L’Eurovision, c’est politique

A l’heure où je tape ses quelques mots, je ne suis pas sûre du gagnant de l’Eurovision et, à dire vrai, je m’en fous un peu (beaucoup). Quoi que ça m’aurait fait plaisir que ce soit les mamies russes mais quand j’ai éteint le poste, ça semblait plus être la frangée suédoise. J’ai rien vu de la soirée vu qu’on regardait du rugby avec mes parents mais MAIS quand même, je tenais à évoquer les incroyables connivences politiques que j’ai vues hier soir.

De façon générale, je ne comprends pas l’intérêt de l’Eurovision. Peu importe le gagnant,on l’aura oublié dès le lendemain, qu’il soit bon ou mauvais. Je suis bien incapable de vous faire la liste des 5 derniers participants français, je ne me souviens même pas de qui a défendu nos couleurs l’an dernier. Depuis 1977 et Marie Myriam, on cumule les échecs et plutôt retentissants, on finit plus souvent avant-dernier qu’après-premier (deuxième quoi mais c’était plus percutant dit comme ça). Et la vérité, la voici : si on ne gagne pas, ce n’est pas parce qu’on est mauvais mais parce qu’on est victime d’alliances géopolitiques. Et peut-être un peu parce qu’on est mauvais aussi, j’ai pas écouté ce que chantait Anggun, le seul extrait qui passait pour dire de voter pour la France, je regardais ses étoles voler. Bref.

La géopolitique, disais-je. Avec mon père, nous regardions les attributions de points en rigolant à base de « hihihi, personne ne vote pour nous. Oh putain, même les Belges ne nous ont rien filé, on est mal, huhuhu ! » Oui, avec mon père, on a un humour anti chauvin assez développé sur ce genre de choses (pas sur le rugby par contre, faudrait voir à pas déconner). Je lui explique que de toute façon, les pays scandinaves votent tous les uns pour les autres, les pays de l’est idem, que la Grèce et Chypre (Saïpreusss. Je trouve la prononciation anglaise de certains pays terriblement plus classe en anglais comme Cyprus donc ou Russia. Reuchia, je me lasse pas de le prononcer. Faut que je me dépêche de partir là bas pour pouvoir raconter à mes amis anglophones que je n’ai pas que j’ai travelled in Russia) (cet article est décidément un tissu de grand n’importe quoi mais sur l’Eurovision en même temps…), que la Grèce et Chypre, disais-je, se filent systématiquement les 12 points (poïnts). Donc hier, voilà, la Grèce et Chypre se sont échangés leurs 12 points, la Turquie et l’Azerbaïdjan aussi. Puis vint la jolie Croate qui donna les 8, 10 et 12 points à la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et à la Macédoine (je crois, je me souviens plus bien qui était en lice et ça correspond le mieux à mon histoire). Là, je dis à mon père « quand tu penses qu’il y a 20 ans, ils se faisaient tous la guerre et là, ils se dealent les points à l’Eurovision, c’est beau… »


Je me pose quand même une question essentielle quand je vois ça : l’Eurovision aurait-elle une dimension géopolitique que je ne conçois pas ? Pour moi, ce ne sont que des chanteurs qui, en général, disparaissent très vite de la circulation (allez lire le top des pires tôles à l’Eurovision, vous verrez qu’on en a oublié les 3/4. Moi, je me souvenais que des Fatals Picards et de la Raélienne, précisément pour cette raison là). Hier soir, ça se partageait entre pop et tradition, électro et folklorique, une étrange soupe sans queue ni tête. La Russie a envoyé des petites mamies toutes adorables alors que la moitié des candidates avait oublié sa culotte. La France a tout tenté au fil des ans : des chanteuses à voix, des artistes scéniques, des artistes décalés, de l’electro, même du régional, des fois que nos amis celtes aient des points à dealer. Le tout aboutissant toujours sur un résultat mauvais. J’ai pas la sensation que beaucoup de pays prennent ça au sérieux dans la sélection des artistes mais à l’heure de distribuer les points, ça ne rigole plus. Que se passerait-il si la Grèce ne filait pas ses points à Chypre ? Les Chypriotes grecs s’expatrieraient-ils aussitôt pour abandonner l’île aux Turcs (qui eux ne filent jamais de point à Chypre) ? Et si la Macédoine ne donnait rien aux gentils voisins ex-Yougoslaves et Grecs, tant qu’à faire, perdrait-elle aussi sec son statut de république ? La Grèce lui referait-elle la guerre pour qu’elle rechange de nom ? Et puisque les Belges ne nous ont pas filé le moindre point, peut-on dire que s’il survient une scission, la Wallonie pourra aller se faire voir mais qu’on l’intègrera pas chez nous ? Bon, ok, le monsieur qui distribuait les points avait un accent plus flamand que wallon mais merde, y a eu trahison, là. Et si Nicolas Sarkozy était repassé, aurait-on gagné quelques points en plus de nos voisins qui boudent car ils craignent la vague rose ?


