Tricotis, tricota

J’ai une nouvelle passion dans la vie. Oui, je suis une fille qui adore s’occuper les mains (sans mauvais jeu de mots) donc après les crocodiles en perles au primaire, les bracelets brésiliens au collège et lycée, les bijoux en perles en fac et maintenant, j’ajoute le tricot. Non, ce n’est pas pour canaliser mon énergie sexuelle comme dans Grey’s Anatomy. Moi, mon énergie sexuelle, je préfère l’évacuer avec des hommes quand je peux, c’est beaucoup plus sympa. On se moque pas, comme dirait Lil, c’est « trenshouille », toutes les filles à New York le font alors pourquoi pas moi ?
 
Il y a deux ans, j’avais acheté le manuel, il y a 10 jours, je m’y suis mise. J’ai acheté la laine, piqué les aiguilles taille 3,5 à ma maman, j’ai posé mon petit cul sur le canapé et j’ai ouvert mon manuel. Un : le nœud coulant. Okayyyy, j’ai compris. Je fais mon nœud. Etape 2, le montage. Bon, le livre donne trois méthodes. La première, je comprends pas. La deuxième… heu… La troisième ? Bon, ok, je sors ma botte secrète : « maman, je comprends pas ! ». Hé oui, avant de commencer, je m’étais munie d’une maman connaissant le tricot. Bon, elle me fait quelques mailles et je finis. Ouais, j’y arrive ! Bon, maintenant, apprenons le point à l’endroit. Je comprends rien sur le livre. « Mamaaaaaaaaaaaan ! ». Bon, elle me montre et décide de m’apprendre le point à l’envers dans la foulée histoire de finir la ligne proprement. Sauf que moi, le point à l’envers, j’ai beau faire, je comprends pas. Moins je comprends, plus je rigole. Du coup, ça donne de la patience à ma mère parce que, ça, c’est de famille, on n’en a jamais beaucoup à la base.
 
Bon, je tricote, tricote, mon échantillon s’allonge… Et s’évase. Sur le coup, je me dis que c’est normal, c’est parce que les mailles sont étalées sur l’aiguilles mais une fois les mailles lâchées, ça va faire un carré. Heu… Non, ça reste un trapèze. « Maman, c’est normal ? » Ok, vu comme elle se marre, ça l’est pas. Bon, je laisse vite tomber cet échantillon et au vu du résultat, je me dis que je pourrai en faire une jupe pour Barbie clocharde.
 
Deuxième tentative, ça va mieux, j’ai abandonné le point à l’envers vu que j’ai pas capté, j’avance, j’avance, je fais presque plus d’erreurs, héhé. Mais ce deuxième essai a été arrêté précocement à l’insu de mon plein gré. Un matin, je me lève, je descends et en ouvrant les volets, je vois de la laine par terre. Oups ! il semblerait que Kenya et la chatonne de ma mère se soient éclatées. Bon, y en a dans le salon, la salle à manger, autour des chaises… Oh le bordel ! Je ramasse et là, je constate que mon fil est cassé peu après ma dernière maille. Bon, fin de l’échantillon 2, j’entame le 3ème. Pour le moment, il ne lui ai rien arrivé, croisons les doigts !
 
Bon, vous allez me dire, ça sert à quoi ? Franchement à rien pour le moment. Un pull, c’est super long à faire et j’ai pas le niveau, loin de là, j’ai pas de bébé à vêtir, je ne compte pas habiller Kenya (non mais et puis quoi encore !). Ca sert juste à m’occuper quand je regarde la télé parce que je déteste regarder la télé sans rien faire d’autre ou ça m’occupe les doigts pendant que je rêvasse. Bref, les travaux manuels, j’adore !

Soutien Psychopaslogique

Par Eric

Avez-vous remarqué que c’est toujours lorsque vous ne vous sentez pas bien , que vous auriez besoin d’un peu de réconfort même si pour rien au monde vous ne l’avoueriez , même pas si c’était Heather Graham qui vous demandait ce qui ne va pas (bon , si , ok pour Heather Graham) , que vous vous retrouvez dans la situation de devoir remonter un pote qui également a des soucis problématiques ?

Pas de contestation : ce n’est pas un pléonasme . J’ai tellement de soucis que je suis bien obligé de les regrouper en catégories , les autres étant soucis annexes (par exemple mon pharaonique découvert) , soucis dérisoires (la lutte armée contre les kékés au Guatemala) et soucis existentiels (devenir président de la république , pour commencer) .

Il faut savoir relativiser , allons allons …

Bref , hier soir , un de mes meilleurs amis n’allait pas trop , sa copine ayant décidé que la petite pause , qu’il avait jugé utile après qu’elle soit sorti un soir d’égarement avec un abruti quelconque , soit transformée en une pause un peu plus marquée , bref définitive . Et qu’elle reste avec l’abruti quelconque , mais a ce niveau la , il s’agit plus que d’un soucis dérisoire .

Légèrement éméché , il a passé la soirée a chanter tristement « have a break , have a kit kat » .

Des lors , j’ai tenté d’aider a le remonter , ce qui en soit n’était pas facile ayant moi-même quelques inquiétudes en ce qui concerne mon propre sort . C’est vrai ! Analyser la rupture des autres , c’est en quelque sorte prendre des notes sur les âneries qu’il ne faudra pas dire soit même lorsque l’on se sera soit même fait larguer , le panel est tellement large …

Par exemple :

– « lui elle s’en fout , c’est juste qu’elle avait besoin d’un peu d’air » me semble peu crédible , personnellement j’ai du mal a respirer en roulant une pelle . Question de pratique peut être .

– « elle m’a beaucoup plus marqué que la précédente » ne serait pas foncièrement idiot si l’on ne pensait pas ça a chaque fois . A ce jeu la , c’est un coup a être plus marqué au fer rouge qu’une vache Texane .

– « on se remettra peut être ensemble » est un classique , et d’ailleurs cela arrive assez souvent . Seul problème , les rechutes n’aboutissent qu’a revivre en une semaine la relation , soit le passage du génialc’esttoutbeautoutnouveau a tum’empechesdevivrec’estfinid’ailleursjet’aitrompé .

– « j’ai une photo de ses seins sur mon portable , ils sont les plus beaux que j’ai jamais vu » . Ok , mais je les préfère plus petits . Question de point de vue .

Sur le chemin du retour , nous sommes tombés sur une quantité hallucinante de couples s’embrassant , alors pour soutenir le pote , je me suis amusé a chaque fois de parler a voix haute et faire comme si je continuais une conversation en disant « et tu imagines que si ça se trouve il l’a déjà trompé ? » , mon ami rentrant dans mon jeu et répondant « bah elle était avec son ex hier soir et elle l’a pas raté non plus » …

C’est mesquin des mecs bourrés .

En fait , c’est terriblement minant de remonter un copain qui vient de se faire larguer , personnellement , j’ai passé la soirée a me voir a sa place , ce qui a eu pour conséquence que je n’ai pu faire autrement que m’imbiber au moins aussi violemment que lui , en souvenir de mes cuites de célibataire .

Ca se commémore , si si !

