C’est comme déballer ses cadeaux avant Noël

Je vous reparle encore des Présidentielles mais j’ai choisi un point léger qui m’a un peu interpellée dimanche (et le 22 avril). Je passerai sous silence ma colère face aux messages haineux et aigris lus depuis quelques jour. Certains ont la défaite très mauvaise, inutile de tenter de leur expliquer quoi que ce soit. Puis j’en ai marre de me faire traiter de facho dès que j’argumente…

Dimanche soir, 20h, le visage du nouveau Président s’affiche sur nos écrans et Solférino est en liesse, on crie, on saute sous un déluge de confettis et de ballons siglés PS. On a gagné ! Sauf que cette ivresse était hypocrite dans sa spontanéité : en arrivant à 18h, je savais le nom de notre nouveau Président grâce à nos amis belges. Seul le score n’était pas bon (53-47 nous disait-on).

Lundi, j’ai consulté le top très intéressant de Topito sur les animations des chaînes pour annoncer le nom du gagnant. Animations plus ou moins bonnes ou ratées selon les chaînes. D’ailleurs, une question m’interroge : dans la révélation Canal +, que foutait Benoît Hamon dans les sous-sols de la chaîne ?

J’ai eu une pensée pour les équipes infographistes ayant imaginé et mis sur pied cette animation et j’ai eu un peu de peine pour eux. Puis pour nous. Les élections n’auront donc plus le même goût ? Vous vous souvenez, quand on attendait le résultat dans un état d’excitation mêlé d’espoir et de peur ? Qu’on guettait les ambiances des QG, la gueule des journalistes pour tenter de deviner… J’aurai toujours en mémoire ce fameux 21 avril 2002 quand c’est le visage de Le Pen qui s’est affiché à la place de celui de Jospin, le coup dans l’estomac, la stupeur qui tort les boyaux, la tarte à la rhubarbe qui ne passait plus… Je me souviens, j’etais au téléphone avec Guillaume 1er qui venait de m’appeler pour me dire qu’il se passait quelque chose de grave. Je crois meme que j’ai crié « non ! » Et soudain la nécessité de vite quitter la maison pour ne plus entendre ma mère exulter des paroles du genre « dans vos gueules connards de gauchos ! ». Oui bon moi et mon vote NPA, on va se rentrer à Toulouse…

Ne vivra-t-on plus jamais ce suspense ? Cette boule au ventre ? Cette douce et excitante sensation qu’on est peut-être à la croisée des chemins ? Vous me direz que dimanche, je n’ai pas joué le jeu de moi-même. J’aurais pu ne pas aller sur Internet et rester sagement chez moi en attendant 20h. Sauf que je suis hyper connectée et qu’une fois à Solférino, il était juste impossible de ne pas savoir. Je chouine mais je suis la première à ne pas jouer le jeu. Un peu comme le jour des résultats du bac où je pianotais sur le Minitel pour ne pas attendre l’affichage fatidique sur les murs du lycée. À la différence que quand je suis partie voir les résultats, le 3615 bac ou Dieu seul sait quoi restait désespérément coi.

Je me demande comment ça se passera en 2017. Est-ce que ce serait pas un peu cool d’imaginer que les seuls à avoir les résultats soient ces fameux infographistes ? Même pas les journalistes (qui ne feraient donc pas la gueule comme dimanche. Sauf Élise Lucet qui faisait limite la roue) ni les politiques, juste les infographistes. Histoire que la surprise soit réelle.

Toi, t’es leader

Des fois dans la vie, on se découvre certains talents ou compétences qu’on ne soupçonnait pas. Il y a 15 jours, 3 semaines, je me suis rendue au concert de Marine, ma prof de chorale n°1 (on en a eu 4 cette année car Marine avait des ennuis de santé). A la fin, on papote un peu, on reparle du concert qu’on a donné avec la chorale et je fais « non mais j’ai fait l’effort de pas prendre les paroles ! » « Oh, mais toi, tu fais tout bien, d’ailleurs, Myriam (prof n°3) t’a bien identifiée comme leader. » Huuuu ? Moi leader ?

En fait, je n’avais jamais pris de cours de chant de ma vie donc autant vous dire que je n’avais que peu idée de mon niveau. Je chantais surtout sous ma douche ou devant mon pc mais pas vraiment en public. En début d’année, étant un peu en période de grosse fatigue, j’étais un peu en retrait, je ne m’entendais que peu chanter. Petit à petit, j’ai pris confiance, j’ai donné de la voix sans pour autant chercher à écraser les autres. Non parce qu’à la chorale, tout le monde n’a pas saisi la notion de collectif et essaient de se faire remarquer à tout prix. Sauf que pour les débutants ou assimilés tels que nous, chanter fort est souvent synonyme de chanter faux. Puis merde, si tu veux entamer une carrière dans la chanson, va à la Nouvelle Star ou Dieu seul sait où, pas dans une chorale.

