Music is the soundtrack of your life

Depuis mon adolescence, je vis en musique. Si je devais faire la liste des inventions technologiques qui m’ont changé la vie : le walkman, le discman (quoi que ça sautait tout le temps, c’était pénible), le lecteur MP3, le CD enregistrable… Quand je pars en voyage, je ne peux pas oublier mon lecteur de musique. Sans ça, je me sens démunie.

musique

Quand je regarde en arrière ma courte vie, je me rends compte que ma vie a beaucoup changé grâce à la musique. Ca peut paraître bizarre mais c’est comme ça. Petite, je me souviens que vaguement ce que j’écoutais. Je sais que le matin, entre la maison et l’école, on écoutait la cassette de Chantal Goya, avec la chorale des sœurs Bartoldi : « ce matin, un lapin a tué un chasseur !!! C’était un lapin qui… avait un fusil !!! ». Donc mon père bénissait le moment où on quittait la voiture et qu’il pouvait enfin mettre la radio.

 

Début du collège, j’écoute toutes les daubes techno que mes congénères écoutent, je suis la génération Dance Machine. Avec le recul, y a quelques chansons que j’aime encore bien, genre « No limit » mais je dois avouer que la plupart des chansons étaient des insultes à la musique. Dire que j’ai deux CD de Dance Machine chez moi (enfin, je crois, j’ai dû réussir à m’en débarrasser, depuis), la honte ! Donc pendant mes années collège, j’ingère de la musique n’importe comment, juste parce que les autres aiment et que je veux être dans le coup (houhou !). En fait, c’est la musique qui m’a appris à sortir des sentiers battus, voici l’histoire. En 4e, je pars en voyage de ski avec mes parents dans un hôtel qui sert quelques animations. Bon, c’est pas trop notre genre, on aime bien être peinard en vacances mais soit. Pour la dernière soirée, il y avait une animation « le personnel de l’hôtel chante Starmania ». Moi, je préfère regarder Mystères. A la fin de l’émission, je descends pour rejoindre mes parents et j’écoute deux, trois chansons, c’est sympa. Du coup, de retour chez nous, ma mère achète un CD de Starmania (la version 94) et je tombe littéralement amoureuse du CD, je n’écoute plus que ça, je guette les concerts pour pouvoir y assister… J’achète toutes les versions disponibles, je deviens une pro.

 

De là, j’ai donc décroché de ce qu’écoutaient les autres. Bon, souvent, j’écoute la radio, Fun Radio, à l’époque, c’est très rock, tout à fait dans mon style. Maintenant, je suis beaucoup moins starmaniaque, ça m’a passé mais il n’en reste pas moins que cette comédie musicale a changé ma vie dans le sens où j’ai arrêté d’être comme les autres mais j’ai commencé à être moi.

 

Chaque période de ma vie est marquée par une chanson, un CD ou un artiste. Souvent, il s’agit d’un délire, d’une connerie et quand je ré-entends la chanson, ça m’émeut un peu, ça me rappelle de bons souvenirs. Côté musique débile : y a du Kylie Minogue (« Na, na, na, na… »), du Britney (Baby One more time ou Toxic) , du Gloria Gaynor (I will survive), du Tom Jones (Sex bomb)… Et y en a plein d’autres !

 

Souvent, aussi, certains artistes sont liés à des romans que j’écris. En fait, avec la possibilité d’attraper de la musique sur le net, j’ai une sacré playlist sur mon pc et, évidemment, selon la période, je n’écoute pas la même chose. Par exemple, le roman 1999, c’est plus l’album « Together Alone » d’Anouk et « Pieces of you » de Jewel. Pour Technopolis, j’avoue que je ne sais plus, y avait « Right here, right now » de Fatboy slim mais après… Une musique peut même m’inspirer un roman, le prochain dont je n’ai pas du tout le titre. Je l’avais déjà expliqué, c’est l’histoire de quatre sœurs italiennes dont une est violoncelliste. Evidemment, notre amie violoncelliste (qui s’appellera Cécilia), elle jouera du Jorane. Parce que la musique est une source d’inspiration comme une autre. Franchement, il y a des chansons qui raisonnent en moi de façon particulière, qui m’inspirent. Quelques mots prononcés en rythme et ça me percute : en voilà une histoire géniale, en voilà des mots qui collent parfaitement à ma vie.

 

De la même façon, j’adore cheminer avec de la musique dans les oreilles. Quand j’étais à Toulouse, les deux dernières années, j’habitais à 25 mn à pied de la fac, quasi autant avec le bus, pour peu que je ne l’ai pas de suite donc je préférais utiliser mes petites pattes pour pas arriver en retard. Donc iPod vissé dans les oreilles, je chemine tranquillement, plus ou moins rapidement selon la chanson qui passe. C’est fou comme une même rue peut avoir un air très différent selon la musique que l’on écoute. Et j’avoue que j’adore, avoir l’impression que ma vie
est un film. Quand l’héroïne erre dans les rues, seule, le réalisateur met souvent une musique par-dessus histoire de donner de la consistance à la scène. Bon, moi, quand je marche dans la rue, c’est pas parce que je suis en train de réfléchir comme dans les films, c’est juste que, des fois, j’ai besoin de me rendre quelque part.

 

Cette semaine, j’ai commencé un nouveau boulot, pour ceux qui n’ont pas suivi. Ma mission : faire découvrir aux employés la ville A. Donc il faut bien que je m’y rende, c’est pas que ça me réjouit mais bon… Récemment, ma mère m’a filé un petit lecteur MP3 (128 mo) qui me sert à charger un album que je viens de découvrir et l’écouter. Cette semaine, au banc d’essai : Etyl. En fait, j’avais croisé la route du CD il y a trois semaines, en vacances chez mes parents, ce nom ne m’était pas inconnu, j’aimais bien la chanson que j’avais entendu sur M6, la nuit, mais j’hésite à acheter. J’ai récemment été déçue par l’album de Camille (que je n’ai pas acheté), donc on télécharge d’abord, on verra ensuite. Résultat : je l’ai confondue avec une autre artiste (qui ?) mais je regrette absolument pas, j’adore, je suis totalement fan. Etyl, c’est en fait un groupe. Je me promène donc dans ville A, un peu complètement paumée mais peu importe, ma musique dans les oreilles, tout va bien. Je croise la route d’un parc où il y a de somptueuses tulipes rouges. Puis je vais me perdre dans un quartier résidentiel, je n’ai pas la moindre idée d’où je vais mais j’ai en point de mire les grues qui servent à édifier le futur bâtiment de l’entreprise. Je suis frappée par différentes chansons de l’album, j’ai l’impression que chaque titre marque un passage particulier de ma vie amoureuse des 6 derniers mois. Elle a copié sur ma vie, cette fille ou quoi ?

 

Quoi qu’il en soit, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de foudre musical. Dans quelques années, quand je repenserai à cette partie de ma vie, je sais en tout cas quelles chansons ça m’évoquera !

Episode 8

Oceany allait se coucher quand on frappa à sa porte. Elle enfila rapidement une robe de chambre et donna la permission d’entrer, ce que firent sa
mère et son beau-père. Elle appréciait beaucoup Nicholas et trouvait qu’il était le compagnon idéal pour sa mère : d’une part, il était très séduisant, avec ses cheveux blonds dans lesquels
serpentaient de fins cheveux d’argent et son visage droit. Mais par-dessus tout, il était très tendre et patient avec elle et s’occupait parfaitement de l’éducation d’Oliver.

Alyson s’approcha d’elle, posa une main sur son épaule et se mit à sourire bêtement, tandis que Nicholas lui annonça la nouvelle :

« Oceany, nous sommes heureux de te t’apprendre que nous t’avons trouvé un fiancé idéal.

– Mais je ne veux pas me fiancer, je suis trop jeune.

– Enfin, ma chérie, j’avais 22 ans quand je t’ai eu, soit quasiment ton âge, ce n’est pas trop jeune, crois-moi.

– Mais je ne me sens pas prête, moi, je…

– Attends de savoir de qui il s’agit.

– Oui, figure-toi, reprit Nicholas, que, ce soir, Mark Oxford en personne est venu me demander ta main et j’ai accepté avec joie.

– Mark ?

– N’est ce pas merveilleux ? Il est très joli garçon et vous vous entendez si bien ! Et puis, il sera maire de la ville dans un futur assez
proche et ton fils sera à son tour maire, etc. Tu dois être heureuse, non ?

