Un ex qu’’il est bien

Bon, aujourd’hui, c’est le 12 septembre et vous allez me dire que vous avez pas besoin de moi pour savoir ça et que cet article ne s’annonce pas des plus passionnants… Mais rassure-toi, lecteur, ce blog ne va pas parler calendrier, nan nan. En ce jour du 12 septembre, mon ex, Guillaume 1er, a 30 ans et j’en profite pour parler de lui, ce que je n’ai jamais vraiment fait jusqu’à présent.


Tout commence en janvier 2000, le 25, je crois (un lundi, ça, c’est sûr). Ce jour-là, nous étions au resto U avec Gauthier, Sylvia et d’autres copines. Alors que nous déjeunions de façon fort peu discrète (comme d’hab, quoi), un jeune homme s’approche de moi et me demande si je peux lui prêter un jeu de cartes, ce que je fais. Ouais, faut savoir qu’entre midi et deux, on jouait à la belote en hurlant donc on nous repérait facilement. A deux heures, on se retrouve à 4, Sylvia, Gauthier, Lulu et moi pour réviser. Au bout de deux heures, on en a marre mais Gaugau peut pas jouer car il a un devoir à finir à tout prix donc on se retourne vers le gars derrière, celui qui m’a emprunté le jeu et on l’embarque dans une belote. Bon, vous l’avez compris, c’est Guillaume. Le lendemain, on se retrouve au même endroit, on joue à nouveau ensemble et je traîne un peu avec lui et un couple de ses amis pour continuer à jouer. Bref, on s’entend très bien, Guillaume passe tout son temps avec nous.

 

Le week-end passe, je mélange ma langue en boîte avec un gars qui s’appelait Pierre (oui, je tombais toujours sur des Pierre à l’époque), un gars de deux bon mètres de haut. On se décolle pas de la soirée, on se fait même applaudir par des gens quand on finit par se descotcher mais une fois que je quitte la boîte, c’est terminé, c’était juste comme ça. Le lundi, j’arrive à la fac, je retrouve Guillaume, un autre Guillaume (comme dirait Mister Big, les Guillaume, on soulève un caillou, on en trouve un) et Gaugau et mon cher meilleur ami avait déjà narré mes exploits, j’étais un poil mal à l’aise. Journée à jouer, Guillaume se rapproche un peu. Il me fait un bisou sur la joue pendant une partie puis il m’offre une cerise confite. Alors je déteste ça, les cerises confites, mais j’ai pas osé dire non de peur que ce soit pris pour un non global… Oui bon, ça va, j’avais 19 ans ! Le soir, Sylvia m’appelle et me fait comprendre que Guillaume m’aime très beaucoup « Non mais attends, il connaît la moitié des gens du resto U et il passe ses journées avec nous, ça t’interpelle pas ? » Heu… Le mardi, les choses se précisent (bon, je vous la fais courte) et bon, il est clair que dès qu’on se retrouve tous seuls, ça va le faire. Gauthier m’appelle le soir « Ben il a l’air de bien t’apprécier Guillaume ! » « Ben oui, on va sortir ensemble ! » « Ah ?? ».

 

Le mercredi, jour J, le 2 février, donc. J’arrive au resto U à midi et demi (ben ouais, j’avais cours), on n’a jamais été aussi nombreux autour de la table : 17 ! A peu près autant autour de celle de Guillaume, on n’y arrivera jamais. A 14h, ça se vide pas mal et enfin, à 16h, tout le monde se casse en cours, on commence à papoter en tête à tête quand tout le monde revient « ouais, le cours est annulé ! ». Putain, c’est pas vrai ! Bon, du coup, tout le monde s’en va, on se retrouve à trois dans le métro : Guillaume, une autre fille et moi. L’autre fille ne semble pas motivée pour rentrer chez elle « Ohlala, j’irais bien boire un verre, vous vous arrêtez où ? » Je lui réponds donc St Cyprien et Guillaume en fait autant. Je jubile car c’est pas du tout son arrêt en vrai. On parcourt le chemin qui me sépare de mon domicile en déclinant le thème : « c’est hard de se retrouver tous seuls ! ». On arrive chez moi, on s’asseoit sur le canapé, on papote quelques minutes… et blanc. Là, on explose de rire et on finit (enfin !) par s’embrasser. Et forcément, deux adultes se retrouvant seuls dans un appartement, ça dérape.

