Constat d’échec…?

Il y a parfois des articles qu’on écrit avant de les repousser dans un coin en se disant qu’ils n’intéressent que moi. Comme celui rédigé y a 15 jours sur mes rêves récurrents. Non parce que j’aime voir ce blog comme un psychanalyste. J’ai écrit l’article, je l’ai relu, je n’y ai plus vu le moindre intérêt, je ne l’ai pas publié. Or pourtant, il contient quelque chose d’intéressant : mes mauvaises nuits sont hantées par mes échecs.


On en connaît tous, des échecs, ça n’a rien d’extraordinaire en soi. Et je ne vous infligerai pas la liste de ce que je considère être les échecs de ma vie, on s’en fout un peu. Par contre, ce qui m’intéresse, c’est la définition précise d’un échec. Pas celle du dictionnaire mais celle intime, celle de nos têtes et de nos tripes. Parce que de mon point de vue, ce n’est pas la même.

Revenons à mes rêves. Quand je suis en période de stress professionnel, je rêve toujours peu ou prou la même chose : je dois passer le bac ou rendre un mémoire ou passer un diplôme dans une matière que je ne maîtrise absolument pas et il me reste très très peu de temps. Le rêve se déroule en général en 3 temps : panique, recherche d’une solution, renonciation. Et quand je me réveille, une vague déception : je ne me suis même pas battue.

Là est pour moi l’échec, le cuisant, le destructeur. Je n’essaie même pas, je renonce à partir du moment où je me dis que j’y arriverai pas. Et je trouve ça particulièrement intolérable. Nous avons tous d’inatteignables sommets, nous avons tous nos limites. Et nos envies : je sais que jamais de ma vie je ne courrai un marathon mais j’avoue que j’en ai pas la moindre envie. Mais pour certains domaines, si je ne me lance pas, je saurai pas. Typiquement les loisirs créatifs. J’ai eu le « courage » de me lancer dans le tricot et il s’avère qu’en fin de compte, je suis douée. Je dois tenter la couture à présent. Ceci étant, les loisirs créatifs sont un mauvais exemple car je ne crois pas que l’on puisse parler d’échec si on rate un tricot. À moins qu’on ne soit tricoteuse, je suppose…

Mais revenons aux grands projets. Des fois, j’ai envie de me mettre des claques de pas oser tenter ce qui me fait rêver. Genre oser écrire un roman que j’enverrai aux éditeurs, par exemple. Arrêter de dire, je vais faire, je vais faire et ne pas se bouger le cul. Là est l’échec. Ne pas tenter, ne pas faire… Sans doute par peur. Peur de l’échec ? Autant donc ne pas tenter. Comme ça au moins, on sait pourquoi on échoue. Je vous ressortirai pas la fameuse phrase de Sénèque « Ce n’est pas parce que c’est difficile que l’on n’ose pas, c’est parce que l’on n’ose pas que c’est difficile ». Ah si, je l’ai ressortie finalement…


Du coup, j’ai un goût de revanche dans la bouche. Cette éternelle envie de reprendre mes études et me prouver à moi-même que je peux le faire, que je ne céderai pas. Pourquoi pas retenter un concours d’école de journalisme ? Pas pour y entrer, juste pour le faire, pour me prouver que je peux. À ceci près qu’il me semble que je suis trop vieille pour me présenter…

Bref, l’échec, le vrai, n’est-il pas un simple renoncement ? Ne peut-on pas tirer fierté d’avoir essayé quelque chose sans avoir de résultats à l’arrivée ? Après tout, ne pas réussir quelque chose, c’est juste admettre que malgré nos efforts, nous ne sommes pas capables de tout. Mais qui l’est ?

2012 en haute résolution

Savez quoi ? Comme chaque année, je vous gratifie d’un article sur mes résolutions, résolutions que je ne tiendrai sans doute jamais mais j’ai besoin de ce rituel, surtout à l’heure où s’égrènent les dernières heures de ce que l’on peut désormais considérer sans exagérer comme la pire année de ma vie. Tout a été détruit ou presque dans tous les domaines : amoureux, amical, professionnel et même sanitaire puisque pour la première fois de ma vie, je me suis cassée quelque chose. En 2011, j’ai découvert que, non, je ne pouvais pas toujours me sortir bien de toutes les situations. En 2011, mon bisounoursisme en a pris un sacré coup. Alors à l’heure où mon cynisme explose, je dois faire des projets, je dois avoir un phare dans la nuit. Mes résolutions.

Reprenons celles que j’avais formulées l’an dernier à la même date, histoire de constater que je n’ai tenu aucune de mes résolutions, certainement. C’est parti :
– développer ma fibre artistique. Si on considère que tricoter est un art, j’ai un peu tenu cette résolution et j’ai entamé la chorale donc c’est pas un échec total. Par contre, pour la photo, j’ai pas plus développé que ça, mon flickr est pour ainsi dire mort et j’ai toujours pas dessiné.

– devenir égoïste. Clairement pas assez encore, je me suis laissée polluer par des problèmes de personnes ne méritant pas que je me préoccupe d’eux. Ceux qui me parlent de notre amitié des étoiles plein les yeux quand ils ont besoin de moi mais omettent de prendre de mes nouvelles quand je suis hospitalisée. Ou ceux à qui tu dois faire des révélations pénibles mais tu sais que même preuves à l’appui, tu n’auras pas gain de cause. Alors laisse tomber. Désormais, les gens pour qui je répondrai présente au moindre pépin seront sur une liste réduite, la plupart sera d’ailleurs au réveillon de samedi, na ! Bon, par contre, niveau sommeil, gros échec prévisible, mes nuits de 7h sont exceptionnelles et le snoozing n’a jamais quitté ma vie. Quant au rituel du matin, il se résume à ça : « encore 5 minutes, encore 5 minutes… Putain, je suis à la bourre! » et hop, brosse à dent en bouche, savonnage, tartinage, habillage, coiffage, maquillage, faire le lit, croquettes au chat, ouverture volets, salut à ce soir !