– C’est pas exactement le mot que je cherchais. »

Sa mère l’étreignit affectueusement dans ses bras et repartit, toute guillerette vers son époux, ils la saluèrent tous les deux puis quittèrent la
pièce. Oceany s’écroula sur son lit et soupira : elle n’avait pas la moindre envie de se marier. D’abord, elle était trop jeune et devait accomplir sa mission avec les rebelles. Cependant,
Mark était naïf et certainement influençable et s’il devenait maire, elle pourrait améliorer les choses…mais il n’aurait pas le pouvoir avant trente ans, au moins : son père n’avait pas
soixante ans et semblait avoir une santé de fer. C’était trop long, il fallait agir avant. Par ailleurs, elle commençait à s’inquiéter sérieusement de l’attitude de sa mère : elle savait
qu’Alyson ne montrait pas sa haine envers cette ville et son système devant Nicholas, mais elle ne jouait pas la comédie, quand elle lui avait manifesté sa joie quelques minutes auparavant.
Avait-elle été conquise par cette vie facile comme tous les autres ? Non, il y avait quelque chose qui n’allait pas dans tout ça. Alyson n’avait jamais été une femme influençable, elle avait
toujours fait preuve d’une volonté à toute épreuve. Mais, à présent, elle semblait s’être abandonnée à la cause d’Oxford, comme tous les autres d’ailleurs… seuls les exclus n’étaient pas dupes,
mais pourquoi étaient-ils moins sensibles à la propagande que les autres ? Parce qu’ils n’avaient pas d’ordinateurs, télés et tous les appareils qui facilitaient la vie et qu’ils étaient si
insignifiants qu’Oxford ne s’était pas donné la peine de les séduire : s’ils se rebellaient, ils ne pourraient jamais renverser le pouvoir en place, il n’avait pas les moyens. Mais Oxford
n’avait pas imaginé qu’une élitaire allait se joindre à eux et leur fournir de quoi se battre. D’ici quelques temps, ils pourraient enfin faire entendre leur voix, dénoncer le caractère
inégalitaire de la ville. Elle imaginait déjà la réaction du Maire, il allait en faire une syncope. Mais ils avaient encore des détails à régler, tout n’était pas encore prêt. Mais, bientôt,
cette ville allait connaître la révolution.

—– 

            Ethan soupira et s’écroula sur son canapé, épuisé : il avait cru que cette
soirée ne se finirait jamais. Mais Dieu dans sa miséricorde lui avait enfin accordé le droit de se reposer.

« Ethan !  »

Dieu était donc un sacré farceur. Sa mère venait d’entrer dans le salon et semblait furieuse, mais il n’avait pas la moindre idée de ce qui avait pu
la mettre dans cet état.

« Mon passe a disparu !

– Quoi ?

– On a aussi volé mon passe durant ta réception ! Mon Dieu, c’est un comble ! Je croyais que l’entrée était rigoureusement
surveillée ! Je vais écrire à l’agence de sécurité pour qu’ils améliorent leur robot, parce qu’apparemment ils ne fonctionnent pas bien.

– Ca ne sert à rien d’écrire, cette société est régie par des machines, comme toutes les autres et les machines ne lisent pas le courrier. Tu l’as
peut-être perdu.

– Bien sûr que non ! Je ne suis pas aussi gâteuse que Mme Thornton, je sais que je l’avais mis dans mon sac. Est-ce que tu crois que c’est un de
tes invités ?  »

Il ne répondit pas immédiatement, se demandant s’il devait l’avouer ce qu’il avait découvert sur Oceany Antelwort Geller ou s’il valait mieux se
taire. Après tout, il n’avait aucune preuve et il avait peut-être commis une erreur.

« C’est certainement Bill Oxford qui a pris le tien parce que le sien n’était plus valable, ironisa-t-il. Non, bien sûr que non, ça ne peut pas
être un de nos invités, il n’y avait que l’élite.

– Tu sais, la cleptomanie, ça touche toutes les couches sociales. Qui s’est rendu aux vestiaires ?

– Et bien, si on excepte ceux qui sont allés poser leurs affaires et qui sont allés les chercher, personne. Tout le monde a pu voler ces passes,
s’ils ont bel et bien été volés, et…

– Tu doutes de ce que je te dis ?

– Non, mais…

– Tu prétends que l’on ne m’a pas volé mon passe, alors qu’il a disparu de mon sac ? Seigneur, Ethan, comment oses-tu traiter ta mère de la
sorte ?

– D’accord, on a peut-être, non, on a certainement volé ton passe, mais pour les Thornton, j’ai des doutes. Tu sais comme moi qu’elle n’a plus toute
sa tête, la pauvre femme. Quant au tien, tu l’as peut-être fait tomber en cherchant quelque chose dans ton bric-à-brac : ton sac est un vrai capharnaüm, avoue-le. J’irai faire un tour de la
salle, demain soir, pour vérifier que tu ne l’as pas perdu là-bas, et puis, je retrouverai certainement de petits objets comme des boucles d’oreilles, des papiers sans importances et
compagnie : tu sais qu’on perd toujours quelque chose dans ce genre de soirée.

– Si tu veux, mais je suis sûre que ces passes ont été volés. Bon, je retourne chez moi me coucher. Bonne nuit, Ethan. La soirée était très réussie,
si l’on excepte cette petite mésaventure, je suis fier de toi.

– Je n’aurais pas pu réussir sans toi et sans…sans Neve. C’est un travail d’équipe, en quelque sorte.

– Oui, et une équipe du tonnerre. »

Elle déposa un baiser sur la joue du jeune homme et repartit dans son appartement, qui communiquait avec celui de son fils. Il était plutôt heureux
de savoir que la soirée lui avait plu, parce que c’était uniquement pour elle qu’il avait accepté ce rituel ridicule appelé « fiançailles » et qui était, à son avis, parfaitement
inutile.

Il se rendit dans sa chambre, se déshabilla et enfila le bas de son pyjama avant de se coucher. Il n’avait jamais autant apprécié de se retrouver sur
ce matelas moelleux dans ses draps en soie bleue. Il ferma les yeux mais constata avec une certaine surprise qu’il n’arrivait pas à trouver le sommeil, parce qu’une question le tourmentait :
était-ce vraiment Oceany qui avait volé les passes ? Si ce n’était pas le cas, il risquait d’être très mal vu et le mariage entre leurs futurs enfants semblait compromis…De toute façon, il
trouvait ridicule de faire des projets à si long terme. C’était bien Neve, ça : elle ne ferait des enfants que pour satisfaire ses idées de grandeur et ça l’attristait. Ces pauvres enfants
allaient devoir se démener comme des fous pour arriver à combler les désirs de leur mère qui ne les aimerait qu’à partir du moment où ils réussiraient. Mais lui, il se moquait bien de marier ses
enfants à ceux du maire ou de la voisine, du moment qu’ils étaient heureux… Mais cette société ne privilégiait pas le bonheur individuel.

Par ailleurs, il regrettait d’avoir fini la soirée sur une mauvaise note, avec Oceany. Il appréciait la jeune femme et aurait bien aimé gagner son
amitié, mais il avait probablement tout gâché par son manque de tact …Il aurait mieux fait de se taire. Mais ce qui était fait ne pouvait se refaire et il s’arrangerait pour lui présenter
ses excuses quand il la reverrait. Sauf s’il avait la preuve qu’elle était bien la coupable, évidemment. S’il ne s’était pas trompé, il aurait la réponse dès le lendemain soir. D’ailleurs, il
avait besoin de repos : elle savait se battre et s’il était à moitié endormi, elle le mettrait au tapis en moins de deux.

Il se retourna et regarda l’heure : déjà six heures et demie. Il resterait au lit toute la journée, il n’avait rien de mieux à faire de toute
façon : Technopolis avait éliminé le travail et lui avait offert du temps libre. Il en faisait ce qu’il lui plaisait, tout était prévu pour que l’homme n’ait pas le temps de s’ennuyer et il
fallait avouer que c’était articulièrement réussi. Une société presque idéale. Presque.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chapitre 5
 

            Oceany regarda plusieurs fois autour d’elle et bondit sur le balcon, suivie de
Juan qui avait placé la moto en mode « lévitation ». Elle essaya d’ouvrir la porte-fenêtre mais constata qu’elle était verrouillée, alors elle saisit une carte magnétique et la passa
devant le montant qui fit entendre un déclic et ils purent ouvrir la porte.  Oceany avait fabriqué elle-même son passe-partout en suivant les indications sur le web : grâce aux
perturbations magnétiques que provoquait cette carte, tous les verrous électroniques cessaient de fonctionner pendant cinq à dix secondes, largement le temps d’ouvrir n’importe quelle porte. Ils
entrèrent dans la pièce qui était à présent vide et s’avancèrent vers le vestiaire, mais avant d’y pénétrer, Juan la retint par le bras.

