Où trouver l’homme ? Episode 14-3 : le café d’après musée

(Je rappelle aux gens que cette histoire est une fiction et que cette scène n’a jamais eu lieu parce que si  j’avais le temps d’aller au musée en journée, ça se saurait)

A la recherche du prince charmant

La semaine dernière, j’avais décidé de prendre M. le dandy à rebours. A présent que je lui ai expliqué que mon métier n’était pas vraiment condamnable vu que j’ai tué personne et que je n’écris pas dans scoop, je vais continuer sur mon chemin et engager la conversation sur un autre terrain. J’ai souvent remarqué que des gens très cultivés sur un sujet essayaient de rester sur ce thème là. Je vais donc entamer une autre discussion pour voir si sa culture s’étend dans d’autres domaines ou s’il n’a qu’une culture très spécialisée.


« Je ne comprends pas quel est le problème dans tout ça. Tu sais, je connais des gens capables de te citer le nom de tous les enfants d’Angelina Jolie et de t’expliquer la situation politique du Népal. Tu vois, j’ai une copine qui fait une thèse en histoire moderne et qui est très au point sur la vie de Britney Spears [j’intègre l’air de rien un élément de réalité, là]. Ca ne fait pas d’elle une personne moins bonne, ça fait d’elle une personne qui sort le nez de son domaine de son spécialité. Parce que souvent, quand on est brillant dans un domaine, on a tendance à rester dessus plutôt que prendre le risque d’aller voir ailleurs.

– Tu ne peux pas comparer la vie de Britney Spears et une thèse en histoire, ça n’a strictement rien à voir. N’importe quelle pintade peut te parler de Britney mais je me demande combien percutent quand on parle de la guerre des tulipes, par exemple.

– C’est de la culture générale, aussi, je suis désolée. Même si le prénom de ses enfants n’est pas une donnée essentielle, à qui ça peut nuire de le savoir. Bon, moi, je les sais pas, je les ai oubliés, mais connaître cet élément là n’empêche pas de connaître le nom du Premier Ministre Canadien ou de son président.

– Mais, ça, c’est de la politique, ça n’a rien à voir !

– Oui, enfin, il n’y a pas de président au Canada mais apparemment, ça te turlupine pas une seconde que j’en parle alors que si je glisse le nom de Britney Spears dans une conversation, là, ça s’agite ».

Mesquinerie, quand tu nous tiens. C’est vrai que pour le coup, je ne suis plus sport du tout mais j’ai de plus en plus l’impression que ce qui s’est passé après les impressionnistes lui passe à des kilomètres au dessus de la tête. Allez, comme je suis très garce, j’en refous une couche.

« Tu connais le Turkménistan ?

– C’est une ancienne république soviétique, oui.

– Oui et ?

– Et quoi ?

– L’ancien président du Turkménistan était particulièrement fascinant en terme d’égocentrisme forcené. Par exemple, il a fait construire une énorme statue de lui en or qui tourne en regardant toujours le soleil en face, un espèce de défi à Dieu. Il a également écrit un livre qui sert en même temps de livre religieux et de loi et il en a même fait envoyer un exemplaire dans l’espace. Finalement, ne peut-on pas voir un lien entre cet égo surdimensionné des dirigeants et la volonté d’être sur le devant de la scène des people. Surtout que maintenant, la frontière entre les deux est de plus en plus flou, y a qu’à voir Sarko et sa Bruni.

– Mais on s’en fout de sa vie privée !

– Oui, on s’en fout mais ça fait partie de son moyen de communication. Il trimballe sa Carla partout pour tenter d’amadouer les gens. Tu peux essayer d’ignorer le truc mais c’est passer à côté d’un pan énorme de la politique sarkozyenne, si tu veux mon avis. Sarkozy, sa plus grande force, ça a toujours été la comm, la mise en scène, on y est toujours. Après tout, regarde le sacre de Napoléon par David, on n’est pas si loin de cette mise en scène de la vie privée ».