Post Scriptum : et voila , cette vingtenaire ac se termine , je suis ravi d’être arrivé jusque la et je remercie ceux qui ont voté pour moi spontanément (ou parfois moins « spontanément » , mais j’aime a me rassurer en me disant que nous sommes quelques uns a avoir demandé quelque fois le renforts de nos infortunés contacts msn) , et j’espère en avoir fait rigoler un ou deux . Toute une vocation …

Je ne suis pas fier

Par Gauthier
Article écrit il y a quelques mois, mais j’ai envie de vous le faire lire…
 
Je dis souvent que je suis une pute, souvent sur le ton de l’humour, en référence aux centaines d’hommes qui ont partagé ma couche. J’en suis à quelque chose comme 450 mètres de haut si je les mets les uns sur les autres, j’ai baisé 20 tonnes de chair (plus ou moins flasque), et j’ai sucé l’équivalent d’un immeuble de 15 étages (si on ne compte que ce que j’ai avalé, donc vous avez compris…). Bref, un constat digne d’une travailleuse sociale du bois !
 
Souvent j’y repense, en me disant que même si dans le lot y en a qui me donne envie de vomir quand j’y repense, il y avait bien quelque chose sur le moment qui m’a donné envie. Une étincelle qui m’a permis d’avoir une érection et de prendre du plaisir. Bref je suis un homme, et malgré ce qu’en disent les filles, on n’est pas des machines à baiser, on a une sensibilité quand même.
 
Alors qu’est ce qui m’a permis de baiser tous ces thons, qu’est-ce qui m’a permis de ne pas vomir pendant que je le faisais, qu’est-ce qui m’a empêché de demander de payer avant de passer à l’acte ? Je dis souvent que si certains m’avaient laissé 50€ sur l’oreiller, ça n’aurait pas été plus glauque. Et pourtant je ne l’ai jamais fait (me faire payer). Pourquoi ? Je dois avoir une dernière once de dignité quelque part…
 
Non c’est surtout parce qu’il doit y avoir quelque chose qui m’a motivé sur le moment, mais pourquoi je n’arrive pas à me souvenir pourquoi j’ai couché avec ce thon si horrible et si nul au pieu ! Pourquoi ? Putain, mais il y a bien quelque chose, je sais pas moi, ne serait-ce qu’un état éthylique profond, ou sous prod’, ou une intense dépression… N’importe quoi, mais quelque chose !
 
Voilà ce à quoi je pensais lundi soir, et j’étais incapable de mettre le doigt dessus. Mais je n’étais pour autant pas prêt à me résigner, non ce n’est pas possible, il y a forcément quelque chose qui m’a poussé à coucher avec eux. Ce fut peut-être bref et insoupçonné, mais sur le moment il y a dû y avoir quelque chose !
 
Et à force de me poser cette question, j’ai décidé de tenter une expérience. Et je n’en suis pas fier de devoir arriver à de telles extrémités… Je prends un mec au hasard sur msn, un qui me veut depuis quelques semaines, un qui me fait comprendre que je peux faire tout ce que je veux avec lui parce que je suis trop beau, gentil, fantastique, blablablabla…
 
Je le choisis selon les critères suivants : il ne plait pas en photo, il est trop vieux, trop poilu, trop pédale, sans rien qui puisse me donner envie ne serait-ce que de lui faire un smack ! Bref tout en ce mec me répugne complètement. Et je lui dis « ok, ce soir on baise ».
 
J’ai déjà eu des pannes, une seule complète, et deux autres qui sont venues troubler mes ébats de façon intermittente. Il serait tout à fait logique que j’en ai une totale.
 
J’arrive chez lui, on papote, il m’offre un verre d’eau, on fume une clope, et il se colle à moi, beurkh il est vraiment pas beau… Je lui demande de changer la musique pour qu’il se décolle, je prends une respiration, et il se recolle à moi aussitôt, me couvrant de compliments, mais rien n’y fait, j’ai toujours envie de vomir…
 
Il commence à m’embrasser, j’ai le cœur au bord des lèvres… Je lui demande de baisser la lumière, il s’exécute. Et là il commence à se déshabiller « Gauthier ferme les yeux et pense à autre chose » me dis-je ! Et il m’enlève mes vêtements, je lui précise que je suis fatigué, d’où l’absence d’érection, il me dit que c’est pas grave qu’il va s’occuper de moi !
 
Et il s’occupe de moi, et je ferme les yeux, tout le temps, je les ferme quand je l’embrasse, quand il me suce, quand je le suce, tout le temps, le plus possible, il ne faut surtout pas que je le vois, je m’imagine à des milliers de kilomètre, faisant tout autre chose, mais rien à faire je suis bien sur son canapé en train de le sucer…
 
Il est très câlin, très affectueux, me couvre de compliments, et me demande de le prendre. J’en suis incapable, mais merde, j’ai déjà fais tout le reste, il faut que je sache si je peux jouir… Je peux être un bon acteur, mais là je ne pourrais pas faire semblant !
 
Je l’ai pris, et j’ai joui, en fermant les yeux… Je me suis déjà senti une merde dans ma vie, mais vraiment une merde, mais jamais comme ça ! Je suis pire que tout, comment peut-on coucher avec quelqu’un qui vous répugne, qui vous dégoûte, et avoir quand même une érection et une éjaculation (je ne me ferais pas l’affront de parler d’orgasme, parce que là par contre j’en ai pas eu !).
 
Alors voilà, j’en fais le constat suivant : j’ai sûrement déjà dû faire ça dans ma vie, mais je ne m’en souvenais plus, je me raccrochais à la douce pensée que « non mais il y avait forcément quelque chose qui t’as donné envie sur le moment ». Maintenant je sais que non, ce n’est pas le cas !
 
J’ai honte, je me dégoûte, je salis tout ce que je touche, je mérite mon célibat et ma solitude.

J’ai une question qui m’interroge

Bon, vu que j’ai eu plusieurs demandes à ce sujet, je vais relancer Technopolis mais sur un autre blog, me faut juste le temps de le créer, de gérer le copyright et tout ça. Ceci étant, je me pose une question et ne sachant quelle réponse lui donner, je vous la communique.

En gros, écrire, c’est bien mais si je pouvais gagner quelques sous, ça me ferait plaisir. Donc j’hésite à mettre en place un système paypal ou allopass pour accéder à Technopolis. En gros, je demande une rétribution de genre 2 euros et après, c’est accès illimité au blog et à Technopolis. Mais êtes-vous disposés à payer? Ou alors je mets un système « si vous voulez me donner des sous, c’est par là »? Ou alors je donne ça gratuitement et si je veux me faire de la tune, j’ai qu’à me faire éditer ?

Et puis si quelqu’un s’y connait en paypal et/ou allopass, je suis toute ouïe…

Je vais sur mon chemin

Par Tatiana
Aujourd’hui j’ai envie de parler de ce qui me fait avancer dans la vie. Ou tout au moins de ce qui me donne l’impression d’avancer. En ce moment, ma vie roule plus ou moins toute seule. Je vais à mon école, je vois mes amis (quand j’ai un peu de temps libre), ma famille. Une petite routine tranquille. Bien sûr mon école me demande beaucoup de ressources et c’est quelque chose de totalement nouveau pour moi. Ca me plait beaucoup d’ailleurs, même si ça me demande une tonne de travail. Je dois apprendre plein de nouveaux logiciels, me faire à un nouveau rythme de travail (complètement différent de l’université). Et retrouver ma créativité enfouie par des années d’études à l’université. Croyez-moi c’est pas tous les jours évidents.
 