– écrire et lire. Echec total ou presque. Ecrire, ma production littéraire, tout cumulé, doit atteindre les 50 pages. Mais pas sur le même roman et grosso merdo, j’avance pas. Reste le blog mais la qualité littéraire n’y est que rarement, c’est de la chronique plus que de la prose soignée. J’aime ce style mais il n’y a somme toute que peu de choses à récupérer. Quant à lire, j’abandonne la plupart de mes abonnements sauf Management car j’aime vraiment et j’ai décidé de m’acheter Philosophie magazine de temps en temps en kiosque. J’abandonne Grazia et Pour la science, je me résouds à ne pas tenter de lire le Nouvel Obs en entier. Et je renoue avec mes amours romanesques. Et je m’investis dans le livre électronique, pour voir.

Bon, alors, en 2012, concrètement, je fais quoi. En 1, je reprends sérieusement le sport, je fais du gras en ce moment. A la plongée, on fait du secourisme donc on ne nage plus donc à part mes 30mn à 1h de marche quotidienne (selon si je rentre du boulot ou non), je fais pas de sport. J’ai envie de formuler une petite résolution que je ne tiendrai jamais : me mettre au jogging. Comprenez que je déteste courir, que ça va me tuer les articulations et que je vais me prendre les seins dans les dents mais c’est la meilleure façon pour moi de vraiment régler mon problème de respiration qui m’handicape un peu en plongée et en chant. Idéalement (vous pouvez rire à la fin de cette phrase), faudrait que quand je rentre chez moi à pied, à mi chemin, je me mette à courir, ça me ferait une course d’une quinzaine de minutes, tranquille.

Je ne le ferai jamais, je le sais.

Sinon, je me suis offert une Wii donc exercices tous les jours (j’ai que des just dance pour le moment).


Sinon, j’ai des projets de travaux manuels, des trucs qui m’emballent vraiment. J’en parlerai un peu plus tard quand je me serai lancée. Déjà, j’ai bien progressé en tricot, je dois débuter la couture. J’oublie pas mon ambition de devenir super tatie puis Anne, ma meilleure amie d’enfance, étant enceinte, je dois préparer quelques petites choses pour son petit bout.

Côté sommeil, je vais essayer de trouver des techniques pour être super en forme avec moins de 7h de sommeil (il y en a). Dormir moins, dormir mieux pour faire tout ce que j’ai envie de faire, sans frustration.

Côté boulot, m’activer sérieusement sur un projet « perso » pour progresser dans ma boîte et attraper une promotion même si les choses vont déjà bouger avec certitude dans ce domaine (mais en bien normalement).

Côté appart, faire du vide pour refaire le plein (il paraît que j’ai trop de fringues, tsssss !)

Côté mec, arrêter les ringards et autres pauvres types ou les mecs qui seraient géniaux si seulement le timing était bon.

Et une grande résolution, la plus importante, la seule à tenir je crois : trouver un contrat freelance annexe pour gagner des sous pour me payer des voyages et un nouvel appareil photo. Et du matos pour mes projets créatifs. Et des fringues. Parce que même si je vais toucher des sous suite au décès de ma mamie, j’ai envie de mériter certaines choses. Cette année, voyages programmés : Thaïlande, Corse, Provence pour sûr. Voyages souhaités : plongée en Méditerranée cet été (Croatie ou Egypte), Rome, Amsterdam. En attendant 2013 pour la Russie et/ou l’Islande mais je vais avoir un petit souci de jours de congés à un moment donné, aussi.

Bref, en 2012 je REVIS.

Ce qui devrait être, ce qui est

Dans ma vie, j’ai un but, un but ultime : régler mon problème du matin. C’est à dire arrêter de ne pas me lever comme il faudrait, arriver au boulot tôt, être pimpante dès l’aube voire même avant (en hiver, à l’aube, je suis déjà levée). Mais force est de constater que j’échoue, inlassablement, tous les matins. Pour lutter contre le snoozing maudit, j’ai tenté une nouvelle technique : mettre direct le réveil à mon heure de lever. Résultat : me suis levée hyper en retard.

Alors forcément, sur le coup, ça m’a pas mis de très très bonne humeur, surtout que je devais me laver les cheveux donc la course dès le réveil, ça me fatigue. Déjà que je traîne une vieille fatigue due à une vie sociale intense (trop)… Bref, alors que je cheminais, cheveux encore mouillés, vers mon boulot, je soupirais intérieurement : bordeyl, je vais jamais arriver à me lever tôt pour faire des trucs. Bon ceci étant, ce n’est pas une surprise. Et là, je réalise que j’ai un énorme problème dans ma vie : je ne vois que mes défauts (ou ce que j’interprète comme tel) et pas mes qualités. En gros, j’essaie d’être ce qui me paraît être le mieux au lieu de travailler sur ce que je suis et mes forces déjà présentes.



Reprenons cette histoire de sommeil. J’avais dit “idéalement, je dois me coucher à 0h30 et me lever à 7h30, ouais !!”. Sauf que dans les faits, ma vie ressemble à ça :



Donc retournons le problème autrement. Dans les faits, peu importe l’heure du réveil, je me lève tard, c’est un fait (enfin, tard, tout est relatif, je travaille quand même). Donc au lieu de prévoir un lever à 7h30, soyons objectifs et plaçons le à 8h30. Et au lieu d’espérer se coucher à 0h30, couchons nous à 1h30 (max), ça fait toujours 7h de sommeil et j’ai le temps d’écrire si je veux. Oui, faut pas se forcer non plus.


