Le concept du hug friend

Il y a des jours où la vie nous éreinte un peu. Dossier interminable, pigeon chieur (je me suis faite agresser deux fois en à peine plus d’un mois par ces foutus volatiles, je sens qu’il y a conspiration), grosse fatigue, grosses contrariétés… Bref, je vous fais pas de topo, on a tous vécu ces journées où on rentre chez soi lessivé avec la seule envie de trouver des bras amis pour vous faire un câlinou. Quand on a une moitié, c’est facile mais quand on est célibataire, hein ?

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Evidemment, on a un vecteur de câlin tout trouvé : le chat. Le chat est câlinou mais le chat est aussi très caractériel. S’il a décidé que ce n’était pas l’heure de faire des câlins, tu peux te brosser Martine. Force est de constater que chez moi, c’est elle qui décide quand faire un câlin (plutôt à 7h du matin quand je dors du sommeil du juste que quand je sors de la salle de bain parfumée, elle a horreur de ça) et je dois m’y plier. Combien de fois j’ai voulu lui faire un câlin parce que je pleurais et que j’avais besoin d’un chouia d’affection mais non, tu me mouilles avec tes larmes vilaine humaine, lâche-moi ! Donc le chat est un bon plan sur le papier mais dans les faits, c’est foireux.

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L’autre soir, alors que mon coeur saignait encore un peu après un nouveau coup de poignard, je réfléchissais à ce concept. J’ai dans mes contacts un ex qui préfère les câlins à la bagatelle et j’ai hésité à lui proposer une soirée « juste câlins ». Je trouve l’idée sympa sur le papier : on passe une soirée tranquille à se câliner mais rien de plus. Enfin, on
peut aussi parler, boire un verre, mater un DVD mais le but n’est pas le sexe. Parce que des fois, t’es tellement vidée que l’idée de remuer ton corps au rythme des coups de butoir de ton partenaire te donne envie de t’évanouir de fatigue.

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Le concept est sympa mais il comporte pas mal de petits vices. En premier lieu et pour faire une transition parfaite avec le paragraphe précédent : le sexe. Déjà, va trouver un hug friend. Ce n’est pas si facile d’autant que les adhérents des sites de rencontre en ligne sont plus intéressés à l’idée de remplir leur carnet de conquête que par celle de faire un câlin chaste et pur. Pas tous mais 95%. Evidemment, l’un n’empêche pas l’autre sauf que d’expérience, la plupart des queutards du web tirent leur coup et se barrent la capote encore humide autour de la queue. Mais le problème inverse se pose aussi. Reprenons le « je m’évanouis de fatigue à l’idée de faire du sexe ». Je me connais, je sais que je suis une victime quotidienne du coup de barre post job. Et encore, je ne prends pas les transports en commun pour rentrer chez moi… Sauf qu’une fois ce coup de barre passé, me revoilà en forme. Et pour peu que mon hug friend soit appétissant, je risque d’être émoustillée par lesdits câlins. Ce qui ferait de lui un sex buddy (j’aime cette expression). Sans parler du fait que sexe+câlin, ça brouille la donne, on ne sait plus bien à la fin si on est copains de câlin, amants, amoureux…

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Mais surtout, c’est un concept réconfortant mais égoïste. Comme se gaver de chocolat ou boire pour oublier mais la différence majeure, c’est que ça n’ennuie personne (pour peu que je le fasse seule mais je ne partage pas mon chocolat). Là, ça suppose que mon hug friend doit me réserver la soirée pour me consoler de ma duuuuure journée sans même être
sûr d’avoir une récompense physique. Bon, normalement, c’est un échange de bon procédé (moi aussi je viendrai te câliner) mais y a des soirs où on a juste envie d’avoir la paix et à moins de faire partie de mon top of the top de mes amis, y a peu de chance que j’annule ce que j’avais prévu pour te câliner. Et je ne suis guère dispo en ce moment.

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Alors, je crois que j’ai trouvé la solution ultime :

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Un vrai attrape-poussière ok mais aucun risque de désaffection pour cause de parfum ou de « tu m’as déjà donné mes croquettes », pas de risque de dérapage sexuel alors que t’as pas envie, pas de situation compliquée et il est toujours dispo.

Mon anniversaire venant de passer, tu as le droit de me l’offrir quand tu veux.

J’ai testé pour vous la Stevia

Par Pink Lady

Hé hé mes pioupious !

Me revoici avec un nouveau test ! Cette fois-ci, j’ai testé pour vous la stevia. Alors pour ceux et celles qui ne lisent pas les magazines féminins, je vous explique de quoi il retourne.

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La stevia est une herbe qui a la propriété d’être naturellement édulcorante, on en trouve au Paraguay et au Brésil. Ce sont ses feuilles qui donne son pouvoir sucrant, elles sont chargées en stévioside et rébaudioside A. Ca vous parle peut-être pas comme ça (moi-même, ça m’évoque pas grand chose) mais cette plante a un pouvoir sucrant 200 fois supérieur à celui du sucre. Hé ouais ! Donc si tu suis bien, c’est pas calorique et naturel. Si tu vas sur le site de Purevia qui commercialise le sucre à base de stevia, tu apprendras plein de choses sur la stevia et tu en apprendras plus sur le rébaudioside A. Effet garanti lors des dîners en ville. Parce que la magie du Reb A (c’est son petit nom), c’est qu’il n’est pas assimilé par l’organisme, il va pas se stoquer dans la bouée ventrale, lui. Ce qui est intéressant, c’est que la Stevia est connue depuis longtemps par les Indiens Guarani et le Japon en est accro depuis 30 ans mais c’est tout nouveau chez nous. D’ailleurs, Purevia a obtenu le prix Nutridor 2010 dans la catégorie « Meilleure innovation produit nutritionnel alimentaire ». Bref, ce produit a été sur contrôlé donc pour ceux qui ont des sueurs froides dès qu’ils entendent le mot « édulcorant », respirez, c’est bon pour la santé.

