Le vice des fausses annonces

L’autre jour, je survolais le forum Categorynet. Même en activité, je suis quand même un peu ce qu’il se passe sur le site et parfois, quand je lis la galère des pigistes, j’ai envie d’aller voir mon boss et de le remercier en pleurant. Mais je ne le fais pas, j’ai ma dignité (et j’attends mon augmentation). Parmi les discussions, une évoque le principe des annonces bidons. Heu, quoi qu’est-ce ?


Souvenons nous de cette histoire d’annonce parfaite dont je vous ai parlé la semaine dernière, celle qui correspondait tellement à mon profil que j’en avais pleuré de joie rien qu’en la lisant. L’annonce est parue le lundi, je postule le mardi, j’appelle le jeudi « non, non, le poste est déjà pourvu ». Peuvent-ils réellement me faire croire qu’en trois jours, ils ont eu le temps de recevoir les CV, les lire, recevoir les candidats et prendre leur décision ? Sérieusement ? J’ai parfois un côté naïf mais là, c’est vraiment un peu trop gros pour moi.


Je parle de ce cas là mais les exemples sont nombreux. En général, dans ma branche, les annonces ANPE sont à oublier, elles sont majoritairement bidons. Mais alors pourquoi une entreprise paierait pour publier une annonce s’il n’y a pas de poste à pourvoir en vrai, ils sont fous ? Ils veulent financer discrètement un service public par pur altruisme ? Naaaaaaaan bien sûr. L’idée n’est pas là du tout.



Il y a en fait deux explications à ce comportement, choisissez votre camp. En un, nous avons le cas de la boîte où une place se libère et où ils sont obligés de faire une proposition d’emploi, même s’ils ont déjà quelqu’un pour ce poste. Oui, je sais, c’est étrange mais c’est comme ça.

Deuxième explication qui correspond plus à ma branche : donner une impression de bonne santé de l’entreprise. Imaginons que vous êtes une société et une agence ou un journal vous propose ses services, un partenariat ou que sais-je encore. Si vous avez les bons réflexes, vous allez fureter sur le net histoire d’avoir de plus amples informations sur cette société. Oh mais tiens, elle embauche, elle est donc en pleine activité et a suffisamment de budget pour embaucher, tout va bien.


Et voilà de pauvres candidats qui, ignorant ces pratiques (je ne les ai découvertes que sur le tard, ce qui m’a appris à ne pas mettre trop d’espoirs dans une candidature), envoient CV et lettres de motivation rédigées avec soin et attendent une réponse qui sera négative. Si tant est qu’on en reçoive. Pour la fameuse annonce parfaite, non seulement je n’ai jamais eu de réponse formelle mais surtout, quand j’ai réécrit pour demander à avoir des explications quant au refus « pour améliorer ma candidature », je n’ai jamais eu de retour.

Et ça, ça me révolte. On est à la limite de la malhonnêteté et de la méchanceté. Qui a déjà cherché du travail sait que chaque candidature qui n’aboutit pas est désagréable et décourageante, on finit par croire qu’on ne trouvera jamais de job. C’est un peu comme quand un homme en couple drague une fille sans jamais avoir l’intention de tromper ou quitter sa légitime, juste pour se rassurer sur son pouvoir de séduction. A l’arrivée, l’objet de sa séduction se prend un beau vent dans la figure, se sent moche et laide et se dit qu’elle finira seule, aigrie et mangée par son chat. Ceci étant, que faire ? Il n’existe aucune loi contre ça je crois et même dans le cas de la première explication, elle encourage cette pratique. Nous en attendant, on attend désespérément notre réponse. Alors qu’en fait, personne ne regardera notre CV vu que personne n’embauche. Mais on finit par apprendre à les débusquer. Quand une entreprise
passe régulièrement la même annonce (genre tous les 3 mois) et n’embauche quasi jamais personne, c’est qu’il y a anguille sous roche. Cf des boîtes comme Ubiqus ou Petit Futé. Ceci étant dit, quand on lit les témoignages de leurs anciens employés, on est plutôt ravi quand on passe entre les mailles du filet.

En attendant, si une telle mésaventure vous arrive, n’hésitez pas à en parler sur les forums spécialisés. Ça évitera à d’autres de subir les mêmes désillusions…et vous trouverez sans doute d’autres victimes. Ça ne fait pas trouver du boulot mais ça rassure toujours de savoir que le problème ne vient pas de notre candidature mais de l’entreprise qui a passé l’annonce.

Petit blog deviendra grand

En ce moment, vous l’aurez remarqué, je me fais un peu discrète par ici. Pourquoi ? Parce que j’ai besoin d’un peu de recul par rapport à ce blog, voir ce que je vais en
faire, si je le continue ou pas.

