Eldorado, de Bouli Lanners (2008)

Par Bobby 

Ca y est, Bobby a réussi à se bouger l’arrière train jusqu’à une salle de cinéma ! Il va donc (enfin) pouvoir vous parler d’un film récent… et il a donc choisi, pour se faire, le film franco-belge Eldorado, de Bouli Lanners, dans lequel ce dernier interprète le premier rôle.  

 

Il semblerait que le cinéma belge, contrairement au nôtre, ne soit pas du tout en difficulté. Quant on voit ce petit trésor, tout en bizarrerie, très court et qui passe très vite, malgré son rythme lent, on se dit que Bruxelles n’a rien à envier à Paris (non, je vous arrête tout de suite, je suis pas en train de faire de l’auto-flagellation à la « c’est mieux partout mais pas chez moi », c’est juste que je trouve notre cinéma très en dessous de ses capacités ; ça n’a rien de dramatique, la France a été un leader mondial du cinéma à la naissance du 7e Art puis dans les années 20, puis avec la Nouvelle Vague, mais en ce moment, on fait de la merde ; chacun son tour !).

Un quarantenaire dealer de voitures se fait cambrioler par un petit con, et se prend d’affection pour lui. Deux paumés pour lesquels on se prend d’affection.  Ils entament alors un road-movie déjanté, allant de rencontres farfelues en rencontres farfelues. Et c’est vraiment drôle. Autant je n’avais pas aimé le dernier Wong Kar Wai, My blueberry night, avec son road movie américain pseudo-original et ses personnages pseudo-atypiques. Autant là, c’est du jamais vu. Je ne vous en dirai pas plus sur les personnages qu’ils rencontrent, mais à chaque fois, tout en sobriété, nos zygomatiques en prennent un coup. Bon ok, c’est pas la même visée chez Wong Kar Wai, on va me dire que c’est pas comparable. N’empêche que. Un road movie à sketch, c’est un road movie à sketch. Parfois c’est drôle, parfois pas.

Le réalisateur chinois privilégie l’esthétique ? Bouli Lanners aussi ! Disséminés dans le film, on découvre des plans tout à fait grandioses, qui réhaussent l’aura de la Belgique. Un pays tout plat ?

Pas tant que ça…

Courrier des cœurs : réponse à Martin

Cette semaine, Martin nous a posé la question suivante : « Eh bien voici mon problème : j’ai découvert dans l’ordinateur de ma copine des PDF d’histoires à l’eau de rose. Du coup, intrigué, j’ai fouillé un peu plus (je sais, c’est mal), et j’ai même trouvé des DivX de films d’amour dans un dossier caché de son ordinateur portable… Dans l’historique de son navigateur, j’ai même vu qu’elle dévorait (oui, je crois que c’est le terme, au vu de la quantité de pages consultées) des forums Internet sur le couple et l’amour, en particulier les témoignages d’amour d’autres gens, particulièrement intimes et détaillées. Elle consulte même parfois des blogs sur le mariage avec des photos de gens qui s’embrassent lors des cérémonies civiles et religieuses. Bref, je me sens tout retourné, pour ainsi dire trahi.

Je pensais ma copine fidèle et heureuse dans notre couple, et je me rends compte que notre amour ne lui suffit plus. Pourquoi a-t-elle besoin de lire toutes ces histoires d’amour des autres ? Qu’ai-je fait de mal pour qu’elle aille chercher son bonheur ailleurs ?  »

La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie pour répondre à cette dramatique question.

Jane : Votre histoire ne lui suffit plus? Moi je dirais au contraire qu’elle aimerait beaucoup passer à la vitesse supérieure, et vivre son grand roman d’amour perso en direct live. Tu as déjà pensé lui déclarer ta flamme lors d’un coucher de soleil, à genou dans le sable avec des dauphins qui barbotent joyeusement à quelques mètres du rivage? Si la réponse est non, tu peux également apprendre l’équitation et investir dans une tenue de prince charmant qui viendra l’enlever sur son cheval blanc. Bon, j’arrête là, tu dois avoir compris le principe, elle veut du romantisme, de l’amour avec des pétales de rose et des paillettes, une robe blanche et des angelots… Ok, reste à savoir si c’est bien avec toi. Surtout si tu trouves que les meilleures soirées passées ensemble sont celles où elle regarde le foot à tes côtés. Mais la trahison, en fait, je ne vois pas bien où elle se situe. Et si ça se trouve c’est juste une grande romantique qui craint que tu te foutes de ses goûts (de chiotte, certes, mais quand même) à la découverte de ses films fétiches et de ses lectures émotionnantes. Ou alors c’est elle qui a posé la question sur le porno la semaine dernière et elle contre-attaque à sa manière. Je découvre d’ailleurs que je suis une vraie fille à l’intérieur de moi-même, autant j’ai séché sur la question de la semaine dernière, autant le romantisme, les clairs de lune et les grandes envolées lyriques des amants en verve, je maîtrise. J’ai peur.
Bon courage à toi.

Tatiana : offre lui un arlequin pour son anniv. Dis c’est toi le mec de la miss qui a écrit la dernière fois et qui ne comprennait pas pourquoi il avait des films X sur son ordinateur ?

