Comment ne pas déprimer face à la crise ?

Jeudi dernier ou par là, je m’éveille avec le doux ronron de mon réveil qui me raconte que le chômage a atteint son plus haut niveau depuis des lustres et que plein de gens cherchent du travail. Là, je me suis dit : « heureusement que je ne vis plus en chômagie, je crois que je me serais mis un sac sur la tête et la tête dans le four.

A l’époque de mon chômage, le phénomène était globalement inverse : le chômage ne cessait de baisser même si les syndicats dénonçaient la radiation de certains chômeurs de l’ANPE pour diminuer le chiffre. Toujours est -il que quelque soit le calcul, j’étais encore du mauvais côté de la barrière, même si on m’expliquait que les hauts diplômés (enfin, les bac++) mettaient en moyenne un an et demi à décrocher leur premier CDI. Je ne pense pas qu’être dans la norme m’ait consolée…

Mais là, c’est la criiiiiiiiise. Celle qui va tuer le capitalisme paraît-il. Je ne disserterai pas sur ce point. Ca licencie à tour de bras, les embauches sont gelées, c’est la merde. Comment continuer à y croire ? Surtout que même le gouvernement nous dit que ça va durer au moins jusqu’en 2010. Et y a même pas que Fillon qui le dit, ils le disent tous. Non parce que Fillon, je trouve que plus ça va, plus il ressemble au fossoyeur de Lucky Luke et il m’inquiète. Je ne crois pas qu’un premier ministre sous lexomil nous aide beaucoup pour cette satané crise. Mais alors que faire pour sortir de la chômagie dans ces temps difficiles ?


Et bien, il n’y a pas de solution miracle mais rien n’est joué, certains secteurs continuent leur vie pépère. Je sais de quoi je parle, je viens de changer de boulot. Evidemment, certains profitent de la crise pour geler salaires et embauches et réserver les bénéfices 2008 aux actionnaires mais même en période de gel des embauches, un CDD est toujours possible. Bref, en un mot : la crise ne doit pas servir de prétexte à baisser les bras, interdit ! On n’a pas dit que ce serait facile mais rien n’est impossible. Même s’il est vrai que dans certains secteurs, c’est franchement la cata.

En fait, en cas de criiiiiiiise, je crois que la seule solution pour ne pas se faire bouffer par l’alarmisme médiatique, c’est encore de le snober. On n’écoute plus ni télé ni radio, on ne lit plus que les articles concernant son métier, histoire de toujours être au courant des dernières évolutions mais pas plus. Bon, si vous travaillez dans le secteur de la banque, pas de chance… Mais le chômage est suffisamment pénible à vivre sans que les oiseaux de mauvaise augure viennent encore étouffer l’atmosphère. De toute façon, est-il réellement nécessaire de regarder un JT tous les jours ? Moi, je me contente des journaux en ligne, j’en peux plus de la télé de toute façon. Puis y a des jours, on a l’impression de revoir exactement les mêmes journaux que la veille. Quant à la crise, ils en parlent tous les jours sans rien dire de nouveau, super utile ! Et après, on s’étonne de l’aspect auto-réalisateur de la crise : plus on parle, moins les gens consomment, plus c’est la crise.


Bref, la seule façon de continuer à chercher efficacement en ce moment est de couper un peu ce brouhaha médiatique. Sauf pour ceux qui aiment les défis : trouver un job en temps de crise, la classe !

Elle est dans ton cul la crise

Par Lucas

C’est un peu ce que j’ai envie de dire à chaque fois que j’entends quelqu’un se vautrer allègrement dans ce poncif : « célacriz ».

Purée, mais la crise c’est Wonderwoman : elle supporte à elle seule tous les maux de la Terre. Dès qu’il y a un truc qui ne va pas c’est la fautàlacriz.

Je ne sais pas pour vous mais perso ça m’agace prodigieusement cette facilité et ce fatalisme !

Facilité parce que si on se sortait les doigts du cul, si on allait de l’avant on pourrait trouver des solutions sûrement plus efficaces que les classiques remèdes plus ou moins keynésiens.

Fatalisme parce que la gente del barrio se complait là dedans pour justifier tout et n’importe quoi.

Tu n’trouves pas de boulot ? Ah bah oui mais c’est la crise.
Le cout de la vie augmente ? Ah bah oui mais c’est la…
Les bébés phoques sont tués ? Ah bah oui mais c’est…  

Tiens d’ailleurs c’est étonnant qu’on ait pas dit que c’était la fautalacriz le coup des deux marins qui ont chaviré au Vendée Globe et le motard qui s’est tué au Paris-Dakar-mais-en-fait-cette-année-c’est-en-America-del-Sud-et-s’ils-ont-émigré-c’est-la-faute-aux-terroristes-c’est-pas-la-fautalacriz.

Bon d’accord, je suis un peu mauvais esprit. Mais pour moi c’est aussi un bon prétexte pour évoquer autre chose. J’en ai tellement marre qu’on nous impose des images comme des vérités. Tellement ras le bol de cette lobotomisation. « Le Bac S, c’est le meilleur » ; « Les Allemands sont plus rigoureux que les Français » ; « Le Bourgogne, ca donne mal au crâne ». Entre autres…
La crise, ça fait 3 mois que les média nous la balance à toutes les sauces.
Si on fait le bilan des actions gouvernementales en Europe qui soient des actions non pas réparatrices mais « proactives » (pffff, vocabulaire école de commerce) pour lutter contre cette stagnation et relancer l’activité, eh bah ledit bilan est nul.

Faut arrêter les conneries. Les salaires n’ont pas baissés, le niveau de vie non plus (cf numéro spécial de Capital en fin d’année) mais on a tellement martelé « célacrwahiz » que les ménages sont devenus circonspects donc ont restreint la conso. D’ailleurs, je suis sûr que les média ont un rôle dans le maintien et le renforcement de ladite crise, tout ça parce que ça fait vendre du papier que de mettre ces 5 lettres en gros titre partout…
Mais si on se bougeait tous un peu les fesses, y aurait pas moyen de relancer la machine ?