En fait, l’Eurovision, c’est encore plus compliqué qu’un sommet de l’ONU. Et pour le plaisir, la prestation de la gagnante que je découvre avec vous ou à peu près.

Ok, c’est atroce, c’est juste de l’Eurodance…

La lettre de motivation : ce que l’on dit, ce que l’on pense

Petit jeu aujourd’hui de la double écriture de la lettre de motivation. L’idée est simple : d’abord le texte officiel, en dessous, l’expression d’une petite voix intérieure bien cynique… Je précise que c’est juste un jeu, je suis parfois réellement emballée à l’idée de bosser dans un journal ou une boîte.

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« Bonjour,
 

Ayant trouvé votre annonce sur le site jechercheunjob.com, je me permets de vous envoyer ma candidature pour le poste de journaliste. En effet, votre annonce m’intéresse au plus
haut point.

Enfin, même si c’est pas le cas, j’ai répondu à ton annonce 15 mn après qu’elle soit postée, je suis une desperate chômeuse et tu me proposerais d’écrire dans la revue des passionnés du tracteur, je postulerais alors que je suis une pure citadine.

De formation journalistique, j’ai eu l’occasion d’écrire dans le domaine sur lequel vous travaillez et qui me passionne.

Si, j’ai écrit une rédaction sur le sujet en cinquième et si j’ai rien écrit dessus depuis, c’est que c’est trop passionnant, j’ai peur de pas rendre la magie de cette question.

La renommée de votre entreprise n’est plus à faire et être une de ses employées est une motivation de plus pour moi.

Avant de lire votre annonce, je savais pas que vous existiez

Titulaire d’un master professionnel de journalisme, je suis à la recherche d’un emploi dans l’univers des médias. Auparavant, j’ai réalisé deux maîtrises, utilisant à chaque fois
l’analyse de presse. Mon cursus universitaire m’a permis d’acquérir une solide culture générale ainsi que des outils d’analyse utiles pour le journalisme. De plus, lors de mon année d’étude à l’IEP, j’ai obtenu des diplômes informatiques.

Tu les vois mes gros diplômes, hein, hein ? Ca t’épate, hein ? T’as vue comme chuis cultivée ? Et le « master professionnel », ça le fait. Là, tu m’aimes déjà, je le sais, je le sens.

Par ailleurs, j’ai profité du temps libre que me laissaient mes études pour multiplier les expériences dans le milieu médiatique, essentiellement en presse écrite et Internet.
D’ailleurs, je suis actuellement chef de la rubrique sur un webzine.

Oui, je suis un bourreau de travail, je bosse même en dehors de mes cours et je fais plein de choses. Même que je dors pas la nuit pour écrire plein d’articles et du coup, je suis chef de rubrique. Et dans chef de rubrique, y a chef, comme dans rédacteur en chef…

 Lors de ma précédente recherche d’emploi, j’ai multiplié les expériences diverses et variées, j’ai notamment réalisé quelques interviews pour une plate-forme de blogs. Je
possède une solide culture Internet et une très bonne connaissance de la blogosphère puisque je gère moi-même plusieurs blogs dont un lu quotidiennement par plus de 1500 personnes (visiteurs uniques).

Embauche-moi, je te ramènerai des lecteurs. Non mais vise la culture Internet que j’ai, c’est carrément pas donné à tout le monde. Bon, c’est vrai que ma « culture Internet », je me la suis faite toute seule, comme une bonne geekette qui se respecte mais quand même, quoi.

 

Je me tiens à votre entière disposition pour tout entretien concernant ma candidature, je vous remercie par avance pour le temps que vous consacrerez à ma demande.

Je veux qu’on se voit, je veux qu’on se voit, je veux qu’on se voit. Je suis tout à toi, à tes pieds, claque des doigts et j’arrive.

 

J’espère vous rencontrer prochainement pour vous convaincre davantage de ma motivation et de ma détermination.

En vrai, tu pourras découvrir que je suis toute jolie (si t’es un homme ou une femme qui aime les femmes) et très drôle, je te raconterai même des blagues s’il le faut pour détendre l’atmosphère. Et je fais super bien le café.

 En attendant, veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les plus distinguées
J’ai toujours trouvé ces salutations de fin de lettre très pompeuses. Si la personne me rappelle pas, mes salutations les plus distinguées risquent de se transformer en paroles qui ne le sont plus, distinguées, suggérant à la personne de visiter la Grèce, par exemple.
 
Nina Bartoldi