Non, je veux pas coucher avec ma meilleure amie

Il est communément admis que les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars, ok, je veux bien. Mais si je trouve ce jugement un peu définitif, force est de constater que parfois, y a vraiment difficulté à se comprendre. Notamment sur le fait de coucher ou non avec sa meilleure amie.

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Comme vous le savez, j’ai hébergé Vicky, ce qui m’empêchait de recevoir des hommes à domicile (du moins quand elle est là, je vis dans un studio). Evidemment, j’ai un peu omis d’envoyer un avis à tout le monde et au fur et à mesure je reçois des avis de passage sur MSN du type « hé, je peux passer te voir ? » Non, non, j’héberge une amie, tu vois… Et immanquablement, je dis bien immanquablement, j’ai droit à un « oh ben c’est pas grave, elle n’aura qu’à participer ! ». Bon, ok, à une exception près. Y en a un qui m’a même promis la primauté pour me convaincre. Comment dire ? C’est pas ça le problème.

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 Si, évidemment, la proposition est plus faite sur le ton de la blague qu’autre chose (bien que je pense que si je disais oui, ils arriveraient chez moi encore plus vite qu’il n’en faut pour le dire), il n’en reste pas moins qu’au bout d’un moment, expliquer pourquoi je n’ai pas envie de coucher avec ma meilleure amie, c’est légèrement lassant.

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Il est vrai que pour certains trucs, je suis légèrement psychorigide, notamment le mélange sexe-amitié, c’est niet direct, je l’ai déjà dit. Comme dirait un ami intime : « on a des potes pour parler, des potes pour sortir et des potes pour baiser ». Voilà, c’est EXACTEMENT ça. Et Vicky, c’est pas ma pote de baise parce qu’on se connaît trop, on partage trop de choses, on est justement trop intimes pour ça. D’abord, j’ai envie de dire que depuis 3 ans qu’on se connaît, 3 ans où on a partagé je ne sais combien de fois la même couche, 3 ans où on est parties à Center Parcs ensemble, on s’est changé dans la même cabine et on a donc vécu un mois ensemble. Je peux donc conclure que si on avait dû coucher ensemble, ça fait longtemps que ce serait fait. De toute façon, Vicky, c’est un peu comme ma sœur maintenant et moi, je couche pas avec ma sœur.

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De façon plus générale, je trouve assez amusant que les mecs ne comprennent pas que je suis pas forcément open pour coucher avec ma meilleure amie. Ils ont dû regarder trop de porno sans doute mais dans la vraie vie, toutes les filles ne couchent pas avec leurs copines. Non mais j’imagine le truc : « Bon, on l’a vu trente fois cet épisode de Sex and the city, on se met à poil et on se lèche, ». Mais ouiiiiiiiii… Et tous les mecs se tripotent en bande dans les vestiaires aussi, c’est bien connu, tout pareil. Allons, allons, messieurs, est-ce si incroyable de comprendre qu’une femme n’est pas prête à coucher avec tout le monde (et je ne dirai pas avec n’importe qui vu que Vicky n’est pas n’importe qui) ?

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Mais c’est assez typique du délire du plan à 3 homme/femme/femme. C’est souvent du « ça te dirait un plan à 3 ? T’as pas une copine qui serait open ? ». Ah mais oui bien sûr, c’est toi qui propose mais c’est moi qui amène, ça fait très « tu viens manger chez moi mais tu amènes la bouffe ». Ouais, bien sûûûûûûr, je couche régulièrement avec mes copines juste pour le plaisir d’hommes gourmands…

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Bref, messieurs, si vous pouviez intégrer que toutes les femmes ne couchent pas avec leur coloc/potes féminines de façon systématique, ce serait sympa. Parce qu’en vrai, avec Vicky, quand on s’ennuie, on ne se lèche pas, on se raconte des conneries.

Le jour où j’ai été la lesbienne de service

Il y a des rôles qu’on ne s’attend pas à jouer. Par exemple, en tant qu’hétéro, je ne pensais pas un jour être considérée comme la lesbienne de service. Mais quel est donc ce quiproquo incroyable ?