Lucas : Bon alors bien sûr je suis écroulé de rire ! Merci à toi honorable inconnu !! En plus tu as chiadé ton mail pour que ce soit identique : t’as repris la même structure que la question de la semaine dernière ! La classe ! Merci beaucoup pour cet humour ! En tout cas, perso, j’étais écroulé  ! Que celà ne donne pas des idées aux autres lecteurs épris d’un humour délicat ! On est des gens sérieux à la Cellule Love and Sex !

Summer : Alors comme la semaine dernière j’essaierai de répondre avec le même sérieux!
Pour d’obscures raisons les fifilles aiment à regarder des mélos sans nom, et nourrisent leur imaginaire sous couvert de romantisme par ce biais. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter sauf si:
-Le film d’amour inclut mariage princier: de toute évidence tu n’as rien d’un prince alors autant épargner quelques désagréments futurs et déconvenues qu’elle te reprochera un jour ou l’autre.
-le film inclut un meilleur ami secrètement amoureux de l’héroïne ou de l’ héros: si héroïne elle risque fort de te lâcher pour un homme qui la comprend et nourrit les mêmes passions qu’elle à savoir de jolies chaussures et de belles robes empires et qui en plus la connait par cœur puisque son meilleur ami. Si le meilleur ami tombe amoureux du héros  ( beaucoup plus fréquent), je ne dirais pas que tu dois t’inquiéter mais sache qu’à un moment donné une question sacrément épineuse se posera.
-le film se termine par un drame ( meurtre, maladie…): dans ce cas, court loin le plus loin possible il est évident que de telles atrocités ne peuvent être regardées que par des sérials killeuses en puissance.

Diane : Mmmm….mon sixième sens de l’humour me dit qu’il y aurait peut-être comme une légère ironie dans cette question….voire même qu’un petit malin se serait amusé à pasticher la question de la semaine dernière…. Enfin, moi j’dis ça hein…

Enzo : Comme Lucas, je ne peux que voir la symétrie avec la question de la semaine dernière, mais c’est très bien vu (j’en serais presque jaloux de pas y avoir pensé) !
Malheureusement, il n’y avait pas eu beaucoup de réponses la dernière fois, difficile de voir si les gens font deux poids deux mesures ! Peut-être que Jane aurait conseillée la semaine dernière « je dirais […] qu'[il] aimerait beaucoup passer à la vitesse supérieure, et vivre son [gang bang] perso en direct live. » ^_^ Je ne sais que trop répondre à ta question cher lecteur, si ce n’est qu’en cas de problèmes psychologiques pré-existants, un visionnage intensif de ce genre de films peut provoquer une distorsion de la perception de la réalité ! (mais en même temps, avec des problèmes psychologiques, même le visionnage de Dora l’exploratrice peut avoir des conséquences funestes). Avec la réponse de Summer, je m’inquiète, ma chérie aime un film où il est question de meilleur ami lors d’un mariage (intitulé originalement « Le mariage de mon meilleur ami ») !

Jane : Moi la semaine dernière tout ce que j’avais à dire c’est « bouh c’est sale! » alors j’ai rien dit (psychorigide coincée du derrière, et j’assume^) Là tu me parles de prince charmant et de cheval blanc, je maîtrise!

Nina : Depuis notre plus tendre enfance, nous, les femmes, sommes nourries aux contes de fées et autres histoires d’amour et ça ne s’améliore pas en grandissant. Même quand on est en couple, on a du mal à s’en passer, ça nous démange. On a besoin de notre dose de baisers sous la pluie, d’amour devant une cheminée, d’histoire impossible qui va au delà des obstacles… Une fois qu’on est tombé dedans, c’est mort. La seule solution, c’est soit de partager son addiction, soit écrire un roman d’amouuuuuuur. Ou tu la plaques et tu sors avec une aigrie.

Voilà, comme tu peux le voir, t’es pas forcément obligé de poser une question sérieuse à notre cellule, tu fais comme tu veux. La semaine prochaine, pas de courrier des cœurs puisque je suis en vacances donc déconnectée mais tu peux déjà poser ta question en comm, mail (nina.bartoldi’at’gmail.com) ou même en message sur mon facebook, je suis trop gentille.

Les bloggeurs sont des journalistes comme les autres

Je sens que y en a qui vont s’arrêter au titre et s’énerver sur ça mais en fait, après un titre racoleur, provoc et lourdingue vient la subtilité de l’argumentaire… Ou pas, remarque. On verra.

Mercredi soir, intérieur nuit. Nina est tranquillement en train de trafiquer sur le net quand elle voit un de ses contacts facebook afficher le statut suivant « Ingrid libérée ? ». Ingrid ? LA Ingrid ? Notre cause nationale depuis 6 ans ? Je regarde sur le site du Monde : rien. Je traîne mes guêtres sur Scoopéo et là, ça m’explose en pleine figure : des dizaines d’articles de blogs sur le sujet. Dans mon netvibes, c’est pas mieux : tout le monde se dépêche d’écrire trois lignes pour poster en premier la nouvelle. Je ne conclurai pas que les bloggeurs sont des geeks no lifes qui vivent connectés en permanence à leur plate forme blog. Après tout, j’étais moi aussi devant le pc. Par contre, on en arrive au cœur du sujet : les bloggeurs veulent être premier sur le scoop, quitte à publier des infos non vérifiées.

