Workin’ girl

Comme tu le sais, lecteur, depuis un mois maintenant (juste ciel, que ça passe vite !) je suis en stage. Bon, évidemment, c’est un stage donc sous payé mais déjà payé. Surtout que l’association vient d’être créée et les mecs me payent de leur poche. D’ailleurs, samedi, j’ai eu mon premier salaire, en liquide. Oui, la préfecture n’ayant toujours pas fourni de récépissé, l’association ne peut ouvrir un compte en banque et me payer avec les sous qu’il y a dessus. Que fais-je ? Je travaille sur la problématique de la place des jeunes dans la société et leur sous-représentation dans les milieux économiques, politiques et syndicaux. Plus concrètement, je fais une revue de presse deux fois par semaine sur le sujet (au début, c’était quotidien), je rédige des articles à partir de synthèses du CEREQ ou autres, je prépare des interviews que je ferai par la suite, je mets sur le site mes articles et ceux des autres et je me retrouve même attachée de presse officielle de l’association. Et j’interdis aux quelques journalistes mâles qui traînent sur le blog de dire que, du coup, je suis devenue très intime avec des tas de journalistes. Je m’appelle pas Elsa Linux, moi, je suce que si je veux (et qui je veux). Donc pour 300 euros par mois, vous avez une Nina journaliste, webmastrice et attachée de presse. Quelle promo !

 

Ce boulot a des avantages et des inconvénients. D’abord, je travaille chez moi ce qui fait que je ne perds pas de temps dans les transports. A peine levée, habillée, nettoyée, je peux me mettre à bosser avec mon petit capuccino et mes biscuits petit déjeuner au chocolat et céréales. Des fois, je me fais aussi un petit jus d’orange pressé maison. Comme je suis libre de mes horaires, je déjeune de temps en temps avec Gauthier ou Sab, je dois voir Zoé aussi pour qu’on se remette à jour côté potins. Mais travailler à domicile, c’est ne voir personne. C’est passer la journée devant un ordi à communiquer avec l’extérieur que par ce biais là. Et y a des jours où c’est un peu pesant. La seule différence avec ma période de chômage, c’est que je n’ai pas le droit de me lever après midi (déjà, après 9h, ça craint du boudin) et que j’ai des choses à faire donc les journées passent à la vitesse la lumière et c’est pas plus mal. En plus, comme je bosse chez moi, je n’ai pas tellement de frais de bouffe et tout ça, sauf quand je vais manger avec Gaugau, je peux traîner toute la journée en jogging et T-shirt, ne même pas me maquiller… Mais du coup, je fume beaucoup plus que si je travaillais dans un bureau avec obligation de sortir pour avoir ma dose de nicotine.

Par contre, ce qui me fait très peur dans ce boulot, c’est qu’il me rende un peu dépressive. Pourquoi je dis ça ? C’est très simple : tous les jours, je travaille sur le fait que nous sommes une génération qui n’a aucune chance d’atteindre le niveau de confort de la précédente. Que nos salaires serviront surtout à aider nos parents à avoir leur retraite. Que nous finirons par perdre les acquis sociaux de nos parents genre la retraite, les 35 heures… car sinon, on va droit dans le mur. Je lis tous les jours qu’il n’y a pas de place en politique pour les jeunes, que les éléphants du parti, comme ils aiment dire, refusent de céder leur place. Et dans les syndicats, c’est encore pire : la moyenne d’âge est de 57 ans ! D’ailleurs, vous remarquerez que pour le CPE, les syndics ont fait grève en annonçant qu’ils se battaient « pour leurs enfants », ça montre bien l’âge des syndiqués. Quant au marché du travail, même pas la peine d’en parler, plus je lis et plus j’ai envie de changer de branche. Pourquoi j’ai pas fait une école de commerce hein ? Bon, certes, je suis aussi motivée par le commerce que par le curling mais bon, ça ouvre plus de portes que la fac. Mais bon, pas de panique, le chômage des jeunes a baissé. Mais on reste quand même les premières victimes, youpi you ! Elle est où la Seine ?

 

Sinon, dans l’asso, je ne vois surtout que les deux chefs, Simon et Michel et même carrément plus Michel. Il m’a à la bonne, lui, on s’appelle deux à trois fois par jour pour le boulot, vaut mieux qu’on s’entende. Samedi, on s’est fait une petite réunion à une terrasse de café, on a surtout parlé de la société actuelle et tout ça… Bref, j’ai la côte mais je ne sais pas pourquoi, trois hypothèses :

– je suis trop belle, il veut m’épouser (mais c’est pas du tout réciproque)

– je suis trop intelligente et il est super fan de moi, il adore qu’on discute ensemble

– il est homo et sent la gay friendly en moi. Oui parce que j’ai des doutes. D’abord, j’ai trouvé chez lui les mêmes allumettes que la boîte gay où on va. Puis sa sonnerie de portable, c’est Madonna. Ca, si c’est pas une preuve à charge !

Toujours est-il qu’un mois plus tard, il y a encore plein de gens que je n’ai pas rencontrés comme le concepteur du site, le photographe-graphiste, la nana qui travaille sur les solidarités intergénérationnelles… En fait, ce qu’il y a de fantastique dans cette asso, c’est que je suis vraiment la prolétaire de service. Petit extrait d’un dialogue en réunion :

« Ce serait bien qu’on parle à quelqu’un du Ministère de l’Education. Tu connais personne ?

– Si bien sûr. Je connais aussi le vice-président de ni pute ni soumise, un directeur de cabinet, mon ex est réalisateur de clips vidéos… »

C’est simple, dès qu’une phrase commence par « tu connais pas quelqu’un qui… », je n’écoute pas la fin. Je n’ai pas d’amis dans les ministères ni dans les hautes sphères. Je connais plein d’étudiants, par contre, s’ils veulent, mais y en a pas besoin. De la même façon, quand ils commencent : « ouais, je vais le contacter par les anciens d’HEC. Nina, si tu as besoin, je te filerai ma carte Science Po pour aller à la BU », moi, je regarde en l’air. Et quand ils parlent de leur week-end, c’est du « oui, là, je bosse pour mon 5ème DEA. » Heu… Moi, j’en ai même pas un. Bon, ben je suis définitivement complexée.

 Seul point qui me rassure : toutes les nanas de l’asso sont canons. Je pense avoir été recrutée uniquement sur mon CV et mon talent lors de l’entretien mais j’espère être au niveau de ces demoiselles. Après tout, si on m’a pris pour faire l’attachée de presse, c’est que je dois assurer et être toute séduisante ! (lectrice, si tu es attachée de presse, ne le prend pas comme une attaque personnelle).
 

Encore trois mois. Un trimestre. C’est bon de pas se préoccuper de son avenir pendant une petite période, c’est reposant. Enfin, si, je m’en préoccupe mais je suis plus sereine. En plus, petit élément super flatteur. L’autre soir, le directeur de publication d’un webzine où je bosse vient me parler sur MSN, il me demande gentiment ce que je deviens, je lui raconte ma vie et il me fait : « tu sais, tes articles et ton talent nous manquent. Tu comptes revenir ? A moins que tu trouves que notre petite structure ne convient plus à ton talent ». Ohlala, je deviens une vraie star, moi. Je ne compte pas abandonner le webzine, faut que je gère tout en même temps. Parce que, mine de rien, changer de sujet de temps en temps, ça fait du bien. Et se sentir désirée à ce point, ça motive. Se sentir à la hauteur, voilà un sentiment qui me va comme un gant.

Paris vs province

Aujourd’hui, je ne parlerai pas de sexe, désolée pour les obsédés. Non, en ce jour, je vais parler boulot et surtout études.
 

L’autre jour, je parlais avec ma sœur sur MSN, nous causions boulot, pour changer. Oui, Alice et moi adorons nous faire du mal en pleurant sur nos diplômes provinciaux qui n’ouvrent aucune porte. Regardons un instant mon CV : un bac littéraire (avec mention, siou plaît !), une maîtrise d’histoire (toujours avec mention), une maîtrise de science po (idem) et un master de journalisme (toujours pareil). Bon, on ne peut pas dire que je sois une bille en études. Bon, évidemment, un diplôme en soit ne veut rien dire. Par exemple, en science po, il suffisait d’étudier pour réussir, rien d’insurmontable. De même en journalisme : on a tous cartonnés en modules techniques et les cours, il suffisait à peu près de recracher, sauf quelques rares exceptions. Mais tout ça pour dire que les formations que j’ai suivies, je les ai réussies avec brio. Et pourtant, chômage. A côté, prenons un étudiant d’une école de journalisme de Paris non reconnue par la profession parce que, faut dire ce qui est, certaines sont profondément merdiques. Par exemple, en tant que chef de rubrique sur un webzine, je dois gérer plusieurs pigistes. L’un d’eux, en deuxième année d’ISCOM me rendait chaque mois des petites brèves insolites, soit. Un soir, alors que je montais sur dreamweaver ce qu’il m’avait rendu, quelque chose me turlupine. J’ai déjà lu ces articles. Un petit tour sur le net et mon sang se glace : ça fait trois mois que ce con me rend des copier/coller de dépêches AFP ! J’en informe de suite le directeur de publication qui refuse donc de publier la prose copiée du jeune homme. Oui, sans être une pro du droit d’auteur, je sais qu’on n’a pas le droit de copier un texte qui n’est pas de nous et le signer de notre nom !

 

Agacée, j’envoie donc un mail au jeune homme, insistant sur les retombées dramatiques qu’il y aurait pu y avoir si quelqu’un s’en était rendu compte. Et là, le mec me répond : « ah mais je savais pas, tu ne me l’avais pas dit ! ». Non mais je rêve ! Ce mec suit des études d’info/comm dans une école à 4500 euros l’année minimum et il ne sait même pas ça ? C’est moi, pauvre étudiante en journalisme qui doit lui apprendre les règles de base ? Et pourtant, quand un employeur verra nos deux CV, il aura plus de chance d’être pris que moi car lui, il a fait une école parisienne.

 

Le problème ne touche pas que le journalisme. Ma sœur a fait commerce : 3 ans dans une école de gestion et de commerce dans notre ville natale où elle a fini major de sa promo, deux ans d’ESC à Toulouse. Bon, vous le savez peut-être pas mais un ESC, ce n’est pas de la merde. Il faut savoir que ma sœur a été reçue à TOUS les oraux des ESC qu’elle a présentée et a été admise à TOUS les oraux qu’elle a présenté sauf un (oui, pour elle, le négationnisme, c’était le fait de nier tout, elle n’avait pas fait de lien du tout avec l’Histoire donc bon). Et ma sœur qui n’est pas la moitié d’une abrutie n’aura pas un poste si elle se retrouve face à un mec qui sort d’une école équivalente mais parisienne.

 

Et là, je hurle mon indignation. Bon, la France est un pays globalement mal décentralisé, je ne le découvre pas aujourd’hui. Mais si les diplômes de province ne valent rien, autant fermer tous les établissements là-bas. Au nom de quoi une école parisienne vaudrait-elle mieux qu’une école provinciale ? Surtout qu’à Paris, des écoles de merde, il y en a, notamment en journalisme puisque c’est la filière que je connais la mieux. Serai-je toujours à la masse car mes parents n’ont pas eu le bon goût de me faire naître à Paris ? Ne trouverai-je que des postes minables parce que je n’ai pas eu mon bac à Henri IV et que je n’ai pas fait science po Paris ?

