Le jour où j’ai été la lesbienne de service

Il y a des rôles qu’on ne s’attend pas à jouer. Par exemple, en tant qu’hétéro, je ne pensais pas un jour être considérée comme la lesbienne de service. Mais quel est donc ce quiproquo incroyable ?



Je ne sais pas bien quand tout ça a commencé mais voilà, certaines personnes ont du mal à concevoir que Vicky et moi ne sommes pas un couple. Peut-être parce qu’on a très vite fusionné, à tel point qu’on finit les phrases de l’autre, on dit ce que l’autre était en train de penser, qu’on partage une cabine de Center Parcs parce que « c’est plus pratique »… Ah ouais, on est parties à Center Parcs ensemble aussi, ça n’aide pas. Bref, y a des gens qui pensent qu’on est quand même un peu un couple, même ma mère m’a posé la question. Alors que ma grand-mère, elle, elle pense que tout ce temps, je le passe avec un homme et que je me sers de Vicky comme alibi. Même pas.


Bref, du coup, la grand-mère de Vicky m’a plus ou moins adoptée et tenait à ce que je sois présente à ses 80 ans qui avaient lieu lundi. Trop ravie d’avoir une bonne raison de poser mon lundi et d’aller voir hors Paris si l’air y est plus pur, évidemment que j’ai répondu présente. On est arrivées dans les premières avec sa mère pour finir de préparer la salle et du coup, nous étions là pour accueillir les gens. Et parfois, sa mère me présentait comme « une copine de Vicky » mais de temps en temps, je devenais « l’amie de Vicky ».  Et là, la personne bloquait sur ma trombine, un instant de silence achevé par un « ah…d’accord ! ». Avec le frère de ma fiancée, on y est allé à fond dans la blague, jusqu’à choisir le prénom de nos futurs enfants adoptés (mais j’ai oublié ce qu’on avait choisi, je ne suis pas une très bonne compagne).



Au-delà de la blague qui m’a fait bien sourire, je n’ai pas vraiment pu vivre dans la peau d’une lesbienne rencontrant la belle famille puisque plein de gens ne faisaient pas partie de la famille en question et que ni Vicky ni son frère n’ont été capables de me dire de qui il s’agissait. Pour le peu que j’en ai vu, j’ai cependant remarqué quelques traits. De façon générale, il y avait un petit effet de surprise mais aucun commentaire. Je n’en attendais pas. Mais on sentait quelques regards un peu hésitants, des « oh mais ça existe en vrai, alors… ». Ca m’a un peu fait penser aux blagues genre : « je ne suis pas raciste mais pas d’arabes dans ma famille », par exemple. Parce que s’il serait incorrect de faire des remarques sur la vie sexuelle de la petite fille de la reine de la journée, on suppose qu’une fois la sauterie terminée, ça a dû un peu jaser. Même si la famille directe sait que non, je ne suis pas la compagne de Vicky, elle a même un vrai copain, un mâââââle et que moi, je suis juste une amie.


Evidemment, je serais tentée de tester l’aventure dans ma propre famille, mais voilà : côté maternel, j’ai déjà deux cousins gays avec compagnons connus et identifiés donc autant dire que tout le monde s’en moquerait un peu de mon lesbianisme et côté paternel, c’est vite vu : ma grand-mère se dirait que Vicky me sert d’alibi et mon oncle n’en aurait strictement rien à faire comme tout ce qui me concerne, de près ou de loin (au passage, c’est mon parrain… Ce qui prouve que ça ne sert pas à grand-chose). Du coup, je peux moins tester leurs réactions ce qui aurait sans doute été riche en enseignement.




En tout cas, on va servir de sujet de conversation dans quelques foyers bretons.

La générosité est-elle un égoïsme porté aux nues ?

Par Lucas


Oui je sais, j’aime bien les titres niais et accrocheurs qui attirent le chaland comme les mouches.

Quelques explications s’imposent.

Vous n’êtes pas sans savoir (dobeul négation enarchiste) qu’il y a deux ans et demi je m’emplafonnai sur un arbre devant Roland Garros. Petite virgule dans le phrasé de ma vie, pendant un mois (one month in coma) et qq mois à Garches avec le ballet des zélicos qui amenaient des patients sur la pelouse en face de mon bâtiment. Envole-moi…


Donc depuis deux ans et demi, je me demande comment faire pour profiter de la life, avoir un quotidien palpitant mais presque. Petite maturité évoquée par Nina avec boucou de justesse. Petite maturité là où, avant, je courrais par monts et par vaux pour oublier l’absurdité de cette existence (Albert, tu es mon dieu et l’absurde est une question qui m’anime… mais passons)


Jeune, je ne savais rien,
Jeune, je ne connaissais rien,
Un beau jour j’ai changé tout d’un coup, j’ai tout oublié,
Je me suis réveillé ce matin là de bonne humeur,
Surpris de n’avoir
Aucune idée noire

Donc, disais-je, avant j’adorais et j’adore encore faire des actes que bcp trouvent idiots. Des actes gratuits. Par exemple le coup du métro

Entre autres.