Du coup, je me définissais comme une « fille du milieu » en gros. Ni plus douée ni moins douée qu’une autre. Un jour, je discute avec Natacha (prof n°2) et je lui expliquais que je ne comprenais pas trop les réactions de ceux qui ne supportent pas la moindre critique car il y en a dans le groupe. « Non parce que tu vois, c’est la première fois que je suis dans une chorale… » « Ah bon ?? ». Huuu ? Tiens, je dois être moins mauvaise que ce que je pensais. Puis un jour, il s’est passé un drôle de truc. Avant-dernière répétition avant le concert, Myriam nous fait répéter. Quand arrive Happy Ending (de Mika), plusieurs filles viennent me coller car « toi, tu le fais bien, le little bit of love ». Heu… oui ? Donc voilà, je suis malgré moi la leader des mezzos. Et il paraît que sur les photos du concert, on ne voit que moi…

C’est drôle parce qu’autant je peux prendre le lead parfois, autant y a des moments où j’aime me laisser porter par la vague. Ado, j’étais la super organisatrice des soirées entre potes, celle qui contactait tout le monde, faisait des listes pour savoir qui venait et qui amenait quoi… Une vraie party planner. Depuis quelques temps, ça me fatigue. D’une part, je vis dans un studio en banlieue donc organiser des soirées chez moi est un poil compliqué et au-delà de 5 personnes, c’est pas jouable. Puis depuis que je vis dans des studios, j’aime pas trop recevoir chez moi de toute façon. Alors faudrait que je trouve un bar cool et pas trop cher pour mes amis et moi où viendrait qui veut avec qui il veut. Non parce que j’ai toujours pas fêté mes 32 ans, faudrait que je me décide. Déjà sur la liste des invités. Non parce qu’entre mes amis « historiques », mes amies de la plongée, mes anciens collègues, mes collègues actuels, ma soeur… Ben ça fait du monde ! Mais promis, je vais me décider. Mais je m’égare complètement.

Donc pour en revenir à cette histoire de leader, ça m’a boostée. Disons que ça tombe aussi à un moment où je suis plus en haut qu’en bas, j’ai retrouvé l’oeil du tigre, groooooar !! Mais voilà, je me dis que je dois garder ça en tête la prochaine fois que je retombe un peu. J’ai la capacité de mener les gens (malgré moi), de m’affirmer en douceur. D’être leader quoi.

Je vais demander une formation management, moi !

Mission : taxi

Y a des fois où j’ai de violentes envies de meurtre. Exemple vendredi soir. Contexte : soirée entre filles, l’alcool coule à flot histoire de noyer une semaine chiante. On rit, on boit, tout va bien.

Jusqu’à l’heure fatidique de 2h du matin où on décolle du bar. Ne reste que la Reine Zenobie, Zananine et moi. Zaza (désolée pour le surnom) et moi habitant toutes les deux à Plumes sur Berges, nous décidons de rentrer ensemble en taxi. Nous n’avions pas mesuré l’ampleur de la tâche !

Premier taxi de libre : le temps de faire un bisou à Zeze (je suis équitable dans les surnoms pourris), on nous le vole. Pas de soucis, on va en trouver un autre. Ah, une lumière verte : ah, il se fait capturer par une connasse. Putaiiiiiin ! Bon, y a trop de monde, faut bouger. Remontons vers République. Là, un de libre ! « Bonsoir, nous souhaitons aller à Plumes sur Berges. » Le mec nous fait non et se barre. Pardon ? Bien, c’est illégal mec ! Trop tard, il est parti.

Place de la République, c’est la guerre, des filles en talons aiguilles gesticulent au milieu de la route, je dis à Zaza qu’on doit pas rester là. Oh un taxi libre ! Plumes sur Berges ? Non. 2ème…C’est toujours illégal mais il en a toujours rien à foutre. Oh une station de taxi avec peu de gens qui attendent ! Tu m’étonnes : les taxis sont interceptés 10m avant. Ok, bougeons. Un taxi libre ! Je vous le donne en mille : non. Pas grave, un autre là. Et toujours pas ! Putain, y en a qui en ont de la chance de pouvoir refuser de faire leur taf…

Arrivées Porte St Martin, on commence à en avoir marre, j’ai en une de faire pipi et je hais violemment les taxis. Un autre nous passe sous le nez, alpagué. MARRE ! Je vois au loin la lueur verte d’un taxi libre. Il est à 50 mètres, jamais il n’arrive jusqu’à nous… 40, 30, 20,10… Personne ne l’a alpagué. Et il veut bien nous ramener. Victoire ! 3h et quelques, me voici enfin dans mon home sweet home. Et surtout dans mes wc sweet wc.