Au fond, plutôt que d’essayer d’être ce que je ne suis pas (en l’occurence lève-tôt pour cet exemple), essayons de tirer partie de ce que je suis (couche-tard). Je parle de cet exemple là spécifiquement mais ça marche pour tous les autres domaines de ma vie. Par exemple je ne suis pas quelqu’un de rangé, je vis dans un joyeux bordel permanent mais je retrouve toujours ce que je cherche. L’inconvénient, c’est que la norme est d’avoir des apparts nickels, ce genre d’appart où j’ose même pas m’asseoir de peur de marquer très légèrement le cuir du canapé. Moi, mon appart, j’y vis, j’empile les choses (et je manque cruellement d’espace de rangement mais dès que j’ai réglé mes problèmes de sous, je m’achète une commode). Plutôt que de me lamenter sur le fait que je suis pas la reine du ménage, acceptons les faits. Et passons la serpillère parce que pas rangé n’est pas synonyme de souillon, faut pas déconner non plus (puis ça sent bon quand c’est tout propre). Bref, il faut que j’arrête de stresser en ne focalisant que sur ce qui ne va pas chez moi par rapport à ce qui me paraît être un modèle de perfection et voir ce qui va bien. Sans non plus se réfugier dans une espèce d’autosatisfaction permanente, y a quand même certains défauts qui sont corrigibles, pour peu qu’on s’en donne la peine.

Ceci étant, j’ai décidé de changer de fusil d’épaule. Plutôt que de tenter de travailler sur ces qualités que je n’ai pas et que je n’aurai sans doute jamais (quoi que y a 5 ans, je ne me savais pas sportive et finalement…), travaillons pour gagner en compétence là où j’ai des prédispositions. Et arrêtons de culpabiliser parce qu’il m’est toujours impossible de me lever à 7h30 si j’ai pas une bonne raison de le faire. Y a pas mort d’homme.

Ce dimanche, je vais voter pour François Hollande parce que…

Par So Long

[Aujourd’hui, on accueille So Long qui tint un blog dans le temps donc si son pseudo ne vous est pas inconnu, c’est normal]

La campagne des Primaires Citoyennes touche à sa fin, ce dimanche certains d’entre nous iront voter en ayant la sensation que le destin de la France se joue au creux d’une urne. Ce dimanche, j’irai voter, et je voterai pour François Hollande.


Je voulais m’investir dans la campagne et me battre au côté d’un homme en lequel je crois, profondément, viscéralement. Je voulais participer, débattre, et enfin apporter ma pierre à l’édifice. Des raisons amicales ont fait que je me suis effacée au moment où j’aurais dû prendre la main. Je ne le regrette pas, mon vote n’en aura pas moins de valeur et je continue de seriner mon entourage avec mes longues explications sur la nécessité de voter aux primaires. Même si on n’est pas socialiste. Même si on n’est pas totalement de gauche. Même si on ne sait pas trop qui choisir. Après tout, un vote blanc est également possible… Je ne le fais pas par militantisme. Je n’ai pas l’âme d’une militante, je le fais par convictions. Militer et convaincre sont en réalité deux choses bien distinctes… subtilement différentes mais c’est cette subtilité qui me plait.

J’étais militante en 2007. J’ai passé des journées entières dans les rues à la rencontre des gens pour leur expliquer que Ségolène Royal était la bonne alternative. J’ai cru en cette campagne. Je l’ai portée dans ma chair. Comme beaucoup d’autres. La campagne de 2007 était instinctive, on l’avait dans nos tripes. C’est la raison pour laquelle les gens haïssent tellement Ségolène Royal aujourd’hui. Contrairement à nombre de mes camarades de l’époque, je ne la déteste pas, je ne la trouve pas idiote, nulle et incompétente. Je pense qu’elle reste une femme de qualités, une femme debout comme elle le dit… et que ses maladresses, bourdes et autres saillies mal venues ne seraient pas interprétées de la même façon si elle n’avait pas perdu à l’époque. Je me revois à Solférino le soir du second tour. On savait déjà depuis plusieurs heures qu’elle ne passerait pas. On cachait nos larmes aux caméras pour que le monde continue de croire à la cérémonie de 20h pétantes. Mais on savait, dès 17h. C’était d’ailleurs Christiane Taubira qui était venue nous l’annoncer. Et les heures qui ont suivies, on n’attendait qu’une seule chose, que son dernier discours nous prenne aux tripes. Encore. Ce qu’elle a fait. Quiconque était présent ce soir là quand elle est apparue au balcon pour prendre la parole ne pourra nier qu’elle a su distiller une espérance sans précédent. Et pourtant, je n’étais pas royalienne à la base. J’étais aux Jeunes Socialistes Révolutionnaires (une mouvance pro-Montebourg)… c’est dire si je n’étais pas Royalienne. Mais ce soir là, je croyais en cette femme. La haine qu’elle provoque aujourd’hui est à la mesure de la ferveur qu’elle a suscitée. Et à la mesure de l’horreur que nous vivons depuis près de 5 années maintenant.

Pourquoi cet intermède sur 2007 alors que je dois vous parler de ce dimanche ? Parce que cette campagne à l’époque était une sorte de combat de boxe, de marathon… c’était physique, intense. C’était primaire. C’était beau aussi quelque part. Mais ça a été notre échec. Le simple fait qu’on soit face à un homme et une femme ne pouvait pas rendre la campagne très différente. Elle renvoyait à l’instinct le plus primitif.

Cette année, je suis bien plus vieille. C’est ma seconde campagne présidentielle en tant qu’électrice. Cette année je ne veux pas d’une campagne primitive. Je veux une campagne digne, intelligente, optimiste. La campagne de François Hollande est tout cela à la fois. Parce qu’on est face à un homme digne, intelligent, optimiste. Parce qu’on est face à un homme qui saura redonner une dignité à la France. Ce n’est pas rien… cette dignité, on l’a perdue depuis bien longtemps. On l’a perdue en 2002. Donc je n’irai même pas accuser Sarkozy… j’accuse seulement les Français. C’est moche, mais c’est ainsi. Et cette année pour la campagne, je ne veux pas faire reposer mon vote sur mes tripes, je veux que mon vote soit celui qu’il devrait être pour chacun, je veux avoir foi en mon candidat, je veux que ce soit le signe d’une confiance mesurée, je veux que ma souveraineté soit remise entre les mains de quelqu’un qui saura la défendre, qui saura en faire une valeur noble.