 

Et c’est parti pour quatre ans et demi avec des hauts et des bas mais globalement, une relation très facile à gérer puisqu’on ne s’est jamais vraiment engueulés. Le ton est monté parfois mais ça n’a jamais vraiment éclaté car Guillaume me maîtrisait parfaitement : dès que je m’énervais, il me laissait faire jusqu’à ce que je me calme, sans refoutre de l’huile sur le feu. Seule crise majeure : au bout de 6 mois, je le sens sec au téléphone, agacé et je le sens pas, je finis par me dire que quelque chose ne va pas et je me décide à le quitter. Mais en fait, un soir, il m’appelle, on devait sortir et il renonce à la sortie pour cause de migraine. Je lui demande ce qui va pas car c’était le gars à faire des migraines pour cause de tracas et là, il m’explique : « Ben, en fait, je me pose des questions. Tu comprends, je t’ai toujours pas dit je t’aime.

– Quoi, c’est tout ?
– …

– Enfin, tu n’es pas un garçon spontané, je m’attends pas à ce que tu me le dises et je me pose pas de questions du tout sur le sujet. »

Du coup, tout est allé mieux entre nous. Il m’a déclaré sa flamme le 2 février 2001, pour notre premier anniversaire et je me suis mise à pleurer au restaurant tellement j’étais émue. En 26 ans, c’est le seul à m’avoir fait pleurer de joie, comme ça.

 

En quatre ans et demi, nous ne nous sommes pas installés ensemble mais pendant les deux dernières années, c’était tout comme, on passait toutes nos semaines ensemble, chez moi. La journée à la fac à bosser à la BU (ou au RU), le soir à la maison. Une cohabitation dans un 28 m², c’est pas évident mais on y est arrivé sans soucis, finalement. On passait même quasi un week-end sur deux ensemble. On avait même choisi le prénom de notre future fille mais pas mieux car pour les garçons, on était pas d’accord, grand sujet de chamaillerie, d’ailleurs. Il voulait même qu’on se fiance au bout de deux ans mais j’ai refusé car il voulait des fiançailles « longues », genre on se fiance maintenant et on se marie d’ici 5 ans et j’ai pas vu l’intérêt.

 

A la fin, les liens se sont distendus tous seuls, on dormait ensemble sans plus se toucher, il avait sa vie et moi la mienne, on avait plus grand-chose en commun. Un jour, j’ai littéralement pété les plombs au téléphone et j’ai provoqué la rupture, ça n’allait plus du tout et on se voilait la face à continuer. On avait eu une grave crise lors des vacances d’avril, j’ai passé 5 jours à faire la gueule car il avait préféré passer le jour de mon annif avec ses amis plutôt qu’avec ma famille et moi, j’ai pleuré comme jamais dans sa voiture quand on allait voir ses grands-parents car il m’avait dit qu’il doutait. C’est pas que c’était une révélation, je le savais, mais tant que je l’avais pas entendu… Donc le jour de la rupture, j’ai pété les plombs au téléphone, il est venu à la maison pour une rupture en face à face, on a pleuré dans les bras l’un de l’autre pendant une bonne demi-heure. On a décidé de ne pas se voir pendant au moins quinze jours, histoire de digérer la rupture et de pas se parler, on a tout de même échangé quelques mails, il voulait savoir comment s’étaient terminés mes partiels. J’avoue voir beaucoup pleuré, ma mère m’a gavée de médocs pour dormir. Mélangés à mes médicaments anti-allergiques, ça, pour dormir, j’ai dormi… J’ai passé beaucoup de temps avec Anne et Lucie. J’étais dans un état second mais c’était la meilleure décision à prendre et comme toujours dans ce cas, j’ai trouvé une énergie nouvelle pour me lancer dans de nouveaux projets (en l’occurrence, un stage en journalisme pour l’été). On s’est revus un mois plus tard, j’étais un peu tendue sur le coup mais comme pour le reste, c’est passé comme une lettre à la Poste.

 

Deux mois plus tard, il est sorti avec une autre fille, il me l’a dit qu’après la rupture, de peur de me blesser mais j’avais deviné (oui, quand on le connaît, il était plus que flag’ !) et c’est là que j’ai compris que c’était bel et bien terminé puisque ça ne m’a pas fait mal. Il m’en a parlé plus tard, quand la demoiselle l’a quitté. Il s’est alors rendu compte que j’avais été très patiente avec lui (moi, oui, oui !), il m’en a remercié.