Rappelez-vous vos cours au collège où on nous a appris le coup des cycles Juglar et Kondratieff (c’était au collège parce qu’après au lycée j’ai fait littéraire et c’est surement pas là que j’ai appris ces trucs là…).
On est en phase descendante depuis quelque temps alors maintenant on se sort les doigts du cul et on va de l’avant pour remonter la pente. Allez, on consomme, on rigole, on s’éclate. On chante tous « We are the Weeeeeeeeeurld »

Et pour se redonner le moral, on fait plein de jeux de mots pourriiiiiiiiiiis comme nous le propose Al Dente La Crise.

T’as Vu la Crise ? Quess qu’elle a grossi !
C’est la Crise sur le Gateau !
Il fait froid, la Crise fait son Show !
Ne Mets Pas tes Doigts Dans la Crise !
La Crise : What Else ?

Tiens, avant que vous ne mettiez vos commentaires pour dire à quel point je suis un gros naïf et que je mérite des claques et bordel Louka laisse nous bader en paix, je vous mets un lien vers une anim que j’avais faite. J’avais honteusement copié la diatribe d’Edward Norton dans « la 25 ème Heure ». Ca s’appelle YANAMAR et c’est sur cette page.

Pour la suite de « Comment j’ai séduit ma Libraire » on va temporiser un peu le temps que Nina me dise si l’histoire vaut la peine d’être publiée.

Comment survivre en étant de gauche en France ?

En ce moment, je suis une privilégiée : dès que je quitte le bureau, je suis médiatiquement coupé du monde vu que je n’ai pas encore le net. Je capte bien un wifi Neuf libre accès mais il est aléatoire donc je ne surfe pas trop avec. En quoi suis-je privilégiée d’être médiatiquement déconnectée ? Parce que pendant quelques heures, on m’a épargné la lente et douloureuse agonie du PS. Au secours, je suis de gauche !


 Examinons les faits de façon totalement partiale. En 1, nous avons Ségolène Royal aka la Anne Roumanoff du PS avec son célèbre sketch Fra-ter-ni-té (ahahah) ou le fameux « non mais mon programme présidentiel n’était pas réaliste enfin » (ahahahahah). En 2, nous avons Martine Aubry revenue de Lille où elle devait s’ennuyer ferme, Martine qui, rappelons le, a largement bâclé la réforme des 35 heures pour partir à Lille, justement, ville ingrate qui lui a infligé une belle défaite en 2002 face à un candidat UMP inconnu. Et enfin Benoît Hamon, revenu du NPS (pseudo parti qui prouve une nouvelle fois le talent comique inné des socialistes qui cherchent surtout à occuper le devant de la scène et manger la plus grosse part du gâteau) qui a pour qualité principale ses beaux yeux. Enfin, j’étais quand même plus favorable à sa candidature, pas juste parce que je le trouve charmant (Wauquiez aussi, il est pas mal, je ne vais pas voter UMP que pour ça non plus) mais parce qu’à la limite, j’étais assez favorable au principe du « mais je suis pas présidentiable, je ne m’occuperai que du parti ». Evidemment, on pourrait débattre de la sincérité du monsieur mais bon…

Et là, le pire arrive : c’est la guerre. Martine-Ségo, 50-50. Bon déjà, est-ce que quelqu’un ici peut sérieusement m’expliquer comment on peut encore soutenir Royal. Perso, le « ahahah mais enfin, mon programme n’était pas réaliste », sous entendu « fallait être con pour y croire », pardon mais je ne digère pas. Même si le SMIC à 1500 euros, j’avais eu une conversation enflammée sur le sujet avec un futur militant, je lui avais expliqué que ce n’était pas forcément souhaitable d’augmenter aussi brusquement le SMIC mais
c’est pas la question. Bref, les deux se déchirent, se traitent de noms d’oiseaux, s’accusent mutuellement d’avoir triché. Et moi, je déprime. J’espère très fort me tromper mais à l’heure actuelle, je nous vois filer droit vers un scénario à la canadienne. Je m’explique. Au Canada, il y a un parlement fédéral avec en gros 4 grands partis : le parti libéral, le parti conservateur, le bloc québécois et l’Alliance. Ces deux derniers partis sont essentiellement régionaux : le bloc québécois est le parti qui promeut la souveraineté québécoise au niveau fédéral et le parti réformiste est surtout populaire à l’ouest…Là où les Québécois énervent tout le monde avec leurs revendications. Ces deux partis ne peuvent donc pas accéder au pouvoir à l’heure actuelle, reste donc le PL et le PC. Or en 93, le PC a subi une défaite monstrueuse suite à un accord constitutionnel raté et un référendum perdu, il ne leur est resté que deux députés.
Même la Première Ministre Canadienne de l’époque n’a pas renouvelé sa députation. Ouais, je souligne juste au passage qu’au Canada, une femme dirigeante, ce fut une réalité dès 93, je dis ça… (bon, ok, elle est resté quelques mois). Le PC était limite cliniquement mort jusqu’en 2006. En gros, de 93 à 2006, le seul parti à pouvoir remporter les élections législatives était le PL, ce qui faisait que le caucus du PL était le seul dans le pays à choisir l’identité du Premier Ministre. Et en France ? 2002, c’était y a à peine 6 ans et très franchement, je suis archi pessimiste pour 2012. Ainsi, l’identité de notre prochain président sera-t-elle choisie uniquement par les militants de l’UMP ?


 

Alors maintenant, je fais quoi ? Je m’inscris au PS pour militer et essayer de reconstruire le parti ? Non, je n’aime pas le PS, ils m’énervent tous autant qu’ils sont, on a l’opposition la plus nulle du monde. Bon, ok, j’exagère sans doute mais on les entend plus ouvrir leur gueule sur leurs petites disputes que sur les lois fabriquées par le nouveau gouvernement. Alors en 2012, je suis censée voter pour ça ? Laissez moi rire.

