Les joies de l’entretien

Quand on cherche un travail, à force d’envoyer des CV partout, forcément, on finit par décrocher un entretien. J’ai déjà parlé de la préparation physique, passons directement à
l’entretien en lui-même, je ne suis pas encore en âge de radoter.

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L’histoire de l’entretien commence au moment où on reçoit le coup de fil tant attendu « Bonjour, je suis M. le recruteur, j’ai bien reçu votre CV et je serais intéressée pour
une rencontre ». Oh mon Dieu ! Je me souviens, quand j’étais au chômage et que je recevais un coup de fil d’un numéro en 01 ou « privé », mon cœur s’emballait. Mais c’est fou
le nombre de boîte de sondages qui ont des numéros cachés… Mais quand il s’agissait d’un coup de fil pour un entretien, il fallait vite tout intégrer : nom de l’entreprise, adresse… Une fois raccroché, il est temps de préparer cet entretien, on n’y va pas les mains dans les poches. Etape 1, vérifier son book et s’il n’est pas à jour, imprimer nos derniers articles pour les montrer à l’employeur. Une fois notre book à jour, il faut savoir qui on va voir. En général, la personne que vous rencontrez va vous expliquer le poste mais je vous jure que si à la question « vous connaissez notre entreprise », vous répondez « non, pas du tout », vous n’aurez pas le poste. Inutile d’en faire des caisses mais sachez au moins dans quel domaine d’activité vous allez travailler, essayer de noter les infos essentielles, ce sera déjà bien. Enfin, point essentiel, surtout pour les gens comme moi, repérer le trajet. Quand on me fixait l’entretien, je demandais toujours la station de métro la plus proche, histoire de me repérer au moins mentalement. Puis je vais sur le site de la ratp et j’apprends le trajet par cœur. Quand on n’est pas douée en orientation comme moi, le plus angoissant dans l’entretien, c’est l’idée d’arriver en retard parce qu’on s’est perdus.

 

Bon, vous êtes arrivés. Parfois, la personne ne vous prend pas de suite donc il faut s’asseoir et patienter. Dans ses cas là, j’ai toujours un livre un peu sérieux dans le sac (même si je peux aussi avoir un Cosmo dedans) au cas où je devrais attendre un peu. Faut pas se leurrer, si je lis « les aventures d’une pétasse », ça fait moins sérieux que
« essai sur l’être et le paraître », par exemple. Je prends un air détaché et détendu. Je suis zen, j’ai confiance en moi et mes capacités, tout va bien. Enfin, le recruteur arrive et
vous tend la main. Attention, une poignée de main est significative. Pour ma part, je déteste les poignée de mains ultra viriles genre « ah, je t’ai pas cassé un doigt ? J’ai essayé
pourtant ! » ou les mains molles genre je serre une éponge, tu les as mis où tes os ? Donc je tends une main ferme mais pas trop, je ne veux passer ni pour la nana prête à tout
écraser à commencer par les phalanges de mon interlocuteur ni pour une personne sans énergie. Une fois dans le bureau du recruteur, je sors le nécessaire de la parfaite candidate : book sur le bureau, un cahier pour prendre des notes et mon stylo, je me tiens droite. Et le sourire n’est en aucun cas une option. Durant tout l’entretien, je regarde mon interlocuteur dans les yeux.

Sur l’attitude, je dois me contrôler. J’ai la manie terrible de parler avec les mains et si celles-ci peuvent jouer avec le stylo qui traîne là, elles sont contentes. Mais en entretien, c’est rhédibitoire. Lors du premier entretien que j’ai passé, j’ai dû démonter et remonter trente fois mon stylo sans même le faire exprès. C’était 30 fois de trop. Donc quand je
parle, je pose sagement mon stylo sur mon cahier et je n’y touche plus. De la même façon, je ne me dandine pas, je reste calme. Moins je fais de gestes, moins j’envoies de messages
contradictoires.

Mais et l’entretien dans tout ça ? Que dire ? Comment se présenter ? Nous verrons ça la semaine prochaine !

J’ai la pression matrimoniale

Et voilà, il fallait que ça arrive. A 27 ans et quelques mois (hum…), je me suis pris la fameuse question « et toi, c’est quand que tu nous ramènes un mec ? ». Et la question ne vient pas forcément de là où on attend. Par exemple, ma mère s’est fait à l’idée que je suis une navigatrice, selon elle. Limite, je me demande si elle grossit pas le trait. Non, la question est venue de Yohann, mon presque frère.

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C’est vrai que pour ma famille, ça fait officiellement trois ans et un peu plus que je suis célibataire. En vrai, beaucoup moins. En fait, j’avoue que mon célibat, c’est une donnée pour moi, un état de fait qui ne me réjouit ni ne me pèse. J’y pense pas tellement, surtout parce que j’ai toujours des aventures à droite, à gauche, qui m’occupent. 2007 était tellement sous le thème du boulot que le reste est un peu passé au second plan. Après, j’ai décidé qu’en 2008, c’était le mec mais là, c’est plus facile à dire qu’à faire.

