J’ai testé pour vous l’accrobranche

Quoi de mieux pour une phobique de la chute que de faire de l’accrobranche ? Dimanche, je me suis donc rendue avec Anaïs au Port aux cerises (oui, le nom est cool) faire de l’accrobranche. Même pas peur !

Après avoir un peu galéré pour trouver et s’être légèrement demandé si le parc était toujours ouvert vu que l’entrée avait un doux air de parc fantôme mais on arrive finalement à bon port. On nous donne une charlotte (charmant), un casque et un baudrier, je me sens au top de ma sexytude. Après le briefing, on montre au monsieur de l’UCPA qu’on fait bien comme il nous dit : on ne détache jamais les deux mousquetons ensemble, on croise les ouvertures, on clippe les mousquetons là où y a le scotch rouge. Le scotch bleu, c’est pour la poulie tyrolienne. Ok, ok. Une petite échelle et une tyrolienne plus tard, on est lâchés dans la nature.

Premier circuit : le circuit vert, celui de la découverte ou de l’échauffement. Je gère bien sauf un cylindre où faut passer à quatre pattes et qui me tue le genou qui n’avait pas besoin de ça. Mais bon, tout va bien, je peux marcher sur un fil à 3 mètres de hauteur sans frémir. Huhuhu.

Allons donc vers le sentier bleu, le sentier « sensations » qui se termine par une tyrolienne de 220 mètres qui traverse le lac. Mmmmm, prometteur ! D’abord une échelle suspendue, je m’en sors super bien, je la fais même pas tourner. Mais c’est le seul truc que j’ai bien géré. Premier atelier : il y a un disque noir, faut mettre le pied dessus et se laisser glisser. Gneeeee ? Anaïs échoue, je tente assise et je me retrouve bloquée en plein milieu, une corde me cisaillant le cou. Je me tracte jusqu’à l’arrivée. Atelier suivant, une boule en corde sur laquelle il faut s’asseoir, je m’élance et crap, je me retrouve bloquée au milieu. En m’harnachant, je me suis emmêlée dans le fil qui permet de rapatrier la boule. Je me rétracte jusqu’à la plateforme de départ mais je n’ai finalement plus de force, je n’y arrive pas. Heureusement, il y a une fille derrière nous qui me ramène. Je me démêle le barda et arrive sur la plateforme suivante mais mes bras sont cramés et je dois… Monter je échelle, Ahahah. Aux deux-tiers, je sens plus mes bras, je décide donc de redescendre et ce qui devait arriver arriva : je tombe de l’échelle.

Heureusement je suis solidement harnachée et je me retrouve à pendouiller dans le vide, me demandant si je vais avoir des bleus à cause de mon harnais. Alors que je cherchais comment remonter sur la plateforme, un mec de l’UCPA vient me délivrer rapidement. Ça, ils sont nickels, ils patrouillent très régulièrement donc j’ai même pas attendue 2 minutes avant d’être ramenée à terre. Fin de l’aventure pour moi, je suis Anaïs d’en bas. Après un pique-nique, elle repart jouer dans les arbres, je pique un roupillon dans le parc. J’ai eu une très sale semaine, je crois que j’ai somatisé plus que je ne pensais.

Bref bilan de l’opération : une certaine déception et une blessure au cou. Des que je me suis retapée, je cours ré essayer. J’aime pas rester sur un échec…

SOS Vol 534

Un téléfilm avec un avion en perdition, mon péché mignon.

Un téléfilm sur un avion en perdition commence toujours par une scène anodine sur l’un des personnages clé comme là, on voit un mec, pilote d’avion, qui a eu un atterrissage difficile. On sent le traumatisme et on sent qu’il va prendre un avion qui va mal aller. Tension.

Pendant ce temps là, les gens entrent dans l’avion, on nous présente l’air de rien les personnages : les hôtesses dont Alexandra Paul, la fille sans seins d’Alerte à Malibu, dont on devine qu’elle va être une des grosses héroïnes de l’histoire, un groupe de jeunes un peu foufous, une star, un homme d’affaire bourru et revendicatif, un repris de justice menotté, un jeune couple et une femme enceinte. Tout le monde s’assoit, l’homme d’affaire fait deux ou trois scènes.