 

Depuis, on est toujours amis, on s’est parlé l’autre jour sur MSN, il m’a dit que si un mec m’emmerdait, il monterait lui casser la figure. Bon, c’est carrément pas vrai car il est pas du tout belliqueux et en plus, pour le faire quitter Toulouse, faut se lever tôt mais ça m’a fait sourire. Ce qui est marrant, c’est qu’il est sorti avec une Juliette juste après moi, tout comme Guillaume 2 et, de mon côté, je suis sortie avec un Alex quelques temps après lui, tout comme la fille dont il est amoureux depuis notre rupture (mais avec qui il n’est jamais sorti car elle vit au Québec, très compliqué). Quand on connaît le vrai prénom d’Alex, prénom pas si courant, ça laisse songeur. Bref, comme je lui ai dit l’autre jour sur MSN : « Des fois, je me dis qu’heureusement que je suis sortie avec toi, tu me réconcilies avec la gent masculine ! ». Bon, ben, je l’ai fait limite pleurer. Mais c’est vrai que de toutes mes histoires, c’est celle là la plus belle et de très loin. Rien que d’y penser, ça me donne envie de revivre une histoire longue durée…

 
Joyeux anniversaire Guillaume !

Envie d’amour ?

Le célibat, ça a du bon. Je peux me faire du chèvre chaud au dîner, si je veux, prendre des bains pendant deux heures en me délectant de mon Cosmo (le magazine, pas le cocktail), je n’ai pas froid dans mon lit grâce à mon super pyjama. Si je veux sortir le soir, je ne dois rendre de compte à personne. Mais c’est pas pour autant qu’on n’aspire pas à l’amour.
 
Adolescente, j’étais perpétuellement amoureuse, toujours du beau gosse là-bas qui n’avait aucune connaissance commune avec moi. Par exemple, en seconde, j’étais « folle amoureuse » (enfin, comme une ado de 16 ans, quoi) d’un gars qui s’appelait Pierre, je ne sais plus comment j’ai su son nom. Il était beau, brun, peau mate, yeux noirs qui brillent, très grand (plus d’un mètre 90), un peu maigre mais peu importait. Je passais mes récréations à le mater, quand il quittait enfin le fumoir où je n’allais pas (je ne fumais pas, à l’époque). Nombre de fois, j’ai joué dans ma tête notre histoire d’amour mais à l’arrivée, le seul mot que je lui ai adressé fut un « pardon » après l’avoir percuté sans même le faire exprès (je parlais avec Cécile, je ne regardais pas ce qu’il se passait devant).
 
La semaine dernière, je lisais le blog de la salopette qui est une fille fantastique, future meilleur amie de Gauthier et moi (elle est pas au courant mais c’est comme ça). Elle expliquait dans un article qu’elle était plus amoureuse du sentiment amoureux que d’un homme et là, je me dis : mince, c’est carrément mon cas ! J’adore, quand je suis amoureuse, rêvasser pendant deux heures à l’homme qui a réveillé mon petit cœur. Petit point de sémantique avant de continuer : pour moi, être amoureuse signifie avoir le béguin, en aucun cas, c’est synonyme d’aimer. Donc, quand je suis amoureuse, je reste deux heures à rêvasser dans mon lit en imaginant, par exemple, notre premier baiser. J’imagine : nous sommes sur le quai du métro à attendre ma rame, on discute et au moment de se dire au revoir, au lieu de se faire la bise, on s’embrasse langoureusement. Enfin ! Depuis le temps que j’attendais, que j’essayais d’envoyer des signes clairs sur mes désirs. Du coup, la rame repart et on est toujours là. Du coup, au lieu de me laisser là, il m’embarque chez lui ou me suit chez moi (j’aurai fait le ménage, entre temps parce que là…). Ou alors après un resto ou un verre dans un bar, il me propose « innocemment » d’aller prendre un dernier verre chez lui et « innocemment », j’accepte. Forcément après, assis sur le même canapé, collés l’un à l’autre, les lèvres se rapprochent et voilà. Ou alors, nous nous promenons au bord de la Seine car il fait beau mais j’ai froid donc je le fais savoir et il me frictionne gentiment les bras. Je mets plein d’étoiles dans les yeux histoire qu’il comprenne qu’il est alors temps de m’embrasser (note pour moi-même, ne pas mettre mon chapeau ce jour-là, on ne voit pas bien mes yeux) et comme on ne me résiste pas, il s’exécute. Bon, voilà, ça ne se passe jamais comme on le prévoit mais ça réchauffe le cœur et c’est tout ce qu’on demande. Vous noterez aussi que c’est jamais moi qui embrasse mais du haut de mon mètre presque soixante, je ne peux voler de baisers à personne.
 