 

Au-delà du problème du diplôme, y a le problème du réseau. En février, je suis allée dîner avec Clara et un de nos camarades de promo qui continue joyeusement ses études plutôt que de chercher du boulot (si moi je suis surdiplômée, lui, je me demande ce qu’il est…). Et nous voilà à chouiner : « ben tu vois, un élève de telle école-de-merde (je suis généreuse, je cite pas), il trouvera plus facilement du boulot que nous parce que lui, au moins, il a un réseau. » Le mot est lâché : réseau ! Si je regarde dans mon carnet d’adresse, c’est pas brillant, il ne fourmille pas de journalistes parisiens, loin de là. Sur mon CV, une seule expérience significative s’est déroulée sur Paris et pas dans un grand journal. C’est ça qui me tue tout. Parce que, mine de rien, les journaux omettent souvent de passer des annonces pour recruter ou le font quand le poste est quasiment déjà pourvu, pour être en accord avec la loi. Or, moi, je ne connais personne qui m’appellera pour me proposer un poste vacant. Les candidatures spontanées ? Ah, ça, le « on garde votre CV en archives », je l’ai entendu mais si un petit journaliste chômeur connaît quelqu’un dans la rédaction, il passera toujours devant moi, même s’il sort d’école-de-merde et qu’il n’a fait qu’un stage à « Salut » ou « OK podium ».

 

Nous sommes bientôt au mois d’avril et là, je dois prendre une décision. Je suis incapable de savoir ce qui est le mieux pour moi donc tous les conseils que vous pourrez me donner sur le sujet seront les bienvenus. Et le thème est : « dois-je reprendre mes études ? ». En fait, l’IPJ (Institut Pratique de Journalisme) reconnu par l’Etat propose deux diplômes qui peuvent m’intéresser : le diplôme de l’école (on est pris sur dossier) et le master pro de journalisme (concours). Si je choisis le premier, j’ai encore le temps de décider mais pour le second, faut que je m’active : on révise pas un concours trois jours avant. Guillaume II m’a posé une bonne question : « mais tu vas apprendre quoi de plus ? ». Rien ou presque. Alors pourquoi ? Juste pour intégrer le réseau. Des cours de journalisme à Paris, ce sont des enseignants journalistes, ce sont à nouveau des stages obligatoires et des facilités pour intégrer une rédaction durant quelques temps.

 

Mais question essentielle : est-ce que j’ai vraiment envie de reprendre des études ? J’adore ça, les études, c’est pas le souci mais avoir deux master pro de journalisme sur mon CV, est-ce que ça va vraiment appâter le recruteur ? Car si je vire celui de Toulouse, je vais me retrouver avec un trou de deux ans dans mon cursus. Est-ce que j’ai envie de « reperdre » un an de ma vie pour apprendre ce que je sais déjà ? Je peux compter sur le soutien de mes parents, j’ai vaguement abordé la question avec ma mère qui m’a criée, la voix tremblante (oui, au téléphone, je ne vois pas les yeux plein de larmes) : « mais ma fille, si c’est ce que tu dois faire pour réussir, n’hésite pas ! ». Mais est-ce que je dois faire ça pour réussir ? Mon talent, si j’ose dire, se résume-t-il à un diplôme ? Non, certainement pas. Par ailleurs, si ce diplôme peut éventuellement m’ouvrir des portes, n’est-ce pas également un aveu de faiblesse ? Je ne suis pas capable d’ouvrir les portes avec mon CV actuel donc j’essaie de trouver une solution qui ne sera peut-être pas la bonne.

 

Donc, voilà, j’en suis là et ça me fatigue un peu. Dois-je céder au parisianisme ambiant pour arriver, enfin, à décrocher un poste ou continuer à me vendre malgré mes origines provinciales ? Plus j’y pense, moins je sais.

Le contrôle de sa fertilité, un droit qui devrait être inaliénable.

Je fais rarement de politique sur ce blog, essentiellement par choix. J’ai des opinions, et pas qu’un peu, mais on ne peut pas toujours parler de tout de façon intelligente. Mais quand politique et sexualité se croisent, je bondis, je saisis l’occasion de m’exprimer. Aujourd’hui, je le crie haut et fort : les femmes ont le droit de disposer de leur corps comme elles le souhaitent et ce droit ne doit jamais être remis en question.
 
contraception-fertilite
Qu’est-ce qui me prend de dire ça ? Non, cet article n’a pas pour but de vilipender les pays où les droits de la femme sont très en retard, voire inexistants. Evidemment que le sort des femmes dans ces pays-là me préoccupe, ça ne peut laisser indifférente mais là n’est pas le sujet. Aujourd’hui, lecteur, je vais te parler d’un pays pris dans un certain obscurantisme religieux, un pays qui se prépare à retourner 33 ans en arrière. Ce pays, ce sont les Etats-Unis.
 
Comme tu le sais, lecteur, je travaille pour un webzine dans la rubrique internationale donc tous les mois, je traite un ou deux sujets (voire plus, hihihi) selon mes envies. Ce mois-ci, outre une histoire d’accord nucléaire entre la Russie et l’Iran, je me suis penchée sur un sujet qui m’a profondément agacée : la menace sur l’avortement aux Etats-Unis. Je t’explique rapidement, lecteur. L’état le plus conservateur du lot, le Dakota du Sud, a décidé de voter une loi rendant l’avortement illégal. Sauf un cas : si la vie de la mère est en danger. Tu es du Dakota du sud, tu te fais violer et tu tombes enceinte ? Ben tant pis pour toi, tu le gardes. Le souci, c’est que cette loi rentre en conflit avec l’arrêt fédéral promulguant l’avortement…et qui date de 33 ans. Tout va se jouer en juillet et voilà à quoi ça tient. Il y a à la Cour Suprême 9 juges, tous nommés par le Président, M. Bush. Pour ceux qui reviennent de Mars, M. Bush n’est pas vraiment un pro avortement, mais alors vraiment pas. Pour l’heure, nous en sommes à 5 juges pro avortement et 4 contre. L’avortement sauvé ? Pas si
sûr : l’un d’entre eux a 85 ans, s’il prend sa retraite avant (ou s’il meurt, ce qui peut arriver pour un monsieur de cet âge), M. Bush nommera un juge conservateur et l’équilibre risque d’être inversé. Et oui, le droit de contrôler son corps ne tient qu’à un monsieur de 85 ans, finalement. Pour le moment, en tout cas.
 
L’avortement… Bon, mon opinion compte peu mais je vais la donner quand même. En tant que femme indépendante des années 2000, je milite activement pour avoir le contrôle de mon corps. J’agis en amont pour pas tomber enceinte mais bon un accident peut arriver, aucun moyen de contraception n’est sûr à 100% (même s’ils ont quand même un taux de fiabilité élevé mais là
n’est pas le sujet de l’article… sauf le coïtus interrompus, comme ça, c’est dit). Alors voilà, imaginons qu’avec mes ongles inexistants (oui, j’essaie de pas avoir les ongles longs), je déchire la capote et que je m’en rende pas compte et que Brad, mon fiancé imaginaire non plus. Et là, pas de chance, me voilà fécondée. Bon, alors, résumons-nous : à presque 26 ans, à l’aube de ma carrière, j’avoue ce petit fœtus risque d’enrayer mon plan de vie. D’un commun accord avec Brad (c’est son fœtus à lui aussi, après tout), nous décidons qu’un bébé ne peut pas arriver, qu’est-ce qu’on fait ? Soit j’avorte, soit je fais adopter le bébé. Me connaissant, la deuxième solution est impossible : si je porte un bébé neuf mois, ce n’est pas pour le confier à la DDASS ou je sais pas qui. Parce que ce fœtus qui va squatter mon intérieur pendant neuf mois, ben malgré tout, je l’aimerai et me séparer de lui me paraît impossible. Ben voilà, reste donc l’avortement. Je ne suis pas une super pro de l’avortement dans la mesure où ce n’est pas un acte anodin, si on peut l’éviter, c’est mieux, mais en dernier recours… Après tout, ce bébé que je porterais, je m’en sentirais trop responsable pour m’en débarrasser à peine né.
 
Mercredi soir, on en parle rapidement avec Gauthier et Lucie et Gauthier a une réflexion très intéressante : « Les Etats-Unis sont le seul pays évolué à opérer un retour en arrière ! ». Ce qui fait peur, c’est que cette loi est passée comme une lettre à la poste, les réactions s’y opposant furent plus que discrètes. Certes le Dakota du Sud est l’état le plus conservateur du pays mais tout de même. Parce que si on suit la logique, on peut aller très loin. Oui, en effet, cette loi décrète que la vie commence dès la conception du fœtus, d’où l’interdiction de l’avortement. Les « pro life », comme ils s’appellent, veulent défendre la vie à tout prix. Soit mais alors, si on va par là, va-t-on encore autoriser la pilule ? Après tout, prendre la pilule, c’est interdire la vie à un possible fœtus. Oui, c’est tordu mais un tel retour en arrière, une telle négation du droit de la femme me fait hurler, surtout de la part d’un pays qui se proclame leader du « camp du bien » contre l’axe du mal. Obscurantisme religieux contre obscurantisme religieux, j’ai peur, j’ai très peur.
 
Aujourd’hui, je vis en France et je me dis que j’ai de la chance. J’espère très fort ne jamais avoir à avorter, je fais tout pour, mais le simple fait de savoir que j’ai le droit me suffit amplement. Mais la menace est-elle si éloignée de l’hexagone ? Pour l’heure, je me dis que si en France, une telle loi était ne serait-ce qu’envisagée, tout un tas d’associations réagiraient… Enfin, j’espère. Lors des débats sur le droit du fœtus en 2003, beaucoup de voix se sont élevées : reconnaître qu’un fœtus est un être vivant voudrait dire que l’avortement est un homicide volontaire. La question reste : à partir de quand un fœtus est un être vivant ? Bon, là, je n’ai aucune réponse. Je me dis qu’en France, la laïcité nous protège de l’obscurantisme religieux et de ses dérives. Je me dis, certes, mais rien ne me le garantit absolument. Après tout, en France, tous les gynécologues ne pratiquent pas l’avortement, très loin de là. Après tout, la laïcité est bafouée assez régulièrement dans notre beau pays. Ah, on a beau jeu de montrer les gamines en foulard du doigt mais quand le Pape décède, on met bien les drapeaux en berne. Certes, le Pape est le chef d’un Etat mais en ferait-on autant si la Reine d’Angleterre décédait (ben oui, la pauvre, elle est bon pied bon œil, mamie, mais ça peut arriver), est-ce qu’on en ferait autant ? Ben, je crois pas. On oublie aussi de dire que Madame Chirac a permis à une sœur de poser avec son voile sur une photo d’identité… Enfin bref, là n’est pas la question.
 
