Si t’es pas d’accord avec moi, c’est que t’es con

Face à la « crise » que nous subissons, ça débat, ça discute, ça s’énerve. Non, je ne reviendrai pas sur la grève en elle-même, c’est bon, je pense qu’on a pas mal
éclusé le sujet. Non, ce qui m’atterre au plus haut point, ce sont vraiment les réactions des uns et des autres, preuve que la connerie est décidément universelle. Plantage du décor : lundi, Marine écrit un (très bon) article appelant, en très gros, à la tolérance et au respect des grévistes. Résultat, la moitié des comms ont donné : « ouais, t’as trop raison, c’est vraiment tous des connards ces anti-grévistes d’abord ! ». Vous n’avez donc rien compris. 
Pour ma part, je ne suis ni pro, ni anti grève, finalement mais la position est facile à tenir pour moi vu que je ne les subis pas, le seul désagrément notable est l’état de ma voûte plantaire. Du coup, moi aussi, je pourrais sortir le discours « ouais mais sans déconner, de quoi ils se plaignent ces sales égoïstes d’anti-gréviste, c’est quoi 2h de transport pour rentrer chez soi, hein ? ». Ok, mise en situation. Imaginons que je suis une employée lambda dans une entreprise aux horaires strictes et qu’avant d’aller travailler, faut que je m’occupe de mes gosses, idem le soir. Et bien 4 heures de transport par jour en plus du taf, désolée mais je comprends que les gens soient énervés. Ca ne justifie pas les débordements extrêmes facebookiens mais honnêtement, la plupart des gens sur facebook sont des communicants friqués de droite qui ne subissent pas la grève mais signifient quand même leur mécontentement pour la forme, avec toute la surenchère que ça comporte. Les cheminots sont des êtres humains… Tout comme les gens qui subissent les grèves et qui en ont marre, je ne vois pas au nom de quoi certains méritent notre respect et pas les autres. Surtout qu’en général, moins on subit la grève, plus on se montre critique envers ces « pauvres connards d’égoïstes » qui osent se plaindre de perdre 2 heures dans les transports. Ben oui, de quoi ils se plaignent, c’est pas vrai qu’elle est handicapante la grève et puis à côté de ça, y a plein de gens qui sont morts au Bangladesh ce week-end alors ne nous plaignons pas. 

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Au-delà de ça, de cette grève en particulier, je commence à être plus que lassée des dialogues de sourds. St-Exupéry disait « si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Aujourd’hui, c’est « si t’es pas d’accord avec moi, c’est juste que t’es un con inculte manipulé par TF1/l’Huma » (oui, ça dépend de quel côté on se place). Non mais vous vous prenez pour qui, sans déconner ? On se prend pour qui, je veux dire, je m’inclus. J’en peux plus de voir des avis tranchés et ce mépris affiché pour « l’autre », l’abruti qui n’a pas le même avis que nous et qui est forcément manipulé car sinon, il serait d’accord avec nous. Mais rien n’est plus subjectif qu’une opinion politique. Sans vous refaire des cours de sociologie politique, la formation d’une opinion est un joyeux mélange des différentes influences que l’on subit tout au long de notre vie, quoi qu’on en dise. En gros, prenons deux cas que je connais, ma sœur et moi : l’une de droite, l’autre de gauche. On est issue de la même famille mais nous ne fréquentons pas les mêmes personnes, nous n’avons pas fait les mêmes études. Aurais-je été de gauche si j’avais fait une école de commerce comme ma sœur ? Rien n’est moins sûr. Ma sœur est-elle une pauvre idiote manipulée par les médias ? Non. Quand on parle politique toutes les deux, on a chacune nos arguments et ils se valent. On ne voit juste pas les choses de la même façon. Je n’ai pas raison et elle tort et vice et versa. Qui suis-je pour dire que les gens de droite sont tous des abrutis ? Qui sont les gens de droite pour dire qu’il faut vraiment être con pour être de gauche ? C’est pas les Bisounours contre les Monstroplantes. Oui, je prends des exemples enfantins parce que quand je lis les débats à l’heure actuelle, ça me rappelle le débat passionnant que j’avais eu avec mon voisin de classe…en 88. En 88, j’étais en CE1 et notre maîtresse nous avait expliqué ce qu’étaient des élections présidentielles sans, bien sûr, entrer dans l’idéologie. Débat avec mon voisin
« Mitterrand, c’est le mieux ! Non, c’est Chirac ! ». Bête expression non argumentée de l’opinion de nos parents mais, vraiment, quand je lis les gens aujourd’hui, je ne vois pas la différence. On choisit nos sources quoi qu’on en dise. J’ai fait deux maîtrises basées sur une analyse de presse et je sais que deux journaux ne présenteront pas l’info de la même façon selon l’orientation politique, c’est un fait. Mais l’actualité peut être vue de plusieurs façons, selon nos sources, nos données. Pour une étude expliquant que la réforme des retraites est nécessaire, une autre prouvera le contraire. Dans l’absolu, ce n’est qu’une interprétation des chiffres et impossible de savoir qui aura raison, surtout que ce ne sont que des projections. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, on ne peut pas tout prévoir. Aujourd’hui, quand on lit la Fin de l’Histoire de Fukuyama, historien qui prédisait la fin des guerres et autres conflits, une histoire pacifiée à la chute du communisme, on se gausse. Facile 17 ans plus tard. Mais Fukuyama ne propose que sa lecture des faits et elle en vaut d’autres. Il s’est planté et aujourd’hui, ça nous paraît évident qu’il ne pouvait en être autrement. Mais n’oublions pas l’euphorie qu’a provoqué la fin de la guerre froide avant de lyncher ce pauvre Fukuyama. 

Aujourd’hui, je me sens d’une intelligence supérieure quand je vois que je préfère ne juger personne et comprendre les récriminations de chaque camp, essayer de comprendre avant de condamner, sans ressortir les conneries d’antagonisme droite/gauche (la droite méchante anti-grève et la gauche gentille pro-grève… ou l’inverse ! Manichéisme, quand tu nous tiens). Là où je cède à nouveau à la connerie, c’est quand je peux pas m’empêcher de prendre le contrepied des avis trop tranchés, de jouer l’avocat du Diable. Parce que rien ne m’énerve plus que les gens qui se croient supérieurs aux autres car leur avis est forcément le bon. Enfin, il est facile de tout mettre sur le dos de Sarkozy, de dire que c’est lui qui provoque une fracture entre la France qui travaille et les autres. Je suis désolée mais cette rupture, c’est nous tous qui la creusons. Parce que les autres qui ne sont pas d’accord avec moi sont forcément des cons et que moi, j’ai forcément raison. Au moins.