L’avion est en retard, tu sens qu’il va y avoir un problème de vérification ou un décollage précipité, un homme de bureau est inquiet car il doit vite faire décoller l’avion et il décide de balancer le monsieur stressé de la première scène en tant que copilote. Le pilote, capitaliste, veut pousser l’avion pour réduire le retard. Toutes les conditions sont réunies pour que ça se passe mal : précipitation, capitalisme et poissard font mauvais ménage. D’ailleurs, des fois qu’on soit un peu cons ou pas habitués au films du genre, on nous montre que la soute à bagage a du mal à fermer. OH MON DIEU MAIS QUE VA-T-IL SE PASSER ? Quand le pilote sort de façon arrogante « il n’y a jamais de hic sur mes vols », tu sais déjà que ça va péter (y aurait pas de film sinon). Et puis tant qu’on y est, les techniciens secouent un peu violemment l’avion en s’y arrimant pour le tracter. Du coup, réel suspense : aura-t-on un problème avec la soute ou avec le train d’atterrissage ?

En attendant que l’avion décolle, nous découvrons qu’Alexandra est un peu troublée par le copilote poissard, on sent qu’elle lui a montré sa culotte. Donc on sait déjà qu’à la fin du film, ils se rouleront une pelle sur le tarmac en se réjouissant du fait qu’ils sont toujours en vie.

Mais n’anticipons pas. Le décollage se passe pas trop mal malgré les commentaires de nos deux hôtesses « ohlala, j’aime pas les décollages, hihi » mais l’avion arrive à son altitude de croisière et les passagers se détendent des fesses. Mais on voit qu’en soute, c’est pas la joie, la porte vibre un peu et un chien qui traîne par là chouine un peu. Bon, ils se refont vite le fessier car y a des turbulences mais les pilotes son sereins, les turbulences, c’est comme les bugs pour nous, les travailleurs du web.

Le vol se poursuit, plein de scènes de papote sans intérêt où les gens dissertent sur leur peur de l’avion ou sur le fait de s’être tapé le copilote. Notre petite Alexandra est tellement stressée à l’idée de le croiser qu’elle va lui amener un café. Oui, bon, stratégie d’affrontement de sa peur, c’est la mienne aussi, on va dire que ça reste cohérent.Ca commence à sentir mauvais, le copilote apprend qu’il est le 13e avion à passer dans une zone de tempête. Oh mon Dieu, là, c’est officiel, c’est la merde. Heureusement que c’est un chien en soute, pas un chat noir.

Mais ils sont malins les scénaristes, ils nous étourdissent avec des histoires de soute, de chien, de tempête, de numéro 13 et d’ex pour qu’on oublie notre repris de justice qui trouve un flingue dans les WC (déposé par un complice). Mais comme le pilote capitaliste continue à faire son connard et veut pas contourner la tempête pour pas perdre de temps, on sent qu’on va avoir une combo repris de justice armé+ tempête + porte de soute défectueuse. Plus un chien énervé éventuellement. Tout ça dans un même téléfilm ? Je suis gâtée.

Mais c’est finalement la porte de soute qui pète, grosse dépressurisation avec papiers qui volent, gens qui crient et hôtesse accrochée à un siège pour pas se faire aspirer mais curieusement aucun masque à oxygène qui tombe. Donc soit les fims des compagnies aériennes mentent, soit ce film est peu réaliste…En tout cas, ça crie, le pilote est assommé, c’est la merde. Au passage, je me suis toujours dit que ce devait être un peu cool de jouer ce genre de scène « allez Coco, aie l’air de te pisser dessus ». Pas de bol, le flic aussi est K.O (le seule passager HS de tout l’avion, c’est VRAIMENT pas de chance). Le vol se stabilise au palier, l’homme d’affaire fait une scène à base de « hé mais vous savez pas qui je suis ! » et le mec du couple est, OH MON DIEU QUEL HASARD, ingénieur en aéronautique donc il va aider nos amis à mener l’avion à destination.