 

Alors, je m’entraîne à être de droite, je dis que Sarko, il est trop super et qu’il gère super bien la crise (sachant qu’en décembre, entre mon découvert actuel,mon loyer et les impôts, j’aurai précisément zéro euros pour vivre). Je dis qu’il est brillant, ainsi que tous ses ministres et que je suis confiante en l’avenir. Et je me dis qu’avec mes fiançailles avec la loi de Murphy, le fait que je devienne UMP est le dernier espoir de la gauche en 2012.

J’ai pas tout compris à la vie

Par Lucas

Chère DRH,

Il parait qu’il t’arrive parfois de venir sur Facebook pour recruter.
Je ne sais pas comment tu fais vu que la majorité des gens ne donnent pas libre accès à leur profil à n’importe qui. Tu m’diras : « oui, mais certains donnent un libre accès à leur page pour les membres du réseau et pour peu que tu sois membre du réseau France eh bah, le 15 Septembre 2008, 2 616 763 personnes pouvaient venir te voir. C’est super Lucas, tu ne trouves pas ? « .

Oui, c’est super Raoulette. Mais quelle est la plus value comparée à Linked in ou Viadeo ?
En quoi peux-tu juger d’un potentiel technique sur un poste donné ?
Parce que le jeune homme a adhéré au groupe « Le Mimétisme est ma religion » tu peux faire le pari qu’il fera un bon potentiel à façonner ensuite aux méthodes de la boite ?
C’est légèrement intrusif et je sens frémir l’article 9 CC. Ouep, un brin seulement parce qu’après tout on a donné notre accord pour mettre l’info en ligne.
Toute la question ici est celle de la destination finale de cette info, l’usage qui en est fait par un voyeur et ça je doute fort que le magistrat s’y intéresse du moment que l’accord a été donné pour qu’elle soit publiée… Mais bon…

Donc ma chère DRH te voila sur les Vingtenaires après avoir fait un tour sur Facebook sur mon profil. Tu as vu le lien, te voila en train de lire ma diatribe et tu te dis : « voila un p’tit bouffon, je vais envoyer le lien à des collègues pour ne pas être la seule à rigoler ». Parfait, vas-y. Ya aucun problème. Si tu savais comme j’en ai ras le bol des compromissions, comme je suis lassé de rédiger des lettres ternes et diplomates, d’écrire exactement ce que tu veux y lire et rien d’autre. A grand renfort de phrases courtes et portant l’info qu’il faut, l’info qui tue. Mon expérience et mes compétences, mes envies et mes avis. Moi, Toi, Nous et mes salutations policées.

Parce que tu comprends faut pas déconner avec toi, ma chérie.
Il ne faut pas sortir de l’image idéale et surtout idéelle du jeune diplômé, du potentiel en devenir, efficace et façonné.
Il faut rentrer dans des petites cases et ne pas susciter d’inquiétude. Bah oui c’est la crise. Tiens va donc lire la solution que Pénélope Jolicoeur a trouvé pour lutter contre la crise…

Tu sais petite DRH…
Parfois, j’ai un rêve ; faire un truc parfaitement incongru.
Postuler pour un job dans lequel je n’aurais strictement aucune compétence mais en préparant l’entretien avec les réponses que tu attends. Bien sûr je serais démasqué au deuxième entretien dès que les discussions deviendraient plus techniques mais cela importe peu… Simplement pour te montrer à quel point ton processus manque de ressources et n’a rien d’humain.

Mais s’il n’y avait que ça…

Il y a aussi ce putain de marketing qui s’infiltre jusque dans les offres d’emploi. Comme si tu voulais que, dès le berceau, les futurs employés soient inféodés à la marque, pensent marque, raisonnent marque… Parfois tu en crées même de toute pièce pour te donner une légitimité. Mais t’as pas l’impression de nous prendre pour des cons ? Tiens tu veux un exemple ? OK c’est parti.

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Vois-tu petite DRH, cette annonce est l’exemple même de l’hypocrisie érigée en règle et du qu’en dira t-on craint comme une imprécation. Le terme « prémium » est une monstrueuse supercherie, un mot utilisé il y a qq décennies pour qualifier des marques de voitures qui se caractérisaient par trois points:
– avoir plus de clients que de véhicules disponibles à la vente,
– veiller à ce que la qualité du produit reste à tout moment à un niveau d’excellence et enfin
– une gamme jamais élargie vers le bas.

Rien que sur le premier point Audi n’est pas une marque « premium » et la malhonnêteté intellectuelle de l’usage de ce mot est insupportable. On en fait un label, on crée une identité en espérant que ça va passer ds le langage courant et que les retombées seront bonnes.
Or cette malhonnêteté, tu la connais bien petite DRH parce que tes copines et toi c’est exactement ce que vous faites dans les annonces pour nous marteler des concepts débiles afin qu’ils rentrent en nous. Tous les moyens sont bons pour marteler la marque… Comme tes acolytes du marketing l’ont demandé, comme ils le font dans leur boulot qui consiste à porter aux nues l’image.
Mais tu me diras que ça te sert aussi à avoir une prévalence sur le candidat et lui rappeler qui a la légitimité et l’ascendant.
Question d’image.
Si tu es sage, je te raconterai un jour cette réalité odieuse qui consiste pour Renault à présenter ses produits comme des êtres humains (« Megane va vous enthousiasmer, Mégane a du caractère » et non « LA Mégane va vous enthousiasmer, LA Mégane a de la puissance… »).

Ceci dit, ma petite DRH, n’hésite pas à revenir porter un regard sur mon profil Facebook, à voir que je ne suis pas assez maléable et aller chercher ailleurs un autre bout de pate à modeler à ta convenance sans même jeter un oeil sur mes compétences techniques.

Obama va casser la baraque… ?

Commencer un article par un jeu de mot totalement vaseux et éculé, c’est un peu du suicide mais j’ai la forme, moi, en ce moment, je suis la reine du calembour niveau Grosses Têtes. Mais soyons sérieux, un peu, cette nuit, la face du monde va changer… veut-on nous faire croire.