 Je suis de celles qui sont persuadées que plus tu cherches, moins tu trouves. Ou tu trouves mal. Parce que concrètement, où trouver un homme ? Meetic ? Non, c’est bon, j’ai donné. J’avais décidé que Gaëtan serait ma dernière tentative et depuis j’y suis pas retournée. Le boulot ? Hiiiiiin hiiiiiiin ! Danger. Si ça se passe mal, croiser son ex dans les couloirs et éventuellement bosser avec, c’est quand même pas génial. Et si ça marche, si je vois mon mec toute la journée, j’aurai pas envie de le voir en plus le soir, c’est mathématique. Bon, l’idéal serait des cours du soir mais honnêtement, ces cours là, y a que des vieux. La piscine ? Mais on ne drague pas à la piscine, je vous ai déjà expliqué. Le supermarché ? Non, ça me rend toujours de mauvais poil et c’est trop laid comme endroit. De toute façon, j’ai pas envie de mettre en place l’opération « trouvons un fiancé à Nina » parce que je suis sûre que ça ne peut que foirer.

Mais du coup, j’ai eu une idée. J’ai envie de faire une série sur les lieux de drague ou « où trouver L’homme ». Je vous rassure, ce ne sera pas une observation participative parce que j’ai pas que ça à faire non plus et que j’ai pas changé d’avis depuis le paragraphe précédent. Ce serait un peu rapide, même si, vous ne vous en rendez pas compte, 4 jours séparent ces deux paragraphes. Mais ça ne m’empêche pas d’avoir un avis sur la question et une envie féroce de caricaturer un peu tout ça. Et puis ça tombe pile poil avec ma volonté d’alléger ce blog alors franchement, je fonce !

Alors, pour vous, je parlerai de la drague au supermarché, sur meetic, en boîte, au boulot… A défaut de présenter un mec à la prochaine réunion familiale dans 15 jours et de trouver le beau-frère idéal pour Yohann, un qui doit pas annoncer son salaire en k€ annuel mais en salaire net mensuel. Oui, Yohann, il a des critères bizarres mais il a aussi des qualités, il ne faut pas croire.

Première étape : la piscine

Le réseau

Une piste intéressante pour le chômeur,c’est le réseau. Je dirais même que c’est la carte la plus intéressante dans le jeu de la recherche d’emploi. Regardez, vous, par exemple,
vous cherchez un nouveau médecin, dentiste, coiffeur ou ce que vous voulez, quel est votre premier réflexe ? Regarder dans votre entourage et demander à vos amis. Imaginons qu’un rédac chef cherche une pigiste et que je sois dans ses relations, il pensera à moi. Normalement.

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Parce que le réseau, c’est magique, c’est un peu la multiplication des petits pains : si on part du principe qu’une personne connaît au moins dix personnes, chacun de vos
contacts connaît lui-même dix personnes, chaque contact de vos contacts connaît au moins dix personnes… C’est exponentiel. Maintenant, sur viadeo, quand je cherche quelqu’un, il est toujours dans mon réseau éloigné mais ça me permet de le contacter en rebondissant de contact en contact, vu que je n’ai plus de crédit de mise en relation directe.

 

Aujourd’hui, il n’est plus besoin de vanter les qualités d’un réseau, tout le monde sait à quel point c’est important. Surtout dans des métiers de l’info et de la comm comme le
mien. Ainsi, certains y ont vu un filon et ont commencé à exploiter ça. Sur Internet, plusieurs sites vous proposent de vous constituer un réseau de façon gratuite ou payante. Je ne les connais pas tous, je cite les plus connus (enfin, ceux que j’ai déjà utilisé).

– Linked in mais l’interface m’a tellement déplue que je me suis contentée de remplir mon CV et basta. Je ne suis certes pas bilingue anglais/français mais quand même, je comprends pas mal et là, je l’ai pas trouvé intuitif du tout ce site, j’ai donc laissé tomber.

– Ziki qui permet de faire pas mal de choses. Perso, je m’en sers pour faire un miroir à mon ancien blog de chercheuse d’emploi (tué depuis, pas la peine de le chercher) puisque le
flux RSS est dessus, on peut aller sur mon CV, mon profil mybuzz et ma fiche viadeo.

– viadeo, donc. Je découvre ça et je m’amuse comme une petite folle, je linke les gens que je connais. 4 contacts, wouhou ! Vite, ça monte, je retrouve des anciens potes de
facs, je linke même des blogueurs chez qui je commente. Maintenant, va falloir que je linke les collègues. Seul défaut et de taille : viadeo est payant. Et vous payez d’un coup s’il vous
plaît. Du coup, je suis allée sur le forum suggestion gueuler un coup et j’ai gagné 6 mois gratuits. J’adore !

Donc le réseau, c’est important, la preuve. Si je m’en réfère à mon expérience personnelle, c’est mon réseau qui m’a permis indirectement d’avoir du travail, une amie qui m’a fait
suivre une annonce et voilà ! Mais surtout, le réseau permet de vous crédibiliser et assurer un bouche à oreilles favorable… Si vous avez fait les choses correctement. Par exemple, sur
viadeo, j’ai envoyé des invitation à mon tuteur de stage en presse rugby et à DRH choupinou mais ils ont pas répondu (bouh !). Non parce que j’aurais apprécié de me faire recommander. Si un mec arrive sur ma fiche et voit que mes derniers employeurs se portent garants pour moi, c’est quand même un sacré plus. « Nina, testée et approuvée par des gens qui l’ont payée ! ». Hum, ça fait un peu prostituée ce slogan, va falloir que je m’en trouve un autre. Mais l’idée, c’est ça.