Personnellement, je n’ai pas bousculé mon planning pour parler d’Ingrid Bétancourt : le jeudi, c’est chômagie. Et puis, franchement, quel intérêt de poster un article « Ingrid a été libérée, je suis bien contente pour elle et sa famille ». D’abord, je ne ressens pas de joie particulière. Oui, c’est bien qu’elle soit libérée et qu’elle retrouve les siens, oui, c’est bien de constater que les FARCS perdent de leur puissance et sont en train de tout lâcher petit à petit. Oui, c’est bien de voir que le camp anti corruption en Colombie, camp qui n’est incarné par Ingrid Bétancourt qu’en France car là-bas, c’est un peu l’équivalent d’une Dominique Voynet, quand même, remettons les choses dans leur contexte. Oui, tout ça, c’est bien sympa mais concrètement, je ne suis pas ivre de joie et je n’ai pas ressenti le besoin de dire mon soulagement somme toute relatif à cette nouvelle.

Aujourd’hui, au boulot, ce fut la folie Bétancourt : quand on gère un forum où les nanas aiment parler actu, je vous laisse imaginer, j’ai passé ma journée entre mail et téléphone. J’ai été assez étonnée par l’engouement des internautes sur le sujet, les « ohlala, comme je suis trop heureuse qu’elle ait été libérée ». Si je ne doute pas de la sincérité de l’émotion puisque ça fait quand même 6 ans qu’elle était retenue en otage et qu’on en  énormément parlé, je n’ai pas compris cette espèce de précipitation des bloggeurs de poster un « Ingrid Bétancourt a été libérée ». Si au moins, c’était accompagné d’une analyse, de quelque chose. Mais non, faut poster le plus vite possible pour ramasser un max de lecteurs. Est-ce que le jeu en a réellement valu la chandelle ? Je sais pas. Mais aujourd’hui, on voit à quel point on court après le lecteur, qu’on est prêt à parler de la sextape de Laure Manaudou même si on n’a aucune capture d’écran, voire même titrer sur un sujet qui est dans les mots clés les plus cherchés de google et parler d’autre chose…

Finalement, bloggeurs et journalistes ne sont pas si loin, surtout en ce qui concerne le racolage. Alors j’entends déjà certains « ouais mais atteeeeeeeends, toi aussi, t’en parles alors arrête de juger les gens, vilaine fille ». Alors juste pour info parce que le référencement, j’apprends depuis quelques temps : le titre de mon article ne faisait absolument pas référence à Mme Bétancourt et en plus, comme over-blog n’utilise pas le système des tags sur chaque article (ou mot clé) et n’envoie pas de ping à Technorati, j’aurais pu parler d’Ingrid Bétancourt en long, large et travers hier, le temps que je suis référencée sur google ou autre, elle aura eu le temps de reprendre au moins 5 kilos et on aura déjà changé de sujet. Oui parce que le journaliste comme le bloggeur est versatile, il change de marotte tous les deux jours. D’ailleurs, c’est Domenech qui doit être content : entre ça et la vidéo de Sarko au JT de France 3, il a été confirmé à son poste d’entraîneur et plus personne ne dit rien.

Il n’empêche que moi, je m’inquiète un peu : maintenant qu’Ingrid est rentrée, on va parler de quoi dans les creux d’actualité  ?

Les vacances du chômeur

  

Aussi incroyable que ça puisse paraître, le chômeur peut partir en vacances également. En gros, ils retournent passer quelques jours chez leurs parents. Dans la recherche d’emploi, le moral est essentiel : plus il est haut, plus on a la motivation, les bonnes idées… Et parfois, un changement d’air de quelques jours s’impose. Sinon, les bonnes idées se sclérosent.

L’avantage du séjour parental (ou amical ou amoureux, au choix), c’est que ça ne coûte pas très cher. L’inconvénient, c’est qu’on se sent indisponible et là, c’est un peu la panique. Quand je passais des vacances chez mes parents, je continuais à passer mes journées sur les sites d’emploi, des fois que… La recherche d’emploi est une question de chance et de timing, je ne peux pas laisser passer l’annonce idéale, on ne sait jamais.

Mais le problème des vacances, ce n’est pas tant une connexion Internet, c’est surtout la distance. Postuler, on peut le faire de n’importe où, ce n’est pas un souci. Le problème, c’est que les entretiens ne se planifient pas toujours très à l’avance. Je me souviens de ce fameux jour aux deux entretiens dont un fut le bon : quand j’ai eu les deux rendez-vous, j’étais en province donc j’ai du programmer un retour en urgence.

Cependant, il n’est pas toujours possible de passer sa journée sur ses mails, à répondre aux annonces quand on n’est pas chez soi. Tous les foyers ne sont pas connectés puis en vacances, on n’a pas forcément le temps de passer la journée sur un écran. Si on n’a pas de candidature en cours, tant pis : peut-être que l’annonce qui nous convenait va passer à ce moment là mais trouver un emploi étant aussi un concours de circonstance, c’est donc que les circonstances n’étaient pas favorables. Mais si on attend une réponse, s’éloigner de la civilisation est carrément inconcevable. Dieu bénisse le portable. Mais il faut toujours être prêt à repartir, même en été, ne sait-on jamais. En effet, ça ne fait pas vraiment sérieux de repousser un entretien à la semaine suivante sous prétexte qu’on est en congés et qu’on n’a pas prévu de rentrer avant. Si on décrochait un entretien à chaque annonce répondue ou à chaque candidature spontanée envoyée, ça se saurait. Cependant ça arrive et des fois, tout se joue par mail. Par exemple, pour mon premier taf, j’avais un entretien avec Claude, tout s’est fait par mail. Du coup, quand je suis arrivée dans la boîte pour l’entretien, je ne savais pas si je devais demander monsieur ou madame. Surtout que vu son nom et prénom, en googlisant, je trouve 150 personnes différentes. Heu…