N’importe qui peut faire mon métier

 Il y a pas mal de temps, j’ai lu un article d’Hervé Brusini sur les journalisme et la blogosphère (Le journalisme, quand Internet est roi…, dans Le Monde du 05 mars… Oui, je
fais preuve d’une incroyable réactivité, là). Le lisant dans le train reliant mon sud adoré à Paris, j’étais déjà passablement de mauvaise humeur grâce à l’heure et demie de retard de mon train.
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Là, je lis la prose de M. Brusini et je suis passablement agacée. « Tous journalistes ? ». Ben tiens, c’est bien la peine que je me sois fait chier à faire 7 ans d’études alors que journaliste, c’est pas quelque chose qu’on devient, c’est quelque chose qu’on est. Hé oui, moi, je fais ma maline avec mon « master professionnel de journalisme » mais n’importe qui peut faire la même chose que moi.

Le blogueur est-il un journaliste ? Rien ne m’agace plus que cette affirmation. Qu’est-ce qu’un blogueur ? Quelqu’un qui écrit, se filme ou parle, nous sommes d’accord, il utilise finalement les mêmes formats qu’un journaliste. Je ne dénigre pas le média blog, sinon, j’aurais pas les miens ! Je trouve que les blogs, bien utilisés, sont un vecteur
d’information tout à fait intéressant, j’en lis tous les jours. Mais ce que j’aime dans leur blog, c’est leur subjectivité, leur légèreté.

Quand j’écris un article pour mes blogs, je suis en mode « fille ordinaire de 27 ans » et pas en mode journaliste. En gros, je ne fais pas de recherche documentaire, je décroche pas mon téléphone pour un entretien, avoir l’avis d’un psy, d’un sociologue ou d’un politologue, je croise pas les infos, j’ai pas de dossier de presse. Quand j’écris un article de blog, je me pose juste devant mon ordi et je plaque mes idées sur l’écran et ça ne va pas plus loin. C’est totalement subjectif et je le revendique. J’ai d’ailleurs dû m’énerver car pas mal d’internautes me reprochaient mes opinions, m’expliquant que « pour une journaliste », j’avais des avis bien tranchés. Apparemment, on est tous journalistes mais ceux qui en ont le diplôme n’ont pas le droit d’avoir un avis.

Un blog n’est-il pas finalement que la vision écrite (ou filmée) d’une conversation du café du commerce. Ici, je vais m’amuser à analyser l’actu, à donner mon opinion mais je ne
pose aucune vérité établie, je ne cherche pas à recouvrir ma prose d’un vernis de crédibilité pour vous faire adhérer à mon avis. Pour moi, la différence majeure entre journal et blog, c’est le but. Un journal cherche à informer et à faire comprendre alors que le blogueur cherche à partager. Une musique, un coup de cœur, une opinion mais il partage.

Je suis un peu fatiguée par cette volonté de toujours opposer les uns aux autres. Le fait de bloguer n’est pas du journalisme et je trouve très grave de faire l’amalgame. Parce que
c’est écrit, on a l’impression que c’est indiscutable, on se méfie plus des journalistes que des blogueurs sous prétexte que les blogueurs annoncent clairement leurs orientations politiques et sont « libres ». Pourtant, pas mal d’intox circulent sur le net comme les nombreux hoax qu’on reçoit par mails et que certains prennent pour argent comptant.

Le journaliste, lui, a une obligation morale et éthique de ne pas avancer n’importe quoi. Notre métier implique non seulement un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en claquant des
doigts, un réseau constitué au fil des expériences, une rapidité d’exécution née de la pratique mais surtout une déontologie. La rumeur ne doit pas faire les choux gras des journaux. Bien sûr, ça, c’est la théorie. Mais tout de même, je suis lassée de voir à quel point mon métier est bradé aujourd’hui. Bien sûr que je savais écrire avant de commencer mon « master professionnel ». Mais j’oubliais parfois, comme mes camarades, que le but premier d’un article, c’est d’informer donc les titres semi obscurs genre on fait du Libé mais on pousse le bouchon trop loin, on oublie. Si on veut faire des effets de style qui rendent nos propos limite incompréhensible, on écrit un roman. Un article de journal, il faut que ce soit compréhensible pour tous. Sujet, verbe, complément, pas la peine de faire des phrases de 4 km de long. On apprend aussi l’art de choisir la bonne photo, comment fonctionne une caméra, ce qu’il faut filmer, les montages d’images qui donnent du sens, éviter les faux plans, les mauvais raccords, travailler sa voix pour la faire paraître plus spontanée. Quoi qu’en disent certains qui méprisent le journaleux, c’est
un vrai métier.

Mais Pourquoi sont-ils si méchants?

Par Diane
Aujourd’hui, j’ai à vous soumettre une grande perplexité personnelle. Je me suis pris récemment un PAF dans la gueule, si je puis m’exprimer ainsi, qui me rend de fait assez perplexe sur le fonctionnement de la petite cacahouète gluante qui flotte dans notre boite cranienne.
En effet, en faisant un tour d’horizon du Paysage Audiovisuel Français, je constate qu’il est extrêmement à la mode, chez les animateurs, d’être méchant.
Que ce soit Baffie, carlier/fogiel ou encore cette grosse bouse incommensurable que peut être le maillon faible, il est très tendance de se faire démolir la gueule avec le sourire silvouplait, devant des milliers de téléspectateurs ravis. Tiens encore récemment, j’ai pu voir sur le cable une formidable émission américaine, un petit bijou du genre, où un teenage fait sur mesure genre roi/reine de promo devait choisir sur des critères personnels un partenaire avec qui fricoter derrière un arbre, ce choix devant s’effectuer entre une belle brochette de prototypes
du même genre, qui attendent patiemment leur tours dans un beau camion. Mais c’est formidable, me dites vous, ces jeunes pousses innocentes et naives peuvent s’ouvrir à l’amour! Eh bien le meilleur, c’est que les candidats en question (ceux qui sont dans le camion) ont pour but de rester le plus longtemps possible en présence de roi/reine de promo, car chaque minute passée en plus leur fout un dollar dans la poche… merveilleux non?
Et même une fois les candidats écartés un par un par le jugement juste et réfléchi du roi de promo (« suivant! ah nan, tes dents, elles sont franchement trop moches! ; -elle avait un gros cul celle là! – j’aime pas les rousses, elles puent! »), le petit veinard qui se retrouve dernier en lice, a le choix entre partager un nouveau rendez vous d’amûûûr et voir éclore les
émouvants prémisses d’une timide et gauche idylle naissante…..ou se barrer de là avec 200 dollars en poche. (« elle vaut pas 200 dollars, cette morue! »)
Et bien sûr, en attendant, on a le droit à une petite présentation de chaque candidat en lice qui émet clairement et prosaïquement ses arguments de vente: « j’mappelle Michael, j’ai 21 ans, et jvais tous les éclater avec mes muscles, cette bande de gros mous! » ou, version féminine « jm’appelle Kelly -jennifer, brenda, ou tout autre de la bande à beverly hills- j’ai 19 ans et avec moi, ces pétasses n’ont qu’à bien se tenir! » (démonstration à l’appui de ses qualités individuelles par un trémoussage lascif et interdit au moins de 12 ans > flouté parce qu’elle se tripote à moitié les nichons) Bref cette émission est un beau petit  joyau de connerie et de concupiscence, et je pèse mes mots.