Mais alors, comment se constituer un réseau ? Bon, premier cercle, la famille. Ma sœur travaille en marketing, un contact intéressant. Son ancienne coloc, une ancienne copine
à elle, je les connais, ça peut être intéressant. Tiens, mon cousin aussi est sur viadeo. Hop, je le rajoute. On n’est pas dans la même branche d’activité mais il a des contacts et ça peut
toujours me rapprocher de quelqu’un. C’est un peu ça, le jeu du réseau, on ne sait jamais qui, à l’arrivée, va nous aider. Je me souviens d’un camarade de classe qui voulait être journaliste sportif. Lors d’un rendez-vous chez le dentiste, il parla de ses visées professionnelles à ce dernier qui, what a miracle, connaissait un journaliste à l’Equipe ce qui permit à mon pote de faire un stage là-bas. Donc il vaut mieux réseauter large car on ne sait jamais qui connaît qui et qui va ouvrir la bonne porte au bon moment. Bref, il ne faut négliger personne même si, sur le coup, avoir dans son réseau un plombier ou un menuisier, ça vous paraît pas hyper pertinent pour trouver du boulot. Erreur ! Bon, je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup de plombiers sur viadeo et co mais je pense par contre qu’un plombier a beaucoup de clients dans divers milieux…

Alors réseautez. In fine, c’est peut-être votre amoureux ou amoureuse de maternelle qui vous mettra en contact avec la personne qu’il fallait !

La joie des ANPE et des assedics

Octobre 2005, me voici diplômée, je passe donc du statut d’étudiante à celui de chômeuse. Sauf que ça ne va pas durer, ai-je décidé. Donc je ne passerai pas par la case
ANPE/Assedics, non, non, non ! Ma grande naïveté me perdra. 4 mois plus tard, la mort dans l’âme, je finis par me connecter sur le site des assedics et c’est parti, je m’inscris. Je ne me doutais pas alors que je pénétrais dans un univers à vous rendre fou.

 

Je m’inscris, donc. En fait, au départ, j’appelle une dame qui m’explique que je m’inscris sur le net et c’est fini, je reçois tout par la Poste ensuite et tout va bien, merci. Je lui demande au passage s’ils délivrent des conventions de stage, on me répond oui. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Quand je vous le dis que je suis naïve. Premier accroc : je ne
reçois pas les papiers. Inscription + 15 jours, je finis par appeler. Je n’ai guère d’estime pour les services de la Poste (j’ai bossé pour eux, je sais de quoi je parle) mais 15 jours pour une lettre dans un même département, même en début d’année, ce n’est pas normal. Donc, j’appelle :

« Oui Mlle Bartoldi, j’ai pas reçu les papiers.
– Ah, c’est pas normal.
– Je m’en doute.
– Bon, je vous les renvoie ».

Quelques jours plus tard, je les reçois et je comprends, l’adresse n’est pas la bonne puisque mon numéro a le malheur d’avoir un « bis ». J’ouvre et je constate que je suis priée de prendre rendez-vous avec l’ANPE avant le 10. On est le 17. Je prends rendez-vous avec l’ANPE, rendez-vous pris fin janvier. Bon, voilà, ça roule. Naïve moi.

Le jour dit, me voici à l’ANPE, face à une dame qui rentre consciencieusement mon dossier tout en commentant mon CV. Elle trouve bien que j’ai déjà eu deux entretiens, moi, cette
information me fait flipper. Deux en quatre mois, c’est pas brillant ! Pendant qu’elle remplit mon dossier, je lui explique que j’ai besoin d’une convention de stage car je viens d’en
trouver un de trois mois dans un grand groupe Internet. Là, j’ai réveillé la bête.

« Non mais attention, on donne pas de conventions comme ça ! C’est quoi ce stage ?

– Ben un stage de journaliste [comme si j’allais faire un stage d’esthéticienne…]

– Y a un emploi à la clé ?
– Non, je crois pas, il n’en a pas été question.

– Ah mais l’ANPE ne donne des conventions de stage que si le stage est suivi d’un CDD d’au moins 6 mois ».

C’est une blague ? Je veux pas dire mais si une entreprise compte m’embaucher, elle me prend direct en CDD ou CDI, pas en stage ! Conclusion : oui, techniquement, l’ANPE distribue des conventions de stage mais dans les faits, si elle en donne deux par an, c’est le bout du monde. Du coup, mon stage me passe sous le nez.

Deux mois plus tard, second rendez-vous. Oui, les rendez-vous mensuels, c’est un mythe. Je me retrouve face à une dame qui sera mon conseiller référent. Cool, on va pouvoir
avancer. Naïve, moi. Il faut savoir qu’un rendez-vous de ce genre dure 30 minutes. Ma nouvelle conseillère commence par rentrer mon dossier sur l’ordinateur. Mais… euh… on l’a déjà fait la dernière fois, ça… Bon, je me démonte pas.

« Ah, vous êtes journaliste !
– Ben oui.

– Et comment on fait pour trouver du travail dans votre branche ? »

Je regarde autour de moi : non, il n’y a aucune caméra cachée… Elle n’arrête pas de me dire d’aller à l’APEC jeunes diplômés, elle prend 5 bonnes minutes pour m’expliquer
comment y aller, des fois que mappy ne serait pas mon ami. Je veux bien y aller moi mais j’ai des questions. Mais elle s’en fout de mes questions, j’ai qu’à les poser à l’APEC. Ok, elle me file un nouveau rendez-vous un mois et demi plus tard, je repars un peu furieuse : c’est pas qu’une demi-heure, ce soit beaucoup mais franchement, j’aurais su, je serais pas venue.