Et ça me rend dingue. Qu’on galère à trouver un taxi à 2h du matin un vendredi passe encore, le métro vient de s’arrêter. Ok. Mais que 4 chauffeurs de taxi, QUATRE aient refusé de nous embarquer parce qu’on part en banlieue (banlieue attenante à Paris, y a le métro qui y va et la criminalité est anecdotique… Enfin, selon mes statistiques personnelles), ça me met hors de moi, surtout qu’ils n’ont pas le droit de nous refuser. Qu’on est 2 filles de moins d’1m60 seules dans Paris à 2h du matin et que j’ai beau ne jamais penser à l’idée de me faire agresser, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer. Y a quand même un mec qui m’a touchée le visage en passant, tranquille…

Alors oui, je sais, financièrement parlant, c’est moins intéressant pour eux. Sauf que dans un bar, on vous refusera pas parce que vous prenez juste un café et pas un cocktail à 10 €. J’ai pas le droit de négliger un client parce qu’il rapporte moins qu’un autre, je dois m’occuper de tous… Quelle est donc cette profession où on peut se payer le luxe de refuser des clients, alors même que la loi leur impose le contraire. Surtout que nous n’étions pas saoules (on a eu tout le temps de désaouler) et que nous nous tenions tout à fait correctement.

La prochaine fois, je note toutes les plaques de ces connards.

La victoire de l’Homme normal

Je n’avais pas prévu au départ de parler de la victoire de François Hollande et puis, finalement si. Courage, je vous promets des articles très futiles dans les prochains jours pour compenser. Mais hier soir, alors que j’étais prise dans la foule à Solférino et que le résultat officiel est tombé, que les gens sautaient de joie en hurlant de bonheur, j’ai repensé à ceux qui se gaussaient de Hollande y a un an en disant qu’il n’avait aucune chance. Et j’y ai vu une sublime leçon de vie.

Je l’avais confessé alors que DSK était annoncé comme prochain président : j’ai toujours bien aimé François. Il incarne une force tranquille admirable, une fidélité sans faille, un homme droit. Il a préparé son tour avec soin et a su partir au bon moment, menant une campagne propre. François, c’est aussi l’anti-bling bling. Ce que François n’est pas est aussi important ce qu’il est. Il n’est pas La France que j’exècre, cette France des médiocres élus sur des mensonges, des faux semblants, l’image d’un candidat qui se présentait proche des Français qui n’a même pas tenu une nuit. François n’est pas arrogant, méprisant, à la limite de la violence. Pour reprendre l’expression de Sarkozy face à Ségolène Royal, lui, il sait « garder ses nerfs ».

La victoire de François, c’est la défaite de l’homme d’apparence, ce genre d’individus que j’abhorre et qu’on croise tous à un moment dans notre vie : celui ou celle qui nous endort avec de belles paroles ou promesses masquant à la perfection leur incompétence crasse. Sauf que nul vernis n’est éternel et un jour, on se réveille avec une sale gueule de bois. Je ne peux pas dire que Sarkozy ait réussi à m’endormir, je n’ai jamais cru en lui mais je peux comprendre l’espoir qu’il a pu incarner, un espoir de changement. Bonjour la gueule du changement…

La victoire de François, c’est la victoire d’un homme « normal ». Un homme cultivé et intelligent, un travailleur mais un homme comme vous et moi qui a des valeurs. Je ne peux pas dire qu’il révolutionnera la France, je pense qu’il fera du mieux qu’il pourra sans faire passer ses intérêts avant ceux de la Nation. J’aimerais être dans sa tête, là, maintenant. Ce gars qu’on prenait tous pour un perdant, que nul ne voyait triompher. Il est là, il est Président. Personne ou presque (je t’ai entendue crier derrière ton écran mais je sais que tu es une Hollandiste de la première heure) n’aurait parié sur lui y a un an. Et il l’a fait, il l’a juste fait. Je peux pas m’empêcher de trouver cette victoire émouvante ne serait-ce que pour ça. Parce que ça nous montre que tout est possible, pour tous, que rien n’est insurmontable.

Hier soir, la France a choisi : entre le bling bling, le mépris, la colère et l’honnêteté, la rigueur et la modestie, elle a opté pour la seconde option. J’ai espoir que ce soit significatif pour des gens comme moi qui préfèrent être consciencieux plutôt que morveux, qui préfèrent travailler bien plutôt que fanfaronner fort. Le changement est radical, il était nécessaire.

Je suis aujourd’hui fière de mon Président et confiante. Un homme serein et digne, c’est ce dont nous avions besoin. Je resterai droite dans mes convictions, j’ai voté pour un homme mais aussi un projet, une vision de la société. J’attends de cet homme qu’il tienne ses engagements, j’y serai attentive.

Le syndrome « Les petits mouchoirs »

Dimanche soir de Noel, mes parents m’ont proposé de voir « Les petits mouchoirs » film dont j’avais entendu de tout, surtout du bien mais je connaissais son potentiel émotionnel. A posteriori, le mater à trois jours de l’enterrement de ma mamie, je suis pas sûre que ce fut l’idée du siècle. Passons.