Alors, que les téléspectateurs se repaissent hagards et béats de méchanceté, de cruauté et d’humiliation, bon, ça… et encore, (moi même j’avoue être une inconditionnelle du Dr House et que Carlier quand il était à france inter, me faisait bien marrer) il me semble que la méchanceté peut avoir ça d’intéressant qu’elle est pratiquée par des gens intéressants. (un génie froid et méchant, ça fascine, un mec con et méchant, ça bassine), MAIS que les gens se plient à cela, que les invités viennent à ces émissions là, qu’ils se bousculent au portillon
pour venir se faire insulter…..ça me dépasse. 
Alors j’ai tenté de trouver quelques explications qui valent ce qu’elles valent:
1/Ils sont masos (dixit  Kenickie à Rizzo -grease-, «  »rhhaa insultes moi vas y j’adooore çaaa »)
2/ils sont absolument prêts à tout pour une illusoire et éphémère heure de gloire en passant à la télé et pourront soupirer d’aise en entendant leurs boulangers raconter à mme robichet comment ils se sont fait anéantir l’amour propre en direct live.
3/cela permet à eux spectateurs frustrés de vivre par procuration leur propre méchanceté qu’ils sont obligés de contenir au quotidien
4/quelque part, la méchanceté donne un certain contrôle sur l’autre, et est donc jouissive, même si ça parait un peu autodestructeur. (cf JP Sartre: « moi je suis méchant, ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister ») Un monsieur spécialiste de la question nous affirme même que « les méchants ne sont pas heureux. sans cicatriser leurs plaies anciennes, leur méchanceté en ouvre de nouvelles. Leur besoin de tout maîtriser les rend incapables d’avoir des relations humaines simples. Ils rabaissent les autres pour se sentir supérieurs. en vain. Leur ego démesuré n’éponge jamais totalement leur misère sentimentale. » ouf. Les livres et le films avaient donc raison, les méchants sont toujours punis!! (on a eu chaud, quand même)


Bref, cet engouement pour les méchants et la méchanceté en soi a quelque chose d’un peu inquiétant, mais à la fois est aussi révélateur: je me demande: se pourrait-il que nous dans cette société là, on se sentent obligés d’être trop gentils dans un monde bisounours (je caricature, hein) parce que il faut être gentil et pas s’énerver et pas s’engueuler ni rentrer en conflit, et ce contre
nature, ce qui créerait une sorte de frustration que l’on pallie en se gavant de méchanceté audiovisuelle?

Bon, personnellement, j’ai un peu de mal à concevoir qu’on puisse prendre plaisir à se faire démonter la gueule, insulter et mépriser par des inconnus, et le tout devant des milliers de téléspectateurs ahuris, mais il faut avouer que c’est intéressant comme phénomène, et que si vous avez des explications à founir, je suis preneuse.

Parodie littéraire

Après la parodie au cinéma, voici la parodie littéraire ! Ouais, bon, ok, ce n’est pas nouveau mais comme je viens de lire « Et si c’était niais » de Pascal Fioretto, je vous en parle. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, petit résumé : ce bref roman nous livre une parodie de nos plus grands auteurs contemporains. Grands en terme de chiffre de vente, hein ! Donc à travers 11 chapitres, on suit la même histoire, chaque chapitre reprenant le style littéraire de 11 auteurs français. L’histoire ? Les meilleures plumes de l’éditeur Chiflon sont kidnappées ! Le commissaire Adam Seberg enquête, entre deux crises avec sa bien aimée Clara. 

Dans ce roman, on retrouve les parodies de Bernard Henry Lévi, Christine Angiot, Fred Vargas, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Pascal Sevran, Bernard Werber,
Jean-Christophe Grangé, Frédéric Beigbeder et Anna Gavalda. Et franchement, je me suis bien marrée même si je n’ai pas lu tous ces auteurs. Perso, j’en ai lu 5 sur les 11 mais j’ai plus du tout envie de lire ceux qui me manquent puisque si la parodie est hilarante, ça souligne bien la lourdeur de l’écriture originale. Donc, je lis, je ris mais quand même, ça m’interpelle : pourquoi ? Je veux dire, pourquoi ce livre ? Car il apparaît vite que la motivation du kidnappeur est de faire disparaître ces gens qui ne savent pas écrire et piquent la place de ceux qui, eux, savent.

Là, la parodie, je dirais même plus la satire (avec un i, pas un y, heiiiiin !), prend tout son sens. Il est vrai que ce petit roman souligne de façon très drôle les travers littéraires de nos écrivains français gros vendeurs. Et c’est vrai qu’on ne peut que reconnaître le talent de Fioretto pour souligner les tics de nos auteurs. Entre Werber et ses pléonasmes et redondances, Amélie Nothomb qui truffe ses bouquins de termes de figures linguistiques, Jean-Christophe Grangé et son écriture « crade » à base de cadavres énuclées ou autres, Marc Lévy et sa niaiserie, Gavalda et ses personnages Amélipoulainesques… Bref, j’ai adoré les chapitres d’auteurs que j’avais lu car ça m’a vraiment fait rire. Mais quand même, me
vient en tête le fameux « la critique est facile, l’art difficile ». Ici, l’intérêt du livre n’est pas l’intrigue, globalement très mince, mais la parodie en tant que telle, tout
comme les précédents ouvrages de Fioretto. Scribouillard raté, aigri et jaloux ? Personnellement, des auteurs que j’ai lus, j’avoue que je ne comprends effectivement pas ce qui vaut leur succès. Je trouve les écritures de Gavalda, Werber et Lévy plates, les intrigues ennuyeuses, les dénouements trop prévisibles. Beigbeder, un style génial pour du blogging, pas mieux. Amélie Nothomb, autant j’aime bien ses autofictions, comme on dit, autant ses romans sont trop similaires et ça m’a particulièrement gonflée pour Acide Sulfurique, resucée d’Attentat que j’avais pas aimé. En gros, la beauté et l’intelligence contre la mocheté et la laideur. Alors en faire un roman, c’était déjà beaucoup alors plusieurs… Ca m’a déçue. Surtout que souvent, ses romans, c’est « on s’assoit et on discute ». Et ça, Fioretto l’a bien saisi ! Après, je ne m’érige pas en juge de ce qui mérite d’être publié ou pas, vu que je suis pas éditrice. Moi, je suis lectrice alors je décide juste de ce qui est lisible ou pas et c’est vrai que la rentrée littéraire s’est faite sans moi ou presque ! Si les chiffres des ventes ne sont pas forcément proportionnels à la qualité d’écriture, on en revient toujours au même débat : oui mais lui, il a été édité parce que c’est le fils de, parce qu’il passe à la télé et qu’il vend beaucoup. Finalement, le milieu littéraire n’est pas bien différent des autres milieux artistiques type ciné ou musique : oui, il y a des héritiers et quand on est le fils de, ça aide. Oui, certains tombent en littérature sans qu’on comprenne bien ce qu’ils foutent là, que les autobiographies de Loana ou Lorie sont de vastes fumisteries. Alors, forcément, comme ces milieux artistiques, il est normal que le milieu littéraire ait aussi ses parodies et je dirais même que c’est sain, ça évite la sclérose par manque de recul et d’auto dérision.