En fait, cette générosité était un moyen de me faire plaisir, de faire un acte qui n’avait aucun sens pour le pékin moyen mais qui me parlait. Comme envoyer des roses aux deux premières candidates qui avaient participé pendant deux mois à Singulier Pluriel (une sorte de concours dont j’étais le bachelor et où les filles devaient me séduire…) 

D’où ma question. Ce genre de générosité apparente n’est elle pas l’instrument d’un égoïsme extrême ?

Se faire plaisir comme ça, n’est-il pas le summum du penser pour soi, une sorte de malhonnêteté intellectuelle déguisée (ici je perds au moins 15000 fans dans la Lucas Fans Church) ?

Vous allez rire, ou bruler des poupées vaudou à mon effigie, mais, en bon mécréant qui s’assume, parfois, je me dis que toutes les bonnes actions que font les membres du clergé et les catholiques de façade, ne sont qu’un instrument pour obtenir un séjour longue durée au Fhloshton Paradise

En fait, en ce moment je me pose des questions que j’aurais du me poser il y a 15 ans à savoir « quess que je veux faire de ma vie ? » et  » quess que je sais faire ». Deux questions qui restent sans réponses. Avec l’ESC Reims, j’ai le sentiment d’avoir fait une école de potentiel, une institution qui nous sélectionne pour nos capacités à faire travailler les deux hémisphères sans penser constamment à migrer vers de tristes tropiques ou des mers « septentriEnales ». Je vois Enzo qui a un bon salaire et qui fait un truc qu’il aime, je vois Nina qui a un bon salaire et qui fait un truc qu’elle aime.

J’ai un copain qui après l’école s’est engagé pour devenir gendarme. Service public, rôle auprès de la communauté : j’applaudis son choix qui s’apparente pour moi à un apostolat. Je suis trop égoiste pour faire ça ! Felipe aura toujours en tête le but suprême de ses gardes, de ses horaires, des risques pris, etc.
Felipe, Nina, Enzo : leur quotidien a du sens…

Comment voulez-vous vous lever le matin si vous savez que votre rôle sera d’augmenter les ventes de Mir express sur le marché européen ?

 

D’aucuns marketeux me diront que l’enjeu en terme intellectuel est intense.

Oui. Peut-être.
Que le salaire permet de se faire plaisir.
Oui surement
Que les problématiques poussées à fond ont des dimensions stratégiques fortes.
Oui, Certainement.
qu’à terme on peut devenir un patron et avoir des enjeux passionants
Oui, parfois.

Faut-il donc passer outre le fait que tout cela n’a aucun sens, que le boulot a une grosse dose d’emmerdes, et qu’à la fin de son existence on n’aura pas bcp de satisfactions ?

« J’ai été Monsieur Mir Express Europe de l’ouest ».

Sic.

Je pense très souvent aux velléités de Nina il y a qq années d’écrire un roman de SF.
A-t-elle remisé ses rêves d’adolescente ?
Son quotidien rédactionnel lui apporte t-il des satisfactions aussi intenses que celles qu’elles avaient eues en écrivant les aventures de son héroïne ?

Est-ce une naiveté ingénue (oui j’aime bien les accumulations) que de croire qu’on peut se faire plaisir dans son job ?

Je pense à tribulanne qui me parle de ses lundi comme un summum.
Mais le reste du temps ?

Alors je pose la question…
Faut-il avoir un boulot qui rapporte et se faire plaisir en prenant des vacances terribles et en s’éclatant le week end
ou avoir un quotidien qui a du sens et qui nous motive suffisamment pour se lever ?


Je crois qu’on a un lecteur égaré de 50 ans qui pourra donner un avis de papy. Et le votre, jeunes lecteurs vingtenaires m ‘intéresse, tant sur la question de la générosité comme outil de l’égoïsme que sur le boulot !

Je vieillis

(Non, non, je ne suis pas morte)

Je ne sais pas pourquoi mais cette année, mon anniversaire m’a plus marquée qu’à l’ordinaire (alors que je l’ai même pas fêté, tiens). Est-ce parce que le chiffre est symbolique, la dernière année avant la prochaine décennie ? Quand on tient un blog qui s’appelle les vingtenaires, je suppose que ce n’est pas banal.


Depuis, j’ai l’impression que je suis sur la pente descendante et ça commence à me faire peur. Déjà, on m’appelle de plus en plus souvent « madame ». Et je trouve ça totalement intolérable. J’ai pas de bague à mes doigts, je suis profondément blessée au plus profond de ma jeunesse. Encore, quand je suis en galante compagnie, je veux bien mais quand je suis seule, non de non. Et comme ça arrive de plus en plus régulièrement, je le vis de plus en plus mal.