Finalement, ça peut paraître curieux mais avoir du travail, c’est avoir le droit à des vacances, des vraies, des sans complexes. Maintenant, quand je rentre chez mes parents, j’ai pas à me lever tôt pour fouiller le net à la recherche de l’annonce qu’il me faut, je n’ai pas à m’inquiéter de rater un entretien parce que je ne suis pas là, je peux glander en toute sérénité, laissant mon travail à sa place, au bureau. Et glander sans culpabilité, c’est vraiment bon. Comme quoi, l’inactivité, c’est pas de tout repos.

Où trouver l’homme ? Episode 16 : à la bibliothèque

(Je rappelle aux gens que cette histoire n’est que pure fiction donc on le prend comme tel, merci)


A la recherche du prince charmant
Suite à mon échec avec un intellectuel dandy morvophobique, je ne renonce pas à ma quête d’un homme qui en a dans le ciboulot. Mais plutôt que de fouiller dans les musées, je vais plutôt partir en bibliothèque. Après tout, un mec qui passe ses journées dans un musée, c’est pas un peu un branleur ? Alors que là, s’il est à la bibliothèque, c’est qu’il est là pour travailler. Genre un jeune prof ou un thésard…

Première épreuve : trouver une bibliothèque qui veut bien de moi, qui ne suis plus étudiante. Paris fourmille de bibliothèques mais les trois quarts sont estampillées « réservées aux étudiants ». Et alors, on n’a plus le droit de se nourrir de savoir une fois les études terminées ? Alors me reste Ste Geneviève, Beaubourg et la BNF. Après avoir éliminé Ste Geneviève pour un problème de place et Beaubourg pour un problème d’âge et de queue, me reste la BNF. En plus, c’est top, je connais. J’y étais venue en 2002 pour ma
maîtrise sur le Québec et j’avais déjeuné à la cantine qui coûte cher cher avec un jeune inconnu qui m’avait fait la conversation. Je ne sais pas si c’était de la drague vu qu’à l’époque, j’étais en couple donc j’avais pas fait attention. Mais ça veut dire qu’il y a des possibilités.

Arrivée de bonne heure, j’ouvre mon ordinateur portable sur le bureau et réunis autour de moi quelques livres, histoire de faire croire que je travaille vraiment. Je jette des regards à la ronde, pas mal de mâles mais je n’identifie pas clairement de cibles. En attendant, j’entortille mes cheveux en chignon retenu par un crayon, laissant une mèche pendre négligemment le long de mon visage. Je prends un ai concentré mais sans pour autant plisser le front, histoire de ne pas rider mon visage. En plus, j’ai découvert une ridule sur le front, justement, faudrait voir à pas la creuser [ceci n’est pas du tout fictionnel et c’est bien dommage !]. Bref en deux mots, je pose.

Pause déjeuner, je vais me rendre à la cantine qui coûte un bras pour des sandwichs qu’on achète trois fois moins cher en supérette. Y a un peuple pas possible, je vais rigoler pour me trouver une place. Surtout que je dois idéalement me placer à côté d’un homme mignon. Le problème étant que vu le monde, j’arrive plus à distinguer les visages. Bon, allez, je m’assois, moi, warrior, moi pas peur. Mon voisin est une voisine, raté. Bon, elle a presque fini. Ah, elle s’en va et ô victoire, vient s’installer un jeune homme à sa place et même pas trop mal en plus. Non, là, il va y avoir arnaque, c’est trop beau pour être vrai. La dernière fois, au musée, ça a été pareil, je trouvais le seul Français sexy de la place et c’était un prétentieux morvophobe. Forcément, une allergique chronique ne peut aller avec ce genre d’individus. Là, je sens qu’il va avoir une tare celui là aussi, le hasard fait rarement bien les choses, surtout plusieurs fois d’affilée.

Bon, je vais voir. Bon… Hum… Il me regarde pas. Ah ben il serait gay alors, comme d’habitude. Enfin, non, pas comme d’habitude mais ça m’est déjà arrivé une fois alors bon… Ou alors je suis pas du tout son style, ça peut aussi arriver. Ou alors il m’a même pas calculé parce qu’il est dans sa bulle. Je fais quoi ? Il serait de bon ton de lui adresser la parole mais pour dire quoi ? Bon, je peux toujours lui demander ce qu’il fait là, ça ne mange pas de pain.

« Bonjour, heu… Vous venez pour étudier ?

– Dans une bibliothèque, y a des chances ».

Bim, me voilà renvoyée dans mes 22. La raison voudrait que je n’insiste pas, le monsieur n’a pas l’air trop d’humeur. Mais allez, on va pas se laisser impressionner…

J’ouvre donc la bouche pour lui demander ce qu’il étudie exactement mais j’ai pas le temps de prononcer ma première syllabe qu’il a déjà déplié un journal et s’est plongé dans la lecture. Ou comment dire subtilement à sa voisine de table que non, on n’a pas envie de parler donc chut.

Je viens de me prendre un vent.

Ô mon païs, ô Toulouse !