Bref, certains diront que ce livre n’est que le reflet de l’aigreur de son auteur qui n’arrive pas à être publié autrement qu’en parodiant. Moi, je m’en fous, je vais pas bouder mon plaisir face à ce bouquin vraiment hilarant. Mais une question me taraude depuis quelques temps concernant le milieu littéraire : quand est-ce que ça sortir le premier remake ou reprise d’un livre déjà existant ? Je parle pas de plagiat, hein, je parle de vraie reprise proclamée ! Après tout, ça me paraît une suite logique…

Tu me sers de la soupe dans laquelle je viens de cracher ?

Rumeurs dans la ville la semaine dernière ! Benjamin Biolay ferait partie du jury de la Star Academy. Invité sur le plateau de Pif Paf sur Paris Première, il ne confirme ni ne dément. Isabelle Morin-Dubosc confirme le « scoop » une fois le chanteur parti : « C’est sûr, la preuve : lui qui manie jamais la langue de bois, là, il nous l’a servie ! ».

Mardi soir, je regarde pas la Star Ac mais je vérifie quand même sur yahoo ! le lendemain : hé oui, Benjamin Biolay est bien jury. Et là, je me marre. Je m’explique. Je ne suis pas fan de Benjamin Biolay, je n’ai pas trop d’avis sur lui mais je le trouve un peu trop « la musique française, c’est que de la merde sauf moi ». Musicalement, je connais pas. Si, le jardin d’hiver d’Henri Salvador que je trouve chiante comme la pluie et la ceinture d’Elodie Frégé que j’aime bien. En septembre, Benjamin « j’ai-pas-ma-langue-dans-ma-poche-puisque-j’y-ai-déjà-ma-tune » (© Yojik) tirait à vue sur la variété française, expliquant notamment qu’il avait accepté de faire l’album pour Elodie Frégé pour la tune parce qu’il méprise ces émissions de télé réalité même si Elodie, elle, est sympa. Alors bon, qu’il compose un album, son métier, pour une jeune chanteuse issue d’une émission de téléréalité, c’est une chose. Faire le guignol à la télé parce qu’on est compositeur donc on peut juger des petits gamins pour la modique somme de beaucoup d’euros en est une autre.

Je parle de Benjamin Biolay mais ce n’est pas le seul à manger la soupe dans laquelle il a craché avant. Je me pose souvent la question de la droiture et de l’honnêteté intellectuelle. A sa place, aurais-je dit non alors que de l’argent, c’est de l’argent et que ça va me permettre de vendre mon CD en m’offrant une promo d’enfer ? Certains artistes ont toujours refusé d’aller à la Star Ac, c’est le cas de Zazie, notamment donc c’est possible de ne pas vendre son âme au diable et vendre des CDs quand même. Je peux concevoir que certains
chanteurs trouvent bien le concept de la Star Ac, après tout, pourquoi pas. Mais quand on a craché dessus avant, ce n’est pas cohérent. L’argent achète-t-il tout ?

Evidemment, il faut se poser une autre question : est-on prêt à tout pour faire une promo ? Genre tirer à vue sur la variété française pour choper la Une de Technikart avec plein de belles phrases choc et de l’autre côté, participer à la promo d’une émission dont on a dit énormément de mal pour avoir une visibilité supplémentaire. Au fond, c’est compréhensible mais tellement classique, Bien sur, certains me feront remarquer qu’on peut changer d’avis et que peut-être que Biolay s’est finalement rendu compte des « qualités » d’une émission de
la Star Ac. Ben ouais, on peut changer d’avis en une minuscule poignée de mois, après tout. Mouais, mouais, mouais…  C’est vrai que du coup, son image d’artiste rebelle à part dans la chanson française qui se veut anti commercial et tout, c’est complètement raté. Je me demande si le calcul est le bon. Alors oui, Ben, il va gagner sans doute plein de fans de 15-25 ans midinettes ou midinets qui vont venir crier à tous ses concerts, cool. Sauf que ce n’est pas sa cible, à Ben, on s’en doute. Du coup, je me pose la question : à force de dire blanc pour
faire noir, de brouiller les pistes, de manger à tous les rateliers, on perd non seulement sa crédibilité mais aussi ses fans de base. Parce que les ados qui matent la Star Ac, on sait très bien qu’ils sont versatiles donc ouais, possible que son dernier album soit un carton, mais le suivant ?

 

Bref, erreur marketing ou coup de génie, je suis pas sûre, pour moi, c’est casse gueule. Certains commencent déjà à délirer « ouais mais qui dit qu’en son temps, Gainsbourg n’aurait pas fait la Star Ac, aussi ? ». Moi je dis que c’est pas le sujet, laissons Gainsbourg où il est. Je pense juste qu’à un moment, on a le choix entre plein de fric et rester en accord avec ce qu’on dit (même pas ce qu’on pense, hein, ce qu’on dit). Biolay a fait son choix. Dommage, il était remonté dans mon estime avec son interview, là, il redescend très bas. Surtout
que maintenant, je le soupçonne d’avoir fait son interview snipper juste pour faire parler de lui. D’ailleurs, sur le plateau de Pif Paf, il est revenu sur ses déclarations « mais non, j’ai jamais dit que Zazie nuisait à la musique française, pas du tout, ce sont les journalistes qui ont écrit ça comme ça. Par contre, Bénabar, c’est de la merde ». Ahlala, c’est fou ce qu’on peut vite retourner sa veste. Au moins, avec son salaire, il aura les moyens de s’acheter du shampoing.