Au lycée, fallait toujours que je sois amoureuse pour pouvoir rêver en cours. Quand je n’avais personne en vue, je m’ennuyais. Etre amoureuse, c’était avoir envie de me lever le matin pour l’apercevoir à la récréation. Etre amoureuse, c’était maudire les vacances car je ne le voyais pas pendant tout ce temps. Etre amoureuse, c’était être légère comme une plume, toujours de bonne humeur, même si je n’allais pas parler à l’objet de mes désirs. Au fond, peu importait que ce fantasme ne se réalise pas, l’essentiel, c’était d’avoir de quoi rêvasser. Le moindre regard étranger me rendait ivre de bonheur. Je me souviens, en terminale, j’avais craqué pour un gars qui s’appelait Pierre (décidément…) et qui prenait le même bus que moi. Un soir, je me suis assise à côté de lui et je lui ai parlé deux minutes. Aujourd’hui, je me dis que c’était limite ridicule mais à l’époque, je suis rentrée chez moi en volant, tellement j’étais euphorique, je m’étais jetée sur mon téléphone pour raconter ça à Cécile. Et pendant quinze jours, j’étais sur mon petit nuage.
 
La pire chose qui pouvait arriver, c’était le râteau. Parce que, là, le rêve s’arrêtait net et je me sentais soudain vide. Pourquoi me lever le matin ? Juste pour écouter ma prof de philo m’expliquer la pensée de Pascal ou St Augustin ou résoudre quelques équations de maths avec des intégrales ou des dérivés. On a connu plus passionnant. Mais bon, ça, je l’ai déjà expliqué dans un autre article il y a quelques mois. Maintenant, j’ai la sensation d’avoir grandi et je suis moins à la recherche de ses amours fantasmés, j’ai plus envie d’une vraie histoire. Le célibat ne me pèse pas, ce qui évite que je me jette au cou du premier venu, mais c’est vrai que là, j’ai envie d’une belle histoire, qui dure ou pas. J’ai envie d’un mec qui s’intéresse à moi et pas uniquement à ce qui se cache dans mon string. Peut-être parce qu’un mec qui en veut juste à ma vertu, c’est facile à trouver alors qu’un mec qui m’aime, c’est bien plus dur. J’ai envie de belles choses, de passer une soirée peinarde avec mon chéri à m’endormir dans ses bras, à parler jusqu’au milieu de la nuit de tout et de rien, de rigoler de bêtises qui n’amusent que nous, de se promener main dans la main dans Paris ou ailleurs.
 

J’en parlais avec Gauthier l’autre soir, alors que nous étions un peu saouls et que nous papotions au téléphone avec la pauvre Emma. « Moi, j’ai envie d’amour. J’ai envie d’aimer ! » nous explique-t-il. Ben, voilà, moi aussi. Au fond, ce n’est pas tant ma libido qui est en panne mais plus une envie de quelque chose de magique, plus qu’une simple brouette. Voilà pourquoi quand Laurent me parle de triolisme ou de n’importe quoi qu’il a envie de me faire, je reste de marbre. Je lis une scène de sexe dans Glamorama, ça m’excite pas du tout (faut dire que ça fait beaucoup trop film porno, cette scène, aucun intérêt à mon goût). Mais penser à un baiser passionné sur le quai du métro ou celui de la Seine, je vibre comme une ado. J’ai envie de moments tous doux, d’un mec qui est là quand j’ai passé une mauvaise journée pour me divertir, un mec pour qui je serais là quand il a passé une mauvaise journée pour le divertir. Un gars qui me fait rire, un gars qui me fait vibrer. Un gars que je passerais des heures à regarder en me disant qu’il est quand même beau et que je suis tellement heureuse dans ses bras que je pourrais y passer toute ma vie. De temps en temps, il me regarderait d’un air serein et là, je me sentirais la plus belle du monde. Et puis on aura de merveilleuses brouettes. Parce que le sexe en couple, ce n’est pas forcément le sexe pépère, ça peut au contraire être de fantastiques galipettes parce que le sexe avec de la complicité et de l’amour, ça prend vraiment une autre dimension.