Ce dimanche, je voterai François Hollande parce que je retrouve dans son discours une cohérence qui me correspond, une intelligence qui me parle, une distinction qui me plait. Ce dimanche, je voterai François Hollande parce qu’il est le seul qui m’apparaît capable d’œuvrer pour le bien commun. Parce qu’il est le seul qui sait vraiment rassembler. Parce qu’il est optimiste. Parce qu’il pense que la jeunesse est un bien précieux et qu’elle doit être traitée avec les égards qu’elle mérite. Ce dimanche, je voterai François Hollande parce qu’il sait faire de la politique avec noblesse et qu’il me redonne foi en ce que je fais, au quotidien : travailler à la rénovation des liens entre l’Etat et les citoyens.

Je suis une bien mauvaise marieuse

Je me suis donné un objectif dans la vie : jouer les marieuses. Pourquoi ? J’en sais fichtre rien mais parfois, je vois un homme seul d’un côté, une femme seule de l’autre (ou un homme et un homme, une femme et une femme, l’hétérosexualité n’est pas une fatalité) et j’ai la sensation que ça va faire des étincelles. J’aime faire le bonheur des autres… Enfin, sauf que la plupart du temps, j’échoue.

pinocchio5.jpg

Ma vocation de marieuse est née en 1996, en décembre, très précisément. Ma meilleure amie de l’époque, Cécile, avait craqué pour un garçon, Bruno. Au mois de juin, un ami de Bruno était allé voir Cécile pour lui apprendre que son pote la trouvait très très jolie mais à l’époque, Cécile était in love d’un Italien. L’été étant passé et ses amours italiennes concrétisées puis terminées, Cécile se dit que Bruno n’était pas si mal. Mais il ne se passait rien de rien, on se contentait de le suivre dans la rue (on adorait ça, suivre les garçons). Un
jour, Bruno vint me parler « Et, salut, tu connais Cé… » je m’arrête de respirer « line Lemoine ? Elle a oublié son équerre. » Je récupère l’équerre en lui adressant mon plus grand sourire invitant poursuivre la conversation mais il s’en va. Cécile fut profondément jalouse de cette brève entrevue. Agacée d’observer cet immobilisme, je suis intervenue. Bruno était très ami avec une de nos copines, Elodie, j’ai donc décidé de parler à Elodie « Tu sais, Cécile, elle aime bien Bruno, tu devrais lui dire ». Ce qu’elle fit. Et rien. Cécile était très fâchée par mon intervention mais on continuait à le suivre, découvrant qu’il achetait un stylo féminin aux Nouvelles Galeries « Rah, il a une copine ! » « Mais non, je suis sûre que c’est pour sa petite soeur ». Arrive le dernier vendredi avant les vacances de Noël, nous étions sorties à 16h et nous traînassions au marché de Noël. Soudain, je vois Bruno qui tourne et vire dans nos parages. « Tu peux partir Cécile, lui
dis-je, ma mère ne va pas tarder à arriver. » « Tu veux pas que j’attende avec toi? » « Non, non, c’est bon… On se voit ce soir au repas de Noël de la classe ». A peine étais-je sortie du tableau que Bruno aborda Cécile et lui offrit le fameux stylo. Aux dernières nouvelles (fin 2005), ils vivaient ensemble. Trop forte, non ? Pour l’anecdote, il semble que j’ai d’abord été facteur de ralentissement dans cette histoire car Bruno avait peur… de moi. Moi aussi, ça me fait hurler de rire. Apparemment, il pensait que j’étais une grosse prétentieuse connasse hautaine qui allait se foutre de sa gueule. Puis après l’histoire de l’équerre, il avait décrété : « Non mais elle a l’air sympa finalement ». Ben oui, tiens, je t’ai un peu changé la vie quand même.

cupidon.jpg

Depuis, je tente de réitérer l’exploit. Et j’échoue systématiquement. Dernier exemple en date : je voulais coller un pote de la plongée, Thibault à une de mes stagiaires, Charlotte. Ils ont le même âge, Thibault est un garçon bien, doux, bonne situation, mignon, Lauren est super belle, douce, intelligente, rigoureuse dans son travail. Alors que je commençais déjà à m’imaginer être la marraine de leur premier rejeton, terrible coup de poignard dans mes illusions : sur mon Facebook, je vois apparaître : « Charlotte est désormais en couple avec Bruno » (pas le même que celui de Cécile, là, ça aurait été un tsunami d’amertume et de désillusion). Mais d’où elle se remet avec son ex ? D’où elle brise mes illusions ? Ok, j’en étais encore à « tiens, faudrait que j’arrive à les présenter l’un à l’autre » mais quand même quoi ! Bon, il me reste une autre stagiaire de dispo, très très jolie aussi mais un peu plus bohème, ça me paraît moins idyllique mais à voir. Ceci étant, physiquement, je crois qu’elle sera plus son style… Mais bon, on a encore cassé mon couple idyllique. Un peu comme Anaïs que je voulais coller avec un de mes exs mais vu que j’ai un peu rebutiné le monsieur, j’ose plus. Mais sinon pour Thibault, il y a une autre fille de la plongée que j’ai appris à connaître ce week-end et qui est super mais je crois qu’elle a un peu tenté mais vu qu’il n’a pas réagi, elle a laissé tomber.