Forcément, comme je suis une hystérique de la minceur, quand on m’a proposé de tester la boîte de sucre en morceau qui vient tout juste de sortir, j’ai dit oui et re oui. J’ai donc reçu un set petit-déjeuner tout mignon avec une nappe à pois, une petite cuillère à pois (je veux tout le service maintenant), la boîte Purevia, des céréales, un jus de fruit, un mug et un sachet de thé. Les agences prennent soin de la santé des blogueurs, tu as vu ? Oui bon, ok, j’ai fait café à la place de thé mais je suis une vraie caféïnomane.

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Maintenant passons au test. Pour vous, j’ai renoué avec le café sucré. Oui d’ordinaire, je le prends noir. Je verse mon café, je glisse dedans un seul morceau de stevia et je touille. C’est parti pour la dégustation. Et bien ça sucre autant que le sucre normal, ça a exactement la même consistance et ça n’a aucun arrière goût. Bref, si vous faites attention au sucre et que vous honnissez l’aspartame, la stevia est un excellent substitut. En fait, c’est exactement comme le sucre, les calories en moins.

Par contre, je n’aime pas le café sucré, je pense piler quelques morceaux pour voir si ça marche aussi en cuisine. Des gâteaux plus light, qui oserait dire non ? Parce que vu que c’est tout comme le sucre, il n’y a pas de risque de mauvaise surprise à l’arrivée. Non parce qu’une fois, j’avais fait de la crème anglaise avec de l’aspartame à la place du
sucre et c’était globalement dégueulasse.

Vous avez envie de tester ? Allez sur la page Facebook Purevia, de nombreuses dégustations ont lieu cette semaine sur Paris, elles sont annoncées sur la page. Et comme Purevia te veut du bien, ils ont également lancé un concours pour gagner un week-end bien-être pour 2.

PS : J’ai encore des progrès à faire en photo culinaire. Faudrait aussi que je m’achète de quoi avoir de la lumière chez moi…

La citrouille et la grenouille

Sur les chemins de la conquête amoureuse, on croise globalement deux types de spécimens :

– la citrouille : transformée en carrosse, on est subjuguée par sa magnificence, on veut faire toute notre vie à son bord. Sauf que, pas de bol, à la fin du bal, elle redevient citrouille et on se retrouve comme une conne au bord de la route assise sur un curcubitacée. Et si le bal a duré très longtemps, le trajet à pied pour rentrer à la maison nous laisse amplement le temps de nous rendre compte qu’en guise de reine du bal, on a surtout été reine des connes.

 

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– la grenouille (ou le crapaud mais ça ne rimait pas avec citrouille) : on n’y fait pas forcément attention parce qu’on n’aime pas particulièrement les batraciens et c’est dommage, c’était lui, le « prince » de l’histoire. Je mets des guillemets car à 31 ans, il n’est guère sérieux d’espérer encore un prince charmant.

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Samedi soir, anniversaire de Jade (qui ne m’attire plus tant que ca, snif). J’y ai croisé une potentielle grenouille et une potentielle citrouille mais comme j’ai finalement dormi chez Anaïs, ma compagne de soirée, je n’ai pas testé donc validé mes impressions. Commençons par la citrouille, Sylvain alias « ton fantasme en chair et en os ». Brun, mal rasé, yeux clairs, grand, pile mon style. A un moment, Anaïs va me chercher un verre et il commence à me faire un peu de rentre-dedans. Il m’apprend qu’il est acteur et je tique : acteur=artiste=instable. Je rappelle pour ceux qui râleraient à cause de mes raccourcis que le dernier acteur que j’ai croisé en soirée me parlait sur un balcon la bite à l’air. Jade me confirme qu’effectivement, ce n’est pas un gars sérieux (et accessoirement son ex, nous avons les mêmes goûts). Contrairement à Christophe.

 

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– La grenouille alias Christophe (non mais note la transition de dingue). Un peu discuté avec, il revient de la Nouvelle-Orléans et bosse pour l’UNESCO. Pas trop mon style physiquement bien que binoclard (j’adore les lunettes) mais sympa et, selon Anaïs, très intéressé par ma personne.

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Donc me voici à un carrefour. Citrouille ou grenouille. Il y a quelques temps, j’aurais choisi la citrouille parce que carpe diem, qui vivra verra et il est quand même extrêmement comestible. Sauf que ça colle pas avec la Nina 3.1. La Nina 3.1 a décidé, à l’instar de Lucia Extebarria, de ne plus souffrir par amour car elle a eu son quota pour l’année (je sais, on n’est qu’en avril…) et que comme dirait Guillaume 1er mon ex: »sois exigeante en amour, tu mérites le meilleur ». Non mais la Nina 3.1 est recommandée par son ex, c’est quand même pas rien. Bref donc la Nina 3.1 ne veut plus de citrouilles, aussi attirantes soient-elles. Elle veut de la grenouille solide, stable, brillante, de la grenouille qui rend heureuse et qui ne te fera jamais penser que oui, tu as été très conne et très naïve.