Ce matin, mon réveil (réglé par erreur sur Nostalgie suite à un violent vol plané pré déménagement) sonne et un monsieur m’explique que ce soit, y a les élections américaines et qu’Obama a 10 points d’avance dans les sondages, ce qui semble le remplir de joie et d’allégresse. Le monsieur, pas Obama. Lui, il vient de perdre sa mamie. Imagine qu’il soit élu ce soir, on pourra dire que la vie est une garce quand même : elle te caresse et te griffe en même temps. Calembour nase plus philosophie à deux francs six sous, je vais perdre mes lecteurs, moi, va falloir que je parle cul en fin de semaine. Donc, voilà, la messe est dite, Obama va gagner et c’est tout. Après tout, le monde entier vote Obama, ils vont pas nous emmerder les Américains, vont pas voter pour le Vieux et la Catho intégriste au sourire Ultrabrite.


Evidemment, je ne vais pas dire que je serais plutôt pro McCain, ce serait un affreux mensonge. Mais même si Obama est élu, je crois qu’on s’emballe un peu trop sur le côté la face du monde va changer. Il est Noir ? Et alors ? D’abord, il ne l’est qu’à moitié mais surtout, je ne vois pas bien ce que c’est censé changer. Ca nous fait bien plaisir, on fait la liste des films et séries qui ont mis un Noir comme président et après ? Le fait qu’il soit Noir va-t-il lui permettre de régler la crise d’un claquement de doigts et d’un pas de danse. Comme il est Noir, il va rapatrier les soldats en Irak d’une pirouette ? L’Irak, tiens, parlons en. Pensez-vous réellement que les Américains peuvent se barrer maintenant, comme ça ? On vient, on destitue un dictateur sous de faux prétextes, on met le pays à feu et à sang et on va voir ailleurs si on y est ? Cette guerre, j’étais contre mais maintenant, faudrait voir à assumer les conneries. Un peu comme en Afghanistan aussi, puisqu’on en parle…

Bref, un Démocrate, ça nous changera d’un Républicain, c’est sûr et certain, certaines trajectoires seront déviées, certaines choses seront faites différemment mais même si Obama est effectivement élu, faut arrêter de rêver que tout sera rose. Y en a qui ont voté Sarkozy en espérant qu’il changerait le visage de la France, je nous trouve guère avancés. La crise aurait eu lieu quoi qu’il arrive, ok, mais on est loin de l’Homme providentiel. Donc calmons nous un peu sur nos délires de changement du monde. Et ce qui me ferait plaisir, aussi, c’est que les Français se passionnent autant pour leur démocratie que pour celle de leurs voisins. Je crois que si on avait la possibilité de voter pour les élections américaines, la participation serait plus forte que pour nos élections présidentielles à nous alors qu’on ne s’intéresse qu’à des détails des programmes de nos candidats américains. Ah, les Républicains, ils aiment pas trop
l’avortement, bouh ! Obama veut partir d’Irak, ouéééé ! Ce qui concerne l’économie, le système social, les logements, la pauvreté, l’éducation, l’écologie… on s’en fout un peu, hein.
Puis Obama, il est Noir, ouéééééééé !

Et si Obama est élu, j’entends déjà les gens qui vont dire : « Ouais, les Américains, ils ont élu un Black, c’est pas chez nous que ça arriverait ». Ouais, merci, aucun rapport. D’abord, Obama, il est métis (je le rappelle) et c’est quand même pas un Noir du Bronx non plus. Il a fait de hautes études, vient d’un milieu aisé, sa couleur n’est pas un réel critère. Finalement, on verra cette nuit (ou demain) si Obama a été victime de l’effet Bradley (différence entre les intentions de vote dans les sondages et vote réel du fait de la couleur du candidat. Cf article sur wikipedia, vous aurez tous les détails) ou non. Mais s’il est élu, qu’il soit Noir ou Blanc, franchement, ça ne changera pas le principal. A savoir qu’on est mondialement dans la merde.

Et une petite caricature bien marrante de Martin Widberg, au passage.

Dans ton cul le pouvoir d’achat

(à sec avec des graviers)

Oui, je suis vulgaire, parfois. Mais ces derniers temps, j’avoue que j’ai de plus en plus peur d’ouvrir le journal et de tomber dans une profonde déprime. La faute à qui ? A la ré-ces-sion. Oh pas de panique, je ne vais pas vous faire un cours d’économie, je n’y connais rien donc je préfère me taire plutôt que de dire des conneries sur le sujet, je laisse les experts vous expliquer tout ça.


Mercredi soir, je reçois mon compte en banque. Ok, virtuellement, il me reste à peu près 300 euros pour finir le mois. On est le 8. Je veux mourir. Et ça fait quelques mois que c’est comme ça, je suis à découvert à partir du 15. Pourtant, je n’ai pas non plus une vie extravagante. Je sors oui mais raisonnablement. Je ne vais pas dans des boîtes à 15 euros le verre, dans les restos à 40 euros le repas, non. Sauf que voilà, les prix augmentent et mon salaire, lui, il stagne. D’ailleurs, chez nous comme ailleurs, c’est austérité au
programme : gel probable des salaires, non renouvellement des CDD… Y a des moments où, quand j’y pense, j’ai vaguement envie de pleurer.

L’argent, ça m’angoisse. Je sais que mon salaire est honnête même si plutôt bas pour un bac+5 mais si le net ça payait, ça se saurait. Ceci étant dit, je reste quand même un membre de la classe moyenne, je vis en proche banlieue mais la question essentielle que je me pose c’est : comment font ceux qui gagnent moins que moi, franchement ? D’après mes calculs, si j’enlève de mon salaire mon loyer, le téléphone, Internet, la mutuelle, les prélèvements pour mes comptes épargne, la carte orange, 100 euros de budget hebdomadaire,
autres factures, il me reste à peu près 100 euros de marge. Avec ça, je fais quoi, franchement ?