Il avale ce qu’il lui reste de café et regarde sa tasse pensivement. Puis il me sourit tout à coup, ce qui m’étonne. J’étais pas censée être odieuse là ?

« Bon, j’en ai marre, là, j’ai envie de bouger. On va se promener ? »

Il y a un truc que j’ai oublié, d’essentiel, dans ma quête de l’homme : les comprendre. La semaine prochaine, je vais donc me pencher sur l’étude de la psychologie de cet homme là.

Ils font quoi ses parents ?

Par LucasAujourd’hui amies lectrices, amis lecteurs, j’utilise le blog comme psychanalyste pour râler un coup, m’épancher, exploser, tout ça. Raaaahhhhhha !

Mes parents me pètent les couilles.
Voilà c’est dit. Ah la vache, je me sens serein…

Je sais, je vous fais une seconde crise d’ado : à 27 ans, c’est trop la classe.

Avec tout ce qu’ils ont fait pour moi depuis janvier et mon accident j’ai vraiment pas de quoi les stigmatiser, mais là franchement j’ai un pé-ta-ge de câble en vue…GRAAAAVE !

Comprenez moi.
Le Snobisme concerne deux types de personne :

–         les gens qui ne sont pas riches et qui aspirent à donner les apparences d’un rang plus élevé que celui dans lequel ils sont.

–         les gens qui aspirent à donner l’image-type du milieu dans lequel ils évoluent même si cette image ne leur est pas propre.

Mes parents sont dans la seconde partie.

Issus d’un milieu ouvrier pour l’un, agricole pour l’autre, « modeste » dans les deux cas (pauvre pour ceux qui n »aiment pas parler le politiquement correct) ils ont fait
des études poussées : ma mère est gynéco et mon père est chirurgien, avec un carnet rempli pour les 14 prochains mois…

1 journée et 1/2 par semaine pour 9 malades opérés, 1000 à 1500€ par malade + 3 journées et 1/2 de consultation en cabinet où il voit 30 patients à 50€ la consultation –
70% de frais et impôts. Je vous laisse calculer…Par mois on est largement au dessus du salaire d’un smicard. Du salaire annuel d’un smicard…

Conséquence ?

On vit dans une maison de 300 m², avec un terrain de 3000m², à 15 minutes de Paris.

Mon père a pris une BMW série 5 après avoir vendu sa série 7 « parce que tu comprends, le V8 il consomme… » et ma mère roule en Mini moderne.

Ils jouent au golf sur l’un des 4 parcours les plus fermés de la région parisienne. Là-bas, sur le parking, il m’est arrivé un jour de compter 11 Jaguar, 3 Porsche, 2 Maserati… Et je vous parle pas des Merco.

Mes parents ne boivent pas de vin en semaine mais le week end ils ne servent que des crus classés à leurs potes. Leurs vacances ? Ils ont un appart à Chamonix et se font des
semaines aux Maldives, deci-delà… et profitent des congrès annuels pour voyager (et défiscaliser le voyage de 15 jours même si le congres n’en a duré que 3)

Leurs amis ? Chef d’entreprise, médecins, avocats, etc…Mais ils ont quand même gardé des bons potes de leurs jeunesse… Quand je pense que mon père a créé la section locale
des jeunesses communistes de la ville où il vivait à l’age de 16 ans et qu’aujourd’hui il vote Sarko, ça me fait mal au cul…

Comprenez moi…

Je ne renie pas cet environnement, bien au contraire. J’ai été ravi de vivre dans le confort et d’être culturé à mort grâce à leurs enseignements et la visite des musées, expo, vernissages (mes parents sont fous d’art moderne). J’ai été ravi qu’il ne m’est pas mis dans le privé car l’école de la république était importante pour eux.

Je ne dis pas que tout un chacun doit soigneusement éviter d’être ambitieux ou aspirer à un niveau de vie meilleur.