Le jour du dit rendez-vous, je n’y vais pas car je suis en emploi mais j’avoue que j’oublie totalement de prévenir. Et je ne reçois aucun courrier à ce sujet. En somme, le
rendez-vous me paraît totalement fictif, ce qui m’étonne pas vu que Mme la conseillère n’arrivait pas à s’en sortir avec son ordi. Un mois plus tard, je reçois un courrier « Melle Bartoldi, vous avez rendez-vous avec M. Bidule à l’ANPE d’une ville-qui-n’est-pas-la-mienne ». Hein ? J’appelle.

« Oui mais c’est normal, ça marche par secteur.
– Ok. Mais là, en fait, je suis en stage.
– Vous avez un contrat ?

– Non, il n’a pas encore été fait, c’est pour une association en attente du récépissé de la préfecture.

– Ah ben faut venir alors ».
Oui ben, désolée, j’ai pas le temps.
 

Et c’est la dernière fois que j’ai entendu parler de l’ANPE. Après ce rendez-vous manqué, j’ai été virée des assedics, je me suis réinscrite aussi sec et… rien. Je suis inscrite et
c’est tout, on ne me demande plus rien, si ce n’est de pointer tous les mois. Ce que j’oublie à peu près systématiquement, j’avoue, mais vu que je ne touche aucune allocation chômage, ce n’est pas bien dramatique.

 

Bref, en conclusion de ce petit chapitre, notez : si en journalisme, du travail tu veux trouver, l’ANPE tu dois oublier.

Se pomponner pour un entretien

Voici un article qui paraîtra superficiel de prime abord mais je suis sûre que je vais vous convaincre. Le but d’un envoi massif de candidatures est d’obtenir un entretien. Mais quand celui-ci survient, il faut s’y préparer.

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Il y a donc 9 mois, j’ai deux entretiens pour la même boîte. Mercredi, 15h, je commence à me préparer. Quelle tenue ? Un tailleur, of course. J’avoue que j’aime bien les pantalons tailleurs déjà, à la base, là, suffit juste d’y adjoindre la veste et c’est parti. Alors devant ma penderie, je prends mon tailleur-pantalon fétiche noir à rayures blanches. Fétiche parce que j’y suis bien dedans, je peux bouger sans soucis. Avec ceci, que mettre ? Mon haut rose fuschia avec un peu de dentelle au col. Suicidaire ? Non, stratégique. Sans décolleté (pour pas qu’on croit que je joue sur mes atouts physiques pour réussir), il réhausse la sobriété de ma tenue tout en y mettant une touche de féminité. J’avoue que j’aime le rose et les hauts colorés, ça égaie et en plus, ça donne bonne mine. Ça montre que je ne suis pas du genre à me cacher, à être tellement discrète qu’on ne me voit même pas. Non, ce n’est pas le genre de la maison.


De toute façon, en entretien, je suis 100% naturelle : enthousiaste, souriante et dynamique. Et puis je postule à un poste de journaliste/rédactrice, pas pour être hôtesse d’accueil dans une entreprise de pompes funèbres. Un journaliste, c’est tout de même quelqu’un qui ose : ose interpeller des gens dans la rue pour des micro-trottoirs, ose décrocher son téléphone pour solliciter des entretiens, ose mobiliser son réseau pour trouver le bon interlocuteur… Quelqu’un qui ose mettre du rose fuschia, même quand elle ne passe pas d’entretien.

Je prends soin de choisir mes dessous aussi. Il faut être à l’aise des pieds à la tête. Des jolis dessous pour que je me sente bien. Idem pour les bas : il faut qu’ils soient entier, aucune maille filée ne sera acceptée. Enfin, les chaussures. Bon, là, je suis obligée de renoncer à mes chaussures si confortables (baskets ou bottes) pour mes chaussures à talons certes très jolies mais comme je les mets jamais, je souffre un peu. D’un autre côté, j’aime bien marcher avec pour le bruit que ça fait, un bruit de femme déterminée.

A présent que je suis vêtue, il est temps de se maquiller. Bon, je ne change rien à mon habitude : n’étant pas une star de la chanson pour ado, je ne me tartine pas la figure de trois kilos de maquillages. Un peu d’or dans mes cheveux, un peu de noir sous mes yeux… Je plaisante. Je me maquille les yeux avec soin, comme d’hab, un fond de teint qui me flatte les narines car il sent bon la poudre, un peu de gloss. Je me coiffe les cheveux avec soin mais ayant une coupe carrée, je ne les attache pas. Pour quoi faire ? Mes ongles sont parfaitement coupés, un petit pshit de parfum pour sentir bon.

 Bref, je me prépare pour un entretien comme pour un rendez-vous galant. Futile ? Non. Oui, bien sûr, ce n’est pas mon physique que je vais vendre mais mes compétences. Après tout, on peut être un(e) bon(ne) journaliste et avoir le cheveu gras et le méchant look qui tue. C’est vrai, mais le débat n’est pas là, à mon sens. Pomponnée comme je suis, je me sens belle et conquérante, je dégaine mon sourire d’autant plus facilement. Je soigne ma démarche, déterminée, je me tiens droite, je vais attention à pas tripatouiller n’importe quoi. A partir du moment où je me sens jolie et avenante, la machine à confiance en moi se met en route. Je m’adresse à mon interlocuteur de façon polie et souriante. Je suis bien, je suis moi.
 