Je crois que j’ai encore été victime du fameux syndrome de « on m’en a trop parlé, j’ai finalement été déçue ». Je l’appellerai désormais le syndrome des petits mouchoirs. Ce film, j’avais bien envie de le voir et finalement, je n’ai quasi pas ri (sauf à la réplique : »prends un Lexomil avant d’aller embrasser tes enfants »). J’étais surtout occupée à me demander lequel j’avais envie de tuer en premier (en fait, je n ‘aurais sauvé que Magimel et Bonneton dans les personnages, les autres m’ineupportaient) et à admirer les paysages également. J’y achèterais bien une baraque par là-bas aussi. Je passerai sur l’hystérie des personnages en opposition aux provinciaux toujours si purs… Ouais bon, ok, j’ai pas aimé puis y avait trop de personnages, le grand dadais et sa Juliette ne servaient à rien, les guests se tapant Cotillard non plus. En fait, je déteste les films chorale, aucun personnage n’est creusé, tu comprends rien et je trouve le scénario de départ complètement bancal. Non mais sérieux qui partirait en vacances avec un pote à moitié mort à l’hosto ?

Mais revenons au syndrome des petits mouchoirs, celui là même qui m’a empêchée d’aller voir Intouchables et qui le fera boycotter Bref tant que tout le monde s’extasiera dessus. Parce que je suis forcement sur un terrain défavorable pour recevoir ces productions : on m’en a dit trop de bien, je serai forcement déçue. Pire, j’ai tellement été saoulée par les commentaires dithyrambiques des uns et des autres que je cherche le moindre élément de critique. Attention, je ne serai pas de mauvaise foi non plus mais si j’aime pas, je vais tailler le truc à la tronçonneuse. Cf paragraphe précédent.

Je me demande toujours d’où viennent ces quasi unanimités ? Je veux dire comment se fait-ce que tout le monde ou presque ait adoré Les petits mouchoirs alors que je le trouve profondément mauvais ? Est-ce dans une sorte de mouvement général, de quasi hystérie collective qui entraîne ceux qui découvrent ce film au moment de sa sortie ne peuvent qu’être emportés par la vague, ceux qui ne suivent pas le mouvement ne sont que des pisse-froid snobs et un peu aigris ? Ou à l’inverse, les critiques dithyrambiques conduisent-elles ceux qui n’ont pas vu le film à s’en construire une représentation qui sera forcément loin du film qui paraîtra alors décevant ? Ceci étant, ça ne me donne pas envie de voir certains grands succès, de risque d’être inévitablement déçue.

Mais sinon, vous trouvez vraiment qu’un film sur une bande de copains qui commence par l’abandon de celui qui s’est fait démolir par un camion à l’hôpital est crédible ?

Rendez-moi mon urne !

Depuis 2007, j’ai un petit pincement au coeur à chaque fois que je fais mon devoir citoyen : pour voter, chez moi, on ne glisse plus d’enveloppe dans l’urne mais on appuie sur le bouton d’une grosse machine. Et j’aime pas !

Je ne m’attarderai pas sur la dimension de la fiabilité et du piratage, faute d’éléments tangibles sur la question. Si les résultats sont piratés, nous avons à faire à un pirate de droite… Ou alors c’est la mairie qui manipule les votes. Si on considère que mon députe-maire a été réélu dès le premier tour des législative en 2007, ça peut paraître suspect mais la circonscription compte aussi des villes sans vote électronique. Puis il est députe depuis 1997 et je crois que je dois l’avouer : ma ville est de droite.

Ce qui me navre, c’est la disparition de ce jeu particulier des élections de mon enfance, celles où on accompagnait nos parents voter. On rentrait dans l’isoloir avec eux et ils nous demandaient : « pour qui on vote ? ». Bon comme ils nous avaient bien expliqué qui était le meilleur candidat, le risque était moindre. Quoi qu’en 88, au premier tour, je voulais voter Raymond Barre car il ressemblait à un nounours… Quand je dis le physique des candidats est un (contre) argument politique digne d’un enfant de 8 ans… Bref du coup, je choisissais fièrement le bulletin « qu’il fallait » pour le mettre dans l’enveloppe. Depuis, le choix des bulletins, c’était mon petit acte de rébellion à moi. Lors des premiers scrutins, je prenais consciencieusement tous les bulletins, comme on m’a appris en éducation civique puis petit à petit, je ne prenais plus qu’une poignée de bulletins dont celui qui m’intéressait. Je me souviens que pour les européennes 2004, je n’avais pris par accident que des bulletins de gauche. Et ce fameux jour de 2002 où je fus très fière de ne prendre qu’un bulletin alors qu’on nous serinait qu’il fallait prendre les deux. Nan, je le veux pas ton bulletin Le Pen !

