Episode 3

Il se posta devant la porte automatique et entra sa carte pour l’ouvrir. Après avoir produit un souffle semblable à un soupir, le panneau glissa dans
le mur, lui permettant de rentrer. Il comptait se rendre dans sa chambre quand sa mère lui barra le passage. Elle surgit devant lui, le faisant violemment sursauter et commença à l’entraîner vers
le salon.

« Mon chéri, tu vas voir, je t’ai concocté une surprise merveilleuse, je suis sûre que tu vas rester sans voix ! Je suis impatiente de
te montrer ça, mais avant, il faut que je vérifie si tu es bien…Oh mon chéri ! Tu as une tête épouvantable ! Où es-tu allé traîner, encore ?  »

Elle soupira et commença à lui arranger les cheveux et à lui replacer sa chemise correctement. A 55 ans, Lauren Wadeker était encore une très belle
femme, avec ses yeux vert émeraude qui valaient l’admiration de la plupart des hommes de son âge et des cheveux d’ébène parmi lesquels apparaissaient quelques cheveux blancs. Mais malgré son
succès auprès de la gent masculine, elle avait toujours refusé de se remarier, restant fidèle à la mémoire de son époux, mort en guerre. Ethan n’avait pas beaucoup de souvenirs de son père et ne
savait même plus quelle tête il avait… Il ressemblait tellement à sa mère que s’il eut appris qu’il n’avait pas eu de père, ça ne l’aurait presque pas surpris.

Quand elle eut enfin fini de le rhabiller, elle le traîna vers le salon où il découvrit Neve Woodart, sa chère fiancée, en grande tenue
blanche : sa robe de mariée. Il resta sur le pas de la porte, bouche bée, admirant la jeune femme : ses longs cheveux bruns tirant sur le roux tombaient sur ses épaules, soulignant sa
peau diaphane, tandis que son visage trahissait sa joie. Ses yeux marron pétillaient, ses lèvres joliment ourlées dessinaient un sourire qui ne paraissait pas feint. En effet, Ethan était un des
meilleurs partis de la ville, il y avait de quoi se réjouir. Il devait admettre qu’elle était très belle, même si quelques kilos en plus ne lui auraient pas fait de mal, mais il ne l’aimait pas,
c’était ainsi. Ce mariage était arrangé de toute pièce car les membres de l’élite ne devaient se marier qu’entre eux.

« Mon Dieu ! s’exclama Lauren, en prenant la future mariée dans ses bras. N’est-elle pas ravissante ? Neve, ma chérie, vous
êtes tout simplement somptueuse ! Qu’est ce que tu en penses, Ethan ?

– C’est…tu es très belle, Neve.

– Oh, ne reste pas dans ton coin, viens donc voir la robe de plus près ! C’est Neve elle-même qui l’a dessinée, elle est vraiment…je ne
trouve pas mes mots pour le dire. Oh, mes chéris ! Ca va être magnifique ! Je suis si excitée ! Ethan, il faut commander ton smoking !

– Maman, on ne se marie que dans quatre mois, on a le temps.

– Oh, Ethan, tu me désespères ! Si on t’écoutait, on ferait toujours tout au dernier moment. Bon, je vous laisse tous les deux, en
amoureux. Vous devez en avoir des choses à vous dire. »

Elle leur fit un sourire plein de sous-entendu puis s’éclipsa, laissant les deux jeunes gens seuls. Neve se planta devant le miroir et s’examina sous
toutes les coutures, d’un air suffisant, C’était précisément la raison pour laquelle il ne l’aimait pas. Elle était à ce point superficielle qu’elle se réjouissait d’épouser un homme qu’elle
n’aimait pas, simplement parce qu’il faisait partie de l’élite. Par ailleurs, elle n’avait pas beaucoup de conversation, en dehors des bals mondains et des rumeurs sur les uns et les
autres.

« Il faut célébrer nos fiançailles, déclara-t-elle, soudain.

– Hein ?

– Nos fiançailles, répéta-t-elle, excédée. Il faut faire une grande fête et inviter tous les gens en vue, comme ça, toute la ville ne parlera plus
que de notre futur mariage…oh, je vois ça d’ici. Le colonel Woodart, héros de guerre et Mme Wadeker, veuve du grand général Wadeker ont décidé d’unir leurs enfants, pour le meilleur et pour le
pire. Hou !  »

Elle poussa un petit gloussement qui voulait certainement dire qu’elle était ravie. Il voulut sortir de la pièce pour éviter ses délires
pharaoniques, mais il s’y prit trop tard : elle fonça droit sur lui et se mit à énumérer les gens qui devaient être présents.

« Il faudra inviter les Adams, les Goldberg, les Green, Robertson…oh, tu sais qui il faut à tout prix inviter ? 

– Dieu ?

– Soit un peu sérieux ! Les Geller ! C’est une des familles les plus importantes de la ville et ils ont un petit garçon de neuf
ans ! 

– Super, on va pouvoir jouer aux petits soldats.

– Mais non ! Il nous faut une fille ! Si j’accouche dans un an, ils n’auront que dix ans de différence, c’est jouable…il faut que notre
fille épouse Oliver Antelwort Geller !

– Quelle fille ? On n’est pas mariés et tu n’es même pas encore enceinte ! Redescend un peu sur terre, Neve.

– Oh, bon sang ! Tu sais que si tu n’étais pas le fils de Wadeker, je ne t’aurais jamais épousé !

– Ca tombe bien, parce que si j’avais le choix, je ne t’aurais jamais voulue. »

Elle poussa un grognement de colère et repartit à son miroir : elle préférait sans doute se pâmer plutôt que discuter avec son futur époux
qu’elle haïssait probablement déjà. Il soupira et sortit sur le balcon pour prendre l’air. S’il n’y avait pas eu sa mère, il aurait refusé cette union, mais elle y tenait tellement.. Il ne
voulait surtout pas la contrarier, il l’aimait trop.

Il entendit un bruit près de lui et tourna vivement la tête : un simple passant qui poursuivait sa route sans faire attention à lui. Il fut
légèrement désappointé : il auaait souhaité se retrouver nez à nez avec sa voleuse, parce qu’il était quasiment sûr qu’elle n’était pas une exclue. Comment connaissait-elle son nom ?
Pourquoi tous ces malfrats obéissaient aveuglément à cette fille ? Et pourquoi pensait-il encore à elle ? Il ne la reverrait probablement jamais et même s’il la retrouvait, que lui
dirait-il ?

« Ca vous plairait de dîner avec moi ? J’aimerais bien savoir qui vous êtes. »

Elle éclaterait probablement de rire et lui volerait son passe . Il entendit Neve pianoter sur le robot-esthéticien, sans doute pour lui
demander de la maquiller ou de la coiffer. Il soupira : il allait devoir passer sa vie avec la femme la plus gonflante de la planète, quel bonheur ! C’était peut-être pour ça qu’il
repensait à l’autre femme, parce qu’elle était libre et qu’il l’enviait. Peut-être que si la guerre n’avait pas eu lieu, il aurait pu épouser la femme de son choix et aurait pu éviter les soirs
de désespoir à l’idée de se marier avec une idiote qui n’avait aucune culture et aucun centre d’intérêt digne de ce nom. De toute façon, cette société n’était pas faite pour se cultiver :
les enfants allaient à l’école pendant quatre ans pour apprendre à lire et à se servir des machines et après, ils étaient lâchés dans la Nature, sans avoir le goût de la lecture. De toute façon,
pour ceux qui en auraient eu l’envie, ils auraient vite été découragés par les horaires impossibles de la bibliothèque municipale…A présent, ils pensaient que seule la télé pouvait cultiver et
ils s’abêtissaient à regarder des films dans lesquels jouaient des cyborg plus vrais que nature ; mais au fond, il s’en était contenté jusque là parce qu’il n’avait pas vraiment envie
de se battre pour que ça change. Les gens ne lisaient plus, et alors ? Que pouvait-il y changer, lui ? La société était ainsi faite et elle faisait plus d’heureux que toutes celles qui
l’ont précédée…il fallait être réaliste : il y aurait toujours des exclus mais, au moins, à Technopolis, ils étaient réduits au minimum.

—–    

            Ethan s’étira lentement et quitta son lit avec regret, mais il avait beaucoup à
faire : Neve et Lauren avaient invité un nombre impressionnant de gens pour la réception célébrant leurs fiançailles et il fallait s’occuper de tout organiser. Il entra dans le salon et fut
assailli par Neve qui semblait surexcitée :

«Oh, Ethan, enfin tu te lèves ! Devine qui va venir à notre réception ,devine ! Devine !

– Je sais pas moi…Neve, je viens de me réveiller.

– Et bien je vais te le dire : M et Mme Geller et leurs enfants : Oceany et Oliver Antelwort. Ils viennent, c’est formidable, on va pouvoir
arranger le mariage ! Et puis c’est pas tout, devine qui sera notre invité d’honneur ?

– Je n’en ai pas la moindre idée.

– Bill Oxford lui-même ! Bill, sa deuxième épouse Kelly et son fils Mark ! Ca va être fantastique, tout simplement merveilleux ! J’ai
hâte de dire ça à ta mère ! Oh mon Dieu ! Je n’ai rien à me mettre ! Faut de suite que j’aille regarder ce qu’ils ont en rayon sur le web. Toi, il faut que tu vérifies que le repas
sera livré, la salle libre, les musiciens en service…tiens, je t’ai fait une liste. Oh, Bill Oxford !  »

Elle poussa un cri de joie et se jeta sur l’ordinateur, pour commander la robe de ses rêves. Il soupira et regarda la trop longue liste que lui avait
laissée sa future femme. Il ne savait même pas s’il aurait assez d’une vie pour faire tout ce qu’elle lui demandait, mais il allait s’exécuter par amour pour sa mère qui faisait tout pour
que ce mariage soit une réussite. Il ne voulait en aucun cas la décevoir.