« Attends, je dois te parler.

– De quoi ? Je ne crois pas que ce soit le moment de parler de quoi que ce soit, il faut agir vite.

– Oui mais tu me parais préoccupée. Tout va bien ?

– Oui, oui…

– Tu peux te confier à moi, je suis ton ami.

– Je… je… je vais me fiancer.

– Hein ?

– Mark Oxford a demandé ma main à mon beau-père : on se croirait revenu au XVIème siècle ! Et puis, on est trop différents, tous les deux
et…laisse tomber.

– Ne t’en fais pas, on aura détruit le système en place avant ton mariage.

– Sans doute…on reparlera de tout ça plus tard, ce n’est pas le moment. Bon, je vais récupérer les passes et toi, tu vas monter la garde : à la
moindre alerte, tu me préviens d’accord ?

– Compte sur moi. »

Elle sourit puis se dirigea rapidement vers les vestiaires. Ils ne risquaient rien et même si quelqu’un les apercevait, ils avaient leur masque, mais
elle ne sentait pas très à l’aise, sans doute parce que c’était la première fois qu’elle évoluait ainsi dans son propre milieu. Le risque d’être reconnue était multiplié par cent, au
moins.

Elle ouvrit précautionneusement la porte et jeta un œil dans la pièce : tout semblait en ordre ; elle entra et fila vers sa cachette d’où
elle extirpa, à l’aide d’une pince à épiler l’enveloppe qui était admirablement bien dissimulée. Elle allait la glisser dans son sac quand elle perçut un mouvement derrière elle. Elle se retourna
et évita de justesse un manche à balai qui aurait dû frapper sa tête et l’assommer. Elle fit un bond sur le côté et frappa le manche qui se brisa en deux et regarda enfin son agresseur pour
constater avec surprise qu’il s’agissait d’Ethan Wadeker. Encore lui.

« Tiens donc, comme on se retrouve, fit-il. J’étais sûr que vous étiez mêlée à la disparition des trois passes.

– En fait, j’en ai volé quatre.

– Cette fois, vous ne m’échapperez pas. »

Elle recula légèrement, prête à lui sauter dessus au moindre geste, mais il avait tout prévu. Il n’aurait pas pu gagner à la régulière, il avait donc
du trouver un moyen de la désavantager et il n’avait rien trouvé de mieux que d’accrocher un filet au plafond, retenu par une corde qu’il tenait dans la main. Il bougea légèrement, la faisant
reculer et, dès qu’elle fut sur le filet, lâcha la corde. Elle réagit au quart de tour et sauta sur le côté mais pas assez rapidement et ses pieds s’emmêlèrent au piège, la faisant chuter. Il se
jeta sur elle et lui arracha son masque ayant la confirmation de ce qu’il avait pensé : il s’agissait bien d’Oceany Antelwort.

« J’en étais sûr, je savais que c’était vous.

– Et alors, qu’est ce que vous y gagnez ? Personne ne vous croira si vous racontez ça.

– Et comment vous expliquerez votre présence ici, ce soir ?

– Je n’aurai pas à me justifier. »

Elle se mit à crier étonnement fort, ce qui le fit reculer. Il la regarda, médusé, se demandant ce qu’elle cherchait à faire et n’entendit pas Juan
arriver par derrière. Le latino lui administra un magnifique cou sur la nuque, ce qui assomma immédiatement le jeune homme, qui s’écroula lourdement sur le sol. Oceany se débarrassa du filet et
rejoignit son complice.

« Bien joué. Faut pas traîner ici, on a pu m’entendre. Qu’est-ce qu’on fait de lui ?

– On le tue ?

– Non, il ne faut pas qu’ils sachent qu’on peut accéder aux sommets. On l’embarque.

– Pourquoi ne pas le laisser ici ?

– Il sait qui je suis, c’est trop risqué ; quand on s’inquiétera de sa disparition, je m’arrangerai pour rappeler qu’il aime bien se promener
dans les bas étages. Bon, ne traînons pas, il ne vaut mieux pas se faire attraper. »

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Existe-t-il encore des célibataires acceptables ?

(Article écrit le mois dernier)

Je regarde le calendrier et la réalité s’impose à moi : dans quelques jours, maintenant, j’aurai 26 ans. Que le temps passe vite, que l’on s’amuse ou pas. 26 ans, pas mariée,
pas fiancée, même pas maquée. Mon horloge biologique commence à faire tic tac et me voilà à rêver que je suis enceinte jusqu’aux yeux de mon premier gosse qui n’a même pas la décence de naître le jour prévu et qui joue les prolongations dans mon ventre (j’ai vraiment rêvé de ça, oui). Mais n’est-il pas déjà trop tard pour trouver un mec convenable ?

mec-bien

Dimanche soir, déprime de fin de semaine. Pour tromper mon ennui, je mate un épisode de Sex and the city qui avait échappé à ma vigilance, celui où Carrie compare les hommes
célibataires à des animaux du cirque, tous avec une bizarrerie qui fait qu’ils ne seront pas le papa heureux de Carrie junior. Triste vision des choses ? Oui, mais ô combien répandue. La semaine dernière, une de mes amies sur le net (je ne sais plus si c’était Anne, Tatiana ou Zoé, honte sur moi) me dit quelque chose comme : « fais chier, tous les mecs sont soit maqués, soit bizarres », quelque chose du genre. Petit panorama de ma dernière année amoureuse : j’ai flashé sur des mecs pris, plusieurs fois, j’ai eu droit à des pervers, des obsédés, des idiots, des « oups, j’ai oublié de te rappeler » ou des qui habitent trop loin. Mouais, mon ratio de mecs biens, disponibles et vivant à moins de 3h de train de chez moi est assez faible, voire inexistant. Mince, alors, mon amie virtuelle aurait raison ?

Il y a deux ans, j’avais fait une soirée avec un de mes profs de fac qui ADORAIT ses jeunes étudiantes. Lors d’une soirée fortement alcoolisée, il expliqua à mes camarades et
moi-même qu’il se méfiait des femmes de son âge, 37 ans, célibataires. Parce que si elles sont célibataires à cet âge-là, c’est pas normal. Parce que tu crois que c’est normal dans ton cas, mon gars ? Non mais c’est quoi ces considérations à deux balles ? Mais en y réfléchissant bien, chaque sexe n’a-t-il pas ce genre de pensées pour le sexe qui l’attire ?

Un jour de grand fatalisme, agacée, je me suis dit : « en fait, va falloir que je fasse la sortie des collèges pour trouver un mec célibataire potable ! ». Ouais, sortir avec un ado de 13 ans, redécouvrir les vicissitudes de l’adolescence… Non, ben non. De toute façon, je ne suis pas pédophile, il me faut un mâle, un vrai, qui a son permis et a fini de muer, c’est pas possible autrement. Mais voilà, à presque 26 ans, vais-je trouver une moitié convenable ? Tous ces beaux jeunes hommes que je croise dans la rue ou en soirée sont forcément pris… Sinon, c’est qu’il y a un défaut de conception, c’est pas possible autrement. Et pourtant, est-ce si difficile de penser que l’homme parfait pour moi existe ? Et que ma perfection en matière de garçon n’est pas la même pour les autres ?

Après tout, si je regarde autour de moi, j’ai plein de copines merveilleuses mais célibataires. Je vais m’inclure dans le lot : tu sais bien, lecteur, que la modestie n’est pas forcément ma qualité première. Bon, alors, voilà tout un tas de belles demoiselles vingtenaires sans mâle pour les accompagner. Pourquoi ? Sont-elles moches ? Non. Sont-elles connes ? Non. Sont-elles folles ? Non (quoi que moi, je suis assez originale, on dira). Alors si toutes ces demoiselles célibataires et bien sous tout rapport existent, pourquoi leur alter ego n’existerait pas ? Pourquoi ce beau gosse là-bas ne serait-il pas, en plus d’être délicieusement séduisant, brillant, drôle, cultivé ET célibataire ? Après tout, je suis bien célibataire, moi ! Car le célibat n’est pas forcément une question de tare cachée. Trouver chaussure à son pied n’est pas un exercice aisé, loin de là. Déjà, faut avoir l’occasion de faire des rencontres et ce n’est pas forcément évident. Gros concours en préparation, boulot prenant… quand vient la nuit, on n’a qu’une seule envie, aller se pieuter dans son lit, on ira draguer au dehors une autre fois. Oui car pour chasser le célibat, faut l’avouer, faut avoir une vie sociale, ça aide. Oui, lecteur (et surtout lectrice), je te le dis : la perle rare ne se trouve jamais sous notre lit, j’ai vérifié.