Samedi avait lieu la finale du top 14 de rugby, l’équivalent de la D1 pour ceux qui ne connaissent pas. Sur le terrain : le Stade Toulousain face à ASM Clermont. Dans les tribunes : la smala toulousain, à savoir ma sœur et son amoureux, Yohann et sa chérie, l’ancienne coloc d’Alice et Yohann et son amoureux plus trois potes de Yohann. Donc voilà, 9 chauffés à blanc (enfin, sauf un en pleine déprime qui n’a pas pipé mot de la soirée), imagine un peu l’ambiance.

J’adore les matchs de rugby, surtout les grands matchs comme ça. Première épreuve : arriver au Stade de France. Anthony, Alice et moi, on se retrouve à St Lazare prendre la ligne 13, le RER B étant en grève… Je veux pas faire ma parano mais je trouve quand même
que la SNCF, elle fait toujours grève quand ça m’arrange pas, je pense avoir froissé quelqu’un qui y travaille, un jour, et voilà le résultat. Ou alors j’ai été une vilaine terroriste dans une vie passée et j’ai fait dérailler un train et tué des gens. Peu importe mais un métro, c’est quand même plus petit qu’un RER. Premier arrêt, je me retrouve soudain très proche d’Anthony, c’est un peu gênant. Du deuxième au dernier arrêt, me voici très intime avec un supporter toulousain que je ne connais pas, c’est la première fois que je suis si proche d’un homme dont je ne connais ni le nom ni le visage. Par contre, la barre qui est également très intime avec moi, elle, je l’ai bien vue.

Arrivés au stade en vie et dégoulinants, je m’étale des traits noirs et rouges sur les joues. Oui, moi, quand je supporte, je supporte pas à moitié. Sauf que j’ai pas trop de voix du fait de mon allergie qui m’a irrité la gorge. Mais c’est pas grave, je vais quand même faire ma supportrice en applaudissant et tout. On grimpe aux tribunes, on est assez bien placés, juste après le virage à côté des supporters toulousains… Ca tombe bien parce que faut dire ce qui est, niveau supporter, Clermont nous écrase largement. Première mi-temps mitigée pour nous, pas trop de réussite, un jeu hasardeux face à des Clermontois qui déroulent un jeu efficace mais on limite la casse : 10-10. 2e mi-temps, Clermont implose et Toulouse se gave. Ma sœur nous donne des confettis rouges et noirs qu’on jette dès que Toulouse marque, j’adore ça. Ouais, je suis super primaire, moi, en match, je crie, je me lève, j’applaudis, je jette des confettis. Clermont marque un dernier essai dans les arrêts de jeu mais la messe était dite : Toulouse a gagné. Ceci étant, la victoire est belle car l’équipe adverse s’est battue jusqu’au bout, je regrette juste qu’ils n’aient pas marqué leur essai avant car là, le match était joué et la ferveur n’y était plus.

L’après-match, c’est un moment que j’adore. Déjà, les joueurs sont comme des gamins, ils pleurent, ils sautent de joie, de vrais chiens fous. Et nous, on n’est pas mieux, on a même droit à un feu d’artifice, waouh ! En repartant,on fait un arrêt buvette histoire de laisser la foule partir, on discute, on rigole mais là, ça déraille. On retourne au métro et y a tellement de monde qu’on ne peut pas rentrer dans le station donc on décide d’aller prendre le RER, à l’autre bout du stade, loin, loin. Arrivés à la gare RER, vers 1h : fin de service. Bon, on résume : on est 9 à St Denis, il nous faut au moins 3 taxis. Bon finalement, on trouve un station de bus : 24 mn d’attente. Bon ben on va attendre… On est rejoint par 4 Clermontois dont un qui fout un souk pas possible, essaie de piquer les taxis des gens qui les ont appelés, d’autres nous demandent où sortir toute la nuit en attendant leur train le lendemain. Finalement, à 1h50, on est enfin à Paris, je prends le taxi avec Anthony et Alice pour me retrouver chez moi à 2h30, contente de ma soirée.

Evidemment, le fait que mon équipe gagne rend la fête plus sympa (en 2006, on s’était pris une jolie fessée) mais quand même, cette espèce de ferveur sportive, les cris et les chants des supporters, les bandas, les olas, le Stade qui vit chaque action, j’en suis dingue. A chaque fois que je vis ça, j’ai envie de prendre un abonnement pour les matchs de rugby au Stade de France (ça existe ?). Même si on ne voit pas tout aussi bien qu’à la télé, notamment qu’Elissalde souffre le martyre à cause de sa côte cassée et qu’il est cuit et archi
cuit, on ne voit pas toujours les en avants… Mais être dans l’ambiance, ça, ça n’a pas de prix.

I Wanna be a Blue Cat

Par Lucas

 

Hier, je suis tombé en arrêt dans ma bibiyautek municipale sur un bouquin posé en tête de gondole. Un bouquin qui me fait dire que je suis un précurseur de malade ! Bon OK, j’arrête de me la péter.

Ce bouquin s’appelle Passionnément Singulier. Non, ce n’est pas un hymne au célibat mais un prosélytisme affiché pour l’expansion des esprits extravertis et la propagation de cette Way of Life.

Bon d’accord, je m’excite, désolé. Je reparle français courant… Alors, en fait, c’est simplement un recueil d’interviews, chefs d’entreprises, artistes, personnalités, etc qui sortent un peu du lot par leurs tournures d’esprit. ( je sais : je casse tout…)

Mais justement ! Ce qui surnage dans ce bouquin, c’est que les interviews mettent en avant des gens qui ont un caractère et qui l’assument sans le déguiser.