Dans tout film du genre, il y a une accalmie. Genre « huhu, j’ai repris l’avion en main et je vais même aller atterrir en Islande parce que c’est un vol transatlantique, lalala ». Bon, le pilote se réveille et fout un peu le souk mais le copilote l’attache pour le calmer. Tranquille, quoi. Et l’homme d’affaires fout toujours le bordel, il est particulièrement fatigant dans ce film là… Tellement qu’Alexandra fout des calmants dans son scotch pour avoir la paix. Merci Alex ! Mais déjà, super hôtesse doit aller au fond de l’avion car le seul passager qui a une licence de pilote est… Ben oui, notre repris de justice… C’est vraiment le vol de la lose. Du coup, le voilà aux commandes pendant que notre copilote et l’ingénieur en aéronautique vont faire un tour en soute au milieu des papiers qui volent. Question au passage : d’où y a tout un tas de papiers dans une soute d’avion ne contenant que des valises et un chien un peu énervé ?

Le copilote reprend sa place et l’ingénieur descend en soute avec le repris de justice qui sort son revolver et fait « ahah, je voulais détourner l’avion parce que je suis pas trop trop innocent en fait. Mais comme je suis un bon gars, je vous aide, voilà ».

Résumé de la situation par l’hôtesse : « Non mais y a un trou de la taille d’une voiture dans l’avion, on est en pleine tempête et le pilote s’est écrasé lors de son dernier vol ! ». Heureusement, Alex lui raconte sa vie sentimentale parce que c’est tout à fait le moment, oui.

Mais ça chauffe en soute. La star, un sportif qui avait peur de l’avion, rejoint notre duo pour aider à fermer la porte. Là attention, des humains courageux sont proches du vide, il va y en avoir un qui va mourir, c’est toujours comme ça. Nous avons une star, un jeune marié et un repris de justice coupable. Mais qui donc va mourir, hein ? Hé oui, c’est INCROYABLE, c’est bien le repris de justice. Allez zou, dans le vide, aaaaaaaaaah.

Mission réussie, c’est pile le moment où il faut amorcer la descente, incroyable. Mais le copilote devenu pilote a un peu de mal et demande à l’hôtesse de l’assister. Ben oui, piloter un avion, c’est à la portée de la première hôtesse sans brevet de pilote venue, hein… La descente est compliquée, l’aiguilleuse islandaise du ciel est stressée mais à eux trois, ils trouvent les solutions, l’avion descend, descend… Je me demande combien de passagers ont mouillé leur siège à ce moment là du film. En tout cas, ils geignent toujours et crient un peu.

L’avion s’approche sur une musique qui accroît le suspense, est-ce qu’ils vont y arriver ? Evidemment que oui et là, grande liesse, tout le monde applaudit, Alexandra et le copilote n’attendent même pas d’être sur le tarmac pour se rouler une pelle. Les hôtesses disent au revoir au passager, le flic semble un peu embêté d’avoir perdu son prisonnier, l’homme d’affaire remercie Alexandra, un jeune invite l’autre hôtesse à prendre un café. Célébrons la vie, hihi. Scène classique d’un final de film d’avion en perdition avec ambulances sur le tarmac et couple principal qui s’embrasse.

C’est ça qui est magique avec ce genre de film, c’est que t’es jamais déçu vu que c’est tout le temps le même. Je me demande si tous les acteurs télé ont obligation d’en faire un…

Triangle amoureux au sommet

François et Ségolène se sont aimés et ont eu quatre enfants. Puis un jour, François a voulu quitter Ségolène pour Valérie mais Ségolène lui a demandé de rester encore un peu, pour faire bonne figure pendant les élections où elle se présentait. Une fois la défaite de Ségolène officielle, François s’envola dans les bras de Valérie, laissant son ancienne compagne affronter seule son échec. Puis François tenta à son tour de devenir Président, Ségolène décida de participer à ses côtés, fidèlement, espérant un geste de gratitude. François lui promit : si elle était élue, il lui offrirait le perchoir. Décision difficile pour Valérie qui ne digère pas la proximité de François et de son ex. Ivre de colère, elle le clame publiquement : son soutien va à l’adversaire de Ségolène, créant une crise familiale sans précédent.