 

Par ailleurs, une personne peut se trouver célibataire suite à une rupture amoureuse. Tout le monde en a vécu un jour, même Brad Pitt ou Sophie Marceau alors M. l’homme de notre
vie aussi. Son cœur en vrac, avide d’amour, n’attend que nous, allons-y gaiement. Mais pas trop quand même, ça me gêne pas de jouer les infirmières mais merci de pas me jeter une fois le petit cœur réparé parce que qui va réparer mon petit cœur brisé, hein ?

 

Dans cette histoire, ce qui ressort, c’est la stigmatisation des célibataires : à croire qu’on a une date de péremption ! Bon, moi, je n’ai que 25 ans (pas encore 26,
commence pas à me vexer, lecteur !), mes plus belles années sont devant moi. Personnellement, j’ai de la chance, personne dans ma famille ne me fout la pression à ce niveau-là, aucune grand-mère ne me demande d’un air sadique : « hé alors Nina, il serait temps de te trouver un mari ! ». Même ma mère me dit d’un air entendu : « ahlala, mais tu as le temps ! ». Merci maman ! En même temps, je vais pas me trouver un mari juste pour faire plaisir à ma famille surtout que j’ai pas intérêt à ramener n’importe quoi, ma
grand-mère paternelle étant assez élitiste. En même temps, si je tombe folle amoureuse du facteur, je fais ce que je veux. N’étant une accro ni au mariage ni aux bébés (oui, j’ai toujours refusé de pondre une équipe de foot), je vis plutôt bien mon célibat. D’autant que je sais que la descendance sera forcément assurée par ma sœur qui finira bien par se reproduire avec Anthony et me fera de beaux neveux et nièces. Pas de panique ! Et puis au lieu de me jeter à la tête du premier célibataire venu, j’ai même le temps de me chercher un beau parti : un mec qui me plaît et avec qui je ne m’ennuie pas. Un mec qui me rend heureuse et que je rends heureux. Suis sûre qu’il y a encore ça sur le marché, pas de panique. Mais dans une société où on est gavés de soap opéras et de films romantiques à la con, être célibataire, c’est mal. Etre célibataire, c’est qu’on doit être laid ou particulièrement invivable. Mais comme m’objectait Gauthier un jour où je me lamentais sur mon célibat : « Mais de quoi tu te plains ? T’as vécu 4 ans et demi avec un mec, c’est pas rien, quand même ! ». Excellente objection, moumour. Je suis peut-être un peu difficile à vivre et un peu caractérielle (ô, doux euphémisme), je n’en suis pas pour autant infecte, sinon, j’aurais pas plus d’amis que de petits amis. L’amour est, à mon sens, une curieuse alchimie, ça passe ou ça casse sans que, forcément, les deux membres du couple soient à remettre en cause. Il existe parfois des « incompatibilités d’humeur » qui ne s’expliquent pas, l’amour ne peut durer et c’est comme ça. C’est pas pour autant que nous sommes irrécupérables, juste que nos deux caractères n’étaient pas compatibles au quotidien.

 

Curieusement, plus j’avance dans le temps et moins j’ai peur de finir vieille fille, je sais que le pot de mon couvercle ou la chaussure qui va à mon pied, je finirai par le/la
trouver. Et pas à la sortie d’un collège.

Des Nouvelles De Moi

Par  Emma -Parce que je le vaux bien-

            Je pense qu’il est temps de faire le point. Cela fait un petit moment que je ne me suis pas penchée sur mon nombril et que je ne vous ai pas fait part des circonvolutions de ce dernier. Donc, comme je sens que le sujet vous passionne d’avance, je m’en vais vous parler de MOI.

            1ère étape, ô combien essentielle, ma semaine parisienne mode « squattage chez Gauthier ». Je prends l’avion le samedi en début d’après-midi, encore assez floue (oui j’ai bu le vendredi soir). Je fais le point pendant le vol, j’ai un commandant de bord charmant qui nous fait les commentaires « Nous survolons actuellement Limoges, notre descente vers Paris commencera aux abords d’Orléans blabla ». Très communicatif le monsieur. Limite névrosé. Bref, j’atterris à Orly et là commence l’enfer. Je suis une fille. Je pars en voyage une semaine. Il est donc absolument évident que j’ai besoin d’avoir avec moi TOUTE ma garde-robe. Vous avez déjà traversé la moitié de la capitale avec une valise bon marché pas pratique pour un sou pesant exactement 18.7kg ??? Je vous assure que le parcours du combattant à la Légion c’est une promenade de santé à côté. PUTAIN QUELLE GALERE ! 2h plus tard, j’arrive enfin chez Gauthier.

            Première soirée. J’ai le choix entre retrouver Jeff, mon musicien dont je vous avez parlé dans un précédent article, sortir avec Gauthier et Nina, ou rien. 1ère option : Jeff, qui doit me « téléphoner demain » depuis environ 2 mois. 2ème option : soirée vodka chez une amie de Gauthier, alors que j’ai fait tout le trajet avec la gueule de bois de ma soirée de la veille. J’opte donc pour la 3ème option, et je me fais une balade dans le quartier suivie d’une sympathique soirée Mac Do/MSN/les 100 et quelques chaînes de télé de mon logeur. Gauthier découche ce soir-là, j’ai donc le lit pour moi toute seule… Franchement, vous me direz que c’est pas la peine d’aller jusqu’à Paris pour ça, mais j’ai passée une TRES bonne soirée. Dimanche. J’ai l’immense privilège d’apercevoir le joli petit américain de Gauthier au réveil. Repas à midi entre Vingtenaires à la gare (oui, et alors ?) en charmante compagnie. L’après-midi, promenade à Montmartre avec Gau-gau, Nina et son triptyque, puis on se pose prendre un verre dans un café. Tirages de cartes, Coca à 5€ pour les 2 compères (sic), chocolat chaud pour moi, conversations graveleuses coquines et fous rires pour tout le monde. Le soir, nous avons mangé des cocktails dans notre bar préféré à nouveau entre Vingtenaires à nouveau en charmante compagnie.

            Bon, je vais pas vous faire toute ma semaine, ça risque de vous lasser. Donc, ce qu’il faut retenir :

Versailles c’est humide, tout plein de tractopelles et d’enfants aux profs d’Histoire-Géo sadiques.

Le Sexodrome de Pigalle ne vaut pas le Sexy Center toulousain. Si vous avez des achats sexy à faire, descendez dans le Sud ou allez sur Internet.

Nina peut avoir un orgasme à la simple vue d’une baignoire cassée abandonnée sur un trottoir.

Lors de mon prochain séjour, je jette le réveil de Gauthier par la fenêtre, voir même Gauthier avec.

Je n’y connais rien en rap américain. La prochaine fois que je bois un chocolat chaud à côté d’un rappeur hyper connu, je veux qu’on me le signale.

On peut très bien survivre une semaine en ne se nourrissant presque exclusivement que de Mac Do, de Kinder Délice et de cigarettes. Et on grossit même pas.

On peut parler cul à voix haute dans les cafés parisiens, personne ne comprend c’est rempli de touristes étrangers.

Quand il y a un ivrogne bien relou dans le métro, il est forcément pour moi. Ca doit être mon côté psy…

Les serveurs du Mac Do Bastille sont les plus lents du monde. Je dirai même que l’appellation « Fast-Food » devrait leur être retirée.

Je hais le Tango. La prochaine fois que j’entends du Tango je mords quelqu’un.

Les films de cul gays sont aussi nazes que les films de cul hétéros. Si, c’est possible.

Je veux un MAC (j’avais l’air fine à mon retour à faire F9 toutes les 10 secondes sur mon PC).

Gauthier et Nina se partage un neurone unique. C’est vous dire le boulot qu’il a.

J’adooore Paris.

            Voilà. Ca, c’est fait. Revenons à mon Jeff. Je l’ai finalement vu la veille de mon départ, il jouait avec son groupe dans un club très sympa. Il s’est bien évidemment confondu en excuses plus ou moins bidon à propos de son silence. Je lui ai bien évidemment fait comprendre qu’il avait pas assuré une cacahouète. Mais je dois bien avouer que le coup de cœur est toujours présent, même si carrément refroidi. J’ai passé une excellente soirée, qui s’est soldée par un nouveau petit bisou entre nous. Je sais, il ne le méritait pas, mais j’en avais envie. Et puis avec ce que je lui ai dit, il doit encore s’en ronger les doigts de ne pas m’avoir donné de nouvelles pendant ces 2 mois !!! Donc, tout va bien de ce côté-là, il va gratter les murs jusqu’à ce que l’on se revoie cet été.