Il se rendit dans sa chambre et fit tout ce qu’il put pour accomplir toutes ses tâches. Mais il était interrompu toutes les deux minutes par sa chère
fiancée qui lui envoyait des photos de robes en lui demandant ce qu’il en pensait et il répondait toujours que ça irait très bien, mais apparemment, elle n’était pas du même avis que lui,
puisqu’elle changeait de robe…alors pourquoi elle lui demandait son avis ?

Ensuite, il fut dérangé par sa mère qui voulait savoir s’il préférait une décoration dans les tons bleus ou dans les tons verts, parce que Neve
voulait accorder la couleur de sa tenue à la décoration. S’il ne devenait pas fou avant la fin de la journée, ce serait un miracle.

« Ca n’a pas l’air d’aller, mon chéri, remarqua Lauren.

– J’ai beaucoup de choses à faire, c’est pour ça. Je crois que je n’aurais jamais le temps de tout mettre en place.

– T’en fais pas, je vais t’aider.

– Mmm. Je peux te poser une question : pourquoi tu as épousé papa ?

– Quelle question : parce que je l’aimais, voilà.

– Tu sais ce que je devrais répondre, moi, quand mes enfants poseront la question : parce que j’étais un bon parti pour votre
mère.

– Oh, mon chéri, ne dis pas ça…je suis sûre que Neve t’aime sincèrement.

– Non, je ne crois pas : la seule chose qui l’intéresse, c’est de pouvoir faire une fille à temps pour la marier avec Oliver Antelwort
Geller.

– Quelle idée ! Il a déjà neuf ans, le temps que vous ayez une fille, à condition que vous ayez une fille, évidemment, il sera trop
tard.

– Va dire ça à Neve ! Pour elle, c’est le meilleur parti pour notre fille qui n’est même pas conçue. Tu sais, je crois que cette fille est
complètement givrée : c’est plus important pour elle de savoir qui sera là à son mariage que d’aimer un peu son fiancé.

– Je comprends ce que tu ressens. Tu sais, si tu ne veux pas l’épouser, je…

– Non, maman, je l’épouserai, ne t’en fais pas : ça te tient tellement à cœur. 

– Tu ne dois pas te marier avec cette chipie pour me faire plaisir, voyons !

– Mais en te faisant plaisir, je suis heureux. C’est tout ce qui compte, au fond.»

Il étreignit tendrement sa mère, mais au fond de lui, il s’en voulait de lui avoir parlé ainsi de Neve. Elle pensait sincèrement qu’ils étaient
amoureux l’un de l’autre, ou plutôt, elle voulait à tout prix le croire, mais elle devait se rendre à l’évidence, à présent : ces deux là ne s’aimaient pas et leur mariage risquait d’être
une corvée pour l’un comme pour l’autre, mais que faire ? De toute façon, les fiançailles avaient été annoncées partout, ils ne pouvaient pas revenir en arrière et puis, s’il n’épousait pas
Neve, qui pourrait-il choisir ? Les femmes célibataires faisant partie de l’élite et ayant à peu près son âge ne courraient pas vraiment les rues et il risquait de finir sa vie seul, s’il
n’attrapait la perche qu’on lui tendait et il voulait offrir à sa mère le plus beau des cadeaux : un petit-fils ou une petite-fille.

Neve entra à ce moment-là dans la pièce et les regarda atterrée :

« Ethan ! A quoi ça sert que je m’escrime à t’envoyer des messages si tu ne les lis pas ? Nous n’avons pas de temps à perdre !
 

Lauren regarda sa future belle fille, choquée par cette impolitesse et par cette attitude digne des esclavagistes, puis explosa :

« Ecoute-moi bien, petite peste ! Tu vas changer d’attitude avec mon fils immédiatement ou je romps les fiançailles et je m’arrangerai pour
que tout le monde sache à quel point tu es détestable ! Après ça, ça m’étonnerait bien que tu puisses trouver un fiancé potable et tu finiras ta vie seule : imagine : ça va être
atroce de penser qu’Oliver Antelwort Geller va épouser une femme qui ne sera pas ta fille.

– Mais, je…bafouilla-t-elle.

– Tais-toi et mets-toi un peu au travail : Ethan ne pourra jamais réussir à tout faire tout seul.

– Mais, je…heu…d’accord. »

Neve semblait au bord des larmes et elle repartit toute penaude vers son écran ; apparemment, Lauren avait trouvé la bonne méthode pour la faire
marcher au pas. Il faudrait s’en souvenir, dans le futur.

Il sourit à sa mère qui repartit dans le salon surveiller sa belle-fille, puis il repartit dans ses innombrables tâches…quelle plaie, cette
réception ! Tous ces gens importants qui allaient tout examiner, critiquer et qui feraient un compte rendu plutôt péjoratif de la soirée, ça lui donnait la nausée : pourquoi
s’encombrait-on la vie avec ce genre d’obligations qui ennuyaient tout le monde ? Quand ils avaient crées Technopolis, ils auraient dû aussi penser à supprimer ces petites sauteries
grotesques…mais pour le moment, il n’avait malheureusement pas le choix et il se concentra sur les divers menus que lui proposait le traiteur, un drôle de robot avec une fausse moustache appelé
André.

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A vot’’ bon cœoeur

(En attendant la suite de Technopolis qui arrivera sans doute ce soir, voici un petit  délire entre ma  soeur et moi pour me trouver du boulot)

Ceci est la chaîne de la journaliste, tu dois la renvoyer à 17 personnes dans la journée, sinon la journaliste te jettera un sort sur toi et sur tes descendants sur 17 générations.
Des choses terribles vous arriveront alors que si vous renvoyez la chaîne, vous aurez droit aux remerciements de la journaliste.
 

Cette chaîne n’est pas contraignante, vous n’avez pas d’argent à verser ou de questionnaires de trois kilomètres de long à remplir, il faut juste faire suivre car c’est important. Vous pouvez aider la carrière de la journaliste et faire le bonheur d’une personne, ce n’est pas tous les jours qu’on vous offre cette belle opportunité.
 

La journaliste a 26 ans. Après de brillantes études en histoire, science politique et journalisme, la journaliste se retrouve diplômée d’un master professionnel de journalisme en octobre. A l’époque, la journaliste était pleine de vie, souriante et confiante en l’avenir. Avec de tels bagages, elle ne pouvait que réussir. Mais voilà, la success story se brise : au lieu de pousser les portes d’une grande rédaction, elle pousse les porte de l’ANPE. De jour en jour, la journaliste s’étiole comme une plante oubliée sur le radiateur en hiver.

 

Tu peux sauver la journaliste, tu dois sauver la journaliste. Pourquoi ? Parce que la journaliste a fait quatre ans d’histoire et est particulièrement douée en histoire contemporaine. Parce que la journaliste a fait un an de science politique et maîtrise sur le bout des doigts les théories des relations internationales, ce qui lui permet de comprendre le monde qui l’entoure. Parce que la journaliste a appris son métier dans un IEP et qu’elle maîtrise parfaitement la langue française. Because the journalist speaks english so well. Parce que la journaliste est parfaitement à l’aise sur papier ou sur le net, qu’elle tisse des liens particuliers avec les gens qu’elle interviewe. Comme la journaliste est jeune et souriante, les interviewés sont à l’aise avec elle et poussent la confidence loin. Parce que des journalistes comme elle, il n’y en a pas tant que ça.

 

Envoie donc ce mail avec le CV joint à 17 personnes (ou plus) pour aider la journaliste à trouver du travail. Ca ne te prendra pas de temps et pense que grâce à toi, une super
fille va pouvoir enfin faire le métier pour lequel elle est faite. Alors surtout ne brise pas la chaîne sinon la journaliste finira téléactrice et te harcèlera au téléphone jour et nuit pour te vendre un sanibroyeur.

 

Tatiana

Nom : Tatiana
Age : 23
Signe astro : virgo
Profession : étudiante-chômeuse
Situation amoureuse : Célibataire mais à moitié
Lieu de chasse favori : la savane (ah euh non c’était peut être pas ça la question)
Ce que vous cherchez : mes clés !
Liaison amoureuse la plus longue : 2 mois
Votre meilleur souvenir en amour : euh…
Une anecdote marrant en matière de sexe : j’étais avec un mec, tous les deux complètement bourrés, monsieur était très chaud (je m’y était bien employé) et puis moi d’un coup je me dis que ben non j’ai plus envie et envoie l’autre sur les roses ou plutôt dans les toilettes (le pauvre…)
Vos règles et devises : rester entière et fidèle à ses convictions
Petite présentation : « bonjour, Tatiana, 23 ans célibataire, si tu es beau et que tu n’es ni trop lourd ni trop con, et ben reste comme ça surtout change pas ! »
 
Si vous étiez une chanson : sea, sex and sun
Si vous étiez un livre : un livre de fantaisie
Si vous étiez un film : filles perdues cheveux gras
Si vous étiez un arbre : un ficus bonzaï
Si vous étiez une fleur : une orchidée
Si vous étiez un animal : un chat
Si vous aviez 3 vœux : être heureuse tte ma vie, que tous les gens que j’aime soient heureux tte leur vie et pouvoir faire des vœux toute ma vie 😉
Si vous pouviez être invisible, vous iriez espionner : tout le monde !
Ma vertu préférée : la franchise
Le principal trait de mon caractère : entière et changeante
La qualité que je préfère chez les hommes : qu’ils soient honnêtes, et attentionnés (autant dire l’impossible)
La qualité que je préfère chez les femmes : la fantaisie
Mon principal défaut : la non diplomatie (parfois)
Ma principale qualité : l’écoute et la compréhension
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : leur gentillesse et leur soutien
Mon occupation préférée : parler
Mon rêve de bonheur : une vie en dehors des conventions
Quel serait mon plus grand malheur ? : devenir aigrie
A part moi -même qui voudrais-je être ? : personne c déjà assez compliqué d’être soi
Où aimerais-je vivre ? : dans une grande ville ou tout le monde est anonyme
La couleur que je préfère : violet
L’oiseau que je préfère :
un aigle
Mes héros dans la fiction : c’est quoi un héros au juste hein ?
Mes héroïnes favorites dans la fiction : toutes les filles avec des pouvoirs surnaturels
Mes peintres préférés :
dali
Ma nourriture et boisson préférée : chocolat !!!!!!!!!!!
Ce que je déteste par-dessus tout : la lâcheté et la tromperie
La réforme que j’estime le plus : la liberté de contraception et le droit de vote des femmes
Le don de la nature que je voudrais avoir : un sixième et septième sens
Comment j’aimerais mourir : sans souffrance et avec le sentiment d’avoir eu une vie remplie

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence : celle qui est avouée avec regrets.