Et puis, je vois la différence physiquement. D’abord, j’ai une ridule en plein milieu du front et j’ai beau l’assaillir de mille et une crèmes, elle est toujours là, à me narguer. Bon, il est vrai que je dois me coller au miroir pour la voir mais je sais qu’elle est là et qu’elle ne partira plus jamais. Elle me regarde tel l’œil de Caïn, elle me nargue… Et que dire de mes joues qui s’affaissent un peu ? Et du fait que je mets trois jours à récupérer d’une nuit de 5h alors qu’avant, c’était mon quotidien ? Non mais imaginez, y a des soirs où je suis couchée à 23h, moi…


Ah et tant qu’on est dans le « on ne peut pas être et avoir été », atomisons ce qu’il me restait de réputation de fêtarde : je ne tiens plus du tout l’alcool. Selon ma forme, il peut suffire d’un verre de vin pour me saouler. C’est dramatique. Surtout quand ce verre est pris à l’heure du déjeuner, entre amis, et que je dois retourner au boulot ensuite alors que ma tête est lourde, lourde.


Bref, je sais pas mais depuis quelques temps, je sens que le temps me rattrape et que mon sentiment d’éternelle jeunesse s’envole. Il est bien loin le temps de l’insouciance et des nuits blanches « même pas mal », cette époque bénie où je bossais la nuit quand la ville dormait. J’adorais vraiment ça, écrire entre 3 et 6h du matin, j’avais l’impression de dominer un peu la ville, être la gardienne. Ce qui est illusoire mais j’aimais cette solitude. Aujourd’hui, même le week-end, je ne tiens pas jusqu’à 6h du matin. A partir de 2h, je ne peux plus écouter ce qu’on me dit, je m’endors en pleine conversation…  Merde, bientôt, je vais avoir des rhumatismes ! Et je n’ose plonger dans ma chevelure à la recherche du premier cheveu blanc. C’est un peu l’avantage de la châtainité claire (ohé, je peux aussi inventer des mots) à base de mèches blondes naturelles, un cheveu blanc n’est pas visible. Il y a 4 ans, je n’avais pas un seul cheveu blanc, dixit ma coiffeuse. Là, je parierais pas… Déjà que j’ai une tension élevée.


Dieu merci, j’ai encore des gens qui s’écrient (sincèrement) : « Quoi, t’as 29 ans ? Ah je t’en donnais moins ! ». Sinon, je ferais une grosse grosse déprime. Bon, puisque je fais moins, je vais en profiter un peu pour faire la fête et essayer de tenir debout jusqu’à des 3h du mat. Youhou !

NB : Par exemple, si cet article n’a pas été écrit hier soir, c’est que je me suis écroulée à 21h.

Le roi est mort, vive la thune

Saviez-vous que Michael Jackson est mort ? Et bien voilà, The King of pop est décédé à 50 ans, usé jusqu’à la corde. La célébrité est toujours beaucoup moins dorée en vrai que ce qu’on imagine, finalement. Bref, Michael est mort, c’est triste pour sa famille et en particulier pour ses gosses qui vont faire l’objet de moult disputes puisque leur mère biologique a déjà déclaré que Michael n’en était pas le père. Au secours !


Et là, on découvre que beaucoup ont tout compris au système. Parlons d’abord de cette agence de comm qui, à peine le corps refroidi, a organisé un Moonwalk géant à Paris. Qu’on ait envie de rendre hommage au King, à la limite, pourquoi pas, ce n’est pas du tout mon trip mais bon, ça ne tue personne. Mais qu’une agence de comm l’organise en son nom là, déjà, ça me dérange un peu plus. J’imagine tout à fait la réunion du vendredi matin : « oh merde, Michael Jackson est mort !

– Vite, organisons un happening ! Genre un moonwalk géant dans la rue. Vite, Gérald (le créa), prépare nous une maquette avec Greg (le graphiste), faut profiter du buzz ! »

Oh, c’est facile de taper sur cette agence dont je ne retrouve même pas le nom, ce qui tendrait à prouver que le coup de pub a foiré. Ca n’aurait pas été elle, ça aurait été une autre. Et tant que j’y suis, parlons aussi brièvement de cette newsletter reçue sur ma boîte mail de façon intempestive (comme pas mal de newsletter, ça m’énerve un peu…) du magasin de sextoy Dreamstore intitulée « les vraies raisons du crash » (semaine du crash de l’AF447) et quand on ouvre : « la façon la plus sûre de s’envoyer en l’air » avec liste de sextoys. Laissez moi sortir, je vais vomir et je ne suis pas la seule.


Mais revenons à Michael, sa mort est limite un cas d’école du décès business. Déjà, sa famille se cache derrière des mouchoirs pour préparer ses petits calculs et le patriarche Jackson, Joe, qu’on soupçonne de n’avoir pas été le père idéal au vu de l’équilibre de ses enfants (Michael et Latoya, ravagés par la chirurgie esthétique, Janet qui prend/perd 20 kg tous les deux jours et n’a plus son nez d’origine non plus, je crois que Germaine a eu quelques soucis de drogue mais je ne suis point sûre) se place particulièrement en vue. Ca tombe plutôt mal, il semblerait que son fils l’ait déshérité mais bon, de la rumeur à la réalité, on ne sait plus bien. Parce que là, c’est le ballet des fantômes qui démarre : le petit qui déclarait il y a 15 ans que Michael l’avait violé dit qu’en fait, il avait menti (ce qui me surprend en terme de révélation, j’avais déjà lu ça y a une bonne dizaine d’années, comme quoi son père l’avait hypnotisé pour qu’il raconte tout ça), la mère de ses deux aînés déclare que les petits ne sont pas les siens. Puis on enchaîne : on va faire payer les funérailles et puis on va sortir un DVD ultra méga collector que la mort qui tue (c’est bien le cas de le dire) des répétitions de sa dernière tournée qu’il n’a pas faite, puisqu’il est mort, donc.