Malgré cela je n’ai pas vraiment l’impression d’avancer, je tourne un peu en rond. Je ne devrais pourtant pas ressentir cela, car après tout j’avance sur le plan professionnel. J’ai changé de voie, je peux difficilement faire plus grand comme changement. Mais pour moi ce qui me donne l’impression d’avancer ce sont les relations humaines, le travail reste secondaire. Les relations humaines ont toujours primées dans ma vie, bien plus que la réussite professionnelle. C’est à travers les gens que je rencontre et les relations que j’établis, que je sais que ma vie avance, bouge et que je ne reste pas sur le passé. Par exemple en ce moment j’ai très envie de retomber amoureuse. J’aime beaucoup ma vie telle qu’elle est, mais j’ai la désagréable impression qu’il manque quelque chose pour que je me sente absolument bien, invincible et que j’ai le sentiment que tout bouge autour de moi. Je pense que cette réaction est normale et commune chez la plupart des gens. Mais comme tous les domaines de notre vie ne peuvent pas bouger à fond en même temps, et que moi j’ai déjà le domaine professionnel, ma vie sentimentale et relationnelle en pâtis drôlement. J’ai changé de voie pour faire quelque chose qui me plait vraiment, et auquel je pense depuis un certain temps (oui ce changement ne s’est pas fait du jour au lendemain, ça fait un bail que je songe à changer). Certes, cela m’apporte beaucoup, et je me sens à ma place (même si des fois je suis complètement parano et je me dis que tous les gens de ma classe pensent le contraire), mais je ne peux pas dire « ma vie est parfaite je me sens pleinement épanouie, il ne me manque rien ».
[…]
 
Je reviens de cours, putain ça m’a soulé. Ce cours je ne l’aime pas vraiment car je galère un peu je ne suis pas très à l’aise avec le logiciel. Bref, c’est pas vraiment l’objet de l’article, mais faut que je me remette dedans là. Ah oui ! j’en étais à « tous les domaines de notre vie ne peuvent pas bouger en même temps ». Ben moi j’aimerais bien pourtant. Heureusement je suis très prise par mon travail donc je n’ai pas vraiment le temps d’y penser mais je sens bien qu’il me manque un truc. Ca doit être mon côté sentimentale j’ai besoin de ça pour me sentir vraiment vivante et boostée. L’amitié a aussi cet effet la sur moi mais comme j’ai pas vraiment le temps de voir mes amis ben ça compense pas vraiment. Donc voilà, je suis dans une période un peu fade, pas mauvaise (parce qu’il ne m’arrive rien de mauvais) mais pas non plus rose bonbon. C’est quand même assez frustrant pour moi de voir que je ne peux pas m’épanouir complètement même en faisant un truc que j’aime. Je fais partie de la catégorie « les gens priment sur le travail », faut que je m’y fasse. C’est comme ça que j’ai découvert aussi que pour mon futur travail il me faut l’ambiance de travail que j’aime sinon c’est impossible. Je préfère faire un travail moins épanouissant mais dans une super ambiance de travail que l’inverse.
 
Mais revenons à mon idée de tomber amoureuse. Vous trouvez peut être ça un peu fleur bleue ? Bon déjà j’ai écrit un truc là-dessus sur mon blog donc je n’y reviendrais pas (et c’est que je vais voir si vous allez y jeter un coup d’œil ou pas), et puis non je pense pas que ce soit fleur bleue. Après tout, tout le monde a besoin d’aimer et d’être aimé pour se sentir vivant et avoir envie de foncer vers le futur. Oui c’est toujours mieux de foncer vers le futur en sachant qu’on peut le partager avec quelqu’un. Et puis je crois que plus on tombe amoureux et plus ca donne envie de rester dans cet état, un peu comme une drogue. On a envie de planer. Et moi en ce moment j’ai envie de planer, même si je me dis que j’aurais super pas beaucoup de temps à consacrer à ma source de planage. Mais ça n’empêche que j’ai quand même envie. Le pire c’est que ce matin je me tire les cartes (oui ça m’arrive des fois) pour savoir si oui ou non je vais tomber bientôt amoureuse. Et elles me répondent que je suis dans la période idéale et que y a déjà le mec pour dans ma vie (suivez mon regard), mais qu’il faudrait que je me bouge les fesses. Ben voyons, mais moi je voulais que ça me tombe dessus, pas que je me batte pour. Apparemment j’ai pas le choix, alors vais-je le faire ? La suite au prochain épisode !!

The interview (part 3)

Tock : le futur mec de ta vie pourrait-il lire ton blog et le rester sans risques ?
Bien sûr. Mes derniers mecs connaissaient le blog et ça n’a rien changé entre nous. Il ne faut pas exagérer l’impact du blog non plus, c’est un truc que je fais comme ça, c’est pas toute ma vie.
– Faut-il nécessairement être égocentrique et/ou exibitionniste et/ou dépressive pour faire un bon blog ?
Non, je pense pas. Perso, je ne me considère pas comme exhibitionniste vu que je garde l’essentiel pour moi et que je ne m’expose que par les mots. Comme j’ai un pseudo et qu’on voit pas ma photo, c’est un peu déconnecté de ma personne. J’ai rencontré pas mal de gens par le blog et rare sont ceux qui continuent à m’appeler Nina hors Internet ! Je vois pas du tout ce blog comme un outil de valorisation de ma personne, une fenêtre sur moi ou une thérapie. Je suis pas du tout dépressive mais y a des jours où ça fait du bien de se défouler, comme mon article sur la fin de mon stage, tapé en 10 mn chrono tellement j’étais énervée. Une fois tous ces mots « évacués », ça allait déjà mieux. Je vois plus le blog comme un partage : « je vois les choses comme ça et toi ? ». Si j’étais réellement égocentrique, ça fait longtemps que j’aurais mis ma photo !
 
– T’es tu forcée un jour à rédiger un article pour tenir la moyenne (un par jour) ?
Y a des jours où j’ai rien à raconter et pas envie de me lancer dans des grands articles de réflexion donc oui, c’est déjà arrivé. Dans ces cas-là, j’écris des conneries, ça marche toujours ! Disons que le format du blog est tel que je peux pas faire un article de 10 lignes sur une anecdote à la con, les gens seraient déstabilisés. Alors les anecdotes, je les fous toutes dans un article plus long les jours de vide ! 
 
