L’’alcool, ce douloureux problème de société

Par Gauthier

Il y a différentes formes d’alcoolisme, et je vais essayer d’identifier la mienne à l’aide d’un article à 45% (non dilué s’il vous plait).

Donc je vais commencer par mon préféré : l’alcoolisme mondain. Qu’est ce que c’est ? Tout simplement une forme élitiste de l’alcoolisme pmu-esque (que nous verrons tout à l’heure). L’alcoolique mondain se targue assez régulièrement d’une particule ou d’une dizaine de couv’ de Télé 7 jours. Les deux n’ont aucune importance, sauf pour celui qui les revendique fièrement. Un alcoolique mondain ça ne paye pas ses consommations. Il boit dans les dîners, dans les cocktails, dans les soirées VIP (Very Important People), toujours à l’œil. Et oui plus on est riches moins on doit dépenser d’argent. D’ailleurs heureusement pour lui, parce que s’il boit autant c’est pour oublier qu’il est has been, ou has never been… et donc complètement fauché ! Moi je paye trop souvent ce que je bois donc ce n’est pas moi.

 

Voyons maintenant l’alcoolisme domestique. L’alcoolique domestique (alcoolicus domesticus) est un être troublé et troublant. Tout le monde est susceptible de le devenir après une rupture, un défilé JPG raté, une baisse des taux d’intérêts ou une hausse du prix du tabac… Bref les déclencheurs sont différents, mais le résultat reste le même. Le pauvre bougre boira tout le temps, en permanence, et du lever au coucher, il aura une bouteille pleine à moins de 2 m de lui où qu’il soit. C’est pour ça qu’il sort peu, les femmes sont plus touchées, en effet, il n’est pas convenable pour une femme de se foutre minable en public, donc elle se cache ! Toutes les CSP peuvent être touchées. Donc l’alcoolique domestique boira de la villageoise, de la bière, de la vodka, de l’armagnac ou du champagne. Du moment qu’il y a de l’alcool… Mais lui il paye sa consommation, il se cache quand il achète les bouteilles au Shoppy, faisant jusqu’à trois superettes par jour pour brouiller les pistes. La désociabilisation est souvent le corollaire de cette forme d’alcoolisme. Je ne suis pas concerné, je ne bois pas tout seul chez moi, je suis hyper sociabilisé, et je n’ai aucune honte à boire comme un trou…

 

L’alcoolisme pmu-esque fait des ravages dans nos campagnes principalement. Où que vous viviez, qui que vous soyez, vous êtes déjà entré dans un PMU, ne serait ce que pour demander votre chemin. Et là votre regard se perd dans la foule des habitués, là un vieux à moustache, avec un gros nez rouge et un béret de travers, entre deux lampé du gros rouge qui lui sert de carburant, il réajuste son mégot de gitane maïs et se gratte la tête avec des ongles qui engendrerait un cataclysme par attaque cardiaque dans un salon de beauté… Là une femme, blonde décolorée délavée, avec un pull marin sale et déformé, elle doit avoir 29 ans sur sa carte d’identité, mais les poches sous ses yeux et ses dents pourries lui donne 48 ans, elle tient un verre de blanc, et fume des gauloise sans filtres. Là bas un homme, le mari de la blondasse apparemment, il fini vite son demi pour aller chercher leur progéniture à l’école, il ne s’est jamais brossé les dents de sa vie… l’alcoolique pmu-esque paye ses consommations, le plus souvent avec son RMI ou sa retraite. Si quelqu’un a pensé que ça pouvait être mon cas je le brûle sur place !!!! Je suis jeune, je suis beau, je dépense une fortune en crème miracle pour paraître frais en toutes circonstances, je m’asperge de parfum à 70€ la bouteille, et j’ai une hygiène irréprochable !!!! Non mais…

 

Il reste une catégorie : l’alcoolisme étudiants. Le brave étudiant qui travaille comme un forcené toute l’année pour obtenir des diplômes qui lui permettront un jour de rentrer, tête haute, dans son agence ANPE pour s’inscrire au RMI. Il doit décompresser, et donc que fait-il le week-end ? Il boit avec ses potes. Alors après les modalités diffèrent, il peut se mettre minable à domicile avec une bande de potes, ou sur un quai de Seine, toujours avec ses potes, mais aussi, encore avec ses potes plus quelques autres, dans la boite du coin. L’étudiant alcoolique a une espérance de vie réduite du moment qu’il vit en province et qu’il doit conduire pour rentrer… Les platanes ne sont pas vos amis, ils viennent se mettre juste devant votre voiture (mais que fait Sarkozy ?). Avec un peu de chances, il croisera la route du Lieutenant Lebo de la Gendarmerie de Péquins s/ Argoules qui lui retirera poliment son permis de conduire avant de le reconduire chez ses parents qu’il connaît depuis le collège. L’étudiant alcoolique est le plus souvent très gentil, très amoureux quand il boit un peu trop. Mais il y a aussi la forme bourrine : deux verres et il veut casser la gueule de tous ces cons qui le regardent de travers sur la piste. J’ai une très grande expérience du mec qui veut me dessouder parce que je parle avec sa meuf. Il me chope par le col et m’informe qu’il va me faire sortir les dents par l’anus, là s’armer de son plus beau sourire et tout en posant une main sur ses fesses lui dire : « Mais je préférerais faire autre chose avec mon anus, on t’a déjà dit que tu avais un cul d’enfer ? ». Là c’est quitte ou double, et perso je m’en suis toujours bien tiré, le bourrin arrête tout net, de peur que je le viole sur place. C’est fou ce que les hétéros ont peur des pédés ! Quelque part je suis un étudiant alcoolique, certes, mais je ne paye pas suffisamment mes conso pour ça, je sors trop souvent dans des endroits fréquentés par des VIP (Very Important Poufiasse).

 

Donc résumons, je suis un savant mélange d’alcoolisme mondain et d’alcoolisme étudiant… Nous voilà bien avancé… Mais dans tous les cas la seule chose à retenir c’est que je bois comme un trou, que j’aime ça, et que je l’assume complètement !!!! Maintenant il faut s’attaquer à l’autre souci : les trous de mémoire en soirée… Si vous avez un remède autre que « mais arrête de boire Gauthier bordel » je suis preneur…

« Non les braves gens n’’aiment pas que l’’on prenne une autre route qu’’eux… »

Par Tatiana

Il est 14h37 et le téléfilm sur la six est franchement nul donc je vais vous raconter ma vie une fois de plus. Thème du jour : le regard des autres, parce qu’en ce moment j’en fais un peu les frais et c’est pas très rigolo, voire très agaçant.

 

Alors voilà, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais lorsque l’on est dans une situation peu conventionnelle (dans n’importe quel domaine), bien souvent cela dérange le commun des mortels. Leur repères habituels sont perturbés, et les gens quand ils perdent leurs repères, ils aiment pas trop. Or, depuis quelques temps je suis moi-même dans une situation amoureuse peu conventionnelle, et donc je subis le jugement, conscient ou non, de mes amis les plus proches et des moins proches également.

 

Ca commence par un : alors quoi de neuf pour toi en ce moment ? Là, vous leur racontez la situation : « oui j’ai rencontré quelqu’un, ça se passe bien… mais… ». Oui, parce que quand vous êtes dans une situation non conventionnelle il y a forcément un « mais », vous devez préparer votre interlocuteur. Attention je vais dire quelque chose qui est susceptible de te choquer, prépare toi, assieds toi confortablement, prends une tisane… Vous annoncez la couleur et là, la voix de votre interlocuteur change. Il est en train d’essayer de comprendre, mais rien à faire c’est trop compliqué pour lui, ça dépasse son entendement. Mais comment est-ce possible ? Je ne comprend pas… (le 2e téléfilm de l’après-midi a commencé mais c’est toujours aussi nul). Après moult explications qui n’auront servies à rien vous laissez tomber, mais le plus dur reste à venir : la mise en garde. Oui parce que pour le commun des mortels tout ce qui n’est pas conventionnel est dangereux. C’est une théorie bien connue (si si je vous assure).

 
Donc la mise en garde passe par deux étapes :
 

– la première cherche à vous déstabiliser par rapport à vos croyances, remettre en cause vos propres opinions,

– la deuxième cherche à vous imposer un autre point de vue qui n’a rien à voir avec le vôtre bien sûr.

Alors imaginez l’enfer ! Forcément vous connaissez beaucoup de gens, et vous devrez subir ces deux étapes multipliées par le nombre de gens que vous connaissez, et à qui vous êtes susceptibles de parler de genre de choses. Là, certains d’entre vous vont me dire « ah oui mais non si c’est mes amis ils comprendront et ils accepteront ma situation. Si ça me convient ça leur conviendra forcément. » Et bien là je vous réponds NON. Et même un non catégorique car vos plus proches amis (et je sais de quoi je parle) feront cela sans s’en rendre compte, pour votre bien ; ils penseront qu’une situation qui n’est pas conventionnelle ne peut que vous faire souffrir, et donc pour vous protéger ils chercheront forcément à vous faire changer d’avis pour adopter le leur. Alors voilà, dans ce genre de situation, on a beau être assez grand pour savoir que l’opinion des autres n’est que l’opinion des autres et bien, déjà c’est très dérangeant de se sentir juger parce que des fois on a l’impression que les gens nous prennent pour des débiles (puisqu’il faut être débile pour faire ce genre de chose), et ensuite, ça perturbe parce que du coup on se dit « mais est-ce qu’ils n’ont pas raison ? », « est ce que je ne devrais pas moi non plus penser ça de cette situation ? », « pourquoi ai-je un avis différent sur la question ? ». Autant de questions qui ne servent à rien car finalement ce qui compte c’est ce que nous on ressent.
 