            Sujet délicat maintenant : mon petit cœur. Comme je n’aime pas trop parler de ce qui m’importe vraiment quand c’est encore à chaud, je serai brève, précise, claire et directe.

MAIS PUTAIN POURQUOI J’AI PAS DE BOL COMME CA C’EST PAS HUMAIN UNE LOSE PAREILLE PUTAIN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

            Voilà. Depuis le début de la semaine Nina me répète inlassablement 2 choses : « Dérivatif » et « I Will Survive », donc, bon, je commence à me faire à l’idée. N’empêche, je commence à me poser des questions, et je pense que je suis loin d’être la seule. J’ai 26 ans, et je trouve que le temps passe très vite. J’apprécie toutes mes expériences de vie, les bonnes comme les mauvaises, mais va arriver un moment où j’en aurai ma claque des expériences, et où j’aimerai bien arrêter d’expérimenter. J’espère juste que ce moment n’arrivera pas trop tard (s’il arrive un jour ce con-là). Prince Charmant, toi qui m’écoutes, montre-toi ! Où te caches-tu ? Oh ducon !!!! J’te cause !!!!

             Donc d’ici-là, ben je dérivatif-e à fond (du moins, j’essaye) et j’écoute Gloria Gaynor à fond toute la journée (non, là je mens, j’y arriverai jamais).

(Si cet article dépasse le quota autorisé de « moi », de « je », de « j’ », de « ma/mon/mes », c’est normal. Je vous avais prévenu, ce texte est essentiellement, entièrement, totalement, honteusement à donf narcissique.)

 

La fable de la journaliste

Il était une fois, dans une ville de la banlieue parisienne, une jeune fille en passe de réaliser son rêve. Cette fille avait travaillé dur pour devenir journaliste et, enfin, elle allait entamer son premier CDD, le rêve. La veille, elle se couche tard (oui, bon, ça va…), elle a du mal à dormir. « Demain, je serai journaliste. ». Prudente, la jeune fille met tous les réveils de son domicile à sonner. Après avoir passé 6 mois à ne pas voir les premières heures de la journée, la jeune fille devait se lever à 8h45. Y arrivera-t-elle ?

 journaliste

8h45, le réveil sonne mais elle est déjà réveillée, Kenya la terrible ayant eu envie d’un gros câlins quelques instants plus tôt. Il faut savoir que Kenya la terrible est un chat joueur qui, pour arriver à ses fins, utilise plusieurs techniques : le « je m’étale sur ta figure », le « j’essaie de rentrer ma patte dans ta narine », le « j’imite le cri de la peluche » ou encore le « je te ronronne dans l’oreille ». Notre jeune fille se lève et se rend tel un automate dans la salle de bain pour la séance « ressemblons à quelque chose ». Sauf qu’elle a tellement peur d’arriver en retard qu’elle est prête une demi-heure en avance. Qu’à cela ne tienne, notre journaliste est facétieuse, elle va faire une expérience punitive chez Paul le pâtissier, achetant un délicieux beignet à la framboise (ce soir, c’est rameur). Le beignet, c’est bon mais le sucre glace qui tombe partout ou la confiture rouge qui gicle au coin de la bouche, beaucoup moins. Professionnelle, elle s’assoit à l’abribus et entame la lecture de Courrier International de la semaine. Journaliste jusqu’au bout des ongles, on vous dit. Le bus est à l’heure et notre amie journaliste arrive à l’entreprise vingt bonnes minutes en avance donc elle s’autorise une petite cigarette et c’est parti.

Arrivée à l’accueil, première épreuve : le badge manquant. Oui, l’assistante de son patron est joueuse, elle n’a rien prévu pour son arrivée et voilà notre journaliste un poil déconfite. Mais voilà le prince Pierre-Cécil qui s’amène, il va la sauver de ce mauvais pas. Oui car dès le premier jour, notre amie journaliste et Pierre-Cécil sont déjà super synchro. La portière du Palais donne à notre héroïne un badge journalier, je sens que cette histoire de badge va être un des éléments croustillants de cette aventure. Le prince dit « le DRH choupinou » embarque notre amie et commence à lui taper la conversation, passant directement du vous au tu, il l’amène dans l’ascenseur et là, ils ne font pas l’amour comme des fous, on n’est pas des sauvages ! L’entreprise est morte : entre les vacances et les ponts, il n’y a personne, surtout pas l’assistante qui devait s’occuper de mon ordinateur (heureusement, j’ai amené mon portable), de ma connexion Internet (je dois surfer avec le pc de DRH choupinou donc pas de balade sur les blogs), de mon mail perso (héhéhé, quand je l’aurai, je m’écrirai juste pour pouvoir me la péter), de mon numéro de poste perso, de mon badge… Heureusement, aujourd’hui, choupinou ne mange pas à la cantine donc la journaliste va hériter de son badge. 10h30, choupinou n’a pas l’air motivé pour bosser donc il entraîne notre magnifique héroïne à travers les couloirs de la boîte, café en main, il lui présente des gens, la demoiselle dit bonjour en se demandant à qui elle est censée parler et comment elle va réussir à retrouver son chemin toute seule quand choupinou la laissera seule. Peut-être va-t-elle recycler l’histoire du petit poucet, ce serait une bonne idée.

 

A la machine à café, choupinou lui raconte ses vacances : il est parti à New York car sa femme est américaine. Notre héroïne n’aime pas trop savoir que choupinou est marié mais en même temps, il porte pas son alliance, gniark ! gniark ! La journaliste, en pro qu’elle est, note l’information, on ne sait jamais. ( A noter qu’il est en communication avec une collègue, là, et il vient de m’appeler « petite jeune fille »… Non mais oh, on fait l’histoire de la journaliste, là, pas le petit chaperon rouge !). Bon, voilà, ils montent et descendent les étages, la journaliste est perdue mais elle fait semblant de pas être déstabilisée par les 9 étages de cette bâtisse. Elle finira par se retrouver, promis. Ceci étant, si vous n’avez pas de nouvelles de la journaliste d’ici 24 heures, merci de prévenir la police.

 

Bon, après cette fascinante balade, voilà la première réunion en tête-à-tête entre choupinou et la demoiselle, une demi-heure de franche discussion. Choupinou porte vraiment bien son surnom mais la journaliste est pro, on vous a dit ! Les idées fusent. Idées de reportage : les balades à faire dans la ville où va emménager l’entreprise, un déjeuner shopping dans le centre commercial voisin… Mmmm, la journaliste est ravie à l’idée de faire ces reportages, c’est plutôt sympa. Par contre, elle se rend compte à un moment qu’un peu de sucre glace est resté collé sur le rebord de ses lèvres et là, c’est la honte.

 

Bon, après cette réunion yeux dans les yeux avec choupinou (qui a eu la bonne idée de pas mettre sa cravate aujourd’hui, c’est beaucoup mieux), la journaliste n’a rien de particulier à faire donc elle commence la rédaction de cet article et lit Courrier International (c’est pour son prestige mais n’empêche que c’est toujours intéressant), elle rédige un petit mail pour Zoé qu’elle postera plus tard. Puis la journaliste en bonne toxico qu’elle est descend à l’étage fumeur pour exercer son vice (le tabac, hein, bande de petits pervers) et se retrouve face à deux pintades qui se racontent leur vie en ignorant délibérément la demoiselle. Mais la journaliste s’en fout, elle au moins, elle n’a pas des cernes de 3 km de long sous les yeux, na !