P-O : Comment compte tu concilier ton job de journaliste avec tes convictions politique si tu es appelée à travailler ds une publication non partisane ?
Ben, si je travaille dans un mag féminin ou sportif, ça posera pas de problèmes ! Plus sérieusement, faut comprendre que la neutralité/objectivité journalistique est un leurre. Dans l’asso où j’étais, il fallait être le plus neutre possible donc j’essayais de pas trop faire de tournures de phrases lourdes de sous-entendus. Le pire, c’est la fois où ma revue de presse a été corrigée par une nana qui bosse dans la comm, elle revenait quasiment sur tous les mots ! Ou les « mais mets ça en citation, on va croire que c’est toi qui le dis alors que c’est l’auteur de l’article ». Pourtant, une phrase qui dit : « Selon bidule, blablabla », on comprend bien que c’est bidule et pas moi qui donne son avis !
Sinon, j’avoue que, pour l’heure, j’ai pas eu trop de soucis à ce niveau là mais si on me commande un papier sur la conférence de presse d’un homme politique, par exemple, sans que ce soit partisan, j’essaierai de coller le plus possible à ses déclarations et essayer d’apporter un éclairage de ses déclarations par les faits et non pas faire de procès d’intention. Ceci étant, des publications non partisanes, y en a quand même pas beaucoup !
 
Gladis : comment réagissent les personnes de ton entourage lorsque tu évoques une partie de leur vie? (par exemple Alex, tes parents, Guillaume 1er) Sont-ils tous au courant de l’existence de ce blog?
Ca les fait marrer plus qu’autre chose en général. Mes parents savent que j’ai un blog mais le connaissent pas du tout donc de toute façon, ils s’en foutent que je parle d’eux dessus. Idem pour ma sœur même si je lui ai passé deux, trois articles que je lui ai envoyés. Guillaume 1er connaît le blog aussi mais ne le lit pas. Quant à Alex, il le connaît et je l’ai pas mal épargné, ne parlant de lui que quand c’était nécessaire. De toute façon, quand je sors avec un mec qui lit le blog, je publie jamais rien sans son accord. Après, je fais attention à ne jamais dévoiler l’intimité de mes amis outre mesure, c’est une question de respect. Je n’aimerais pas qu’un de mes amis raconte sur son blog des détails croustillants sur moi sans mon autorisation, normal de rendre la pareille.
 
LilVirgo : Quel membre de Take That préfères-tu? Et t’as pas le droit de répondre Robbie..
Celui que j’ai entouré, j’arrive pas à savoir si c’est Jason ou Howard. De toute façon, à y regarder de près, ils sont tous moches sauf Robbie.
 
Taz : Que penses tu la mode de certaines marques ou « sites » d’utiliser les blogs les plus lus pour qu’ils présentent un avis positifs sur eux ?
Si tu parles des influenceurs, par exemple, j’en fais partie mais j’avoue que je le fais pas sérieusement donc pour le moment, j’ai fait de la pub pour rien. Perso, je considère que je mets ce que je veux sur mon blog et si un truc ne me plaît pas, je n’en dirai pas du bien. Après mon blog n’est pas non plus un espace publicitaire ! Sur OB, je pourrais avoir un contrat de partenariat pour gagner des sous avec mon blog mais je ne le veux pas. D’abord parce que des bannières pubs, c’est moche et ensuite, j’ai pas crée mon blog pour ça. Après, les blogs sont une nouvelle forme d’expression et marchent pas mal, normal que les annonceurs veuillent leur place dessus. Si ça ne dérange pas les blogueurs, je n’ai pas à les juger.
 
Manumeuh : Les articles des autres vingtenaires : c’est eux qui les proposent, où c’est toi qui leur demande ? Y as t il un « planning » des articles ?
Je n’impose rien même si, des fois, je leur dis : « ah, c’est marrant ce que tu racontes, tu devrais en faire un article ! ». A un moment, ils m’envoyaient tous leurs articles en même temps donc je devais faire un roulement. C’est pas compliqué : passe en priorité ceux qui n’ont pas posté depuis longtemps. Mais bon, comme certains ont leur propre blog, c’est un peu chiant car ils veulent publier sur le leur en même temps qu’ici et sur le leur, c’est assez pénible à gérer. Mais bon, c’est moi la boss, c’est moi qui ai le dernier mot ! Faudra que je fasse un article sur le sujet.
– Ce blog, aurai-t-il duré aussi longtemps sans les commentaires ? (Manière détournée de demander la place des commentaires dans la destinée de ce blog)
Très honnêtement, je n’en ai pas la moindre idée… Enfin, si, je pense que ça joue, effectivement. Pas tant les comms que les lecteurs réguliers, ceux qui font un peu partie de ma vie. Y a eu quelques fois où j’ai été tentée d’arrêter, les jours où j’avais plus le moral, le jour où trois lecteurs me laminaient sur place, les jours où les gens me jugent sans me connaître… Mais bon, de l’autre côté, je ne trouverais pas juste que tous les autres lecteurs, dont beaucoup d’anonymes, soient « punis » pour trois connards. Maintenant, j’ai choisi ma date de fin et d’y penser, ça me fout un peu le cafard mais bon, chaque chose à une fin. Mais je pense que les comms m’ont aidée à me prendre au jeu, en effet ! Après, je n’écris pas des articles que pour les comms non plus sinon j’écrirais beaucoup plus d’articles populo-sexuels ! 
– As-tu un autre blog, où tu n’est pas cachée, et où tes proches vont prendre de tes nouvelles (Par pour demander l’adresse, juste pour savoir si, comme certains, tu gère plusieurs blogs… Si oui, chapeau)
Je vais créer un blog sur un site pro où je ne parlerai qu’actu, il faudrait que je m’y mette, d’ailleurs, mais j’ai un gros projet à finir avant. Je ne donnerai pas de nouvelles, dessus, par contre. Je crois que la fille derrière Nina n’a pas envie de raconter nommément sa vie ! De toute façon, la plupart de mes amis connaissent les vingtenaires et pour savoir comment je vais, suffit de lire mon pseudo MSN tous les jours ! 
– As-tu vu tous les blogs de tes commentateurs (Tel Jean-Christophe Bataille… Chapeau again ! Il a même fini par atterrir chez moi… C’est dire !) , ou seulement ceux qui t’interpellent, ou encore « Ca va pas ? J’ai du boulot et une vie aussi ! »
Je ne visite pas tous les blogs, je n’ai pas le temps. Je vais voir ceux dont les pseudos ou nom de blogs m’interpellent ou encore ceux qui laissent des comms intrigants. J’avoue que je zappe systématiquement les space MSN, par contre, je n’aime pas du tout l’interface. Je lis quotidiennement les blogs qui sont ici en lien (enfin, ceux qui publient quotidiennement). J’en lis quelques autres que j’ai pas encore linkés ou que je ne linkerai jamais pour des raisons particulières.
– Que pense-tu du phénomène blog en général : bien, pas bien, nombriliste, psychologiquement inquiétant, socialement passionnant, révélateur d’un malaise, ouverture sur les autres… Toi aussi participe à cette liste de thermes abscons !
Il y a du bon et du moins bon dans les blogs, c’est comme tout. A la base, je ne voyais pas trop l’intérêt. Des gens qui racontent leur vie sur le net et alors ? Puis, forcément, en tant que journaliste, je me suis penchée un peu sur le phénomène. En gros, je dirais :
– bien : facile à utiliser donc n’importe qui sachant se servir d’un ordi peut en ouvrir un. Ca multiplie les sources d’info de façon exponentielle, on découvre de nouvelles personnes, de nouveaux univers, ça permet aux gens de partager leur passion, leur vision du monde… Un blog bien écrit est, à mon sens, aussi intéressant qu’un journal. Pour les journalistes, c’est du pain béni : sur n’importe quoi que tu travailles,t’as un blog associé.
– pas bien : car justement, n’importe qui peut en ouvrir un et raconter n’importe quoi dessus. Si demain, je veux ouvrir un blog et expliquer dessus que manger des bananes, ça guérit le cancer, personne ne peut me l’interdire. Et on sait pas qui va tomber sur ça…Je peux faire des blogs de propagande nazie ou d’extrême droite. Si je respecte certaines limites, on ne peut pas me l’effacer. Et c’est là que les blogs sont dangereux à mon sens. Surtout que c’est très facile à faire. Après, je pense que la plupart des gens sont assez intelligents pour faire la part des choses mais ce serait bien d’apprendre aux jeunes à l’école de pas croire tout ce qu’ils lisent sur le net…
– Et Technopolis :’( ? Auras-t-on la suite ??
Oui, quand j’aurai monté le blog qui lui est destiné
– D’où vient ta vocation de journaliste (Un film, un livre, par passion de l’écriture, depuis vraiment toujours ?) Parc que… A part être fan de Superman, un enfant qui a envie d’écrire, rêve de devenir écrivain !
Ben petite, je voulais être écrivain ! Ma vocation journalistique, je ne sais pas exactement à quand elle remonte. Mais je sais que j’ai décidé d’en faire mon métier à 15 ans avec un plan d’études très détaillé et tout ça. Disons que je suis quelqu’un de curieux qui aime apprendre : quand tu écris un article, tu apprends toujours un truc, même minime, et tu rencontres des tas de gens. Et puis écrivain, les revenus sont aléatoires et non garantis alors que journaliste, tu as quand même un salaire à la fin du mois (quand t’as du boulot, of course).
– Y as-t-il des articles écrits pour se blog, et qui n’y paraîtront jamais ?
Oui, plusieurs. Soit ils sont périmés car je les ai commencé et jamais finis. Par exemple, j’en ai commencé un sur l’arrivée de l’été que j’ai pas eu le temps de finir. Périmé. Des que j’ai commencé mais j’ai repris l’idée dans un autre article donc à moins de se répéter, inexploitables. Après, y aussi des articles que j’ai écrit sous le coup de la colère à base de « les mecs tous des connards, surtout lui ». Une fois calmée, je voyais plus l’intérêt de les publier donc ils sont dans un dossier de mon ordi, ils pourrissent.
– Mr et Mme Fonfec ont une fille, comment l’appellent-t-ils ?
Sophie
 