Mais surtout, je suis privée d’un moyen d’expression : celui d’écrire sur mon bulletin si je veux. Oui, je sais, si je le fais, mon vote est nul. Mais saviez-vous que tout ce que vous inscrivez sur un bulletin de vote est collecté et recopié dans un grand cahier consultable par tout un chacun ? Quel magnifique moyen de s’exprimer ! De voter pour son propre projet politique, exposé sur un bout de papier ! Bon, je ne sais si c’est très utilisé mais bon. Et puis y a cet article que j’ai lu y a quelques années, il débute lors des élections mexicaines, une prof met dans son enveloppe une tête de Mickey. Sur cette élection, les votes blancs et nuls avaient flirté avec les 60% je crois. Je trouvais ce geste fort. Sans doute vain mais à l’heure où l’on pleure toutes les 2 mn sur les atteintes à la liberté d’expression, réelles ou supposées, j’ai la sensation que la mienne à été symboliquement restreinte. Même si sur cette élection, je savais quel bulletin j’allais choisir…

Le fait d’aller voter a perdu de son charme : une seule machine par rideau, une machine qui bippe fort quand on valide notre choix. On ne peut plus s’amuser à jeter les bulletins bien en évidence dans la poubelle pour tenter d’influencer le suivant. On ne peut pas faire de pronostic en fonction du contenu de la poubelle, on ne peut pas snober les bulletins des partis que l’on méprise…

Le vote électronique, ça pue.

La malchance n’existe pas…

Il y a des jours où je suis exaspérée, où j’ai juste envie de me planquer sous la couette et attendre que ça passe. Sauf que, pas de chance, paraît que je suis une adulte et que j’ai pas le choix, faut rester droite dans les tempêtes. Être adulte, c’est vraiment la merde.

Sauf que parfois, la tempête te donne juste envie de hurler, de fracasser des verres contre des murs. Parce que quand tu racontes ce qui t’arrive, tu récoltes des « c’est dégueulasse ! », « c’est injuste ! ». Bref, pour te consoler, on t’explique en toute sincérité que tu n’es pas en tort et que t’as juste pas eu de chance. Sauf que moi, ça me rend encore plus en colère. Je veux dire quand tu agis mal, que tu commets des erreurs, tu as moyen de rectifier le tir. Mais quand ton tort est, encore une fois, de pas avoir eu de chance, d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment, qu’est-ce que tu fais ? Tu te contentes de pleurer ? Heu… Non, ça ne me convient pas !

Je n’aime pas m’en remettre à la fatalité, ça me rend dingue. Oh oui, ok, je suis pas la plus à plaindre du monde : j’ai un boulot, la santé, un toit au dessus de la tête, des amis, la famille… Même la Nina 2012 devrait avoir honte de dire quoi que ce soit par rapport à la Nina 2011. Sauf qu’il y a toujours une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pas forcément la plus grosse, juste celle qui te fait demander ce que tu as bien pu faire pour mériter ça. Celle qui fait que tu peux pas admettre que le coup de malchance se répète et que tu n’as pas de leçon à tirer de tout ça. Peut-être ai-je été trop gentille, pas assez pugnace… Mais non, si la conclusion reste la même, l’histoire diffère en tout point. Mais pourquoi ça me tombe toujours dessus ?

Pourtant, jeune, j’ai eu du bol, je tombais souvent sur les sujets que je maitrisais le mieux en interrogation. Je sais plus vraiment quand j’ai eu ce premier sentiment d’injustice, peut-être en 2003 pour mon concours d’entrée de journalisme. Pour être admis, il fallait avoir 12, j’ai eu 11.70… Avec un 10 en entretien de motivation qui était coeff 4. Un de mes potes admis m’a raconté son entretien, on lui a demandé pourquoi il voulait être journaliste. Moi, on m’a demandé si la taille de la balle de Ping pong était une question politique. Pour de vrai. J’étais dans les dernières à passer, je suppose qu’ils avaient déjà choisi leurs candidats tant cet entretien n’était qu’une farce. 11.70. Sans ce putain d’entretien, j’étais prise. Après, en vrac, on a des tas d’histoires comme le taxi qui se perd et me fait arriver très en retard à un entretien, l’histoire du boulot où on m’a pas prise alors que ma candidature était parfaite mais qu’il fallait faire un choix entre 2 personnes et que j’ai pas eu de chance… Des fois, je me raisonne en me disant qu’une porte qui se ferme, c’est une autre qui s’ouvre mais au bout d’un moment ça saoule.

Et je vous parle pas de ma vie amoureuse, là, c’est juste ridicule. Vous connaissez ma spécialité ? Je suis « la fille juste après », la fille pansement qui débarque après une rupture, qui répare le petit coeur et qu’on jette à la poubelle après guérison avec une petite tape sur la tête : « Non mais t’es une fille bien, tu trouveras quelqu’un qui te mérite vraiment. » Comment te dire… Ta gueule. Je tombe toujours dans un mauvais timing. Épuisant.

Alors, c’est quoi la morale de l’histoire ? Que des fois, t’as pas de chance et qu’il faut l’accepter ? Que tu auras beau tout faire pour que tout fonctionne, des fois, tu es juste monté dans le mauvais train, celui qui tombe en panne en pleine voie ? Que tout le monde va te faire des sourires désolés en t’expliquant que c’est pas toi, c’est juste la vie ? Et que rien ne garantit que ça se reproduira pas alors même que tu te blindes à mort ? Mais t’inquiète pas, hein, tu seras forcément heureuse puisque tu as toutes les qualités pour être heureuse. Paraît-il.