Quoi qu’il en soit, quand je vois la première puissance mondiale remettre à ce point le droit de la femme en cause sans que personne ne réagisse ou presque, j’ai peur. Les Etats-Unis n’ont que ce mot-là à la bouche : « liberté, liberté » (freedom, freedom en VO, je suis trop douée). Elle est belle leur liberté, tiens. Bien sûr, certains me rétorqueront que je fais de l’anti-américanisme à deux balles mais là, ça dépasse les simples considérations politiques et les bisbilles entre pays. Déjà que dans certains Etats, on pouvait pas baiser comme on voulait (sodomie interdite au Texas, par exemple), voilà que les femmes n’ont même plus le contrôle de leur corps. Quelque part, j’espère que la fille du gouverneur qui s’est fait un plaisir de ratifier cette loi ou d’un député qui a voté pour tombera enceinte par accident. Qu’à cause de ce bébé, elle ne fera pas les grandes études que ses parents avaient prévues pour elle. C’est pas gentil pour cette pauvre gamine (si elle existe) mais y a des fois, on en vient secrètement à espérer que ça arrive. Parce que dans un pays où l’éducation sexuelle est de moins en moins assurée, faudra pas s’étonner de voir la multiplication des filles mères.
 
A quelques jours de la journée de la femme, j’ai honte. Honte d’appartenir à la sphère soit-disant civilisée de ce monde. Honte de voir que les Américains laissent faire sans broncher. Et peur que les sphères les plus puritaines de notre Europe ou de notre hexagone y voient un encouragement à continuer leur lutte anti-avortement.

 Suite à une attaque en règle de nombreux anti-avortements qui ont décidé de venir lutter ici (selon leurs propres termes), j’ai désormais bloqué les comms sur cet article.  

2006 sera mon année

Comment réussir sa vie ? Bon, techniquement, je ne sais pas mais je pense qu’il faut mettre le maximum de chances de mon côté, d’où mes bonnes résolutions, crue 2006.

 

J’ai lu l’autre jour dans je ne sais plus quel magazine que pour remplir ses résolutions, il en fallait de petites. Certes, j’ai donc rayé de ma liste gravir le Mont Blanc, je ne suis pas alpiniste… Cependant, c’est pas une raison pour viser petit. Je suis une fille qui a des ambitions, hors de question d’y renoncer. Je sais ce que je vaux, quand même…

 

Alors, j’ai un plan. Déjà, je ne cherche plus que dans la rubrique emploi des sites mais aussi dans la rubrique stage. En effet, j’ai réfléchi. L’inactivité, c’est clairement pas mon truc : moins j’en ai faire, moins j’en fais, ce n’est pas très positif comme attitude. J’ai l’impression que je m’abêtis à force de ne rien faire donc je dois me bouger. Dans la mesure où mes parents peuvent « m’entretenir », si j’ose dire, je pense qu’il est préférable de faire un stage (rémunéré quand même) dans le journalisme que n’importe quel boulot payé au SMIC qui m’éloignera de ma voie. Honnêtement, je n’ai rien contre les téléopérateurs, j’ai bossé tantôt à la Poste, mais suivre cette voie me paraît dangereux. J’en ai parlé à Anne qui a un peu galéré à la sortie de ses études, aussi, et nous sommes d’accord : ce genre de travail alimentaire peut nous entraîner dans une routine dont on finit par ne plus sortir. Elle-même a fait du téléacting (comme ils disent) et à la fin de son contrat, elle a hésité à renouveler, je l’ai poussée à ne pas le faire : ça ne lui plaisait pas du tout et elle était trop qualifiée pour ça. Car après le CDD arrivait le CDI et pour partir de là… Finalement, elle n’a pas rempilé et elle a bien fait puisque quelques temps après, elle a trouvé un boulot correspondant à ses compétences et la femme qu’elle remplaçait a eu la bonne idée d’avoir des exigences telles pour son retour que l’entreprise a décidé de se passer d’elle.

 

Pour être journaliste, faut pas que je m’éloigne de ce métier, au contraire : un stage, j’en ai fait un nombre certain mais en même temps, ça permet de se faire des contacts et on ne sait jamais, il y a parfois des perspectives d’embauche… Mon cousin travaille depuis 3 ou 4 ans chez Milan Presse suite à un stage, par exemple… Mais ça ne m’empêche pas d’envoyer des CV pour un emploi, j’envoie des CV et j’ai un plan : construire un CV en ligne avec press book téléchargeable. Je n’espère pas qu’un employeur tombera dessus par magie et m’embauchera, c’est pour permettre aux gens qui reçoivent mon CV de

– consulter immédiatement mon press book

– voir que quand je dis que je maîtrise l’html sur mon CV, c’est pas du vent.

Par ailleurs, je vais écrire au maximum pour mes webzines et multiplier les sujets sur les médias. L’idée est la suivante : j’interviewe un ou plusieurs journalistes sur un sujet donné, ça permet déjà de me constituer un petit carnet d’adresses et comme je suis maligne, je leur envoie l’article une fois écrit, pour qu’ils puissent lire ma prose…

 

Pour réussir tout ça, il faut avoir un emploi du temps et s’y tenir. Je pense agir comme ceci :

 

8h30-10h30 : réveil tranquille. Petit déjeuner, lecture des blogs, coup d’œil sur les dépêches en ligne, sites d’emploi et mails

 

10h30-12h : piscine (oui, faut bien compter le temps d’y aller, de revenir, de se changer, de se doucher donc voilà).

 

12h-14h : déjeuner, écriture loisir…

14h-19h : écriture d’articles journalistiques, travail sur mon site, visite sur les sites emploi.

 

19h-23h : loisirs en tout genre.

 

Le tout, c’est de s’y tenir ! Mon père m’a filé un gros agenda de sa banque, je vais pouvoir inscrire en détail à l’intérieur les articles en préparation et tout ça…Bon, ça, c’est si je trouve pas un stage ou un boulot, évidemment… Déjà, je ne pourrai pas le faire avant la deuxième semaine de janvier et encore, je pars en Bretagne voir Guillaume à ce moment-là mais si je n’ai pas de stage ou de boulot à mon retour de Bretagne…

 

Bon, cette année sera essentiellement placée sous le signe du boulot, donc, vous l’aurez compris. Ce n’est pas pour autant que je n’ai pas pris de résolutions pour ma vie privée. Déjà, j’ai décidé d’avoir une vie plus sage : moins de sorties, moins de cuite. Je ne crois pas qu’une vie dissolue soit la meilleure voie pour réaliser mes projets précédents. En 2005, j’ai bien (trop ?) profité de la vie, il est temps de se recentrer un peu. De toute façon, ça me fatigue un peu cette vie futile et je n’ai pas vraiment les moyens de faire la bringue tous les soirs. Mieux vaut faire la fête pour de vraies occasions et en profiter que tout le temps et ne plus apprécier.

 

De la même façon, terminées les brouettes avec des gars pour qui je ne ressens absolument rien, j’ai pu constater que ce n’était pas toujours sans conséquences. Mon ego apprécie peu de se faire cracher dans la gueule par des mecs qui étaient ravis de me trouver à une époque, je n’ai aucune envie de devenir un égout séminal. A partir de maintenant (et même déjà avant), je ne veux plus que des belles histoires, pas de bises après une fellation ou autre. Je ne brouetterai plus avec quelqu’un qui ne me plaît pas plus que ça… Evidemment, rien ne peut me garantir que je me planterai pas mais au moins, je n’aurai rien à me reprocher. De toute façon, le sexe pour le sexe ne me tente plus. Cela ne veut pas dire que je dirai non à toutes les relations ne menant pas directement à l’autel mais juste que je suis lassée des connards qui prennent et partent sans donner.

 

Enfin, en vrac, j’ai des petites résolutions faciles à tenir. D’abord, j’ai décidé de passer moins de temps sur les blogs. Je les lis, je commente et basta. Concernant celui-ci, je continue à écrire et à répondre aux comms mais pas en permanence. J’ai envie de profiter de mon temps libre pour écrire, faire de la photo, des trucs du genre… Et surtout, je vais devenir (un peu) plus égoïste… Parfois, je fais les choses pour faire plaisir alors que ça m’emmerde profondément, il est temps de penser un peu à moi…Ça peut paraître curieux comme résolution mais elle est nécessaire pour moi.

 

Voilà… Pas de Mont Blanc, à voir si je tiens ou pas !

Nina prend le taxi

Il était une fois une jeune fille de 25 ans, pleine d’espoir en la vie et belle comme le jour… Non, je plaisante ! Il était donc une fois moi, une fille de 25 ans qui avait la lose, mais à un point inimaginable. En fait, cette fille alterne chance et malchance à une vitesse incroyable, si bien qu’une belle histoire peut se transformer en catastrophe.
 
Dimanche soir, je me couche, totalement enrhumée. Je pleure du nez, j’ai chaud, ça ne va pas du tout. Lundi, pareil, mardi, pas mieux. Mercredi matin, je me sens un peu mieux. 11 h, téléphone : je suis réveillée mais je paresse au lit. Au bout du fil, Bouc et Moustache : « je te réveille ? ». Bon, on discute un peu puis il m’annonce : « pour le boulot, tu vas être convoquée bientôt, tiens toi prête ! ». Oui car Bouki quitte son poste et à qui il a pensé pour lui succéder ? A moi, of course (bon, il a aussi pensé à Helmut Perchu, un de ses fans assidus et néanmoins ami) ! Mercredi soir, alors que j’écris des articles pour un webzine (même pas pour mon blog !), téléphone à nouveau, je reconnais le numéro de Bouki.
« Tu fais quoi, ce soir ? me demande-t-il.
– Rien de spécial, j’ai des articles à écrire.
– Bon et tu fais quoi demain ? Ça te dit une brouette ? [non, je plaisante, il n’a pas dit la dernière phrase]
– Heu rien.
– Bon, à 17h15, tu es attendue à la mairie de Ste Agathe des Chemins pour ton entretien. »
Oh, Seigneur ! Je raccroche et prudente, je cherche comment me rendre à la mairie de Ste Agathe des Chemins [ça n’existe pas en vrai, ne cherchez pas !]. Et là, le cauchemar : la RATP ne connaît pas cette ville et refuse de me dire comment m’y rendre. Je passe donc deux heures à trouver un trajet, secondé par mon adorable Guillaume qui sentait que je commençais à paniquer. Bon, je finis par trouver un trajet : train n°1, train n°2, bus. 1h20 de transports, tout va bien, je gère. Le souci majeur, c’est que je ne me sens pas au top de ma forme avec mon foutu rhume, j’ai peur que ça me desserve un peu. Surtout que Bouki m’a honnêtement précisé que je serai en concurrence avec Helmut Perchu dont je ne connais absolument pas le parcours mais, curieusement, de savoir que nous ne sommes que deux sur le poste, ça me fout un stress terrible surtout que je te rappelle, lecteur, que je n’ai jamais eu d’expérience en tant que salariée.
 