Un résumé d’une storyline de Plus belle la vie ? Non, juste un raccourci de la vie privée de notre Président et des deux femmes de sa vie : Ségolène qui est et restera la mère de ses 4 enfants et Valérie, sa nouvelle compagne que tout le monde déteste déjà. Moi même, j’avoue que je ne l’ai jamais vraiment portée dans mon coeur et ce bien avant cette navrante histoire de tweet. Sans raison particulière, juste une sensation de la femme qui se prend pour la Reine qui m’agaçait légèrement lors des primaires puis des présidentielles. La future Première Dame ne me plaisait guère mais peu importe, je n’allais pas changer mon vote pour elle. Après tout, à quoi ça sert une première dame à part s’accrocher au bras de son compagnon lors des visites diplomatiques à Obama ou à la Reine d’Angleterre ou à prêter son nom à deux ou trois actions caritatives. C’est vrai, depuis Carla, reconnaissons-lui au moins ça, la première dame poursuit sa carrière et Valérie ne compte pas lâcher le stylo. Ok, bien. Mais après ?

Donc je n’aimais guère Valérie et ses airs de reine despotique mais peu m’importait. Je n’ai jamais vraiment apprécié Ségolène non plus et je ne me sentais pas de devoir choisir un camp, les affaires matrimoniales de notre Président ne m’intéressent pas. Et puis le tweet. Soyons clairs, j’ai toujours eu du mal avec le système de parachutage, cette sensation qu’on prend les électeurs pour des cons histoire de placer ses potes, non… Je vous rappelle que j’ai vécu quelques années à Toulouse, sous le municipat de Philippe Douste-Blazy, sublime parachuté qui a toujours prétendu qu’il ne quitterait jamais Toulouse…Et qui est partie en courant au quai d’Orsay dès que l’on lui en a ouvert la porte. J’avais pas voté pour lui (de fait, j’ai jamais voté à Toulouse, j’étais restée citoyenne de ma ville natale) mais qu’on ne me parle plus de parachutage… Alors, Ségolène à la Rochelle, forcément, ça m’a pas plu. Mais il y a une chose qui me déplaît encore plus : l’étalage nauséabond des culottes sales de l’Elysée. Tu es jalouse de l’ex de ton mec, Valérie ? On peut comprendre, c’est humain après tout. Sauf que si tu fais une scène à ton mec en public, peu importe que tu aies raison ou tort, c’est toi qui passera pour la mégère hystérique. Et quand la mégère hystérique est au sommet de l’Etat, ça suscite du commentaire.

Et puis si ça en était resté là… Mais non, le jeune Thomas, qui se sent pousser des ailes depuis le 6 mai, prend la parole, parle de la vie privée de son père en disant que son père n’aime pas que l’on parle de sa vie privée et te traite plus bas que terre. Tu as touché à sa mère, tu n’es plus la bienvenue dans la famille. Un drame matrimonial commun en somme, il n’est jamais aisé d’être la dernière venue, la nouvelle copine. Les enfants de ton mec n’auront toujours qu’une seule mère, tu ne peux rien faire contre ça et t’attaquer publiquement à elle était la pire des erreurs à commettre. Que l’on soit Première Dame ou simple citoyenne dont le nom n’a jamais été imprimé sur un papier journal.

Et maintenant, la France retient son souffle. François ne dit rien et laisse passer l’orage mais il se murmure qu’il a été furieux contre toi. De là à rejouer le drame Cécilia de 2007, il n’y aurait qu’un pas.

Je me demande si François choisirait une actrice, chanteuse… comme nouvelle compagne… Si oui, moi, je vote Valérie Lemercier !