Après, peut-être qu’on vivra ensemble, peut-être pas. Peut-être qu’on se mariera, peut-être pas. Car peu importe la finalité. Une belle histoire ne l’est pas parce que ça se termine par : « et ils vécurent heureux et eurent trois enfants » mais parce qu’il n’y a presque eu que de bons moments. Sinon, cela voudrait dire que chaque individu ne peut vivre potentiellement qu’une seule belle histoire, bonjour la déprime. Il faut tenter, on verra bien.
 
Curieusement, j’ai la sensation que ça arrive à grands pas. Peut-être que je me trompe, peu importe. Mais au moins, ça me rend de bonne humeur et même si je me jette pas au cou du premier beau gosse qui passe, je laisse la vie faire. Finalement, jusqu’à présent, elle ne m’a jamais vraiment déçue.

Fidélité, infidélité, polyamour

Grande thématique amoureuse : faut-il être fidèle ou pas ? Ou commence l’infidélité ? A chacun sa réponse. Pour moi, la fidélité existe à partir du moment où il y a tentation : quand je suis en couple et que je n’ai envie de personne d’autre, je ne me considère pas comme fidèle. C’est plus un état de fait : je suis avec un tel et je ne vois personne qui pourrait me donner envie d’aller voir ailleurs.
 
Quand la tentation est là, la fidélité devient parfois pesante… Comme j’ai expliqué à Bouc et Moustache, je ne
suis pas fidèle par moralité mais plus par peur de blesser l’autre, de trahir sa confiance. Quand j’étais avec Guillaume, j’ai été sérieusement tentée par d’autres hommes. Le premier, Fabien, faisait de la radio avec moi. Dès qu’il m’effleurait, j’avais des frissons partout. Pour faire court, j’avais très envie de lui, au point de m’en rendre malade. Dès que le voyais,
systématiquement, je rêvais de lui la nuit suivante… Et c’était hautement érotique. Je me suis vraiment posé la question sur la conduite à suivre :
– d’un côté, Guillaume. Je l’aime mais au bout d’un certain temps, la routine s’installe… Ai-je envie de le quitter ? Non. Ai-je envie de le blesser ? Non. Ai-je envie de le tromper ?…
– de l’autre, Fabien. Il y a une complicité indéniable entre nous, je crève d’envie de lui. Est-ce que je l’aime ? Non. Est-ce que je pourrais envisager de sortir avec lui ? Pourquoi pas mais ça ne durerait pas. Ai-je envie de lui ? Oui, oui et encore oui. Et lui ? Je n’en sais rien mais certaines choses me font penser que je ne laissais pas totalement indifférent (je ferai peut-être un article sur lui plus tard pour développer cette histoire).
 
Fidélité…
Tromper ou pas ? Je suis terriblement tentée, j’ai envie qu’il m’embrasse (hypocrite, je ne ferais jamais le premier pas, même si j’en ai envie), qu’il me caresse, qu’on fasse l’amour comme des sauvages, toute la nuit… Juste une fois. Après tout, l’infidélité, c’est courant, tout le monde se laisse tenter, pourquoi pas moi ? Juste une fois, pour éteindre le
brasier. Mais je le sais : c’est comme la cigarette, on en fume une, « juste parce qu’on en a envie » et c’est le cercle vicieux, on n’en sort plus, après. Surtout qu’autant en matière de tabagisme que de sexualité, je n’ai AUCUNE volonté, je ne peux dire non à mes envies.
 
