L’art, le cash, le fake, Banksy

Ouais, je fais des titres Kamoulox, j’ai pas trouvé de chanson nase dont le titre pourrait illustrer mon article.

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Samedi dernier, je me suis rendue en charmante compagnie au Forum des Images afin de voir le docu « Faites le mur », réalisé par Banksy, une soirée « carte blanche » du Gorafi. Pour ceux qui ne savent pas qui est Banksy (bien que je vois son nom absolument partout depuis 10 jours), c’est un street artist au visage masqué dont on ne sait rien ou presque. Ses oeuvres sont assez variées, je n’en retiendrai qu’une parce que si vous voulez en savoir plus, y a Wikipedia (même si on sait qu’il y a pas mal de conneries dessus). Il a réalisé plusieurs oeuvres sur le mur encerclant la Palestine, des oeuvres que je trouve incroyablement poétiques.

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Bref, le docu nous offre une plongée dans le monde du street art filmé par Thierry Guetta, un doux dingue français qui vit un peu en dilettante et qui a une passion : la vidéo. Il filme tout, tout le temps, sans jamais s’arrêter. Un été, il filme son cousin, un street artist qui colle des space invaders partout dans Paris. De retour aux Etats-Unis où il vit, il rencontre Shepard Fairey, un street artist collant sur les murs une immense affiche « obey » puis d’autres street artists qu’il filme et aide à faire leur art. Puis un jour, il rencontre le grand Banksy. Il filme, il filme et Banksy lui demande de réaliser un film sur le street art. Il en sort un « truc », Life remote control, 1h30 d’images en mode stroboscopique comme si un épileptique faisait une crise, la télécommande à la main. Banksy se dit donc « on va récupérer les images et occuper Thierry pour pas qu’il s’en rende compte ».Banksy conseille donc à notre french guy de tenter lui même l’aventure de l’art. En quelques mois, Thierry devient Mister Brainwash et devient un artiste prétentieux copiant-collant en détournant à peine le boulot de ses copains street artists et vendant ses « oeuvres » réalisées par d’autres à des prix délirants tout en expliquant que « ben, moi, j’ai l’idée, eux, ils font la réalisation ». A la fin du film, on est partagés entre la sympathie qu’on avait pour Thierry en début du film et l’antipathie qu’inspire Mister Brainwash et sa prétention sans nom.

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Suite au film et au débat avec 2 membres du Gorafi, mon compagnon de virée et moi-même poursuivons le débat au resto. Ce film est une mine de réflexion sur l’art, le fric, la production facile, la prétention culturelle…

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(très jolie illu réalisée par (c) Tricia Kleinot)

Donc l’art. Ce film nous questionne sur notre rapport à l’art pour commencer. Ce que j’aime sur le street art, c’est son côté accessible, signifiant et éphémère. J’aime les space invaders, j’aime certains graffs, à partir du moment où ils ont une signification (donc pas ceux comportant des noms tracés de façon dégueulasse à la bombe). J’aime le travail de Banksy sur le mur de Palestine et la force de ce que ça représente. Ce documentaire a un incroyable effet poil à gratter : dans un premier temps, on découvre tout un tas de doux dingues qui font les choses avant tout par passion, par envie. Thierry filme tout ce qui bouge car il aime filmer, les street artists veulent diffuser un message, ils ont un projet, ils veulent un peu secouer les consciences. Jusque là, tout va bien.