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Ça peut paraitre anodin mais samedi soir, entre deux conversations avec un mec qui voulait me persuader que j’étais née pour faire de la politique (ahahah), de grandes discussions sur les mecs avec Anaïs (au passage, faudra un jour m’expliquer comme une fille jolie, svelte, douce et adorable comme elle peut encore être célibataire), une gamelle qui m’a affublée d’un énorme hématome douloureux sur le bras, des verres et des cigarettes, je me suis dit qu’enfin, j’avais peut-être enfin compris où trouver une félicité amoureuse.

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Moi non plus, je ne souffrirai plus par amour. Enfin, à condition aussi d’arrêter de prendre des citrouilles pour des grenouilles.

Go Hollande, go !

La semaine dernière, François Hollande version 2011 (donc aminci) a fait une annonce fracassante : il est candidat aux primaires socialistes. Bon, ok, tout le monde a dit “oui, c’est bien mais DSK, il a rien à nous dire ?” mais moi, je vais vous faire une confession : je l’aime bien François.

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Mon affection n’a rien de politique, ce n’est qu’un sentiment. Ceux qui me lisent depuis longtemps connaissent mon affection pour les outsiders, les petits poucets, ceux sur qui on n’aurait pas misé un kopeck mais qui, finalement, s’en sortent bien voire mieux que bien. J’ai toujours en tête l’histoire de l’Australien, Steve Bradbury, qui a remporté la
course de vitesse en patinage car tous les autres s’étaient vautrés devant et qu’il n’avait eu qu’à rester debout. On peut débattre sur la qualité de son titre : il a gagné précisément parce qu’il était mauvais et qu’il était bien derrière les autres mais c’est justement ça qui est beau, ce petit aléa du destin qui transforme un loser en winner. Une leçon de vie, même : c’est pas parce que t’es mal barré qu’à la fin, tu ne peux pas devenir champion olympique.

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François, c’est mon outsider chouchou. Parce qu’en plus d’être le petit poucet en qui personne ne croit (à part sa copine et moi), il a une revanche à prendre. Observons un peu la carrière de François. Grand adversaire de Chirac en Corrèze, homme de paille de Jospin en 97 style “tiens, tu gardes le parti pendant que je fais premier ministre”. On sait bien que les chefs de partis, faut s’en méfier un peu comme Balladur ou Sarkozy. Mais non, François fut un fidèle lieutenant. 2007, alors qu’il est encore secrétaire du parti, qui se présente aux élections présidentielles pour le PS ? Sa propre compagne, Ségolène Royal. Une campagne où il se retrouve sur le devant de la scène en tant que “compagnon de”, on se gausse “ahah, François Hollande, première Dame !”, on a droit aux photos de son faux mariage tahitien dans Paris Match. Et finalement, à la fin de la campagne, on apprend que Ségo et lui, c’est fini. Marrant comme nos deux candidats principaux ont triché sur leur statut marital, comme si un divorce pouvait leur faire perdre des points… Je suppose que oui mais là n’est pas le sujet. François, éternel lieutenant, éternel faire-valoir.

 

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Et puis le François 2011 est arrivé. Plus mince, plus sémillant, plus ambitieux. Il veut enfin jouer un premier rôle et moi, je dis oui ! Parce que ce serait une belle revanche et que ça me ferait bien marrer, surtout vis à vis de Ségo que j’aime si peu (voire pas du tout). Et puis, je l’aime bien François. C’est un peu un mec que j’aimerais bien avoir comme oncle, par exemple. Qui nous invite le dimanche à déjeuner chez lui et fait un barbecue, il nous raconte des anecdotes marrantes, fait des traits d’humour… Il paraît qu’il est très drôle. Et comme je n’ai pas beaucoup de tontons (2 dont un que j’ai pas vu depuis 10 ans), forcément, ça me rend sensible.

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Au fond, j’ai envie de voir Hollande comme un nouveau Chirac. Pas pour le côté magouilleur, pas du tout mais pour le côté “mec qu’on pensait fini mais qui finalement massacre tout le monde”. Parce que mine de rien, l’élection de Chirac en 95, ça m’avait fait un peu plaisir pour ça, pour le côté “on l’avait tous enterré, on croyait tous en Balladur et tadan!”. Bon, en 95, je rappelle que j’avais 15 ans et que mon éducation politique, je la faisais essentiellement devant les Guignols donc on comprendra le manque total de pertinence dans mon analyse. Hollande, ce serait un peu un nouveau Chirac en moins tueur (à ce que j’en sais), le Président débonnaire qui prendrait un peu soin de nous, qui raconterait de bonnes blagues à Obama au lieu de faire la gueule dans son coin, qui n’épouserait pas une chanteuse éthérée. Plus qu’un Président, ce serait un super tonton. Mmmm, Corrézien comme Chirac, “tonton” comme on surnommait Mitterrand (ok, ce n’était pas du tout pour les mêmes raisons). Y a que moi qui y vois comme des signes évidents du destin ?

PS : cet article est la pire “analyse” politique du monde mais j’assume.