La morale de cette histoire, c’est qu’il faut accepter que certain ou certaines fassent des choses que vous ne feriez pas. Ne cherchez pas à les mettre en garde contre leur gré, surtout que bien souvent ils sont très conscients de ce qu’ils font. Soyez là pour les soutenir dans leurs choix et pas pour les retenir.

Episode 5

Ethan ouvrit les yeux et s’étira longuement avant de se rendre à la salle de bain. Il se mira dans le miroir et constata avec amertume qu’il avait un
gros bleu sur le ventre, souvenir de la petite peste qui l’avait agressé …quelle sauvage, cette fille, on n’avait pas idée d’être aussi violent. Il se rasa et alla à la cuisine pour prendre son
petit déjeuner, mais il remarqua que la porte du salon était ouverte. Il fronça les yeux : il était certain de l’avoir fermé, la veille. Et si l’un des exclus s’était introduit chez
lui ? Il attrapa un club de golf qui traînait dans l’entrée et jeta un œil rapide, tentant de se dissimuler derrière le chambranle de la porte, mais ne vit personne. Il la poussa avec
précaution et entra dans la pièce, mais elle était vide. Devenait-il paranoïaque ? Il baissa sa garde et soupira de soulagement, mais, soudain, il entendit un craquement derrière lui,
il se retourna vivement en brandissant son club et en poussant un cri d’attaque, mais il s’arrêta net quand il vit que c’était sa mère, qui hurlait encore plus fort que lui.

« Bon sang, Ethan ! Mais qu’est ce qu’il te prend, je peux savoir ?

– Maman ! Je croyais que c’était…quelqu’un d’autre.

– Je peux savoir qui tu accueilles avec une canne de golf ?

– Non, je croyais que c’était les types qui m’avaient volé mon passe qui étaient…hum…entrés par effraction.

– En voilà une idée ! Si tu n’étais pas allé te balader par là-bas, toi aussi : mais qu’est ce qu’il t’a pris ?

– Je voulais profiter de ma dernière nuit de célibataire pour découcher, voilà. Tu comprends, à partir de ce soir, je serai fiancé et aurai des
obligations envers Neve et…j’avais besoin de prendre l’air une dernière fois sans avoir à me justifier, mais c’est totalement raté.

– C’est une femme, c’est ça ? Tu es allé voir une femme faisant partie des exclus ? Mais quelle honte !

– Mais non, c’est pas ça, maman. Je marchais et je n’ai pas fait attention à l’endroit où je me trouvais.

– Mais tu es blessé, fit-elle en désignant son bleu. Ca te fait mal ?

– Non, ça va.
– Et si j’appuie ?

– Aïe ! Bien sûr que oui, c’est un bleu, voyons ! Faut pas appuyer dessus ! Mais c’est pas grave, ça va passer. Au fait, qu’est ce que
tu viens faire ici ?

– Je voulais vérifier que tu allais bien, après ce qu’il s’est passé hier soir…tu dois être en forme pour ce soir, ce sont tes
fiançailles.

– Oui, je sais, mais ça ira. Déjà, je ne serai pas torse nu, donc on ne verra pas mon hématome et je ne parlerai de cette histoire à personne, je me
sens bien assez humilié comme ça. Et puis, je n’ai pas besoin d’avoir la super forme pour sourire et serrer la main à des gens en les remerciant d’être venus. Quant à l’animation, Neve s’en
chargera très bien : elle sera ravie d’être le centre de l’attention générale.

– Essaie au moins de faire semblant d’être content.

– Mais je cache ma joie, chère maman. Rien ne pouvait me faire plus plaisir que d’épouser cette charmante femme qui a autant d’esprit qu’un
oiseau.

– Je sais que tu n’apprécies pas beaucoup Neve pour le moment, mais je suis certaine que dès que tu la connaîtras mieux, tu l’aimeras, tu
verras.

– Même toi, tu ne la supportes plus et pourtant, tu es un modèle de patience…cette fille est un vrai tyran et je vais détester les nombreuses années
qui me séparent du repos éternel.

– A ton âge, on ne devrait pas avoir ce genre d’idée : tu n’as que 30 ans, tu as la vie devant toi, et puis, je suis certaine qu’elle va
changer : je te parie tout ce que tu veux que dès qu’elle sera maman, elle va devenir plus raisonnable, ça va lui mettre du plomb dans la cervelle. 

– Espérons que tu aies raison. »

Il soupira et s’écroula sur le canapé : dans quelques heures, son destin serait scellé à celui d’une femme exécrable et rien ne pourrait changer
ça, sauf un cataclysme et rien de tel n’était prévu. Mais il y avait sa mère, elle tenait à ce qu’il soit marié avec une femme qui prendrait soin de lui avant de trépasser. Même si elle était
dans la fleur de l’âge, elle avait une santé fragile et elle pouvait très bien attraper une grave maladie à tout moment. Il souhaitait évidemment que ça n’arrive pas, il l’aimait tellement, mais
la vie ne se déroule jamais comme on voudrait et ce soir, contre son gré, il se fiancerait à sa harpie.

 
 
 
 
 
Chapitre 3
 

            Alyson attrapa le bras de sa fille et entra en même temps qu’elle dans la
magnifique salle de réception de Technopolis, aux parois en verre qui permettaient d’embrasser la ville d’un seul coup d’œil. Les colonnes, en verre également, étaient sculptées de telle sorte
qu’elles réfléchissaient la lumière en la décomposant, créant de magnifiques spectres lumineux. Le robot placé à l’entrée prit leur invitation et les annonça, ce qui interpella Neve Woodart
qui se précipita à leur rencontre.  

« Nicholas, Alyson ! Je suis ravie de vous voir ici ! Oh, c’est la petite Oceany ? Mais elle est devenue une jeune femme
superbe ! Et voici Oliver : qu’il est mignon !  »

Elle continua de babiller pendant cinq minutes, leur parlant comme s’ils étaient de vieilles connaissances alors qu’ils n’avaient jamais discuté
ensemble. Oceany détestait ce genre de femmes qui ne pensaient qu’à côtoyer les personnes les plus en vues du moment, mais s’ils tombaient en disgrâce, elle leur passerait devant en les ignorant
totalement.

Tandis que la future fiancée discutait avec sa mère et son beau-père, Oceany prit son petit frère par la main et l’entraîna vers la piste de danse
au-dessus de laquelle se trouvait une copie de la fresque de la chapelle Sixtine ; il fallait avouer que cette salle était magnifique, mais tout ce luxe la rendait toujours mal à
l’aise.

« Oceany, je peux aller jouer avec les enfants, là-bas ?

– Oui, bien sûr, mais tu ne fais pas de bêtises, d’accord ?  »

Le petit garçon hocha la tête et galopa vers les autres enfants pour s’amuser avec eux ; il avait exactement les mêmes cheveux blonds que sa
mère et avait un visage d’ange qui faisait craquer tout le monde, y compris sa grande sœur qui voulait le meilleur pour lui.

Elle releva la tête, fascinée par la fresque : elle était reproduite avec un réalisme déconcertant, on aurait pu croire que Michel Ange lui-même
était venu ici décorer la salle. Soudain, elle sentit une présence à ses côtés et une coupe de champagne apparut devant son nez, ce qui la fit sursauter. Elle se retourna et se retrouva face à
Ethan Wadeker, en personne. Elle se sentit mal à l’aise et eut peur d’être reconnue, mais n’en laissa rien paraître. Après tout, elle était masquée quand elle lui avait volé son passe, il ne la
reconnaîtrait sans doute pas.

« Tenez, mademoiselle, goûtez-moi ça, il est excellent.

– Oh, je ne bois pas.

– On ne refuse jamais rien au fiancé. Je suis Ethan Wadeker.

– Oceany Antelwort Geller.

– Je vous croyais plus jeune : vous êtes une vraie femme, à présent.

– C’est exactement ce qu’a dit votre fiancée : vous faites bien la paire.