Je me souviens y a plus d’un an, un petit monsieur nous a promis d’être le Président du pouvoir d’achat. Je peux pas dire que je me sens flouée ou trahie vu que j’avais pas voté pour lui. Ces partisans me feront remarquer qu’on n’est pas responsable de la crise financière mondiale et que ça n’impacte pas sur mon budget, vu que j’ai rien en bourse. Il n’empêche que les prix ne cessent de grimper tandis que mon salaire stagne et mes 100 euros de marge, ils vont bientôt aller rejoindre mon pouvoir d’achat…Et que même si, effectivement, il y a des choses dont on n’est pas responsable, y a quand même des choses qui m’interpellent genre quand Christine Lagarde annonce l’an dernier à l’Assemblée Nationale que la croissance sera là, grâce notamment à la reprise américaine. Ouais ben la reprise américaine, tu l’as rêvée ! C’est pas comme si les économistes les plus renommés ne nous avaient pas prévenus en plus…


Et alors que faire ? Moi, rien, serrer les fesses (décidément, c’est un peu le thème récurrent de cet article) et attendre que ça passe. En attendant, je mets en place une nouvelle stratégie : toutes les semaines, je retirerai 70 euros et je devrais vivre avec. 10 euros par jour. Je peux le faire. Mais je pense que tous les petits à côtés, les magazines, les clopes, etc., ça va passer à la trappe. Je ne parle même pas des sorties, ça va être du à domicile ou rien du tout. Heureusement que j’ai de quoi lire jusqu’à Noël…

Noël, tiens… Je sens que ça va être gai cette année. Putain de crise.

Veste en jean et gilet

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 02 mai

Les jours se suivent et se ressemblent. Je fais des books et je m’ennuie. Je supporte le rire d’ado de Clarissa et ses accès de minauderies lorsqu’elle est en présence de testostérone (non gay). Enfin, aujourd’hui mon stage a pris une tournure intéressante. On est en train de faire les retours de fringues auprès des marques car on va passer à la collection d’hiver. Du coup tout le monde en profite pour récupérer ce qu’il lorgne depuis des semaines. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à Big Boss s’il était OK pour que je prenne une ou deux choses, et il a dit oui ! Me voilà donc avec un gilet et une veste en jean. Ca fait bien plaisir. J’aurais au moins eu une fois un avantage dans ce stage. A part cela on a passé la journée à défaire les cartons qu’on avait fait la veille pour retrouver une paire de chaussure : les boules !

Le 03 mai

Aujourd’hui je suis dans les cartons jusqu’au cou. Les mettre dans les ascenseurs n’était pas de tout repos croyez-moi. Je commence à m’inquiéter de ma paie car ils ne m’ont encore rien donné. Normalement je devais toucher 300€ par mois mais là que dale. Il faut que je tire ça au clair. En plus, les rapias commencent à me déteindre dessus car je suis dégoûtée de rater des choses éventuellement intéressantes qui partent en retour lundi.

Mais l’essentiel du jour c’était le défilé de blondes au showroom, qui venaient chercher des fringues. Franchement c’est pas un métier pour moi car je suis bien
incapable de faire de la lèche aux journalistes. Et sur ce point une des filles est d’accord avec moi : Bettina. Au début je ne l’aimais pas du tout cette fille et en fait je me suis bien trompée sur elle. Certes, elle est un peu étrange mais c’est sans doute une des personnes la plus franche que j’ai rencontrée pour l’instant dans ce stage.

Ah oui il y a un deuxième essentiel du jour. La cellulite de Clarissa. Elle s’est ramenée avec un short en éponge super court façon sixties et l’a essayé devant
nous. Et bien le palper rouler faudrait peut être s’y mettre ma fille hein. C’est pas joli tout ça. Cette fille est fière d’être mince mais ça sert à quoi d’être fine si on est pleine de cellulite et qu’on a une peau pourrie ? Elle ferait mieux de prendre son short et d’aller faire du sport.

Le 07 mai

Il se passe un truc bizarre : Clarissa est aimable aujourd’hui. Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe. Elle s’est peut-être trouvé un mec. En plus, j’ai eu une bonne fin de journée. On a fini avec Big Boss, son mec, Big Mother et Clarissa. On discutait tranquillement et pour la première fois depuis un mois je me suis sentie presque intégrée. Le seul problème c’est que ça ne dure jamais longtemps.

Le 09 mai

Aujourd’hui pas de stage car on avait le pont mais il faut quand même que je vous raconte la journée horrible que j’ai passée. Mon portable sonne a 8h45 ! Le
con, je ne lui ai rien demandé moi. Remarque j’étais en train de me battre contre une armée d’abeilles tueuses (téléfilm de la six la veille : note pour plus tard arrêter de regarder les téléfilms de la six). J’avais décidé d’aller chez un coiffeur pour me faire faire un soin et un massage, mais comme je ne suis pas hyper riche j’ai choisi un coiffeur pas trop cher. Grossière erreur de ma part. Me voilà dans un des salons les plus lugubres que j’ai jamais vu de ma vie. Il n’a pas été construit dans les années 70 mais pourtant on pourrait le croire vu la déco et la saleté ambiante. Les bac à shampoing ressemblent à des éviers de campings sans étoiles avec des cheveux de la fille d’avant à l’intérieur. Mais le pire c’était la coiffeuse qui ressemblait à une
ex militaire et qui en avait la douceur. Ce qui devait être un moment de détente et plaisir c’est transformé en cauchemar.

Le 13 mai

Journée épuisante : retours, rentrée des nouvelles collections qu’il faut exposer. Je commence a avoir l’impression de faire ma place dans cette univers et chose encore plus dingue : je crois que Clarissa commence à m’accepter. Elle n’est plus désagréable avec moi et a enfin appris mon prénom. Récemment j’ai eu un compliment de la part de Big Boss, ça m’a laissé sans voix. En fait j’ai rangé une nouvelle marque dans le showroom et j’ai demandé à Big Boss ce qu’il pensait de mon aménagement, car il faut être sûr que ce soit harmonieux sinon ça ne va pas. Et il m’a dit que c’était très bien. Après-demain c’est la journée de présentation de la nouvelle collection.