Et voilà, 31

Ce matin, c’est officiel, je passe un cap : j’ai 31 ans. Bon, techniquement, je les aurai à 13h45, j’étais une lève-tard dès la
naissance. Mais voilà, mon acte de naissance en atteste, j’ai 31 ans et en fait, j’en suis ravie. Pourquoi ? Parce que je tourne enfin la page de mes 30 ans et c’est pas trop tôt.

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J’attendais beaucoup de mes 30 ans, je désirais un vrai changement et j’ai été servie. En premier lieu, j’ai voulu changer de boulot. Objectif rempli début juillet… et fin janvier. Oui, deux fois. C’était pas prévu au programme ça mais aujourd’hui, je dis merci la vie. Parce que j’aimais pas vraiment mon ancien nouveau job, je me levais tous les matins de mauvaise humeur en me disant que non, j’avais carrément pas envie d’y aller. Alors qu’aujourd’hui, je râle juste parce qu’il faut se lever et que j’aime pas ça (cf premier paragraphe). Mais aller au boulot ne me pose aucun souci, je m’y épanouis pour la première fois depuis quasi deux ans (du moins un an et demi), et oh, wouah, ça fait du bien. 
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Le matin de mes 30 ans, je me suis réveillée dans les bras de l’Amoureux et j’étais heureuse. Ce matin, je me suis réveillée seule et je n’en suis plus malheureuse. Gros progrès. Je vais devoir repartir sur les chemins de la conquête mais en ce moment, j’avoue que j’ai légèrement la flemme, ce serait bien que la vie m’aide bien sur ce coup là parce que j’ai pas très envie de chasser. Les sites de rencontre m’ennuient au possible et je n’ai guère de pistes intéressantes à suivre pour le moment. Je ne me fais pas de soucis sur le sujet, en fait et y a pas d’urgence sur le sujet. Passons donc à la suite.
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J’ai envie d’écrire mes 31 ans comme une belle année dans mon livre de vie. Facile à dire, hein, j’ai pas toujours le contrôle des événements, j’ai dit pareil pour mes 30 ans qui ont commencé à sentir le poisson avarié à partir de septembre-octobre. Puis gros marasme à partir de janvier mais j’ai soufflé et me suit dit que l’effondrement de mon univers, je l’avais vécu en 2007 et qu’à partir de mon anniversaire, tout s’était arrangé. Alors on va dire que c’est exactement pareil. C’est peut-être pas rationnel mais force est de constater que les choses se calment bien depuis quelques temps. Oh je ne vais pas crier victoire pour autant. J’ai remarqué que ce blog a un espèce de pouvoir prophétique et il suffit que j’écrive en toute lettre “ouais, le marasme est fini” pour que je me reprenne une baffe dans la gueule. Alors je ne dis rien.
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Je dis juste qu’être un bébé du printemps est plutôt une bonne chose puisqu’on change de chiffre au moment où les beaux jours reviennent, ça booste, ça donne envie d’aller de l’avant. Et j’ai du boulot. Parce qu’en déménageant mon blog, je me suis rendue compte que début 2006, j’avais de grandes ambitions… qui ressemblent beaucoup à celles que j’ai formulées cette année dans le sens “vie plus saine, je serai plus égoïste”. Mouais ben 5 ans plus tard, j’ai certes un boulot et j’ai progressé sur pas mal de domaines mais me reste toujours les mêmes bêtes noires que nous nommerons “je ne suis pas du matin” et “je procrastine à mort au lieu de faire des choses constructives”. Faudra qu’on en reparle à l’occase, je vais avoir besoin de toi, lecteur, je t’expliquerai.
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Bien, je vais terminer cet article sur un pur paragraphe égoïste (je progresse) et je vais me souhaiter un joyeux anniversaire, une année qui, je l’espère, va me combler même si, pour une fois, je n’ai pas idée de ce que je veux précisément. Je vais vivre, on verra où nous en serons dans un an.

L’échelle des sentiments

Oui, je sais, je parle beaucoup trop d’amour depuis quelques temps mais phase de rémission oblige, ça laisse tout le loisir de réfléchir à l’Amour. Et notamment à la notion d’échelle des sentiments. Même si en fait, ce n’est pas si clair pour moi.

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Dans ma vie, j’ai eu la chance d’aimer plusieurs hommes. Avec un petit ou un grand A, c’est là que je veux en venir. Avec un petit a, le premier niveau, c’est le crush que je décrirais comme une pulsion primaire à base de « haaaan, je le veux ! ». Je suis très forte en la matière, une amie m’a même dit un jour « mais tu tombes amoureuse tout le temps, c’est pas possible! ». Ouais, pas faux… Le FILF de l’open space, la pétillante Jade, le mignon petit brun croisé en soirée, l’uber sexy mec de la plongée venu pour un baptême et jamais plus croisé après… C’est frais, ça permet de rêvasser 5 mn.

 

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Ensuite, il y a ce que j’appelle l’affection. Non seulement mon crush m’attire mais en plus, y a comme un truc, I got a feeling comme diraient les incontournables et pourtant insupportables Black Eyed Peas. Oui, il y a ce petit plus qui fait qu’on apprécie la personne, qu’on a hâte de la revoir, d’être auprès d’elle. On croit la voir partout, on va au Sephora pulvériser son parfum sur un échantillon en papier pour le renifler dès qu’on a envie d’un shoot de rêverie. Ses bras sont la nouvelle place to be et vous envisagez de nombreux moments à deux.