Jeudi matin, je me lève (et ne bouscule personne, comme d’habitude), je travaille sur mon press book en matant les maternelles, en attendant qu’on me livre mon bureau. Le bureau arrive, mon press book est prêt, je mets en page mes articles pour mon webzine. Je suis au point ! Je fouille sur le site de Plume sur Berges pour trouver les bulletins municipaux, je prends des notes : je suis parée ! Une petite douche, un peu de parfum et de maquillage, je suis au top !
 
15h43, je quitte mon appart : le train est à 15h48, tout va bien. Arrivée sur le quai à 15h45, mon sang se glace : j’ai oublié mon press book ! Je cours chez moi, je le récupère mais drame : quand je ressors, le train est déjà à quai. Même en courant, je ne l’aurai pas. Je fonce à la deuxième gare à pied, train n°2 est à 15h59, j’y arrive à 16h02… Bon, c’est la panique totale, le prochain train passe une demi heure plus tard. Il est hors de question d’arriver en retard donc aux grands mots, les grands remèdes, je décide de prendre un taxi. Oui, je suis fauchée mais c’est pas grave, je n’ai plus le choix.
 
Je trouve une station de taxi et monte dans le premier qui se présente. Je me pose et déjà, premier constat : ma ceinture ne marche pas.
« Vous pouvez me conduire à Ste Agathe des Chemins dans le ** ?
– C’est où ?
– Pas loin de Sainte-Hortense les Foins.
– Ah, d’accord ! ».
Bon, confiante, je m’enfonce dans le siège. Il est 16h10, une heure pour rejoindre la mairie, c’est jouable. Le mec démarre et là, je commence à douter : tandis qu’il conduit de la main gauche (menaçant les ailes de toutes les voitures à nos côtés), il fouille sur un plan de la droite. Finalement, au bout de dix minutes, il se gare et appelle un ami pour lui demander le chemin. Car évidemment, il n’a pas de GPS. Je sais pas pourquoi, je le sens mal.
 
On se retrouve sur une nationale, le temps défile et je commence à angoisser, dans ma tête, sublime dialogue :
« Pas de panique, ça va aller
– Non, tu n’y seras jamais, c’est pas possible ! »
Stressée, je décide de partager mon angoisse avec Guillaume (charmante que je suis). Le trafic est dense mais fluide, ça va aller, j’aurai même le temps de me fumer une cigarette avant l’entretien. 16h45… Le monsieur recommence à regarder son plan, c’est plutôt mauvais signe, il me semble… 16h55, je lui demande d’une voix tremblante : « on est bientôt arrivés ? Non parce que j’ai un rendez-vous très important à 17h15… » Bon, non, on n’y sera pas. J’appelle donc Bouki qui me demande où on est et quand je lui explique, il me fait : « mais comment t’as fait pour te retrouver là ?
– Ben j’ai pris le taxi.
– Mais en partant d’où ?
– De chez moi…
– Ah, intéressant ! ».
S’ensuit une belle balade en campagne, je suis désespérée : voilà, je suis en retard. Je harcèle le pauvre Guillaume de textos : « Le chauffeur de taxi est perdu, je vais me pendre », « comment perdre 100 euros et un boulot dans la même journée par Nina. J’ai envie de pleurer ». Parce que, franchement, j’ai très envie de pleurer : je suis tombé sur le seul chauffeur de taxi qui ne sait pas lire une carte ! Ça ne pouvait arriver qu’à moi, tiens ! Donc je prends une résolution : je vais à mon entretien et une fois rentrée chez moi, je pleure toutes les larmes de mon corps. Mais pas avant, ça ne le fait pas de se présenter avec du maquillage dégoulinant.
 
Le chauffeur de taxi, sentant mon angoisse, me fait poliment : « Ne vous inquiétez pas pour le prix, hein !
– C’est pas pour le prix que je m’inquiète mais pour le boulot que je viens de rater ! ». Bon, il m’a dit ça sans doute parce qu’il avait vu que j’avais recopié sa plaque sur un papier… Enfin, à 18h, on arrive sur place mais comme je suis très en retard, Helmut doit passer avant moi. Le monsieur du taxi me fait une ristourne de près de 25 euros (je paie quand même 70 euros), je cours à la mairie.Je fume une clope à une vitesse hallucinante et je monte à l’étage, m’installant dans les confortables sièges. Après avoir lu deux, trois articles pour mon webzine, je me plonge avec délectation dans la lecture de 1984 d’Orwell, en attendant.
 
Enfin, c’es mon tour, je discute deux minutes avec Helmut que je ne connaissais pas encore puis je rentre dans la petite salle, j’ai face à moi quatre personnes : deux personnes je me souviens plus qui c’est, le maire et Bouki, donc. C’est mon premier entretien pour un boulot et ça me rassure un peu d’avoir un ami dans le lot. Bon, je me vends comme je peux avec ma voix nasillarde, je démonte à peu près 800 fois mon stylo en un quart d’heure (oui, faut toujours que je tripote un truc, même quand je suis calme), je montre que j’ai bossé mon entretien en parlant du journal, je mets en avant mon expérience dans un journal local. A un moment, question qui tue : « quelle est votre principale qualité et votre principal défaut ? me demande le maire.
– Heu… Défaut : je suis impatiente ! Qualité…hum… je pense que je suis conciliante. Ah et je suis curieuse, c’est pour ça que j’ai voulu faire du journalisme » et me voilà partie sur un laïus sur ma vocation, l’envie de toujours apprendre, de faire des rencontres…
 
Fin de l’entretien, je sors discuter un peu avec Helmut et je lui montre mon press book puis Bouki arrive et nous traîne au bar. Là, je m’offre un Blue Lagoon parce que je l’ai vraiment mérité ! On discute, Bouki regarde un peu mon press book et découvre en avant-première mon interview de Nicolin pour Over Blog. Il me dit que je devrais faire attention à cacher un peu mes tremblements (oui, c’est naturel chez moi alors si on rajoute le facteur stress, ça fait limite Parkinson) et de pas jouer avec mon stylo quand je parle. On repart ensuite à la gare, Bouki me suit jusqu’à ma gare car il prépare un nouveau billet rose. En trajet, on discute un peu, je commence à lui raconter que je suis dégoûtée par cette histoire de taxi et par ma maladie qui fait que je n’ai pas été au top pour mon premier entretien. A un moment, il est un peu inquiet car mes yeux brillent et mes joues sont rouges mais je me sens pas particulièrement émue donc c’est soit l’alcool, soit un accès de fièvre (au choix).
 
On se quitte à la gare (hé oui, ce n’est pas moi le billet rose), je rentre tranquillement chez moi et là, la lose continue. Je prends mon courrier, j’enfonce la clé dans la serrure, je pousse et je ne peux ouvrir la porte que de quelques centimètres : que se passe-t-il ? Je regarde par terre, pensant que Kenya avait fait quelque chose et, là, sueur froide : cette andouille a réussi à bloquer la porte avec une tige en métal qui sert de verrou intérieur ! Oui, vous savez, les tiges en métal qui enserrent un clou et qui permettent d’ouvrir la porte de quelques centimètres sans que l’intrus puisse entrer… Ben ma chatte est super intelligente, elle a réussi à la mettre toute seule. Je m’escrime un peu, impossible d’ouvrir la porte. Je referme le battant et j’appelle Guillaume, totalement désemparée et au bord de la crise de larme. A peine a-t-il décroché que j’entend un grincement particulier : Kenya a enlevé la tige ! Non parce que ma dernière option était casser un carreau et passer par la fenêtre… Je rappelle à mon lectorat que nous sommes presque en hiver, il fait froid…
 
Et puis pour en rajouter encore un peu, hier soir, j’ouvre une lettre de mes parents qu’ils me disent qu’ils m’aiment et que je dois m’accrocher pour réaliser mon rêve. Ben, là non plus, j’ai pas pleuré mais c’était vraiment pas loin… Faut vraiment que j’apprenne à ouvrir les vannes quand c’est nécessaire…
 
Je finis donc la journée sur les rotules, j’en peux plus, j’ai évité trois crises de larmes in extremis… Tout ça pour quoi ? Ben, pour ne pas avoir le poste. Motifs invoqués : j’habite trop loin et Helmut a plus d’expérience que moi. L’histoire ne dira pas si la distance avait joué contre moi si j’étais arrivée à l’heure. Toujours est-il que je vois le positif de la situation : c’était mon premier entretien pour un boulot et c’est toujours ça de gagné. En plus, Bouki m’a dit ce que je devais améliorer, je vais en prendre note. En attendant, aujourd’hui, j’ai réaménage mon appart !

La Bretagne, l’’autre pays de la brouette

Vendredi, 8h30, je bondis de mon lit. Les gens qui me connaissent applaudiront l’effort surhumain : moi, me lever si tôt en période de chômage, ouah ! Hop ! hop ! Valise faite ! Hop ! hop ! revue de presse imprimée pour bosser dans le train. Hop ! hop ! Croquettes et pâtés achetés pour Kenya. Je m’en vais !
brouette bretonne
 
Valise à la main, sandwich dans l’autre, je cours, je bondis dans mon TGV direction : la Bretagne ! Bon, il semblerait que j’ai couché sans le savoir avec le responsable du placement dans les trains : je n’ai personne à mes côtés durant les 3h et quelques que dure le trajet. Première heure, je me plonge avec délice dans la lecture de mon roman : « Le diable s’habille en Prada » (ça mérite un article du dimanche tellement ce roman est jouissif). Deuxième heure, je dors (je vous rappelle qu’il n’y a personne à côté de moi donc je m’étale). Troisième heure : re-lecture, entrecoupée de regards fréquents par la fenêtre : elle est où la mer ? Et bien le train passe trop à l’intérieur des terres pour la voir, bouh ! Evidemment à peine partie, le téléphone sonne : Alice, ma sœur. Comme je suis un peu tordue, j’ai omis de dire à ma famille que je partais en Bretagne ce week-end… Et, évidemment, elle veut à tout prix me voir ce week-end ! Donc je lui sors une histoire débile de week-end chez une copine dans les Yvelines…
 
Loin de la métropole
Arrivée dans une première gare, je saute dans une vieille micheline bien plus âgée que moi pour rejoindre Guillaume. Vingt minutes plus tard, on arrive au terminus et je le vois sur le quai de la gare. Après les embrassades de rigueur, nous fonçons à sa voiture pour… une petite balade (ceux qui ont pensé de suite à la brouette, vous n’êtes qu’une bande de pervers !). Il me montre un peu le coin et je vois enfin la mer (à marée basse, certes, mais quand même). Il faut savoir que j’ai une sainte adoration pour la Bretagne, là où mon grand-père maternel que je n’ai jamais connu est né. Bon, c’était pas dans ce coin-là mais faisons fi des détails. J’y avais passé des vacances magiques, adolescente, j’étais tombée folle amoureuse de ce pays aux falaises majestueuses. Plus tard, j’ai postulé pour un IUT tout proche de chez Guillaume (je ne le connaissais pas du tout, à l’époque) mais j’étais trop âgée, refusée. J’ai eu l’occasion de passer devant les bâtiments de l’IUT en question et…euh… j’ai très peu de regrets, finalement.
 
