Finalement, l’hypocrisie, ça sert à rien

Je parlais vaguement d’hypocrisie l’autre jour, je me dis que j’allais un peu me défouler sur le sujet, histoire de vous faire part de ma grande sagesse. Ou à peu près.

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Longtemps, j’ai considéré que le langue de putage était une petite tricherie acceptable pour toute relation sociale sereine. Je le pense toujours MAIS je pense que ce petit tour de passe-passe doit être limité à une poignée de personnes à qui je tiens vraiment. Je veux dire nous avons tous nos défauts et y a des jours où ceux des autres nous fatiguent un peu plus. Le leur dire ou se taire ? Alors, ça dépend des cas, il est difficile de trancher dans l’absolu mais personne n’apprécie les remontrances, même amicales, et certaines n’ont aucun intérêt. Je veux dire ne pas dire à quelqu’un qu’on n’aime pas son style vestimentaire ou que vous trouvez sa série préférée franchement merdique, ça ne le rendra pas meilleur et tout est question de goût. Vous avez le droit de le penser mais à quoi ça sert de le verbaliser ? Je ne vois pas. Après, s’il s’agit de quelque chose de plus grave et qui pourrait améliorer la vie de notre ami, parler est une bonne idée. Mais je m’égare.

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Donc être hypocrite peut se justifier en mon sens dans deux cas spécifiques : les amis (amis, pas copains) et dans le milieu professionnel. Oui parce que vous pouvez penser que votre boss est un gros beauf incompétent, le dire ne vous apportera rien de bien. Vraiment rien. Pour le reste, bullshit.

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Pendant longtemps, j’étais très attachée à être la fille gentille que tout le monde aime, une sorte de Bisounours faite femme donc j’essayais de tempérer mes ardeurs. Sauf qu’à un moment, si je fais le bilan, je me rends compte que j’étais globalement dans le faux car ce type de comportement ne m’apporte rien et même pourrait aller jusqu’à empoisonner mon existence. En étant gentiment hypocrite avec des personnes qui me saoulent, par exemple, je me retrouve souvent invitée par eux et je ne peux pas vraiment trouver des excuses à chaque fois. J’ai beau tenter de faire la morte, parfois, ça s’accroche. Le problème est que je reste une sanguine, même si ça ne se voit pas de prime abord et un jour, j’explose. Au moins, me voici débarrassée de l’importun mais ma tension et son ego en ressortent dévastés.

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Et puis au fond, pourquoi faire ? Pourquoi me faire apprécier de ce cercle secondaire où je ne trouverai pas forcément de réconfort en cas de vrai coup dur, qui ne me permet in fine que de remplir les trous de mon agenda (et en fait, il est déjà blindé) ? Si on considère que a) je n’ai pas besoin de nouveaux amis et b) j’avoue que je m’en fous de savoir que quelque part, quelqu’un pense que je suis une connasse. Chacun son avis et si ce n’est pas quelqu’un qui compte pour moi, quelle incidence ça peut avoir sur ma vie ? Ah oui : aucune. Et accessoirement, il n’est pas impossible que l’antipathie soit réciproque.

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Alors, oui, il est possible (et même certain) que l’on pense que je suis une connasse, une fille insupportable, prétentieuse et/ou conne parce que je ne joue plus le jeu du sirupeux. Mais, hé, vous savez quoi : j’en ai franchement rien à foutre.

L’amour rend aveugle (et sourde)

Mon cher moi d’avant,

Parlons des mecs un peu, veux-tu ? C’est amusant. Là, tu as 13-14 voire 15 ans, tu es en 4e et 3e et voilà, tu es tombée amoureuse du beau gosse de service, Guillaume. Ah, tu te pâmes d’amour pour lui, tu passes tes cours à le regarder discrètement, ou pas. D’ailleurs, je me souviens de ce jour où j’ai remarqué que ses oreilles n’étaient pas jolies, un peu un effet mâché. Pourtant, à l’époque, je ne connaissais pas le pouvoir orgasmique des oreilles. Ah ouais, tiens, note : les oreilles mordillées, léchées… C’est purement génial. Fais pas la grimace genre « c’est dégueu ! », tu ne connais rien à la vie, petite jouvencelle.