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Ensuite y a le degré je suis amoureuse. L’objet de mon affection me l’a bien rendue et je m’éveille parfois dans ses bras, apaisée et souriante. Je l’ai dans la peau, je pense à lui à peu près tout le temps, il me manque à peine j’ai fermé la porte, je ne pense qu’à le retrouver, mon corps s’enflamme dès que je pense à lui. C’est doux, c’est obsédant, je suis à mort sous l’effet de l’ocytocine, l’hormone de l’amour. Mes yeux brûlent de le voir, ma peau de se frotter contre la sienne, mon sexe… Vous pouvez imaginer aisément. Dès que je pense à lui, je peux presque sentir mes terminaisons nerveuses dessiner ses baisers sur ma peau.

 

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Mais ce n’est pas le stade ultime, le stade suivant, c’est l’amour. Il peut être passionnel ou plus raisonnable par rapport à l’étape précédente, selon l’évolution du couple mais il y a une composante supplémentaire : l’envie de se projeter dans l’avenir avec lui. Globalement, j’ai connu ce sentiment trois fois dans ma vie. C’est peu ou beaucoup, selon à qui je pourrais me comparer mais je trouve les comparaisons dans cette matière très stérile. J’ai cru à trois reprises avoir trouvé le bon, pouvoir lâcher ma carapace et parler du lendemain et surlendemain comme si ça coulait de source. De mon point de vue, j’ai de la chance. Parce que l’avoir vécu trois fois, c’est se rendre compte qu’on peut vivre ça une quatrième fois au moins. Ca me prouve aussi que si je me trompe, je peux recommencer plus tard. J’avoue que l’amour fait peur mais c’est grisant. On se rend compte que c’est une audace, un pari sans doute insensé. Cependant aucun investissement dans quelque domaine que ce soit n’est sûr de toute façon. Il faut oser et la seule chose sur laquelle on peut se baser en matière d’amour, c’est la force de ses sentiments. Peut-être que je vais me planter, oui, seul l’avenir le dira mais en attendant, puisque je l’aime, arrêtons de se demander si ça va durer, personne ne peut répondre. Aimer, c’est accepter de ne pas savoir et de faire confiance. C’est dire un jour “oui, je lâche mon appart, je fais un saut dans le vide, on verra bien”. C’est se dire qu’on l’aime et qu’on va tracer notre route à deux, pour voir jusqu’où on va.

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L’avantage d’avoir grimpé l’échelle au moins une fois, c’est qu’on connaît globalement la route, même si elle change et évolue selon le partenaire puisqu’aucune histoire ne se ressemble. On ne sait pas combien de temps on restera sur un échelon et si on passera au suivant. Mais on sait que c’est possible, c’est déjà ça.

L’objet de ma rêvasserie

Je vais débuter par une confession : j’adore rêvasser. Le matin, quand je m’éveille tirée de mon sommeil par mon réveil et que je ne me lève pas car je suis infoutue de tenir ma résolution de stopper le snoozing, j’aime me prélasser sur mon matelas et rêvasser. Objet de ma rêvasserie préférée : les hommes. Sauf qu’en ce moment, je suis un peu à sec niveau objet de fantasme.

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Quand j’étais ado, il fallait toujours que je sois amoureuse. Parce que les cours, c’était long et pouvoir s’évader quelques instants pour s’imaginer dans les bras de X ou Y, c’était très sympa. Je suppose que cette propension à la rêverie m’encourageait à tomber amoureuse du “beau mec là-bas” avec qui je n’avais pas la moindre interaction. Parce que comme ça, je ne risquais pas de me prendre un râteau et, donc, de casser ma rêverie. Alors j’imaginais qu’ils venaient me parler et me déclarer leur flamme. J’ai pu éventuellement imaginer que j’allais moi-même leur parler mais à cette époque, j’étais bien trop godiche pour faire le premier pas. Parce que d’abord, paraît que c’est au garçon de le faire et puis surtout, j’étais aussi bien dans ma peau que dans une paire d’escarpins deux pointures trop petite. 

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Evidemment, en tant qu’adulte, la donne est légèrement différente. J’ai parfois eu des crushes de boulot qui me servaient uniquement à fantasmer mais là, je sais pas, malgré les quelques mecs comestibles de l’open space, bof, la machine à rêvasser ne suit pas. Oh, j’ai une explication très simple : le crush, ça doit se produire dans les premiers jours, après, c’est mort. Or les premiers jours, j’étais encore dans mon drama amoureux dans pas vraiment disponible pour activer la machine à fantasme. Puis je sais pas, dans l’univers du boulot, je bloque pas mal. Je veux dire peut-on réellement fantasmer dans un endroit où on passe nos journées à faire des excels, powerpoints et gérer des projets où l’on parle de k-euros, reportings, stratégies, conf call avec des clients… Même en rendez-vous clients, je suis là pour défendre une stratégie, coller des mots marketing sur une mécanique que l’on souhaite vendre cher. Il semblerait que mon neurone sexuel ne soit pas excité par l’argent. 