Le 15 mai

La crise. A 10h du matin on recevait encore des cartons de vêtements de la nouvelle collection. C’était un peu la panique car les journalistes n’allaient pas tarder à faire leur entrée. Le monde commence à arriver. Au début je suis restée un peu en retrait car je ne savais pas trop quoi faire. Puis au bout d’un moment, j’ai fini par m’occuper des journalistes. Mon boulot consiste à leur présenter les collections et les nouvelles tendances de l’hiver et elles, elles prennent des notes sur ce que tu dis, et réserve des vêtements pour les prochains shootings photos. Et puis surtout, je crois qu’elles viennent pour manger à l’œil et se raconter les derniers potins avec leurs copines journalistes. Et puis bien sûr, pour le cadeau. Car toute journée de présentation de collection qui se respecte comporte un cadeau. Au final on a pas eu tant de monde que ça et surtout c’était pas des magazines important. Maintenant il va falloir s’occuper de préparer les shoppings (c’est-à-dire ce que les journalistes ont réservé dans chaque collection).

Je ne suis pas une oie, bordel!

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes: je suis un tantinet énervée.

Je passe une année difficile, je prépare des concours, je n’ai pas cette année une vie sociale particulièrement déjantée, (et c’est un euphémisme) par conséquent, quand je sors,  je le fais dans une perspective de détente absolue, de purifiage de cerveau et d’aération de l’esprit.

Or, avant hier soir, il se trouve que je suis allée au cinéma, chose que je n’avais pas faite depuis un certain temps. Alors déja, quand on arrive et qu’on voit qu’une place de cinéma chez gaumont, c’est à 10 euros 20, y’a de quoi calmer son homme, et encore plus sa vingtenairette étudiante fauchée. Monsieur Gaumont n’a manifestement pas compris le principe de la crise, et pourtant c’est pas faute d’avoir à chaque bon dieu de foutue seconde qui passe non pas un, non pas deux, mais une bonne multitude de rappels radio/télé/journaux/zapping/magazines/gens dans le métro qui ne manquent pas de nous flanquer à coups de massue médiatique dans la tête que oui, c’est la crise, oui, c’est la déchéance totale et absolue, même que les américains ils se retrouvent dans la rue et que nous ça devrait pas tarder et que ça va en s’empirant de jour en jour, ça s’empire, et pas que l’argent sale. (mouahaha)

Ensuite, on voit que tiens, c’est moins cher avec une carte imaginaire, ahhhh ça va ptêtre servir à quelque chose finalement d’être une étudiante sans avenir (de lettres, je précise, hein). Et puis on arrive en bas, là où les monsieurs gaumont ils vérifient ton billet, et ils me demandent ma carte imaginaire, et je leur tends, et là, là bien sûr…: « ah bah y’a un problème là mademoiselle parce que normalement avec la carte imaginaire ils donnent une carte ‘bons plans’ et il faut montrer la carte bons plans pour pouvoir bénéficier de la réduction carte imaginaire… » -Silence-. « euhhh jeune homme arrêtez moi si je me trompe mais s’ils donnent la carte bons plans avec la carte imaginaire et que je suis en mesure de vous montrer ma carte imaginaire avec ma petite photo dessus qu’on voit bien que c’est moi même si bon, elle date de trois ou quatre ans mais je n’ai pas tellement changée que ça non plus soyez polis hein, eh bien il me semble que logiquement même si je n’ai pas ici tout de suite la carte bons plans qu’ils m’ont donné avec, cela signifie que j’en suis détentrice théorique non?  » … « euhhh il faut montrer la carte bons plans mademoiselle…, et si vous l’avez pas il faut remonter pour payer le supplément ». Passablement énervée, je lui jette donc mon regard le plus noir et retourne en haut payer ce fucking supplément (et non, je ne lui ai pas mis mon petit poing dans sa grande gueule et lui disant « dégage microbe tu m’gonfles ») et vais donc m’asseoir un chouilla fulminante au fond de ma (petite) salle de cinéma obscure.

Et là, là, commence la séance pub/bandes annonces. Je sais pas vous, mais moi j’ai toujours adoré la séance pub bandes annonces. Déja, parce que les pubs c’était jamais les mêmes qu’à la télé, et y’en avait juste deux ou trois, et toujours pour des glaces ou du chocolat. Et là, devant mes yeux hagards et ma tension qui commençait à sérieusement monter, j’ai assisté à un phénomène qui m’a vraiment, mais vraiment mise hors de moi.Non seulement il n’y a eu presque que des pubs et une seule bande annonce, mais en plus, en plus, en plus (oui, je répète trois fois tellement c’est énorme et scandaleux)…..ils ont passés les mêmes. Si. La même bande annonce pour ce putain de nouveau Disney qui a l’air à chier  (le pauvre Walt doit pleurer dans sa tombe), deux fois, à 2 minutes de décalage. Et la même pub pour HP non pas une, ni deux, ni même trois, mais QUATRE FOIS, bordel de bordel de merde à la con! Oui je sais, ce n’est pas nouveau, même si c’est relativement récent, leur campagnes de pub où le principe est de nous rentrer dans la tête à coup de marteau piqueur et d’inlassables répétitions leurs minables petits slogans qu’accompagne une pathétique petite mélodie (ça rentre bien, les mélodies, dans la mémoire): « mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! » Et je ne sais pas vous, mais moi ,la première fois que j’ai vu ça à la télé, j’ai eu le stupide et naturel réflexe de me dire « tiens, y’a un bug là » de même que dans ma salle de cinéma, au retour de la bande annonce du disney pourri, je me suis retournée vers le projectionniste en pensant « bah alors billy, tu t’es planté, t’as remis la même bobine là! ». Et puis la pub HP est revenue, et revenue encore, et j’ai regardé le visage des gens derrière moi, et ils avaient même pas l’air étonnés, ils regardaient l’écran, c’est tout. Et là je me dis mais jusqu’à où ça va aller? Est ce qu’on se rend compte à quel point ce matraquage télévisuel et médiatique fait de nous des petits cobayes consommateurs soit, ça c’est pas nouveau, mais surtout nous prend pour des cons? Non mais franchement vous allez pas me dire que ça marche non plus!