Bon, ben, je vais me recoucher. Ah non, c’est vrai, je suis adulte. Je dois affronter la tempête. Rien de grave, je vais faire la gueule pendant 15 jours puis ça ira mieux.  Ou alors je trouve une façon productive d’utiliser ma colère. Je pensais à minima aller faire du sport histoire d’évacuer. Oui, c’est peut-être ça la morale du truc : en cas de lose collante, sers-t-en pour… Hmmmmm… la transformer en énergie positive.

Sociologie des cons

Je vous ai parlé il y a quelques temps de cette notion de “l’autre est un con”. Cet article me fut inspiré par un livre “Les nouveaux cons” d’Etienne Liebig. Je l’ai acheté par accident, j’avais compris qu’il s’agissait d’une sorte de sociologie du con ou comment on supporte pas l’autre. Faux, il s’agissait de petites chroniques tapant sur strictement tout le monde, de la droite catho aux bobos, des écolos aux jeunes de cité en passant par le flic ou le dealer, tout le monde en prend sur son compte. Grinçant, oui. Un peu trop.

Au début, je trouvais ça drôle, ces petits épinglages même si j’étais déçue de ne pas lire une étude sociologique sur les cons (c’est quand même un super sujet). Sauf qu’au fur et à mesure de ma lecture, mon sourire s’estompait peu à peu pour ne laisser place qu’à une grimace de gêne. Est-ce de l’aigreur qui transpire de ces lignes ? Une méchanceté forcée pour dire merde au politiquement correct, un peu à la façon de Bénabar, soit à tort et à travers ? Je me sens mal à l’aise et je finis le livre avec déplaisir, suivant mon principe idiot de toujours terminer un livre. On ne sait jamais, les dernières pages peuvent toujours le sauver !

En fait, ce qui m’a gêné, outre la violence mal placée de certains propos faisant perdre de vue un éventuel second degré, c’est la destruction systématique. C’est comme Zemmour et Naulleau (et Pulvar et Polony si j’ai bien compris mais je ne supporte tellement pas l’émission que je vais pas regarder juste pour vérifier). On a le droit de ne pas aimer quelque chose, de le dire, de faire de la critique caustique. Sauf qu’à force de taper systématiquement sur tout et n’importe quoi, la notion même de sarcasme perd de sa substance et ne reste qu’une aigreur putride et peu drôle. Tout cela manque de légèreté et baigne tant dans le mépris qu’effectivement, on sent entre chaque ligne le principe du “tous des cons, des médiocres… sauf moi”.

A une époque fort lointaine, j’eus un blog de critique destructice qui, comme la plupart de mes blog parallèle,n’eut qu’une courte vie. Ouais, j’ai tendance à avoir des milliers d’idées de blogs, je devrais devenir consultante blog, j’ai des tas d’idées, de concept, mais j’ai pas le temps de les développer (et je joue pas assez le jeu de la blogosphère pour les faire suffisamment marcher pour en faire mon activité principale). J’aimais bien le concept de ce blog là et j’ai parfois envie d’importer le concept ici. Même si à part deux ou trois films, j’ai pas grand chose à critiquer et je le fais déjà dans l’art du nanard. Quoi que je me ferais un plaisir de dégommer Grey’s anatomy. Le problème de la critique destructrice est dans l’équilibre de ce que l’on dit. Dire du mal d’une série ou d’un film, livre… peut être drôle et jouissive à partir du moment où on reste à son propre niveau. Je n’ai eu aucun plaisir à lire le bouquin de Guillaume Musso dont j’avais parlé mais le critiquer ne m’autorise pas à me placer au dessus du monsieur pour lui dire qu’il n’a pas le moindre talent, que ce n’est qu’une merde… Ca pue un peu l’aigreur et limite la jalousie. Non parce que si on faut un match purement statistique, Guillaume a publié X livres, moi aucun (mais bon, j’ai jamais franchi l’étape “contacter une maison d’édition” alors bon…). De plus, il est facile de critiquer aussi les amateurs du genre mais qui suis-je, une nouvelle fois, pour dire à une personne qu’elle lit de la merde. Je peux en lire aussi…


L’idée est de rire de tout ça, y compris chez les fans. De pointer les incohérences, les côtés trop ci ou pas assez ça sans pour autant mépriser le quidam moyen. Mais est-ce juste possible ? Le critique ne finit-il pas par se sentir au dessus de la masse en désignant de son doigt divin celui qui doit être sacrifié sur l’autel de sa chronique ?

Bon et sinon, je la lance ma chronique “j’aime pas” ?

L’incroyable histoire de l’open space hanté

(sous titre : comme c’est férié aujourd’hui, je raconte n’importe quoi)

J’ai une théorie : l’immeuble où se situe mon bureau est hanté. Si, si ! Il s’y passe des choses étranges, je sens une présence immatérielle. Pire que les clés tombées du comptoir pendant la nuit dans Paranormal activity.