Mais j’ai été fidèle, pourquoi ? D’abord parce que je ne voulais pas blesser Guillaume mais si Fabien avait fait un pas vers moi, je crois sincèrement que j’aurais craqué. Re-belote avec Bertrand, mais la situation est différente : mon couple avec Guillaume est dans le coma, Bertrand est charmant, il s’intéresse à moi (pas forcément en tant que petite amie potentielle mais en tant que camarade étant attirée par le journalisme). Je suis de mauvaise foi : si je pèche avec Bertrand, c’est parce que je suis en manque avec Guillaume qui ne me donne plus rien. Tout bascule un soir de juin : après des partiels, on sort entre potes de promo, Guillaume n’est pas là et je flirte gentiment avec Bertrand, on discute, on se frotte un peu, je le regarde avec des yeux plein d’étoiles mais je suis saoule alors je ne suis pas sûre qu’il se soit rendu compte de quoi
que ce soit. Je suis très tactile avec lui alors que je ne le suis jamais, une main posée négligemment sur son épaule, quelques mots susurrés à son oreille pour couvrir la musique…Le lendemain : double combo. Fabien m’appelle pour m’inviter à un barbecue, je ne pense qu’à Bertrand et à la délicieuse soirée que nous avons passés. Est-ce normal d’avoir plus envie de voir un gars de ma promo que mon petit ami ? Est-ce normal d’avoir envie d’aller au barbecue de Fabien et de ne pas voir mon petit ami, du coup ? Explosion en plein vol : je romps avec Guillaume.
 
Donc, je n’ai jamais été infidèle mais est-ce par volonté ou par manque d’occasion ? Clairement le second. Je me connais : si je m’étais retrouvée seule avec un des deux jeunes hommes et qu’il avait tenté quoi que ce soit, j’aurais été incapable de résister…Enfin, je ne crois pas. Après, je m’en serais certainement voulue, j’aurais pas été capable de cacher mon
« forfait » car je suis nulle comme menteuse. Faire du mal à tout le monde pour un peu de plaisir, est-ce que ça vaut le coup ? En théorie, non. En pratique, je ne vais pas faire la moraliste alors que je ne sais pas si j’aurais cédé ou non.
 
Ou pas
A présent, l’infidélité dans l’autre sens. L’article d’Emma sur ses amours clandestines a soulevé un débat intéressant. Alors que j’étais en couple, on m’avait posé la question suivante : « Si ton mec te trompe avec une autre fille, tu en veux à qui ? » Au monsieur, of course. Ce n’est pas de la solidarité féminine mais la demoiselle n’est déjà pas censée savoir que mon mec a une copine (moi, en l’occurrence). Ensuite, puis-je lui en vouloir d’être tombée sous le charme de mon mec ? Techniquement non, puisqu’il m’a séduite aussi. C’est à lui de dire non, pas à elle. Depuis que je suis à Paris, j’ai rencontré plusieurs demoiselles qui sortaient avec des hommes mariés. C’est super facile de leur jeter la pierre : « et tu as pensé à sa femme ? Et à ses gosses ? Et à son chien ? » Mais elles souffrent, personne n’y pense, à ça. Oui, bien sûr : « elles n’avaient qu’à pas tomber amoureuse d’eux ». C’est tellement facile de choisir de qui on tombe amoureuse ou pas ! En matière d’amour, il est difficile de condamner et tellement facile en même temps : ouh, la vilaine briseuse de ménage ! Statistiquement, je pense que la proportion des hommes infidèles par simple plaisir de conquête et des femmes réellement briseuses de ménage est assez mince. L’amour, ça se commande pas. Fanficsworld a laissé un commentaire très intéressant sur le désir des autres quand on est marié. Mettre une alliance autour de son doigt n’empêche pas qu’on regarde les autres hommes ou femmes et qu’on peut être tenté, après. Faut-il condamner ceux qui franchissent la ligne ?
Chaque cas est particulier, impossible de répondre à cette question de façon tranchée. Je crois qu’il faut connaître la situation de chaque protagoniste avant de crier au scandale. Après tout, plus d’une fois, je m’en suis bien moquée de la greluche qui partageait la vie du mec que je visais : après tout, qui dit qu’il sera plus heureux avec elle qu’avec moi ?
 