Anonyme : – Pourquoi Gauthier est il aussi parfait dans tout ce qu’il fait?
Gauthier n’est pas du tout parfait, il vous donne cette impression car je suis toujours là pour le seconder. Par exemple, quand vous lisez un article de Gauthier, vous vous dites : « ce garçon a une orthographe irréprochable et maîtrise la syntaxe comme un pro ». Faux !! Gauthier, il écrit on s’en fout sans t (on s’en fou), il met des er à la fin de participes passés et il met une virgule devant les et alors qu’il faut pas. Gauthier n’est pas parfait mais profite de l’aura de ma perfection (tiens, tu l’as bien cherchée cette réponse !! :D)
Si d’autres questions, je répondrai en comm!

L’Hippopotame et le Rhinocéros

Bon, cette semaine j’aurais a-do-ré vous donner toutes mes différences et tous ces défauts qui sont autant de chances mais voila Nina elle a dit tu m’fais un papier considérations générales.  Du coup, comme je suis frustré de ne pas pouvoir vous raconter ma life, je vais vous faire un article de mec complètement aigri. C’est vachement bien car ça me donne une caution morale de ouf. Je peux trasher autant que je veux, de toute façon les gens diront « – Purée, Lucas il a trashé trop de gens dans son article. – Oui mais c’est parce qu’il était aigriiiiii« . Trop cool, non ?
 
Donc pour revenir à nos moutons, cette semaine on avait le choix entre les études, le boulot ou l’amuuuur. Avec un mauvais esprit de malade je me suis dit, méprisant : il y aura bien un gros blaireau de concurrent qui va nous faire un article sur l’amuuuuur. J’ai donc choisi de me rabattre sur les études pour vous parler (très rapidement) de cette institution sympathique que sont les Grandes Ecoles de Commerce. En la matière je m’y connais un peu vu que j’ai passé 5 ans à la fac avant d’aller me perdre dans la concupiscence graveleuse des écoles. Comment ça je prends parti ?
 
T’es gentil t’es mignon mais tu pues.
 
Alors bien sur je vous vois déjà venir avec vos cohortes de clichés sur les écoles de commerce et je dois vous dire que c’est trèèèèèèès mal de partir comme ça avec des préjugés faciles du style « en école de commerce, on boit, on ne fout rien, et on achète son diplôme ». Non, franchement ce n’est pas sympa de colporter des choses pareilles. En plus c’est presque pas vrai.
 
Commençons par l’alcool et les soirées.  A raison d’une soirée BDE par semaine, la fête n’est plus un exutoire mais une institution. Un peu comme la tise. Pour beaucoup d’étudiants, l’alcool n’est plus un moyen mais une fin. But du jeu : se mettre une grosse race. Du coup, je passe un peu pour le gros rabat joie de service avec mes bayleys grenadine.  Bah oui, pour moi l’alcool, c’est un cintre qui permet de déposer ma timidité au vestiaire, me désinhiber, choper une nana et pouvoir faire picoti picota all night long. Pas vous ?  Et bien, pour un élève de première année, l’alcool n’est pas un instrument mais un jeu équivalent à « devine qui a la plus grosse teub ». Quelque part c’est assez symptomatique du gel post pubère qu’ont connu les élèves en entrant en prépa (et qui fondent alors en école après deux années de stérilité monastique). Oui bien sur je force le trait, mais pour peu que vous discutiez avec eux vous verrez que je ne suis pas si loin de la vérité… Heureusement les comportements évoluent avec le temps.
 
Allez viens, je t’emmène au vent…
 
Quand on intègre en admission parallèle mon programme Grande Ecole (c’est d’un prétentieux…), on passe 3 mois à rattraper toute la première année. Du coup, pendant 3 mois il faut bosser comme un chacal. Seulement voila, arrivé en janvier, on bascule officiellement en 2eme année avec un choix de « cours à la carte ». Autant vous dire qu’on peut, dès lors, se construire un cursus de glande interstellaire comme on peut en chier un max sur des cours exigeants en volume et en qualité des rendus.
 
Quelque part, c’est un peu comme à la fac, pour un TD d’une heure et demi en fisca : vous pouvez ainsi préparer la séance et vous inonder de sens et de joie à la BU pendant 9 heures. Mais vous pouvez aussi arriver comme un touriste sans avoir ouvert le fascicule. D’un autre coté, je vous dis que j’en ai chié pendant les 3 mois de rattrapage mais une copine en 3eme cycle DJCE a fait exactement mon programme en 2 mois chrono. Du coup la question se pose : les écoles de commerce sont elles plus performantes que la fac ? Eh bien quite à ce que mes camarades de cours me piquent les yeux avec des épingles rouillées, je dois dire : PAS DU TOUT !
 