Certains vont me dire : « mais si tu tombes sur une femme, tu vas être mal ». Et bé non ! Je suis souvent tombée sur des recruteuses et ça s’est tout aussi bien
passé. A mon avant-dernier entretien, je suis tombée sur deux femmes. Je n’ai pas eu le job vu qu’elles ont préféré quelqu’un de plus expérimenté (je comprends), j’ai reçu un mail d’une des eux me félicitant de mon « excellente prestation ». Oui excellente ! C’est juste une question de confiance. Je me sens bien quand je sais que tout est parfait dans les moindres détails, j’ai ma petite chaîne en or avec mon ankh rapporté d’Egypte par mes parents, j’ai ma jolie écharpe verte, mes lunettes rouges (que je mets ou non), mon sac avec un livre sérieux dedans (alors que j’avoue que je lisais Cosmo dans le train pour y aller mais j’avais besoin de me détendre). Bien sûr, ce qui compte le plus, ce sont mes compétences et mon press book. Mais la phase de préparation, l’habillage et le maquillage sont des rituels qui me rassurent.

La lettre de motivation : ce que l’on dit, ce que l’on pense

Petit jeu aujourd’hui de la double écriture de la lettre de motivation. L’idée est simple : d’abord le texte officiel, en dessous, l’expression d’une petite voix intérieure bien cynique… Je précise que c’est juste un jeu, je suis parfois réellement emballée à l’idée de bosser dans un journal ou une boîte.

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« Bonjour,
 

Ayant trouvé votre annonce sur le site jechercheunjob.com, je me permets de vous envoyer ma candidature pour le poste de journaliste. En effet, votre annonce m’intéresse au plus
haut point.

Enfin, même si c’est pas le cas, j’ai répondu à ton annonce 15 mn après qu’elle soit postée, je suis une desperate chômeuse et tu me proposerais d’écrire dans la revue des passionnés du tracteur, je postulerais alors que je suis une pure citadine.

De formation journalistique, j’ai eu l’occasion d’écrire dans le domaine sur lequel vous travaillez et qui me passionne.

Si, j’ai écrit une rédaction sur le sujet en cinquième et si j’ai rien écrit dessus depuis, c’est que c’est trop passionnant, j’ai peur de pas rendre la magie de cette question.

La renommée de votre entreprise n’est plus à faire et être une de ses employées est une motivation de plus pour moi.

Avant de lire votre annonce, je savais pas que vous existiez

Titulaire d’un master professionnel de journalisme, je suis à la recherche d’un emploi dans l’univers des médias. Auparavant, j’ai réalisé deux maîtrises, utilisant à chaque fois
l’analyse de presse. Mon cursus universitaire m’a permis d’acquérir une solide culture générale ainsi que des outils d’analyse utiles pour le journalisme. De plus, lors de mon année d’étude à l’IEP, j’ai obtenu des diplômes informatiques.

Tu les vois mes gros diplômes, hein, hein ? Ca t’épate, hein ? T’as vue comme chuis cultivée ? Et le « master professionnel », ça le fait. Là, tu m’aimes déjà, je le sais, je le sens.

Par ailleurs, j’ai profité du temps libre que me laissaient mes études pour multiplier les expériences dans le milieu médiatique, essentiellement en presse écrite et Internet.
D’ailleurs, je suis actuellement chef de la rubrique sur un webzine.

Oui, je suis un bourreau de travail, je bosse même en dehors de mes cours et je fais plein de choses. Même que je dors pas la nuit pour écrire plein d’articles et du coup, je suis chef de rubrique. Et dans chef de rubrique, y a chef, comme dans rédacteur en chef…

 Lors de ma précédente recherche d’emploi, j’ai multiplié les expériences diverses et variées, j’ai notamment réalisé quelques interviews pour une plate-forme de blogs. Je
possède une solide culture Internet et une très bonne connaissance de la blogosphère puisque je gère moi-même plusieurs blogs dont un lu quotidiennement par plus de 1500 personnes (visiteurs uniques).

Embauche-moi, je te ramènerai des lecteurs. Non mais vise la culture Internet que j’ai, c’est carrément pas donné à tout le monde. Bon, c’est vrai que ma « culture Internet », je me la suis faite toute seule, comme une bonne geekette qui se respecte mais quand même, quoi.

 

Je me tiens à votre entière disposition pour tout entretien concernant ma candidature, je vous remercie par avance pour le temps que vous consacrerez à ma demande.

Je veux qu’on se voit, je veux qu’on se voit, je veux qu’on se voit. Je suis tout à toi, à tes pieds, claque des doigts et j’arrive.

 

J’espère vous rencontrer prochainement pour vous convaincre davantage de ma motivation et de ma détermination.

En vrai, tu pourras découvrir que je suis toute jolie (si t’es un homme ou une femme qui aime les femmes) et très drôle, je te raconterai même des blagues s’il le faut pour détendre l’atmosphère. Et je fais super bien le café.

 En attendant, veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les plus distinguées
J’ai toujours trouvé ces salutations de fin de lettre très pompeuses. Si la personne me rappelle pas, mes salutations les plus distinguées risquent de se transformer en paroles qui ne le sont plus, distinguées, suggérant à la personne de visiter la Grèce, par exemple.
 