– Ah, Neve a dit ça ?  »

Il paraissait vexé par ce qu’elle venait de dire et elle comprit qu’il n’appréciait pas vraiment sa future femme… Mais il fallait épouser une
femme de l’élite et, apparemment, il n’avait pas eu le choix. Il ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose quand il fut interrompu par la puissante voix du robot de l’entrée qui annonça
l’arrivée de Bill Oxford, le maire de la ville. Neve abandonna instantanément les Geller pour se jeter au cou du maire qui la regarda froidement ; avec ses yeux bleus très clairs et son
visage émacié, couronné de cheveux gris, il semblait incapable du moindre sentiment et ferait un parfait dictateur. Ce qu’il était d’ailleurs, mais peu de gens de l’élite en avaient conscience,
trop heureux de pouvoir s’amuser sans travailler : « donnez-leur du pain et des jeux »…Oxford aurait fait un parfait César. A ses côtés se trouvait une créature blonde aux
mensurations remarquables, le type même d’écervelées fascinées par le pouvoir, vêtue d’une robe incroyablement décolletée devant et échancrée derrière : il s’agissait de sa seconde épouse
Kelly. Puis derrière arrivèrent deux hommes : l’un d’eux était Mark, le fils de Bill, un beau brun aux yeux noirs qui ressemblait, à ce qu’elle avait pu entendre, à sa défunte mère. L’autre,
un type d’origine latine, était un parfait inconnu et elle se demanda qui il était mais elle eut vite la réponse, puisque le robot refit son annonce en incluant Kelly, Mark et l’inconnu, cette
fois-ci.

« M Bill Oxford, maire de Technopolis, son épouse Kelly, son fils Mark et son beau-frère Bryan Masson. »

Son beau-frère ? Certainement le frère de sa première épouse car le Bryan en question ne ressemblait absolument pas à Kelly. Ethan se dirigea
immédiatement vers les nouveaux venus, la délaissant, ce qui ne la dérangeait pas vraiment, au contraire… En tout cas, il ne l’avait pas reconnu.

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Mon anniversaire avant l’’heure

La vie est une chose curieuse. En fait, cette semaine est proprement hallucinante, avec de très bons et de très mauvais moments mais en ce jeudi soir où je rédige cet article je suis heureuse, tout simplement. Bon, comme vous m’adorez et que vous aimez lire ma vie, je vous la raconte (oui, je suis mégalo).

 Noel 2012 217

Ce week-end fut plutôt sympa, j’ai eu plein de cadeaux d’anniversaire en avance. Oui, ma maman ayant eu son anniversaire dans la semaine (oui, dans ma famille, on marche par deux pour les anniversaires, c’est plus marrant), Alice et moi sommes descendues ce week-end pour fêter tout ça. Première très bonne nouvelle de la semaine mardi. J’étais chez mes parents, dans le bureau, ma mère dans le salon en bas. Comme la porte était ouverte, j’entendais ma mère au téléphone en bas (j’entendais, j’écoutais pas !) à discuter avec ma sœur. Elle raccroche. Cinq minutes après, le téléphone sonne et ça donne :

« Allo ? Non, c’est pas vrai ! C’EST PAS VRAI !!! Mais c’est sûr au moins ? »

Comme elle est passée en mode hystérique heureuse, je bondis hors de ma tanière pour aller aux nouvelles mais je sais très bien ce que c’est, j’ai compris. Hé oui, lecteur, Anthony, le copain de ma sœur, a été reçu au concours des pompiers de Paris. Qui va se retrouver belle sœur d’un pompier de Paris et va pouvoir draguer les collègues de celui-ci. Moi ! Voilà, vous pouvez me détester, surtout toi, moumour. Plus sérieusement, je suis ravie pour lui, c’est un concours très difficile à avoir mais, curieusement, je me faisais pas de soucis pour lui. D’abord mes cartes l’avaient dit qu’il l’aurait mais surtout, Anthony, c’est la force tranquille, le mec qui fait ce qu’il a à faire. Il se disait prêt pour son concours, je savais que c’était vrai. En fait, pour l’anecdote, il avait compris que le concours se terminait mercredi soir donc quand ma sœur l’a retrouvé à la maison un jour plus tôt, elle était au bord de la crise cardiaque persuadé qu’il avait été recalé, mais non ! Il a même fait 13 tractions au lieu des 10 réglementaires, trop fort !

Suite à cette bonne nouvelle, ma mère décide de ne pas du tout me foutre la pression : « ah ben entre ta sœur qui a eu une prime, ta cousine et Anthony qui trouvent du boulot, manque plus que toi ! ». Merci maman ! Et pourtant, une piste se dessinait : vendredi, en arrivant au domicile familial, je me connecte à Internet et je trouve un mail d’une dénommée Frédérique qui me propose un stage. Mais c’est qui ? D’où elle sort ? Pourquoi elle me parle ? Je regarde les références de l’entreprise, je fouille rapidement dans ma boîte mais non, je n’ai jamais postulé chez eux, je savais même pas que leur boîte existait. Bon, comme il est 19h, je rappellerai lundi. Le dit lundi (lire ce bout de phrase à haute voix, j’aime bien), j’appelle donc, la bonne femme voit de suite qui je suis puisqu’elle me précise que l’entreprise est pas loin de chez moi. En effet, elle est dans la ville où vivait Arnaud, que de souvenirs…. C’est aussi là que travaillent Alice et Clara. Ahlala, je sens que les pauses déjeuner vont être vivantes ! On se fixe un rendez-vous le jeudi car même si je rentre le mercredi

en tout début d’après-midi sur Paris, je sens que la SNCF va me jouer des tours. Et j’avais raison. J’avais prévu d’arriver à 13h50, je suis arrivée à 18h20… Merci les cheminots !

Jeudi, donc. Je me lève, je m’habille, me prépare, je sors mon press book qu’il ne faut pas oublier, tout va bien. Je me rends à ma gare et là, le train n’arrive pas. Mais ils ont décidé de me pourrir à la SNCF ou quoi ? Ah non, il arrive, ouf. Oui, c’est pas que je sois stressée mais si quand même. Arrivée sur Paris, je prends le métro et là, il n’arrive pas… Mais c’est pas possible ! Je vois mon quart d’heure d’avance fondre comme la graisse lors d’une liposuccion. Mais bon, mon métro arrive enfin. Sortie de la station, je ne peux pas me perdre : le bâtiment qui abrite l’entreprise est ENORME. Je rentre, me présente à l’accueil où trois potiches me donnent un badge à mon nom. Ohlala, la classe. Je m’installe dans un fauteuil en cuir un peu trop grand à mon goût. Je regarde les locaux, me marre en douce quand je vois qu’une des potiches se regarde dans le plafond en miroir mais le Seigneur me rend de suite cette mesquinerie. Une femme arrive et dit bonjour, je me lève et dit « bonjour » en tendant la main… Sauf qu’elle venait chercher un gars qui était là, pas moi… Je me sens soudain très conne. Bon, deux minutes après, une fille blonde arrive pour moi, cette fois, c’est Anaïs, la collaboratrice de Frédérique. J’avoue que j’adore ce prénom mais les personnes qui le portent en général, on ne s’entend guère. Mais elle, elle me plaît bien. Elle m’explique que deux ascenseurs sur les trois sont en panne, c’est pourquoi on attend longtemps un de ses foutus engins. Comme la porte peine à s’ouvrir, elle commence à paniquer : « oh non, j’aime pas ça, j’espère que ça va pas tomber en panne. » On arrive au 4e et elle me propose une boisson. Je me dis : « bon, la dénommée Frédérique peut pas me prendre de suite donc prenons un café ». Donc elle me donne un café mais pas de chance, elle m’amène directement vers le bureau de Frédérique oups ! Là, devant le bureau, deux personnes : la dénommée Frédérique, donc et un mec trop choupinou : Pierre-Cecil, le DRH qui doit avoir une trentaine d’années à tout casser. Bon, ce stage, je le veux, c’est définitif.
 

L’entretien se passe idéalement, Frédérique et Pierre-Cécil sont très agréable et je suis très à l’aise, ils me présentent le projet un peu puis ils me disent : « bon,
avant d’aller plus loin, on veut savoir si on peut vous prendre ou pas. » Je leur parle de mon soucis de convention et Pierre-Cecil grimace. Non, choupinou, ne me brise pas le cœur, pas déjà, pas si vite. En fait, il m’explique que le problème porte sur la rémunération : sans convention, ils ne peuvent me payer que 25% du SMIC et 100% de la carte orange. Bon alors entre un 
chômage et un stage un peu rémunéré, je n’hésite pas une seule seconde, c’est oui. Donc on discute du projet, les idées fusent, je suis proprement emballée. Résultat : je commence

lundi ! Et là, je me dis que la vie est dingue : y a une semaine, je n’avais rien de rien et là, lundi, je commence un stage de deux mois. En plus, Pierre-Cecil choupinou va essayer de voir s’il peut pas trouver un système de prime ou quelque chose pour augmenter un peu ma rémunération. Oh, il est merveilleux lui, même s’il a trop serré le col de sa chemise et même s’il a un gamin, ce qui semble indiquer son non-célibat (même s’il a pas d’alliance, na !).

 

Résultat des courses : me voilà stagiaire pour deux mois. Une expérience inédite puisque je n’ai jamais fait de journalisme d’entreprise. Ma mission : préparer la
prochaine newsletter du groupe. En effet, une partie du personnel doit déménager dans une autre ville donc je devrai faire découvrir cette ville à travers la newsletter et le site Internet qui va 
avec. Je vais écrire pour un public de 500 à 700 personnes. En plus, pendant deux mois, je vais pouvoir me lever tous les matins avec une bonne raison de le faire, gagner quelques sous et comme
je vais partager pendant deux mois le bureau de Pierre-Cécil, je vais pouvoir bénéficier des conseils d’un DRH : que du bonheur pour la suite. En plus, c’est excellent pour mon ego de voir 
qu’une entreprise (et même deux, d’ailleurs) a vu mon CV et a été intéressée par mon cas alors que je n’avais même pas postulé chez eux.