Si une maison d’édition (Denoël) a accepté de publier ce recueil, c’est que le directeur de la publication s’est rendu compte de la décrépitude intellectuelle dans laquelle on vit. Comme si il y avait une prise de conscience qu’on était entré dans une période terne et insignifiante, un espace-temps ou personne ne sort du lot et n’ose s’engager… Les prémices de cette situation, on les a eu avec l’arrivée de Sarko aux pouvoirs (ministre puis prez). Sarko qui paraissait un peu plus funky que les énarques et qui a fait une campagne à fond sur son image « novatrice », sur son discours typé « phrases simples et affirmatives sans tourner autour du pot ». Bref, la forme mais rien sur le fonds…De toute façon, quand je vois l’inanité et le silence du PS depuis l’arrivée de Nicolas au pouvoir, je me dis que c’est vraiment l’époque : personne ne propose de solutions en phase avec les contingences de notre temps… La sinistrose domine et c’est un brin déplaisant pour peu qu’on soit un garçon au naturel enjoué et joueur…

Bon je reviens à mon sujet ??
Singulier ça veut dire particulier, bizarre, curieux, voir même rare.

Autant de mots qui montrent bien le coté incongru des gens singuliers au sein d’une société ou le mot d’ordre est l’uniformité, terne et sempiternelle. Or, ces esprits libres oublient les idées reçues, les lieux communs, les banalités… Quel soulagement ! Il est donc des gens, des Blue Cats,  qui sortent des sentiers battus, qui prennent des chemins de traverses et qui ont leur propre trajectoire : chacun sa route, chacun son chemin, passe le message à ton voisin…

Bien sûr, je pourrais évoquer tous les gens interviewés dans ce bouquin pour vous faire toucher du doigt cet esprit et je serais super lourd. Non pardon c’est une certitude, j’enlève le « s » : je serai super lourd…

En fait je voudrais seulement rappeler à votre mémoire deux personnalités féminines. Si vous avez leur numéro, n’hésitez pas à me le transmettre (prestance at gmail point com). Je serais ravi de les inviter à diner. Sans pensées lubriques.

La première de ces femmes c’est Marie Lecoq.

Marie  était animatrice radio sur OUI FM et elle est maintenant sur Europe 2. Elle a une voix à tomber par terre mais surtout elle a une douceur, une nonchalance et un charme craquant. Comme elle le dit dans une interview en parlant d’elle-même : « bon alors Marie, il faut que tu fasses de la radio comme tu aurais envie de l’entendre« .
On est loin de Cauet, marketé déconne, ou des animateurs de BFM, carrés et sérieux…
Merci Marie pour ta liberté de ton sans penser au qu’en dira t-on. C’est tellement agréable à l’heure ou les marketteux cherchent à tout modifier pour coller aux attentes des consommateurs…
T’écouter est un apaisement, un moyen de sourire, un envol…  Un peu comme une chanson de Morcheeba après un groupe de métal. Surtout, Marie, ne change rien.

La deuxième femme c’est Kriss
Kriss a longtemps été animatrice sur FiP.
Mais siiiii. Vous savez bien : c’était l’une de ses voix magnifiques et chaudes, celles qui vous disent :

« Vous roulez sur le périphérique sud à 1km/h et vous allez avoir tout le temps de réfléchir à des cadeaux pour votre épouse ou votre mari pendant ces 32 minutes, le temps d’atteindre la Porte d’Orleans. Tout va bien, respirez : vous êtes sur FIP… »

Maintenant, Kriss officie sur Inter, le dimanche matin, à l’heure où les glandeurs qui grasse-matent se réveillent après avoir raté Philipe Meyer et son « La prochaine fois je vous le chanterai« . Philippe, un énorme Blue Cat lui aussi…

Kriss a longtemps mené une émission terrible sur Inter, Portraits Croisés, un truc qui cartonnait grâce à son style tellement différent des animateurs de radio lambda… Une émission qu’elle a arrêté car elle voulait passer à autre chose. Ce qui est marrant, c’est que, lorsqu’elle parle, ça ne sent pas le calculé ou le prévu mais le naturel…Le vrai.  C’est peut-être ça aussi être un Blue Cat. Aller où on veut comme on veut sans penser au qu’en dira t-on… Respect les filles.

J’aurais pu vous faire un laïus sur KST, interviewée, elle aussi, dans ce bouquin. Mais j’ai déjà fait un article il y a un an et demi sur elle

Je vous invite donc à débusquer ce recueil d’interviews sur les Blue Cats : « Passionément Singulier ». Il tue des ours polaires !

Memento, de Christopher Nolan

Par Bobby 

Pfiou, que le temps passe vite… Je rentre de la gay pride et je me dépêche de vous rédiger un petit quelque chose… Cette semaine, j’ai pu voir en dvd un film dont nous avions parlé en commentaire avec Tatie Diane, Memento. Sur le boîtier, ils ont écrit : film culte. Et je crois qu’ils n’ont pas tout à fait tort. 