J’ai le melon

Par Gauthier
Comme vous le savez peut-être, ou peut-être pas, je ne suis pas un modèle de modestie, ni d’humilité, et encore moins de compassion. Bref mes amis les plus proches peuvent vous le dire, je suis plutôt puant comme mec quand je m’y mets. Alors forcément comme je suis bien élevé, je fais des efforts pour « bien passer » en société. Je ne peux pas décemment cracher mon fiel ou me mettre en avant 24/24h 7/7j, sinon je serais bien seul.
 
Oui parce que comme tout spécimen d’homo insupportabilus (Mister Big, si tu nous regardes, des fleurs…), je suis aussi hyper sociable, j’ai besoin d’avoir un milliard d’amis, d’être complètement overbooké, bref ça me permet de me sentir encore plus important.
 
Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que j’ai atteint des sommets ces derniers temps. Oui j’ai une chance insolente, tout me réussit, ça en devient indécent. Par où commencer ?
 
Vous le savez sûrement, mais je suis encore étudiant, et je passe beaucoup de temps à sortir, à baiser, bref à m’amuser. Mais j’ai quand même validé mon semestre avec brio (j’ai loupé la mention, mais comme la moitié de la promo s’est fait recaler, ben ça donne de la valeur à mes notes). En plus, pour la petite histoire, quand je me suis retrouvé devant ma feuille d’examen j’ai été super déçu par les sujets. Je suis en bac + 5, le minimum c’est, à mon avis, de vérifier si l’on sait réfléchir, analyser, synthétiser, bref si on a un cerveau suffisamment développé pour devenir des cadres supérieurs. Perso j’attache très peu d’importance et de crédit aux gens qui sont capables d’apprendre par cœur et de le recracher pendant un examens. Ça va, on est plus au lycée. Ben nos profs nous ont simplement demandé de recracher le cours, du par cœur, à la virgule près. Le truc bête et méchant, n’importe quel couillon avec un QI suffisamment élevé pour pouvoir nouer ses lacets tout seul est capable d’apprendre par cœur et de réciter. Donc au lieu de passer 3h dans la salle pour chaque examen, j’y suis resté entre 1h30 et 1h45, juste le temps de remplir deux copies doubles, c’est quand même très scolaire tout ça… Donc le fait que tous ceux qui sont recalés sont resté les 3h à se prendre la tête sur des sujets niveau bac (pour moi) ben ça me regonfle encore plus le melon démesuré qui me sert de boite à cerveau ces temps-ci.
 
Parlons du reste. Je suis dans un master professionnel, il me faut donc un stage pour valider mon année. Je suis quelqu’un de très pragmatique quand il le faut. Donc ma recherche de stage, ça donnait à peu près ça : « bon ça c’est bien, mais tu seras jamais pris ! ça aussi c’est génial, mais tu n’as pas le niveau ! oh là ! alors celui-là il est parfait, mais il y a 700 candidatures, comment peux-tu être pris ? tient, je vais postuler là, c’est nul, je devrais y arriver ! ». Donc j’envoie mes dossiers de candidature, je fais un beau CV, de belles lettres, je mets une belle photo de moi, bref je fais les choses bien. Et puis je me dis « et merde, après tout, ça te coûte qu’un timbre, postule pour le stage parfait où il y a 700 candidats pour un poste, on sait jamais ». Eheheheheh, donc je peux officiellement l’annoncer, j’ai un stage, et lequel à votre avis ? Ben oui mesdames z’et messieurs, j’ai écrasé 700 personnes pour l’avoir : JE SUIS TROP FORT ! Bon par contre j’en ai presque pleuré, et j’ai pas encore tout à fait réaliser, mais bon le fait est que je vais faire un stage de la mort qui tue. J’aimerais bien vous expliquer, mais sous couvert de préserver un semblant de vie privée et d’anonymat, je ne peux pas. Et en plus j’ai pas le droit de parler de ce que je vais faire (les plus perspicaces aurons sûrement une piste avec ce que je viens de dire). Donc on refout une couche au melon, là c’est officiel, je passe plus les portes…
 
À cela s’ajoute ma vie sexuelle, tout le monde a pu lire mon précédent article, mais si… Celui où j’explique que j’ai enculé un futur mannequin américain, qui m’a hurlé du « Djisseus Kraïste » toute la nuit !!!!! Donc oui j’avoue, je me tape des bombes, des mecs à vous faire vous dévisser la tête quand vous les croisez dans la rue. Le genre de mec qu’on voit dans un magazine, et on se dit « mais ça n’existe pas des mecs comme ça, regarde-le, il est trop beau !!! ». Ben si mesdames z’et messieurs, ça existe, et je dois même avouer quelque chose, il est très gentil, et il me fait des compliments par rafales. Moi là c’est officiel, j’en peux plus, c’est plus un melon que j’ai, c’est une mongolfière. Je suis tellement gonflé que je touche plus terre…
 
Donc pour revenir au problème de base, je suis puant. Je dénigre et je critique. Je me sens largement supérieur. En même temps, c’est pas ma faute, les gens sont médiocres, et ils se complaisent dans leur médiocrité. C’est affligeant. Vous aussi je suis sûr que vous savez de quoi je parle. Je suis en plus de tout, mais en fait ça va ensemble, complètement élitiste. Regardez derrière vous, et repensez à vos camarades de collège ou de lycée. Je suis sûr que vous ne voyez plus 95% des gens que vous fréquentiez à l’époque. Là vous en recroisez un/une par hasard dans une soirée. Ça fait super plaisir ce genre de truc, perso suis toujours super content de les recroiser, bref. Donc vous commencez à papoter, et ça donne quelque chose comme ça :
– Alors tu fais quoi de ta vie ?
– Je suis en Science po, je vis à Paris, et je suis gay et toi ?
_ J’ai arrêté en première, je me suis marié avec Marc, on a deux gosses, je suis caissière à Ecomarché, et je fais construire ma maison à côté de celle de mes parents.
– …
Comment peut-on ???? Cet exemple est tiré d’une histoire vraie, et la fille a rajouté « putain je suis bien contente de te revoir, c’est tous des ploucs au village, je les supporte plus, il faut trop que tu viennes boire le café » Et toi t’es quoi ? T’es pas la reine des ploucs peut-être ??? Je rêve… Ma meilleure amie au lycée, enfin mes trois meilleurs amis au lycée sont dans cette situation : bac – 2, marié, presque des enfants, travaillant pour le smic, et super heureux ! Moi je ne comprends pas… Alors je ne choisis pas mes fréquentations selon leurs diplômes, ni leur culture, mais il faut bien avouer que s’ils sont incapables de tenir une conversation je ne vais pas les voir souvent et ils ne deviendront jamais des amis. J’ai essayé de passer outre ça, et ça donne des situations super compliquées, où à la fin on se dispute façon « j’ai 12 ans, t’es plus ma copine, je vais te pourrir ta vie, bouh vilaine ». Perso je trouve ça fatigant à mon âge d’avoir encore ce genre de relations humaines.
 
Donc oui je suis puant, élitiste, et j’ai un melon inimaginable. Et alors ??? Je n’oblige personne à me supporter. Et le plus fort c’est qu’apparemment c’est ce qui me rend si attractif quand on me rencontre. Parce que je suis la personne avec qui tu vas pouvoir t’isoler dans un cocktail pour dire du mal de l’ensemble de la salle. Et ça, c’est pas complètement jouissif ? Pour une plus ample compréhension du phénomène « langue de pute », reportez vous à l’article de Nina. Bref j’assume complètement mes défauts, j’en fais même des qualités. C’est normal, je suis tellement intelligent !!!!

Episode 2

19 avril 2014
Camp de survivant de Los Angeles.
 