Et ça continue : M6 donne un supra concert hommage de chai pas quoi, me souffle-t-on dans l’oreille. Ah, apparemment, c’est la rediffusion mondiale de son enterrement. Oui, il est vrai qu’être une superstar interdit toute intimité. Tu as vécu à la lumière, tu mourras tout pareil.


Au fond, Michael, s’il y a quelque chose après la mort et que tu m’entends dans tout ce brouhaha, je te plains. Ca doit être moche à voir ses proches se déchirer notre dépouille pour quelques milliers de dollars de plus. Au fond, voilà le vrai drame de toute ta vie : tu étais entouré de charognards de la pire espèce. On est tous en train de capitaliser sur ta mort, tes CD se vendent comme des petits pains, ton futur DVD sera collector, des petits malins vendent leur place pour ton concert qui n’aura jamais lieu, flairant l’objet collector. Tout le monde te pleure mais finalement, ta mort fera des heureux. Dégueulasse, hein ?


Sur ce, je vais acheter des goodies Johnny, des fois qu’il décède avant son concert du 14 juillet. Ah ouais mais apparemment, c’est un concert gratuit, zuuuuuuuuut, y aura aucun billet collector.

Où est la survie du journalisme papier

L’autre jour, le vendredi 26 juin très précisément, j’avais rendez-vous pour d&jeuner en ville avec un pote. En cheminant, je croise le panneau suivant du Parisien : « Exclusif : Michael Jackson est mort ! ». Réflexe : super, paie ton exclusivité, ça fait 3h que tout le monde me saoule avec Michael Jackson, au point même que l’idée d’écouter une seule de ses chansons à l’heure actuelle me donne la nausée. Oui, le moutonisme émotionnel me fatigue car je me demanderai toujours si tous ces gens qui criaient leur peine sur FB ou twitter avaient ne serait-ce qu’un titre du chanteur sur leur ipod et s’ils avaient pensé à lui durant les 3 années précédentes. Je n’en suis pas sûre.



Bref , je souriais à cette exclusivité mais il est vrai que la plupart des titres parlaient de la mort de Farrah Fawcett, Michael étant mort plus tard dans la soirée, les journaux étaient déjà sous presse. Alors que les internautes se gargarisent d’avoir eu l’exclu et battus les journalistes (on ne parlera pas ici de tous les fakes qui ont circulé sur twitter, la moitié des people sont morts cette semaine là grâce à eux… ahem…), je me suis posée la question : et si cette extrême rapidité de l’info sauvait la presse papier en la transformant ? Oui, moi, j’y vois carrément une solution positive à tout ça.


Partant du principe que le pire travers du journalisme est la course au scoop, Internet est aujourd’hui le meilleur moyen d’évacuer cette dimension de la presse papier. Prenez n’importe quel journal en ligne, ils ont tous annoncé des conneries, tous. Internautes zélés vs journalistes web sous pression : égalité. Je me souviens y a une dizaine de jours que Le Monde annonçait en une qu’on avait retrouvé la boîte noire de l’AF447, faux ! Aucune rédaction n’est à l’abri. C’est sans doute mal mais j’y reviendrai une prochaine fois dessus, là n’est pas le sujet. Toutes les infos chaudes-brûlantes étant disponibles limite en temps réel sur le web, pourquoi ne pas les évacuer totalement du papier pour ne laisser la place qu’aux analyses poussées, aux éditos et chroniques ? Evacuer le factuel pour aller au-delà ? Après tout, qui achète les journaux aujourd’hui pour n’avoir que le factuel, disponible sur le web et dans les gratuits ? Ah, évidemment, bon argument qui tombe : tout le monde n’a pas le net ou les gratuits. C’est vrai. Ceci étant, soyons fous, imaginons le modèle suivant : prenons le Matin plus, par exemple, co financé par le Monde et Courrier International qui était mon chouchou à l’époque. Oui, depuis, j’ai déménagé et je n’ai plus de gratuits dans ma gare de départ, seulement dans celle d’arrivée mais comme je ne sais pas encore lire en marchant, ça ne me serait guère utile. Bref, peu importe. Imaginons donc que chaque exemplaire du Monde soit vendu avec son petit Matin plus avec d’un côté un cahier bref et factuel, de l’autre, de vraies analyses.