Je ne sais pas bien quand tout ça a commencé mais voilà, certaines personnes ont du mal à concevoir que Vicky et moi ne sommes pas un couple. Peut-être parce qu’on a très vite fusionné, à tel point qu’on finit les phrases de l’autre, on dit ce que l’autre était en train de penser, qu’on partage une cabine de Center Parcs parce que « c’est plus pratique »… Ah ouais, on est parties à Center Parcs ensemble aussi, ça n’aide pas. Bref, y a des gens qui pensent qu’on est quand même un peu un couple, même ma mère m’a posé la question. Alors que ma grand-mère, elle, elle pense que tout ce temps, je le passe avec un homme et que je me sers de Vicky comme alibi. Même pas.


Bref, du coup, la grand-mère de Vicky m’a plus ou moins adoptée et tenait à ce que je sois présente à ses 80 ans qui avaient lieu lundi. Trop ravie d’avoir une bonne raison de poser mon lundi et d’aller voir hors Paris si l’air y est plus pur, évidemment que j’ai répondu présente. On est arrivées dans les premières avec sa mère pour finir de préparer la salle et du coup, nous étions là pour accueillir les gens. Et parfois, sa mère me présentait comme « une copine de Vicky » mais de temps en temps, je devenais « l’amie de Vicky ».  Et là, la personne bloquait sur ma trombine, un instant de silence achevé par un « ah…d’accord ! ». Avec le frère de ma fiancée, on y est allé à fond dans la blague, jusqu’à choisir le prénom de nos futurs enfants adoptés (mais j’ai oublié ce qu’on avait choisi, je ne suis pas une très bonne compagne).



Au-delà de la blague qui m’a fait bien sourire, je n’ai pas vraiment pu vivre dans la peau d’une lesbienne rencontrant la belle famille puisque plein de gens ne faisaient pas partie de la famille en question et que ni Vicky ni son frère n’ont été capables de me dire de qui il s’agissait. Pour le peu que j’en ai vu, j’ai cependant remarqué quelques traits. De façon générale, il y avait un petit effet de surprise mais aucun commentaire. Je n’en attendais pas. Mais on sentait quelques regards un peu hésitants, des « oh mais ça existe en vrai, alors… ». Ca m’a un peu fait penser aux blagues genre : « je ne suis pas raciste mais pas d’arabes dans ma famille », par exemple. Parce que s’il serait incorrect de faire des remarques sur la vie sexuelle de la petite fille de la reine de la journée, on suppose qu’une fois la sauterie terminée, ça a dû un peu jaser. Même si la famille directe sait que non, je ne suis pas la compagne de Vicky, elle a même un vrai copain, un mâââââle et que moi, je suis juste une amie.


Evidemment, je serais tentée de tester l’aventure dans ma propre famille, mais voilà : côté maternel, j’ai déjà deux cousins gays avec compagnons connus et identifiés donc autant dire que tout le monde s’en moquerait un peu de mon lesbianisme et côté paternel, c’est vite vu : ma grand-mère se dirait que Vicky me sert d’alibi et mon oncle n’en aurait strictement rien à faire comme tout ce qui me concerne, de près ou de loin (au passage, c’est mon parrain… Ce qui prouve que ça ne sert pas à grand-chose). Du coup, je peux moins tester leurs réactions ce qui aurait sans doute été riche en enseignement.




En tout cas, on va servir de sujet de conversation dans quelques foyers bretons.

Où trouver l’homme ? Episode 32 : au Center Parcs

(Petit lecteur, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction car en vrai, au Center Parcs, j’ai fait une opération « je m’habille comme un sac » donc pour draguer…)

Pour la St Valentin, cette année, j’ai eu un cadeau : un week-end à Center Parcs avec Vicky, son frère et la copine de celui-ci. Un endroit peuplé de Parisiens qui viennent s’aérer les poumons, ouais, chouette !