Il y a le ciel, le soleil et la mer, tout pour un week-end réussi. On se tient gentiment la main avec Guillaume, il me montre pas mal de choses, je suis aux anges. C’est beau la Bretagne, l’herbe est super verte, les maisons sont toutes jolies, avec leur toit en ardoise. Comme je me sens bien dans ce pays qui n’est pas le mien ! Bon, on arrive finalement chez lui, c’est une jolie ferme rénovée qui comporte trois appartements : le sien, un où vit une infirmière et le troisième, vide. Le problème, c’est qu’on entend tout ce qu’il se passe d’un appart à l’autre alors les brouettes risquent d’être compromises si l’infirmière reste là… Bref, je m’installe, bisous, bisous, le voilà qui repart travailler (oui, il avait pris une pause rien que pour venir me chercher). Du coup, je vais fumer dehors et là arrive un chien qui fonce vers moi en aboyant et qui grimpe les escaliers quatre à quatre. Il faut savoir que les chiens, c’est comme les enfants : je ne suis pas habituée. Sauf que les enfants, personne ne les a dressé pour être méchants alors que les chiens, on ne sait jamais… Mais non, celui-là est sympa, il me fait la fête. Bon, j’avoue, il n’était pas très effrayant : il était assez petit et pas bien plus jeune que moi. Puis quand je fais mine de rentrer dans l’appartement, il repart sans demander son reste.
 
Guillaume rentre enfin du boulot et nous fêtons dignement nos retrouvailles. Pour fêter ma présence, il m’emmène dans LE resto classe du coin, un manoir trois étoiles. Ambiance feutrée, le maître d’hôtel est tout sourire (et se brosse les dents avec Colgate, ça brille). A côté de nous, un couple d’un certain âge avec…un chien ! Youpi. Bon, on s’installe, petit apéritif et je sens une douce caresse contre mon pied. Oh, c’est trop mignon, Guillaume me fait du pied ! Ah, non, raté, c’est le chien de la table voisine ! Celui-ci, qui répond au doux nom de Kenny (si, chéri, je te jure que c’était ça !), est rapatrié sous la table de sa propriétaire mais non, il revient ! Du coup, sa maîtresse nous dit en souriant : « Il se met là  parce qu’il y a tellement d’amour entre vous ! ». Heu…
 
Bon, le couple s’en va, tout le monde s’en va, en fait, je me retourne de temps en temps regarder la lune se refléter dans la mer et découvrir petit à petit des rochers qui forment une petite crique au pied de l’hôtel. C’est magnifique, je suis aux anges. Les plats défilent à une vitesse hallucinante : nous sommes les derniers, je suppose que les cuistots n’avaient pas envie de passer la nuit à attendre que nous ayons fini. Au moment du dessert, le maître d’hôtel nous demande si nous sommes de la région, Guillaume lui répond qu’il vient de s’installer, j’indique que je suis une Toulousaine exilée à Paris. Du coup, le monsieur s’extasie (il faut avouer que, très aimable, ce monsieur fut extatique toute la soirée) : « Oh ! Et vous attendez qu’il soit installé pour le rejoindre ? » Heu… C’est pas trop ce qui est prévu mais c’est gentil de poser la question ! Retour à l’appartement, la voisine n’est pas là : hmmmmm ! Comme il fait froid, on se réchauffe.
 
Week-end chargé…
Le lendemain, programme chargé : courses, journée au forum « je-sais-plus-quoi » où y a une piscine, hammam, sauna… puis à 18 heures, rendez-vous dans un bar avec certains de ses amis. Bon, comme d’habitude, on traîne au lit : on ne se lève pas très tôt, on câline, on déjeune, on câline, on câline… Bon, il est trop tard pour aller au forum, il faut aller se doucher là, on va être en retard au rendez-vous… Du coup, comme on aime être en avance, on se re-câline un petit coup et hop, sous la douche ! Forcément, nous arrivons au café où nous avions rendez-vous avec une petite heure de retard… Hum ! Il y a une jolie blonde et deux garçons aux cheveux plus ou moins longs qui jouent dans un groupe où joue Guillaume. Ouais parce que Guillaume est musicien (et hop, un fantasme de plus réalisé !). Il m’a joué de la guitare et m’a interprété sa chanson que j’aime beaucoup c’est un futur tube (comme ça, s’il devient célèbre, ça fera un fantasme réalisé de plus : avoir partagé la couche d’une rock star). On discute, la demoiselle blonde est très sympathique, elle me demande un peu qui je suis, s’intéresse à ma vie et m’explique où nous allons nous rendre. Après avoir avalé un « Breizh cola » (c’est pas mauvais !), nous voici de retour dans la voiture, direction un bled dont j’ai oublié le nom mais c’est pas grave. Une heure de voiture plus tard pendant laquelle on se tripote indécemment les mains (oui, il conduisait). On arrive chez une gentille femme qui nous accueille dans sa demeure, on mange, on boit, on parle, charmante soirée. Mais on ne tarde pas trop, Guillaume est fatigué. Une heure de route plus tard, nous voici couchés l’un contre l’autre… Puis je sens quelque chose de dur poindre dans mon dos. Bien qu’il soit fatigué, le jeune homme a encore de la ressource.
 
Du coup, le lendemain, on voulait se lever tôt pour profiter de la journée et aller se promener sur une île voisine. Mais comme d’habitude, on traîne au lit. Finalement, on finit par se lever et après un bon petit déjeuner, on file à la plage. En chemin, je vois des brouettes partout : les Bretons, ils aiment ça ! Arrivée sur la côte : là, je suis comme une gamine, je marche sur le sable, j’ai envie d’enlever mes chaussures mais il fait trop froid, tant pis. On marche, je regarde discrètement les coquillages incrustés dans le sable en respirant à fond l’air empli d’iode. Je fantasme sur les maisons accrochées sur la falaise, expliquant à Guillaume que si j’avais des sous, j’aurais une maison, là, où j’écrirais mes romans, je marcherais tous les jours une demi-heure en bord de mer après le repas pour digérer et faire fonctionner à fond mon imagination. Il y a un psychanalyste qui a dit qu’on avait chacun notre élément de prédilection. Pour Descartes, c’était le feu, pour moi, c’est l’eau, définitivement. On s’embrasse devant l’immensité aquatique puis on se promène un peu main dans la main avant de retourner à la voiture. Une nouvelle mission nous attend : rejoindre une autre plage pour se poser à un café et voir le soleil se coucher. Boire un chocolat chaud devant un ciel rougeoyant se reflétant sur la mer, c’est quand même un moment franchement agréable. Une fois le soleil couché, on lève le camp : ce n’est pas qu’il fait froid mais si. Soirée calme, dimanche : la voisine est rentrée, on mange tranquillement puis on regarde le DVD d’Axelle Laffont qu’il m’a offert. Je rigole comme une bossue, la voisine doit m’adorer !
 
Une chômeuse en Bretagne
Le lundi, le jeune homme travaille donc je paresse au lit, écoutant malgré moi les bruits de la voisine (la voisine aux toilettes, la voisine téléphone, la voisine fait fonctionner le micro-ondes, hum !). Je profite du calme pour lire ma revue de presse en vue d’articles pour un webzine puis Guillaume rentre, on déjeune tranquillement puis après un chaste câlin de digestion, il repart au boulot. Je finis mon boulot, petite douche, délires sur les blogs puis Guillaume revient. Comme sa voisine n’est pas là… Puis il me joue de la guitare, quelques notes d’un morceau qu’il a composé pour moi. Alors, là, je dois avouer que je suis super flattée : on ne m’avait jamais encore écrit de chanson puis elle sonne bien. Moi qui rêvais d’être muse, me voilà exaucée ! Du coup, j’ai bien envie de le remercier mais souci : la voisine est-elle rentrée ou pas ? Alors, là, nouveau challenge : essayons de faire l’amour en silence. Ce n’est pas, mais alors pas du tout, ma spécialité, ça, mais testons. On commence, je tiens bien le coup et là, on entend la voisine qui rentre. Il faut savoir que quand elle ouvre et ferme sa porte, ça fait vibrer la nôtre, genre : « elle s’est trompée d’appart, elle rentre chez nous ». Et bien, de la savoir à deux mètres de là, pouvant entendre nos ébats, mine de rien, c’est excitant. Il n’empêche que je tiens à dire que j’ai été silencieuse jusqu’au bout (et ce n’étais pas facile) mais ça m’a épuisée comme si j’avais brouetté trois heures non stop. Il n’empêche que, du coup, ça réveille toutes les questions que j’avais sur les cris de jouissance.
 
Hélas, les bonnes choses ont une fin, je dois rentrer. Curieusement, j’ai pris mon billet pour un train maintenu par la SNCF, ma lose serait-elle passée ? Je rentre pleine d’entrain dans mon appartement et je découvre que : France Telecom a re-suspendu ma ligne mais n’a pas oublié de m’envoyer sa facture. Ma chaudière menace d’exploser dès qu’elle se met en route, j’ai l’impression qu’un caillou est coincé dans le tuyau et ça racle, hmmmm ! A peine arrivée sur la capitale, ma sœur m’appelle pour les cadeaux de Noël. Ce soir, j’appelle ma mère (elle m’avait appelée hier soir pour râler car je ne l’avais pas fait…) et lui raconte mes malheurs et elle me dit : « Oui, j’ai essayé de t’appeler sur ton fixe, hier, t’as pas répondu ». Bon, très bien, ma mère sait que je n’étais pas chez moi ce week-end, elle ne m’appelle JAMAIS sur mon fixe. Ah ben elle qui me trouvait « étrangère » ces derniers temps, voilà que j’ai bien arrangé mon dossier.
 

L’’amour passe et lasse

Il est parfois hallucinant de se retourner un peu en arrière et voir à quel point les gens qui nous attiraient comme des aimants il y a quelques mois nous rendent désormais totalement indifférents.
 

 
Ce soir, je m’en vais faire des courses, quelques fruits, du lait, des bas, du dentifrice, du maquillage, des capotes… Enfin, que des trucs essentiels, en somme. Je fais la queue à la caisse, mon esprit parti loin, très loin, hors de ce vilain supermarché bondé. Je paye, je trace la route, pressée de rentrer chez moi. En octobre, la nuit tombe de plus en plus tôt, quelle déprime. Au coin d’une rue, je manque de percuter un jeune homme et là, j’atterris : Julien. Pas le Julien de meetic mais un autre (oui, dans ma vie, j’ai tendance à retomber toujours sur les mêmes prénoms). Je lui dis bonjour, on papote cinq minutes. Je suis pas maquillée, habillée moyennement bien, bref, profondément attirante. Et en plus, j’ai mes capotes dans mon sac… Ils sont sympas chez Mannix de faire des boîtes argentées super discrètes… Enfin, à la limite, peu importe.
 
Ce garçon, il me rendait dingue, dans le temps. J’ai trouvé un appart pas loin de chez lui, j’espérais le croiser… Je me souviens des soirées qu’on passait à discuter au téléphone, ses grandes phrases troublantes : « je suis dans mon lit, là… ». Mais il avait une greluche (il l’a toujours, je crois, d’ailleurs). C’est pas grave : dans mon optimisme forcené, je me disais qu’il finirait bien par la plaquer (accessoirement, pour moi). Donc, en attendant, je me mets sur meetic, je fornique avec Louis puis Benoît. Un jour, je croise le Julien dans la rue et là, je me rends compte qu’il a des jambes courtes, un torse long et qu’il marche un peu comme une poule… (la tête en avant,  le cul en arrière) J’en parle à Gauthier qui me dit : « c’est normal, tes hormones sont calmées, tu ne vois plus les choses pareilles ! ». Ce n’est pas faux.
 