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Sauf que la naissance de Mister Brainwash fait violemment entrer la question du cash dans le documentaire. Pour être 100% honnête, je me demandais comment le street artists pouvaient se payer des virées au Japon tranquilles mais ce n’était pas le coeur du docu, loin de là. On voit une cabine téléphonique pliée en deux réalisée par Banksy vendue 500 000 dollars (bim!) mais c’est avec Thierry qu’on s’en prend méchamment plein la gueule : le mec vend ses « oeuvres » réalisées par ses assistants en reprenant les idées de ses potes street artists en y collant un prix au pifomètre. « Celui ci ? Heu 16 000 ! Celui là ? Hmmmm… 32 000 ». Tu saupoudres ça de l’interview d’une riche collectionneuse qui a des tableaux de la plupart des grands artistes contemporains dont un de Kandinsky qu’elle explique ne pas aimer (je suis pas sûre de l’artiste mais peu importe) et tu as légèrement envie de vomir. Même si c’est très certainement un fake comme la plupart du documentaire, ça me rend dingue.

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Car si ça ne me dérange pas en soi que les artistes gagnent leur vie, ce qui me dérange plus, c’est que certaines oeuvres dorment au chaud chez de riches collectionneurs alors que pour moi, l’art appartient à tout le monde. Bien entendu, les collections privées permettent de conserver les oeuvres en bon état et ces dernières circulent entre les différents musées mais l’idée que des oeuvres majeures ronronnent dans des salons privés me fout salement les boules.

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Par ailleurs, ce documentaire met en lumière le côté « enchères et marché » de l’art. Evidemment, de la part de Banksy et de sa cabine tordue, ça peut légèrement paraître hypocrite mais le reportage montre très bien la fabrique d’un artiste : en se faisant recommander par ses copains street artists et en décrochant une bonne interview dans L.A Times, Mister Brainwash crée le buzz et parvient à vendre des oeuvres à prix délirant avant même l’ouverture de son expo. Pour illustrer le côté hyper creux des hipsters qui se jettent à cette expo, un mec interviewé lâche « j’ai aucune idée de ce que je fais là mais je suis tout excité ». Ou comment les médias te créent une envie.

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Et aujourd’hui, je colle ça à l’actualité, à la fameuse Tour13 que j’ai finalement pas vue qui, lors des derniers jours, recevait tellement de visiteurs qu’il fallait faire entre 4 et 10h de queue pour y faire un tour. Ce qui est étrange, c’est que la Tour était ouverte au public depuis le 1er octobre et ce n’est que sur les derniers jours que ça a été la folie. Effet de foules, moutons de la tendance, je suppose. Au fond, peut-on réellement dénoncer un système avec lequel on joue et dont on vit ? Cracher dans la soupe ou essayer de changer les règles du jeu ?

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La semaine prochaine ou plus tard, je vous parlerai de l’art « facile ». Bisous.

Peut-on dénoncer un système que l’on encourage ?

Oh, le joli sujet de philo, vous avez 3 heures. Moi, j’irai boire un café, ciao !

Bon, allez, non, je ne vous lâche pas en ce dimanche alors que je débute la rédaction de cet article à très précisément 3h57 parce que je vous ai préparé une belle surprise pour demain avec l’aide de Lucas. Je deviens vraiment la pro du teasing, n’est-il pas ? Bon, je débute vraiment mon article là, 5 lignes pour ne rien dire, je crois que je vais battre mon propre record. Quoi que des articles entiers ne disent rien donc bon…
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Cette semaine, j’ouvre mon Elle parce que je me la pète femme active et pétée de tunes (alors que j’ai pas de sous, mais chut, it’s just an illusion) et là, je vois un article sur l’anorexie et une campagne de presse la dénonçant. Bouh, l’anorexie, c’est mal ! En photo une jeune femme de 25 ans, Isabelle, qui n’a plus de sein, le ventre creux et le visage tellement creusé que sur le coup, j’ai cru que c’était une vieille. Ah ouais, ça donne pas envie d’être anorexique ! Sauf que je feuillette le journal et je vois pas une seule fille dépasser le 36 alors que j’ai lu récemment que près de 40% des gens (je sais plus si on parle en terme de population française ou mondiale) s’habillent en grande taille, c’est-à-dire à partir du 46-48. Paf, paf. Hier encore, on dissertait sur le sujet avec Lucas, sur les rondeurs et la féminité et on s’accordait à dire que les femmes avaient trop la pression du 36 fillette. Alors que Marilyn, elle, faisait du 42 et que moi, je la trouvais canonissime. J’adore les tailles serrées et les hanches extralarges, c’est féminin, sensuel, mmmm… Mais là n’est pas le sujet.