Donc Guillaume, tu l’aimes d’amour, tu rêves de lui faire des bisous avec la langue et tout ça. Sauf que Guillaume est un crétin. Oh, commence pas à te braquer parce que j’oooooose dire du mal de ton adoré, tu es amoureuse donc aveugle donc crétine. Et NON, tu n’as pas le droit de me répondre qui se ressemble s’assemble. Moi, je sais très bien que tu ne l’auras jamais le Guillaume même si les commères de service t’ont dit qu’il en pinçait pour toi (mais elles ont aussi dit que tu étais sortie avec Cyril ce que nous étions, hélas, parfaitement placées pour savoir que c’était faux parce qu’on aurait bien aimé). Donc puisque Guillaume ne sera jamais tien, commençons le travail de sape.


En un, en 3e, Guillaume arrivera régulièrement avec un pansement sur la joue « parce qu’il s’est coupé en se rasant ». Tu trouves peut-être ça viril, fillette mais non, c’est ridicule. Parce que y a juste rien à raser et qu’il fait genre que c’est un homme car ses potes se rasent mais non. D’ailleurs, sache que Guillaume aura toujours des soucis de virilité et devra donc s’appliquer à prouver à tous qu’il est un mâle, un vrai. Par exemple, au lycée, au carnaval, il arrivera habillé d’un simple moule bite (en février, je rappelle), costume qui sera totalement occulté par celui d’Olivier (le cousin de Jérôme que tu trouves con à l’heure actuelle et dont tu vas évidemment tomber amoureuse), travesti en putasse et par celui de Cyril le grand, vêtu en kilt (l’histoire confirmera qu’il n’était pas nu dessous). Bref, dès que Guillaume pouvait montrer son corps à l’assistance ébahie (ou pas), il le faisait. Ok, faut avouer qu’il était goalé mais bon, bref. Et en fait, j’ai su plus tard pourquoi il agissait ainsi. Figure toi qu’il est resté puceau jusqu’à la fac. Hé oui. Alors que tous ses potes ont perdu leur virginité en seconde lors d’un voyage en Allemagne où tu n’iras pas parce que ta meilleure amie n’y allait pas non plus. Ben, tu vois, t’y serais allée, t’aurais peut-être perdu ta virginité avec un Allemand, quelle classe. Arrête de plisser le nez genre c’est dégoûtant, tu verras que tu changeras d’avis, fillette.*


Donc notre ami Guillaume va passer le lycée à se trouver une copine qui veut bien écarter les cuisses, en vain. Ce qui est drôle quand on voit comme il se la pète beau gosse barbu. D’ailleurs, j’ai jamais vu l’ombre d’un poil sur son visage, à l’époque. Mais ce n’est pas tout. Guillaume est un fayot. Mais un fayot balourd. Bientôt, tu vas partir en Allemagne en voyage de classe (décidément) et il y aura ta prof de français de 4e. Et bien grâce à elle, tu vas découvrir que tout le monde n’aime pas Guillaume. Elle, par exemple, elle le déteste. Elle lâche un « très spirituel » cassant quand il lâchera dans le micro du Bundestag « ach, nous allons envahir la France-euh ! », elle lèvera les yeux au ciel quand il racontera tout fier qu’il a roulé une pelle à un mec lors d’une soirée beuverie… D’ailleurs, là, tu te diras que finalement, il est un peu nase ce mec. Mais tu sais, à 15 ans, c’est de son âge de mettre sa langue dans toutes les bouches et de s’en vanter. Ceci étant, tu comprendras à ce moment là que ce mec est quand même sacrément lourd, suffisamment en tout cas pour qu’une prof (qu’on n’avait plus en cours certes) ne cache pas tout le mépris qu’elle a pour lui. Et c’était pas la seule, la prof de dessin l’avait traité d’hypocrite en 6e ou 5e, je sais plus bien.


Mais rassure-toi ma chérie, ce n’est pas grave de tomber amoureuse de crétins, tu vas faire ça une bonne partie de ta vie. D’ailleurs, la prochaine fois, je vais un peu te parler d’amour.

Love dans ta face.

* Le « c’est dégoûtant » avait bien sûr trait au sexe en général et non pas aux Allemands.

C’est la trêve des confiseurs

Dans ma blondeur intérieure ultime, je n’avais pas pensé, en partant de Paris, à ce mercredi et me voici à poil, sans articles, quoi. Pourtant, à Paris, j’en ai plein de finis ou
de commencés mais ici, rien du tout. Et là, il est minuit, je regarde Batman le défi et j’avoue que mon envie d’écrire un truc de sérieux ou d’un peu construit est totalement nulle. Alors je vais faire un peu de freestyle, j’aime bien, aussi.