Vous n’allez pas me dire (sil vous plait ne me dites pas) que vous, entendre : mercurochrome le pansement des héros!mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! » ça vous donne envie d’aller acheter  ces putains de pansements de mmmeeeerrrrddde, et pas plutot d’étrangler le concepteur de la pub et même le gosse qui est dedans avec ces pansements merdiques! (et leur faire bouffer la boite tiens, tant qu’on y est)

Non mais franchement, le disney  là, je m’étais déja rendu compte qu’il avait l’air pourri la première fois, c’est pas en en remettant une couche que ça va me faire changer d’avis, bien au contraire! Qu’il y ait de la pub, soit, nous sommes des consommateurs, c’est la loi du marché blablabla d’accord, mais pitié qu’on arrête de nous gaver comme des oies (qu’on est pas, bordel! cf titre) jusqu’à nous faire péter le bide et les neurones pour pouvoir nous ouvrir et nous bouffer tranquillement avec un délicieux chianti sur l’autel du temple boursouflé de la consommation où des publicitaires ignares et incontinents, trempant dans leur sauce d’auto-satisfaction fétide, se lèchent leurs mains sales  et leur orgueil rempli de merde en se félicitant entre eux à coups de chiffres imbéciles d’être les maîtres d’un monde sans âme et sans vie où l’homme méritant est celui qui parade sur la première marche du podium médiatique pour avoir remporté la médaille d’or de l’accroche-connards!! Bref, je suis énervée.

Si t’es pas d’accord avec moi, c’est que t’es con

Face à la « crise » que nous subissons, ça débat, ça discute, ça s’énerve. Non, je ne reviendrai pas sur la grève en elle-même, c’est bon, je pense qu’on a pas mal
éclusé le sujet. Non, ce qui m’atterre au plus haut point, ce sont vraiment les réactions des uns et des autres, preuve que la connerie est décidément universelle. Plantage du décor : lundi, Marine écrit un (très bon) article appelant, en très gros, à la tolérance et au respect des grévistes. Résultat, la moitié des comms ont donné : « ouais, t’as trop raison, c’est vraiment tous des connards ces anti-grévistes d’abord ! ». Vous n’avez donc rien compris. 
Pour ma part, je ne suis ni pro, ni anti grève, finalement mais la position est facile à tenir pour moi vu que je ne les subis pas, le seul désagrément notable est l’état de ma voûte plantaire. Du coup, moi aussi, je pourrais sortir le discours « ouais mais sans déconner, de quoi ils se plaignent ces sales égoïstes d’anti-gréviste, c’est quoi 2h de transport pour rentrer chez soi, hein ? ». Ok, mise en situation. Imaginons que je suis une employée lambda dans une entreprise aux horaires strictes et qu’avant d’aller travailler, faut que je m’occupe de mes gosses, idem le soir. Et bien 4 heures de transport par jour en plus du taf, désolée mais je comprends que les gens soient énervés. Ca ne justifie pas les débordements extrêmes facebookiens mais honnêtement, la plupart des gens sur facebook sont des communicants friqués de droite qui ne subissent pas la grève mais signifient quand même leur mécontentement pour la forme, avec toute la surenchère que ça comporte. Les cheminots sont des êtres humains… Tout comme les gens qui subissent les grèves et qui en ont marre, je ne vois pas au nom de quoi certains méritent notre respect et pas les autres. Surtout qu’en général, moins on subit la grève, plus on se montre critique envers ces « pauvres connards d’égoïstes » qui osent se plaindre de perdre 2 heures dans les transports. Ben oui, de quoi ils se plaignent, c’est pas vrai qu’elle est handicapante la grève et puis à côté de ça, y a plein de gens qui sont morts au Bangladesh ce week-end alors ne nous plaignons pas. 

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Au-delà de ça, de cette grève en particulier, je commence à être plus que lassée des dialogues de sourds. St-Exupéry disait « si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Aujourd’hui, c’est « si t’es pas d’accord avec moi, c’est juste que t’es un con inculte manipulé par TF1/l’Huma » (oui, ça dépend de quel côté on se place). Non mais vous vous prenez pour qui, sans déconner ? On se prend pour qui, je veux dire, je m’inclus. J’en peux plus de voir des avis tranchés et ce mépris affiché pour « l’autre », l’abruti qui n’a pas le même avis que nous et qui est forcément manipulé car sinon, il serait d’accord avec nous. Mais rien n’est plus subjectif qu’une opinion politique. Sans vous refaire des cours de sociologie politique, la formation d’une opinion est un joyeux mélange des différentes influences que l’on subit tout au long de notre vie, quoi qu’on en dise. En gros, prenons deux cas que je connais, ma sœur et moi : l’une de droite, l’autre de gauche. On est issue de la même famille mais nous ne fréquentons pas les mêmes personnes, nous n’avons pas fait les mêmes études. Aurais-je été de gauche si j’avais fait une école de commerce comme ma sœur ? Rien n’est moins sûr. Ma sœur est-elle une pauvre idiote manipulée par les médias ? Non. Quand on parle politique toutes les deux, on a chacune nos arguments et ils se valent. On ne voit juste pas les choses de la même façon. Je n’ai pas raison et elle tort et vice et versa. Qui suis-je pour dire que les gens de droite sont tous des abrutis ? Qui sont les gens de droite pour dire qu’il faut vraiment être con pour être de gauche ? C’est pas les Bisounours contre les Monstroplantes. Oui, je prends des exemples enfantins parce que quand je lis les débats à l’heure actuelle, ça me rappelle le débat passionnant que j’avais eu avec mon voisin de classe…en 88. En 88, j’étais en CE1 et notre maîtresse nous avait expliqué ce qu’étaient des élections présidentielles sans, bien sûr, entrer dans l’idéologie. Débat avec mon voisin
« Mitterrand, c’est le mieux ! Non, c’est Chirac ! ». Bête expression non argumentée de l’opinion de nos parents mais, vraiment, quand je lis les gens aujourd’hui, je ne vois pas la différence. On choisit nos sources quoi qu’on en dise. J’ai fait deux maîtrises basées sur une analyse de presse et je sais que deux journaux ne présenteront pas l’info de la même façon selon l’orientation politique, c’est un fait. Mais l’actualité peut être vue de plusieurs façons, selon nos sources, nos données. Pour une étude expliquant que la réforme des retraites est nécessaire, une autre prouvera le contraire. Dans l’absolu, ce n’est qu’une interprétation des chiffres et impossible de savoir qui aura raison, surtout que ce ne sont que des projections. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, on ne peut pas tout prévoir. Aujourd’hui, quand on lit la Fin de l’Histoire de Fukuyama, historien qui prédisait la fin des guerres et autres conflits, une histoire pacifiée à la chute du communisme, on se gausse. Facile 17 ans plus tard. Mais Fukuyama ne propose que sa lecture des faits et elle en vaut d’autres. Il s’est planté et aujourd’hui, ça nous paraît évident qu’il ne pouvait en être autrement. Mais n’oublions pas l’euphorie qu’a provoqué la fin de la guerre froide avant de lyncher ce pauvre Fukuyama. 