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Alors où trouver un objet de rêvasserie ? La question est la même que celle d’où trouver l’homme même si l’univers des possibles est plus vaste. Je veux dire on peut fantasmer tant qu’on veut sur tous les hommes, y compris sur ceux qui ne sont pas disponibles du tout. Ce que peut me faire un mec en couple dans mon imagination ne fait de mal à personne, sa femme n’est pas cocue dans les faits et lui n’est même pas au courant, pratique. Sauf que bon, en ce moment, niveau rencontre masculine à haut potentiel fantasmatoire, c’est un peu sec. Je mise pas mal sur l’anniversaire de Jade samedi prochain qui a des mecs célibataires à nous présenter et qui a des goûts très sûrs. Enfin, en matière de célébrités masculines, on a les mêmes goûts. Et elle a même un frère, certes quadra et en couple mais si la beauté sensuelle est de famille, ça va me donner matière à fantasme pendant quelques temps. Enfin, je dis ça, à J-6, j’ai pas de news de ladite soirée donc c’est pas dit que j’y trouve matière à fantasme si elle ne se tient pas.

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Piocher dans les souvenirs alors ? En cuisine, les plats réchauffés sont toujours moins bons que les plats tout juste sortis du four. En fantasme, c’est pareil. Le réchauffé n’est guère utile surtout que si l’objet des fantasmes a bien été usé, on a un peu fait le tour de la question. Et certains doivent être interdits de manipulation sous peine de raviver certaines petites blessures qui ne demandent qu’à cicatriser. Me reste alors les people mais en ce moment, y en a pas un qui m’excite particulièrement, je crois que je suis dans la zone des célébrités fantasmatoires trop âgées (Clooney, Brad Pitt, trop vus et revus) ou trop jeunes (Zac Efron, même s’il a des poils maintenant, Pattinson et je ne parlerai même pas du mineur Justin Bieber). C’est quoi la came des trentenaires ? Sur qui peut-on fantasmer, dépenser des sous pour le voir dans un film/en concert ? C’est quoi ce trou générationnel ?

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Ou alors la vie cherche à m’encourager à respecter ma résolution du snoozing… Pffff…

Le Président honni

Vendredi est sorti une nouvelle bande-annonce, je vous la mets :

L’ayant retwittée sur Twitter, on m’a demandé plusieurs fois s’il s’agissait d’un poisson d’avril mais non, le film la Conquête va bel et bien sortir dans nos salles, le 11 mai très précisément. Et moi, j’avoue que je compte aller le voir. Pourquoi ? Parce qu’un film sur un président en exercice clairement nommé, ça me semble assez inédit et que ça me
titille sacrément. Même si la bande-annonce me fait un peu peur, j’avoue, on dirait presque un épisode géant des Guignols sans personnages en latex. Mais quand même, faut que je voie ça.

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Pourtant, plus le temps passe et plus je suis étonnée de cette perpétuelle frénésie anti-Sarkozyste. Depuis que je suis en âge d’avoir une quelconque opinion politique, je trouve quand même que Sarko est un président médiocre, un mécréant. J’ai du mal à croire qu’il sera réélu en 2012 (faut que je lise mon Nouvel Obs à ce sujet) et je me dis que dans quelques années, son empreinte sur l’Histoire française restera assez légère. Ce sera juste le Président honni, celui sans doute le plus attaqué, caricaturé, moqué, dénoncé… J’avoue qu’en 4 ans, j’ai été surprise plus d’une fois par son comportement. Non que j’attendais quelque chose de lui mais je ne m’attendais pas à ça. Le mariage avec Carla (au passage, Cécilia a l’air canon dans le film), les “casse toi pauv con”, son “viens me le dire en face” racaillou, son français plus qu’aléatoire… C’est amusant quelque part, nombre de politiques sont des voyous cachés sous un vernis de bonne éducation, lui, c’est un vrai voyou avec le phrasé qui va avec. Peut-être est-ce une stratégie cherchant à se rapprocher de la France d’en bas mais perso, j’ai tendance à me méfier d’un mec qui parle comme dans Confessions Intimes. Le Président de la République est un peu censé être le premier d’entre nous, notre meilleur ambassadeur à l’étranger et là, comment dire ? Il doit quand même bien passer pour un sous Berlusconi. Oui parce qu’on n’a pas encore droit au teint orange de vieux beau et nos histoires de prostituées mineures concernent des footballeurs, pas des politiques (sauf Dominique Ambiel mais c’était pas le Président, ni même le Premier Ministre).

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A dire vrai, même si j’ai envie de voir ce film par réelle curiosité, je n’en comprends pas le but. De ce que je perçois de la bande-annonce, je pressens une simple histoire à peine revisitée plaçant Sarkozy dans le rôle de mini bouffon hystérique, Chirac et ses bons mots, De Villepin (flippant de ressemblance) très sourcilleux… Un épisode géant des
Guignols. Et revient la question du pourquoi. Est-ce que Sarkozy mérite tant d’attention ? Je n’ai pas la sensation d’un film tellement à charge finalement, juste un film finalement assez comique qui ne sert pas à grand chose. Je veux dire à côté d’un Berlusconi ou d’un Poutine que je trouve pour le coup particulièrement fascinants (pas nécessairement dans le sens positif du terme, hein, mais dans ce qu’ils représentent), Sarkozy me paraît petit bras. Si j’ai raison quant à son avenir, il va vite sombrer dans l’oubli, ce film avec. Ce sera un peu un Giscard bis dont ne restera que quelques gimmicks. Quoi que Giscard, son “au revoir” pouvait être drôle, les “casse toi pauv’ con” restera à jamais la manifestation d’une agressivité de mauvais aloi. Bien sûr, ça nous arrive à tous de nous énerver face à une “agression” gratuite un jour de mauvaise humeur sauf que 1) nous ne sommes pas Président de la République et 2) nous ne sommes pas filmés. Ca me paraît un peu la base d’être attentifs à ce qu’on dit quand les caméras sont allumées, surtout quand on est un Président peu apprécié des médias. En même temps, c’est tellement Sarkozy, ça, tu sens bien le mec sanguin, toujours dans la réaction et jamais dans la réflexion. Ca aussi, c’est fascinant, cette capacité à perdre son self control en 2 secondes chrono…

