Catégorie : Nos vies
Goliath
Questions à choix multiples
La sitcom de Killian
Un article pour rien
Faut-il choisir entre ses parents et ses amis ?
Questionnaire musical

Je sais pas… Les Bradisla boys ou Las Ketchup, ça m’a vraiment fait chier, surtout qu’on pouvait pas y échapper. Les chansons que je déteste, ce sont les titres chantés avec des voix de dépressifs qui me réveillent le matin et me donnent plus envie de me recoucher que de quitter mon lit.
Quelque chose à ajouter ?
Le kangourou
Par danger ouioui
Quand un lapin est trop gros, il finit par ressembler a un kangourou !
A une époque lointaine où j’étais célibataire je travaillais dans une grande entreprise de plusieurs centaines de salariés et une jeune fille m’avait fait forte impression : les cheveux noir et raide un peu asiatique, un visage aux lignes douces, de grands yeux noisette, la taille fine les hanches rondes, bref, parfaite ! …Mes amis l’appelèrent « kangourou » !
AU prix de manœuvres stratégiques ô combien machiavéliques j’étais parvenu a démêler l’echeveau des copinages à nouer, pour parvenir a entrer en contact avec la belle.
Au bout de quelque mois d’un travail quotidien et acharné, j’avais réussi le pari incroyable de déjeuner une fois par semaine avec elle et ses copines. Il faut noter que dans cette entreprise existait un très fort clivage homme-femme et lorsque je déjeunais a la cantine de l’entreprise seul garçon au milieu de 6 jeunes filles, je passais pour un extraterrestre aux yeux de tous et pas seulement mes collègues.
Donc tout fier de ma petite victoire, je m’enhardis a proposer a la demoiselle une promenade en roller avec d’autres amis car je savais qu’elle aimait cela. Elle accepte, la soirée se passe bien, on « rolle », on boit un coup puis chacun rentre chez soi, en se promettant de remettre ça une prochaine fois.
Alors convaincu que la partie était bien engagée, chaque fois que j’organisais quelque chose susceptible de l’intéresser je lui proposais. Bien sur souvent elle refusait, mais parfois, elle acceptait. Mais chaque fois qu’elle acceptait, un imprévu de dernière minute l’empêchait de venir, j’ai eu droit a : son petit frère a l’hôpital l’interdiction de sortir de sa mère (elle avait 25 ans), l’anniversaire de son petit frère l’anniversaire de sa grand-mère… Au deuxième anniversaire de son petit frère j’ai commence a prendre ça vraiment a la rigolade, alors je l’invitais a toutes les occasions, bien sûr mes copains et copines se moquaient bien de moi, et des paris s’engageaient sur l’excuse farfelue qu’elle me servirait pour ne pas venir. Un soir, je fut invité a dîner chez un collègue c’était mon anniversaire, comme ce collègue connaissait la demoiselle, je me dis que cela la motivera peut être de ne pas être chez des inconnus donc je demande si je peux l’inviter, un autre des futurs convives était là a ce moment là et s’exclame alors : « je te parie mon slip, qu’elle viendra pas ! » , moi bien sûr, parce que je suis joueur, je réponds : « pari tenu ! ».C’est ainsi que je dus, le soir de mon anniversaire, me dessaper et offrir mon boxer a mon hôte devant les yeux médusés de sa femme que je voyais pour la première fois. Mais je ne suis pas rancunier, et comme la chasse au lapin géant me faisait bien marrer, j’ai continué à inviter cette jolie jeune fille, qui a finit par céder et m’offrir une soirée en tête a tête au restaurant … je crois que je me suis jamais autant ennuyé avec quelqu’un (probablement, elle non-plus), nous n’avions rien en commun, pas le même humour, pas les mêmes centres d’intérêt plus j’apprenais de chose sur elle plus je la trouvais repoussante.
Pour finir, je lui ai poliment proposé une balade digestive a pied histoire de discuter un peu encore. Elle declina l’offre, et je la ramenais chez sa mère.
Par la suite je ne l’ai plus invité de peur qu’elle accepte.
Coup de foudre
Si je parle de ces préparatifs, c’est parce que je remplissais souvent le rôle de gardien du temple à ces soirées … enfin par gardien du temple, je veux dire gardien du bar, barman, ce qui vous pouvez me croire était une charge tout aussi sacrée et importante.
J’avais un goût et un certain talent pour la fabrication de cocktails, je gardais la caisse avec le sérieux d’un mastiff gardant son os, et le plus souvent par la parole j’arrivais à désamorcer les conflits avant qu’ils n’éclatent réellement. J’aimais vraiment cette fonction … en plus, tous mes lecteurs le sauront, le bar est un endroit stratégique dans une soirée. C’est l’un des endroits les plus calmes (pour pouvoir entendre les commandes), tout le monde y passe, et généralement on a une vue imprenable sur toute la salle.Mais ces précisions données, revenons en à notre histoire … Avec les membres de notre petite « congrégation » puisque c’est comme ça que nous appelions notre bande, nous avions organisé une de ces gigantesques soirées, afin de fêter la fin des partiels du premier semestre de la Faculté de Droit. Dans l’après midi précédent cette soirée, l’un de mes amis, qui sans être un proche était quelqu’un que je fréquentais assez régulièrement dans le cadre de l’organisation de ces évènements, François, s’approche alors de moi.Ce faisant, il précède de peu une magnifique jeune fille … involontairement, mon regard s’attarde un peu sur cette dernière, une petite brune, des yeux verts très clairs, semblables à des émeraudes, un visage et un sourire d’ange … une jeune fille un peu petite certes, mais avec des courbes à damner un saint.