De toute façon, c’est la dernière semaine de l’année, à peu près. Oui, je sais, techniquement, la dernière semaine, c’est lundi et pof, 2008, mais on va pas chipoter pour une journée, quand même. Cette semaine entre Noël et le réveillon est globalement une non semaine : la plupart des gens sont en vacances, tout marche au ralenti ou presque. Moi, aujourd’hui, je retourne sur Paris car demain, je reprends le boulot. Evidemment, j’aurais aimé plus de vacances mais d’un autre côté, j’ai déjà eu quelques jours alors que je suis dans la boîte depuis même pas deux mois donc je vais pas râler. Mais le fait est que la plupart d’entre vous ne sont pas là car ils sont en vacances alors c’est un peu comme si j’écrivais dans le vide. Mais non parce que tout le monde n’est pas en vacances quand même alors pour ceux, qui, triment, faut que j’écrive des conneries pour mieux faire passer le café alors que la moitié de l’open space est vide et que vous avez juste envie de rentrer chez vous. Moi, je suis sûre que jeudi et vendredi, je vais un peu m’ennuyer et ne parlons pas de lundi, ce sera encore pire. Simon ne revient que mercredi, Ioulia n’est là que jeudi alors je vais être toute seule sur mon ilôt.

Donc, là, j’ai déjà écrit deux paragraphes et si tu te bidonnes en me lisant, c’est que soit t’es super hypocrite, soit t’es bon public à un point inquiétant, quand même. Mais
promis, je vais sortir un truc drôle avant la fin, je te jure, lecteur. En fait, tu vois, cette année, je trouve cette période étrange. D’habitude, décembre, c’est déprime au tout début (déjà une année d’écoulée, qu’ai-je donc fait, blabla) et joie à Noël. Cette année, j’ai pas eu la déprime. Tant mieux, hein ! Mais du coup, je n’ai pas senti Noël arriver. J’étais prête, j’ai fait mes paquets, j’étais contente de la journée, aucun souci mais aucune fébrilité. Limite, ça me déçoit un peu. Tu vois, lecteur, quand j’étais petite, les derniers jours avant Noël, j’en pouvais plus, j’étais surexcitée. Je me souviens, le 24 avec ma sœur, on allait voir le dernier Disney au cinéma pour nous faire patienter un peu. Là, j’ai plus cette excitation. Alors bon, c’est sûr, mes cadeaux, je peux plus y jouer de suite vu que, justement, je n’ai plus de jouets. C’est pas pour autant que ça ne me fait pas plaisir mais c’est pas comme mes playmobils que j’installais à peine déballés, que je baptisais et que j’intégrais dans mon histoire. Je me demande des fois si je devrais pas te parler de mes playmobils parce que quand j’étais jeune, j’avais toute une histoire élaborée avec mes playmo, même que j’avais fait une feuille avec les états civils de tous mes bonhommes. En fait, si je me suis mise à écrire, c’est parce que je ne jouais plus aux playmos, c’était une autre façon de mettre en forme mon imagination, ni plus, ni moins. Je sais pas si j’en ai pas parlé, de ça, mais peu importe. Du coup, quand on ouvrait les cadeaux, on était surexcités alors pour éviter qu’on se couche pas d’heures parce qu’on teste nos nouveaux jouets (genre les playmos, les Barbies pour ma sœur ou, pire, un jeu vidéo), le noël fut déplacé au matin et c’est pas plus mal. D’ailleurs, ça arrange tout le monde : comme ça, ma sœur peut fêter Noël chez la famille d’Anthony le 24 et chez nous le 25.

 

Bon, c’est quand même là que je devrais me montrer drôle parce que mes histoires de playmo, tout ça, c’est plus effrayant qu’hilarant. Et comme j’ai bu plus de champagne
aujourd’hui qu’en un an (enfin, non, c’est pas vrai) et que je suis exténuée, je vais sortir honteusement en racontant la blague que ma sœur nous a sorti avant-hier midi. Donc si vous l’aimez pas, la blague, c’est Alice qu’il faut insulter. Donc, attention, hum hum…

Ce sont deux pédés qui se retrouvent le soir de Noël

« youpi, youpi, ce soir, c’est champagne et vaseline ! crie le premier

– Ah non, j’ai plus de vaseline…
– Ah …Alors ce sera champagne et cul sec »
Joyeux Noël !

Est-il possible de rester ami avec son ex ?