Wesh wesh couzin !

L’autre jour, je lisais dans Elle un article sur un bouquin qui vient de sortir, un lexique de la cité avec un entretien avec les auteurs et une linguiste. Je vous résume en substance : le langage de la cité est un mélange de verlan, d’apports d’autres langues, un langage qui se réinvente chaque jour. Les personnes qui le parlent connaissent très bien le français aussi, c’est juste qu’ils veulent avoir leur langue et leurs codes à eux pour que les autres ne comprennent pas. Et ce langage enrichit la langue française.

Bon, voilà un résumé très succinct de l’article qu’il vaudrait mieux lire pour comprendre, ça ira plus vite. Je lis ça et je réfléchis. Si je regarde la langue française actuelle, celle estampillée « lu dans le Petit Larousse », il est vrai que des milliers de mots vient d’un langage argotique et j’en utilise chaque jour. Oui, je kiffe et ça déchire, maintenant, c’est entré dans les mœurs, c’est hype. Même si dans les cités, c’est complètement dépassé. Le phénomène est, en gros, le suivant : ces personnes inventent leur langage, rapidement
popularisé et repris à grande échelle. Du coup, leurs codes n’en sont plus et ils en réinventent encore et encore. De ce point de vue là, la richesse existe, c’est indéniable. Mais j’ai parfois l’impression que le langage devient une denrée jetable. L’expression à la mode chez moi, genre petite bourgeoise de la petite couronne parisienne est largement dépassé dans la cité, il sera très prisé par les grands bourgeois qui veulent faire djeuns dans peu de temps et on se foutra d’eux car c’est has been. En attendant, j’aurai repris des nouvelles expressions dépassées dans leurs cités d’origines. Je ne cherche pas forcément à reprendre des expressions de cité pour faire genre que je suis hypra branchée parce que, techniquement, je m’en fous un peu. Moi, ce que j’aime, c’est avoir mes propres gimmicks. Mais forcément, je me nourris de ce que j’entends.

Je ne fréquente pas des gens des cités. Non que je les fuis, c’est juste comme ça. Nous ne faisons pas partie du même univers, je ne les rejette pas mais chercher leur compagnie juste pour faire genre « moi, je suis pas discriminante, j’ai même des amis dans le 9-3 », bof. Mes relations se font comme ça. Donc forcément, quand j’entends des jeunes dans le métro parler entre eux, j’ai du mal à tout saisir. Ca m’apprendra à écouter les conversations qui ne me regardent pas, tiens ! Par contre, les médias les reprennent à outrance. Le rap les véhicule aussi, voici comment ça arrive dans mes petites oreilles et que ça reste. Aujourd’hui, c’est très chébran (ça, c’est ringard) de kiffer, tout le monde kiffe. Si ce mot ne finit pas par tomber en désuétude rapidement (ce qui peut arriver), il sera sans doute dans notre Petit Larousse prochainement.

Le français est une langue vivante qui se nourrit en permanence des gens qui le parlent. Il y a différents français, à la base : le français métropolitain, le belge, le québécois, celui d’Afrique, du Maghreb, des îles. Déjà, ces langues là évoluent forcément différemment selon les différentes influences qu’elles subissent. Prenons le québécois par exemple, cas que je connais mieux que les autres. Le français québécois est le résultat d’un mélange entre vieux français, anglais et américain francisé. Les Québécois traduisent littéralement des mots anglais, conduisant un char plutôt qu’une voiture, allant au blackouse pour les toilettes (de l’anglais black house). Les Québécois s’arrêtent à l’arrêt plutôt qu’au stop, vont au dépanneur quand nous, on va dans une épicerie arabe… Evidemment, en France, nous avons des influences dues aux différentes immigrations, africaine et maghrébines avec également des emprunts au tzigane. Par
exemple, j’ai appris que les mots en « ave » venaient du tzigane. Non pas les betteraves mais grayave, par exemple (ça veut dire manger).

C’est vrai que des fois, je grimace quand j’entends certains mots que je trouve phonétiquement laids. Cependant, les mots français du dico ne sont pas toujours très beaux phonétiquement parlant. Cucurbitacée, c’est pas le plus beau mot de notre langue, par exemple. Désolée, c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit. Et que dire du langage SMS qui me massacre les yeux ? Je trouve ça laid au possible cette façon d’écrire, peu compréhensible. Mais n’est-ce pas un peu trop réac de dire non à toute forme d’évolution linguistique uniquement parce qu’on ne la comprend pas ? Je ne suis pas favorable au langage SMS dans la mesure où je crains toujours qu’il nuise à l’apprentissage du bon orthographe, vous savez comme je suis tatillonne sur le sujet. Mais pour l’heure, on n’a pas encore suffisamment de recul sur le sujet pour dire que, oui, le SMS est en train de produire une génération d’illettrés. Je bosse avec des ados
amateurs de SMS. Quand ils l’abandonnent pour écrire correctement, ils ont un français tout à fait correct.

Bref, il faut arrêter de stigmatiser le langage « cité », puisque c’est ainsi qu’on l’appelle en l’accusant de dénaturer le français et d’être le produit d’illettrés incapables de parler correctement notre langue et qui se cachent derrière ces expressions pour masquer un vocabulaire pauvre. Il faut se mettre en tête que le français est une langue vivante qui ne peut qu’évoluer. Qui doit évoluer. Nous n’arrêtons pas de nous vanter de notre multiculturalisme (mouais, allez au Canada et on reparle de notre multiculturalisme) alors pourquoi en rejeter ces formes linguistiques ? Nous ne sommes pas tous obligés de parler « cité ». Je crois le français suffisamment riches pour que nous puissions choisir comment nous voulons le parler dans des sphères privées. Et M. Larousse, ça lui permet chaque année de faire la promo de sa nouvelle édition avec « plein de nouveaux mots dedans ! ».

Pour les joueurs, j’ai écrit cet article en version SMS là

Peut-on dénoncer un système que l’on encourage ?

Oh, le joli sujet de philo, vous avez 3 heures. Moi, j’irai boire un café, ciao !