Simplement on peut très bien progresser dans l’échelle sociale sans ressentir le besoin de le manifester à outrance ou d’adopter les codes de catégorie socio professionnelle qu’on a atteinte. Oui on peut atteindre un certain degré et ressentir des besoins. Mais ya quand même des incohérences. Pourquoi mon père s’était acheté une BMW série 7 alors que ma mère roulait en Espace à l’époque et qu’elle avait donc de quoi trimballer les 3 gosses ? Parce que son associé venait d’en acheter une… Pourquoi ma mère va aux ventes privées de Courrèges ? Parce que ses copines y vont.

Je suis ulcéré quand mon père fait des remarques désobligeantes, suffisantes, hautaines et insupportables en regardant des personnes qui n’ont pas sa culture et/ou ses revenus et/ou son compte en banque.

Merde quoi, j’ai bossé 3 ans chez Decath, à voir des gens vivre avec 1000 € par mois et galérer pour boucler leur budget. Ma mère naturelle (mon père naturel ne m’a pas
reconnu à la naissance) a été obligée de faire 120 kms aller retour pour bosser tous les jours avant de clamser sur une route en 1990, en partant travailler. Des milliers de gens sont sans emploi et, contrairement à ce que disent les Sarkoziens, ils cherchent souvent à être embauchés : parmi eux certains sont même intelligents ! Truc de ouf !

Ouhai, truc de dingue pour mon père qui ne veut pas admettre que tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir un père français libre, ouvrier (mon grand père), l’honneur chevillé au corps, élevant ses enfants avec rigueur pour que ceux-ci aient assez de force pour se battre et sortir de la misère (mon oncle devenu mon tuteur et que je considère comme mon père) ou la chance d’être pris en charge alors qu’ils devaient aller à la DDASS (votre serviteur). Oui je sais, cette phrase fait 3 kms de long elle est mal construite, on a l’impression que je suis le fils de mon grand père. Mais me saoulez pas, c’est moi qu’j’écris d’abord !

La question que j’ai le plus entendu pendant mon adolescence, quand j’évoquais une copine ou un pote, ce fut : « Ils font quoi ses parents ? » Mais merde quoi ! Même si les enfants sont influencés dans leurs valeurs par leurs parents ils peuvent être bien élevés et surtout astucieux sympathiques, et avoir des modes de pensée qui leur sont propres ! Et même si
on en reste aux parents , ceux ci peuvent être intelligents ET avoir connu des difficultés, avoir des boulots peu glorieux, et pour autant être des gens dignes, voire même cultivés, qui méritent qu’on s’intéresse à eux et qu’on les respecte !

Pareil pour leurs gosses qui ne sont pas nécessairement de la racaille mais peuvent très bien être honnêtes, droits et dignes d’intérêt !

Voilà exactement le genre de situations qui me donne envie de prendre ma carte au PS et rénover ce parti pour en faire un instrument utile et non une marionnette qu’on agite
à l’assemblée… Marre de Fabius et Hollande. Pas con M. Sarkozy d’avoir bien vu que l’avenir du PS pourrait passer par DSK et de l’avoir aiguillé vers le FMI.. Mais alors, à quand un PS utile ? Un parti intelligent et efficace via un Etat volontaire mais pas déresponsabilisant, un état qui donne un coup de pouce mais qui ne supporte pas les paresseux, un Etat utile, bordel !

Mais bon… On a une gauche qui veut seulement être élue et qui bosse son marketing pour cela. Une gauche qui se fait élire seulement quand la droite merdouille (regardez
l’histoire politique des 30 dernières années, c’est édifiant) et non pour la qualité de ses propositions. On a une gauche qui a arrêté de réfléchir en 1981… Ca y est je vais être bougon pour la soirée.

Pour revenir au sujet si vous avez des parents comme les miens n’hésitez pas à mettre votre Best Of Unbearable Things en commentaire. Histoire que je me sente moins seul !

Et je vous prie de m’excuser pour ce coups de gueule un brin saoulant mais je viens de passer une semaine avec mes parents 24h/24 et j’en peux plus…