 Je suis intimement persuadé qu’un bon DESS (M2…) en Gestion des Nems est beaucoup plus formateur q’un cursus Gestion des Nems dans une école de commerce (même celles du Top 5) et ce pour plusieurs raisons :
 
– d’abord parce que la fac c’est l’école de la débrouillardise. On n’a pas de prof sur le dos pour nous faire bosser, pas d’administration qui nous prend par la main. On doit travailler de manière autonome et on a du temps à coté pour travailler et découvrir la « vraie vie ». A ce titre, les CVs des jeunes qui arrivent de prépa sont d’un vide étourdissant… Ils ont perdu deux ans à gagner un vernis culturel foireux. Pour moi la fac, forme plus les esprits et les responsabilise dix fois plus.
– Ensuite la fac c’est quand même une certaine mixité sociale (certes relative) qu’on retrouve beaucoup moins en école mais qui permettrait à certains élèves issus des meilleurs lycées de banlieues chics de ne pas avoir une conception faussée du monde. Mais si je commence dans ce jeu là je vais devenir encore plus aigri…
– Enfin, même si le système de sélection est plus sournois, la fac est tout de même dure… dans certaines filières. Le but ultime est d’intégrer un bon DEA ou un bon DESS (M2…) et pour cela il faut avoir un bon dossier. Du coup, l’écrémage se fait tout seul, sans concours. Seuls les meilleurs atteignent les bons 3eme cycles. Et là, la charge de boulot peut être particulièrement intense.
 
Where all the good people go…
 
Au final, on peut avoir un étudiant qui a fait un DESS de malade, qui est un technicien hors pair en son domaine et qui aura du mal à trouver un boulot parce que sa formation n’est pas valorisée. On en arrive au dernier cliché sur les écoles de commerce à savoir l’achat du diplôme. En fait, en école on achète pas son diplôme, on achète un annuaire et un accès à un réseau. Un réseau d’anciens, un réseau d’entreprises recruteuses. C’est un système qui me fait gerber ; un système lénifiant, qui n’incite pas à prendre des risques, encore moins à innover et créer. Les boites viennent à l’école pour des rencontres avec les étudiants et au final c’est en moyenne 65% de la promo qui est embauchée dans les deux mois qui PRECEDENT le diplôme. « oh oui j’ai trop envie de venir travailler chez vous à Clermont Ferrand, d’ailleurs mon papa il roule en Michelin, la vulcanisation des pneus, le caoutchouc c’est chou, allez soyez cool, embauchez moi ».
 
Le suçage de boules généralisé pendant la fameuse semaine entreprise est un truc qui filerait la nausée à toute personne un peu intègre. Des légions d’étudiants sortent de là avec un job (et un tube de vaseline à la main).  L’archétype, c’est le jeune diplômé, 23 ans, qui va commencer en auditeur junior chez PriceWaterHouse Coopers ou en marketing opérationnel chez Kraft Food. Perso, ce n’est pas vraiment le genre de truc qui me fait bander au réveil mais il se peut que j’aie des goûts de merde. Notre jeune diplômé est quant à lui ravi.  Il va intégrer la boite, il va sûrement y retrouver des gens qui ont le même profil que lui, le même cursus, la même conception de la vie et ils riront tous ensemble des mêmes blagues à deux balles à la cantine à midi. Le genre de mecs si on les payait en coups de lattes il mériteraient trois ou quatre SMIC.
 
Je pourrais enchaîner encore sur le sujet mais je préférerais avoir votre avis sur la question. Surtout que j’ai volontairement laissé quelques zones d’ombres et amorcé quelques polémiques (trop) faciles. C’est donc à vous mais avant de partir, je vais vous laisser avec un truc rigolo. C’était il y a 4 mois, je me suis pointé avec ma camera vidéo au Palais Brongniart à Paris (la Bourse) où avait lieu un salon de recrutement, sobrement intitulé « Salon des Hauts Potentiels ». J’y suis donc allé pour interviewer les gens et leur poser la question suivante « En quoi êtes-vous un haut potentiel ? » Et bah vous me croirez si vous voulez mais une seule personne n’a pas répondu « Parce que j’ai un Bac + 5 » . Sic transit gloria mundi…

Ils sont fous ces Anglais !

Par Gauthier
 
Lecteur, à l’inverse de nos hommes politiques, quand je fais une promesse, je la tiens. Donc voilà le résumé de mon week-end londonien.
 
Dimanche matin, 8h07, l’Eurostar se met en branle pour Londres. Oui tu as bien lu, 8h07 !!!! Je suis fauché donc je prends les voyages pas chers, et manifestement à 8h du mat’ un dimanche c’est pas blindé donc ils cassent les prix.
 
Tout le monde pionce dans le train (tu m’étonnes), et le voyage se passe sans encombre.
 
*pause*
 
Word vient de planter, mais moi, j’avais fini mon article, 20 min de boulot disparu, envolé, bouffé par ce con de logiciel qui déconne autant qu’il peut ! AAAAAAAAAAAHHHHHHHH
 
Donc je dois recommencer, mais j’ai fichtrement aucune idée de ce que j’ai bien pu raconter pendant 20 min, mais alors pas du tout ! Parce que vous vous pensiez que je réfléchissais quand j’écrivais mes articles ? C’est mignon… Mais non !
 
Je vais donc écrire quelque chose d’autre, et toc ! Vous avez qu’à vous en prendre à Bill Gates !
 
*reprise de l’article*
 
Pour la peine je vais faire quelque chose de pas du tout chronologique, ça vous va ? Tant mieux…
 
Soho :
 
Soho est le quartier gay de Londres, ou le quartier gay fait partie de Soho, je sais plus, mais en gros sachez que c’est là quoi ! C’est autour d’une espèce de tour version mini-tour Montparnasse (Centre Point c’est son nom). Et c’est tout aussi moche que la nôtre au passage. Le coin gay est flanqué des quartiers chinois et indien, donc il ne faut pas se tromper ! Oui parce que même à Londres, demander où est la backroom dans un resto chinois, ça se fait pas…
 
On est allé dans un bar, le G.A.Y, un des plus connus et des plus courus de ce côté du Channel. En fait il y a trois G.A.Y dans le quartier, les gens y vont selon l’heure, un peu comme en Espagne. Nous on n’a vu que le premier. Il était 21h et des brouettes, on sortait du resto. À cette heure-là en France les gens mangent encore. À Londres, ils sont déjà complètement morte poule. Mais quand je dis morte poule, c’est que même moi à côté, je fais petite joueuse…
 
Et les tenues, c’est du grand n’importe quoi. Un espèce de mélange entre pute grunge et pute techno, mais toujours avec la pute touch’ ! Mais surtout ce que j’aime chez les tafioles anglaises, c’est leurs corps… À Paris, pour être gay, il faut trois choses : un abonnement dans un centre de bronzage, un abonnement chez une esthéticienne, et un abonnement dans une salle de gym. Ne disposant d’aucun des trois, je ne suis qu’une pauvre tafiole provinciale qui ramasse du thon (comme elle) ! Et j’exagère à peine… Là bas, ils sont tous obèse, moche, vulgaire, bref, au milieu de tout ça, je suis un Dieu ! J’adore Londres 😉
 