Petit à petit, je l’ai rangé dans un coin de ma mémoire, j’ai à faire avec lui tous les mois pour un webzine mais c’est tout. Et ce soir, alors que je pensais à un autre garçon, le voilà qui revient de façon presque violente dans ma vie et… rien. Alors que je lui parle, mon cœur reste calme, aucune chaleur ne vient s’immiscer entre mes deux reins. Rien, rien, rien.
 
On discute donc quelques minutes du webzine, de boulot, je rentre chez moi, interpellée. Comment un mec qui m’a rendue dingue pendant facilement quatre mois peut me laisser à ce point indifférente aujourd’hui ? Ce n’est pas la première fois que ça arrive. La dernière fois que j’ai vu Bertrand, pourtant toujours aussi sexy, je l’ai regardé avec indifférence et j’ai été même déçue. Ce mec qui m’avait fait fantasmer tout l’été, je ne ressentais plus rien. Je passais mes nuits à imaginer ses lèvres parcourir mon corps, ses mains découvrir délicatement les recoins de mon intimité… Et là, plus rien.
 
Notre cœur est donc à ce point joueur ? Comment se fait-ce que celui qui nous enflammait hier nous laisse indifférente aujourd’hui ? Quand je pense à tous ces rêves hautement érotiques, toutes ces nuits à rêvasser à l’objet de mon désir… Tout ça pour ça. Où sont passées mes turpitudes ? Pourquoi je n’ai plus de frissons quand ce monsieur, en me faisant la bise, m’effleure le bras ? Quelque part, la disparition de toutes ces sensations est frustrant. On se prend la tête pour trouver le moyen de séduire un jeune homme qui nous chamboule le cœur puis, un jour, il nous laisse indifférente.
 
D’un autre côté, c’est rassurant. Oui, ça montre qu’on se remet toujours de tout ça. Bon, tant avec Julien qu’avec Bertrand, je ne me suis pas pris de râteau puisque je ne me suis pas déclarée. Mes désirs se sont éteint d’eux-mêmes, sans doute par manque « d’entretien », si j’ose dire.  Quand je suis à fond sur un mec et que j’ai la sensation que je ne pourrai pas vivre sans eux, ça me permet de relativiser les choses : à chaque fois que j’en pince pour un mec, je sais que si ça ne se passe pas, je m’en remettrai.
 
Après tout, mon désir pour ces garçons n’est pas né d’un manque affectif ? Du coup, à partir du moment où ce manque est comblé, ils disparaissent de mon paysage « amoureux » ? Car je suis quelqu’un qui ne supporte pas de ne pas avoir un « objet de désir » sous la main. J’aime rêver et fantasmer, j’accroche donc rapidement une cible qui peut être remplacée par une autre au gré de mes rencontres. Mais il reste que pour certains, la flamme ne s’éteindra jamais tout à fait.
 
Le désir inassouvi est vraiment un sentiment étrange, il nous prend aux tripes, envahit notre esprit et s’éteint sans qu’on s’en rende vraiment compte… Jusqu’au jour où on rencontre l’objet de nos fantasmes les plus fous dans la rue et qu’on se rend compte qu’on n’a plus du tout envie de lui.

6 mois !

Le 28 mars 2005, je pose mes fesses dans le train corail qui relie Toulouse à Paris. Grâce aux merveilles de la carte 12-25, j’ai pris des places en première, ça me coûtait moins cher que de voyager en seconde. Je fais coucou à ma maman qui est au bord des larmes. « Tu vois, il y a 25 ans, tu naissais un week-end de Pâques où il y avait un changement d’heure. Ça faisait 25 ans que le changement d’heure n’avait pas eu lieu le week-end de Pâques et ça se produit l’année où tu pars. » On aime bien les théories tordues dans la famille.
Paris, c'est une blonde, Paris, reine du monde!!
 
Me voilà partie, le cœur lourd. Le samedi précédent, Gauthier a failli me faire pleurer en me faisant une magnifique déclaration d’amitié. La seule chose qui me motivait, c’est que j’allais vivre à quelques mètres de Julien, le directeur de publication du webzine qui me fait trop craquer. J’étais percluse de certitudes sur ma vie parisienne. 6 mois après, il est temps de faire un bilan.
 
Avant : Je pensais que Julien allait plaquer sa greluche qui vit loin de chez lui pour moi, que nous allions vivre ensemble et faire des bébés, à la longue.
Aujourd’hui : Julien qui ? Non seulement il n’a jamais plaqué sa greluche mais depuis que je vis sur Paris, nous nous sommes vus une fois… cinq minutes dans la rue. Je ne lui ai même pas payé le resto que je lui avais promis car il m’avait permis de décrocher mon premier stage. Du coup, en attendant qu’il plaque sa greluche, j’ai multiplié les aventures. Jusqu’à ce que je n’attende plus rien du tout.
 
Avant : Je craignais de perdre mes amis Toulousains.
Aujourd’hui : ils sont toujours là. Vive MSN, le téléphone, mes retours réguliers dans ma région et leurs voyages à Paris.
 
Avant : Je croyais que je ne me ferai pas d’amis, vu que je ne venais pas dans un cadre universitaire.
Aujourd’hui : Outre Victoire, Athéna et Linga, je me suis fait pas mal d’amis, surtout grâce à Internet mais aussi grâce au boulot. Lors de mon premier stage, j’ai sympathisé avec Zoé qui est devenue aujourd’hui une amie proche à qui je raconte tout (et elle en fait autant !).
 
Avant : je croyais que je me ferai agresser dans la rue ou dans le métro.
Aujourd’hui : Ben non. D’abord, les Parisiens ne sont pas tous de vilains voyous. Ensuite, dès ma première semaine, un événement m’a permis de relativiser l’insécurité nocturne parisienne. Mon premier vendredi en tant que parisienne, je pars avec Clara, son cousin, sa femme et le frère de celle-ci à la Foire du Trône, on s’amuse. Minuit, on part, contraints et forcés, on essaie tant bien que mal de retourner en ville. En effet, Clara et moi voulions aller à une soirée organisée par son ex boulevard Montmartre. On tourne, on vire, on se perd. A un moment, Clara dit à son cousin : « laisse-nous là, on va finir à pieds ! » En effet, nous étions persuadés que nous étions arrivées à bon port. On commence à marcher quand je vois une bouche de métro assez rétro qu’il me semble reconnaître. Puis j’aperçois un immeuble cerclé de néon rouge sur lequel est inscrit en énorme : « SEXODROME ». Oui, voilà, nous sommes bien à Pigalle, pas du tout où il faut, donc. Or, en province, Pigalle la nuit n’est pas synonyme d’havre de paix. Pas de panique, bras dessus, bras dessous, on redescend tranquillement mais sûrement vers le bar où nous sommes attendues. J’ai une théorie qui dit que quand on a peur de quelque chose, ça arrive forcément, surtout une agression dans la rue. En effet, une fois, à Toulouse, je rentrais tranquillement chez moi vers 23h30 en hiver, je prends une petite rue. Devant moi, un bonne femme qui, quand elle m’entend, commence à accélérer le pas. Connement, j’ai accéléré aussi. A la fin, la femme courait presque ! Elle n’aurait jeté ne serait-ce qu’un coup d’œil par dessus son épaule, elle m’aurait vue et n’aurait pas flippé. Je sais, c’était con mais imaginez si j’avais été trèèèès conne (et aussi plus grande et plus forte), j’aurais pu aller l’emmerder. Un agresseur, à mon avis, il choisit la personne qui a le plus la trouille. Non seulement personne ne nous a égorgées, volées, violées, agressées, tabassées, mais même, personne n’est venu nous adresser la parole. Ça a bien dédramatisé le côté glauque du « Paris by night ». Maintenant, je prends souvent le dernier métro (seule) pour rentrer chez moi.
 
Avant : je pensais que je ne m’inscrirais jamais sur meetic.
Aujourd’hui : seuls les abrutis ne changent pas d’avis…
 
Avant : je croyais adorer prendre les tapis roulants car ça donne l’impression de voler
Aujourd’hui : Après avoir pris les 2 tapis roulants de Châtelet deux fois par jour pendant un mois, j’aime beaucoup moins…
 
Avant : je croyais ne pas aimer le métro parisien trop bruyant et odorant à mon goût.
Aujourd’hui : j’avais raison.
 
Avant : je croyais que la vie était plus chère à Paris
Aujourd’hui : j’étais loin de m’imaginer à quel point.
 
Avant : je comptais arrêter de fumer en arrivant sur Paris
Aujourd’hui : Ahahahahah ! Quelle hypocrite.
 
Avant : je croyais que mon changement de vie allait me faire grossir
Aujourd’hui : j’ai maigri.
 
Avant : je croyais avoir envie de relations sentimentales durant plus d’une nuit
Aujourd’hui : la brouette, c’est bien aussi !
 
Avant : je croyais que j’allais passer mon temps à me perdre
Aujourd’hui : Et bien non ! La pollution n’a pas activé mon sens de l’orientation mais comme je ne connais rien, je suis particulièrement attentive et, donc, je ne me perds pas. En fait, ce n’est pas tant que je n’ai pas le sens de l’orientation mais surtout, je suis très distraite quand je chemine, perdue dans mes pensées…et je me retrouve perdue tout court.
 
Avant : je pensais que l’adaptation à la vie parisienne serait difficile
Aujourd’hui : Et bien pas du tout ! Paris, c’est comme Toulouse, ça marche tout pareil !
 
Avant : je pensais perdre mon accent
Aujourd’hui : Et bien je l’ai toujours mon accent toulousaing ! Et je crois même que je l’ai plus aujourd’hui que lors de mon départ comme si, inconsciemment, je l’accentuais pour marquer ma différence. Je revendique : j’ai le droit de prononcer le S final de moins, non mais !
 