Ce qui me navre dans le journalisme d’aujourd’hui, c’est la surenchère émotionnelle et le brodage sur du vide. J’avoue lire de plus en plus la presse en ligne et de moins en moins la presse papier (c’est mal) mais quand je vois qu’on est capable de tirer un papier de 2 000 signes sur le moindre débris trouvé (ou pas d’ailleurs) de l’AF447, qu’on est capable de publier une photo de tache d’huile flottant sur l’océan nous expliquant que c’est le lieu du crash (alors que non)… Bref, par moment, j’ai juste envie d’hurler stop. Bien que ça m’inspire, cette surenchère émotionnelle et pas qu’un peu, j’en reparlerai d’ailleurs (je suis chiante à annoncer des dizaines d’articles que je vais peut-être oublier d’ailleurs). Seulement émotion et journalisme, arrive un moment où ça coince. Parce qu’on va tellement fouiller les poubelles, tellement courir après la moindre bribe d’émotion qu’à la fin, on publie n’importe quoi. Et quand on est pris la main dans le sac, on colle un petit démenti mais s’excuser, non mais ça va oui ? On travaille dans l’urgence, nous, on n’a pas le temps de vérifier nos sources. Tu crois qu’ils le font à la concurrence, non mais !




Bref, je rêve d’un journalisme papier réfléchi et analytique, moins dans l’émotion, la surface, l’urgence. Evidemment, ça ne veut pas dire que le journalisme Internet est forcément mauvais. Je suis une fan convaincue de Rue89 (et de ses commentateurs plutôt fins dans l’ensemble, j’ai toujours envie de leur faire des bisous).

Une révolution est à faire et ça fait un moment qu’elle est nécessaire. Mais qui osera franchir le pas ?

Le mystère du baiser post coïtal

Parfois, dans la vie, il m’arrive de rencontrer des hommes avec qui je couche (pas avec tous, évidemment). Suite à une folle partie de jambe en l’air (qui peut se décliner au pluriel d’ailleurs), arrive le moment de se séparer parce que la vie continue en dehors du lit, tout de même. Et en général, au moment de se quitter, on s’embrasse pour se dire au revoir. J’ai déjà traité de la bise post coïtale, on n’en reparlera pas ici.


Bref, un baiser avant de se quitter. Et bien je suis toujours aussi nulle pour en déduire quoi que ce soit. Le baiser post coïtal est-il un élément qu’il est impossible à analyser. Si je liste quelques hommes dans ma vie, je me souviens de quelques baisers d’au revoir assez passionnés qui laissent penser que le monsieur en veut plus… et je n’ai plus jamais de nouvelles.




De l’autre côté, j’ai le baiser poli déposé vite fait sur les lèvres. Je me souviens de la première fois que Gabriel est venu chez moi. D’abord, il n’a pas voulu rester dormir (à l’époque, j’aimais pas quand ils partaient juste après) puis le baiser fut… poli. Amical mais pas chaleureux. Je l’ai regardé partir en me disant en mon for intérieur : « celui là, je ne le reverrai jamais ». Et bien j’avais tort.



Alors le baiser chaleureux est-il un signe d’adieu et un baiser poli un signe d’à bientôt ? Ben non, ça ne marche pas non plus. Si je prends le cas de Guillaume IV, chacun de ses baisers d’au revoir étaient très, très chaleureux. Alors que d’autres ont eu des baisers d’adieu qui voulaient bien dire ce qu’ils voulaient dire : « bon, on va en rester là, hein, te fais pas de film ! ».




Evidemment, la question est : « au fond, la réponse à la question du va-t-on se revoir est-elle si importante ? ». C’est vrai que le one shot n’est pas un crime même si parfois, j’aurais bien retenté l’aventure, juste parce que c’était bien (de mon côté bien sûr, on ne peut jamais savoir de l’autre côté malgré des compliments parfois échappés). Franchement, pour moi, le sexe n’est pas une simple question de technique mais d’alchimie avant tout et je ne l’ai pas avec tous les hommes (heureusement, j’ai presque envie de dire) alors quand l’alchimie est là, je suis toujours un peu déçue si ça ne poursuit pas. Et puis ça m’éviterait de me demander si je dois relancer ou si un silence radio de plus d’une semaine est suffisamment éloquent. Ouais mais si moi je me dis ça et que lui aussi, s’il le faut, on avait tous les deux envie de se revoir et on passe à côté. Ceci étant, le dernier one shot- baiser tout tendre et chaleureux, ça fait trois semaines qu’il a pas répondu à mon mail de proposition de 2e prise donc j’ose supposer qu’on en restera là (ou qu’il reviendra un jour où ça le
grattera dans le boxer).




Et pour brouiller encore plus les pistes, nous avons le « à bientôt ! » qui veut dire « je dis ça par réflexe mais en fait, je t’efface dès que
je rentre de MSN et je jette ton numéro alors n’y compte pas trop quand même ».  C’est pas comme si on était entre adultes consentants et que je peux tout à fait comprendre qu’une partie de jambe en l’air n’est pas une demande en mariage…

Bref, un jour, je saurai peut-être voir et lire les signes pour comprendre si un à bientôt veut dire ce qu’il veut dire ou son exact contraire. Ou alors je rentrerai dans un couvent comme ça, ça m’épargnera ces petits jeux de dupe qui sont parfois un peu fatigants, trop stratégisant pour moi (ne pas rappeler avant 72h, ça fait désespérée, gna gna gna). De toute façon, j’en ai toujours fait qu’à ma tête et 72h pour une impatiente comme moi, c’est une éternité un peu trop longue. Mais bon, il est vrai qu’on peut difficilement sortir un
« bon, écoute, c’était bien sympa mais on en reste là, hein. Salut! ». Mais je ne désespère pas de trouver la clé !