Ligue-1-Lyon-rate-le-coche-Lille-est-champion-205085.jpg

Et puis il y a les erreurs d’appréciation. De façon générale, je perçois bien les gens, en positif comme en négatif, mais parfois, je me trompe et souvent au bénéfice de la personne. Mon bisounoursisme est solidement installé. Du coup, parfois, je me dis « il/elle est quelqu’un de bien, je pourrais le coller avec telle personne ». Et là, patatrac, c’est la cata. Le mec ou la fille bien se révèle être un psychopathe paranoïaque, un mythomane, un pervers narcissique, autre, rayez la mention inutile. Et là, je vous dis pas la lose quand il est l’heure de faire le SAV. Parce qu’un tel échec vous culpabilise. Avec de la chance, les choses ne sont pas allées loin mais s’il y a eu concrétisation avec naissance d’une certaine affection (cf mon échelle des sentiments), là, on se sent super mal. Je veux dire qu’on a conscience qu’on prend un risque que ça ne marche pas mais si ça foire parce que celui qu’on a conseillé est un sale connard (ou une sombre connasse), c’est un petit peu gênant. 

oops.jpg

Peut-être qu’en fait, il faut laisser faire les choses, arrêter de vouloir rendre les gens heureux limite malgré eux (certains ne demandent pas qu’on les rencarde). J’essaie aussi de coopter les gens au niveau professionnel mais ça marche pas non plus. Bon, je vous laisse, je vais retrouver la fée qui m’a filé des dons pourris (casser les appareils électriques, dérégler les boussoles, attirer la lose quoi que je fasse) pour lui refaire le dentier.

Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen

Par Bobby

Je ne sais pas si je suis le mieux placé pour parler de ce film, dans le sens où je n’ai pas vu beaucoup de films de Allen, donc je me sens un peu HS au milieu de son oeuvre. Je vais donc l’étudier sans faire de comparaison.

Deux jeunes américaines, donc, Vicky et Cristina, débarquent un été à Barcelone, l’une pour parfaire sa thèse, l’autre dans une optique plus poétique. La première est mariée à un riche beau gosse, l’autre est ouverte à toute proposition. Et justement, elles rencontrent un type qui en a une, de proposition, et pas des moindres… (haha, et vlan, si vous voulez savoir quoi, allez voir le film !)


La couleur du film est chaude, voire ultra chaude. Cliché torride d’une Barcelone complètement érotisée, sulfureuse même, où vibrent des accords de guitare la nuit, où Gaudi est omniprésent, où l’on ne manque QUE de la nourriture du pays. Des fois, je me dis que les américains sont vraiment à côté de la plaque et ne se doutent pas à quel point nous autres, les gens du Vieux Continent, sommes américanisés.

Ce qui m’a mis sur les nerfs avec ce film, c’est une voix off quasi permanente qui débite des infos à la vitesse de la lumière. Infos difficile à percuter (ben oui, entre ce qui se passe à l’image et ce qu’on nous dit, y a parfois comme un décalage), et souvent inutiles (on peut comprendre par nous-même, pas la peine de tout nous pré-mâcher).

Et puis, surtout, je crois que cette vision de l’amour (car c’est, il me semble, avant tout, un film qui parle d’amour sous toutes les formes qu’il peut revêtir) n’est pas celle que j’avais envie de voir pour le moment. Je m’explique : en ce moment je suis complètement in love, c’est beau, c’est niais, et ça se passe pas DU TOUT comme dans le film. Je sais pas pourquoi le cinéma s’enferme de cette manière dans ses propres clichés. Il a beau vouloir montrer l’amour dans toute sa modernité (sexe libre, bisexualité, couples à trois, le tout sans
tabou), il reste prisonnier de scènes « faciles », sans jamais nous montrer des moments de l’amour que JAMAIS on ne nous montre à l’écran, des petites scènes qui sont pourtant dans n’importe quelle vie de couple et qu’on aimerait retrouver parfois et se dire « ah oui, c’est vrai, c’est comme nous ça ». Là, rien du tout, ça va et ça vient sans difficulté, comme si les personnages étaient davantage aimantés les uns aux autres par le script que par la vie même. C’est d’un naturel…

Heureusement, la fin est d’une délicieuse ambiguïté quant à ce que Allen pense réellement de cette « subversion » de l’amour, davantage présentée comme un échec, par lequel il faudrait passer au moins une fois, mais duquel il est nécessaire de revenir.

Génération blasée ?

Par Tatiana

Cher lecteur voici mon 1er article écrit sur mon magnifique ordi portable qu’il est trop beau et dont je suis amoureuse. Aujourd’hui je te propose de me suivre dans mes réflexions persos, donc peut être que ça n’aura pas forcément toute la cohérence voulue. En résumé on parlera de ma vie professionnelle avec un fond de questionnements sur notre génération. Cet article est né d’une réflexion que m’a faite un jour Pierre (un mec de mon ex boulot).

La semaine dernière donc j’étais à mon ex boulot (vu que j’ai arrêté samedi) et on parlait musique, et plus précisément de Kurt Cobain. On le comparait à Jim Morisson, je vous épargne le débat. Ceci étant on a dérivé sur le fait qu’aujourd’hui il n’y a plus de mecs qui sont capables de faire de la musique intemporelle comme les Doors ou autre groupe de la même époque. Cela vaut aussi pour d’autre domaines. Et Pierre me fait « oui mais aujourd’hui il n’y a plus de vrai passionné ». Les jeunes aujourd’hui ont l’air blasés de tout. Et
là il me sort un truc qui a raisonné dans ma tête : « regarde toi par exemple depuis que je te connais je ne t’ai pas vu te passionner pour un truc ». Ben merde alors ! Peut-être a-t-il raison et que nous sommes une génération de blasés. C’est vrai qu’en y réfléchissant je ne peut pas me caractériser comme quelqu’un ayant une véritable passion, un truc pour lequel je vis et je me lève tous les jours. Pourtant ce n’est pas faute de le chercher depuis des années.