Décidément, mes 26 ans commencent bien… Qu’est-ce que ça va être quand je les aurai vraiment!

Je suis désolé

Par Gauthier
Mais je suis obligé de vous livrer une énième introspection. Mais ce n’est pas ma faute. Je me pose des questions suite à une aventure des plus banales en somme. Laissez-moi vous exposer la situation, et mon analyse.
 
Jeudi soir, je viens de boire quelques verres en compagnie de Nina, Sab, et Larouquine. Soirée charmante, en compagnie de filles charmantes. Il est 21h et quelques et je suis très en retard à mon second rendez-vous de la soirée. En effet j’ai donné mon numéro à un charmant jeune homme quelques jours auparavant alors que j’étais à 4,5g d’alcool dans chaque bras, accroché à mon bar, à grand renfort de « je suis désolé de te draguer alors que je suis saoul, mais tu es trop mignon, ça fait 15 jours qu’on nous a présenté et je pense tout le temps à toi depuis… blablablabla ». Bref le pauvre, il a souffert, j’ai dû le saouler bien 30 min, mais le pire c’est qu’il rappelle et me file rancard. Elle est pas belle la vie ? Donc je suis très en retard… Que faire ? Prendre un Taxi bien sûr !
 
Et là c’est le drame !!!! J’arrive à la station de Taxi, je monte illico dans le premier qui passe (pour une fois j’attends pas 1h, ça me change). Le chauffeur, un vieux métis de 40/45 ans au moins, laid comme un poux, me fait la causette. Je ne sais pas s’il y a des chauffeurs de taxi qui nous lisent, mais dans le doute je voudrais faire passer un message. On prend le Taxi pour éviter le métro, le bus, ou la rue, bref pour être tranquille, assis confortablement, au chaud, et au calme ! Oui au CALME ! Alors pourquoi vous sentez-vous toujours obligé de disserter sur le temps, les parisiens, les transports en commun, le maire de Paris, les travaux, les manifestations, etc. Hein, POURQUOI ???? Et alors ce qui me gonfle le plus c’est « et vous allez où en fait ? » sous entendu « tu vas voir qui ? tu vas faire quoi ? tu me racontes ta soirée ? » Ou pire encore « mais sinon vous faites quoi dans la vie ? » MAIS JE TE DEMANDE SI TA SŒUR ELLE SUCE ????? Putain ça fait du bien !!!!! Putain de pays de merde où il n’y a pas de limo à chaque coin de rue, au moins le chauffeur on le fout derrière une vitre et il ferme sa gueule !
 
Donc mon vieux chauffeur me pose mille et une question, dont la traditionnelle :
–         Mais en fait vous allez faire quoi là-bas ?
–         Je vais boire un verre dans tel club…
–         Ah… Tout seul ?
–         Euh… Non, je suis attendu…
Il me sourit et enchaîne illico :
–         Vous allez dans des saunas ?
–         … Pardon ?
–         Oui, les saunas, vous connaissez bien non ?
Là c’est le drame, ce chauffeur s’est rendu compte que j’allais dans un club gay, il est gay, et donc forcément, il va me draguer… Là je transpire à grosse gouttes !
–         Non je ne vais pas dans les saunas, je n’aime pas ça… Je trouve ça glauque, c’est sale, ça pue, et c’est rempli de vieux pervers trop fauché pour s’offrir une pute !
–         Ah… C’est votre droit ! Mais il faut bien draguer quelque part !
–         Je suis maqué…
J’ai vraiment été super désagréable, j’ai répondu au lance-pierre, à ce moment précis je me dis qu’il a compris le message, et qu’il va fermer sa gueule…
« C’est dommage, t’es mignon ! » MAIS IL ME TUTOIE MAINTENANT ! Je rêve… Mais je ne suis pas au bout de mes surprises… Il arrête la voiture dans une petite rue, et se retourne :
–         Tu as retenu le chemin pour venir plus vite ici ?
–         Oui merci, c’est gentil… (en fait je lui avais demandé de me déposer à un endroit un peu éloigné de la boite parce que je ne savais pas comment aller directement devant, mais lui il connaissait bien par contre)
–         Je vais me garer un peu plus loin ? On pourra se détendre…
–         Se quoi ??? (j’ai très très peur là)
Et là c’est LE DRAME !!!! À ce moment précis, il passe sa main entre mes jambes et la pose sur mes couilles ! J’ai la nausée… Je repousse sa main et lui demande de se tenir tranquille. Il revient à la charge. Je lui précise que mon petit copain est super jaloux et qu’il m’attend à l’entrée de la boite. Que s’il voit la scène, il va lui casser la gueule (oui je mens et alors il ne me connaît pas, je dis ce que je veux na !). Mais non il insiste. Bon je vais pas me faire violer par un vieux con dans un taxi quand même ! Je lui dis très clairement :
–         Arrêtez ou je descends sans vous payer !
–         Ouh lalala c’est bon, il faut pas s’énerver, j’ai le droit de tenter ma chance !
–         Non, il y a des façons de le faire… Et ça n’en est pas une !
–         Oui mais c’est pas la peine de le répéter, tu le diras à personne hein ?
Je suis gentil, parce que j’ai quand même payé ma course, et je n’ai même pas relevé le numéro de la plaque pour le signaler… Mais pour qui il se prend ? Maintenant je m’en veux de pas avoir noter son numéro de plaque, parce que s’il fait ça à un petit jeune qui ne sait pas se défendre, et qui n’ose pas dire non de façon énergique, il peut avoir des problèmes. En tout cas je suis consterné par le culot de ce mec… (c’était une 406 blanche c’est tout ce dont je me souviens, voilà)
 
Et là je me pose la question : pourquoi s’est-il permis de me toucher ? Y avait-t-il quelque chose chez moi qui lui a laissé penser qu’il pouvait le faire ? Tout chez moi ne montre qu’une chose : vient coco, je vais te donner du plaisir ! Non je ne crois pas… En tout cas, ce message ne s’adresse pas à tout le monde !
 
Alors je fais le point sur ma vie, et je me fais peur (comme à chaque fois). Je sors avec un model américain, beau, gentil, agréable, bref parfait… Je vais en boite pour rejoindre un jeune homme de 21 ans, beau comme un cœur, après qui tout le monde court, il a un visage d’ange, et il me fait un effet indescriptible ! Depuis ce rendez-vous, on sort aussi ensemble. Dans la semaine, je me suis « offert » un amant en cdd renouvelable. Un gentil cadre de passage sur Paris pour quelque temps (il est envoyé ici en formation). Il rentre tous les week-ends chez lui, mais il aime bien venir se mettre à quatre pattes devant moi dans la semaine ! Et mon amant du mois dernier refait surface en m’annonçant fièrement « j’en suis sûr, je ne suis pas bi, je suis pédé, j’aime trop quand tu me défonces ! », on est heureux de le savoir… Et donc forcement, il veut que je le « défonce » le plus rapidement possible pour fêter ça !
 
Bon 4 « mecs », mais toujours qu’une bite, et surtout une absence totale de cœur, malgré un soupçon de scrupules (mais c’est juste pour la forme). Donc oui peut être que je transpire le sexe… Maintenant parlons de mon week-end. Jeudi, le petit jeune mignon m’éconduit au métro « pas le premier soir » qu’il me dit. Tant pis… Mon cdd renouvelable fera l’affaire ce soir. Le lendemain, je me pose un peu. Le samedi, mon américain débarque à 15h, on baise comme des castors jusqu’à 21h. On va dans un bar avec quelques amis, il me dit qu’il doit rentrer se coucher tôt, tant mieux ! Le petit jeune m’attend en boite. Je le rejoins, il rentre avec moi cette fois. On baise tout dimanche. 16h il repart, mon américain m’appelle :
–         Je peux venir ?
–         Euh… non j’ai beaucoup de travail en retard, on se voit demain, ok ?
–         Je suis triste mais travaille bien !
Oui, j’avoue, je n’ai pas du tout bossé, je me suis reposé, je ne pouvais pas avoir encore du sexe, je ne suis pas acteur porno… Maintenant voyons ma semaine : lundi je vois mon américain, il passe la nuit avec moi, mardi on passe la journée ensemble. Il rentre mercredi dans son pays, donc mardi soir je reste tranquille chez moi à verser une petite larme. Mercredi, je passe la journée avec mon petit jeune. Il passe la nuit chez moi. Jeudi, j’ai cours, en fin de journée mon ex-bi nouvellement homo me rejoint en fin d’aprèm pour fêter sa conversion. Vendredi, je souhaite un bon week-end à mon cdd renouvelable !
 
Et ce week-end ? Je ne sais pas qui je baise… Mais par contre je vais boire, ça c’est sûr. J’ai un anniversaire. Et la copine qui fête ses 24 ans m’a dit, pour être sûr que je viennes le sourire au lèvres « j’ai un ami qui a craqué sur ta photo, il sera là, je suis sûr que vous ferez un beau couple, il va trop te plaire »… Je ne sais pas du tout comment je vais organiser mon emploi du temps la semaine prochaine, mais ça promet.
 