Je finirai par la musique. Que dire sur la musique ? Les bars anglais font à la musique ce que la reine d’Angleterre fait à la mode. Vous saisissez ??? (je sais, elle est pas de moi celle-là, mais je l’adore !). Le pire de tout, c’est que dans le G.A.Y où on était il n’y a pas de DJ, mais un juke-box pour choisir les clips qui passent dans le bar, et tout ce que je peux dire c’est qu’ils ont de goûts musicaux qui leurs sont propres…
 
Mais bon, j’y suis allé dimanche soir avec Baby Boy, et Lundi avec Mister Big, son doudou et le mien, et on a bien picolé, parce que les anglais souffre avec la musique, la mode, leurs corps, mais ils ont un moyen d’oublier : la dose d’alcool est à £1,60 !!!!! À ce tarif-là, si je deviens londoner, on me change le foie au bout de 3 semaines !
 
Les musées :
 
Oui je suis allé au British Museum, à Westminster, à Saint Paul, à la Tate modern Gallery, à Trafalgar, à Buckingham, au City Hall, au London Eye… Et si vous me croyez pas, j’ai les photos ! Bande de putes qui doutaient du but touristique de ma visite londonienne ! Sachez-le, je n’ai pas visité que mon homme 😉
 
Oui je sais, elle était facile, mais j’avais envie de la faire celle-la… Donc voilà, je ne vais pas m’étendre sur les fastes de la capitale britannique, parce que dans le fond on s’en fout !
 
Mon Baby Boy :
 
Il est génial. On a fait des bébés 5 à 8 fois par nuits… Je suis une épave, je ne vais plus pouvoir bander avant 2007 ! C’est que je me fais vieux moi, je n’ai plus l’habitude de faire ça tout le temps, dans toutes les positions, avec les coloc qui jouent de la guitare et chantent pour couvrir le bruit du lit qui rend l’âme…
 
Mais je dois faire un bilan de ces trois jours : du sexe, des balades, des conversations sur des sujets légers et d’autres moins, bref ça ressemble à quelque chose que je connais, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus ! Vous savez quand deux personnes partagent des choses ensemble, et qu’elles sont heureuses de le faire… C’est quoi ? Un couple ? Non.
 
On en a parler, et on est arrivé à la même conclusion, si on vivait dans la même ville, si on parlait la même langue, si on avait pas autant de cadavres dans nos placards, on ne se supporterait pas. Et ça ne marcherait pas entre nous. Ça marche parce qu’on ne se voit pas, parce qu’on ne se comprend pas ? Oh que si on se comprend, mais on ne sait pas pourquoi…
 
Alors voilà, faut-il tout foutre en l’air parce qu’avec tous ces « si » on sait que ça va dans le mur ? Ou faut-il se la jouer subversif, nouveau genre, comme dirait Mister Big « tu fais du couple par intérim ! ». Oui et en fait ça nous va bien à tout le deux, on ne veut pas plus ! Du moins pas pour l’instant.
 
Alors voilà, je suis en couple, mais en fait non, j’ai quelqu’un, mais je suis seul, et je suis heureux et épanoui… Que demande le peuple ? Rien, il applaudit !
 
Bilan :
 
Je suis fauché, il me faut un job, je dois finaliser mon rapport, et je n’ai plus de quoi me prendre une cuite en boite… Mais surtout je n’ai plus envie de baiser, et ce soir j’ai annoncé à fuck-buddies que je ne voulais plus les voir, c’est un bon début non ? Pour moi ça l’est en tout cas…
 
 
New Gauthier, on sale now !
 
 
Ps : lecteur si tu passes à Londres, envoie-moi un vidéo-mail, c’est gratuit, il y a des bornes Internet partout, et moi ça me fait délirer… gauthier.vingtenaire@mac.com Et une fois que je pourrais mettre des vidéos perso ici, je les publierais 😉 (enfin si tu le souhaites bien sûr)

Allez, casse-toi

 Non, lecteur, reste, ce n’est pas à toi que je parle. Tu es rassuré, hein ? Allez, va chercher un café à la machine (oui, je sais que tu me lis quand tu es au boulot, ne le nie pas !), pose ton petit cul sur ton fauteuil de bureau, débranche le téléphone et c’est parti. Aujourd’hui, je vais te parler de l’expatriation.
 
Le monde est bleu
 
Prenons un jeune diplômé. Par exemple moi mais pas forcément. N’importe quel jeune fera l’affaire. Bon voilà, on a bien travaillé et nous voilà avec un diplôme où y a marqué bac+5 dessus, ce qui veut dire qu’on a fait au moins 5 ans d’études supérieures mais en général plus. Si on me prend moi, j’ai fait 7 ans : 5 ans d’histoire (bac+4, j’ai fait ma maîtrise en deux ans), 1 an de science politique et un an de journalisme. 7, donc. J’ai produit deux mémoires qui ne feront certes pas date dans l’histoire de la recherche universitaire puisque je crois que l’un n’est pas consultable et l’autre traite d’un sujet qui n’intéresse que moi (le Québec et la lutte indépendantiste de 92 à 2001, c’est quand même hyper intéressant, je vous jure). Je n’ai pas trop fait baisser les stats de réussite puisqu’en 7 ans, j’ai chu juste une fois (en maîtrise), je suis passée une autre fois en septembre, j’ai fini trois années avec mention (même 4 sur on compte la première année). J’ai acheté plein de bouquins écrits par mes profs, j’ai assuré les beaux jours de Copyrep… Bref, une étudiante comme les autres. Et une fois avec mon diplôme en poche, après avoir donné mes plus belles années à l’université française… Rien.
 
Quand je parle de mon chômage (enfin quand j’en parlais), on me faisait souvent la même réponse : pars dans un autre pays. Ah ? J’ai vécu 26 ans en France, j’ai des diplômes français et la seule chose que le pays dont je suis citoyenne a à m’offrir, c’est l’expatriation. Ben, merde alors ! Si je voulais pas faire ma vie en France, j’aurais fait des études dans le pays qui m’intéresse directement ! Comme ça, tout le monde aurait gagné du temps, j’aurais pas à m’emmerder avec des histoires d’équivalence, de visas de travail et tout ça. Et puis je me vois bien débarquer dans un journal étranger « Bonjour, je suis française je veux bosser chez vous !
– Vous avez suivi nos actu ?
– Heu… Si je connais le nom de votre premier Ministre, vous m’embauchez ? »
Bon, évidemment, si on me prend, ce sera surtout en tant que spécialiste de la France mais tous les pays ne sont pas obnubilés par notre petit hexagone. Vous croyez qu’ils en ont quelque chose à foutre du retour triomphal totalement préparé de Juppé à Londres ou à Rome. A la limite, à Montréal, vu qu’il a été prof au Canada, ça peut faire un entrefilet… Si je me démerde bien, je peux faire un petit billet sur la manie des politiques français qui ne cessent de quitter la vie politique pour mieux y revenir mais c’est un autre sujet.
 