L’autre soir, je regardais Sex and the city, grande soirée culturelle, donc. C’était l’épisode où Carrie était conviée aux fiançailles de Mister Big, son ex, avec une autre et donc tout l’épisode tournait autour de ça. Donc forcément, moi, ça m’inspire. Avant de poursuivre, je précise à mes exs qui lisent ce blog que cet article ne s’adresse pas particulièrement à eux. Cherchez pas de messages cachés, il n’y en a pas !
 
Alors peut-on être ami avec son ex ? Je dirais que ça dépend. C’était l’article de Nina, au revoir. Non, allez, je déconne, je vais expliciter un peu ma pensée. Mon
ex-collègue Flora disait l’autre jour : « Bien sûr qu’on peut rester ami avec son ex, si la rupture s’est bien passée… Et si on en est à l’origine ! ». Bon, je ne serai pas aussi péremptoire, il m’est arrivé de rester amie avec un ex qui avait pris l’initiative de la rupture. Mais sur le papier, c’est un fait : à partir du moment où y a pas eu coup de pute, tentons l’amitié. Non parce qu’un mec qui m’a trompé avec ma sœur, j’aurai pas envie de lui reparler. Je vous rassure, aucun de mes exs n’a couché avec ma sœur, y a pas intérêt d’ailleurs ! Mais l’amitié post amoureuse peut être compliquée. Reprenons le cas de Carrie qui tente une amitié avec Big. Evidemment, c’est illusoire : elle est toujours amoureuse de lui et cherche à le récupérer, ça n’a aucun rapport avec de l’amitié. Elle, au fond, elle ne rêve que de le reconquérir et, forcément, elle fait salement la gueule quand il lui apprend qu’il va se marier. Pour moi, l’amitié entre hommes et femmes ne se conçoit que sans ambiguïté, sinon, ce n’est pas de l’amitié. Un mec qui me plaît, c’est pas un ami, c’est une cible. Un ex avec qui je veux renouer, c’est pas un ami, c’est à nouveau une cible. Mais une cible + + car il a déjà été testé et approuvé.
 
Le problème, c’est quand l’ex ne sait pas que vous avez encore des sentiments pour lui. Parce qu’entre amis, il est normal de parler de sa vie amoureuse (quand on en a une) et donc l’ex n’aura aucun complexe à vous parler de sa petite voisine drôlement mignonne qu’il aimerait inviter à dîner. En face, soit vous suppliciez votre pauvre serviette sous la table alors qu’elle n’est y est pour rien, soit vous le dissuadez de façon à peine suspecte, soit vous lui faites carrément une scène. Alors dans le premier cas, si je ne peux que te féliciter pour ton self control, si tu es une amie de moi et que tu me racontes ça, tu vas te prendre un soufflon. Oui, parce que moi, mes copines masochistes, je leur secoue le prunier. Non mais si tu l’aimes encore, faut pas le fréquenter en tant qu’amie car il est manifeste que les sentiments qu’il a envers toi ne sont pas les mêmes et tu t’illusionnes en pensant qu’il va te revenir. Alors je comprends que tu veuilles rester en contact avec lui mais prend le temps d’oublier ton amour avant de le re-fréquenter. Parce que mine de rien, quand l’homme que vous aimez vous parle de sa cible, ça vous déchire les entrailles en mille morceaux. Si tu optes pour la deuxième solution, tu es vicieuse et hypocrite, tu ne veux en aucun cas le bonheur de ton ex soit-disant devenu ami. C’est mal. Quant à la troisième, pense à la tête de ton pauvre ex qui va pas comprendre pourquoi tu lui exploses à la figure.
 
Parce que je crois que la clé de la réussite d’une amitié post-rupture, c’est justement de ne pas se voiler la face et de prendre son temps. Il est extrêmement rare qu’une rupture ne laisse pas de traces, même si elle se passe le mieux du monde. Exemple : moi (oui, je trouve que je suis souvent un bon exemple). Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er, tout s’est bien passé pour une rupture. Bon, on a pleuré tous les deux, ce fut assez difficile, comme une rupture, quoi, mais on ne s’est rien jeté à la figure, ni assiettes, ni insultes. Mais on s’est pas revus de suite, on avait besoin de digérer et c’est, je crois, ce qui nous a permis de rester amis. D’ailleurs, je l’ai vu il y a encore quinze jours et on était content de se voir, on se raconte nos vies, nos amours et tout ça. Bon, je lui raconte pas tout non plus parce que mes coucheries, il a pas besoin d’être au courant mais quand je suis amoureuse, il le sait et il s’en réjouit. Et si un mec me blesse, il veut lui casser la tête.
 