Moi je dis, Paris est une ville magnifique… Il me faut juste un chauffeur perso pour que mon bonheur soit parfait 😉
(Note de la Nina : vous pouvez aller sur le blog de Gauthier : http://gauthier.mon-blog.org/. Maintenant, tu peux dire que tu m’aimes, moumour!)

Je suis nulle et je vous en fais profiter

Suite à un bug gigantesque du blog, les articles de dimanche et lundi sont restés en administration au lieu d’apparaître sous vos yeux ébahis comme à l’accoutumée. Donc pour vous éviter la lecture de trois articles d’affilée, j’ai décidé de vous offrir une BD, confectionnée de mes blanches main. Vous pourrez constater que quand je dis que je dessine mal, ce n’est pas par modestie…

Conclusion de ce petite périple (tout est vrai) :

– la prochaine fois, je prends un paquet de Kleenex (un tout seul, c’est pas assez)

– tourner l’ouverture de la cage de Kenya vers le fauteuil pour pas qu’on la voie baver (oui ben quoi? Moi, ça me gêne aussi qu’on me voit baver).

– monsieur le vieux, vous auriez été plus aimable, je vous aurais sans doute signalé que votre sac reposait dans le vomi de mon chat. En plus, vu que vous vous êtes affalés sur mon accoudoir et mordu le peu d’espace vital que j’avais, je regrette même pas.

– je ne ferai jamais de BD, je suis vraiment nullissimale.

PS: ce que j’ai écrit dans la vignette 8 et qui a été coupé par mon immonde scanner qui date de 2000 (hou le vieux), c’est : « les gens ne semblaient pas ravis de la nouvelle ».

Maintenant, vous pouvez vous moquer.