Là, est tout le problème pour moi car cela fait depuis mes 18 ans que je suis à la recherche de ma passion et que du coup je n’arrive pas à choisir un métier et m’y tenir. Au lieu de cela, je ne fait que faire des trucs différents qui m’amusent un temps, et dès que je commence à en avoir fait le tour cela m’ennuie et je change. Là encore Pierre (et oui c’est un peu mon guide spirituel ces temps-ci) m’a dit quelque chose qui m’ a fait beaucoup réfléchir. Il m’a dit qu’en fait il fallait que j’arrête de chercher quelque chose qui m’amuse mais plutôt
que je choisisse un domaine et que je persévère dedans pour devenir la meilleure. Car de toute façon rien ne m’amuserait indéfiniment et à changer tout le temps je ne pourrais pas être la meilleure dans quelque chose et je ne serait pas respectée dans mon domaine. Après comme il dit c’est une question de choix. Donc voilà, je suis en pleine réflexion sur qu’est ce que je vais faire de ma vie et surtout qu’est-ce que je suis capable de faire. Car tout est possible si on s’en donne la volonté et les moyens mais encore faut-il qu’on en ait envie. Pour en revenir à Pierre, ce dernier me disait qu’il aurait voulu savoir jouer de la guitare. Je lui dis qu’il n’est pas trop tard et qu’il peut toujours le faire. Mais a-t-il envie de faire l’apprentissage du solfège et tout maintenant qu’il a 40 ans? Voilà la vraie question : notre génération est-elle celle du zéro efforts et du tout tout de suite ? Sommes-nous blasés de la quête qui mène au succès et cherchons nous à l’éviter? Pour ma part il est clair que oui. Je suis quelqu’un de très fier et tout ce qui implique un apprentissage long et pénible me renvoie à un échec possible, et donc si je n’arrive pas tout de suite à un résultat j’ai tendance à laisser tomber. Attitude dont je n’avais pas vraiment conscience avant que Pierre mette le doigt dessus. Je pensais plus que c’était du à mon caractère lunatique et changeant. Le problème c’est que je ne sais absolument pas ce que je veux faire de ma vie professionnelle. A l’heure actuelle j’ai plusieurs possibilités qui s’offrent à moi et je ne sais pas vers laquelle aller. J’aimerais tellement être comme ces gens qui ont comme des évidences dans leur tête et pour qui tout est clair.

Donc voilà maintenant je suis en pleine réflexion sur ma vie pour changer. Mais je remercie Pierre pour son avis éclairé car je crois que ça va bien m’aider à avancer. En attendant, je dois me remettre en quête de missions car je n’ai plus de travail.   

Quand c’est non, ben, c’est non

Souvenons-nous, l’entretien et l’angoisse de la réponse. Bah la réponse, la voilà et c’est non. Comme je le disais, la moyenne est de 7 entretiens pour un premier job donc potentiellement 6 non de la part d’un employeur. Et faut savoir le vivre.

undefined

Au début, on ne le prend pas mal, vu qu’on a le nez dans sa recherche. Un de perdu, 10 de retrouvés. D’ailleurs, on n’a pas que cet entretien dans la vie, on continue à candidater.,Mais au bout d’un moment, les non s’enchaînent et on commence à mal le prendre : mais c’est quoi mon problème. En tant que fille sensible, je les prenais de plus en plus mal. D’ailleurs, j’angoissais à attendre la réponse et une fois qu’elle était négative, j’allais me coucher en ressassant l’éternel refrain : « je suis une merde, une sous merde, une crotte de souris et encore, c’est prétentieux de ma part ! Personne ne veut de moi car je ne vaux rien. Y a que mon chat qui veut de moi et encore parce que je lui donne des croquettes ! ». J’exagère à peine.

Evidemment, la chouinerie, ça occupe pas son temps non plus et après les larmes ou la déprime, il faut se remettre à bosser. Oui mais comment ? Il faut tirer une leçon de cet échec, non ? Certains peuvent déjà objecter que ce n’est pas un échec en soi car on ne peut rien contre les autres candidats, y en avait qui avaient un meilleur CV. Peut-être mais l’expérience doit nous servir, sinon, on fait tout ça en vain. Pour ma part, chaque entretien permettait de m’aguerrir, de voir ce qui plaisait et ce qui faisait tiquer, les bonnes attitudes, tout ça. Une candidate professionnelle, voilà ce qu’il faut tendre à devenir. Seulement pour bien apprendre, il faut demander à la personne concernée : le recruteur. Ben oui, c’est quand même la personne la plus à même de vous dire ce qui a marché ou non. Parfois, le recruteur, s’il a eu de la sympathie pour vous, vous le dit d’emblée. Je me souviendrai toute ma vie du « je n’ai rien à redire à votre candidature, elle est parfaite ». Ca devrait faire plaisir mais à l’époque, ça m’avait démontée. Bon alors je suis parfaite et je trouve pas de job, le problème est donc insoluble. Mais là, j’avais eu de la chance car tous les recruteurs n’assurent pas le service après vente : le recrutement est terminé, vient pas demander en plus des explications ! Pourtant, ça aide grandement. Comment savoir si on a fait un faux pas si on ne nous le dit pas ? On a peut-être un tic insupportable, des gestes qui trahissent trop notre anxiété, des choses qu’on aurait dû taire. Mais dites-nous ! Si on vous pose la question, c’est que la réponse nous intéresse vraiment.