Nina Bartoldi

Les petites annonces

En journalisme, des annonces, il y en a. Peu mais il y en a. La plupart sont regroupées sur le site www.categorynet.com, je vous invite à jeter un œil, si vous êtes curieux. Evidemment, chaque personne demande un profil précis et il est parfois difficile d’oser postuler à certains postes. Non parce que je connais mes compétences, je peux travailler dans pas mal de domaines, je me fous des horaires mais je parle pas russe, je suis pas handicapée, je n’ai pas 10 ans d’expérience, etc. Oui parce que des fois, y a des spécificités bizarres. Qu’on me demande de parler néerlandais quand je postule en Belgique, je peux comprendre. Mais que je parle russe pour un magazine de mode, un peu moins. 

Donc, pour trouver du boulot, répondre à une annonce peut être une bonne idée. Une entreprise qui vous indique gentiment qu’elle a besoin de vous, c’est pas tous les jours !
Bon, on regarde déjà la description du poste. Bon, je suis pas forcément hyper calée en économie (je le suis même pas du tout), je n’ai pas d’expérience en politique mais je tente quand même. Après tout, l’entreprise aura mon CV, on sait jamais, ça pourra toujours servir. Non parce qu’il m’est déjà arrivé d’être rappelée 4 mois après avoir envoyé un CV pour un autre poste. Maintenant, grâce aux mails, on peut en envoyer 150 de CV sans que ça nous coûte un sou, autant en profiter.  

Mais revenons à l’essence même de cet article, la réponse à une annonce. Je regarde les annonces et je regarde celles qui me correspondent à peu près. C’est à dire que si on exige
des langues que je ne parle vraiment pas ou des logiciels que je n’ai jamais vus de ma vie, je zappe. Parce que je suis peut-être pas bilingue en anglais ou italien mais je sais me débrouiller dans ces deux langues et ça revient très vite. Je suis pas un pro de Quark Xpress mais je l’ai déjà utilisé donc je peux me débrouiller dessus. Par contre, je parle pas portugais, russe ou espagnol, je ne connais pas In Design et je suis pas graphiste. Donc bon, faut quand même être raisonnable et ne pas envoyer son CV vraiment n’importe où parce que, du coup, ça peut donner l’impression que j’ai même pas lu leur annonce et que j’ai sauté sur leur mail sans réfléchir.  

Bon, par contre, si je corresponds à peu près, je saute sur l’occasion. Etape 1 : copier le mail. Etape 2 : aller sur ma boîte mail spéciale recherche d’emploi (oui, j’en ai une), prends ma lettre de motivation type et je personnalise. Si je sais à quelle boîte je m’adresse (ce n’est, hélas, pas toujours le cas), je leur fais un peu de lèche, comme expliqué dans
mon article sur les lettres de motivation. Ça montre aussi que j’envoie pas toujours le même courrier quand je postule, ça ne fait pas très sérieux sinon. Donc je parle d’eux, je dis où j’ai trouvé leur annonce. Après le paragraphe classique « ma formation, mon expérience », je mets en lumière les compétences qu’ils exigent, je pousse même le vice à leur proposer quelques articles… Après tout, ne lésinons pas sur les moyens, on postule pour un job, pas pour un jeu concours. 

Je clique sur envoi. Première étape terminée. Là, vous avez plusieurs possibilités :

– vous ne connaissez pas l’entreprise pour laquelle vous avez postulé car il n’y avait aucune précision à ce sujet. Donc une fois le CV envoyé, c’est terminé, on attend la réponse,
si réponse il doit y avoir.

– vous avez le nom de l’entreprise mais vous recevez une réponse automatique « on a bien reçu votre CV, surtout, ne rappelez pas ». On obéit ou pas ? Perso, j’ai tendance à pas rappeler dans ce cas-là parce que, de toute façon, vous n’arriverez jamais à avoir la bonne personne au bout du fil.

– vous avez le nom de l’entreprise, le numéro et aucune consigne au sujet du rappel. Ben, tant qu’à faire… 

Parce que, sachez-le, pour 10 CV envoyés, si on a une réponse (même négative), c’est le bout du monde. Je me demandais pourquoi, y voyant un mépris manifeste pour les pauvres
candidats mais en fait, j’ai eu un élément de réponse quand j’ai passé l’entretien y a trois semaines : c’est parce que seules les premières candidatures sont examinées, les autres partent au panier. Parce que je suis pas la seule à connaître categorynet : dès qu’une annonce y passe, vous pouvez être sûrs que le recruteur reçoit une centaine de CVs dans la journée. Du coup, je suis sur les dents, je réponds dès qu’une me correspond… même le dimanche !

La lettre de motivation

Alors, maintenant qu’on a un CV parfait ou à peu près, il faut rédiger cette lettre. En sachant qu’il y a à peu près une chance sur trois qu’elle soit lue. Non parce qu’il ne faut pas être naïf. Le recruteur lit votre CV et s’il plaît, il jette un œil sur la lettre de motivation. Là, elle peut faire la différence mais si le CV n’est pas bon dès le départ, la lettre ne servira à rien. Hé oui. Mais c’est pas pour autant qu’il faut s’en dispenser.