Episode 4

Chapitre 2
 
            Le dernier soir avant les fiançailles, derniers moments de liberté : quelle
charmante idée ! Il soupira et regarda Neve qui était en train d’essayer une drôle de robe mauve qu’elle avait choisie pour la soirée. On aurait dit une grosse meringue colorée, mais il
n’osa pas lui dire sinon elle allait paniquer et devenir infernale. Il simula un bâillement pour indiquer à la jeune femme qu’il avait envie de se coucher, mais elle ne se s’en aperçut pas, trop
occupée à s’admirer dans la glace.
« Neve, il est presque dix heures, j’aimerais aller me coucher. Tu ne voudrais pas rentrer chez toi ?
– Je ne peux pas rester dormir ici ?
– Non, y a pas de place.
– Bon, d’accord, mais tu me raccompagnes, alors. J’aime pas me balader seule dans les rues la nuit. »
Il ne chercha pas à la convaincre qu’elle n’avait rien à craindre, car il avait hâte de se débarrasser d’elle : sa patience avait des limites.
Elle se rhabilla rapidement et il la raccompagna chez elle. En guise de remerciements, elle le gratifia d’un signe de la main et lui jeta un rapide au revoir avant de rentrer. Dans un monde
normal, ils se seraient embrassés tendrement et chuchoté des mots doux pendant un bon bout de temps, mais ça ne marchait pas comme ça avec Neve. Ils ne s’aimaient pas, à quoi bon faire
semblant ? Durant leur mariage, ils ne s’embrasseraient pas et ne feraient l’amour que pour avoir une petite fille à marier à un pauvre gosse qui était actuellement plus occupé à s’amuser
qu’à trouver l’âme sœur.
Il se remit en route et erra sans but précis, réfléchissant à ce mariage et à son avenir…ce n’était guère réjouissant. S’il n’y avait pas eu sa mère,
il n’aurait pas choisi cette femme là. Il aurait même probablement pris une femme d’un statut social inférieur au sien et serait parti vivre chez elle, là où les apparences ne comptent pas plus
que tout.
Il se rendit soudain compte qu’il était retourné dans le même parc que l’autre jour, là où il s’était fait agresser. Au fond de lui, il savait qu’il
avait fait exprès : il voulait retrouver cette étrange femme et parler avec elle. De quoi ? De tout, passer sa dernière nuit de liberté à parler à une inconnue…l’idée le transportait
littéralement, parce que ça lui donnait l’impression qu’il bravait un peu les traditions de l’élite, qu’il se rebellait, qu’il…
Quelque chose tomba de l’arbre derrière lui et il se retourna prestement : la jeune femme était de retour.
« Tiens, tiens, Ethan Wadeker ! Tu cherches vraiment les ennuis.
– Vous êtes seule ?
– Où est la différence ?
– J’aimerais…hum…discuter avec vous.
– Je ne vois pas vraiment ce que nous aurions à nous dire.
– Et bien, déjà, j’aimerais savoir pourquoi vous êtes ici : je suis sûr que vous n’êtes pas une exclue.
– Jamais entendu un truc aussi ridicule de ma vie. File-moi ton passe.
– Qui êtes-vous ? Comment me connaissez-vous ?
– Je lis les journaux, crétin. Donne-moi ton passe avant que je m’énerve.
– Les exclus ne reçoivent pas le journal, j’ai vérifié. »
Elle sembla perdre son agressivité un instant…touché ! Mais elle retrouva rapidement toute son énergie et lui sauta dessus pour lui voler son
précieux passe. Il ne se laissa pas faire, essayant de se défendre du mieux qu’il pouvait, mais elle se défendait comme une tigresse et l’envoya rapidement au sol. Elle se posa ensuite à
califourchon sur lui et put enfin retirer l’objet tant convoité sur lequel elle fit jouer la lumière pendant un instant.
« Ecoute, Wadeker, je te le répète une dernière fois : ne traîne pas par ici, ça craint. En tout cas, merci pour le passe, j’en ferai bon
usage. »
Elle s’apprêtait à repartir mais il saisit sa combinaison et l’attira vers lui : elle n’allait pas s’en tirer aussi facilement. Elle poussa un
petit cri et leur regard se rencontrèrent Elle semblait furieuse.
« Mais qu’est ce qui te prend ? Lâche-moi !
– Rendez-moi d’abord mon passe.
– Si tu ne me lâche pas immédiatement, tu risques de le regretter : ce serait dommage de célébrer tes fiançailles avec un œil au beurre noir,
non ?
– Dites-moi d’abord qui vous êtes.
– Peu importe qui je suis ! T’es vraiment pénible comme mec. Bon, puisque tu ne veux pas me laisser tranquille… »
Elle lui donna un formidable coup de poing dans l’estomac, ce qui lui fit lâcher prise et pendant un instant, sa vue fut obstruée par un tas de
petits points noirs : elle n’y était pas allée de main morte. Elle se releva et le regarda se tordre, les bras autour du ventre en gémissant, puis repartit sans rien ajouter. Il la suivit du
regard, puis quand elle eut disparu, il se releva lentement et se mit à marcher en titubant, jusqu’à une cabine téléphonique, où il composa le numéro de sa mère.
« Lauren Wadeker.
– Maman, c’est Ethan, j’ai…hum…un petit problème.
– Qu’est ce qu’il se passe ?
– Et bien, je suis coincé au parc Washington et on vient de me voler mon passe.
– Quoi ? Mais qu’est ce que tu fais dans ce coin là, à cette heure-ci de la nuit ?
– Je me baladais.
– Ma parole, tu as perdu la tête. Bon, ne bouge pas, je vais appeler une escorte pour te ramener chez toi, mais tu me dois des
explications.
– Oui, maman. »
Elle raccrocha, visiblement énervée, ce qui était compréhensible : les gens de l’élite n’étaient pas censés se promener dans ce genre d’endroit.
Si ça se savait, sa réputation en prendrait un sacré coup. Il attendit patiemment et au bout de cinq minutes environ, un patrouilleur de la police arriva à sa hauteur ; il s’agissait d’un
petit robot juché sur une moto à aéropropulseur qui permettait de voyager rapidement partout dans la ville.
« Vous-ê-tes-E-than-Wa-de-ker ? demanda le robot de sa voix métallique.
– Oui, c’est moi.
– Veuil-lez-en-trer-vo-tre-car-te-d’i-den-ti-té-dans-la-fen-te. »
Ethan soupira et fouilla dans sa poche pour trouver un bout de plastique que l’on appelait carte d’identité et obéit aux instructions de la
machine.
« I-den-ti-té-con-fir-mée-veuil-lez-mon-ter-sur-la-pla-ce-ré-ser-vée-aux-pas-sa-gers »
Il s’assit derrière le robot et attacha sa ceinture. Le policier vérifia que son passager était bien installé puis appuya sur un bouton :
l’engin décolla du sol et monta à une vitesse vertigineuse vers les sommets de la ville, zigzaguant entre les différentes lignes du monorail avec une habileté remarquable, puis stoppa devant le
balcon d’Ethan.
« Vous-ê-tes-ar-ri-vé-à-des-ti-na-tion-la-po-li-ce-de-Tech-no-po-lis-vous-sou-hai-te-une-bon-ne-soi-rée-
et-vous-rap-pel-le-q’il-est-dan-ge-reux-de-cir-cu-ler-dans-les-bas-é-ta-ge-la-nuit-
veuil-lez-des-cen-dre-du-vé-hi-cu-le-mer-ci. »
Ethan obéit sans discuter et regarda la petite machine filer vers le pilier nord. Cette soirée avait été probablement la pire de sa vie et, à bien y
réfléchir, il aurait dû s’en douter. Ce n’était pas parce qu’il s’appelait Wadeker et qu’il faisait partie de l’élite que tous étaient à ses pieds, cette fille lui avait rappelé de façon assez
brutale. Celle-là, il lui en voulait : il voulait juste discuter avec elle et cette garce, pour le remercier de sa sollicitude, lui avait dérobé son passe et détruit son estomac qui le
faisait encore souffrir.
Il se rendit dans sa chambre et s’écroula sur son lit où il s’endormit presque instantanément, malgré la rage dont il était la proie.
—–       
            Elle regarda autour d’elle et, après s’être assuré qu’il n’y avait personne,
poussa la porte qui donnait sur un petit hangar. A l’intérieur, une immense hélice tournait sans cesse, produisant de l’électricité pour toute la ville et occasionnant tout un tas d’étincelles
bleues inoffensives mais impressionnantes. C’était dans cette pièce qu’ils avaient décidé de s’installer, parce que personne ne viendrait les y chercher et quand ils auraient tout le matériel
dont ils avaient besoin, ils feraient exploser l’hélice.
Elle retira son masque et alla rejoindre Juan, qui était le chef des rebelles avant son arrivée. D’origine latine, il avait eu la chance d’être
naturalisé dès sa naissance, sinon, il aurait fait partie des esclaves à l’heure actuelle. Cependant, ses cheveux bruns, son teint hâlé et ses yeux noirs lui causaient pas mal de problème :
à cause de l’esclavagisme, la plupart des américains pure souche avaient développé des sentiments xénophobes très forts et tous les exclus qui semblaient être étrangers étaient considérés comme
des esclaves en fuite. D’ailleurs, dans leur groupe, ils avaient aidé un couple de chinois à s’évader et les cachaient dans leur hangar.
Maria, la sœur de Juan vint les rejoindre.
« Qu’est ce que tu as ? Tu es toute débraillée.
– Oh, ce n’est rien. Regardez plutôt ce que je vous ramène, dit-elle fièrement en exhibant le passe volé. Ce Wadeker est un vrai crétin : il
voulait discuter. Je lui ai pris son passe vite fait et je l’ai laissé sur le bitume.
– Il t’a reconnue ? s’enquit Juan.
– Il se doute que je ne suis pas une exclue, mais je ne crois pas qu’il sache qui je suis précisément. Tu sais, ce n’est pas parce qu’on fait partie
de l’élite qu’on se fréquente.
– Tu es pourtant un des meilleurs partis de la ville, remarqua Maria, il a peut-être vu ta photo dans les journaux.
– C’est vrai qu’en étant la fille d’Hank Antelwort et la belle-fille de Nicholas Geller, on passe difficilement inaperçue. Tu devrais faire
attention, Oceany : s’il te reconnaît, il risque de te dénoncer et tout ce que nous aurons fait jusqu’ici n’aura servi à rien.
– Ne t’en fais pas, Juan, il ne me reconnaîtra pas et si jamais il me dénonçait, je nierais, c’est tout. Réfléchis : avec mon nom, je ne risque
absolument rien.
– Ca nous fait deux passes pour les sommets avec le tien, on va pas aller loin avec ça, soupira Maria.
– Ne désespérons pas, on va y arriver. De toute façon, on n’est pas encore prêts, il ne faut pas se précipiter. Il va falloir que je rentre, on
pourrait s’apercevoir de mon absence.
– Je te ramène, proposa Juan.
– OK . Demain soir, je vais essayer de chiper quelques passes, durant les fiançailles de ce cher Wadeker. Avec de la chance, on pourra réaliser
notre plan plutôt que prévu. Et restez sur vos gardes. »
Elle fit un signe de la main pour saluer ses complices, puis suivit Juan jusqu’à un recoin du hangar où ils avaient planqué les trois motos à
aéropropulseurs qu’ils avaient volés à la police. Ils étaient en train de s’installer quand Mai-Li, la Chinoise qu’ils avaient sauvée vint les rejoindre. Mai et Oceany étaient devenues très
proches au fil des mois et se comportaient presque comme deux sœurs, toujours inquiètes l’une pour l’autre. Faire partie des rebelles n’était pas sans danger.
« Maria m’a dit que tu t’étais battue, ça va ?
– Ouais, je l’ai mis K.O dès le premier round. Tu sais, les membres de l’élite qui font du karaté, ça court pas les rues, et puis, j’ai gagné un
passe pour les sommets ! Je vais essayer d’en voler quatre autres, demain, à la réception, comme ça, on pourra envoyer notre commando spécial.
– Fais attention à toi, d’accord.
– T’en fais pas, tu risques plus ici que moi là-haut. Fais attention : il ne faut surtout pas que l’on te voie.
– Ne t’inquiète pas pour moi, je suis habituée à me terrer. »
Elles s’étreignirent affectueusement et se quittèrent avec regret quand Juan mit le moteur en route. Oceany salua son amie de la main, puis
s’accrocha au torse puissant de son chauffeur ; elle était inquiète pour Mai-Li, elle n’avait pas une très bonne mine : l’air ambiant était chargé d’électricité, ce ne devait pas être
très bon pour leur santé, mais ils n’avaient pas le droit de sortir, car ils risquaient d’être rattrapés par la police qui les recherchait depuis quatre mois.
La moto s’éleva dans les airs et fonça vers le sommet ; grâce au passe d’Oceany et celui qu’elle avait dérobé à Wadeker, ils pouvaient passer
n’importe où sans déclencher les alarmes…Bientôt, ils en auraient assez pour envoyer cinq d’entre eux au sommet pour réaliser le plan qu’ils avaient mis sur pieds presque un an plus tôt, quand
ils avaient découvert que Technopolis n’était pas le paradis qu’on leur avait promis.
Juan se posa à côté du balcon de la jeune femme et mit la moto en mode « lévitation automatique » ; elle descendit du véhicule et
vérifia qu’il n’y avait personne aux alentours.
« Merci de m’avoir raccompagnée.
– De rien : j’aime bien me balader en moto et je déteste te savoir seule.
– Je ne risque rien, tu le sais bien. Dans cette ville, ce sont nous, les bandits.
– Ouais, mais on n’est pas les seuls : on a fait des émules ! Chacun veut son passe pour les sommets, pour voir enfin le soleil briller
dans le ciel.
– Dire que je croyais que le soleil brillait pour tout le monde pareil. Dans cette foutue ville, seuls les privilégiés peuvent en profiter. Cette
société est pire que l’ancienne, je crois.
– Moi, j ‘en suis sûr. Bonne nuit, Oceany.
– Bonne nuit, et fais attention en rentrant : ne casse pas la moto en faisant l’idiot. »
Il sourit et lui adressa un coup d’œil complice avant de remettre les gaz et de filer. Elle observa un instant le discret sillon que laissa
l’appareil derrière lui, gardant en mémoire les quelques instants passés en compagnie de son complice. Il ne la laissait pas indifférente et elle savait ce sentiment réciproque mais il tait
inutile d’espérer quoi que ce soit. Outre le fait qu’un amour entre un exclu et un membre de l’élite était très difficile, voire impossible, il fallait se concentrer sur l’essentiel. La lutte
contre le pouvoir n’était guère propice aux amourettes.
Elle soupira et rentra dans sa chambre, luxueusement décorée au milieu de laquelle trônait un immense lit à baldaquin. Pour créer les appartements de
l’élite, les architectes s’étaient inspirés du Château de Versailles et la rumeur prétendait même qu’il existait des passages secrets. Mais elle en doutait sérieusement : quel intérêt de
pouvoir aller d’un appartement à un autre ? Aucun. Elle retira sa combinaison qu’elle rangea dans son coffre fort et enfila sa nuisette en soie dorée ; tout respirait le luxe, dans
cette pièce, jusqu’à ses sous-vêtements : on affichait sa supériorité jusqu’au bout, ça en devenait ridicule. Elle haïssait cette ville et le système qu’elle imposait à ses habitants, même
si elle était du bon côté des choses. Elle avait eu beau se voiler la face durant les premières années, aujourd’hui, elle ne pouvait plus fermer les yeux : cette société était totalement
inégalitaire et ils étaient tous prisonniers de Bill Oxford et de ses collaborateurs.
Elle s’allongea sur le dos et observa un instant le voile tendu au-dessus de son lit qui bougeait légèrement, mu par une petite brise provoquée par
les immenses hélices du rez-de-chaussée. Juan, Maria, Mai et son compagnon Myo…ils devaient tous vivre, ou plutôt survivre, dans des conditions ignobles pour permettre à l’élite d’avoir un cadre
de vie agréable .Pourraient-ils changer tout ça ? Elle n’en était pas sûre, mais elle voulait essayer, quitte à en mourir. De toute façon, sa vie n’avait aucune valeur à ses yeux. Si elle ne
se battait pas avec les rebelles, elle n’était qu’un pauvre pantin articulé par la poignée de dirigeants, ce n’était pas une vie. Son père avait été un héros, elle devait se prouver qu’elle
n’était pas une lâche comme tous ces élitaires dont la volonté avait été étouffée par tout ce faste, ces réceptions qui ne rimaient à rien et toutes ces constructions pharaoniques…mais bientôt,
les Anges qui maintenaient la bulle de verre au-dessus de leur tête deviendraient les Anges de la Justice et Oxford payerait pour tout le mal qu’il avait fait, elle se l’était juré.