 

Midi, l’heure de la cantine. Frédérique, la chargée de comm, vient la chercher pour déjeuner, elle me retrouve donc à table avec 4 nanas donc deux qui revenaient de vacances, le thème fut donc : « Seigneur, les vacances en club, c’est fatigant, ils sont cons les gens ». Et là, nos deux amies dépeignent le beauf de base en vacances dans ce genre de club, ça se résume à : « Y a que des vieux et des Loana ! ». Bon, la journaliste étant insupportablement snob, elle se marre comme une bossue. Car la journaliste a expérimenté dans le temps ce genre de vacances avec ses parents délicieusement snobs aussi et franchement, c’est un peu pénible d’être toujours sollicités pour les jeux apéros et compagnie. Là, arrive choupinou qui s’installe en face de moi et qui raconte ses vacances à New York, notamment une comédie musicale sur Brodway qui devait être écrite par les auteurs de South Park. L’histoire, en très gros, c’est sur les concours d’orthographe qui sont légions aux Etats-Unis, vous savez, ce truc qu’on voit toujours dans les séries américaines : « débilitant, D. E. B. I. L. I. T. A. N. T ». A un moment, choupinou explique qu’un personnage est troublé par une demoiselle de l’assistance et du coup, il perd et il doit entamer une chanson qui commence par : « I had an erection ! ». Ben, là, il paraît que les Américains, ils ont été un peu choqués… Puis y a Jésus qui débarque à un moment… Du grand n’importe quoi, donc. Donc choupinou raconte ça en faisant son numéro et la journaliste bave. Plus elle le regarde et plus il est craquant, aaaaaaaaaaaaaah !! Ça va être trois semaines fort plaisantes. Sinon, la journaliste a trouvé son alter ego féminin, une frappadingue qui explique : « Ah non mais moi, petite, je détestais le cirque : j’avais peur des clowns et les animaux en cage, ça me rend malade. En plus, se mettre en rond autour d’une piste, je trouve ça d’un débile. » Notre héroïne exulte : elle aurait pu tout à fait énoncer ce genre d’opinions.

Ensuite, café avec miss Frédérique, choupinou ayant un rendez-vous (annulé depuis, le pauvre, j’ai prêté une oreille attentive à ses malheurs) donc normalement, au menu : « quelle est la mission de la journaliste ? » mais ce fut « la journaliste raconte sa vie parce qu’elle adore ça. ». Retour au bureau, notre demoiselle ne peut rien faire car elle n’est pas connectée à Internet donc elle écrit ce présent article et Technopolis 2 quand choupinou l’appelle auprès de lui pour lui montrer un truc sur son pc, elle se penche pour regarder l’écran, regardant au passage qu’en plus d’être craquant, choupinou a un parfum très agréable (mais des ongles crades par contre, gros point négatif). Il lui montre le logiciel de gestion du personnel sur lequel il travaille. Car choupinou peut savoir tout sur ses employés, leur situation familiale, leur salaire, leur contrat, les prêts contractés à la banque, la taille de leur pénis (non, je déconne)… Parenthèse : au moment où j’écris cette phrase, choupinou décroche le téléphone en disant : « je sais tout ! ». Comme on est merveilleusement en phase.

Bon choupinou s’en va et le monsieur qui gère l’informatique m’apporte mon poste de travail, un pc tout pourri qui est en train de virer au noir et blanc mais ça évitera que je trimballe le mien, c’est pas plus mal. Et là, il me fait : « bon alors votre code secret, c’est bretagne. » Oh putain, il lit mon blog et il m’a reconnue, c’est pas possible autrement ! Ah, je flippe, au secours !

Enfin, 18h15, je décide de partir, j’ai encore des choses à faire (genre m’acheter à manger). A partir d’aujourd’hui, je commence à 9h…

Alors petit bilan après le premier jour. Bon, choupinou porte délicieusement son nom, voilà un sacré plan M ! Les gens ont l’air sympa, le peu que j’ai croisé, et je suis grandement motivée. On verra dans trois semaines pour le boulot ! 

SUCH A COME-BACK

Par Mister Big

Et oui ! C’est le grand retour tant attendu (sans commentaires, svp) de Mister Big !

Et une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une femme… Mais pas n’importe quelle femme ! Je suis actuellement devant un reportage parlant de l’action d’Evita Bezuidenhout en Afrique du sud… (là, je sens que j’ai déjà perdu 50% des lecteurs…)

Cette femme milite pour que les citoyens noirs, particulièrement ceux appartenant à l’ANC (toi aussi fait toi-même tes recherches sur Google pour savoir ce que c’est !) s’exprime par les urnes et non par la violence. Car même si Mandela est sorti de prison et que l’apartheid est officiellement prohibé, le miracle ne s’est pas produit : ce coup de baguette magique n’a pas permis aux noirs opprimés pendant toutes ces années de savoir lire, ça n’a pas effacé des mentalités archaïques des blancs colonialistes l’idée selon laquelle les noirs qu’ils ont parqués pendant des années sont des animaux, ça n’a pas permis aux enclaves de devenir des quartiers riches… Tout ceci fait que, maintenant comme toujours, les seules opportunités qu’ont les noirs dans ce pays sont bien souvent se taire ou se battre. Et on ne se bat qu’avec les armes qu’on a, et la violence est bien souvent la seule arme des personnes illettrées… C’est dans ce but que cette femme se bat : pour apporter la bonne parole et inciter ceux qui le veulent à se battre avec l’arme nouvelle qu’on a que récemment mis entre leur mains : le droit de vote. (ayé, là, doit me rester plus qu’un ou deux lecteurs courageux ou masochistes !)

Mais pourquoi nous raconter tout ça, me direz-vous… ? C’est quoi cette histoire d’apartheid sur ce blog de nymphomanes ? Pi depuis quand Mister Big réfléchit avec autre chose que ce qu’il a dans le pantalon ? Voilà le pourquoi du comment : cette fameuse Madame Evita Bezuidenhout est blanche, déjà, et en plus, c’est un homme ! Héééé oui ! Tout fout le camp, ma brave dame ! C’est un travelot blanc qui apporte la bonne parole dans les ghettos noirs d’Afrique du Sud ! Et le pire, c’est qu’elle le fait bien, et de la façon la plus intelligente qui soit : par le rire. Personnellement, ça me touche de voir des noirs rire des plaisanteries pseudo-racistes qu’Evita raconte lors de ses meetings. Là, elle est en tête à tête avec Nelson Mandela… Le jour où travelocha-la-terrible sera en tête à tête avec notre Chichi national ou avec GW B, neurone suprême des Etats-Unis, ben j’aimerais bien être là pour voir ça ! Bref, revenons à ce que je racontais avant : Evita se présente comme une pro-apartheid repentie qui fait sa tournée d’excuse. Et là, tout le monde en prend pour son grade, blancs, noirs, afrikaners (là aussi, souviens-toi que Google est ton ami…), racistes, hommes politiques, fermiers, les hollandais (pour une histoire de cactus…) et même les pitits français ( ben voui : prêcher la bonne parole, c’est bien, dire qu’on boycotte, aussi, mais importer quand même en faisant transiter par l’Asie, c’est pas bieeeen…) et le tout avec le plus grand sérieux du monde. Bref, elle s’adresse aux gens sans langue de bois, elle appelle un chat un chat, et ne prétend pas avoir toujours été une gentille fifille à sa maman… On devrait en prendre de la graine ! Qui ne fait pas une blague raciste de temps en temps ? Qui ne se moque jamais ? Il n’y a qu’une catégorie de personne qui diront « moi ! » : les hypocrites ! Personnellement, je ne suis pas un ange (toi aussi, relis les super-aventures de ton héros dans le volumes hors-série : « Mister Big contre l’arrière boutique de la mort qui tue ! »), et des fois, j’ai des pensées pas très cool et dont je ne suis pas très fier, le plus souvent sous le coup de la colère, mais je ne joue pas la langue de bois. Je ris de mes travers. Je suis le premier à scander : « hé, ho ! Suis pas un pédé, moi ! » ou encore « tu dis ça parce que je suis noir ? », car, pour moi, la meilleure façon de prouver la connerie de certaines personnes, c’est de se moquer de leurs propos en les mettant en situations… Le silence, ça ne veut pas dire qu’on ne pense rien… les personnes qui regardent sans rien dire, ça ne veut pas dire qu’elles ne pensent pas… et si elles ne prononcent pas leurs paroles à haute voix, c’est bien souvent car elles ont de bonnes raisons d’avoir honte ou peur de le faire. Moi, je préfère appuyer là où ça fait mal. Et c’est ce que fait Dame Evita : elle en rit, elle rit de la connerie humaine tellement abondante. Et elle parvient à en faire rire les autres. Et de tous ceux là, ceux qui ont la réaction la plus intelligente sont justement les noirs qui en rient. Comme le dit une femme en fin de reportage : c’est la meilleure thérapie qui soit !

L’’uniformisation américaine

Soyons clairs, je ne suis pas très fan des Américains. Oh, pas d’anti-américanisme à deux balles, je ne les fous pas tous dans le même panier. Sur 300 millions d’habitants, y en a
forcément des biens. Ceci étant, y a des trucs qui me gonflent, notamment leur volonté de nous imposer leur foutu culture en maltraitant nos petits produits français.