Curieusement, j’ai observé deux ou trois trucs depuis qu’on est au 3e. Ah oui, je crois pas vous avoir dit mais mon service a déménagé. Vous avez bien compté, c’est mon 3e bureau en 1 an dans la même boîte. Mais j’aime bien ce nouvel open space, je sais pas bien pourquoi. Il est un peu trop calme mais y a une luminosité qui me plaît et une machine à café nespresso aussi. C’est surtout ça qui me plaît, je crois. Bref, malgré quelques inconvénients dont des chaises pourries, je m’y sens mieux. Sauf que le fantôme de l’immeuble, je crois qu’il traîne par ici.

Un jour, nous avons vu un truc incroyable avec Salima. On prend l’ascenseur au rez-de-chaussée pour retourner à notre poste et là, les portes de l’ascenseur commencent à se refermer puis se réouvrir tout à coup. “Hihi, je dis, c’est le fantôme de l’immeuble !”. Sauf que là, les portes coulissantes de l’entrée s’ouvrent à leur tour… alors qu’il n’y avait personne. PEUR !! Depuis, les portes de l’ascenseur font souvent des leurs, se réouvrant sans réelles raisons. A chaque fois, je donne mon explication de fantômes et les gens me répondent “ahah, oui, c’est ça!”.

Mais ce n’est pas tout. Il se passe des choses au 3e. Il faut savoir que dans l’open space, je suis au milieu. Il y a deux grosses rangées de bureaux, des tables de 4 à 6. Je suis sur la droite, sur une table de 6, plus ou moins au milieu de l’open space, dos tourné à l’entrée. Derrière moi, Guillaume mon manager et une directrice de compte. De temps en temps, ils passent derrière moi, ça me fait un petit courant d’air, ça me fait un peu sortir de ma bulle. Par contre, plusieurs fois, j’ai senti ce courant d’air, un peu frais, passer dans mon dos mais aucun des deux ne bougeait, pas plus que mes voisins de bureau… Vendredi, ça l’a refait, j’ai même vu la photo que j’ai sur mon bureau bouger légèrement. Je me suis retournée pour voir une fenêtre ouverte : il n’y en avait pas. PEUR !!

Bon, ok, j’exagère légèrement en disant que mon open space est hanté mais si un film fait des millions d’entrées avec un lustre qui se balance ou un robot de piscine qui sort de l’eau tout seul, pardon mais je suis carrément à niveau avec mon ascenseur possédé et le fantôme qui passe derrière moi. Hein bon voilà !

Sinon, ça va vous ? Vous faites quoi en ce jour de glande ? Moi ? Oh, je raconte des histoires de fantôme. Je pourrais en faire un film, tiens…

De l’impossibilité de parler du vote FN

Ma naïveté me perdra, c’est un fait. Quand je déclare sur Twitter qu’il fallait cesser d’assimiler les électeurs FN à des bouseux incultes, il m’a rien manqué, jusqu’au mec très fin me traitant de frontiste puisque je les défends (??). Un autre me disait : qui qu’ils soient, ils sont tous racistes ! Oui, très bien, tu les connais tous, non ? Alors tais toi.

Oui, il y a des électeurs FN racistes et qui s’assument. Et après ? On en reste là ? Ces 18% d’électeurs sur lesquels on crache depuis dimanche, on se contente de se dire que ce sont des abrutis et on les laisse de côté ? Ou on se dit enfin qu’il y a un vrai malaise et on arrête de s’étonner tous les 5 ans du score du FN ? Non parce que nous avons eu droit à un bel angélisme dimanche soir : quoi, Marine 3e? Heu oui, et je ne vois pas où est la surprise. De 1, elle est plus “douce” que son père, elle fait moins peur, elle ne part pas en dérapage sur les “détails de l’histoire” et autres propos qui font perdre les voix des électeurs potentiellement FN les plus mous. De 2, on la voyait quand même bien placée dans les sondages alors qu’on le sait bien, le vote extrême est toujours un peu écrasé dans les sondages par ceux qui n’assument pas tout à fait et préfèrent ne pas avouer leurs préférences frontiste. De 3, il me paraissait évident que Mélenchon était bien plus le chouchou des médias qui nous montent toujours un outsider en épingle de la sorte en nous le positionnant en 3e homme mais c’est rarement le cas. De 4, quand on arrêtera de faire comme si le FN n’existait pas sauf entre deux tours d’une élection présidentielle, ça irait peut-être mieux, aussi. Et de 5, c’est juste totalement ignorer la montée des mouvements d’extrême droite en Europe.