La troisième voie ?
Solution intermédiaire : le polyamour ou les relations libres : on va voir ailleurs de façon consentie. La solution me semble pas mal si les deux sont d’accord… Mais me connaissant, j’aurais peur de finir par partir avec l’amant. Pierre, mon amant pervers, était un adepte de ce genre de relations. Un jour, il fait remarquer à sa compagne du moment (trois ans de relation, ils vivaient ensemble) que le voisin semble attiré par ses charmes, il la pousse dans ses bras. Résultat, elle est partie avec lui et ça m’a fait doucement rigoler. Je pense que, si dès le départ, elle était réticente, c’est qu’elle devait sentir que ça allait se terminer comme ça. Je crois que le concept est intéressant mais à partir du moment où on a qu’un seul amant/maîtresse, ça me paraît dangereux. Pierre m’avait expliqué ce concept : si on part du principe qu’on ne peut aimer deux personnes de la même façon, tous ces hommes m’apportent une forme d’amour différente et il  n’y a pas à avoir d’exclusivité à ce sujet. Sur le fond, ça se défend. Sur la forme, mes expériences amoureuses m’ont démontrée que je ne pouvais aimer qu’un homme à la fois, pour les autres, je n’avais que du désir.
 
Du haut de mes 25 ans, je me considère plutôt comme monogame, j’ai toujours été fidèle dans les faits. Une brouette ne mérite pas de blesser l’autre. Ce n’est pas pour autant que je jette la pierre aux infidèles ou à ceux qui sortent avec une personne déjà prise. Chaque cas est particulier et c’est trop facile de condamner sans savoir.

6 mois !

Le 28 mars 2005, je pose mes fesses dans le train corail qui relie Toulouse à Paris. Grâce aux merveilles de la carte 12-25, j’ai pris des places en première, ça me coûtait moins cher que de voyager en seconde. Je fais coucou à ma maman qui est au bord des larmes. « Tu vois, il y a 25 ans, tu naissais un week-end de Pâques où il y avait un changement d’heure. Ça faisait 25 ans que le changement d’heure n’avait pas eu lieu le week-end de Pâques et ça se produit l’année où tu pars. » On aime bien les théories tordues dans la famille.
Paris, c'est une blonde, Paris, reine du monde!!
 
Me voilà partie, le cœur lourd. Le samedi précédent, Gauthier a failli me faire pleurer en me faisant une magnifique déclaration d’amitié. La seule chose qui me motivait, c’est que j’allais vivre à quelques mètres de Julien, le directeur de publication du webzine qui me fait trop craquer. J’étais percluse de certitudes sur ma vie parisienne. 6 mois après, il est temps de faire un bilan.
 
Avant : Je pensais que Julien allait plaquer sa greluche qui vit loin de chez lui pour moi, que nous allions vivre ensemble et faire des bébés, à la longue.
Aujourd’hui : Julien qui ? Non seulement il n’a jamais plaqué sa greluche mais depuis que je vis sur Paris, nous nous sommes vus une fois… cinq minutes dans la rue. Je ne lui ai même pas payé le resto que je lui avais promis car il m’avait permis de décrocher mon premier stage. Du coup, en attendant qu’il plaque sa greluche, j’ai multiplié les aventures. Jusqu’à ce que je n’attende plus rien du tout.
 
Avant : Je craignais de perdre mes amis Toulousains.
Aujourd’hui : ils sont toujours là. Vive MSN, le téléphone, mes retours réguliers dans ma région et leurs voyages à Paris.
 
Avant : Je croyais que je ne me ferai pas d’amis, vu que je ne venais pas dans un cadre universitaire.
Aujourd’hui : Outre Victoire, Athéna et Linga, je me suis fait pas mal d’amis, surtout grâce à Internet mais aussi grâce au boulot. Lors de mon premier stage, j’ai sympathisé avec Zoé qui est devenue aujourd’hui une amie proche à qui je raconte tout (et elle en fait autant !).
 