Avant : je pensais croiser des gens connus dans la rue
Aujourd’hui : Je ne suis pas très attentive dans la rue mais j’ai croisé Jean-Pierre Darroussin, une fois… oui, d’accord, je l’ai reconnu parce qu’il parlait avec une preneuse de son équipée d’un micro énorme… Sinon, j’ai croisé des stars : Sébastien de la Star Ac (saison 4, je crois, a été éjecté dès le début), identifié grâce à ma sœur et Armande Altaï, identifiée par Anne (comme d’hab, moi, je regardais les vitrines, pas les gens). Clara a vu Nicolas d’Hélène et les garçons… Par contre, j’ai pas encore vu Brad Pitt. Ni brouetté avec…

Je fus une actrice

(J’en avais parlé l’autre jour, avant de créer ce blog et après avoir effacé mon premier opus, j’écrivais des mails type blog à Anne, Lucie, Clara et Gauthier (et parfois Mister Big). Pour fêter mes 6 mois à Paris, je vous en copie un, vous verrez que c’est pas tout à fait le même style que le blog !  Mail rédigé le 18 avril)
 
« Aïe ! J’ai des courbatures partout, j’ai maaaaal, au secours ! Et voilà ce que c’est d’être une grande sportive car mon samedi a été très sportif, justement, comme vous allez le découvrir. Mais avant tout, revenons à vendredi ! Donc, j’ai quitté le boulot assez tôt et j’ai fait un tour au « tout à 10 francs » à côté du boulot (oui, ils ont pas encore changé de nom) car je voulais acheter des torchons (que j’ai pas trouvé) et des balles de tennis pour Kenya. Au passage, j’ai acheté un nécessaire à couture et des bougies chauffe-plats. Bon, y avait une connasse qui monopolisait la caissière et m’empêchait de passer et un poivrot qui essayait d’engager la discussion avec moi mais, heureusement, Clara m’a appelée… Il y a des jours où j’adore mon portable !
C'est super!!
 
Bref, je retourne à la maison car j’ai des invitées pour l’apéro : ma sœur et sa coloc ainsi qu’une co-stagiaire de Clara. Comme mon boulot  m’avait gracieusement offert une bouteille de champagne, champ’ pour tout le monde ! Alors, là, figurez-vous que j’ai découvert ma sœur pompette et c’est assez drôle, en fait, elle est beaucoup mieux comme ça ! Enfin, le champagne était très bon, on a bien rigolé. Après, avec Clara et Nelly (la co-stagiaire, donc), on décide de partir se promener sur Paris, on va donc à la gare et bam ! On tombe sur qui ? Pedro [un camarade de promo qui vivait à 500 mètres de chez toi et qui avait trop pris au pied de la lettre : « ma maison est ta maison ». En gros, il squattait chez moi]! Donc, une fois de plus, je me montre limite aimable, il était complètement défoncé, de toute façon, et il monte avec nous dans le train, Clara était au tel et je me concentrais activement sur l’admiration de ce paysage que je connais par cœur…Bon, là, il commence à nous raconter qu’il part se mettre au vert car il va pas bien du tout, il
supporte plus de vivre chez son oncle et sa tante, blablabla. Et là, il nous sort : « ouais, depuis que j’y vis, j’avais l’impression qu’il y avait une présence, dans ma chambre, et là, cette nuit, je me suis réveillé et j’ai vu un gars au pied de mon lit, j’ai trop flippé, et tout ! » Et là, il m’annonce qu’il a failli m’appeler à 2h du mat’ pour venir dormir chez moi… Mais bien sûr !! C’est bien connu : « auberge Nina, repas et gîte à toute heure, je dors jamais, moi… ». Bon, Clara lui a fait remarquer que fumer des joints, ça arrange pas les choses mais l’autre, il continue dans son délire : « Ouais mais j’ai appris aujourd’hui qu’avant, il y a avait un mutilé de la 1ère guerre mondiale qui vivait là et lui et sa femme sont morts dans la maison ! » Donc j’ai répondu que, moi aussi, quand j’étais très fatiguée, il m’arrivait de me réveiller et de voir des gens dans ma maison qui n’existent pas (une fois, aussi, j’ai vu un carton de chaîne hi fi… Les fantômes ne
sont plus ce qu’ils étaient !!)et que, dans mon immeuble qui date de 1970, y a sans doute des gens qui sont morts aussi. Bon, j’ai été limite aimable, j’avoue, Nelly a pas compris qu’on soit aussi dures envers lui mais, Pedro, je commence à percevoir le personnage, je pense qu’il nous fait du chantage affectif et il est hors de question qu’il vienne dormir chez moi  parce qu’il va pas vouloir aller dormir dans le clic-clac, naaaaan !
 
En fait, après réflexion, je me suis souvenue de quelqu’un qui était EXACTEMENT comme lui : Johanne ! J’explique pour Clara qui ne la connaît pas (oui, à partir d’aujourd’hui, Clara reçoit aussi mon mail, c’est pour ça que je dis plus de mal d’elle, hihihi !! ;)). Donc, Johanne, c’était le genre de fille qui supportait pas d’être célibataire et qui sortait avec n’importe qui (j’ai failli mettre n’importe quoi…) du moment que le mec semblait s’intéresser à elle.  A une époque, elle s’était installée avec un mec qui s’appelait Pedro (c’est fou les coïncidences, quand même !). Un jour, ce monsieur a dû partir pour un stage, il était en musicologie, et là, c’est devenu du grand n’importe quoi ! A ce moment-là, elle découvrait Internet et je sentais bien que ça allait partir en vrille. Déjà, pour te situer un peu le
niveau de la nana, elle arrive un jour à la cafétéria du Mirail et annonce, toute fière : « ouais, hier soir, je scannais des bouquins et je me suis scannée les seins ! » Ouah, trop drôle ! Puis elle finit par m’annoncer qu’elle était partie dormir chez un autre mec, la veille, car elle supportait pas de dormir seule car elle voyait des monstres, la nuit… Tiens donc ! Après, quand son mec est rentré, je lui ai dit de faire attention car elle commençait à partir en vrille, elle n’allait plus en cours ni rien et là, il m’a dit : « De toute façon, si elle rencontre un mec avec qui elle dialogue sur le net, je la quitte ! ». Avec Guillaume, on s’est regardé mais on n’a rien dit. N’empêche qu’ils ont rompu juste après, elle est partie deux fois plus en vrille et on a fini par s’engueuler, elle voulait me péter la gueule, entre autres, Gauthier
 Anne et Lucie s’en souviennent ! Donc, a priori, si Pedro me gonfle trop, ça va finir pareil : suis comme une cocotte minute,  moi, si on me relâche pas la pression, je finis par exploser et c’est violent.
 
Bref, sur ce, on va se promener dans le quartier latin, avec Clara et Nelly, on a mangé dans un grec un peu bizarre mais c’était sympa puis on rentre, on mate Sex and the city et dodo !
Le lendemain matin, Clara se lève à 6h30, je crois, pour aller prendre son train, elle part vers 7h (je crois, j’avoue que  j’étais pas super réveillée) et, juste après, Kenya commence à chouiner donc je me lève pour la gronder et je vois qu’elle est en train de me faire un petit caca dans la cuisine donc je nettoie (hummm, doux réveil) et je me dis : « tiens, charge ton portable ! » et là, que vois-je ?? Un texto de Christophe [un mec que je voulais brouetter à l’époque] reçu la veille qui me dit : « J’ai plus de cheveux, c grave ? » Oui, parce que lui, il aime bien se raser la tête, chacun ses lubies. Bon, je réponds pas de suite car je suis polie, à 7h, ça le fait pas et puis, il peut mariner un peu, non ? Bon, je me relève plusieurs fois pour nettoyer les bêtises de Kenya puis, à 11h, lever définitif, je réponds donc à Christophe : « j’aime mieux les mecs à cheveux mais faut voir… tu es bizarre, com’ gars quand même ! » Non mais c vrai, il me dit qu’il veut pas que je lui mette la pression mais il arrête pas de se rappeler à mon bon souvenir, faudrait qu’il sache ce qu’il veut, nan ? Bon, je me douche, je me prépare et je trouve sur le bar de ma cuisine un petit mot de Clara avec un sachet plein de bonbons et de chocolats, pour m’aider à être belle et svelte !! 😉 N’empêche que j’ai été toute zémuse !
Allez, c parti pour le tournage, rendez-vous à 13 heures sur les Champs Elysées, juste devant l’Arc de triomphe, rien que ça ! Je sors et je repère une dizaine de gars qui papotent donc je fais : « vous êtes là pour France five ? » Bingo ! Bon, j’allume une clope et je commence à discuter un peu avec deux gars que je connaissais pas puis, soudain, arrive Christophe, toujours aussi ponctuel (environ 20 mn de retard) qui me fait la bise, m’adresse deux mots et part rejoindre ses potes… Ok, je le sens bien celui-là !! Bon, peu à peu, les acteurs de F5 (ça va plus vite que France Five) arrivent et c’est fou comme ils sont mieux en vrai. Pour la suite de ce paragraphe, ce serait bien que vous alliez jeter un œil sur leur site (www.francefive.com) pour comprendre de qui je parle !
 
Donc arrivent les deux acteurs qui jouent Red fromage et Black Beaujolais… Ben, le mec qui joue Red, il est trop charmant en vrai, avec des yeux bleus à tomber !! Il est immense ce type, ça se voit pas à la télé… Après, y a le réalisateur, Alex Pilot, qui arrive et fait la bise à tout le monde en demandant les pseudos et quand je me présente, il me dit : « Hé, mais t’as pas mis tes baskets ! » parce que j’avais dit sur le forum que j’avais de supers baskets pour courir et faire la figurante donc ça fait plaisir, ça montre qu’il se souvient des gens !! En même temps, sur le site, on n’est que 2 filles hors staff et l’autre est suisse, alors… Ensuite, y a la fille qui joue Pink à la mode qui arrive,
c’est fou comme dans le film, elle est pas top alors qu’en vrai, elle est très jolie. Mais le plus beau, le plus séduisant, le plus « je lui mordrais bien les fesses », c’est Blue accordéon, en fait… Alors lui, franchement, je le trouvais pas top du tout dans les films, surtout que le mec qui joue Yellow baguette est top canon (mais, là, il était pas là, il était au Japon), mais en vrai… Raaaaaaah ! En +, là, il avait des lunettes et il était mal rasé, je l’aurais bien ramené à la maison ! Enfin,  bref, on fait la queue comme en Pologne (oui, comme je parle plus de Julien [le directeur du webzine], j’ai un peu délaissé ce pays froid et gris donc je profite de l’occasion pour me rattraper)pour se faire inscrire comme ça, on aura notre nom au générique, tatan ! Donc, première scène : une vingtaine de figurants dont moi et mes deux nouveaux amis dont je connais absolument pas le nom on y va, il fallait faire semblant de téléphoner et, soudain, d’avoir une coupure de téléphone car, c’est comme ça que le drame arrive : quand les Lexos (ce sont les méchants) attaquent, les portables coupent. Donc, y a un acteur au premier plan et nous, on fait : « allo ? Allo ? ». La scène, on l’a refaite dix fois, le directeur des acteurs, qui s’appelle Dico, nous disait : « Heu, si vous pouviez avoir l’air plus stressés, quand même ! Circulez, y a une grande allée derrière l’acteur, mettez vous derrière lui, au fur et à mesure ! ». Alors comme on faisait ça juste devant la sortie de métro à l’Etoile, nombre de touristes se sont retrouvés infiltrés parmi nous, on avait l’air trop fins :  20 pékoïs qui font «allo ? Allo ? » en même temps, terrible !!
 
Ensuite, on va dans une rue parallèle pour faire une autre scène, consigne : on court comme des débiles derrière le faux journaliste mais faut pas sourire ! Bon, alors, c’est super drôle parce que c’était vraiment la panique : vu que tout le monde courait dans tous les sens, on s’est un peu tous rentrés dedans, certains tombaient et tout, du grand n’importe quoi mais c’est quand même quelque chose de tourner une scène de panique juste à côté de l’arc de triomphe !! Bon, on change plusieurs fois d’endroit pour faire plusieurs journalistes, en fait, à un moment, on se calme car les flics passaient et qu’apparemment, on n’avait pas d’autorisations.
 