Je n’ai rien contre l’idée d’expatriation, je ne dénonce pas du tout ça, entendons-nous bien. Quand je vois les ponts d’or que fait Londres aux mecs qui sortent d’HEC, c’est bien normal qu’ils se tirent. Mais quand je lis que 53% des expatriés ont moins de 35 ans, là, je commence à m’interroger. La France a donc un tel mépris pour ces jeunes qu’elle n’en veut plus ? Je ne suis pas très nationaliste mais merde, j’ai envie de bosser dans ce pays où je suis née, j’ai grandi et fait mes études. Je suis citoyenne de la France, je vote à chaque scrutin (même pour le quinquennat, j’ai voté !), je me sens assez impliquée dans la vie de mon pays. Mais le pays ne s’implique pas pour moi. Et quand je dis moi, je ne suis pas la seule jeune sur le bord de la route !
 
Et pourtant, les politiques pleurent sur la fuite des cerveaux et compagnie mais qui est le fautif ? Je ne suis pas la meilleure journaliste du monde mais les meilleurs d’entre nous n’ont pas leur place en France alors qu’à l’étranger, on les accueille comme des princes, avec des salaires de dingues. Bon, évidemment, vivre à Londres, ça coûte cher donc normal que le salaire soit supérieur. Mais ça m’agace que l’on doive partir pour avoir une carrière digne de ce nom. Ne peut-on pas choisir notre pays d’habitation ? Quand je vois qu’au bout d’un an de chômage, on me propose encore (et quasi uniquement) des stages, je me dis qu’effectivement, je devrais aller voir ailleurs si on me propose pas autre chose. La France est clairement un pays de vieux qui se méfie de tout ce qui n’a pas la trentaine. La preuve, en politique, à 50 ans, vous êtes un « jeune loup » (genre Nicolas ou Ségolène) ! On ne renouvelle pas les cadres et dès que vous arrivez pour un boulot, vous n’avez jamais assez d’expérience. Même pour des stages, maintenant, on n’en a pas assez ! Mais évidemment, connard, je peux pas avoir d’expérience si on me donne pas la possibilité d’en avoir ! Et encore, si on regarde mon CV, je m’en sors pas trop mal puisque mon dernier stage n’en est plus un (oui, là, vu que j’ai toujours pas de nouvelles, je suis même en CDI, pour le moment !). Mais bon, c’est jamais assez… Alors qu’à l’étranger, nos nouveaux diplômés plaisent, pourquoi en France, on n’est jamais assez formés ?
 
Et que se passera-t-il le jour où nos dirigeants actuels partiront à la retraite et qu’il n’y aura personne pour les remplacer car on se sera tous cassés ? Parce que je suis vraiment pas sûre qu’on ait envie de revenir dans un pays qui nous a expliqué pour trouver du travail, il fallait se casser.

Souffle le Vent sur mon Tempérament

Faire un papier « culture » pour le dimanche c’est un acte politique. On peut ainsi tomber dans la facilité consensuelle, rédiger un article sur un phénomène culturel connu, un truc qui va résonner dans le cœur de la plupart des lecteurs. Mais on peut également parler du dernier album des Ugly Brothers ou de la saison 4 de Mon Petit Poney : un truc que le rédacteur a surkiffé mais qui va intéresser 3 pèlerins. Le choix est donc délicat. En la matière, je vais m’orienter vers la deuxième solution dans un prosélytisme de ouf gueudin. J’ai en effet décidé de vous parler Jazz et plus précisément trio piano. Oui je sais, ça envoie du rêve.

Bizarrement quand j’évoque le jazz avec des vingtenaires, j’ai le choix entre un  » j’aime pas ça », « j’connais mal (ce qui en vérité veut dire « j’n’y connais rien ») voire même « c’est de la musique d’ascenseur/de coiffeur/de vieux ». Rares sont les personnes qui écoutent du jazz et quand c’est le cas ça reste très très très ciblé. Bon, la en théorie, je devrais avoir une levée de boucliers de lecteurs hurlant mais pas du tout moi j’écoute un peu/beaucoup/passionnément du jazz et tu es extrêmement désagréable Lucas avec tes sous entendus à la con. Oui, je sais bien, mais voila, en l’occurrence c’est moi qui rédige, je raconte ce que je veux, et si vous n’êtes pas content c’est la même chose.

Donc je voulais vous parler de trio piano. Pourquoi donc ? Parce qu’on est dimanche, c’est détente et que le trio piano est la musique idéale pour accompagner la déprime glauque  du dimanche soir. Non, je rigole, mais reconnaissons que l’image associée à un piano jazz est plutôt celle d’un club feutré aux sièges cuirs et aux tentures sombres agrémentées de lumières tamisées. Une ambiance intimiste et zen plus tournée vers l’apaisement que le défoulement. La formation en elle-même explique en partie cet esprit. Un piano, une contrebasse et une batterie. Rien de très funky. Et pourtant…

A mon sens, c’est Bill Evans qui a donné ses lettres de noblesses à cette formation avec son toucher, sa sensibilité et l’ouverture offerte à ses comparses. Avant Bill Evans, la batterie et la basse composaient une simple section rythmique. Avec l’album Waltz For Debby, enregistré au Village Vanguard, Bill Evans crée ce que les critiques-qui-s’la-racontent appellent l’interplay. D’une part il y a la complicité des trois musiciens qui donne l’impression d’avoir une seule entité soudée. D’autre part, Bill Evans laisse toute latitude à Paul Motian et Scott la Faro pour faire des solos étonnants. C’est un disque magnifique même si à titre perso je vous conseille plutôt son album posthume You Must Believe in Spring. Sans déconner les mecs, c’est exactement le genre de musique bien classe à mettre en fond sonore quand vous avez réussi à persuader Raoulette de venir chez vous « boire un dernier verre ». Oui je sais, je suis glamour, c’est à peine croyable.

Je pourrais enchaîner les exemples de trio absolument divins et vous saouler jusqu’à plus soif. Je pourrais vous inonder de références techniques débiles et cuistres qui vous feraient encore plus bader qu’un dimanche soir à Montargis. Je pourrais faire mon critique abscons et détestable et vous feriez des sourires niais et consensuels en cherchant, nauséeux, une porte de sortie à cet article barbant. C’est la raison pour laquelle je préfère m’adresser directement aux gens curieux, les prendre par la main et leur laisser dans la paume quelque pépite étourdissante. Ainsi, les plus débrouillards seront récompensés en allant trouver quelques ziks, les autres iront mater le résumé hebdomadaire de la Starac pour se complaire dans leur normalité. Je vous laisse donc avec E.S.T – Bound For The Beauty Of The South, avec Brad Mehldau – Exit Music (oui une reprise de Radiohead), avec Antoine Hervé & les Frères Moutin en Trio – Summertime. En espérant que ces quelques pistes vous mèneront dans les méandres luxuriants du jazz soft et éthéré. En espérant que vous aurez plaisir à vous perdre dans cet univers brumeux et délicat. C’est vraiment tout le mal que je vous souhaite.