 

Jeudi soir, je tombe sur Taratata sur France 3 avec Placebo, cool. Bon, Nagui, j’aime bien son émission mais je le trouve un peu poussif lors des interviews mais peu importe, ce
que j’aime dans Taratata, ce sont les performances en direct. Suite à Placebo apparaît une petite fée brune en robe de tulle, la géniale Emilie Simon qui vient interpréter « Végétal ». Faut que je trouve quelqu’un pour aller au concert avec moi en septembre, tiens. Bref, la jolie Emilie interprète son titre et passe à l’interview et là, Nagui reparle de son travail sur la marche de l’Empereur. Je dois avouer que j’ai adoré ce film et encore plus la BO. Sauf que voilà, quand le film est parti outre Atlantique, nos amis Américains ont complètement changé la musique ainsi que le mode de narration si particulier. Mais ça leur arrive de respecter les choses, non ?

 

La spécialité des Américains, ce sont les remakes. Ca, ça m’insupporte. Bon, en France, on a cette sale manie en musique. Quand j’allume ma radio, entre les reprises française,
américaines, anglaise ou je sais pas quoi, j’ai l’impression que toutes les fréquences sont squattées par Nostalgie. Mais revenons-en à nos yankees. Ce qu’ils aiment : prendre un film français qui a plutôt bien marché dans notre petit hexagone, genre « trois hommes et un couffin » ou « un Indien dans la ville » (entre autres) et ils l’importent chez eux. Mais hors de question de passer ça sur leurs écrans, André Dussollier n’est pas Tom Selleck, il a même pas de moustache ce naze, bouh ! Donc on revoit le scénario en y rajoutant une bonne dose de ketchup et d’américanisme à deux balles. On prend une Christina Applegate à la place d’une Valérie Lemercier, c’est plus glamour. Autant, Christina, je l’adore dans « Mariés deux enfants », autant je la vois pas, mais alors pas du tout dans le rôle d’une bourgeoise au sang bleu.

En France, on a des idées mais apparemment, nos acteurs ne sont pas vendeurs, sauf rares exceptions genre Jean Reno qui joue toujours le Français qui mâche du chewing gum et qui s’appelle Philippe. Oui, tous les Français dans les films américains s’appellent Philippe, c’est curieux, ça, quand même. Bon, c’est sûr, c’est plus facile à dire qu’un prénom avec un R mais bon, nous aussi, on en a plein de prénoms, faut pas croire. Alors oui, un Hugh Grant, c’est plus vendeur qu’un Patrick Bouchitey mais quelque part, ça m’énerve que nos acteurs français ne passent pas sur les écrans yankees. Ils sont aussi bons que les Américains, voire meilleurs, selon lesquels on prend.

Je me pose une question : quand on est un réalisateur français et qu’on voit un gros ponte d’Hollywood arriver dans notre bureau pour racheter notre scénario (à défaut de
racheter notre film), on fait quoi ? Petite mise en situation. Imaginons que je suis la réalisatrice d’un film, un espèce de trio amoureux avec Charles Berling, Sagamore Stévenin et moi, évidemment. Oui, tant qu’à être dans l’absurde, autant ne rien se refuser. Bon, bref, comme je suis super talentueuse, les yankees débarquent dans mon bureau et proposent de me racheter les droits pour une somme astronomique. Seulement le but n’est pas de reprendre mon petit bijou cinématographique (hihihi !) et de traduire les mots, il s’agit de remplacer les acteurs, de tout remanier. Ca ne se passera plus à Montmartre mais à Manhattan, ce ne seront plus Charles Berling, Sagamore Stévenin et moi mais John Cusack, Julian McMahon et Sarah Jessica Parker (au hasard). Ca n’aura pas forcément grand-chose à voir mais au moins, je vais me faire de la tune et puis, au moins, mon œuvre sera reconnue dans le monde entier. Mon idée est si géniale qu’on veut me la racheter !

 

Mais après, un film est une œuvre d’art, mon œuvre et on ne veut pas la respecter ? Bon, dans la plupart des films exportés et retournés, ce sont des comédies sans réelles
volontés esthétiques (enfin, je crois pas) mais voilà si j’étais réalisatrice de film, je pense que chaque image aurait son importance, elle serait inscrite dans une logique esthétique particulière. Par exemple, si je fais une scène sous la pluie, ce serait plus pour exprimer la mélancolie, la tristesse, que sais-je ! Alors qu’aux Etats-Unis, sous la pluie, on s’embrasse dans un esprit de romantisme à la con (enfin, en vrai, j’aimerais bien qu’on m’embrasse sous la pluie aussi mais passons). Un baiser échangé devant l’Hôtel de ville serait un hommage à Doisneau. Dans la version américaine, un baiser devant ground zero ne serait qu’une ode pathétique à la vie et le rappel que les Etats-Unis sont des victimes.

 

Bref, quand on crée quelque chose, peut-on accepter de céder les droits et de voir son œuvre passer à la moulinette. La créativité et le sens artistiques se vendent-ils ? Accepterais-je qu’une œuvre que je me suis cassée le cul à monter, image par image, plan par plan, scène par scène, des heures et des heures de travail effacées par un vulgaire remake, un message qui ne sera plus le mien. Non parce que quand on voit ce qu’ils font de nos comédies, ça fait peur. Je n’ai pas vu « Un indien dans la ville », « 9 mois » ou « Les visiteurs à New York » parce que je pressens l’immonde navet. Pourtant, j’ai bien aimé les versions originales.

Quand Jean-Marie Messier avait annoncé que l’exception culturelle française n’existait plus, on avait crié au scandale mais ne sommes-nous pas en train de la tuer en acceptant de voir nos œuvres ainsi travesties ? La Marche de l’Empereur est un bon concept, des voies magiques (Charles, c’est quand tu veux qu’on se marie), une musique qui dessert parfaitement l’émotion dégagée par ce film. C’est bien la première fois que je suis émue par des histoires de manchot (les pingouins, pas les gens sans bras), j’avoue que j’ai été complètement transportée par le film. Je l’ai visionnée avec mes parents pour le réveillon de Noël, on en a oublié de manger nos toasts au foie gras tellement on était plongés dans l’histoire (« ah non, le gros oiseau, il va manger le bébé ! » « Oh non, il est mort le manchot ! »). Si on vire tout ça, il reste quoi ? Un simple documentaire animalier comme on en voit tous les après-midi sur France 5. Loin de moi l’idée de critiquer ces documentaires mais je trouvais que la Marche de l’Empereur avait un mode de narration tellement particulier qu’il rendait ce film magique. Une fois de plus, Hollywood nous a tuer.

Episode 7

Chapitre 4

            Ethan regarda son interlocutrice, ne sachant trop ce qu’elle pensait : elle
avait dit sa dernière réplique sur un drôle de ton. Elle tourna la tête et leur regard se croisèrent, de jolis yeux gris, ce qui était assez rare…Soudain, un flash traversa sa mémoire et il revit
la voleuse lorsqu’il l’avait agrippé…des yeux gris, des cheveux cuivrés, des traits fins…il n’arrivait pas à le croire. Se pourrait-il que sa voleuse ne soit autre qu’Oceany Antelwort
Geller ? Elle pencha légèrement la tête, d’un air inquiet.

« Ca ne va pas ? Vous êtes tout pâle, tout à coup.

– Si, ça va très bien, c’est juste que…rien. »

Il regarda derrière elle et feignit d’admirer la vue, cherchant à ne pas se trahir. Si elle découvrait qu’il savait, elle pourrait faire appel à ses
complices et ils viendraient peut-être le kidnapper, perspective qui lui glaçait le sang… même si, grâce à ça, il pouvait échapper à ses fiançailles.

L’orchestre entama un air de salsa et il eut brusquement envie de danser, mais Neve ne pouvait pas se déhancher dans son horrible robe…il se dit
alors qu’il pourrait inviter Oceany. Après tout, il valait mieux être dans ses bonnes grâces.

« Vous dansez ?

– Oh, je ne sais pas, je ne suis pas très douée, et…

– On ne refuse jamais rien au fiancé.

– Dans ce cas, c’est d’accord : allons danser. »

Il lui prit la main et l’entraîna vers la piste où se déhanchaient quelques couples. La plupart des femmes portaient des robes qui interdisaient ce
genre d’exercice, quant aux hommes, la plupart étaient trop âgés. Il constata avec joie qu’Oceany dansait beaucoup mieux qu’elle ne le prétendait et bougeait parfaitement en rythme. Etant
lui-même assez bon dans cet exercice, ils éclipsèrent rapidement les autres couples qui s’arrêtèrent pour les regarder d’un air curieux et amusé. Pendant un instant, Ethan oublia qu’il était en
train de danser avec une criminelle et prit un réel plaisir. A la fin, il la renversa et tout le monde applaudit, charmé. Quand elle se redressa, leur visage se rapprochèrent et leur regard se
rencontrèrent et il eut la fugitive impression qu’il avait réussi à la dompter, mes ses yeux reprirent vite cet éclat sauvage, qui lui indiqua qu’il n’avait aucune emprise sur elle. Dommage, il
l’appréciait beaucoup et aurait bien aimé en faire son amie, mais avec ce qu’il savait, ce n’était pas possible.