Je crois qu’il faut être honnête avec soi-même et savoir exactement ce que l’on ressent pour ledit ex. Si on l’aime encore, si on ne supporte pas de passer 24 heures sans le voir, l’entendre ou avoir des nouvelles de lui, c’est qu’il y a un souci. Quand on se lève en pensant à lui, qu’on se couche toujours en pensant à lui, là, c’est clair : la page n’est pas tournée, danger, danger ! Parce que si monsieur Ex veut rester ami, aussi, il comprendra tout à fait que vous ayez besoin de temps pour digérer la rupture et qu’une amitié post-rupture n’est pas facile à gérer. Ce n’est pas parce qu’on prend ses distances pendant quelques temps que l’on se perdra définitivement de vue. Quand deux personnes veulent rester en contact, elles le font, pas de panique. Il vaut mieux être sûre de ne plus l’aimer plutôt que de risquer une rechute. Perso, j’ai eu le tort de ne pas cicatriser lors de ma dernière rupture avant de tenter l’amitié et j’ai pleuré beaucoup car, forcément, on n’était pas sur la même longueur d’ondes et du coup, la rupture a été deux fois plus dure à digérer. Mais ça va maintenant. Pareil pour ma sœur lors de sa rupture avec Anthony. Ils n’étaient plus ensemble mais continuaient de se fréquenter (amis communs) et dès qu’elle entendait parler de la sale pouffe moche qui l’a remplacée, elle rechutait de plus belle.
 
Alors, il faut prendre son temps. Et si Ex comprend pas, c’est qu’il ne vaut pas la peine qu’on s’attarde sur lui.

Nina qui rit, Nina qui pleure

C’est la fin de l’hiver, la période que j’aime le moins dans l’année. Chaque année, en mars, je serre les fesses et je croise les doigts : cette année, ça ira. Je me souviens, l’an dernier : un vendredi, fin février. Toujours aucune nouvelle de mon stage, panique à bord. Je prends mon téléphone et j’appelle mon peut-être futur tuteur de stage : il est en ligne, il peut pas me prendre au téléphone. Je vais donc boire un verre avec une copine mais je suis guère optimiste. 16h30, on quitte le bar et je me rends compte que j’ai un message. Tiens. J’écoute : « Bonjour, Guillaume Dulac, je vous appelle pour confirmer le stage ». Ivre de joie, je saute partout, au bord des larmes. Mars 2005 fut plutôt un bon mois : j’ai trouvé un appart en deux jours en RP, j’ai commencé mon stage, une expérience agréable qui m’a permis de rencontrer une amie proche, aujourd’hui, Zoé.
 
Un an plus tard, mars arrive et j’ai peur. Pas de boulot et pas d’entretiens de prévu, je me décide à refaire un tour des rédactions, on ne sait jamais. Mais en ce moment, ce n’est pas le pied. Concrètement, ma vie est au point mort depuis le début de l’année. Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir. Les jours se suivent, tranquillement, sans que rien ne vienne perturber l’ordre des choses. Moins de lose, certes, il ne m’est rien arrivé de négatif depuis une semaine, mais après… Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir.
 
Comme tous les gens dans mon cas, je me sens lunatique : un après-midi en bonne compagnie et je me sens bien. Une discussion houleuse et je suis au fond du trou. Des fois, j’ai l’impression que personne ne se rend compte que je vais pas bien, sans doute parce que je fais des efforts pour prétendre le contraire. Je suis pas du genre à me plaindre et quand je le fais, on me jette donc autant continuer sur ma lancée. Sauf que des fois, la coupe est pleine et j’aimerais qu’on comprenne qu’il y a des jours où ça va pas et j’ai pas envie de faire semblant. Marre des gens bien pensants qui me disent : « mais arrête de te plaindre, tu vas voir que ça va aller. » Mais je m’en fous, ça ira forcément mieux un jour mais ça fait trois mois qu’on me sort le même refrain et trois mois que ça va pas mieux donc les discours positifs à deux balles, j’en peux plus. Merde, ça va pas, j’ai le droit de le dire et si les personnes ne m’aiment pas comme ça, qu’elles ne me parlent plus. Je n’y peux rien si j’ai du mal à voir la vie en rose par moment.
 