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Résumons un peu la situation : 2 ans et quelques de blogging sur les vingtenaires, une ligne éditoriale qui a évolué puisqu’on a un peu délaissé le côté « liaisons
foireuses » pour le côté « nos vies, nos envies, nos délires ». J’en suis d’ailleurs à me demander si le terme même de liaison foireuse vaut encore la peine puisque sur les 9, 3 et
demi sont en couple et ça se passe bien donc le côté foireux est un peu léger. Puis on parle tellement d’autres choses, maintenant, que l’intitulé du blog est bien loin de son contenu.

 Le contenu parlons en. Je ne parle plus guère de moi et ce pour plusieurs raisons. Le début de l’année 2007 a tourné exclusivement autour de ma recherche de taf, pour moi, mes

échecs, mes désillusions et, enfin, la lumière au bout du tunnel. Me voilà une grande fille, j’ai un taf. Pendant quelques temps, j’ai encore eu le réflexe de traîner sur les sites de recherche de taf, pas que j’en cherchais un nouveau mais c’était un bête réflexe. Maintenant, ça y est, je suis plus une étudiante, plus une chercheuse d’emploi, je suis une salariée, une vraie, toute la problématique de ma vie change. C’est pas pour autant que la question du chômage ne paraîtra plus jamais ici, au contraire, même. J’avais écrit une série d’articles sur le sujet pour un autre blog, ils paraîtront ici dans une série, je reviendrai plus tard sur cette histoire de série.

 

Ensuite, parlons de Nina, mon avatar bloguesque. Y a des jours où Nina me saoule franchement ou les rapports qu’ont les gens rapport à Nina. J’ai parfois l’impression que certains veulent juste me rencontrer pour savoir la gueule que j’ai mais c’est le seul intérêt, peu importe qui je suis en réalité. Parce que Nina, c’est qu’un bout de moi, je l’ai déjà dit, je suis plus riche et plus complexe que ce qui paraît ici. J’ai des avis sur pas mal de sujets que je n’aborde pas ici parce que c’est pas le lieu. Par exemple, j’ai lu récemment un livre sur le Québec qui m’a inspirée des tas de réflexion mais c’était tout simplement impossible de faire des articles sur le sujet ici, ce serait trop hors contexte. Un blog n’est pas un journal, on ne fait pas d’actu ici. Ca intéresse pas mal de vingtenaires, bien sûr mais si vous voulez de l’actu, allez sur le site du Monde ou de ce que vous voulez, pas sur des blogs. Surtout celui-ci. Ici, c’est un peu sociologie de comptoir. Par ailleurs, mon anonymat n’est plus qu’une utopie, aujourd’hui, pas mal connaissent mon vrai nom, ma vraie trombine. Des gens qui ne m’aiment pas me lisent aussi, je sais que mes loses les réjouissent, d’où mon sentiment que je ne peux plus dire ce que je veux aujourd’hui. De toute façon, dès que je le fais, on m’accuse de régler mes comptes. Mais bon, vu que certains me lisent pour trouver une demi phrase qui pourrait les incriminer, forcément, ils la trouveront même si ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire. Enfin, y a les trolls mais ça, c’est un peu inévitable donc je vais pas chouiner sur le sujet surtout que bon, des inconnus qui m’insultent, je peux pas dire que ça me touche vraiment.

 

Mais c’est vrai qu’il y a des jours où j’ai envie de faire disparaître Nina, tout plaquer ici et recommencer ailleurs. Autre pseudo, autre lectorat, nouvelle liberté d’expression.
Pourquoi je le fais pas ? Parce que les vingtenaires, c’est mon bébé. Ca peut paraître bizarre de dire ça mais ce blog est ma réussite, quelque part. Combien de blogs apparaissent et
disparaissent sans même avoir atteint la centaine de lecteurs ? Moi, j’en ai 20 fois plus, des gens qui viennent tous les jours, des anonymes pour la plupart qui lisent nos petites histoires avec leur café du matin. Jamais je ne fermerai mon blog à cause de quelques indésirables, ça devra venir d’une vraie lassitude. Là, j’ai juste envie de faire évoluer le blog, en faire quelque 
chose d’un peu plus sociétal et un peu moins perso, ce qui est le cas depuis quelques temps. Je ne vous parle plus des hommes que je croise, juste quelques noms qui apparaissent de ci de là dans mes listes mais rien de précis. Et ça suffit. Pour vivre heureux, vivons cachés, comme on dit.

 

Bref, ce blog va devenir grand, plus adulte. Je parlerai moins de moi, plus de « nous », les vingtenaires. De ce qui fait qu’on est une génération qui vaut aussi le détour, tout comme les trentenaires, qu’on a notre propre vécu, nos propres expériences et que, non, on est définitivement pas la génération lose. Je vais lancer des « séries », plusieurs articles sur un même sujet, une sur le chômage et une sur le blogging. Le tout avec une certaine bonne humeur, histoire de rendre le café plus joyeux. Allez, c’est parti, nouvelle saison.