 Les journaux féminins sont schizophrènes, c’est pas nouveau. Il y a peu de temps, Glamour avait dénoncé la tyrannie de ce fameux 36, montrant des femmes qui faisaient un…  38-40 ! Mais quelle rébellion les enfants « moi, j’assume mes rondeurs ». A du 38-40, c’est pas méga difficile de les assumer. Récemment, sur la plate forme où je bosse, un bloggeur s’était moqué du ventre flasque de Britney pendant sa prestation et une bloggeuse lui avait répondu : « tu te rends pas compte que pour une fille comme moi, Britney, là, elle

est mince et j’aimerais être comme elle ». Ceci étant, je suis d’accord avec elle, Britney n’est pas grosse si on la compare au commun des femmes. Bon après, si on la compare à ses copines d’Hollywood, là, c’est sûr, si tu pèses plus de 45 kg, t’es grosse et c’est tout. Mais j’en reviens à mon sujet, j’arrête pas de digresser, c’est mal ! Donc Glamour nous dit que le 36 c’est mal et dans le même numéro, nous fait un dossier spécial « défilés de mode » avec plein de photos de mannequins au visage émacié qui ne savent pas qu’on peut aussi sourire mais attention, si tu t’entraînes pas régulièrement, ça fait mal. Evidemment, les magazines ne sont pas les seuls responsables de l’anorexie mais je pense qu’ils ne sont pas tout à fait innocents dans certains cas.

 Est-ce que c’est pas un peu gonflé de la part de ces magazines de dénoncer ça alors qu’ils génèrent eux-mêmes cette dépendance à la minceur (voire maigreur) ? Parce que je connais un gros gros paquet de filles (dont moi, évidemment) qui passent leur vie à faire un régime pour perdre 300 grammes alors que nous ne faisons pas un métier d’image. Honnêtement, que je pèse 50 ou 100 kg, c’est pas ça qui va me faire embaucher quelque part. Donc on n’a pas forcément besoin d’avoir le ventre plat et le cul ferme mais on nous a tellement imposé ça comme canon de beauté que voilà. Et je parle des journaux féminins mais c’est juste un exemple. En 2002, tous les médias s’étaient écriés lors de l’arrivée de Le Pen au 2e tour « c’est la faute aux médias ! » Ben ouais, tiens ! Mais bon, aucun n’a réellement fait son autocritique mais se dénoncer en tapant un peu sur le confrère, je trouve ça fort, faire des papiers sur l’emballement médiatique encore plus. « Ouais, c’est nous qui générons le phénomène mais regarde, là, on dit que c’est mal alors ce soir, moi, je dormirai comme un loir, j’ai bonne conscience ».

Maintenant, les journaux qui dénoncent ces systèmes là nous dirons : « nous, on veut bien arrêter mais la concurrence ne le fera pas et on coulera alors ça sert à rien ». Ca reste à prouver. Dove a justement pris le contre-pied des mannequins en prenant des femmes normales pour ses pubs, c’était risqué mais ça a bien marché. Les féminins expliquent que les filles canon, ça fait plus vendre. Déjà, ils ne mettent jamais de Noire car ça fait baisser les ventes à de très rares exceptions près (Beyoncé et Naomie, quoi). Alors ouais, peut-être
que mettre une fille avec du ventre, des fesses et de la cellulite, ça vendrait moins. Peut-être pas. Mais peut-on décemment s’associer à une cause, la promouvoir alors qu’on en est plus ou moins responsable ? Là, j’ai des doutes.

04h22, je vais me coucher.