Les souris sont des hommes

Dimanche soir, petites heures de la nuit, je tapote négligemment sur mon clavier en attendant le sommeil. Bon, en vrai, je joue sur King, ce site est une horreur de chronophagie. Bref, comme tous les dimanches, il est tard et je n’ai pas sommeil, la télé tourne un peu au hasard, sur la chaîne où je l’ai laissée. Quand soudain, Télé m’annonce Secret Story. J’aurais bien zappé mais j’étais un peu trop dans ma partie, on va dire qu’on va laisser tourner.

Et en fait, j’ai bien fait. Je n’avais quasiment jamais regardé, juste un peu l’an dernier et j’avais trouvé cette émission d’un profond sadisme. En fait, je vous résume la fois où j’ai regardé (oui, je n’ai vu qu’un épisode mais le pire, je crois) : pour une obscure raison, Cyril et Alice sont enfermés dans une pièce et espionne les autres. Ces derniers pensent que les deux enfermés sont partis. Or Cyril a entamé une liaison avec Alexandra et Alice avec Matthias. Et là, « la voix », sorte d’ersatz d’un Dieu sadique, demande à Matthias de séduire Alexandra (sans savoir que sa moitié ainsi que celle de la demoiselle sont toujours là, donc). J’étais effarée. Comme je bossais à l’époque sur le site people de TGGP, j’ai aussi appris que cette même voix avait demandé à Matthias de demander à Alice de venir vivre avec lui (mission acceptée) mais Cyril, lui, a refusé de larguer Alexandra pour 10 000 euros. Alors qu’elle était super chiante comme fille.

Bref, dimanche, je regarde et voici un peu le topo, c’est compliqué, il y a des milliards de candidats, des cachés dans une trappe qui rentrent et sortent au gré de la voix et essaient d’éliminer des autres et de découvrir leur secret car ils les espionnent via un écran de télé. Donc samedi, il y a eu l’élimination de Daniela dont je ne sais rien à part qu’elle était vulgaire mais c’est une constante de cette émission. Elle a été victime d’un complot de Léo, qui est un des infiltrés. La voix a profité de la soirée des éliminations pour dégager
Léo que personne n’aimait et mettre à sa place Angie, une fille très naturelle, pas du tout refaite de la tête aux pieds, et Romain qu’est beau gosse. Et puis là, on fait rentrer un type qui n’était pas dans l’émission jusque là, qui s’appelle Martin. Dans le sas de la maison, la voix explique à Martin qu’il va devoir remplir une première mission : faire croire qu’il est le mec de Cindy. Une nana qu’il n’a donc jamais vu de sa vie. Donc Cindy l’attend dans l’entrée et ils mettent au point leur plan. Bon, voilà, le reste de l’épisode est globalement sans intérêt, les absents se font casser du sucre sur le dos comme toute bonne émission de télé réalité (et comme dans la vie), ça se drague, les filles rivalisent de classe et d’élégance (ahahah)…





En fait, cette émission a quelque chose de fascinant. En fait, les secrets de base, on s’en fout : avec le net, ils durent au mieux 2h. Ce qui est plus marrant, ce sont les nouveaux que la prod via la voix impose aux candidats. J’ai trouvé assez énorme qu’un mec entre dans un jeu et se retrouve au rang de petit ami d’une nana assez vulgaire (mais oui, ok, elles le sont toutes). J’aime ce côté un peu manipulation de tout le monde qui se ment juste à l’arrivée pour gagner de la tune. Sexe, argent et manipulation, c’est un bon cocktail. Sauf qu’évidemment, c’est présenté par Castaldi qui me donne toujours envie de le frapper. Ce mec me paraît faux mais d’une force ! Je suis totalement persuadée qu’il n’est absolument pas sympa et qu’il manque totalement la dimension 2nd degré de ce show. Quant aux candidats, c’est la foire au plus pseudo trash vulgaire. Toutes les nanas ont posé seins (siliconés) à l’air dans Entrevue, FHM et co, elles manquent terriblement de raffinement, d’humour 2nd degré et je ne parle pas de la maîtrise approximative de leur français. Et chez
les mecs, ce sont exactement les mêmes, la silicone en moins. Genre le Romain, là, il est beau gosse de prime abord mais après trois jeux de sourcils genre « je suis trop un ténébreux », on se rend compte qu’à part choper de la dinde en boîte le samedi soir, il n’a rien de bien intéressant à offrir. Mon chouchou étant Léo, un ex SDF si j’ai bien tout suivi, qui se la joue grand machiavélique et qui n’a pas tout à fait tort vu qu’il a réussi à éliminer Daniela juste en manipulant les gens. Mais bon, aux pays des idiots, c’est pas bien difficile d’être le plus manipulateur.