Hier, j’ai appelé ma mère, je venais de pleurer à cause d’une dispute, je faisais semblant que tout allait bien et là, ma mère se met à pleurer parce qu’elle sait que je ne vais pas bien, parce qu’elle sait que ma sœur ne va pas bien non plus et elle en peut plus de ne pas pouvoir nous aider. Elle en peut plus de savoir que quand on pleure, elle n’est pas là. Des fois, j’aimerais retourner en enfance, à l’époque où les chagrins sont si vite oubliés qu’une heure plus tard, on ne se souvient même pas d’avoir pleuré. Mais bon, à l’époque, tout était plus simple, nos grands chagrins étaient liés à un genou écorché ou un jouet cassé… De vrais drames en soit pour des enfants de moins de dix ans mais ça se réglait vite. Adulte, rien n’est moins simple.
 
Hier, j’ai parlé à ma sœur sur Internet, elle savait que ça allait pas à cause de mon pseudo MSN plus que clair. Elle aussi ne va pas bien, son boulot ne lui plaît pas mais elle culpabilise de se plaindre : elle a du boulot, moi pas. Elle recommence à chercher et se rend compte que rien n’est moins simple mais comment peut-elle oser s’en plaindre à moi ? Alors que je suis la personne la plus apte à la comprendre, justement. C’est toujours le problème, on ne sait jamais à qui se confier, à qui faire partager notre mal être. Parce qu’oser dire que ça ne va pas, c’est passer pour une emmerdeuse de la pire espèce. C’est se prendre : « te plains pas, y a pire que toi ». Oui, y a pire que moi, je n’ai jamais dit le contraire mais ce n’est pas pour autant qu’il faut m’envoyer promener les jours où j’ai pas envie de faire semblant.
 
Je suis une fille qui se veut forte, qui fait semblant de l’être. Je ne pleure jamais devant les gens ou rarement, j’essaie toujours de me retenir. Pleurer, c’est être faible. Mais je crois qu’en ce moment, je bats mon record de larmes. Je pleure devant un film, je pleure quand on comprend pas pourquoi je vais pas bien, je pleure parce que ma mère pleure, je pleure parce que j’arrive pas à étendre mon linge. Mais ça, je ne le fais que quand je suis seule. En public, quand on me demande si ça va, je réponds toujours avec un grand sourire que oui. Il n’est pas forcément hypocrite, ce sourire, ça me fait plaisir de sortir, de voir des gens, d’arrêter de passer mes journées à constater qu’il n’y a aucune annonce me correspondant (j’ai jamais fait d’économie ou de science, désolée), surfant en pyjama devant mon écran. Mais y a des jours où ça va pas et je donne l’illusion du contraire. A tort. Après tout, si les gens ne m’aiment pas quand je vais pas bien, c’est que ce ne sont pas mes amis.
 
Aujourd’hui, je passe la journée avec Lucie qui est venue sur Paris pour deux jours. J’espère que ça m’aidera à me remonter le moral et à me faire repartir. J’espère que comme a dit M. marc de café, « les larmes, c’est fini ». J’espère que je pourrai bientôt appeler ma mère pour lui donner une bonne nouvelle. J’espère que le printemps qui arrive va me ramener ma bonne humeur permanente et de bonnes nouvelles aussi. On verra. En attendant, j’en ai marre de m’en prendre plein la gueule pour pas un rond parce que je fais semblant d’aller bien et que je suis censée tout supporter.
 
Ca ira mieux demain, sans doute. Peut-être que pour une fois, le mois de mars sera le meilleur de l’année. Un jour, je n’aurai plus besoin de mon masque de Nina qui rit parce que je serai heureuse et que je sourirai sans faire semblant et quand je dirai que « ça va », ça ne sera pas par pure politesse. J’espère que ce sera bientôt mais y a des jours où j’y crois plus. Parce que pour la première fois de ma vie, rien ne va comme je l’entends. Vie professionnelle, vie privée, rien de neuf, rien d’exaltant, rien qui ne me donne envie de me lever le matin. Même la santé commence à me lâcher, je ne mange plus, tant j’ai une boule dans la gorge à peu près tout le temps. J’ai intérêt à récupérer un ou deux kilos avant de retourner dans la famiglia sinon ma mère va encore croire que je mange pas comme il faut (oui, bon, elle a raison mais on va pas l’inquiéter plus que ça).
 
Demain, on repartira sur des articles plus joyeux. Mais la vie, c’est ça aussi, des moments moins drôles que d’autres…