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Les rêves, reflet de mon esprit dérangé

S’il y a truc qu’on ne peut nier, c’est mon imagination débordante et des fois, ça envahit mes nuits. Je fais des rêves bizarres, ça, c’est un fait et les gens rigolent beaucoup quand je les raconte. Certains sont de véritables films ou romans dont je suis l’héroïne. Oui, c’est marrant, je ne suis pas moi dans mes rêves ou plutôt, je suis une actrice qui joue dans un film ou évolue dans un livre. Parfois, je suis même l’héroïne du roman que j’écris, bonjour la mise en abîme ! Faut dire qu’il y en a, ce sont de vrais scénarios extrêmement alambiqués.

Plus jeune, mes cauchemars reflétaient mes peurs primaires. Par exemple, je me trouvais souvent dans un avion qui s’écrase (ou je me prends un avion dans la gueule, pas de chance), un ascenseur qui tombe ou je me faisais attaquer par des serpents. Pour les Freudiens, je précise que mes serpents avec une grosse tête avec plein de dents et une petite queue. En grandissant, ma peur des serpents a disparu, sans doute parce que j’ai déménagé dans la grande ville et que la friche à côté de ma grand-mère qui grouillait de couleuvres a laissé place à de sales immeubles. Ca me fait penser à une chanson de Polnareff, tiens… Pour les ascenseurs, pareil…

Par contre, les avions, ça reste. L’autre nuit, par exemple, je rêvais que je montais avec Anne dans un vieil appareil tout pourri avec des sièges en cuir genre RER et de vieilles ceintures, je donnais mon ticket de train pour que le contrôleur le poinçonne puis je montais dedans. L’avion décolle, gniaaaaaan ! A un moment, allez savoir pourquoi, je sors de mon corps et de l’appareil et je découvre qu’il est en train de voler à l’envers… Là, je me dis que l’avion, ça fait moins peur à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mais en fait, l’avion était en panne, il plane en attendant que ses moteurs s’arrêtent et là, il tente un atterrissage en catastrophe et évidemment, il s’écrase. De là, je me retrouve à l’hôpital en train de visiter Anne et là, je regarde les infos et j’apprends que je suis morte donc je vais dans les décombres pour essayer de retrouver mon corps. Sinon, dans le genre « les avions dans les rêves de Nina », l’histoire de l’avion qui menace de se crasher sur Paris. Donc nous voilà en famille sur Paris dans un resto chinois (hautement improbable, mes parents n’aiment pas ça). Il y a donc papa, maman, Anthony, Alice et moi. Ma mère se casse faire des courses aux Halles et pendant que mon père consulte le menu, Anthony, Alice et moi nous promenons devant le resto. Soudain, alarme : un avion menace de s’écraser sur la ville, pile là où on est, évidemment. L’avion, encore à l’envers, rase le sol une première fois, on se couche par terre puis on se cache dans le hall d’un immeuble et je dis à Anthony et Alice qu’il faut rentrer dans l’immeuble et monter à l’étage pour éviter l’effet de blast. Anthony (pompier de son état) se fout de moi mais on fait ça, on rentre dans l’immeuble, on se recroqueville à l’étage et finalement, l’alerte est levée, on rejoint mon papa, toujours en train de consulter son menu. Imperturbable, le papa.

A propos de ma sœur et des rêves récurrents. Souvent, je rêve que je suis juive pendant la deuxième guerre mondiale donc je dois me cacher. Et je me retrouve toujours dans un immeuble désaffecté avec un grand escalier en pierre. Je rêve aussi souvent que je fuis les autorités et dans ce genre de rêve, la seule personne de ma famille présente, c’est ma sœur. Sinon, dans la série famille, ces derniers temps, je me retrouve affublée d’un petit frère, un bébé MINUSCULE, il tient dans la main… Je sais pas d’où il sort, celui-là !

Sinon, en ce moment, j’ai deux rêves récurrents. Le premier je suis enceinte ou j’accouche. La dernière fois, je rêvais que j’accouchais dans mon lavabo (très confortable comme lieu d’accouchement, tiens), mon père faisant office d’obstétricien, ma mère de sage-femme. Fascinant. Le bébé, une fille (d’habitude, un garçon), un truc bizarre que je pose sur le rebord du lavabo une fois née. Je suis contente, elle a les yeux verts et l’accouchement se passe extrêmement facilement, même pas mal. D’ailleurs, on en parlait après avec mes parents, nous étions tous fiers du travail accompli (et ma pauvre gosse neurasthénique toujours sur son rebord de lavabo). Sinon, l’autre nuit, je rêvais que j’étais enceinte, d’un garçon cette fois, mais il voulait pas venir le bougre, il avait trois jours de retard et je me promenais avec mon gros bide, je prenais le train et je racontais cette histoire à Bertrand (qu’est-ce qu’il foutait là, lui ?). Tiens, ça me fait penser que je rêve souvent de trains, aussi.

Sinon, dans la série rêves très récurrents : je repasse mon bac. Ah, celui-là, je le fais tout le temps ! Je suis extrêmement angoissée par l’épreuve d’allemand, vu que je ne parle plus un mot de cette langue. C’est curieux car pour mon bac, le vrai, j’avais pas stressé du tout, pourquoi ce rêve revient donc fréquemment ? La nuit dernière, j’ai rêvé que je devais passer le bac mais en série ES (j’ai le L). J’expliquais à un métis trop miam miam que je passais cette série pour ajouter un plus à mon CV… Non mais c’est dingue ça ! Mais c’est plus souvent l’allemand qui ressort, quand même, cette foutue épreuve qui me glace le sang j’arriverai pas à faire illusion, je ne sais plus rien dire. Ich spreche nicht deutsch ! I can do my work in english ? Non? Va te faire voir.

Sinon, les rêves les mieux, ce sont ceux plein d’amour. Il y a des moments dans la vie où je suis amoureuse de mecs qui ne sont pas (encore ?) mien. Dans les rêves tout est permis… Et ben non, en fait. Je me souviens, quand je craquais sur Fabien, le vilain démon tentateur, dans mes rêves, il y avait toujours le « tu n’as pas le droit ». Les caresses et attentions tendres étaient nombreuses mais je n’ai rêvé qu’une fois d’une brouette avec lui car généralement, même dans mes rêves, je me l’interdisais… Ah, mon surmoi est très puissant, ma foi. Mais ces tendres baisers déposés sur la joue, sa manie de me prendre dans ses bras, juste comme ça… Et les : « non, il ne faut pas ». Merdouille ! Encore récemment, je rêvais d’un gars comme ça, pas disponible pour moi, je me contentais de le serrer contre moi, de lui chuchoter de belles paroles et même, audace suprême, de l’embrasser sur la joue… Bon, j’avoue, je l’ai aussi un peu embrassé sur les lèvres mais pas trop, car pas le droit.

Par contre, quand je craque sur un célibataire, mes rêves sont autrement plus explicites. Quand je craquais sur Julien, je me souviens très bien d’un rêve où il m’emmenait chez lui me présenter sa famille, très gentille, d’ailleurs. A un moment, on se retrouvait à s’embrasser passionnément sur un tapis, c’était torriiiiiiiide. Pareil pour Bertrand après ma rupture avec Guillaume mais je me souviens moins là.

Curieusement, mes rêves érotiques (hé oui), je les fais extrêmement rarement avec quelqu’un que je connais, même si ça arrive. Le plus souvent, ce sont des inconnus, pas forcément dotés de visages. Même un homme que je désire, je rêve rarement d’une brouette avec lui, peut-être parce que, psychologiquement, je ne veux pas imaginer, j’en sais rien… Mes rêves érotiques sont par contre très crus, pas de fioriture, on en vient à l’essentiel… Des fois, y a de la baise au milieu de rien, comme ça. Et chose merveilleuse, il m’est déjà arrivée de me réveiller juste après ce genre de rêve car je venais d’avoir un orgasme. La puissance de l’esprit m’étonnera toujours, que de sensation on peut avoir en rêve, la douceur de lèvres, le grain d’une peau, la puissance d’un sexe masculin dans le mien… ou ailleurs.

Donc je rêve, beaucoup. Et même, quand je suis amoureuse d’un homme qui n’est pas (encore) mien, je m’accorde quelques siestes pour espérer le retrouver dans mes rêves et partager de délicieux moments avec lui… En attendant que ça soit enfin la réalité. Mais souvent, ce genre de rêve me rend nostalgique, après, je ne cesse de ressasser et je suis un peu triste que ça ne soit pas la réalité. A moins qu’ils ne soient prémonitoires !