Alyson ouvrit les yeux et tendit l’oreille : quelqu’un criait.  Ca n’avait rien de surprenant dans ce genre d’endroit où ceux qui n’étaient encore pas morts
venaient s’entasser. En effet, la guerre s’était éternisée et avait dégénérée : les Chinois avaient détruit le Japon en deux semaines tandis que les Etats-Unis arrivaient avec leur virus.
Il tua tous les Chinois, certes, mais se propagea dans toute l’Asie et une partie de l’Europe qui bombarda à son tour l’Amérique en représailles. A présent, partout sur la Terre, tout était
détruit, 90% de la population mondiale avait été éradiqués, à coup de virus et de missiles. Même les Etats-Unis avaient été victimes de leur propre bactérie, puisque lors d’un bombardement
anglais, un des containers dans lesquels était stoqué l’arme d’Hank avait sauté et beaucoup d’américains avaient péris. Certains avaient survécus, mais personne ne savait
pourquoi : peut-être avaient-ils un anticorps particulier qui les empêchait de tomber malade.
Hank…il avait disparu quelques années plus tôt lors d’une mission en Australie, où il avait voulu voir les effets de son virus. La rumeur prétend qu’il l’aurait attrapé et en
serait mort. Elle avait été triste, sur le coup, mais, à présent, elle y était totalement indifférente. Elle avait toujours avec elle ce qu’il y avait de plus précieux au monde à ses
yeux : ses deux enfants, Oceany et Oliver.
Le cri continua mais il était différent car on aurait dit…de la joie ? Ca semblait impossible, vu les circonstances, et pourtant…
Un homme arriva près d’eux en courant et se mit à crier :
« C’est fini, c’est fini !  Hourra ! La guerre est terminée, on est vivant ! On est vivant ! Merci mon Dieu ! On a survécu,
ouais !  »
Oceany qui s’était endormie contre sa mère se redressa lentement et regarda sa mère effarée :
« Maman, tu as entendu ? Tu crois que c’est vrai ?
– Je ne sais pas…prends ton frère, on va voir ce qu’il se passe. »
Oceany prit son petit frère âgé d’un an dans ses bras et suivit sa mère qui se rendit à la tente centrale du camp, qui servait d’infirmerie et de cantine. Le vieux poste radio
crachait des mots déformés par le crépitement, mais on en comprenait le sens.
« Citoyen, citoyenne, aujourd’hui est un grand jour : j’ai l’honneur de vous annoncer que tous nos ennemis ont capitulé : la troisième guerre mondiale est
terminée, nous avons vaincu. »
Tout le monde se regarda un instant, hébétés, puis tout à coup, ils se mirent à pousser des cris de joie, à pleurer, à sauter dans tous les sens, frénétiques…ils n’y croyaient
plus et pourtant, ils allaient enfin pouvoir reprendre une vie tout à fait normale.

—–    
15 mai 2020
Soirée d’inauguration de Technopolis.
            Oceany leva la tête et resta un instant fascinée par cet étrange spectacle : une ville entièrement
recouverte par une bulle de verre, ça n’était pas commun. Sa mère lui prit le bras et le lui serra délicatement pour lui demander d’avancer : il ne fallait pas se faire remarquer dès le
premier soir.
Ils franchirent une immense porte en bois incrusté d’or pour rejoindre un immense chapiteau ; à leur entrée, un homme en costume de laquais les annonça :
« Le général Nicholas Geller, son épouse Alyson et ses enfants, Oceany et Oliver Antelwort. »
Alyson gloussa de plaisir et suivit son cher époux jusqu’au balcon où leurs places étaient réservées. Peu après la guerre, Alyson avait fait la connaissance d’un général, héros de
la guerre et l’avait vite épousée, prétendant que ses enfants avaient besoin d’un père. Pour Oliver, c’était vrai, il était encore jeune, mais Oceany avait déjà 13 ans quand la guerre s’était
achevée. Elle aimait bien Nicholas, mais elle ne pourrait jamais le considérer comme son père, parce qu’elle avait eu tellement d’admiration pour Hank : il avait donné sa vie pour tenter de
sauver les Etats-Unis, qui n’existaient plus, mais le destin lui avait souvent joué de mauvais tours. Heureusement, tous le reconnaissaient comme un héros de guerre.
Ils s’assirent à leur place et attendirent un peu en discutant de tout et de rien, puis le spectacle commença. Le plafond se divisa en deux et s’ouvrit, leur permettant de voir la
bulle de verre, retenue par quatre piliers dissimulés par d’immenses bâches ; une musique retentit et les quatre tentures tombèrent révélant quatre statues représentant un ange, les
ailes dépliées et les bras tendues, qui semblaient tendre un voile en verre pour protéger la ville ; des expressions d’admiration et de surprise se firent entendre ça et là, puis une
voix de femme, incroyablement douce se fit entendre.
« Bienvenue dans Technopolis, la ville du vingt et unième siècle, créée afin de rendre les hommes heureux. La bulle en verre réalisée à partir de matériaux révolutionnaires
qui réchauffent l’air en hiver et le refroidit en été, assurant ainsi une température constante de 25°C. La municipalité met à votre disposition un réseau de monorail qui permet de se rendre
n’importe où sans utiliser votre voiture, dont l’usage sera désormais interdit pour éviter la pollution. Tout est contrôlé par ordinateur, il ne sera donc plus nécessaire de travailler et
l’argent n’existe plus. Au cas où il y aurait des problèmes techniques, les esclaves, capturés lors de la guerre, s’assureront de tout remettre en place. Les quatre anges, placé au nord, sud, est
et ouest de la ville sont un hommage à la ville de Los Angeles sur laquelle cette cité a été bâtie, tandis que la statue centrale, représentant Athena Niché est bien entendu, le symbole de la
victoire américaine sur le reste du monde. Dans cette dernière se trouve le musée de la guerre et, tout en haut, la Mairie. A présent, mesdames et messieurs, le maire et concepteur de cette
ville : Bill Oxford. »
Un tonnerre d’applaudissement accueillit ce nom, ce qui fit sursauter Oceany : elle ne s’était pas attendue à un tel élan d’enthousiasme. Oxford pénétra sur la scène, encadrée
par quatre colonnes aux motifs alambiqués inspirées du style rococo. Il fit un signe à la foule qui acclama de plus belle, puis quand tout le monde fut un peu calmé, il prit la parole. Par un
miracle acoustique, sa voix portait jusqu’aux moindres recoins de l’immense salle sans l’aide d’un micro.       
« Mes chers concitoyens, après six ans de travaux et d’efforts ininterrompus, je suis fier de vous présenter la seule ville de la Terre : Technopolis. Une nouvelle ère
vient de débuter, mes chers amis, et tous ensembles, nous allons faire de cette ville un Eden sur terre ! A présent, plus besoin de travailler pour gagner un salaire de misère :
les robots feront tout pour nous, l’argent n’existe plus ! Nous venons de créer la première société où la misère et la pauvreté n’existent plus et cette société s’appelle
Technopolis. »
 
 
Chapitre 1
 
12 octobre 2024
           
            Ethan donna un coup de pied dans une canette qui traînait par terre et se remit en
route d’un pas pressé.  Il n’aimait pas se promener dans les bas quartiers la nuit, on pouvait faire de mauvaises rencontres. Malgré les promesses de bonheur qu’entretenait Technopolis,
il y avait toujours l’élite et les exclus. Quand il avait fallu attribuer les logements et les machines les mieux développées, ils avaient décidé d’établir un ordre basé sur le mérite militaire
durant la guerre, ce qui semblait une bonne idée, au départ…sauf qu’ils n’avaient pas prévu assez de machines et les derniers sur la liste s’étaient retrouvés avec une pièce ridicule située au
rez-de-chaussée, là où le soleil ne brillait jamais, car les rayons étaient arrêtés par l’enchevêtrement des lignes du monorail et les machines qui assuraient la ventilation de la ville et le
fonctionnement de l’électricité faisaient un bruit d’enfer. Mais les gens préféraient mourir plutôt que partir : Technopolis était désormais la seule ville sur le globe, les autres étaient
réduites en poussière. Bill Oxford et ses amis avaient juré de fabriquer d’autres villes sur le même modèle, mais ils n’étaient pas pressés de se mettre à la tâche…ils n’avaient même pas encore
commencé à construire des machines pour les exclus et ils ne le feraient probablement jamais. Ils se la coulaient douce, dans leur bureau. Mais Ethan ne les blâmait pas et, en réalité, le
problème des exclus ne le préoccupait pas : il faisait partie de l’élite, alors peu importait.
Il entendit un bruit derrière lui et se retourna vivement, mais il n’y avait personne. Avec la nuit, il commençait à devenir paranoïaque. Il repartit
encore plus vite et regretta d’être venu se promener par ici. Il avait erré sans trop faire attention où il allait, préoccupé par son futur mariage qui lui paraissait comme une véritable corvée,
mais Neve était un des meilleurs partis de la ville et ça faisait si plaisir à sa mère…
Cette fois, il avait clairement entendu du bruit. Tendant l’oreille, il se retourna brusquement, tentant de découvrir une silhouette tapie dans
l’obscurité mais il était toujours seul.
« Tu ne devrais pas te promener tout seul dans le coin, beau brun, tu pourrais faire de mauvaises rencontres. »
Il se retourna vivement et localisa l’origine de cette voix : sur un des arbres de ce parc était assise une silhouette noire appartenant
incontestablement à une femme. Il s’approcha un peu et constata qu’elle portait une étrange combinaison en latex argenté, mais il n’arrivait pas à distinguer son visage.
« Je vous renvoie le conseil, mademoiselle : vous devriez rentrer chez vous, le coin n’est pas sûr. »
Elle éclata de rire et se mit debout, s’accrochant à une autre branche, puis déclara :
« Tu es bien téméraire ! J’avais oublié de te dire quelque chose : la mauvaise rencontre que tu risques de faire, c’est
moi. »
Elle bondit au sol et se planta devant lui. Il comprit alors pourquoi il n’avait pas réussi à distinguer son visage : elle portait un étrange
masque noir et argenté constellé de petites paillettes qui ressemblait vaguement à un papillon ; elle était plutôt petite, un mètre soixante, environ, ce qui faisait une bonne tête de
moins que lui, mais elle paraissait bien musclée. Il la regarda, surpris et l’étudia un instant et se dit qu’elle ne devait pas être bien méchante : ses yeux gris semblaient trahir un
tempérament doux, mais il comprit vite qu’il avait fait erreur.
« Qu’est ce que vous me voulez ? Demanda-t-il, tentant de rester calme.
– Ton passe, crétin. Qu’est ce que tu crois qu’on peut vouloir d’autre ?  »
Le passe était une carte qui permettait d’accéder aux plus hauts étages de la ville : chacun avait le sien mais tous ne permettaient pas
d’accéder à tous les points de la ville. Ethan, en tant que membre de l’élite, pouvait se déplacer à sa guise dans tout Technopolis. Si ces bandits le lui volaient, ce serait une
catastrophe : ils allaient semer la panique là-haut et voler les ordinateurs pour pouvoir enfin vivre décemment.
« On ? demanda-t-il.
– Oh, pardon, je ne t’ai pas présenté mes amis : vous pouvez sortir !  »
Les buissons alentours se mirent à bouger et une dizaine de malfrats, tous vêtus en latex, sortirent de leur cachette et formèrent un cercle autour
d’Ethan qui se mit à réfléchir à toute vitesse pour trouver une façon de sauver son passe.
« Bon, tu nous le donnes ou il faut que j’aille le chercher moi-même ? s’impatienta la femme qui lui était tombé dessus.
– Je…je n’ai pas de passe supérieur au vôtre, laissez-moi partir.
– Arrête de mentir, siffla un homme.
– Je vous jure que c’est vrai : qu’est ce que je foutrais ici, sinon ? Là-haut, ils doivent avoir des parcs bien mieux que
celui-là. »
L’homme parut perplexe et regarda la jeune femme de l’arbre, qui devait être leur chef, ce qui étonna Ethan. Elle semblait très jeune, environ vingt
ans, comment pouvait-elle commander tout un groupe, parmi lequel on trouvait des hommes plutôt musclés, comme celui qui venait de lui parler ? De plus, elle ne semblait pas à sa place,
au milieu de ce décor : malgré le masque, il devinait des traits gracieux et sa chevelure auburn tressée d’où s’échappaient quelques mèches semblaient l’objet de grand soin. Y avait-il des
salons de coiffures dans les bas étages ? Il n’en avait jamais entendu parler.
« La bonne blague ! lâcha-t-elle. Depuis quand Ethan Wadeker fait partie des exclus ?  »
Elle connaissait son nom ! Comment était-ce possible ? Bien sûr, toute l’élite parlait de ses fiançailles avec Neve et plusieurs
articles étaient parus dans les journaux mais les exclus ne les recevaient pas : qui était-elle donc ?
« Merde, la police !  s’écria une femme avec un accent hispanique.
– On se replie ! Tu as de la chance, Wadeker, mais si j’étais toi, je me baladerais pas trop seul par ici, ça craint. »
Elle sourit puis se précipita vers les buissons les plus proches et disparut de sa vue. Quelques secondes plus tard, un robot-policier s’arrêta
devant lui et lui demanda d’une voix métallique sa carte d’identité pour vérification, puis repartit faire sa ronde. Dès qu’il fut parti, il se précipita vers le buisson, mais il n’y avait plus
personne, naturellement : l’étrange voleuse s’était volatilisée.

