Sur les chemins de la conquête amoureuse, on croise globalement deux types de spécimens :
– la citrouille : transformée en carrosse, on est subjuguée par sa magnificence, on veut faire toute notre vie à son bord. Sauf que, pas de bol, à la fin du bal, elle redevient citrouille et on se retrouve comme une conne au bord de la route assise sur un curcubitacée. Et si le bal a duré très longtemps, le trajet à pied pour rentrer à la maison nous laisse amplement le temps de nous rendre compte qu’en guise de reine du bal, on a surtout été reine des connes.

– la grenouille (ou le crapaud mais ça ne rimait pas avec citrouille) : on n’y fait pas forcément attention parce qu’on n’aime pas particulièrement les batraciens et c’est dommage, c’était lui, le « prince » de l’histoire. Je mets des guillemets car à 31 ans, il n’est guère sérieux d’espérer encore un prince charmant.

Samedi soir, anniversaire de Jade (qui ne m’attire plus tant que ca, snif). J’y ai croisé une potentielle grenouille et une potentielle citrouille mais comme j’ai finalement dormi chez Anaïs, ma compagne de soirée, je n’ai pas testé donc validé mes impressions. Commençons par la citrouille, Sylvain alias « ton fantasme en chair et en os ». Brun, mal rasé, yeux clairs, grand, pile mon style. A un moment, Anaïs va me chercher un verre et il commence à me faire un peu de rentre-dedans. Il m’apprend qu’il est acteur et je tique : acteur=artiste=instable. Je rappelle pour ceux qui râleraient à cause de mes raccourcis que le dernier acteur que j’ai croisé en soirée me parlait sur un balcon la bite à l’air. Jade me confirme qu’effectivement, ce n’est pas un gars sérieux (et accessoirement son ex, nous avons les mêmes goûts). Contrairement à Christophe.

– La grenouille alias Christophe (non mais note la transition de dingue). Un peu discuté avec, il revient de la Nouvelle-Orléans et bosse pour l’UNESCO. Pas trop mon style physiquement bien que binoclard (j’adore les lunettes) mais sympa et, selon Anaïs, très intéressé par ma personne.

Donc me voici à un carrefour. Citrouille ou grenouille. Il y a quelques temps, j’aurais choisi la citrouille parce que carpe diem, qui vivra verra et il est quand même extrêmement comestible. Sauf que ça colle pas avec la Nina 3.1. La Nina 3.1 a décidé, à l’instar de Lucia Extebarria, de ne plus souffrir par amour car elle a eu son quota pour l’année (je sais, on n’est qu’en avril…) et que comme dirait Guillaume 1er mon ex: »sois exigeante en amour, tu mérites le meilleur ». Non mais la Nina 3.1 est recommandée par son ex, c’est quand même pas rien. Bref donc la Nina 3.1 ne veut plus de citrouilles, aussi attirantes soient-elles. Elle veut de la grenouille solide, stable, brillante, de la grenouille qui rend heureuse et qui ne te fera jamais penser que oui, tu as été très conne et très naïve.

Ça peut paraitre anodin mais samedi soir, entre deux conversations avec un mec qui voulait me persuader que j’étais née pour faire de la politique (ahahah), de grandes discussions sur les mecs avec Anaïs (au passage, faudra un jour m’expliquer comme une fille jolie, svelte, douce et adorable comme elle peut encore être célibataire), une gamelle qui m’a affublée d’un énorme hématome douloureux sur le bras, des verres et des cigarettes, je me suis dit qu’enfin, j’avais peut-être enfin compris où trouver une félicité amoureuse.

Moi non plus, je ne souffrirai plus par amour. Enfin, à condition aussi d’arrêter de prendre des citrouilles pour des grenouilles.