Bon, allez, non, je ne vous lâche pas en ce dimanche alors que je débute la rédaction de cet article à très précisément 3h57 parce que je vous ai préparé une belle surprise pour demain avec l’aide de Lucas. Je deviens vraiment la pro du teasing, n’est-il pas ? Bon, je débute vraiment mon article là, 5 lignes pour ne rien dire, je crois que je vais battre mon propre record. Quoi que des articles entiers ne disent rien donc bon…
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Cette semaine, j’ouvre mon Elle parce que je me la pète femme active et pétée de tunes (alors que j’ai pas de sous, mais chut, it’s just an illusion) et là, je vois un article sur l’anorexie et une campagne de presse la dénonçant. Bouh, l’anorexie, c’est mal ! En photo une jeune femme de 25 ans, Isabelle, qui n’a plus de sein, le ventre creux et le visage tellement creusé que sur le coup, j’ai cru que c’était une vieille. Ah ouais, ça donne pas envie d’être anorexique ! Sauf que je feuillette le journal et je vois pas une seule fille dépasser le 36 alors que j’ai lu récemment que près de 40% des gens (je sais plus si on parle en terme de population française ou mondiale) s’habillent en grande taille, c’est-à-dire à partir du 46-48. Paf, paf. Hier encore, on dissertait sur le sujet avec Lucas, sur les rondeurs et la féminité et on s’accordait à dire que les femmes avaient trop la pression du 36 fillette. Alors que Marilyn, elle, faisait du 42 et que moi, je la trouvais canonissime. J’adore les tailles serrées et les hanches extralarges, c’est féminin, sensuel, mmmm… Mais là n’est pas le sujet.

 Les journaux féminins sont schizophrènes, c’est pas nouveau. Il y a peu de temps, Glamour avait dénoncé la tyrannie de ce fameux 36, montrant des femmes qui faisaient un…  38-40 ! Mais quelle rébellion les enfants « moi, j’assume mes rondeurs ». A du 38-40, c’est pas méga difficile de les assumer. Récemment, sur la plate forme où je bosse, un bloggeur s’était moqué du ventre flasque de Britney pendant sa prestation et une bloggeuse lui avait répondu : « tu te rends pas compte que pour une fille comme moi, Britney, là, elle

est mince et j’aimerais être comme elle ». Ceci étant, je suis d’accord avec elle, Britney n’est pas grosse si on la compare au commun des femmes. Bon après, si on la compare à ses copines d’Hollywood, là, c’est sûr, si tu pèses plus de 45 kg, t’es grosse et c’est tout. Mais j’en reviens à mon sujet, j’arrête pas de digresser, c’est mal ! Donc Glamour nous dit que le 36 c’est mal et dans le même numéro, nous fait un dossier spécial « défilés de mode » avec plein de photos de mannequins au visage émacié qui ne savent pas qu’on peut aussi sourire mais attention, si tu t’entraînes pas régulièrement, ça fait mal. Evidemment, les magazines ne sont pas les seuls responsables de l’anorexie mais je pense qu’ils ne sont pas tout à fait innocents dans certains cas.

 Est-ce que c’est pas un peu gonflé de la part de ces magazines de dénoncer ça alors qu’ils génèrent eux-mêmes cette dépendance à la minceur (voire maigreur) ? Parce que je connais un gros gros paquet de filles (dont moi, évidemment) qui passent leur vie à faire un régime pour perdre 300 grammes alors que nous ne faisons pas un métier d’image. Honnêtement, que je pèse 50 ou 100 kg, c’est pas ça qui va me faire embaucher quelque part. Donc on n’a pas forcément besoin d’avoir le ventre plat et le cul ferme mais on nous a tellement imposé ça comme canon de beauté que voilà. Et je parle des journaux féminins mais c’est juste un exemple. En 2002, tous les médias s’étaient écriés lors de l’arrivée de Le Pen au 2e tour « c’est la faute aux médias ! » Ben ouais, tiens ! Mais bon, aucun n’a réellement fait son autocritique mais se dénoncer en tapant un peu sur le confrère, je trouve ça fort, faire des papiers sur l’emballement médiatique encore plus. « Ouais, c’est nous qui générons le phénomène mais regarde, là, on dit que c’est mal alors ce soir, moi, je dormirai comme un loir, j’ai bonne conscience ».

Maintenant, les journaux qui dénoncent ces systèmes là nous dirons : « nous, on veut bien arrêter mais la concurrence ne le fera pas et on coulera alors ça sert à rien ». Ca reste à prouver. Dove a justement pris le contre-pied des mannequins en prenant des femmes normales pour ses pubs, c’était risqué mais ça a bien marché. Les féminins expliquent que les filles canon, ça fait plus vendre. Déjà, ils ne mettent jamais de Noire car ça fait baisser les ventes à de très rares exceptions près (Beyoncé et Naomie, quoi). Alors ouais, peut-être
que mettre une fille avec du ventre, des fesses et de la cellulite, ça vendrait moins. Peut-être pas. Mais peut-on décemment s’associer à une cause, la promouvoir alors qu’on en est plus ou moins responsable ? Là, j’ai des doutes.

04h22, je vais me coucher.

Un certain art de vivre

Comme tu le sais, lecteur, je vis dans une bulle médiatique, je bouffe de l’info à longueur de journée, parfois parce que j’en ai envie, parfois parce que je n’ai pas le choix. A
chaque fois que je jette un œil sur mon netvibes, j’ai les dernières dépêches AFP (bon, ok, c’est moi qu’ai demandé)… Donc je lis pas mal de choses, j’entends ou je vois à la télé sur la vie, sur nos façons de vivre. Et là, je me rends compte qu’on ne sait plus vivre.

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En début d’année, vers février ou mars, Tatiana et moi sommes allées à une expo sur la pub, très sympa mais bizarrement agencée. On voit des vieilles publicités du début du siècle
qui vantent les mérites de la clope, de l’alcool, détente, convivialité, etc. Aujourd’hui, c’est impensable. L’alcool peut encore s’afficher dans les magazines mais c’est mal de boire, c’est écrit dessus. Je regarde ces pubs et je me dis que la vie a bien changé. Oui, c’est plaisant de boire un verre en fumant une clope sauf qu’aujourd’hui, on a toujours une petite voix qui nous rappelle que tout ça est mauvais pour nous, qu’il faut boire avec modération sinon attention à l’ulcère et aux bébés déformés et pas fumer du tout parce que déjà que la pollution nous file des cancers, si en plus, on fume, hein… De façon générale, aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on ne peut plus vivre. Bouffe ? Ne mange ni trop gras, ni trop sucré, la viande, tu vas choper Creuzfeld Jacob, les produits laitiers ? Et la listéria alors ? Du poisson ? Beurk, non, ils sont élevés en captivité avec des farines animales, Creuzfeld Jacob, le retour. Bon, alors je deviens végétarienne. Ah ben non, les légumes, c’est des OGM, on sait pas trop ce que ça peut déclencher. Bon alors, je peux manger quoi ? Rien. Bon, ben, je vais crever, je reviens.