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Alors, à quoi ressemble une jolie lettre de motivation ? Bon, on met notre adresse à gauche, histoire que le recruteur sache qui parle. La date à droite, la personne à qui l’on s’adresse en dessous. Avant de commencer votre prose, surtout, précisez ce que vous lui voulez, à la personne. Non parce que ne croyez pas que le recruteur va lire votre lettre jusqu’au bout pour apprendre à la fin que vous cherchez un stage ou un job. Non, il veut le savoir de suite et on le comprend donc on lui mâche le travail. Soyons humains et
charitables.

Maintenant qu’on a clairement défini à qui on parle et ce qu’on lui veut, il est temps de prendre la parole, justement, d’écrire ce texte qui fait que le recruteur nous voudra. Car une lettre de motivation me fait souvent l’effet d’une demande en mariage : toi, moi, nous pour l’éternité. Ne vois-tu pas à quel point notre union ne peut être que parfaite, mon amour ? Mais dans la séduction comme en recherche d’emploi, faut un peu de subtilité. Un « Seigneur, mademoiselle, votre beauté est telle que j’ai cru un instant être plongé en plein rêve » vaudra toujours mieux qu’un « oh, zyva, meuf, comme t’es trop bonne ! ». Parce qu’il faut d’abord flatter l’entreprise. Nous sommes les dragueurs, nous devons la brosser dans le sens du poil. Je veux travailler chez vous parce que votre entreprise est prestigieuse, perspectives d’avenir, rigueur et professionnalisme, philosophie du travail que nous partageons… Bon, le recruteur n’est pas dupe, il sait que j’ai envoyé la même lettre à pas mal de gens, c’est le jeu. Mais faisons semblant quand même.

Bon, après avoir flatté la belle (entreprise), il faut la convaincre qu’elle ne trouvera pas mieux que nous donc allons-y pour l’exposition de nos qualités et talents. On exhibe nos diplômes comme d’autres leurs biceps, on en met plein la vue avec nos expériences et nos compétences mais il ne faut point trop en faire. Nous sommes des séducteurs, pas des dragueurs lourds de bord de plage. George Clooney plutôt qu’Aldo Maccione. D’ailleurs, ce je n’est rien sans ce nous auquel nous aspirons. Là, il faut expliquer ce que je peux
apporter à l’entreprise, ce que nous ferions de beau ensemble. Un site Internet riche en contenu, des articles écrits d’une plume acérée et cynique ou légère et amusante (ça dépend qui vous visez aussi), un reportage parfaitement soigné, une émission radio dont le concept ne peut que séduire… On vend du rêve, quoi ! Mais de façon convaincante tout de même. On promet pas un voyage au
bout du monde quand on est RMIste, par exemple. 

Bien sûr, dans toute tentative de séduction, les mots comptent surtout quand, comme moi, vous travaillez dans un métier de l’écrit. Aucune faute d’orthographe ou de grammaire ne doit passer, ce serait comme un rot au milieu d’un dîner romantique, c’est inenvisageable. Au-delà de ça, le choix des mots est important. Les répétitions, c’est pénible à lire, on évite. Mais surtout n’utilisons pas un mot pour un autre et ne faisons pas dans le ronflant. On cherche l’efficacité donc certains mots pompeux peuvent être évités. Je crois que la méthode la plus efficace est encore de rester le plus proche possible de son style habituel, ça évitera les phrases lourdes et les tournures suspectes. Personnellement, il y a des mots que je n’ai pas l’habitude d’utiliser, je vais pas les mettre dans ma lettre de motivation juste pour faire genre. C’est quand même moi que je vends, à l’arrivée, pas mon voisin.

Enfin, le truc pour laquelle je suis super mauvaise : la conclusion. Bon, j’indique que j’attends une réponse avec un « dans l’attente
d’une réponse de votre part », ce qui ne veut pas dire que je le relancerai pas si j’ai pas de nouvelles. J’indique aussi que je suis libre quand il veut, où il veut « je suis disponible pour tout entretien ». Par contre, à la fin, trouvons la bonne formule de politesse. Moi, j’aime bien le cordialement mais pour un recruteur, ça le fait pas donc je lui envoie mes salutations distinguées et je le prie de les accepter.

Voilà, ma lettre est déjà finie mais elle doit faire moins d’une page aussi (donc être plus courte que cet article) donc ça va vite. On relit. Pas de fautes ? Notre numéro est le bon ? Je m’adresse à la bonne personne ? Alors, c’est parti, on clique sur envoi.

Bienvenue en Chômagie

(je débute une série sur le chômage, c’est-à-dire que je recycle de vieux articles écrits pour un autre blog aujourd’hui mort et je complète la série. Mais rassurez
vous, j’ai pas été virée !)

C’est l’histoire d’une fille, moi, qui avait tout prévu dans la vie : elle aurait de bonnes notes, étudierait à la fac, décrocherait des diplômes et aurait un emploi. Tout se déroulait comme prévu jusqu’à la partie emploi. Cette histoire est la mienne mais elle n’a rien d’extraordinaire, elle est même d’une banalité affligeante pour pas mal d’entre nous. Petits, on nous disait « travaille bien à l’école, c’est important », c’est fait. « Passe ton bac et décroche une mention, c’est important », c’est fait. « Les diplômes, c’est essentiel dans la vie ». J’ai deux maîtrises et un master professionnel. « Pars à Paris, c’est là-bas que ça se passe ! », c’est fait. Et pourtant, malgré mes diplômes (avec mention, je croyais que ça avait une importance, avant), mon déménagement, mes stages, mon pres book… La terrible vérité fond sur moi : me voici au chômage. Citoyenne de la chômagie, le pays où personne ne veut aller alors que nous sommes à peu près 2 millions à y résider (juste à l’échelle française), selon les chiffres officiels. Enfin, on dit pas chômeur, on dit chercheur d’emploi, c’est plus encourageant, moins dégradant.
 