Je ne sais pas si je suis particulièrement intelligente (je finirais par croire que oui quand je vois toutes les conneries que j’ai pu lire ses derniers temps) ou si je parle qu’avec des gens plus jeunes qui ont encore l’idéalisme des jeunes votants sans l’expérience de quelques présidentielles. Mais je reste étonnée que tous les 5 ans (7 ans auparavant), on s’étonne du score du FN qui reste finalement plus ou moins constant. Effectivement, sur cette élection, Marine a chopé 2 millions de voies de plus que son père (explication de la “douceur”), le vote FN me paraît bien plus décomplexé. De par la personnalité de Marine, femme élégante que certains qualifieront de belle (c’est mal de taper sur le physique donc je ne commenterai pas. Par contre, la voix on peut ? Parce que la Marine, c’est une pub anti tabac ambulante quand même), qui sait mettre moins de passion dans ses discours, qui est moins spontanée et limite donc le nombre de conneries ou de propos dérangeants (même si j’avoue que quelques unes me restent bien en travers de la gorge genre l’IVG de confort, j’aurais pu casser des dents tellement j’étais furieuse qu’on puisse dire ce genre de choses, qu’on puisse remettre une nouvelle fois ce droit en question). Mais aussi parce que notre gentil gouvernement y est quand même allé franchement : ils n’ont pas mordu les plates-bandes du FN, il y ont sauté dessus à pieds joints. Non mais les Roms, quoi… Ce qui reste étonnant, c’est que malgré cet acte franchement raciste, l’UMP n’a pas séduit les électeurs FN les plus mous… Le vote FN ne serait pas que raciste ?

Le problème, c’est qu’on n’en sait pas grand chose. Les journaux se sont précipités pour interroger ces électeurs frontistes, ceux qui affirment crânement en avoir marre des Noirs et des Arabes. Les mêmes qui disent sans sourciller que, oui, ils votent FN et en sont fiers. Ceux-là, pourrons-nous les convaincre de voter ailleurs, de revoir leur système de pensée ? Je n’en sais rien et qui suis-je, qui sommes-nous pour dire qu’ils ont tort et que nous avons raison. Parce que le vote FN est quand même facilité par le tabou de nos hommes politiques sur les thèmes frontistes. Personne n’ose les attaquer, aller jouer sur leur terrain. C’est plus facile de taper sur leurs électeurs que sur Marine et ses amis ? Par exemple, une des clés du FN est de parler immigration. Normal, en temps de crise, le protectionnisme séduit, c’est pas précisément une nouveauté. On préfère croire que nos ennuis viennent de l’autre, cet autre identifiable par sa couleur de peau. Or savez-vous qu’il y a plus d’immigrés européens que maghrébins ? C’est vrai : tous les immigrés ne sont pas arabes, tous les arabes ne sont pas immigrés. Non parce que je sais pas vous mais dans mon entourage, la plupart de mes amis arabes (ou africains, élargissons) sont autant français que vous et moi, ils ont leur carte d’électeur, leur carte d’identité… Pourquoi personne n’ose démonter le mythe du méchant immigré ? La droite, on comprend, ils ont joué cette carte aussi mais la gauche ? Idem pour l’insécurité, c’est toujours les méchants Arabes ou Noirs les coupables. Quelqu’un a des chiffres précis, qu’on puisse étudier cette réalité ou ce mythe ? Quoi que tu me diras, je ne suis pas sûre que ce soit très légal de trier les délinquants interpellés par classe ethnique… Et le retour au franc ? Est-ce que quelqu’un peu sérieusement démolir cet argument ? C’est quand même assez simple de replacer quelques éléments : toute la monnaie franc a été détruite, nous ne pourrions pas y retourner demain, pour commencer. Revenir au franc nous ruinerait, littéralement, sans parler des ruptures de relations commerciales avec les autres pays européens qui restent nos principaux partenaires. Oui, la vie a augmenté en 10 ans d’euros mais rassurez-vous mes petits, l’inflation aurait eu lieu sans l’euro. Si on compare les prix entre 1992 et 2002, je pense que nous aurions quelques surprises en terme d’évolution des prix… J’avoue que je me souviens pas vraiment des prix de 1992 vu que je n’étais qu’une jeune adolescente avec 50 francs d’argent de poche par mois (c’était déjà pas mal).

Bref, plutôt que de jeter le problème FN à la poubelle en haussant les épaules “tous des racistes”, il serait peut-être temps d’arrêter de considérer le sujet comme tabou. Etudier le vote FN n’est pas un mal, n’est pas une légitimation de quoi que ce soit. Comprendre n’est pas excuser, c’est un processus normal pour comprendre pourquoi tous les 5 ans, près d’un électeur sur 5 qui a daigné se rendre aux urnes fait ce choix. Est-ce un mal français de gommer ce qui nous dérange (souvenez-vous des “tous résistants, pas de collabos” post 2e guerre mondiale, sans vouloir faire de point godwin, hein… Ou la condamnation très large de l’antisémitisme de l’époque Dreyfus. On insiste bien sur le grand Zola mais on omet de préciser qu’en ce temps, l’antisémitisme n’avait rien de honteux en France, bien au contraire…) ? Ignorer un phénomène ne l’a jamais fait disparaître. Alors ? On attend 2017 pour refaire un tour de “Marine 3e, ohlala, quelle horreur ?” ou on affronte enfin “la bête” ?