Mais le plus dur après ce non, c’est de retrouver l’énergie de repartir. Pour ma part, j’ai eu la chance de ne pas être seule dans le chômage, j’avais ma famille et mes amis. Côté famille, ma sœur ne m’a pas toujours épargnée, m’engueulant salement quand j’étais dans mon trip « je suis une merde, j’abandonne tout et je rentre à la maison ». Argument choc : « et tu vas faire quoi dans le sud, hein ? Tu crois que c’est là-bas que tu vas trouver du boulot ? ». Oui mais pas dans ma branche…

Parlons en de ma branche, tiens. Au fond, si je me ramasse, c’est peut-être que je me suis trompée de voie, que je suis pas faite pour le journalisme. Vers la fin de mon chômage, je m’étais ouverte à la comm et, presque un an après, je peux dire Dieu merci ! Parce que je n’aurais pas forcément postulé au taf que j’ai décroché si j’étais restée strictement sur le journalisme et dieu seul sait où je serais aujourd’hui. Mais bon, le chômage est un investissement en terme de temps et renoncer à ses ambitions, là est le vrai échec. Si j’étais rentrée chez moi, la queue entre les jambes, là, oui, j’aurais échoué. Car il ne faut pas voir un refus comme un échec. C’est ce que j’ai eu du mal à  comprendre. Une candidature qui n’aboutit pas, c’est juste une porte qui se ferme mais il en existe des tas d’autres à ouvrir. Seulement, quand on n’y arrive pas, on a parfois tendance à prendre le problème par le mauvais bout et à chercher des solutions qui ne sont finalement pas les bonnes : prendre un stage ou reprendre des études.

Mais ça, nous en parlerons une prochaine fois.

Petit blog deviendra grand

En ce moment, vous l’aurez remarqué, je me fais un peu discrète par ici. Pourquoi ? Parce que j’ai besoin d’un peu de recul par rapport à ce blog, voir ce que je vais en
faire, si je le continue ou pas.

 cafe-deux-magots-terrasse.jpg

Résumons un peu la situation : 2 ans et quelques de blogging sur les vingtenaires, une ligne éditoriale qui a évolué puisqu’on a un peu délaissé le côté « liaisons
foireuses » pour le côté « nos vies, nos envies, nos délires ». J’en suis d’ailleurs à me demander si le terme même de liaison foireuse vaut encore la peine puisque sur les 9, 3 et
demi sont en couple et ça se passe bien donc le côté foireux est un peu léger. Puis on parle tellement d’autres choses, maintenant, que l’intitulé du blog est bien loin de son contenu.

 Le contenu parlons en. Je ne parle plus guère de moi et ce pour plusieurs raisons. Le début de l’année 2007 a tourné exclusivement autour de ma recherche de taf, pour moi, mes

échecs, mes désillusions et, enfin, la lumière au bout du tunnel. Me voilà une grande fille, j’ai un taf. Pendant quelques temps, j’ai encore eu le réflexe de traîner sur les sites de recherche de taf, pas que j’en cherchais un nouveau mais c’était un bête réflexe. Maintenant, ça y est, je suis plus une étudiante, plus une chercheuse d’emploi, je suis une salariée, une vraie, toute la problématique de ma vie change. C’est pas pour autant que la question du chômage ne paraîtra plus jamais ici, au contraire, même. J’avais écrit une série d’articles sur le sujet pour un autre blog, ils paraîtront ici dans une série, je reviendrai plus tard sur cette histoire de série.

 

Ensuite, parlons de Nina, mon avatar bloguesque. Y a des jours où Nina me saoule franchement ou les rapports qu’ont les gens rapport à Nina. J’ai parfois l’impression que certains veulent juste me rencontrer pour savoir la gueule que j’ai mais c’est le seul intérêt, peu importe qui je suis en réalité. Parce que Nina, c’est qu’un bout de moi, je l’ai déjà dit, je suis plus riche et plus complexe que ce qui paraît ici. J’ai des avis sur pas mal de sujets que je n’aborde pas ici parce que c’est pas le lieu. Par exemple, j’ai lu récemment un livre sur le Québec qui m’a inspirée des tas de réflexion mais c’était tout simplement impossible de faire des articles sur le sujet ici, ce serait trop hors contexte. Un blog n’est pas un journal, on ne fait pas d’actu ici. Ca intéresse pas mal de vingtenaires, bien sûr mais si vous voulez de l’actu, allez sur le site du Monde ou de ce que vous voulez, pas sur des blogs. Surtout celui-ci. Ici, c’est un peu sociologie de comptoir. Par ailleurs, mon anonymat n’est plus qu’une utopie, aujourd’hui, pas mal connaissent mon vrai nom, ma vraie trombine. Des gens qui ne m’aiment pas me lisent aussi, je sais que mes loses les réjouissent, d’où mon sentiment que je ne peux plus dire ce que je veux aujourd’hui. De toute façon, dès que je le fais, on m’accuse de régler mes comptes. Mais bon, vu que certains me lisent pour trouver une demi phrase qui pourrait les incriminer, forcément, ils la trouveront même si ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire. Enfin, y a les trolls mais ça, c’est un peu inévitable donc je vais pas chouiner sur le sujet surtout que bon, des inconnus qui m’insultent, je peux pas dire que ça me touche vraiment.

 

Mais c’est vrai qu’il y a des jours où j’ai envie de faire disparaître Nina, tout plaquer ici et recommencer ailleurs. Autre pseudo, autre lectorat, nouvelle liberté d’expression.
Pourquoi je le fais pas ? Parce que les vingtenaires, c’est mon bébé. Ca peut paraître bizarre de dire ça mais ce blog est ma réussite, quelque part. Combien de blogs apparaissent et
disparaissent sans même avoir atteint la centaine de lecteurs ? Moi, j’en ai 20 fois plus, des gens qui viennent tous les jours, des anonymes pour la plupart qui lisent nos petites histoires avec leur café du matin. Jamais je ne fermerai mon blog à cause de quelques indésirables, ça devra venir d’une vraie lassitude. Là, j’ai juste envie de faire évoluer le blog, en faire quelque 
chose d’un peu plus sociétal et un peu moins perso, ce qui est le cas depuis quelques temps. Je ne vous parle plus des hommes que je croise, juste quelques noms qui apparaissent de ci de là dans mes listes mais rien de précis. Et ça suffit. Pour vivre heureux, vivons cachés, comme on dit.