 

L’histoire ? Rien de plus simple : un américain beau gosse chercher à venger la mort de sa femme. Là, vous me dites : ok, on a déjà vu ça 200 fois. Et là je vous dis : attendez, j’ai pas fini ! Car le type souffre d’une forme rare d’amnésie, qui le prive de mémoire immédiate… il conserve tous ses vieux souvenirs, d’avant son accident, mais ne se souvient plus de rien au bout de 10 minutes… Bon, déjà, pas facile à mettre en scène. D’autant que le type, afin de s’en sortir un minimum, est obligé de prendre plein de notes en permanences,
de faire des photos des gens qu’ils rencontrent, et même (c’est américain, je rappelle…) de se tatouer sur le corps les infos super importantes. La classe suprême (et c’est l’occasion pour nous de mater à loisir le corps de Guy Pearce). En plus, des fois les gens sont des connards et essayent de lui pourrir son enquête, alors il doit reconnaître son écriture sur ses notes, sinon… ben sinon il se plante complètement…

Ensuite, et c’est là tout l’intérêt du film, le film se déroule à l’envers… On commence par la dernière séquence, et on remonte ainsi jusqu’à la première. Et, histoire de compliquer encore plus les choses, les séquences sont entrecoupées de flash-backs en noir et blanc, qui constituent une histoire parallèle un peu hachée, et qui, au final, vient éclairer l’intrigue principale. 
Bref, vous l’aurez compris, le principal intérêt du film, c’est une prouesse scénaristique indéniable. Pour le regarder, il faut être à son maximum de concentration, car si on loupe ne serait-ce que 20 secondes, paf, on est complètement largué. Avis aux amateurs d’énigmes filmiques… 

PS : pour nous amis les mâles hétéros, vous pouvez aussi profiter de l’image de la belle Carie-Anne Moss, excellent personnage secondaire… Rappelez-vous, elle joue la ténébreuse Trinity dans Matrix !

Courrier des cœurs : réponse à Julie

Cette semaine, Julie nous a posé la question suivante : « J’ai trouvé des films pornos sur le pc de mon copain et depuis, je flippe. Pourquoi il regarde ça? Je lui suffit pas? Est-ce qu’il n’a pas son compte avec moi? Est-ce que je peux dire que c’est de l’infidélité? »


La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie pour lui répondre. Voici ce qu’on en pense.

Lucas : Ça veut dire que tu es une grosse nulle au lit et qu’il cherche ailleurs le plaisir que tu ne lui donnes pas.
Naaan je rigoooooooole. Trop drôoooole le Lucas.
Pose lui la question.
S’il tergiverse, s’il est gêné, c’est qu’il y a un mal-être alors demande lui ce qu’il veut. Non pas ce que TU peux faire mais comment VOUS ENSEMBLE pouvez limpidifier la situation.
S’il reste silencieux, vire le purement et simplement.
S’il fait un sourire sardonique, pince lui les carotides et maintient la pression.
En deux secondes, il est out.
En 30s le cerveau n’est plus irrigué.
En moins d’une minute il clamse cérébralement (mais c’était déjà plus ou moins le cas avant, non ?).
La responsabilité juridique des Vingtenaires ou de Lucas ne pourra être recherchée au travers des informations données ici à titre gratuit et sans volonté de nuire ; informations que tout un chacun peut trouver facilement google étant l’ami de tout le monde.


Enzo : Pourquoi il regarde ça ? Pour se masturber, pour éprouver une certaine excitation ou pour de la recherche sociologique /
anthropologique.
Je lui suffis pas ? Si (sous réserve de liaisons extra-conjugales dont tu ne parles pas dans ta question). Ce n’est pas la même chose, ce n’est pas comparable.
Est ce qu’il n’a pas son compte avec moi ? Même réponse que précédemment.
Est ce que je peux dire que c’est de l’infidélité ? Bien sûr que non. A moins que tu penses que la masturbation soit un infidélité ??
Habituellement, on explique ceci en disant que pour les hommes, le visuel tient dans une plus grande part dans l’excitation. Je pense que cela soit un peu réducteur mais soit.
D’autre part, il faut souligner que la masturbation (jusqu’à l’orgasme) déclenche l’envoi de substances dans le cerveau. Ça peut donc servir pour évacuer le stress, pour apaiser, pour s’endormir,
… Un support visuel ou écrit sert à accélérer l’acte, pour n’en garder que le résultat. Et qui est à des milliards de kilomètres de faire l’amour avec sa bien-aimée, voilà pourquoi il est
incongru de parler d’infidélité.
Pour terminer sur une note insolite, il est à noter qu’une étude montre que les hommes ayant eu au moins 5 orgasmes par semaine entre 20 et 50 ans ont plus de chances de ne pas développer de cancer de la prostate. Donc les « branleurs » vivent plus longtemps (si on prend en compte le nombre moyen de rapports sexuels, il faut bien combler pour arriver à cette régularité) ! Tu devrais donc être contente d’avoir un petit-ami qui prend grand soin de sa santé

Summer : pas besoin de t’inquiéter sauf si les films sont d’un genre particulier:
zoophile: j’imagine que tu n’as rien d’une chèvre afghane donc tu risques en effet de ne pas suffire
pédophile: la il ne faut plus t’inquiéter mais courir, loin, très loin
sm hard: je ne sais pas jusqu’où va ton degré de souffrance, mais au vu de la question j’imagine qu’il ne va pas aussi loin donc la aussi court loin
scato: ai je besoin d’expliquer pourquoi?
mais sinon à part ça, ( il existe sans doute d’autres « genres particuliers » la liste n’est pas exhaustive) ton mec est juste un mec comme les autres, désolée de te décevoir.