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Bref, en fin de compte, je ne trouve pas Sarko particulièrement charismatique même si je peux comprendre ce qui a motivé le film car effectivement, la conquête du pouvoir par notre Nico national reste un cas d’école. Finalement, je crois que si on devait placer la magnificence de Sarkozy dans l’histoire, ce serait finalement lors du 2e mandat de Chirac.
J’ai un peu la sensation d’un mec un peu feignant, finalement : il a voulu le pouvoir et depuis qu’il l’a, il s’est dégonflé comme un ballon. Son objectif : obtenir le pouvoir mais pas forcément le conserver. Même si j’étais de droite, je n’aurais plus confiance en lui. Et je n’invente rien, là, prenons le cas de ma maman, électrice très à droite : “non mais moi, je ne vote pas pour Sarko en 2012, ni pour Villepin!”. Oui, elle en veut beaucoup à Villepin. Moi, lui, je le vois mieux en ambassadeur finalement mais c’est pas le sujet. Les gens de droite que je connais sont tous déçus de Sarkozy, mon presque frère est passé à gauche depuis mais c’est plutôt une exception, la plupart penche plus vers la droite de la droite. 

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Sarkozy feu de paille ? C’est ce que je pressens. Dans un an, on verra si j’avais raison ou tort, tant de choses peuvent se passer d’ici là…

PS : Il est supra bordélique cet article.

On se fait une réu ?

Lors de ma vie chez Pubilon, il y avait un truc par dessus tout qui me rendait hystérique, qui me faisait me redresser les poils, frissonner, mes boyaux se tordaient et mon rythme cardiaque s’emballait soudain. Il suffisait d’une phrase, d’une simple phrase et l’écume me montait au bord des lèvres “On se fait une réu ?”.

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Je hais les réunions. Je les hais viscéralement et surtout depuis cette triste expérience chez Pubilon. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de 15 mn de concertation, je considère qu’on perd du temps. Chez Pubilon, elle durait deux heures, deux putain d’heures, durant laquelle notre manager nous racontait sa vie. Je vous promets, c’était du genre :

“Oui sur le dossier machin, on en est là.

– Ben moi, dans mon ancien travail, on procédait comme ci et comme ça et puis quand j’étais petite…”.

Je vous jure que j’exagère à peine. J’ai donc logiquement beaucoup progressé en dessin, n’osant amener mon smartphone en réunion (on était entre 4 et 6). Et je n’étais pas la seule à trépigner, ces longues discussions stériles, mélange de reproches injustifiés (nombre de conversations se déroulaient comme suit “Non mais ça, t’as traîné à l’envoyer!” “Non, je ne crois pas non” “Si, je te le dis!” “Tu peux me ressortir le mail pour voir ?” “On verra ça après”. Et on ne voyait jamais rien), de confidences pour se faire mousser dont on se moquait, de questions sans intérêt masquant mal une maîtrise inexistante du projet. Sur 2h, si on avait 10 mn de productives, c’était bien le bout du monde.

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Dans mon nouveau taf, on n’est pas trop réunion. On fait des brainstormings pour le lancement d’un nouveau projet, quelques points projet de ci de là, rien n’excédant les 20 mn parce qu’au delà, je suis formelle, on perd du temps. Et je vais aller plus loin : on ne fait pas plus parce qu’on a franchement autre chose à faire. Donc dois-je conclure que la réunionite aiguë est une bonne façon de masquer sa non activité ? De brasser de l’air pour faire croire qu’on est top utile ? Non parce qu’à l’époque, entre les réunions hebdomadaires, les kick off meetings pour les lancements d’opération, les workshops pour parler de stratégie et co… Ben, il ne restait guère de temps pour être pro actif. Et après, on s’étonnait de finir à pas d’heure et de n’avoir pas eu le temps de tout faire. Perte de temps, perte de temps, perte de temps !


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J’ai la sensation que la réunionite aiguë est la maladie des mauvais managers. Je le répète : si ta réunion dépasse les 20 mn, c’est que tu gères mal. Surtout quand tu ne présentes aucun powerpoint et qu’il s’agit uniquement de réunions pour se dire où on en est, ce qu’on fait, ce qu’on doit faire. Ces petits points sont importants pour un bon suivi, je ne
le conteste pas du tout.  Sauf qu’à un moment, faire des réunions trop longues et trop souvent me fait douter : tu ne sais pas lire tes mails ? Tu préfères que je te répète ce que j’ai déjà écrit de ma voix suave ? Et ce plusieurs fois ? Tu crois que de me faire répéter les mêmes choses te donne du pouvoir sur mon travail ? Tu crois qu’en cas de crise, je vais attendre la réunion 
pour en parler ? Tu crois pas que si tu lisais mes mails, tu verrais si c’est la merde ou pas sur un dossier ? Moi, je dis ça, je dis rien…