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Le triptyque, week-end religieux

(Je me demande ce que ça va nous ramener comme lecteurs, ce titre)
 
Bien, après la version de Gauthier de notre week-end dantesque, voici la mienne. Samedi, donc, nous décidons d’aller chez la camarade russe de cours de notre Gau-Gau national. Pour une fois, je ne suis pas malade et mes soucis de la semaine s’étant réglés, je me sens en forme pour faire la fête.
 
 
Bon, déjà, la soirée commençait bien : Gauthier et moi nous donnons rendez-vous dans une station de métro pleine d’entrées et de sortie : moi à une entrée, lui à l’autre, on ne se trouve pas et nos portables font de la résistance. Je scrute les visages avec mes yeux de myope, pas de Gaugau. Bon, on finit par se retrouver et c’est parti.
 
Arrivés sur place, une petite rouquine nous accueille, suivi par un jeune homme : les hôtes. On rentre dans la pièce principale et là, suis un peu déçue : y a que des filles ! On parle avec notre amie russe et l’autre camarade de promo de Gauthier mais à peine arrivés, notre amie Svetlana nous tend une embûche : boire de la vodka au piment… pure, of course. Je sers les fesses et je bois… Ah ben non, ça n’arrache pas tant la gueule que ça (mais bon, moi, j’ai mangé du wazabi pur alors…). Par contre, le Gauthier, il nous fait un remake de Gérard Jugnot dans les Bronzés font du ski, la scène où ils boivent la liqueur d’échalote… Moi, je suis pétée de rire. Je bois un peu vite ma vodka, je grignote et bois des boissons non alcoolisées et là, deuxième défi : un cocktail dont j’ai oublié le nom : de la Cachaça (orthographe ?), du citron vert et de la glace pilée. Oh la vache !! Gauthier nous refait Jugnot, je sens une étrange chaleur dans mon œsophage. On rajoute un morceau de sucre et comme je trouve ça bien meilleur, j’hérite du verre du GauGau. Bon, voilà après trois COCKTAILS à la vodka, Svetlana me donne un fauteuil poire, erreur fatale. Pour en rajouter, je prends quelques bouffées d’une cigarette qui fait rire et là, je pense dans une autre dimension. Un vodka orange et trois verres de champagne plus tard, mes souvenirs sont un poil confus. Y avait un mec que je trouvais pas mal mais il était venu accompagné d’une greluche même pas belle. La fille, elle était tellement survoltée que pour elle, Carla Bruni, ça doit être de la techno trans. De toute façon, suis pas en état de paraître séduisante (mes yeux se sont éteints tout seuls). Et puis après, je l’ai vu de près, il n’était pas beau du tout. Donc la soirée se passe, Svetlana, Gauthier et moi d’un côté (la copine de promo étant partie), les autres de l’autre, cool. A un moment, on veut prendre des photos de nous trois en faisant la grimace. Gaugau et moi sommes délicieusement déstructurés mais miss Svetlana a du mal avec le concept du tirage de langue donc on refait la photo une bonne dizaine de fois.
 
Bon, après, on s’en va, Gaugau récupère l’adresse mail d’un mec très moche qui a mis deux plombes à l’écrire sur un ticket de métro (suis déçue, moi, je croyais qu’il avait écrit plein d’autres choses le monsieur). Alors, là, deux options s’offrent à moi : soit je suis Gaugau qui a raté son dernier métro en boîte, soit je prends mon dernier train qui, lui, n’est pas encore parti donc je prends la deuxième option. Erreur : je suis saoule et je me retrouve seule, je vais forcément faire une connerie. Donc, sur le quai de la gare, en fumant une clope, j’ai une idée de génie. J’envoie à un gars qui me plaît une sublime déclaration à base de : « je suis saoule et j’ai envie de toi ». Sur le coup, je me trouve très forte : moi qui ne fait jamais le premier pas, là, j’ai carrément pris la voiture en sa direction. Je m’assois dans le train et ma tête bouge toute seule dans tous les sens, j’écoute distraitement la conversation de la nana en face qui explique qu’elle a démissionné de son boulot parce qu’Hassan a été nommé chef de rang, ce qui est dégueulasse (ah ?). Arrivée chez moi, opération décrassage et je décide de faire une grille de sudoku. Mais en fait, non, dès que je suis allongée, mon corps est soudain sujet à une très forte gravité et je m’endors comme une masse (option bave au coin de la bouche). Deux heures plus tard, je me réveille en plein bad trip, un truc énorme : le triptyque.
 
Allongée sur mon lit, voilà que mon cerveau se divise en trois : trois images, pensée en triple. En gros, vous imaginez trois miroirs dans laquelle se reflète la même image et là, ma pensée passe par les trois panneaux. Ca donne : « bouh, ça va pas », « bouh ça va pas », « bouh ça va pas ». « Tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi ». « Non, ça va passer », « non ça va passer », « non, ça va passer ». « Non, ça passe pas », « non, ça passe pas », « non, ça passe pas ». Donc mes deux autres moi et moi nous transposons dans la salle de bain pour vomir un peu. Et me voilà à 4h du matin affalée sur mon tapis de bain, sous le regard curieux de mon chat. Retour au lit et je m’endors jusqu’à ce que mon réveil me tire de mon sommeil sans rêve. Ceci étant, vu le badtrip que je me suis fait, heureusement que j’ai pas rêvé. Et là, tout me revient : oh putain, le texto ! Là, j’ai été la reine des connes, bravo ! S’il ne se barre pas en courant après ça, j’aurai de la chance. Oh putain le triptyque ! Je suis le premier cas de triple personnalité… Mais trois fois la même !
 
Le dimanche, je suis en compagnie de Gauthier et Emma, thème de la journée : « Djiseus Kraïst (Jésus Christ) et triptyque ». Comme on est fatigués, ça donne VRAIMENT du n’importe quoi. On monte à Montmartre (deuxième fois en une semaine pour moi et deuxième fois que je me prends de la neige, en haut) et c’est parti pour le délire total. Déjà, Emma veut à tout prix entrer dans le Sacré Cœur sur le front duquel il y a écrit « Jesus blablas blablas » (c’est du latin, j’ai retenu que Jésus) donc forcément grosse crise de rire. Ben, figurez-vous que Gauthier a pu entrer à l’intérieur sans être foudroyés sur le perron. On rigole. On voit la Tour Montparnasse et on hurle de rire : « hé, c’est la noiwe queue ! » (avec l’accent, please). On fait le tour de la Place du Tertre. Curieusement, personne ne veut nous dessiner (faut dire qu’il y a tellement de touristes), ce qui n’est pas plus mal. Si y a bien un truc que je déteste à Montmartre, c’est de ne pouvoir faire un pas sans qu’un type veuille me dessiner ! En plus, j’ai une gueule internationale. Mardi, un dessinateur m’a demandée si j’étais grecque, dimanche, j’étais espagnole ou italienne pour un monsieur qui voulait me faire un bracelet brésilien. Et bé non, je suis Française. Et puis avec ma gueule d’aryenne, je ressemble plus à une Anglaise ou une mini Scandinave qu’à une latina !
 