Naïve ! A peine arrivée, je vois fleurir les monospaces et autres voitures familiales, il y a plein de petits enfants partout qui font du vélo à roulettes. Ca du Francilien, je vais en trouver mais il sera accompagné de sa femme et de ses enfants. Pourri le plan drague. Mais ne jurons de rien : après tout, je suis bien là, moi, femme célibataire et séduisante, un homme peut aussi être dans ma configuration, faut juste le trouver, quoi.

Au Center Parcs, tu peux tout à fait rester dans ton « cottage » (ton appart quoi) puisqu’il y a une cuisine donc les restos, tu oublies pour draguer.
Après, il y a un karaoké et une soirée disco mais comment dire… Le karaoké, c’est non. Je suis sortie avec un mec qui aimait ça pendant 4 ans et demi et les deux ou trois soirées karaoké m’ont parues interminables, surtout qu’il a chanté du Michel Sardou. Quelques soirées de plus et notre couple aurait duré beaucoup moins longtemps, je déteste viscéralement Michel Sardou, sa musique (et surtout les paroles de ses chansons) me donne envie de m’arracher les tympans. En plus, je ne pense pas avoir de dons particuliers dans cette discipline (je ne chante pas en public). Reste la soirée disco mais y a marqué « notre DJ vous fera danser sur les tubes de toujours » et je ne danse pas sur du Johnny Hallyday, point.

Mais en journée, que font les gens : ils vont à la piscine ! Bon, j’ai déjà dit que la drague en piscine était périlleuse mais là, j’ai au moins pas le bonnet et pas les lunettes, c’est plus crédible. Bon, faut slalomer entre tous ces enfants et leurs parents mais je vais bien trouver quelque chose à me mettre sous la dent. Tiens, allons au toboggan, c’est pour les « grands » ça. Interdit au moins de 8 ans, ça élimine une bonne partie de la population. Sauf que, mauvais plan, le toboggan n’attire que les grands ados ou les quinquas mais entre, c’est le vide intersidéral. Or, sans vouloir être sectaire, il est hors de question que je fasse ma vie avec un être à peine pubère ou un autre qui a l’âge de mes parents.

En fait, globalement, la population est quand même assez beauf. Le dimanche, nous avons droit à un débarquement de gros bœufs meuglant. Dans les toboggan ? « MOUEEEEEEEEEEEEEEEEE ! », dans la piscine : « MOUEEEEEEEEEEEEEEEE ». En fait, on comprend pas toujours pourquoi ils gueulent mais ils le font beaucoup. Potentiel de séduction : aucun. En fait, les seuls mecs potables ne risquent pas d’être le père de mes enfants vu qu’ils le sont déjà de ceux d’une autre femme. La garce.

Bon, il va falloir jouer mon va-tout. Oublions le MNS (maître nageur sauveteur) qui n’a pas l’air motivé à l’idée de sauver qui que ce soit, je me demande même s’il ne dort pas un peu, là. Bon, on va taper plus haut et taper dans le pompier. En repartant de la piscine, j’entraîne donc Vicky du mauvais côté et nous voilà contraintes d’errer dans le noir avec une température de -2°, on ne devrait plus tarder à perdre connaissance. Comme ça, les pompiers viendront nous sauver. Sauf qu’on reste sur un chemin et qu’à un moment, on nous montre gentiment un panneau. Est-ce que le fait de savoir où on est nous transforme automatiquement en personnes qui n’ont pas besoin d’assistance ? Vraiment ? Mais j’ai froid, mes cuisses se sont transformées en bloc de marbre. Le froid est certes plus efficace que mes supers crèmes raffermissantes qui coûtent un bras mais j’ai un peu peur qu’on finisse par m’amputer quelques orteils à la

longue.

Mais non, finalement, on retrouve notre douillet cottage où il fait chaud, le sang recircule tout partout dans mon corps.

En conclusion, retenons deux choses : draguer en milieu familial n’est en aucun cas une bonne idée, y a rien à se mettre sous la dent. Et aussi que je peux survivre sans homme (mais avec une chérichounette), la preuve.

NB : On s’est vraiment perdues par -2°, on a marché 45 mn avant de retrouver la voiture mais ce n’était pas du tout volontaire, surtout qu’on sortait de la piscine et qu’on avait les cheveux mouillés.