Naturellement, ma réaction ne passa guère inaperçue, se « taper un fixe » d’une dizaine de secondes alors même que l’on vous est en train de vous parler est loin d’être une relation que l’on pourrait qualifier de discrète.
Néanmoins, une fois le trouble passé, François me présente sa sœur Gwen, et après quelques derniers détails sur l’organisation de la soirée, il me glisse à l’oreille d’un air amusé, alors qu’ils s’apprêtaient à repartir : « Jules, espèce de crevard, c’est ma sister, si t’y touches, t’es mort ».
Avec un sourire de circonstances et la franchise d’un arracheur de dents, je lui assure que l’idée ne m’a même jamais traversée l’esprit, qu’il n’a absolument aucun souci à se faire, et que je suis même prêt à la considérer comme ma propre sœur. Mes déclarations sont accueillies par un sourire un peu sceptique, mais finalement, nous nous séparons, chacun allant faire de son coté les derniers préparatifs et les ultimes achats.
Arrive finalement, le début de soirée. François et moi nous rejoignons sur place, et je note l’absence de sa sœur. Il me dit qu’elle arrivera plus tard dans la soirée et me demande de garder un œil sur elle, afin qu’elle ne fasse pas de bêtises et qu’elle ne boive pas trop. Me regardant, il précise d’un ton insistant « Un œil, Jules … j’ai bien dit, un œil, hein ? ». J’acquiesce encore une fois, et je le laisse repartir vers l’entrée alors que je m’installe nonchalamment au bar.
François, petit, mais vif et teigneux, adepte de divers arts martiaux, aux noms aussi exotiques qu’imprononçable, assurait avec deux autres potes le service d’ordre de la soirée. Peu à peu, petit à petit, la salle se remplit, et la pendule avançant la foule autour du bar s’éclaircit. Je remarque alors Gwen, traînant l’air un peu perdue un verre à la main. Je lui fait signe, et malgré son air un peu éméchée, j’accepte suite à son insistance de la resservir, allant même jusqu’à lui offrir le verre.
Oh oui, je sais, chers lecteurs, j’entends déjà vos cris indignés sur mon manque d’éthique, mais je crois que je n’aurais rien pu refuser à cette fille. *petit sourire triste*
Toujours est il qu’au bout de quelques minutes une discussion un peu hésitante s’engage. Mon cœur s’emballe un peu, j’apprends qu’elle est en première année de droit, que c’est la petite sœur de François (ce dernier était en maîtrise), mais que comme c’est la petite dernière de la famille son grand frère est très protecteur à son égard (Sans blague, j’avais cru remarquer). On papote encore un peu, de tout et de rien, échange un chaste baiser, et finalement quand elle me dit qu’elle est crevée et qu’elle aimerait bien faire un petit break, je lui propose de se reposer dans la cuisine inoccupée, située juste derrière le bar.
Dix minutes après, déposant quelques bières gratuites sur le comptoir, je ferme temporairement le bar, histoire de voir comment elle va. On discute encore un peu plus, on s’embrasse, timidement d’abord, et finalement plus férocement, assise sur une des grandes tables en inox de la cuisine, je la serre très fort contre moi … quand soudainement la porte s’ouvre brutalement, François en furie fait irruption dans la pièce (j’apprendrai quelques mois plus tard qu’il était venu récupérer la caisse), allume toutes les lampes et nous éblouissant par la même occasion. Un flot ininterrompu d’injures et de propos sur la confiance trahie sortait de sa bouche. J’essaye de le calmer, en vain, je reçois dans la foulée un violent coup de poing à l’œil droit, me laissant hébété, rapidement suivi de quelques autres. Au bout d’une éternité on nous sépare enfin, et François quitte la pièce en trombe en traînant sa sœur par le bras, me laissant chancelant, abasourdi et relativement choqué !
La soirée, se finit dans une atmosphère glaciale, digne d’un blizzard sibérien. Le lendemain, tous les organisateurs se réunissent pour faire les comptes. Des commentaires sarcastiques accueillent mon œil au beurre noir, et une muraille humaine se forme pour nous isoler François et moi. Bien que tenaillé par une puissante envie de revanche, je cherche néanmoins à m’expliquer calmement avec lui, à obtenir des excuses … Sans succès.
Au cours de la semaine, je réussis finalement à obtenir le numéro de portable de Gwen, par l’amie d’une amie, je l’appelle, et je me fais répondre sèchement pêle-mêle : qu’elle ne veut plus rien avoir à faire avec moi, que son frère lui à parler de moi et qu’elle se demande comment j’ai pu agresser ainsi ce dernier (sic !), pour finalement finir par constater que « je n’était vraiment qu’un salaud » dans un ton qui aurait pu fournir un bel exemple d’hystérie à des étudiants en psychologie. Inutile de préciser qu’à ce moment seulement j’étais non seulement assez dubitatif, mais que j’ai aussi senti mon cœur voler en éclat.
La situation aurait pu en rester là, mais quelques jours après, j’apprenais auprès de certains de mes « amis » que ma participation n’était plus souhaitée pour l’organisation des prochaines soirées. D’ailleurs, en fait, je me retrouvais tout court « persona non grata » à celles-ci.
Cette situation allait durer jusqu’à la rentrée suivante et fut, bien entendu, particulièrement dure à supporter. Je la relate désormais avec le sourire, mais il m’arrive encore quelques fois d’en rire jaune. »
Maudite St Valentin