La technologie, aussi, est coupable. Le micro ondes, les ordinateurs, les mobiles, le wifi, tout ça, ça fait des ondes qui provoquent des tumeurs du cerveau, on va donc tous crever
à priori. Bah oui, les ondes traversent aussi les murs des gens qui n’ont pas tout ça donc voilà. Le sexe ? Je vous ferai pas la liste des MST. En plus, il paraît que d’avaler plus de 6
spermes différents (dans une vie, pas en même temps !) provoquerait un cancer de la gorge. J’attends l’étude qui démontrera que les pelles favorisent les inflammations des amygdales. Bref, quoi que l’on fasse, on nous explique que c’est dangereux, que ça va provoquer des cancers et tout ça.

 Du coup, on ne profite plus vraiment. Quand je fume, je culpabilise, quand je mange gras, je me dis que c’est mal, quand je bois plusieurs soirs par semaine, je me dis que je dois

me calmer… C’est assez paradoxal, quelque part. La plupart des magazines se sont dotés d’une rubrique « bien être » mais on se rend compte que rien n’est bien, que tous nos
comportements sont potentiellement cancérigènes ou autre. Même si tu vis dans une bergerie sans électricité dans un endroit non pollué en mangeant tes propres aliments et ta propre eau, tu ne te laveras pas comme il faut et tout, tu choperas des bactéries, tout ça, tout ça.

 J’avoue que j’en ai marre. Que j’ai envie de dire stop. Oui, nos vies sont malheureusement dangereuses car l’homme est menacé par 150 000 bactéries et infections, que certains

de nos comportements peut les favoriser, ok. Puis-je décemment reprocher aux médias de nous tenir au courant de ce genre de recherches et de résultats ? De toute façon, cachez à la
population que tel produit est dangereux, le jour où ça se sait, ça fait un terrible scandale. Alors, oui, on a le droit de savoir et on n’a pas le choix, à la limite. Mais je me pose la
question : ne profitait-on pas plus de la vie avant, quand on ne se rendait pas compte que chacun de nos gestes nous amenait plus rapidement vers une mort lente et douloureuse ? Puis-je décemment fumer une clope sans que 3 personnes me parlent du cancer que j’attraperais peut-être ? Puis-je boire un verre en soirée sans que quelqu’un me parle de mon foie (bon, ça, ok, c’est beaucoup plus rare). Ne prenez pas cet article pour ce qu’il n’est pas, je ne dis pas « laissez moi vivre ma vie comme je veux, je vous emmeeeeeeeeeeeeeeeerde », absolument pas, c’est vraiment un « serait-on pas plus heureux si on ne savait pas ». Parce qu’à force de lire et d’entendre tout ça, la question n’est plus « aurai-je un jour un cancer » mais bien « quel cancer vais-je donc choper ? »

Et la liberté d’expression hein ?

Les Français sont râleurs, jusque là, je ne vous apprends rien. Mais par-dessus, je dirais que la plupart sont cons et globalement inconséquents. En ce moment, dans ma vie, la grande mode, c’est de brandir le drapeau de la liberté d’expression, de gueuler halte à la censure et tout ça. Par exemple, sur la plate-forme de blog où je bosse, y a une charte et si tu respectes pas la charte, ton article est modéré. Chez over-blog, tu respectes pas la charte, hop, ton blog est suspendu. Ben oui, mon gars, faut lire avant te signer, on t’a pas appris ça à
l’école ?

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Donc c’est la grande mode en ce moment, ils hurlent à la censure toutes les 2 secondes. Censure, au moins. Mais là où je commence à péter les plombs, c’est quand ils commencent à nous traiter de fasciste ou à se comparer aux bloggeurs chinois. Ouais, je sais, rien que ça. Non mais du con, ce serait à ce point là, ton blog n’existerait plus et tu croupirais en tôle, je te rappelle qu’on a tes coordonnées… Evidemment, ça prête plutôt à rire, surtout que ceux qui gueulent ont tout leurs articles en ligne. Mais quand on replace ça dans le contexte, ça me fait un peu grincer les dents. Des gens sont morts à cause de la censure, la vraie, ce n’est absolument pas comparable !

Le problème c’est que, souvent, on brandit le droit d’expression à tort et à travers sans même réfléchir à ce qu’il représente. Dès que vous posez une limite, c’est parti, y a toujours un crétin pour hurler à l’atteinte à la liberté d’expression. Seulement la loi ne vous autorise pas à tout dire, Dieu merci. Par exemple, cette semaine, on a modéré deux blogs néo-nazis. Ah, là, personne ne s’est élevé contre leur suspension. La loi met des gardes fous souvent très ténus et globalement faciles à contourner. Limite à la liberté d’expression ? Et puis quoi encore ?

Je viens de terminer « la barbarie journaliste » d’Antoine Perraud, intéressant de ce point de vue même si l’auteur aurait pu se dispenser de donner des leçons de morale toutes les 3 pages. En gros, il dissèque la couverture médiatique de 3 affaires : Outreau, RER D et Baudis-Allègre. Arrêtons nous sur cette dernière qui m’intéresse à plusieurs titres : je vivais à Toulouse au moment de l’affaire qui a fait les choux gras de la Dépêche du Midi où, comme tout étudiant futur journaliste toulousain qui se respecte, j’ai fait un stage. Dans le livre,on voit bien comment le journal monte une kabbale contre deux de ses ennemis de toujours, Dominique Baudis et Marc Bourragué. Sans aller jusqu’à la diffamation, le journal est allé très très loin, entraînant une surenchère avec les autres titres. La parole des anciennes prostituées n’a jamais été mise en doute et même réinterprétée, comme toutes les déclaration de cette affaire. Quand Marc Bourragué déclare avoir reçu chez lui Patrice Allègre qui était en compagnie d’un ami en 91 ou 92, ça devient en 91 et 92, dans la Dépêche.