Bon, revenons place du Tertre, on décide de s’installer dans un café à 5 euros le coca (aïe !!) avec des serveurs extrêmement beaux, chaleureux, aimables, courtois… Non, je déconne, bien sûr. Déjà, on arrive à une table dans un coin, le serveur nous enlève tous les cendriers et s’engueule avec celui qui vient de nous placer : « non, c’est pas en fumeur, ici ! ». Ben, si, na ! Et là, c’est reparti pour du n’importe quoi, on dit « Djiseus Kraïst » toutes les trente secondes, je me prends un « toi et ton tryptique, ta gueule », tout aussi régulièrement. On parle sexe… Non, pardon, on hurle sexe, fellation, fist fucking avec gestes à l’appui mais comme on était les seuls Français dans la pièce, on s’en foutait un peu. En plus, il était bizarre ce café : dans les toilettes, la porte, c’est un miroir ! Donc je m’assois et je me retrouve face à moi-même. Et bien j’ai beau être totalement égocentrique, ça me gêne de me voir dans ces moments-là.
 
Retour chez Gauthier qui réalise soudain qu’il peut voir la « noire queue » de sa rue… Ca fait que 6 mois qu’il y vit, tout va bien. Là, je suis totalement survoltée et je me dis que d’ici peu, je dois voir Guillaume IIe du nom et sa copine, que l’on peut considérer comme ma « suivante » (dans le sens, la fille qui sort avec un mec après moi). Et là, j’ai peur de l’effrayer car je suis totalement hystéro. Vous le savez, moi, les exs, je me méfie d’elles mais ça me permet de voir quel genre de nanas aime mon mec (en dehors de moi). Donc, là, je me dis que si la demoiselle réagit comme moi, elle va avoir peur, très peur : « mais comment mon mec a pu sortir avec une hystérique droguée et alcoolique pareille ?? ». En plus, j’ai un peu la gueule à l’envers.
 
Finalement :
– la demoiselle m’a juste trouvée très bavarde (mais euh !)
– le gars du texto m’a pas envoyée chier comme une malpropre, il a même été plus qu’adorable pour le coup, ce qui me fait sentir deux fois plus conne…
– j’espère ne plus jamais avoir de triptyque de ma vie parce que ça fait perdre du temps de penser en triple.

Ma vie est un sitcom porno

Par Gauthier
Sous titre : Dieu est partout.
 
Sous la pression générale, je suis obligé d’écrire un article pour vous raconter mon week-end, et plus particulièrement ma soirée de samedi. Je n’avais pas vraiment envie, parce qu’à part une ou deux anecdotes, on reste dans quelque chose que vous n’avez que trop l’habitude de lire : de l’alcool, du sexe, de la débauche…
 
Mais apparemment il faut quand même que je le raconte, alors je m’exécute…
 
Plantage du décor : semaine de merde, Nina a déprimé toute la semaine, moi je me suis cogné 38 à 39°C de fièvre en continue, ça a démarré par une jolie rhino, puis c’est devenu grippal et ça se termine en bronchite façon cancéreux en fin de vie… Alors pour rappeler quand même, cette semaine je passais un entretien très important pour mon avenir professionnel. Vous imaginez qu’avec la fièvre et 2h de sommeil dans les jambes, j’ai été au maximum de mes capacités intellectuelles !!!!! Si je croise Dieu, je le fume ! Heureusement au milieu de tout ça j’ai appris que j’avais validé mon semestre (ouf !).
 
Donc me voilà abordant le week-end avec une réelle appréhension, que peut-il se passer après une semaine pareille ? Ben n’importe quoi voyons ! Donc ma collègue de promo russe m’informe que je suis obligé de me rendre à sa soirée de samedi. Oui je trouve aussi qu’on m’oblige à faire beaucoup de choses en ce moment, mais que voulez-vous, je suis faible môa ! Donc je prends Nina sous le bras et nous voilà devant un étal de vodka sibérienne.
 
Pour être sûr que je vienne ma russe m’avait précisé « on ne sera pas nombreux, il y a moins d’alcool, et surtout on ne fête rien, donc ça sera calme ». L’embuscade de folie !!!! Mais comment avec tout mon entraînement j’ai encore pu me faire avoir ? Mais ça sentait le piège à 20 bornes et moi j’y fonce la bouche en cœur !!!! Je suis nul quand je m’y mets quand même… Donc fatalement on se retrouve à une petite quinzaine, avec du champagne parce que son mec a eu son concours de la fonction publique ! ON FÊTE RIEN DE PARTICULIER ? Pfffff Je suis parti à minuit trente avec 4,5 g dans chaque bras… Une épave…
 
La mère Nina elle était déconstruite, elle a passé une bonne partie de la soirée sur une poire, à bader une étagère fixée à 2m du sol en face d’elle, j’ai des photos, elle est belle, mais plus totalement attribuée (il n’y a plus personne, c’est flippant, elle est floue à force de boire !). Donc elle fini par migrer vers le canapé, ce qui la rapproche de son étagère, et elle lui déclame son amour, et se lance devant une assistance médusée à l’explication du pourquoi du comment qu’elle a une vie sexuelle avec les étagères ! (on l’a déjà expliqué 20 fois, relisez les vieux articles)
 
Donc direction le métro, et retour dans nos quartiers, je suis quand même très très saoul, et j’ai envie de sortir… Mais pour d’obscures raisons je dois me lever à 11h le dimanche matin, et Nina aussi, alors que faire ? Oui tient avant de continuer, je vais quand même préciser ceci : on l’a fait une fois (de se lever aux aurores un dimanche), on le fera pas deux, la prochaine fois par pitié passe un soir, tu verras on sera en meilleure forme, bref on se refait ça quand tu veux… Mais pas un matin, ok ? Fin du message personnel…
 
Donc il est plus raisonnable de rentrer, Nina s’exécute, et elle vous racontera, si elle le souhaite, sa nuit tout en triptyque… Moi je décide de partir en boite, forcément, et me promettant de rentrer pour 3h du matin ! Je suis drôle de dire ce genre de connerie, je sais… Donc me voilà au bar, je commande mon verre, et le temps que le serveur me le prépare, je lance un regard bovin à l’assemblée, et je passe en mode radar « le premier qui me sourit je passe la soirée avec ». Personne ne me sourit, forcement, donc désabusé je me retourne vers le barman, je prend mon verre, et là mon regard croise celui de la bombe qui est assise à la droite, je ferme un œil (très classe) pour ne pas le voir en double, il est très beau, je souris, il me sourit, il rougit, je lui propose un verre, il accepte. YES, JE VAIS BAISER CE SOIR ! Non vous n’avez pas loupé d’épisodes, il suffit que le mec accepte quelque chose venant de moi, ça veut dire qu’il est prêt à parler, et donc il se fera avoir et finira avec ma bite dans son cul, c’est mathématique, je transforme toujours l’essai… N’est pas sex symbol qui veut…
 
Donc on papote, on papote, et il m’apprend qu’il est américain, il vient de Seattle, il passe un mois sur Paris, il me trouve très beau, il adore la France et les Français, je n’ose pas lui demander son age, je ne suis pas sûr qu’il soit totalement majeur en fait… Il me demande s’il peut passer la nuit avec moi, avec un accent très prononcé, je ne peux malheureusement pas vous le reproduire ici. J’accepte, mais le problème c’est qu’il vit avec plusieurs autres américains, bref chez lui c’est pas possible. Qu’à cela ne tienne, allons chez moi !
 
ET MERDE ! J’ai oublié un léger détail, un détail tout frisé, un détail avec un accent toulousain, un détail qui dort dans mon lit ce soir : Emma ! Que faire ? Rentrer, mettre Emma dans la baignoire, et baiser comme des castors toute la nuit à côté ? Non quand même ça ne se fait pas voyons… Il reste une solution : prendre un taxi et aller à l’hôtel ! Nous sommes samedi soir, nous sommes sur Rivoli, il est 3h du matin, nous cherchons un taxi, et donc nous allons à l’hôtel à pied (note pour plus tard : brûler un taxi pour se défouler de ne jamais en trouver quand c’est important). Et on se couche gentiment dans une chambre double avec deux petits lits côte à côte. Oui ben moi quand j’ai pas de chance j’ai pas de chance, et il n’y avait plus de grand lit voilà. Et je me fais violer…
 
Oui vous avez bien lu, violer, le petit il était entreprenant, et il savait ce qu’il voulait, voilà ! Il me demande très poliment si je veux bien « aller en dedans de lui ». MAIS BIEN SÛR !!!!! Et là c’est le drame. Oui parce que c’est une fois qu’il a un sexe « au dedans de lui » que l’américain se dévoile. Vous avez déjà vu un film X homo (oui parce que dans les hétéros je sais pas) américain ? Pour ceux qui connaissent pas ça donne à peu près ça : « Oh Yeah, fuck, fuck my ass, fuck da ass, fuuuuuuuuck, oh yeah baby, come on, fuck me, fuck, fuck, fuck, fuck, i’m gonna cum, oh yeah jesus ! », en gros je suis obligé de couper le son sinon j’ai envie de rire ! Je pensais que c’était juste pour les films, une espèce de légende urbaine tirée de je ne sais quel réalisateur tordu… Et bien pas du tout !!!!
 