Il lui baisa la main pour la remercier et l’orchestre entama un slow. Mark s’approcha d’elle pour l’inviter à danser, proposition qu’elle accepta
avec joie, tandis que lui se retrouva avec sa propre fiancée. Il craignit pendant un instant une scène : elle allait certainement lui reprocher son attitude etc. mais, au contraire, elle
était ravie.

« Tu sais ce que j’ai entendu dire, ce soir ? Et bien, il paraîtrait que Mark Oxford et Oceany Antelwort Geller pourraient se fiancer
prochainement ! Est-ce que tu sais ce que ça veut dire ?

– Que tu vas pouvoir ressortir ta robe à leurs fiançailles.

– Mais non, idiot : nous allons marier un de nos enfants à l’un des leurs : cette union va faire de notre enfant une des personnes les plus
importantes de Technopolis, peut-être même le futur maire !

– Pauvre Oliver, il vient de perdre sa fiancée…

– Ce que tu peux être agaçant, par moment ! Enfin, puisque tu as l’air de bien t’entendre avec Oceany, nous avons toutes nos
chances.

– Mais enfin, tu parles de choses qui ne sont pas certaines, tu tires toujours des plans sur la comète ! Rien ne dit qu’ils vont vraiment se
fiancer et même si c’était le cas, ils n’ont pas encore d’enfants…tu imagines que tu parles d’événements qui ne se passeront pas avant une vingtaine d’années ? La vie est pleine d’imprévus,
on ne sait pas ce qu’il va se passer.

– Tu es d’un pessimisme ! Je cherche ce qu’il y a de mieux pour nos enfants, c’est tout. »

Il soupira mais ne répliqua pas : les conversations tournaient toujours en rond avec elle, il ne valait mieux pas insister. Il jeta un œil
vers le couple de futurs fiancés en question et dut avouer qu’ils avaient l’air plutôt bien, ensemble. Ils avaient de la chance : eux, au moins, ils pourraient peut-être épouser quelqu’un
qui leur convenait vraiment, au lieu de subir une union qui les rendrait malheureux. Oceany croisa son regard et lui fit un étrange sourire qu’il ne sut pas trop interpréter. Elle pouvait
très bien lui témoigner son amitié, se moquer de la robe de Neve ou encore lui faire savoir qu’elle savait qu’il l’avait reconnue et qu’il allait bientôt passer un mauvais, un très mauvais
moment. Il resta un instant perplexe puis sourit à son tour, par politesse. Après tout, comment aurait-elle pu deviner qu’il connaissait ses activités nocturnes ? C’était quasiment
impossible.

—–    

            Oceany détourna le regard et leva à nouveaux les yeux pour admirer la grande
fresque au-dessus de sa tête, mais elle n’y fit pas vraiment attention, perdue dans ses pensées : l’avait-il reconnue ? Son comportement ne laissait entrevoir rien de tel, mais on ne
pouvait jamais savoir ce qu’il se passait dans la tête des autres. S’il savait qui elle était et que quelqu’un s’apercevait de la disparition des passes avant la fin de la soirée, elle risquait
de passer au mauvais moment.

« Elle est superbe, n’est ce pas ? déclara Mark.

– Pardon ?

– Cette fresque, elle est tout simplement magnifique. Mon père adore les artistes de la Renaissance et cherche à leur rendre hommage dans la moindre
de ses œuvres : par exemple, les piliers, qui représentent les anges, se sont inspirés de la Vénus de Botticelli et puis cette fresque, au-dessus de notre tête, parfaite reproduction de
l’originale.

– Ca compensera la perte de la vraie, détruite pendant la guerre, ainsi que la plupart des œuvres des peintres si chers à votre père. Mais comment
ont-ils fait pour créer une copie aussi fidèle simplement de mémoire ?

– Mon père a tout un tas d’ouvrages sur la question.

– Oh, vraiment ? Ce n’est pas très courant d’avoir des livres chez soi, dans cette ville. 

– A quoi ça servirait ? C’est dépassé, tout ça ! Avec notre ordinateur, nous pouvons accéder à une quantité de savoir extraordinaire et
puis, nous n’avons plus besoin de lire : les émissions télévisées nous expliquent tout.

– Oui, c’est vrai. Tiens, voici votre oncle, là-bas.

– Mon oncle ?

– Bryan, le frère de votre mère.

– Ce n’est pas le frère de ma mère mais celui de Kelly. En fait, c’est son demi-frère.

– Oh, je vois. »

Ils avaient vraiment de drôles de mœurs dans cette famille. Finalement, Kelly n’était pas aussi écervelée qu’elle ne l’avait pensé, bien au
contraire, elle était même très rusée. Peut-être même faisait-elle partie de la poignée de dirigeants de la ville et si elle avait une influence assez forte sur Oxford, elle devenait même la
personne la plus puissante de la ville, donc la plus dangereuse. Dans ce cas, elle avait eu de la chance de l’avoir surprise en charmante compagnie : si Kelly s’attaquait à elle, en retour,
elle raconterait tout à Oxford et la jolie blonde serait bannie. Voilà qui était intéressant.

—–

            Ethan s’assit sur une chaise et se frotta les yeux. La fatigue commençait à se
faire plus lourde et il avait hâte de rentrer chez lui, mais les gens ne semblaient pas décidés à partir. Enfin, au bout d’un moment, il vit M et Mme Thornton prendre leur affaire dans le
vestiaire et se diriger vers la porte. Il se leva afin de les saluer, quand la femme se mit à crier :

« Mon passe a disparu ! On m’a volé mon passe !

– Tais-toi, Margaret, tu as dû le faire tomber.

– Mais non, le tien aussi a disparu.

– Attendez ici, dit Ethan, je vais voir dans le vestiaire s’ils ne sont pas tombés de votre sac. »

Il se précipita vers la salle en question et jeta un rapide coup d’œil au sol, mais il savait qu’il ne les y trouverait pas. Il avait d’ores et déjà
une petite idée sur l’identité du voleur : Oceany. Il regarda la centaine de sacs posés les uns à côté des autres et tenta de trouver celui de la jeune femme. Au bout du vingtième, environ,
il poussa un soupir de soulagement : il avait dans sa main la carte d’identité de la voleuse. Il regarda dans le sac mais fut étonné de ne découvrir qu’un seul passe, celui
d’Oceany.

« Je peux savoir ce que vous cherchez dans mon sac ?  »

Il se retourna et la vit plantée à quelques mètres de lui, les mains sur les hanches, l’air furieux.

« Je…heu…je vérifiais que votre passe y était : deux ont disparu.

– Oui, j’ai entendu, mais ce n’est pas vraiment étonnant de la part de cette pauvre Mme Thornton, elle est un peu gâteuse.

– Oui, mais je ne crois pas que ce soit l’explication. Je pense que quelqu’un a pris ces passes, n’est ce pas ?

– Seriez-vous en train de suggérer que c’est moi, la voleuse ? Pensez-vous vraiment que j’ai l’air d’une délinquante ?

– Entre l’être et le paraître, il y a une grande différence.

– Je ne les ai pas volés : d’ailleurs, vous avez pu constater qu’ils n’étaient pas dans mon sac. »

Elle lui prit l’objet des mains et lui jeta un regard mauvais avant de retourner dans la salle. Il soupira et décida de refaire une rapide inspection
de la pièce, mais il ne trouva pas le moindre passe. Où les avait-elle mis ? Peut-être les avait-elle donné à un complice qui était tranquillement reparti ? Non, personne n’aurait pu
rentrer ici sans être muni d’une invitation : elle avait dû les cacher par-là. Il allait les récupérer, il devait bien ça à ses invités.

Il retourna auprès des Thornton et leur expliqua qu’il n’avait rien trouvé mais ils les avaient certainement oubliés chez eux. La salle commença à se
vider peu à peu, chacun rentrant chez lui et Ethan n’en fut pas fâché : il tombait de fatigue et l’épisode du sac l’avait énervé. Il savait que c’était elle, il l’avait reconnue, mais elle
avait nié et l’avait fait passer pour un idiot, il n’aimait pas ça. Mais elle ne perdait rien pour attendre.

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