Bref, je regrette finalement que pour cette émission, ils recrutent pas des candidats d’un meilleur niveau, genre des mecs supra cynique sur l’émission, qui sont parfaitement conscients de leur rôle de rat de laboratoire et essaient de battre la voix à son propre jeu même s’ils ne peuvent pas communiquer entre eux. Parce qu’avec des gens un peu plus… heu… on va dire évolués et sans Benjamin Castaldi, ce jeu pourrait être un pur monument de manipulation mâtiné de sadisme. Et là, je peux vous jurer que j’en raterais pas un
épisode !

Allégorie des deux grillons

Par Diane

Un beau matin de juillet que les petits zoziaux zoziautaient et que le gros soleil soleillait, Bob le grillon se promenait dans un petit champ de lavande aux senteurs exquises qui fragrait à ne plus se sentir sentir sous un beau ciel de provence. Tandis qu’il lustrait un peu ses pattes en jetant un coup d’antennes au dehors pour détecter la présence d’un éventuel casse croute dans les environs, ne voilà t’y pas qu’il croise, au détour d’un brin de lavande chatouilleur, son vieux cousin Bill.
Ravi de croiser son vieux cousin, il s’apprêtait à aller le saluer et éventuellement lui proposer une chasse aux termites (très goûtus avec un peu de ketchup), quand il s’arrêta, étonné de voir son cousin l’air contrarié, aux prises avec une mini-tronçonneuse (à l’échelle grillonesque, précisons le). Il s’avança alors vers lui:

-« Salut à toi cousin Bill! « -claironna t’il-, « comment te portes tu donc? »

-« Très bien cousin Bob, » lui répondit le premier, toujours visiblement concentré sur l’insolite objet qu’il tenait entre ses pattes. Il le jaugeait, le soupesait, et appuyait sur un ou deux boutons histoire de voir ce qu’ils déclenchaient.

-« Et dis moi cousin, la curiosité me saisit: que comptes tu donc faire avec cette tronçonneuse? »

-« Oh, ça, » répondit Bill en souriant, « vois tu, c’est pour me couper les pattes. Mais en réalité, je me trouve devant quelques petits problèmes techniques. Tout d’abord, l’engin me semble peu maniable. Et de plus, si je le tiens d’une patte pour m’en couper une autre (et ainsi de suite), avec quoi vais-je le tenir pour me couper la dernière? Non, vraiment, c’est un gros problème… » et là dessus il prit un air taciturne et commença une série de manipulations avec son thorax en s’aidant d’un caillou pour tenter de faire tenir la tronçonneuse sans les pattes, échouant à chaque tentative et poussant des gros soupirs de mécontentement. Bob, de plus en plus décontenancé, lui tint à peu près ce langage:

-« Mais dis moi Bill, pourquoi veux tu diable te couper les pattes?? »
Ce dernier prit un air étonné, et, sans cesser de trifouiller sa machine, lui répondit, légèrement agacé:

-« Mais voyons, c’est pour faire comme Cricri! »
-« Cricri? »
-« Mais oui, Cricri le grand Grillon sauveur de tous les grillons! mais de quel champ de lavande sors tu donc? »
Sortant du champ de lavande voisin, Bob interloqué avoua n’avoir jamais entendu parler du grand Cricri, et avoua derechef ne pas bien saisir qui était ce grand Cricri. Un ami à lui? Le propriétaire de la réserve des termites?

Bill, lachant une seconde sa machine, soupira et lui répondit:
« nononon, tu comprends tout de travers. Le grand Cricri est notre sauveur. Il sait tout et contrôle tout. Le grand Cricri est amour. »
-« …et c’est ton grand  Cricri d’amour qui veut te couper les pattes pour te sauver? Il te l’a demandé? Je ne saisis toujours pas… »

-« Mais non voyons, je ne l’ai jamais rencontré, personne ne l’a jamais rencontré. »

-« Mais comment sais tu qu’il existes alors? »

-« je le sais, c’est tout. »

-Cette réponse le laissant perplexe mais voyant qu’il n’obtiendrait pas davantage sur le sujet, Bob relança Bill sur cette histoire de pattes coupées qui décidemment l’intriguait beaucoup.

-« Eh bien vois tu, le grand Cricri lors de sa grande traversée du champ de lavande maudit, se fit couper les pattes par une moissonneuse batteuse de tous les diables.Et après, elles ont repoussé presque instantanément!  Ainsi, pour être un bon grillon, je dois aussi me couper les pattes. C’est parfaitement logique.  » ….et, prenant un air docte (car il allait à l’école grillonesque), il ajouta: « oui, parfaitement logique, tous les philosophes te le diront, c’est une méthode imparable qui s’appelle syllogique. Les chats sont mortels, socrate est mortel donc socrate est un chat.
parfaitement logique, te dis-je, donc il faut que je me coupe les pattes » et sur ces belles et doctes paroles il reprit son instrument.
Bob écarquilla les antennes et répondit à Bill, la voix un peu échauffée:

-« je ne sais pas qui est ce chat Socrate, mais je peux te dire que vouloir se couper les pattes à cause d’un champ de lavande maudit et d’une moisonneuse batteuse, c’est bien bêt….c’est bien humain! et que vas tu bien pouvoir faire sans tes pattes? MMmm? Comment te déplacer? comment attraper les termites? tu n’aurais plus l’air d’un grillon! A vrai dire, tu n’auras plus l’air de rien! Je refuse de te laisser faire ça! » et là dessus Bob entrepris de lui oter la tronçonneuse des pattes.