Ce charmant jeune homme c’est acharné à hurler le nom de Jésus Christ Notre sauveur tout le long de l’acte sexuel ! Et moi ya des moments où je n’ai pas vraiment envie d’entendre parler de Jésus. Ça donnait quelque chose comme ça « Oh fuck, jesus christ, oh jesus, fuck, fuck, jesus, oh jesus christ, oh yeah, jesus !!!!! ». Là l’alcool m’a beaucoup aidé, oui je me suis concentré sur ce que je faisais pour ne pas rire. Et puis au bout de 5/10 min de « JESUS, OH YEAH FUUUUUCK », j’ai perdu pied, je me suis lâché, j’étais dans mon film X rien qu’à moi, et il en a eu pour ces « fuck » le petit américain croyez moi. Donc, comme dans les films, on change de positions toutes les trois minutes, on fait des trucs acrobatiques, qui relèvent plus de l’exploit sportif que de la recherche simple du plaisir, des trucs à vous filer des crampes pour vos trois prochaines vies, bref des trucs de ouf. Je pensais pas être aussi sportif au passage… Donc après trois portés en levrettes transversales il m’informe qu’il va jouir « oh fuck, i’m gonna cum ». Enfin je peux dormir, merci mon dieu !
 
Le lendemain on remet ça au réveil, je vous raconte pas, c’est pareil… Et on se met à papoter, et comme je ne suis plus morte poule, je me souviens de ce qu’il m’a dit. La vision qu’un américain a de Paris et des Français est très intéressante. Par exemple en parlant de la Tour Montparnasse il me dit « on dirait une noire queue, mais une grande ! », voilà no comment ! J’apprends également qu’il est venu à Paris pour devenir « model », et je dois avouer qu’il a du potentiel ce petit, il est beau, il est beau, il est beau, IL EST BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!!!!
 
Je viens de recevoir un mail de sa part, il veut me revoir très rapidement, je pense que je vais répondre par l’affirmative, bien entendu je vous tiendrai au courant de ma vie sexuelle avec un futur mannequin.

Episode 1

Prologue
 
19 janvier 2005- 8 : 45,a.m(G.M.T)
New Delhi
 
            La foule, le bruit, les odeurs nauséabondes du peuple qui souffre…c’était son quotidien, il y était
tellement habitué qu’il ne voyait plus la misère. Pourtant, depuis quelques jours, c’était la panique, les gens fuyaient : ça sentait la guerre. En effet, les affrontements à la frontière
indo-pakistanaise continuaient de plus belle et la Chine commençait à pointer le bout de son nez, de l’autre côté, cherchant à les envahir.
Il était médecin dans cette ville depuis dix ans, environ, et il n’avait jamais connu autant de mouvements, il lisait la peur sur le visage des gens et il n’arrivait pas à les
rassurer car il craignait ce qui allait se produire.
« Des avions, des avions ! cria un petit garçon en indien, ce qui eut pour effet de créer un mouvement de panique dans la foule.
– Mon Dieu, les Chinois attaquent ! Lança-t-on.
– On va tous mourir !  »
Il sortit dehors pour voir ce qu’il se passait et vit à son tour les avions qui, il en était quasiment sûr, appartenaient à l’armée chinoise : qu’allaient-ils
faire ? Il eut de brusques sueurs froides en répondant à sa question : ils allaient sans doute les bombarder, mais avec quoi ? La bombe atomique semblait peu
probable : ils voulaient récupérer cette terre, il ne fallait pas la gâcher ; des missiles ? Sans doute. Il fallait se mettre à l’abri, mais il était paralysé par ce
spectacle, hypnotisé par le ballet de ces avions.
Soudain, l’un des deux piqua du nez, fonça droit vers eux et rasa le sol en lâchant un étrange gaz jaunâtre ; du napalm ? Non, car il fut abondamment aspergé
mais ne se sentit pas brûler. Quoi, alors ? Il toussa un peu d’avoir respiré cette drôle d’arme totalement inefficace et retourna à l’intérieur, pour s’asseoir sur un des lits et
retrouver ses esprits ; il se passa la main sur son visage et remarqua quelque chose de bizarre : elle était couverte de kystes plus ou moins gros : il avait la lèpre. Comment
était-ce possible ? Il n’avait rien quelques minutes auparavant. Une femme entra à son tour et son visage était déformé par la maladie. Il la connaissait, elle n’avait rien avant l’attaque
alors…ce gaz jaune, était-ce des germes de lèpre ? Il regarda sa main et constata avec horreur que tout son corps était déjà recouvert, ce qui était totalement
impossible ; quant à la femme, elle poussa un étrange gargouillis, puis s’effondra sur le sol, visiblement morte. Il vérifia son pouls mais c’était inutile, il le savait.
L’air commença à lui manquer, il ne pouvait plus respirer, son corps semblait peser des tonnes, il avait envie de se laisser glisser…ils avaient crée la première arme
bactériologique : un concentré de lèpre fulgurante qui ne laisserait rien, ou plutôt personne, sur son passage. Ensuite, comme ils avaient probablement l’antidote, il suffirait de le
vaporiser dans l’air et d’attendre, puis la terre serait à eux. Il s’écroula sur le sol, haletant, mais il savait qu’il ne fallait pas lutter, ça ne servait à rien : il était condamné. Il
écouta les bruits dehors, des cris d’agonie, mais il y en avait si peu, ils devaient déjà presque tous être morts.
Saloperie de guerre.
—–    
Même jour- 4 : 25 p.m(G.M.T)
Etat major des Etats Unis
 
            Tous le monde était enfin là, réuni autour de la grande table, il était temps de commencer. Le général
Cooper s’éclaircit la voix, pour indiquer à ses locuteurs qu’il allait commencer et les prier de faire silence.
« La situation est grave, commença-t-il, sans chercher à mettre les formes. Cette nuit, à 8 h45, heure de Greenwich, soit 3 h45 chez nous, la République de Chine a
bombardé New Delhi. Comme vous le savez certainement, ça fait quelques temps qu’il y a des tensions là-bas et nous soupçonnions le gouvernement chinois de vouloir envahir l’Inde, mais
maintenant, il n’y a plus de doute à avoir.
– Comment les ont-ils bombardés ?
– J’y viens, j’y viens. Ils n’ont pas utilisé des missiles ordinaires, ni des bombes graphites ni tout ce dont nous nous servions jusque là. D’après un de nos agents qui s’est
rendu sur place après l’attaque, il s’agirait d’une bombe… hum…bactériologique. »
Un murmure parcourut l’assistance : personne, à leur connaissance, n’avait réussi un tel exploit…comment les Chinois, qui n’étaient pas parmi les pays les plus riches,
ni les plus développés d’un point de vue scientifique avaient-ils réussi à créer cette bombe ?
« D’après notre homme, il n’y aurait plus personne de vivant dans les quartiers populaires de Delhi, ce qui signifie que…cette bombe a à 100% rempli son rôle.
– Qu’allons nous faire ? Nous ne pouvons pas lutter contre eux.
– Nous avons peut-être une solution. Dans ce pays, nous avons les savants les plus brillants et l’un d’eux a peut-être trouvé la solution. Messieurs, je vous présente le Dr Hank
Antelwort. »
La porte s’ouvrit et un homme d’une trentaine d’année vêtu d’une blouse blanche fit son entrée. Il ne ressemblait pas vraiment à l’image classique du savant, c’est à dire un
vieil homme aux cheveux hirsutes et aux petites lunettes rondes perchées sur le bout de son nez. Antelwort était plutôt le contraire : ses cheveux blonds étaient impeccablement
brossés et ses yeux gris qui semblaient briller d’intelligence n’avaient pas besoin de l’aide de lunettes pour voir clair. 
« Bonjour, dit-il, je suis le Dr Antelwort ; je suppose que vous êtes au courant pour cette nuit…impressionnant, hein ? D’après ce que j’en sais, tous
ces gens sont morts de la lèpre en quelques instants, ce qui, à l’état naturel, est impossible, mais les Chinois ont réussi à créer un nouveau genre de maladie, une lèpre qui se propage
incroyablement vite et qui tue sa victime en un temps record.
– Que peut-on faire contre ça ?
– C’est très simple : ils bombardent leur saleté en utilisant des gaz : protégeons-nous avec des combinaisons totalement hermétiques et respirons avec des bouteilles à
oxygène. Mais nous devons trouver, nous aussi, une arme similaire, pour rendre la monnaie de leur pièce à ces types.
– Mais l’ONU ne nous autorisera jamais à faire ça : la Chine fait partie du conseil de sécurité et…
– La Chine a-t-elle demandé la permission à l’ONU ? Je ne pense pas, non. C’est la guerre, général, on n’a pas de temps à perdre avec de la paperasse, d’autant plus que
l’ONU, tout le monde sait très bien que c’est nous qui la dirigeons comme nous voulons…y a que les Européens pour croire qu’ils ont un pouvoir là-dedans, dit-il avec mépris. Nous sommes sur le
point de mettre en place un microbe extrêmement dangereux qui détruira tout sur son passage. Dès que nous aurons enfin fini nos travaux, la guerre stoppera d’elle-même au bout de deux jours,
car il n’y aura plus aucun chinois de vivant. »
—–
Trois semaines plus tard
Journal télévisé
 