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Mais non, malgré la perte de temps flagrante et la relative inefficacité du procédé, on se réunit, encore et encore, histoire de brasser de l’air en soupirant car on est débordés. On dit qu’on va faire ceci ou cela mais pendant qu’on le dit, on ne le fait pas puisque hé, on est en réunion. Le dossier urgent attendra, le téléphone sonnera en vain, les mails s’accumuleront dans nos boîtes. Do no disturb, on est en réunion, steuplé. Réunion qui n’aboutira à rien de contructif puisque ce n’est qu’une incessante litanie de no to do list, sans même de solutions en cas de problèmes les trois quarts du temps. Et je n’évoquerai même pas les “je t’envoie ci” que l’on te promet pendant ces instants de joyeuses communions, des fichiers que tu réclames inlassablement mais qui ne viennent jamais. Et puis parlons de cette tendance jouissive du manager à t’épingler en collectivité “quoi, t’as pas fait ça ?” “J’ai comme qui dirait pas eu le temps” “Mais c’est un scandaaaale!”. Ca t’excite, hein, manager pervers ? Sauf qu’une fois, et ce fut assez drôle, une collègue a pris ma défense alors que je m’en foutais un peu (arrive un moment où on fait la part des choses) “Non mais t’as vu tout ce qu’on a à faire aussi ?”. Ouais et c’est encore 15 minutes de perdues en parlote inutile.

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Bref, je sais pas trop si ça se ressent dans mon article mais je vomis les réunions, dans le sens lourd et protocolaire du terme. Je trouve ça profondément contre-productif. Et si mon manager ne sait pas quoi faire de son temps, je peux lui filer une liste de blogs à lire. Ou des vidéos à mater… Mais qu’il ne me fasse pas perdre une demi-journée en “réu”. Merci.

The company men de John Wells

Par Pink Lady

Mardi dernier, j’ai été gracieusement invitée par Pingoo à l’avant-première de The Company men de John Wells. Le pitch : suite aux crises des subprimes, la société GTX dégraisse à tout va et licencie Bobby Walker (Ben Affleck), Phil Woodward (Chris Cooper) et des milliers d’autres personnes, malgré l’avis du ponte de la société Gene McCarthy (Tommy Lee Jones). Licenciés sans ménagement par Sally Wilcox (Maria Bello qui devrait penser à manger de temps en temps) qui leur balance leur licenciement à la figure sans aucun ménagement.

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L’histoire va suivre ce trio : Bobby et Phil cherchent un emploi, Gene pleure sur le capitalisme inhumain de sa boîte. Je vais pas entrer plus en détail dans l’histoire pour ne pas spolier. J’avais vu la bande-annonce et je m’étais dit “oh non, encore un film atrocement niais sur le thème “la vie c’est moche mais en se serrant les coudes, on va s’en
sortir”, au secours!”. En fait pas du tout. Le film manque cruellement de joie et d’espoir, on se prend dans la figure la déliquessence de ses hommes qui vivent dans des baraques immenses et ne respirent que par et pour leur réussite sociale.

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Parce qu’en fait, on ne peut pas raconter ce film, on ne peut pas dire si on a aimé ou détesté. Ce dont il faut parler, à mon avis, c’est l’énorme écart culturel entre notre société et la société américaine dans le domaine du travail. Au début du film, Bobby est donc viré et rentre dans son immense baraque avec sa Porsche et la garantie de 3 mois de salaire complets. Sachant que Bobby gagne 110 000 $ par an (plus primes) donc moi, je me dis “mais ça va Bobby, pleure pas, t’as un capital de ouf, t’as de quoi survivre”. Sauf que non, au bout de son 3e et dernier mois de salaire, c’est la mort, y a pu de sous. Mais Bobby, il veut pas arrêter le golf et les restos, il veut pas qu’on sache qu’il est au chômage et il fait la tête quand sa femme, qui a repris le travail, lui dit qu’il pourrait éventuellement vendre sa Porsche.

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Et puis il y a Phil aussi, 60 ans. Où que tu vives, le chômage à 60 ans, c’est moche. Mais pour Phil, c’est encore pire parce qu’il a pas mis de sous de côté, qu’il doit payer les études de sa fille et qu’à 60 balais, va retrouver du travail… Et oui, aux Etats-Unis, ta retraite, si tu te la fais pas tout seul, t’es mort. Et quand tu gagnes plus de 100 000 euros par an, tu ne penses te retrouver un jour sans le sous. Bon, c’est vrai que perso, j’ai pas compris comment on ne pouvait pas mettre d’argent de côté quand on gagne autant mais bon…C’est tout ce décalage culturel qui m’a faite réagir au delà de ça. Evidemment après, on se dit que ce doit être dur pour les cols blancs mais on ne préfère même pas imaginer la misère noire des cols bleus partis dans la même charrette. 

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Bref, ce film n’est pas ce qu’il a l’air d’être à savoir une bluette qui finit bien sur le thème du chômage. Ca file une claque et au-delà de ça, il y a une dimension sociologique intéressante, pour peu qu’on ait envie de la voir. Le film n’est pas parfait, certaines scènes sont un peu agaçantes sur le côté “je suis trop fier pour me comporter comme un chômeur” mais ça reste un bon film. Je ne le conseillerai pas forcément à quelqu’un qui cherche un emploi même si, nous, en France, on a au moins le Pôle Emploi. Huhuhu. Je vous mets la bande-annonce mais je la trouve pas bien du tout par rapport au film.