Aujourd’hui, je me sens d’une intelligence supérieure quand je vois que je préfère ne juger personne et comprendre les récriminations de chaque camp, essayer de comprendre avant de condamner, sans ressortir les conneries d’antagonisme droite/gauche (la droite méchante anti-grève et la gauche gentille pro-grève… ou l’inverse ! Manichéisme, quand tu nous tiens). Là où je cède à nouveau à la connerie, c’est quand je peux pas m’empêcher de prendre le contrepied des avis trop tranchés, de jouer l’avocat du Diable. Parce que rien ne m’énerve plus que les gens qui se croient supérieurs aux autres car leur avis est forcément le bon. Enfin, il est facile de tout mettre sur le dos de Sarkozy, de dire que c’est lui qui provoque une fracture entre la France qui travaille et les autres. Je suis désolée mais cette rupture, c’est nous tous qui la creusons. Parce que les autres qui ne sont pas d’accord avec moi sont forcément des cons et que moi, j’ai forcément raison. Au moins.

I am for gay marriage, between a man and a woman

Par Marine

Copyright Arnold Schwazenegger, bien-aimé gouverneur de Californie et regretté Terminator.

Oh mais moi, j’ai jamais rien eu contre les homosexuels. J’ai même des amis qui le sont, homosexuels. Notez qu’en plus, je dis « homosexuel » et pas « pédé », qui est une insulte, ou encore « tafiole », qui est péjoratif. Ceux qui comprennent comprendront. Bref.

Hem.

Puis, par une belle après-midi fraîche et pluvieuse, tout bascula. Notez que j’emploie le passé simple. Tout bascula donc.

Gay gay gay.
Hayden Christensen. Gay.
Jonathan Rhys-Meyers. Gay. (si si vous connaissez, le gars qui vit la scène la plus érotiques de ces dernières années dans Match Point avec Scarlett Johansonn). Bientôt ils vont nous sortir Jude Law ou Jake Gyllenhaal (heureusement que les blondes sont là pour veiller sur le navire). Tiens, pourquoi pas Colin Farrell pendant qu’on y est?

C’est bien simple, à chaque fois que je me prends à trouver un homme un tant soit peu attirant à la télé, 2 jours après, pof, il cotise. Merde. Nicolas me dit « qu’est-ce que ça peut foutre? ». (Ouais, ça fait Nicolas, comme pseudo, c’est ça?) Bon. Nicolas, dit « la caution ». Il est marrant, lui. Forcément que lui, ça l’arrange que l’homme soit hormosessuel. Forcément, il entre dans le champ de ses possibles, d’une manière ou d’une autre. Le fantasme, c’est fait de ça, mon petit monsieur. Le fantasme on cherche pas à le réaliser. Mais quand-même, on se dit toujours qu’il y a un possible évanescent. Ben là, pour Rhys-Meyers, ben on peut même plus regarder le menu. C’est pas parce qu’on est au régime qu’on peut pas regarder le menu. Certes. Mais là, c’est un peu être allergique aux fraises en allant chez le primeur en mai. Horrible.

Tiens, avec Nicolas l’autre jour. On va manger. Le serveur, charmant. Tous les deux, on se dévisse le crâne. Mais j’ai pas réussi à savoir lequel de nous deux aurait (dans une 8e dimension, hein) aurait eu ses chances.

Merde quoi.

L’heure devient grave.

Je suis pour le tabou social. Pour la stigmatisation. Pour la persécution. Pour l’eugénisme. Pour qu’on découvre que la préférence sexuelle est génétiquement déterminée.

Oh n’y voyez pas une quelconque intolérance. Tout est dans Darwin. Et chacun voit midi à sa porte. Et l’herbe est plus verte chez le voisin. Enfin, la nature a horreur du vide et, au train où vont les choses, c’est bien le vide qui nous attend, mesdemoiselles. D’après Nicolas, on s’achemine vers du 50%-50%. L’enfoiré doublé d’hypocrite. Il croit m’endormir avec du quantitatif. Mais je pense qualitatif, moi, mon jeune ami.

Non parce que si pour un Rhys-Meyers pédé, on a un Sim hétéro, enfin tu vois, là, par exemple, ça me fait une belle jambe, j’ai envie de dire.

La nature a horreur du vide, et là, il avance à grands pas. Deux solutions, mesdemoiselles.
– Le traitement de fond, redevenir attirantes comme aux premiers jours de la nuit des temps, quand Adam n’avait d’yeux que pour Eve (et non pour le serpent). Pour cette option, je vous renvoie à mon article précédent « avoir un beau cul et une démarche de tasspé en même pas d’efforts« .
– Le traitement de crise, le combat.
Evidemment, ces derniers temps, j’ai pas mal forci. La Nouvelle Eve, ce sera pour une prochaine fois. D’où le choix de l’homophobie. Nicolas voit ça d’un oeil semi-vitreux. Mais si l’herbe est plus verte chez le voisin, je vois midi à ma porte. Et moi, j’ai jamais rien eu contre l’homosexualité. C’est elle qui a contre moi. C’est la pénurie d’hommes, si en plus les beaux passent du côté obscur de la force, c’est la merde, oui. C’est que moi, Jonathan Rhys-Meyers, je l’aimais bien, merde…

Et allez, notez que vous me preniez déjà pour une pouffe aux idées politico-sociales scandaleuses, vous voilà servis. You are terminated.