            « A l’heure actuelle, environ 90% de la population de l’Inde a été exterminée par ce que l’on
appelle maintenant la guerre bactériologique. Les casques bleus de l’ONU envoyés sur place succombent eux aussi, malgré les précautions prises pour éviter de respirer les gaz contaminés, ce qui
porte à croire que les bactéries survivent longtemps à l’air libre et s’infiltre dans les denrées alimentaires et les eaux. La Chine… »
Alyson éteignit la télévision puis rejoignit son mari qui était encore plongé dans ses calculs. Depuis le début de cette guerre, il cherchait désespérément à fabriquer une arme
bactériologique, comme les Chinois, mais ses virus n’étaient pas assez résistants. Elle s’approcha de lui et lui caressa les épaules, mais il ne réagit pas : avait-il seulement senti son
geste ? Rien n’était moins sûr.
« Hank, je…
– Pas maintenant, Aly, je n’ai pas le temps, je dois trouver.
– Arrête un peu : tu te fatigues trop, tu ne peux plus réfléchir correctement, tu…
– Ferme-la, bordel ! Tu me déconcentres ! La vie des citoyens américains est entre mes mains, tu comprends ça ?
– Les Américains ne sont pas menacés, ils…
– Bien sûr que si, crétine ! Tu crois vraiment que les Chinois vont s’arrêter à l’Inde ? Ils vont passer au Japon, puis à l’Europe, puis quand ils auront
fini, ils s’attaqueront à nous : il n’est pas question de les laisser faire. Maintenant, fous-moi la paix. »
Elle s’éloigna un peu, ne sachant plus trop comment réagir : pourquoi était-il aussi agressif envers elle ? Il devenait fou, elle en était sûre, à présent :
il ne mangeait plus, ne dormait plus, il ne s’intéressait plus qu’à sa maudite bombe. Il n’était pas comme ça quand elle l’avait rencontrée, six mois plus tôt et qu’elle était tombée amoureuse
de son séduisant professeur de biologie et chercheur à ses heures perdues. Evidemment, quand il avait appris qu’elle était enceinte de lui, il n’avait pas été ravi, loin de là, mais il avait
assumé et l’avait épousée. Et maintenant ? Son bébé était dans son ventre et son père avait complètement perdu la tête. Quel avenir aurait sa fille ? Il ne semblait pas
brillant, pour le moment.
Elle alla se coucher et s’endormit rapidement, mais elle fut réveillée en pleine nuit par Hank qui semblait surexcité.
« Je l’ai, ça y est, je l’ai ! Alyson, je viens de trouver le virus qui va sauver les Etats-Unis !  »

Episode suivant

Nina qui rit, Nina qui pleure

C’est la fin de l’hiver, la période que j’aime le moins dans l’année. Chaque année, en mars, je serre les fesses et je croise les doigts : cette année, ça ira. Je me souviens, l’an dernier : un vendredi, fin février. Toujours aucune nouvelle de mon stage, panique à bord. Je prends mon téléphone et j’appelle mon peut-être futur tuteur de stage : il est en ligne, il peut pas me prendre au téléphone. Je vais donc boire un verre avec une copine mais je suis guère optimiste. 16h30, on quitte le bar et je me rends compte que j’ai un message. Tiens. J’écoute : « Bonjour, Guillaume Dulac, je vous appelle pour confirmer le stage ». Ivre de joie, je saute partout, au bord des larmes. Mars 2005 fut plutôt un bon mois : j’ai trouvé un appart en deux jours en RP, j’ai commencé mon stage, une expérience agréable qui m’a permis de rencontrer une amie proche, aujourd’hui, Zoé.
 
Un an plus tard, mars arrive et j’ai peur. Pas de boulot et pas d’entretiens de prévu, je me décide à refaire un tour des rédactions, on ne sait jamais. Mais en ce moment, ce n’est pas le pied. Concrètement, ma vie est au point mort depuis le début de l’année. Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir. Les jours se suivent, tranquillement, sans que rien ne vienne perturber l’ordre des choses. Moins de lose, certes, il ne m’est rien arrivé de négatif depuis une semaine, mais après… Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir.
 
Comme tous les gens dans mon cas, je me sens lunatique : un après-midi en bonne compagnie et je me sens bien. Une discussion houleuse et je suis au fond du trou. Des fois, j’ai l’impression que personne ne se rend compte que je vais pas bien, sans doute parce que je fais des efforts pour prétendre le contraire. Je suis pas du genre à me plaindre et quand je le fais, on me jette donc autant continuer sur ma lancée. Sauf que des fois, la coupe est pleine et j’aimerais qu’on comprenne qu’il y a des jours où ça va pas et j’ai pas envie de faire semblant. Marre des gens bien pensants qui me disent : « mais arrête de te plaindre, tu vas voir que ça va aller. » Mais je m’en fous, ça ira forcément mieux un jour mais ça fait trois mois qu’on me sort le même refrain et trois mois que ça va pas mieux donc les discours positifs à deux balles, j’en peux plus. Merde, ça va pas, j’ai le droit de le dire et si les personnes ne m’aiment pas comme ça, qu’elles ne me parlent plus. Je n’y peux rien si j’ai du mal à voir la vie en rose par moment.
 
Hier, j’ai appelé ma mère, je venais de pleurer à cause d’une dispute, je faisais semblant que tout allait bien et là, ma mère se met à pleurer parce qu’elle sait que je ne vais pas bien, parce qu’elle sait que ma sœur ne va pas bien non plus et elle en peut plus de ne pas pouvoir nous aider. Elle en peut plus de savoir que quand on pleure, elle n’est pas là. Des fois, j’aimerais retourner en enfance, à l’époque où les chagrins sont si vite oubliés qu’une heure plus tard, on ne se souvient même pas d’avoir pleuré. Mais bon, à l’époque, tout était plus simple, nos grands chagrins étaient liés à un genou écorché ou un jouet cassé… De vrais drames en soit pour des enfants de moins de dix ans mais ça se réglait vite. Adulte, rien n’est moins simple.
 
Hier, j’ai parlé à ma sœur sur Internet, elle savait que ça allait pas à cause de mon pseudo MSN plus que clair. Elle aussi ne va pas bien, son boulot ne lui plaît pas mais elle culpabilise de se plaindre : elle a du boulot, moi pas. Elle recommence à chercher et se rend compte que rien n’est moins simple mais comment peut-elle oser s’en plaindre à moi ? Alors que je suis la personne la plus apte à la comprendre, justement. C’est toujours le problème, on ne sait jamais à qui se confier, à qui faire partager notre mal être. Parce qu’oser dire que ça ne va pas, c’est passer pour une emmerdeuse de la pire espèce. C’est se prendre : « te plains pas, y a pire que toi ». Oui, y a pire que moi, je n’ai jamais dit le contraire mais ce n’est pas pour autant qu’il faut m’envoyer promener les jours où j’ai pas envie de faire semblant.
 
Je suis une fille qui se veut forte, qui fait semblant de l’être. Je ne pleure jamais devant les gens ou rarement, j’essaie toujours de me retenir. Pleurer, c’est être faible. Mais je crois qu’en ce moment, je bats mon record de larmes. Je pleure devant un film, je pleure quand on comprend pas pourquoi je vais pas bien, je pleure parce que ma mère pleure, je pleure parce que j’arrive pas à étendre mon linge. Mais ça, je ne le fais que quand je suis seule. En public, quand on me demande si ça va, je réponds toujours avec un grand sourire que oui. Il n’est pas forcément hypocrite, ce sourire, ça me fait plaisir de sortir, de voir des gens, d’arrêter de passer mes journées à constater qu’il n’y a aucune annonce me correspondant (j’ai jamais fait d’économie ou de science, désolée), surfant en pyjama devant mon écran. Mais y a des jours où ça va pas et je donne l’illusion du contraire. A tort. Après tout, si les gens ne m’aiment pas quand je vais pas bien, c’est que ce ne sont pas mes amis.
 
Aujourd’hui, je passe la journée avec Lucie qui est venue sur Paris pour deux jours. J’espère que ça m’aidera à me remonter le moral et à me faire repartir. J’espère que comme a dit M. marc de café, « les larmes, c’est fini ». J’espère que je pourrai bientôt appeler ma mère pour lui donner une bonne nouvelle. J’espère que le printemps qui arrive va me ramener ma bonne humeur permanente et de bonnes nouvelles aussi. On verra. En attendant, j’en ai marre de m’en prendre plein la gueule pour pas un rond parce que je fais semblant d’aller bien et que je suis censée tout supporter.
 
Ca ira mieux demain, sans doute. Peut-être que pour une fois, le mois de mars sera le meilleur de l’année. Un jour, je n’aurai plus besoin de mon masque de Nina qui rit parce que je serai heureuse et que je sourirai sans faire semblant et quand je dirai que « ça va », ça ne sera pas par pure politesse. J’espère que ce sera bientôt mais y a des jours où j’y crois plus. Parce que pour la première fois de ma vie, rien ne va comme je l’entends. Vie professionnelle, vie privée, rien de neuf, rien d’exaltant, rien qui ne me donne envie de me lever le matin. Même la santé commence à me lâcher, je ne mange plus, tant j’ai une boule dans la gorge à peu près tout le temps. J’ai intérêt à récupérer un ou deux kilos avant de retourner dans la famiglia sinon ma mère va encore croire que je mange pas comme il faut (oui, bon, elle a raison mais on va pas l’inquiéter plus que ça).
 
Demain, on repartira sur des articles plus joyeux. Mais la vie, c’est ça aussi, des moments moins drôles que d’autres…

Y a des jours…

Pas envie d’écrire aujourd’hui, pas envie de faire semblant d’aller bien et d’être gaie.
 
Marre qu’il ne se passe rien dans ma vie
 
Marre de constater qu’à chaque fois que je crois remonter la pente, quelque chose me fait retomber tout en bas.
 
Marre de constater que depuis 6 mois, rien n’avance
 
Marre de comprendre que mon diplôme ne vaut rien
 
Marre des fausses promesses.
 
Marre d’entendre : « mais arrête, ça ira mieux, positive ! ». Je positive mais ça ne change rien.
 
Marre d’entendre que j’ai du talent mais que personne ne me propose du boulot
 
Marre de passer mes journées à pleurer.
 
Marre qu’on se foute de ma gueule, qu’on me promette un boulot qui n’arrive jamais.
 
Marre d’entendre que j’ai pas assez d’expérience
 
Je veux plus jamais entendre ma mère pleurer au téléphone parce qu’elle sait que je vais bien pas bien, quoi que j’en dise.
 
Aujourd’hui, j’ai pas envie de dire que tout va bien alors que c’est pas vrai. Moi aussi, j’ai le droit d’avoir le moral en berne.
 
Ca ira mieux demain.