Diane : Pourquoi est-ce qu’il regarde ça?? Mais voyons, mademoiselle, vous n’êtes peut-être pas familière du fait, mais, à ce que j’ai entendu dire, c’est rempli de gonzesses à poil ces trucs là…

A mon humble avis, le seul moment où il faudra s’inquiéter est celui où il décidera de soulager ses pulsions avec la voisine du dessus plutôt qu’avec des films pornos…

Et si l’on commence à décréter le visionnage de film porno comme facteur d’infidélité, je pense qu’on risque de voir pousser sous peu des cornes à la bonne moitié de la planète. (….en supposant que la deuxième moitié n’y a pas accès, hein, bien sûr)

Nina : Allez, je vais te faire une révélation : c’est normaaaaaaaal ! Ce n’est pas sale. L’homme a souvent besoin de stimulation
visuelle pour se tripoter. Ah, la masturbation, c’est pas normal quand on est en couple ? Oh mais si. On peut être satisfait sexuellement et aussi se masturber. Donc pour répondre à ta question, j’aurais tendance à te dire de te calmer sur la question et tu n’as qu’à les regarder avec lui. Et s’il préfère les regarder seul, ne le prends pas mal, ça ne veut rien dire.

Si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite pas à laisser un comm ou à m’envoyer un mail à nina.bartoldi(at)gmail.com

Est-il si difficile de sex-primer ?

Dans le couple, il y a un sujet qui peut être rapidement source de tension et qu’il est difficile d’aborder : le sexe. Je ne parle pas de conversations genre « chéri, t’es tenté par ça ? » mais bien les conversations « chéri, faut qu’on rectifie le tir ! ».

Le week-end dernier, je rentrais donc sur Paris avec ma réserve de Glamour, Cosmo, Biba… quand je tombe sur un article sur la question. Ah oui, oui, c’est tout à fait ça. C’est bizarre comme le sexe reste relativement tabou, même dans un couple, à partir du moment où il touche les performances. Aujourd’hui, ou t’es un bon coup ou tu t’enterres vivant, il n’y a aucune alternative. J’ai beau répéter que le bon coup absolu n’existe pas et qu’une bonne sexualité se construit petit à petit, je suis la première à avoir un peu de mal à aborder le sujet, de peur de vexer.

Un exemple au hasard : Gabriel. Depuis le temps qu’on couche ensemble, on se connaît bien sur ce plan là mais y a un truc qui me titillait un peu et je n’osais pas trop mettre le sujet sur le tapis de peur de le blesser. L’autre jour, on discute sur MSN et là, c’est lui qui aborde le sujet et en même pas 5 minutes, le « problème » est réglé. Là, je me suis quand même sentie très conne : ça faisait quelques mois que je me demandais comment gentiment aborder la question sans pour autant le vexer et là, c’est lui qui le fait tout
seul comme un grand. Finalement, il n’y avait aucun drame dans l’affaire.

Mais il n’en reste pas moins que parler sexe avec son compagnon reste difficile, surtout quand il s’agit d’un souci. Parce que partager ses fantasmes, tout le côté positif, là, oui, c’est facile. Mais le « en fait, ce serait mieux que tu fasses ceci ou cela parce que là, ça ne me fait rien », faut arriver à le placer sans que l’autre nous fasse un complexe du « je suis un mauvais coup ». Parce que franchement, selon la façon dont c’est dit, ça peut être vexant. Si un mec me dit « non mais fais pas ça comme ça, j’aime pas », si je suis dans une période de sensibilité exacerbée, ça peut dégénérer en « je suis le pire coup du monde ». Pourtant, il y a des manières de dire les choses qui font que ça ne me choque pas. Par exemple, si je prends Laurent que j’ai revu récemment, c’est le gars qui aime demander précisément ce qu’il veut mais vu que je sais que c’est sa façon de fonctionner, je ne le prends pas pour moi. Et je me dis qu’en plus, il a raison.

Après tout, pourquoi dramatiser tout alors qu’on veut juste du mieux pour tout le monde ? Oui, pour tout le monde. Enfin, je sais pas vous mais moi, en général, j’apprécie quand on est deux à prendre notre pied. Déjà, de façon totalement égocentrique et orgueilleuse, j’aime qu’on me dise « ah, dis donc, j’avais jamais pris autant de plaisir » ou assimilé. Ouais, je sais, c’est nul mais en fait, l’idée n’est pas « ouais, je suis un bon coup, je suis trop fière de moi et je vais le raconter à tout le monde », vu que je pense que tout le monde s’en fout, mais bien que j’ai réussi à lui procurer un maximum de plaisir et on est quand même là pour ça. Du coup, à partir du moment où on dépasse le one shot, je pense qu’il est plus malin pour les deux parties impliquées de s’exprimer directement sur le sujet. Ce n’est pas que tu es un mauvais coup, sinon, je ne serais pas revenue, mais que nous n’avons pas exploité tout le potentiel érotique qui s’offre à nous.

Ouais, la prochaine fois, je vais dire ça. Après tout, le but du sexe n’est-il pas de se faire plaisir le plus possible ? Quand je dis « se », c’est
se faire plaisir à soi et à l’autre, bien sûr. Ce serait con de passer à côté d’un feu d’artifice juste parce qu’on a peur de dire que ça, ce serait mieux. Finalement, tout vient encore de cette foutue sacralisation du sexe et culte de la performance.