On apprend toujours du regard des autres. Quand vous êtes étudiants (en bac++ sinon, ça ne marche pas), on vous regarde avec une certaine admiration. Quand vous dites que vous êtes chômeur, on vous regarde avec un regard soit compatissant, soit méprisant, voire les deux. Oui, ce n’est pas glamour, je sais, mais je fais ce que je peux pour m’en sortir, quoi qu’on en dise. Dans l’esprit collectif, on a vite fait d’associer chômeur (aka celui qui fout rien) et parasite. Je pense que ces gens là n’ont jamais vécu au RMI. Car qui veut vivre avec moins de 500 euros par mois ? Ca ne s’appelle pas vivre mais survivre, surtout dans la capitale. D’ailleurs, ça ne paie même pas mon loyer. Souvent, le chômeur est vite coupable : s’il ne travaille pas, c’est qu’il ne cherche pas. Il est bien connu que l’envoi d’une demi douzaine de CV engendre automatiquement un emploi, c’est Harry Potter à l’ANPE. Si je me penche sur mon cas personnel, l’équation
est la suivante : plusieurs centaines de CV envoyés (candidatures spontanées et réponses aux annonces) = une demi-douzaine d’entretiens = in fine un emploi. Oui car pour moi, l’histoire finit bien, je ne dirais pas par chance car ce n’est que l’aboutissement de ma recherche. Ceci étant, il ne faut pas nier non plus qu’il existe une part de chance parce que quand une centaine de candidats envoient un CV pour un même poste, il faut pas se leurrer, les 100 CV ne seront pas consultés, les premiers arrivés seront les premiers servis.

Etre au chômage est un emploi à plein temps car il y a beaucoup de choses à faire. Et c’est souvent dur de sentir la suspicion de ceux qui ne savent pas, qui n’ont jamais vécu en Chômagie : « tu envoies des CV ? ». Non, j’attends que l’employeur vienne sonner à ma porte, j’ai écrit en gros dessus « jeune femme au chômage cherche emploi ». Les « tu as envoyé un CV là ? », aussi, qui partent d’une bonne intention mais qui, au final, sont agaçants. Je passe mes journées à envoyer des CV là, puis là et là aussi, même là où les chances d’être prises sont infimes, voire inexistantes. Parce que « on ne sait jamais ». Etre au chômage, ce n’est pas juste passer ses journées à dormir et à faire du sudoku. Il y a beaucoup de choses à faire et j’en parlerai dans les prochains articles. Curieusement, j’ai parfois l’impression que le chômage est un tabou qu’on évoque peu en dehors des chiffres, telle une maladie. On dit « mon fils est au chômage » limite comme on dirait qu’il a le sida. Pourtant, 2 millions de chômeurs, ce n’est pas rien, qu’en est-il de leur vie quotidienne ? Sans
tomber dans le misérabilisme ou la complainte, en parler ne fera de mal à personne.

Dernier épisode

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs

Désolée de pas avoir répondu à vos commentaires lors de l’épisode précédent.
Désolée de pas avoir fait mon dernier épisode, lundi.
Désolée, mais il est parti.

Lundi 3 septembre.
Pour les lecteurs des Vingtenaires, c’est la fin de la saga de l’été de Marine.
Pour Marine, c’est la fin de son été avec Benoît.
Lundi 3 septembre, 3h20, on s’embrasse encore après avoir fait l’amour, mais il faut dormir.
Lundi 3 septembre, 7h45, il se lève.
Lundi 3 septembre, 8h20, je me lève.
Lundi 3 septembre, 9h, nous achetons des croissants.
Lundi 3 septembre, 9h55, on arrive chez ses parents.
Lundi 3 septembre, 10h40, ses bagages sont bouclés, on part à l’aéroport.
Lundi 3 septembre, midi, il est parti.

Oh je suis pas triste. Il est parti, mais c’est pas fini. Je suis pas triste, mais je suis fatiguée. Alors j’ai dormi. Et j’ai repensé aux fois où il m’a dit « je t’aime », aux moments où je l’ai engueulé, aux vacances, au nouveau souffle qu’il a donné à mon travail (oui bah ça a l’air neuneu mais c’est vrai). Alors j’ai continué de dormir. Et puis je me suis rendu compte que j’aurais dû finir ma saga de l’été et que je l’avais pas fait.

Alors désolée, lecteur. J’ai raconté un peu ce qui m’est arrivé en avril et en mai. Me voici en septembre et je vous en raconte la fin sans vous dire ce qui c’était passé depuis Dante. Est-ce bien la peine de le raconter? Après tout, rien que de très commun, pour vous. C’est quand on le vit que ça devient peu commun. Une histoire commune. Qui se termine le 3 septembre en mots pour vous, le 3 septembre dans un avion pour moi.

C’est to be continued une fois de plus, mais cette fois-ci, uniquement pour moi.

Le début !