Mission : taxi

Y a des fois où j’ai de violentes envies de meurtre. Exemple vendredi soir. Contexte : soirée entre filles, l’alcool coule à flot histoire de noyer une semaine chiante. On rit, on boit, tout va bien.

Jusqu’à l’heure fatidique de 2h du matin où on décolle du bar. Ne reste que la Reine Zenobie, Zananine et moi. Zaza (désolée pour le surnom) et moi habitant toutes les deux à Plumes sur Berges, nous décidons de rentrer ensemble en taxi. Nous n’avions pas mesuré l’ampleur de la tâche !

Premier taxi de libre : le temps de faire un bisou à Zeze (je suis équitable dans les surnoms pourris), on nous le vole. Pas de soucis, on va en trouver un autre. Ah, une lumière verte : ah, il se fait capturer par une connasse. Putaiiiiiin ! Bon, y a trop de monde, faut bouger. Remontons vers République. Là, un de libre ! « Bonsoir, nous souhaitons aller à Plumes sur Berges. » Le mec nous fait non et se barre. Pardon ? Bien, c’est illégal mec ! Trop tard, il est parti.

Place de la République, c’est la guerre, des filles en talons aiguilles gesticulent au milieu de la route, je dis à Zaza qu’on doit pas rester là. Oh un taxi libre ! Plumes sur Berges ? Non. 2ème…C’est toujours illégal mais il en a toujours rien à foutre. Oh une station de taxi avec peu de gens qui attendent ! Tu m’étonnes : les taxis sont interceptés 10m avant. Ok, bougeons. Un taxi libre ! Je vous le donne en mille : non. Pas grave, un autre là. Et toujours pas ! Putain, y en a qui en ont de la chance de pouvoir refuser de faire leur taf…

Arrivées Porte St Martin, on commence à en avoir marre, j’ai en une de faire pipi et je hais violemment les taxis. Un autre nous passe sous le nez, alpagué. MARRE ! Je vois au loin la lueur verte d’un taxi libre. Il est à 50 mètres, jamais il n’arrive jusqu’à nous… 40, 30, 20,10… Personne ne l’a alpagué. Et il veut bien nous ramener. Victoire ! 3h et quelques, me voici enfin dans mon home sweet home. Et surtout dans mes wc sweet wc.

Et ça me rend dingue. Qu’on galère à trouver un taxi à 2h du matin un vendredi passe encore, le métro vient de s’arrêter. Ok. Mais que 4 chauffeurs de taxi, QUATRE aient refusé de nous embarquer parce qu’on part en banlieue (banlieue attenante à Paris, y a le métro qui y va et la criminalité est anecdotique… Enfin, selon mes statistiques personnelles), ça me met hors de moi, surtout qu’ils n’ont pas le droit de nous refuser. Qu’on est 2 filles de moins d’1m60 seules dans Paris à 2h du matin et que j’ai beau ne jamais penser à l’idée de me faire agresser, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer. Y a quand même un mec qui m’a touchée le visage en passant, tranquille…

Alors oui, je sais, financièrement parlant, c’est moins intéressant pour eux. Sauf que dans un bar, on vous refusera pas parce que vous prenez juste un café et pas un cocktail à 10 €. J’ai pas le droit de négliger un client parce qu’il rapporte moins qu’un autre, je dois m’occuper de tous… Quelle est donc cette profession où on peut se payer le luxe de refuser des clients, alors même que la loi leur impose le contraire. Surtout que nous n’étions pas saoules (on a eu tout le temps de désaouler) et que nous nous tenions tout à fait correctement.

La prochaine fois, je note toutes les plaques de ces connards.