Le petit garçon

Par Gauthier

 

C’est l’histoire d’un petit garçon ordinaire. Il grandit dans une famille normale. À 2 ans, ses parents décident d’aller vivre en banlieue parisienne. Le petit garçon est sage et gentil. Il est peut-être plus timide que les autres, plus calme que les autres. Mais ses parents sont si fiers de tout ce qu’il peut faire, ils l’encouragent tout le temps. Le petit garçon est plus éveillé que ces camarades de classe, et au lieu de jouer avec ses copains de maternelle, il reste pendant les récréations pour dessiner avec la maîtresse. Très vite la maîtresse demande aux parents de venir, et devant le refus de leur fils de s’intégrer, ils décident de le faire passer dans la classe supérieure.

 

Dans sa nouvelle classe, il se lie d’amitié avec une gentille petite fille plus âgée que lui. Il la suit partout, il veut la protéger. Un jour un « grand », un méchant « grand », décide de soulever la jupe de la gentille fille devant tout le monde pendant la récréation. Le petit garçon s’enflamme en un quart de seconde, il fonce tête baissée, et envoie le « grand » dans le grillage. Le grand saigne et pleure devant tout le monde. Les maîtresses qui assistent à la scène convoquent encore une fois les parents du petit garçon. Tout le monde s’inquiète de ce geste. Alors les parents du petit garçon ont une idée…

 

Quelque mois plus tard, à l’orée de ses quatre ans, le petit garçon hérite d’un petit frère. En voilà une idée de génie ! Le petit garçon ne sera plus tout seul… Mais cette « nouveauté » se révèle très vite être très embarrassante. Un petit frère ça pleure, ça réclame l’attention toujours grandissante de ses parents, ça grandit et ça vient dans la chambre du petit garçon, ça déplace ses jouets, ça utilise ses jouets, ça gêne…

 

Un soir, la maman monte dans la chambre du petit frère, alors âgé de 3 ans, et surprend le petit garçon en très mauvaise posture. Il tient fermement la tête de son petit frère entre ses petites mains, et il a un genou posé sur sa nuque. La maman se fige, elle sait que si elle ne réagit pas convenablement l’aîné de ses fils peut, dans un geste qu’il ne contrôlera pas, qu’il ne comprendra pas, briser la nuque de son petit frère. Elle hurle… Le petit garçon lâche prise ne comprenant pas les cris hystériques de sa maman, et la baffe démesurée qu’il reçoit une fois que son petit frère touche le sol.

 

Outre ses petits problèmes domestiques, le petit garçon comble ses parents. Il réussit très bien à l’école, il n’a pas beaucoup d’amis, mais il est sage, il est poli, il est la fierté de ses parents. Alors que son petit frère est turbulent, agité, mauvais élève. Les parents ne se rendent pas compte, mais ils disent à leurs amis et à la famille que l’aîné est très intelligent et que le second est très beau. Dans la tête d’un enfant, ce genre de discours se transforme très vite, et devient « l’aîné est moche, le second est bête ». Les deux petits garçons en souffrent, chacun de leur côté, mais ils continuent à se détester, pour la forme tout du moins. Le petit garçon ne s’entend pas avec les autres petits garçons de son école, il ne joue qu’avec des filles, les filles sont plus gentilles avec lui, elles le comprennent. Le petit garçon ne sait pas jouer au foot, il joue à la marelle, le petit garçon ne sait pas jouer aux billes, il joue à la corde à sauter, le petit garçon ne sait pas espionner les filles dans les vestiaires, il joue à papa-maman.

 

Le petit garçon a une nouvelle petite copine, ils se font des bisous, à 7 ans il sait déjà qu’il faut introduire sa langue dans la bouche de la fille et tourner. Il ne comprend pas trop pourquoi, mais ça lui fait plaisir de le faire. Il ne comprend pas non plus pourquoi son zizi s’obstine à devenir tout dur quand il fait des bisous à sa copine. Ils promettent de se marier, ils auront trois enfants. Ils s’enfuiront tous les deux quand ils auront fini le CM2, pour éviter que le papa de la petite copine ne tue le petit garçon. Le papa est un ex-taulard, plein de tatouages, et un jour il a dit au petit garçon qu’il ne laisserait aucun garçon toucher sa fille. Le petit garçon a très peur, il touche déjà sa fille tous les jours.

 

Un matin pas comme les autres il arrive à l’école et la maîtresse vient lui dire que sa petite copine est parti vivre très loin. Le petit garçon pleure… Il se sent seul, il n’a que 8 ans, et il a le cœur brisé. Après ça le petit garçon ne sera plus jamais le même pense-t-il.

 

Il rencontre un petit garçon dans un repas d’entreprise de son papa. L’autre petit garçon n’est pas comme les autres, il vient lui parler, ils jouent ensemble, ils rient. C’est la première fois que le petit garçon s’amuse avec un autre petit garçon de son âge. Il est heureux. Les parents des deux petits garçons sont tellement contents de voir leurs progénitures, d’habitude si solitaires, s’amuser ensemble qu’ils décident de se revoir. Les parents se lient d’amitié, les petits garçons aussi. Les petits garçons grandissent ensemble, ils se voient très souvent, ils jouent au docteur ensemble, ils jouent à papa-maman, ils ont 8 ans et ils s’embrassent. Ils sont heureux.

 

Un soir, les parents du petit garçon entrent dans la chambre où les deux enfants dorment ensemble, ils sont tous nus dans le lit, ils ont 8 ans. Ils ne comprennent pas ce qu’ils font. Ils jouent, ils apprennent, ils sont innocents. Les parents hurlent, pleurent, donnent des baffes…

 

Les petits garçons ne seront plus jamais les mêmes, surtout un. Un jour, ils discutent, ils ont 12 ans maintenant, l’ami du petit garçon lui dit :

– Moi j’aime pas les pédés

– Mais on a été pédés nous ! répond le petit garçon.

– Non, on s’amusait juste…
– …

Le petit garçon pleure. Il ne comprend pas, il ne se comprend pas. Son corps change, il découvre l’excitation sexuelle, le désir, et ce désir, il ne l’éprouve que pour son ami, pourquoi ? « Les pédés, ils sont pas normaux, les pédés ils sont malades dans leurs têtes ». Le petit garçon n’est pas pédé, il est normal, il n’est pas malade dans sa tête, il est normal… Il aime son ami, il le désire, mais il doit se taire, il doit taire se qui le brûle de l’intérieur, ça passera.

 

Le petit garçon a 16 ans, il est en terminale, il est populaire, il a bien changé depuis son enfance, il est devenu beau, il n’a que des amies mais il s’en moque, les garçons sont toujours trop bêtes. Il sort avec la plus belle fille du lycée. Sa petite amie, plus âgée, lui demande de lui faire l’amour. Le petit garçon hésite, il ne l’a jamais fait encore. Mais il a envie. Il a oublié son amour pour l’autre petit garçon. Il franchit le pas, mais, après quelques semaines, quelque chose ne va pas. Le petit garçon se sent sale, il a envie de vomir, il ne supporte pas de toucher cette fille, si belle, si douce, si tendre. Non il ne peut pas. Il ne peut plus. Pourquoi ? Alors que tout se passait si bien, pourquoi il a tant envie de mourir ?

 

Une nuit le petit garçon se réveille en sursaut, il est en sueur, il tremble, et son cœur va exploser. Il vient de faire un rêve. Dans son rêve, il faisait l’amour à l’autre petit garçon, et il ne peut pas chasser cette idée de sa tête. Il doit savoir, il le faut, sinon il va devenir fou, il le sent, il est en train de franchir une autre ligne. Cette barrière qu’il avait refermé et tenté d’oublier lors de cette discussion, alors qu’il n’avait que 12 ans.

 

Le petit garçon décide d’attendre d’être à la fac. Il choisit un inconnu sur le net, et après plusieurs mois d’échanges, et deux séances de psy hebdomadaire pour le convaincre qu’il est « normal », il saute le pas. Il le fait. Il couche avec un homme. Il vient d’avoir 18 ans.

 

Le petit garçon est gay ? Non ce n’est pas si simple, il faut encore quelques années d’errances, quelques excès, tous les excès, il frôle la mort tant de fois, mais il a besoin de se mettre en danger pour savoir où sont ses limites. Il finit par les trouver, et il peut fièrement annoncer au reste du monde, ses parents, sa famille, ses amis, qu’il est gay. Il en est fier, il est normal. Mais à force de se consumer, il a détruit la seule chose qui faisait de lui ce petit garçon si formidable : son cœur.

 

Ce soir le petit garçon pleure. Il vient de regarder une série. Dans cette série, deux hommes s’aiment et se le prouvent de la plus belle façon qui soit, l’un d’eux renonce à vivre sa vie, pour sauver celle de l’autre. Le petit garçon avait oublié ce qu’était l’amour ? Non, il a tenté de le faire, comme il a tenté d’oublier ce qu’il ressentait pour l’autre petit garçon à l’âge de 12 ans.

 

Le petit garçon a peur, il sait qu’il doit refaire battre son cœur. Mais il ne sait pas comment s’y prendre.