Bill se facha tout rouge:
-« EEeeehh mais dis donc, veux tu lacher ça! Occupe toi donc de ce qui te regarde! Si je veux me couper les pattes, c’est mon affaire! c’est ma liberté individuelle de grillon! Et si j’ai envie d’être un grillon sans pattes, pourquoi ne le pourrais je pas, puisque c’est mon choix? »
Bob, estomaqué, balbutia: « m-m-mmais, parce que ce choix là va t’empêcher de pouvoir faire d’autres choix dans ta vie! que oui, je ne suis pas toi, mais je suis un  grillon, je suis ton cousin, et je n’ai pas envie que tu deviennes un thorax grillonant, un semblant de grillon! Et pour tes petits grilloneaux, hein? Crois tu vraiment que te couper les pattes soit dans leur meilleur intérêt?

Bill souffla en reprenant vigoureusement sa dangereuse machine: -« Rhhoo, laisse moi tranquille! De toute façon, réfléchis un peu: si je coupe mes pattes, elles vont repousser, comme celles du grand Cricri! Ainsi j’aurais mes pattes, je suis un bon grillon, ,et j’aurais ma piscine de termites grillées promise à tout bon grillon. » Et là dessus il s’éloigna.

Bob, à court d’arguments, ne sachant que répondre à l’imparable logique de son cousin, se mit à marcher, pensif, dans ce champ de lavande dont le parfum commençait à faiblir. Au bout de quelques brins, il croisa un groupe de trois grillons en pleine conversation, dont l’un tenait un couteau suisse, l’autre un katana et le troisième une pierre à aiguiser.
Il commença à faire quelques pas en leur direction, puis se ravisa. N’ayant sur lui qu’un peu de bon sens, il décida de tourner les pattes et de retourner dans son champ.

Comment rater sa sortie en beauté

(article odieusement cynique)

La vie, finalement, ce n’est pas grand-chose : une date de naissance, une date de décès, des dates de mariages ou d’accouchement, quelques faits remarquables
mais rien de plus. Donc pour passer à la postérité, une mort un peu dramatique fait bien. On a les cas de Marilyn ou James Dean qui ont réussi leur sortie de main de maître, on peut aussi citer Elvis et l’éternelle légende du « mais non, l’est pas mort ! ».


Puis y a Farrah Fawcett. Résumons la vie de la dame : elle est née, a joué dans une saison de drôle de dames et est devenue célèbre grâce à son brushing (c’était un peu la Jennifer Aniston de l’époque) puis elle s’est mariée à Lee Major, celui qui valait trois milliards. Puis c’est tout. Alors quand Farrah a été atteinte d’un cancer, elle a surmédiatisé sa maladie, un peu à la Jade Goodkin. Farrah était donc prête à mourir devant les médias du monde entier, histoire qu’on parle d’elle une dernière fois.


Elle s’est donc éteinte hier… Mais pas de chance, elle est morte juste 4h avant Michael Jackson. Du coup, ce matin, quand on m’a annoncé la mort de Michael, j’ai répondu : « ouais et Farrah Fawcett aussi » et là, j’étais la seule au courant, magique. Pauvre, pauvre Farrah. C’est pas que je lui étais attachée mais vu qu’en temps que bons petits moutons, tout le monde pleure Michael Jackson, le même que tout le monde avait globalement oublié, le même dont tout le monde se moquait il y a encore quelques jours. Mais vous savez, comme toujours, les morts deviennent soudain merveilleux. Je ne nie pas le parcours incroyable de Michael mais faut pas déconner non plus. De toute façon, j’économise mes larmes pour des choses qui me touchent vraiment et la mort de stars que je ne connais ni de loin ni de près ne m’émeut pas une seconde.


Voilà, Farrah est morte comme elle a vécu : finalement, elle a tout raté d’un rien. Elle aurait pu devenir une actrice incontournable de sa génération, on n’a parlé que de son brushing. Elle aurait pu rester mariée à Lee Majors, elle s’est retrouvée avec Ryan O’Neal. Elle aurait pu mourir un jour sans actu lourde pour qu’on ne parle que d’elle, Michael Jackson en a fait autant quelques jours après. La seule chose qu’on retiendra de Farrah, c’est son brushing très glamour des années 70. Et éventuellement qu’elle est morte le même jour que Michael Jackson.



Sortie : ratée.

En attendant, je n’allumerai ni télé ni radio ce week-end, je sens l’overdose de Michael Jackson poindre.