout que j’avais peur que le train soit annulé, vu qu’il partait à 7h25 et que les grèves vont de 20h à 8h. Mais non, voyage peinard, Kenya adorable. Bon, par contre, j’ai eu droit à un plan drague improbable, si on considère le fait que je venais de dormir 4h donc j’étais pas maquillée, pas coiffée, habillée un peu n’importe comment et je soupçonne des traces de fauteuil sur la joue. Le mec a commencé par le classique « et votre chat, il s’appelle comment ? Et toi ? Et tu fais quoi dans la vie ? T’as pas envie qu’on fasse connaissance ?

– Ah ben, c’est ballot, je descends à la gare suivante, dans 10 minutes, quoi… »

Par contre, le mec a pris une photo à un moment, je sais pas s’il visait Kenya ou moi mais je suis pas très fan du concept.

Par contre, selon la loi d’un voyage sur deux chaotique, le retour commençait mal. Le train arrive à l’heure à la gare, je monte dedans : aïe, je suis juste à côté du bar, je sens qu’on va rire. Je m’installe à côté d’une jeune fille, face à nous, deux gars bien allumés. Le train ne part pas. Le train ne part toujours pas. On a dépassé les deux minutes d’arrêt, là. « Mesdames et messieurs, suite à un malaise d’un passager, le train est retenu en gare le temps que le médecin intervienne.

– Non mais ils font chier les gens à faire des malaises sans prévenir », rigole le mec en face.

Moi aussi, je rigole, planquée derrière mon Biba. La fille à côté de moi lit le même magazine donc les deux compères commencent à commenter notre lecture commune et je leur propose mes autres magazines en stock. Le train part enfin avec 30 mn de retard mais on s’amuse bien tous les 4, on discute, on rigole. A la gare suivante, un gars veut récupérer sa place et les deux garçons s’en vont. Mais du coup, avec la fille, on sympathise, on papote entre deux lectures, je lui prête même mon téléphone pour qu’elle appelle son chéri

« Oui, j’appelle du téléphone de Nina… La fille à côté de moi dans le train ! »

Elle raccroche et m’explique que son mec trouve qu’elle parle trop facilement aux gens qu’elle connaît pas. Moi, je trouve ça plutôt chouette : c’est mon
meilleur trajet depuis bien longtemps même si Kenya a été malade (mais le TGV fonçait tellement qu’à un moment, j’étais pas des plus brillantes non plus).

Bref, j’arrive à Paris avec juste 15 mn de retard, plutôt de bonne humeur. Dommage que la grève du transilien sur le réseau nord ouest (pour quelle raison ?
J’ai toujours pas compris et ça fait que le 3e week-end qu’on subit ça sans savoir pourquoi) m’ait forcée à rentrer à pied chez moi. En temps normal, marcher une quinzaine de minutes, je m’en contrefous mais là, ma valise dans ma main gauche, mon sac sur la même épaule, le sac à chat sur l’autre épaule qui me scie bien le coup au passage et une poche dans la main droite, j’ai trouvé ça vachement moins drôle. Du coup, j’ai mal au dos alors j’aimerais savoir si le syndicat du réseau nord ouest rembourse les séances de kiné parce que moi, je veux bien être solidaire mais
à la limite, on a qu’à dire que c’est réciproque et que leur solidarité à eux, c’est de me soigner le dos. Non ?