Le problème est que la liberté d’expression n’est plus respectée mais pas dans le sens de privation de parole mais dans le sens d’abus. On va trop loin que les limites posées par la décence, on se lance dans des déclarations stupides et fallacieuses qui peuvent détruire la réputation de quelqu’un, par exemple. Les blogs posent une nouvelle problématique à ce sujet : quel crédit accorder à ce qu’ils disent ? A quelles règles doivent-ils se soumettre ? Y a la loi, bien entendu mais après, rien ne nous empêche de faire dans le prosélytisme et la mauvaise foi. Or qui lit quoi et qui prend le recul nécessaire pour remettre en doute ce qu’avance un bloggeur ? Si par exemple, je dis « un homme du PS haut placé, amateur de chemise rose, sortirait avec une ancienne chanteuse punk ex prof à la Star ac », par exemple, je reste dans le cadre de la loi : non seulement je ne donne pas de nom mais en plus, je mets un conditionnel. Je n’affirme rien, je suppose. Mais si on lit entre les lignes, on comprend que Jack Lang se taperAIT Armande Altaï. Bon, évidemment, vous vous doutez que cet exemple est le pur
fruit de mon imagination… Du moins, je l’espère pour eux. Surtout le blog est noyé dans la masse d’infos. Si je balance un potin du genre ici, vous le répèterez ou pas dans votre entourage, ça va faire tâche d’encre plus ou moins vite et à la fin, impossible de trouver la source du potin. Et ça m’étonnerait bien que le diffamé pense à moi, honnêtement.

La liberté d’expression est finalement ce que nous en faisons. Mais réfléchissez un peu avant d’hurler à la répression à tort et à travers : si vous étiez vraiment censurés, ça fait un moment qu’on n’entendrait plus votre voix. Quoi que pour certains, ça me ferait vraiment des vacances !

La rumeur, le meilleur des buzz ?

Le mois dernier, je lisais mon Technikart et y avait tout un dossier sur la rumeur, notamment politique. C’est assez marrant de voir certaines d’entre elles, genre les multiples amants de Ségolène (ouais, je sais, j’ai ajouté ma pierre à l’édifice hier), les rumeurs du contrat que Cécilia aurait signé pour continuer à figurer aux côtés de Nicolas, la liaison supposée entre Richard Gasquet et Arnaud Lagardère… Bref, la rumeur fait les choux gras d’une certaine presse. Et le bonheur des journalistes qui se savent être dans le secret des Dieux et connaissent le vrai du faux. Ou pas.

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Nous avons tous été instigateurs, relais ou victimes d’une rumeur. Les « il paraît que… », on sait ce que c’est. Bon, évidemment, à notre niveau, on va pas monopoliser les conversations des dîners mondains ! « Et tu sais quoi ? Il paraît que Nina Bartoldi est une fausse brune ! » « Qui ça ?? ». Pourtant déjà, à notre
niveau, on se rend compte que le rumeur est une arme qui peut facilement se retourner contre nous. Oui, n’oublions pas le côté téléphone arabe d’une part et que certaines personnes qui nous,voient venir vont infirmer et balancer une contre-rumeur. Exemple : vous avez un mec en vue dans votre boîte genre le beau John des RH qui a toujours le costard impeccable, le sourire ravageur et le parfum qui sent bon. Vous commencez par lancer une OPA discrète sur John en signalant que, d’une part, vous êtes célibataires et que d’autre part, il vous plait. Et qu’en plus, vous êtes un coup fabuleux, votre dernier amant a manqué de se suicider quand vous êtes partie. Oui, bah, on n’a pas dit que la rumeur devait forcément être vraie et modeste. Donc l’info commence à circuler mais pas de bol, y a Geneviève du standard qui en a après John et voit la manœuvre. Du coup, elle va infirmer : « mais non, elle est pas célibataire, elle fréquente un mec
depuis 6 mois et elle est tellement in love que John, elle l’a même pas calculé ». Et comme Geneviève est au standard, elle a un pouvoir propagatoire de la rumeur plus forte que vous, c’est mort. Ca peut marcher pour le boulot. Arrive le moment de renégocier votre salaire et vous sentez que votre augmentation ne sera pas formidable donc vous commencez à fureter par du tout discrètement sur Viadeo, vous laissez traîner le numéro spécial de Capital sur « changez de boîte, comment faire ? », etc. Mais attention car votre collègue veut l’augmentation aussi et peut transformer ça en « non mais elle est pas fiable, elle va se casser à la première occasion ».

Mais revenons à nos amis les stars. Enfin, amis et stars, tout est relatif selon les cas. Bien utilisée, la rumeur peut être un fameux buzz qui crée l’envie. Par exemple : un chanteur has been va revenir sur le devant de la scène mais ses fans l’ont trompé avec un autre chanteur. Genre Calogero revient mais ses admiratrices se pâment devant Christophe Mae, aïe. Sortir un album dans l’indifférence générale ? Non mais ça va pas non ? Alors lançons la stratégie rumeurs and buzz. Commencez par annoncer de ci de là qu’en ce moment, le chanteur est en studio et qu’on l’a vu dîner avec grand producteur. Sur son site Internet, il commence à annoncer discrètement mais sûrement son retour. Petit à petit, l’info commence à circuler entre initiés et c’est forcément de plus en plus repris. Les blogs sont un formidable nid à rumeurs. Non parce que les bloggeurs sont égocentriques, c’est bien connus, et ils aiment péter plus haut que leur cul. Moi je sais, nananère ! Le must : « j’ai appris quelque chose sur tel chanteur mais je peux pas vous dire ce que c’est ». Là, la rumeur s’emballe et c’est le jackpot, si tout est bien maîtrisé. Mais la rumeur peut parfois toucher la vie privée et c’est pas forcément un mal pour eux. Non parce qu’une fois sur deux, les paparazzis sont prévenus par les stars eux-mêmes et leur entourage. Un exemple au hasard qui m’a toujours interpellée : en 2001 ou 2 ou je sais plus, sort « Astérix et Cléopâtre », réalisé par Alain Chabat, THE blockbuster

français. Comme de par hasard, une semaine avant la sortie, qui fait la une de Voici ? Chabat himself en train de fricoter avec Ophélie Winter à St Barth, l’endroit où y a jamaaaaaaais de paparazzis, comme à St Trop, par exemple. Un autre exemple de ma connaissance mais qui là, est avéré : Isabelle Adjani et Jean-Michel Jarre sont en couple mais ils se séparent et Isabelle en
profite pour squatter la une de Paris Match ou Gala et raconter sa douleur. Jean-Michel est parti avec une autre actrice et les rumeurs sur l’identité de cette dernière vont bon train. 15 jours plus tard, les photos sont dans Voici, Jean-Michel flirte outrageusement avec Anne Parillaud, le tout sous le regard des paparazzis. Quelques temps plus tard, on a appris que ça n’avait rien d’un
hasard, Jean-Michel ayant appelé lui-même les photographes.

Bref, la rumeur, bien maîtrisée, constitue le meilleur des buzz surtout que les gens aiment se sentir puissants en la partageant « tu savais pas, maintenant, grâce à moi, tu sais ». Mais bon, c’est à manier avec précaution.