Avant : je croyais que je me ferai agresser dans la rue ou dans le métro.
Aujourd’hui : Ben non. D’abord, les Parisiens ne sont pas tous de vilains voyous. Ensuite, dès ma première semaine, un événement m’a permis de relativiser l’insécurité nocturne parisienne. Mon premier vendredi en tant que parisienne, je pars avec Clara, son cousin, sa femme et le frère de celle-ci à la Foire du Trône, on s’amuse. Minuit, on part, contraints et forcés, on essaie tant bien que mal de retourner en ville. En effet, Clara et moi voulions aller à une soirée organisée par son ex boulevard Montmartre. On tourne, on vire, on se perd. A un moment, Clara dit à son cousin : « laisse-nous là, on va finir à pieds ! » En effet, nous étions persuadés que nous étions arrivées à bon port. On commence à marcher quand je vois une bouche de métro assez rétro qu’il me semble reconnaître. Puis j’aperçois un immeuble cerclé de néon rouge sur lequel est inscrit en énorme : « SEXODROME ». Oui, voilà, nous sommes bien à Pigalle, pas du tout où il faut, donc. Or, en province, Pigalle la nuit n’est pas synonyme d’havre de paix. Pas de panique, bras dessus, bras dessous, on redescend tranquillement mais sûrement vers le bar où nous sommes attendues. J’ai une théorie qui dit que quand on a peur de quelque chose, ça arrive forcément, surtout une agression dans la rue. En effet, une fois, à Toulouse, je rentrais tranquillement chez moi vers 23h30 en hiver, je prends une petite rue. Devant moi, un bonne femme qui, quand elle m’entend, commence à accélérer le pas. Connement, j’ai accéléré aussi. A la fin, la femme courait presque ! Elle n’aurait jeté ne serait-ce qu’un coup d’œil par dessus son épaule, elle m’aurait vue et n’aurait pas flippé. Je sais, c’était con mais imaginez si j’avais été trèèèès conne (et aussi plus grande et plus forte), j’aurais pu aller l’emmerder. Un agresseur, à mon avis, il choisit la personne qui a le plus la trouille. Non seulement personne ne nous a égorgées, volées, violées, agressées, tabassées, mais même, personne n’est venu nous adresser la parole. Ça a bien dédramatisé le côté glauque du « Paris by night ». Maintenant, je prends souvent le dernier métro (seule) pour rentrer chez moi.
 
Avant : je pensais que je ne m’inscrirais jamais sur meetic.
Aujourd’hui : seuls les abrutis ne changent pas d’avis…
 
Avant : je croyais adorer prendre les tapis roulants car ça donne l’impression de voler
Aujourd’hui : Après avoir pris les 2 tapis roulants de Châtelet deux fois par jour pendant un mois, j’aime beaucoup moins…
 
Avant : je croyais ne pas aimer le métro parisien trop bruyant et odorant à mon goût.
Aujourd’hui : j’avais raison.
 
Avant : je croyais que la vie était plus chère à Paris
Aujourd’hui : j’étais loin de m’imaginer à quel point.
 
Avant : je comptais arrêter de fumer en arrivant sur Paris
Aujourd’hui : Ahahahahah ! Quelle hypocrite.
 
Avant : je croyais que mon changement de vie allait me faire grossir
Aujourd’hui : j’ai maigri.
 
Avant : je croyais avoir envie de relations sentimentales durant plus d’une nuit
Aujourd’hui : la brouette, c’est bien aussi !
 
Avant : je croyais que j’allais passer mon temps à me perdre
Aujourd’hui : Et bien non ! La pollution n’a pas activé mon sens de l’orientation mais comme je ne connais rien, je suis particulièrement attentive et, donc, je ne me perds pas. En fait, ce n’est pas tant que je n’ai pas le sens de l’orientation mais surtout, je suis très distraite quand je chemine, perdue dans mes pensées…et je me retrouve perdue tout court.
 
Avant : je pensais que l’adaptation à la vie parisienne serait difficile
Aujourd’hui : Et bien pas du tout ! Paris, c’est comme Toulouse, ça marche tout pareil !
 
Avant : je pensais perdre mon accent
Aujourd’hui : Et bien je l’ai toujours mon accent toulousaing ! Et je crois même que je l’ai plus aujourd’hui que lors de mon départ comme si, inconsciemment, je l’accentuais pour marquer ma différence. Je revendique : j’ai le droit de prononcer le S final de moins, non mais !
 
Avant : je pensais croiser des gens connus dans la rue
Aujourd’hui : Je ne suis pas très attentive dans la rue mais j’ai croisé Jean-Pierre Darroussin, une fois… oui, d’accord, je l’ai reconnu parce qu’il parlait avec une preneuse de son équipée d’un micro énorme… Sinon, j’ai croisé des stars : Sébastien de la Star Ac (saison 4, je crois, a été éjecté dès le début), identifié grâce à ma sœur et Armande Altaï, identifiée par Anne (comme d’hab, moi, je regardais les vitrines, pas les gens). Clara a vu Nicolas d’Hélène et les garçons… Par contre, j’ai pas encore vu Brad Pitt. Ni brouetté avec…