A un moment, y a Dico qui vient me voir et me fait : « bon, il faudrait que tu joues la maman des petites filles ! » Oui car il y avait 4 gamines sur le tournage, de 5 à 10 ans, à peu près, blondes aux yeux bleus (sauf une, on dira que c’est l’illégitime !). Bonjour le coup de vieux et puis me demander, à moi, de jouer avec des gosses !! :’( Bon, au moins, vous regarderez dans la vidéo dont je vous ai parlé dans le mail d’hier, on me voit bien avec mes petites que je sauve et que je tiens même par la main, Seigneur Dieu !! N’empêche que j’en ai tué aucune ! Elles étaient mignonnes, en même temps, même si y en a une qui m’a démis le coude en tombant et une autre qui m’a tué le dos en me sautant dessus ! Vive les gosses !! Le seul avantage, c’est qu’elles connaissaient le très beau Blue (Daniel, de son prénom,
il a pas du tout une tête à s’appeler comme ça) donc j’ai maté comme une folle !! 😉 J’espère qu’ils me rappelleront pour jouer la maman, loooool !
 
Sinon, pendant les scènes de course, je suis rentrée deux fois dans le même gars, celui avec qui je parlais dès le départ et dont j’ignore toujours le prénom alors son pote, que j’avais déjà croisé sur le forum, fait : « Vous avez qu’à courir  côte à côte, vous ne vous rentrerez plus dedans ! » (oui parce qu’on faisait pas semblant, quand même…) et, là, le mec, il me fait : « Oui, on a qu’à courir main dans la main, style, on est un couple, on se promène et tout… » Et bien, y en a au moins un qui aura voulu me tenir la main !! Bon, il était pas trop mal mais un poil trop féminin, pour moi. Si vous voulez voir sa tête, vous téléchargez la vidéo que je vous ai conseillée hier (oui, je suis chiante avec ma vidéo, oui, je suis égocentrique, oui, je vous emmerde !), c’est celui qu’on voit juste après moi au tout début.
Et Christophe, là-dedans ? Bon, si vous regardez la vidéo que je vous ai conseillée (reprendre parenthèse du paragraphe  précédent), à un moment, on le voit qui se balance dans une benne à ordure… Hum ! Hum ! Bon, il me paraît clair que je terrorise ce garçon ou quelque chose, je me rends compte aujourd’hui que j’ai été glaciale comme un vent polonais (lol) avec lui samedi alors qu’il est venu me parler deux, trois fois de platitudes pas possibles et quand je lui dis : « tiens, j’ai soif, je boirais bien un verre, tu viens ? », il me répond qu’il part avec ses potes en s’excusant platement… Mouais…  Hier, il est venu me parler sur MSN, une catastrophe, il m’a dit en gros : « salut », a répondu à mes questions puis m’a dit : « je joue a resident evil 4, c’est bien. J’y retourne, ciao ! »… J’ai mal à la tête rien que d’y penser !! En +, je lui ai dis que j’avais mal au dos, vous pensez qu’il serait venu me masser ? Naaaaaaaaaaan ! Pourtant, j’ai très mal… Au pire, je demanderai au gars qui voulait me prendre la main pour courir, il m’a dit sur le forum : « quel meilleur moyen de faire connaissance ? » ben, me faire un massage, ce serait cool, tu vois !
 
Enfin, pour Christophe, je fais plus rien, il a qu’à me rappeler, s’il veut, sinon ciao ! Il me saoule, à la fin, à pas savoir ce qu’il veut. De toute façon, je reprends mon opération « belle et svelte » et je vais trouver une activité pour sortir et faire des rencontres car, comme dit Anne, « moi, je me suis inscrite à la salsa pour faire des rencontres ». Ben, moi, je sais pas encore mais je vais trouver ! Non parce que j’en ai marre d’attendre des mecs qui se décident pas à plaquer leur greluche polonaise (Ouais, j’ai réussi à le placer !!)ou à faire le premier pas alors que j’en ai déjà fait 15 !
 
Bon, dimanche, journée tranquille, j’ai passé ma journée à ramasser les cochonneries de Kenya. A ce propos, ma mère est horrible, elle me fait culpabiliser. Voilà, je l’appelle hier et lui dit que je me fais du souci pour Kenya car elle a la diarrhée, elle me fait des pets foireux et des petits besoins partout et la voilà qui me dit : « Ah, mais je le savais, elle est pas bien chez toi, si tu veux la ramener… » et là, j’ai eu comme une vision de ce que sera mon avenir si j’ai des enfants, je sens que ma mère va me faire culpabiliser et tout, et tout ! Non parce que je m’en voulais presque, à la fin de la conversation, alors que je m’en occupe, de ma choute !! J’ai même trouvé un nouveau jouet, j’ai attaché une bague en fer qui traînait à la porte de la salle de bain et c’est parti ! Sinon, toujours dans le chapitre Kenya, j’ai rencontré une voisine sympa, hier, Marine, c’est celle qui vit au rez-de-chaussée et qui a un chat, aussi, c’est une femelle, elles s’entendent pas du tout avec Kenya mais elles vont s’habituer… Alors, Marine me fait : « Ah, c’est toi la maîtresse du chat qui pleure ? »… Ben, voilà, une autre dose de culpabilité, SVP !!
 
Sinon, rien, c’est pépère au boulot, aujourd’hui. Demain, conférence de presse avec tous les joueurs du stade français, Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!! Faut même que j’interviewe un joueur, celui que je veux, lalalala ! Allez-y, haïssez-moi, j’aime ça !!
 
Bon, bé sinon, rien, le soleil se lève sur Paris, c cool !
Bon, je stoppe là !
 
Bisous à tous les 4
Nina qu’a mal partout »

Un pénis dans mon journal !

Jeudi, 12h. Je pose mes délicates fesses sur le banc de ma gare et j’entreprends de feuilleter mon « 20 minutes » tout en tirant de longues lattes sur ma clope. Je jette un regard rapide aux gros titres. C’est ma technique de lecture, en fait : un premier coup d’œil, vite fait, je note quelques sujets intéressants pour des articles pour mes webzines puis je recommence au départ pour lire sérieusement.
 
Je tourne les pages, un coup d’œil à mon horoscope (aussi vite lu, aussi vite oublié), je saute le programme télé et là, à l’avant-dernière page, que vois-je : un homme
nu ! Ce n’est pas tant l’homme nu qui me marque que son pénis, pendant négligemment entre ses jambes.
Il a oublié son slip…
Seigneur ! Mais je rêve : un pénis innocemment exposé dans mon journal, voilà qui est inédit ! Pour ceux qui auraient raté ce merveilleux cliché, je vous explique : c’est l’association AIDES (qui lutte contre le SIDA, pour ceux qui ne connaîtraient pas) qui « remercie » ceux qui se sont protégés cet été. Du coup, le monsieur a mis une capote et a le zizi tout blanc alors que le reste du corps est subliment bronzé… Je trouve cette pub géniale même si j’émets une petite objection : le monsieur, même s’il n’a pas mis de préservatif, sera blanc du pénis aussi puisqu’une fois dans son/sa partenaire de jeu, il n’est pas censé bronzer. Mais peu importe…
 
Estomaquée, je finis par monter dans mon train et je rejoins Zoé en ville pour un déjeuner entre filles, on s’installe et je lui montre l’objet du délit. Du coup, on passe la
moitié du repas avec notre « 20 minutes » ouvert à la page X, sans même s’en rendre compte, occupées à parler de nos amours. Bon, voilà comment passer pour des obsédées totalement en manque d’homme en une leçon.
 
Faut dire que c’est osé : des gens nus dans les journaux, ce n’est pas si étonnant que ça. Dans les pubs pour le savon (notamment Tahiti), on voit des femmes, tout seins
dehors, se laver avec délectation (hum !). Mais un pénis ! Ça, je vous jure que c’est de l’inédit ! Je me souviens quand Basic Instinct était sorti, en 1992, on avait accepté de ne pas le classer en « pornographique » car on ne voyait pas le sexe de Michael Douglas… Dans les films, on en voit quelques uns, de temps en temps, mais c’est rare. Alors dans la presse non spécialisée, imaginez un peu ! Bon, on notera que le pénis en question est au repos, mais il est là, quand même !
 
Ohlala !
En France, on a vraiment une drôle de relation avec le sacro saint phallus, je trouve. Dan Brown dans son best seller « Da Vinci Code » a dit un truc du style : « ça m’étonne pas que les Français aient choisi un phallus géant (la Tour Eiffel) comme symbole national ». Bon, on en voudra pas à M. Brown de ne pas savoir que notre symbole national, c’est le coq, mais bon, ça reste pareil, au fond… J’étais partie en voyage de classe en Allemagne, il y a quelques années (en 1995), j’avais emprunté un journal à ma correspondante, un espèce de Voici, je crois : jamais vu autant de pénis en quelques pages : celle de Brad Pitt (cachée en France), celle d’un inconnu qui posait à poil… Je précise que ma correspondante avait 15 ans et ce magazine n’avait rien de pornographique ni même d’érotique…
 
Mais en France, montrer un pénis, quel scandale ! D’ailleurs, quand j’ai montré la campagne à Zoé, j’ai rajouté : « demain, la campagne est annulée ! ». Triste à dire mais les Français sont puritains : 20 minutes a reçu beaucoup de lettres et de mails de personnes se plaignant de ce zizi même pas dans sa superbe. La palme du conservatisme extrémiste a quand même été atteint par le site Internet des jeunes catholiques nantais (ou quelque chose du style) qui a déclaré que 20 minutes faisait de la pornographie et que le préservatif ne protégeait en aucun cas du SIDA, de toute façon… Qu’on soit choqué par la photo d’un pénis, soit, qu’on en profite pour véhiculer de telles conneries, ça me dérange mais ceci est un autre débat.
 
Le début d’une nouvelle ère ?
Personnellement, je trouve cette campagne pas mal trouvée et j’ai bien envie de faire un article dessus pour un webzine. Bon, comme je l’ai dit plus haut, je ne crois pas que le préservatif soit lié ou non au bronzage du monsieur. Personnellement, je n’ai pas installé de lampe UV dans mon intimité donc si un monsieur entre là-dedans alors que nous sommes en train de paresser au soleil, son pénis ressortira tout blanc, avec ou sans capote. Mais j’aime bien le principe de cette photo, ça va faire couler de l’encre.
 
Ceci étant dit, AIDES est sympa de nous remercier de nous être protégés cet été, ça veut dire qu’on peut relâcher notre attention ? Je rappelle à ceux qui ne le sauraient pas (pas grand monde, j’imagine), que le SIDA n’a rien à voir avec la saison, il ne sort pas aux premiers rayons de soleil et ne s’attrape pas dans le sable. N’oubliez pas le petit capuchon à la
rentrée…
 
Du coup, j’attends avec impatience la campagne d’hiver, avec une petite écharpe autour du pénis !