 

Bref, ce blog va devenir grand, plus adulte. Je parlerai moins de moi, plus de « nous », les vingtenaires. De ce qui fait qu’on est une génération qui vaut aussi le détour, tout comme les trentenaires, qu’on a notre propre vécu, nos propres expériences et que, non, on est définitivement pas la génération lose. Je vais lancer des « séries », plusieurs articles sur un même sujet, une sur le chômage et une sur le blogging. Le tout avec une certaine bonne humeur, histoire de rendre le café plus joyeux. Allez, c’est parti, nouvelle saison.

Pourquoi l’amour est-il toujours un échec ?

En ce moment, je me plonge dans « L’amour dure 3 ans » de Beigbeder. Enfin, je dis ça mais vu que j’ai 50 articles en avance, quand vous lirez ceci, ça fait longtemps que
je l’aurai fini. Donc notre ami Beigbeder se lamente durant une petite centaine de pages de ses amours perdus, tout ça. Moi, ça me fait réfléchir : si la fin du couple est forcément un échec, ne peut-on connaître qu’une réussite amoureuse maxi dans sa vie ?

 

Si je regarde ma vie amoureuse passée, tout ne fut pas rose. Mais tout ne fut pas noir non plus. Dois-je considérer toutes ces histoires comme des échecs parce qu’à l’arrivée, on
n’a pas été séparés par la mort ? On n’aurait donc qu’une réussite amoureuse dans toute notre vie ? Je trouve ça totalement déprimant. Oui, le couple n’a pas duré jusqu’à nos vieux
jours mais c’est pas une raison pour tout jeter avec l’eau du bain, comme on dit. Si je prends mes 4 ans et demi avec Guillaume the first, je ne peux en aucun cas considérer cette relation comme un échec, une perte de temps ou ce que vous voulez. C’est la relation qui m’a fait passer de l’adolescence (enfin, 19 ans, on est encore un peu ado) à l’âge adulte. A la fin, on ne s’aimait plus mais la rupture s’est passée en douceur et cette relation m’a énormément appris sur moi, sur l’autre, sur l’amour, etc. Donc pourquoi la fin d’un couple est toujours vécu comme un échec avec cette pointe de culpabilité, ce « merde, où ça a dérapé ? ».

 

Comparons avec le professionnel. Notre génération n’est plus faite pour rester dans la même boîte toute sa vie, je ne connais même aucun vingtenaire qui aspire à ça. Oui, la
stabilité de l’emploi, c’est confortable mais faut bien être conscient que la progression professionnelle passe plus aujourd’hui par les mouvements externes que par les mouvements internes. Quitter une boîte pour tenter l’aventure ailleurs (en général, meilleure boîte, meilleur poste, meilleur salaire) est toujours vu comme un signe de réussite. En amour, mettre fin à un couple qui était condamné est systématiquement un échec. Alors que si rester ensemble, c’est faire deux malheureux, je ne vois pas où est la réussite, très franchement. Bien sûr, une rupture ça fait mal. L’an dernier, j’en ai vécu une qui me rendait si malheureuse que j’aurais eu le courage de me fracasser la tête contre les murs pour oublier, je l’aurais fait. Ca n’aurait servi à rien d’autre qu’à me faire du mal à moi (physiquement, en plus) mais également au garçon qui m’avait quittée et qui ne l’avait surtout pas fait par sadisme, il s’en voulait énormément. Mais bon, c’est la vie,
je ne lui en veux plus du tout. On n’était pas faits pour être heureux ensemble, les circonstances nous étaient défavorables, il n’y a finalement ni coupable, ni victime.

Aujourd’hui, je suis presque heureuse d’avoir vécu ça. Notre histoire bien sûr, qui aura toujours une saveur particulière pour moi mais aussi cette rupture difficile parce que je m’en suis sortie. La prochaine fois que je pleurerai à m’en fracasser la tête pour oublier, je saurai que je finirai par m’en sortir, faudra juste prendre mon temps pour ça. Là, encore, à bien y réfléchir, je ne vois pas bien l’échec. C’était juste qu’on y a cru alors que c’était clair que ça ne marcherait pas, on a fait preuve de naïveté, sans doute, mais de là à parler d’échec… Toutes les histoires ne sont pas faites pour durer, c’est pas une raison pour parler de gâchis. Je sais que si je vais mal, je n’ai qu’à décrocher mon téléphone pour lui parler, on a connu pire comme échec, non ?

En fait, je n’aime pas cette notion d’échec amoureux, c’est trop absolu. J’ai l’impression qu’en amour, c’est tout ou rien : t’es en couple, t’as réussi, t’es célibataire, t’as échoué. Manichéisme, mon amour ! La nuance, c’est pas fait pour les chiens. Surtout que je connais des maqués malheureux et des célibataires heureux, arrêtons un peu de classer les gens
dans des stéréotypes lourds à porter. C’est pas parce que je suis célibataire que je passe mes soirées à me gaver de nutella pour oublier que j’ai pas d’amoureux surtout qu’à priori, se gaver de nutella ne m’aidera pas à trouver the only one… Si les hommes préféraient les geignardes chocolaïnomanes, ça se saurait.

 

Alors, oui, ça me déprime et ça me gonfle cet état d’échec amoureux qu’on colle aux célibataires ou ceux qui viennent de vivre une rupture. Déjà, une rupture n’est pas
nécessairement une mauvaise chose même si elle n’est pas facile à vivre. Mais c’est comme quitter une boîte : on est triste de dire au revoir aux collègues, on est un peu effrayés par ce
qu’il va suivre mais c’est pour notre bien. Pourquoi n’aurait-on pas le droit, en amour, de mettre fin à une situation qui ne nous convient plus sans forcément passer pour un perdant ? A moins que tout ceci ne soit un complot gigantesque du consortium « ma vie est trop moche, je mange du nutella, pleure dans mes kleenex et regarde des films d’amour avant d’écouter la chanson trop romantique qui me refera utiliser des kleenex ». Mmmm.