J’ai rencard


Bon voilà, après avoir stressé comme un(e) malade à imaginer toutes les issues possible du premier rendez-vous, et en particulier les pires, vous voici devant le cinéma à attendre. Le premier sur les lieux a toujours droit à cette angoissante question : et s’il/elle ne venait finalement pas ? Questions subsidiaires pour ceux qui n’ont que très peu fréquenté leur date avant ce rencard : vais-je le/la reconnaitre et/ou est-il/elle aussi bien que dans mon souvenir ?


Vous êtes en attente. L’autre est quelque part dans le métro, sur un Escalator ou un trottoir, sans doute en train de vérifier sa montre en priant pour ne pas être (trop) en retard histoire que celui que l’on rejoint ne confonde pas désinvolture apparente et désintérêt. Pendant ces quelques minutes avant de se retrouver, on espère ne pas avoir eu de coup de chaud faisant naître d’épouvantables auréoles, un épi malicieux ou un bouton caché qui aurait trouvé le moment propice pour faire sa sortie.


Enfin, nos deux prétendants se retrouvent et se font la bise. Il est toujours assez drôle de remarquer la soudaine maladresse des bises des futurs amoureux, comme si cet effleurement de nos lèvres sur la peau de l’autre devenait soudain le point clé de la suite de l’aventure. Souvent, les bouches partent dans le même sens, le rire est gêné et maladroit, le cœur bat un peu plus vite.


La particularité du premier rendez-vous au cinéma est la proximité physique dans un lieu sombre. Pour moi, le cinéma en temps normal se résume à une lutte de territoire avec le voisin inconnu donc hostile. Je tiens à gagner la subtile guerre de l’accoudoir, je pousse des soupirs agacés des que la personne derrière moi file des coups dans mon siège. Le but est de préserver au maximum son espace vital. Avec une personne qui vous plaît, c’est différent. Votre corps se penche subtilement vers lui/elle, la bouche à portée pour un baiser impromptu, la main traînant sur l’accoudoir histoire d’emmêler romantiquement nos doigts. Durant tout le film, votre cœur palpitera au moindre mouvement de l’autre, espérant qu’il/elle est en train de prendre son courage à deux mains pour enfin vous prendre ce premier baiser.


Vous suivez distraitement le film tandis que dans votre tête, ça questionne sec. Puisqu’il/elle ne semble pas prendre l’initiative, dois-je me jeter à l’eau ? Ou souhaite-t-il/elle regarder le film en toute quiétude ? Là, encore, la préservation de l’espace vital qui prévaut en société va vous permettre de jauger la température. Effleurez nonchalamment votre voisin(e), bras contre bras, pour voir la réaction. S’il/elle retire son bras aussi sec, vous êtes très mal parti, autant se contenter de regarder le film. S’il/elle ne fuit pas, c’est déjà plus intéressant, il/elle accepte le contact. Laissez votre bras. Puis approchez un doigt, caressez délicatement la main de votre cible. S’il/elle répond à la caresse en mêlant ses doigts aux vôtres, vous avez gagné, félicitations, vous pouvez tourner la tête pour aller glisser votre langue dans la bouche de votre nouvelle conquête.


Sauf que dans l’histoire d’amour que je vous narre, aucun des deux n’a fait le premier pas, ils sont restés tendus à guetter le moindre geste, la moindre respiration haletante mais rien. Ils ressortent donc de la salle de cinéma, les deux veulent prolonger la soirée mais se demandant comment le proposer, nonchalamment, à la cool, histoire de ne pas mettre la pression. Et l’un d’eux se lance : « j’ai un peu soif, ça te dit d’aller boire un verre ? »

Et ils enchaînent sur le verre post premier rencard, le verre de tous les dangers.

On se dit oui où ?

Voilà, suite à une histoire de tube de dentifrice en réserve, Jon et moi avons décidé de faire livret de famille commun. Après avoir dignement partagé cette information avec notre literie, il est temps de causer un peu organisation et en premier lieu : où va-t-on se marier ?


Chez toi en province, chez moi en autre province, chez nous à Paris ? Ou carrément ailleurs histoire de faire chier tout le monde. Parce que moi, j’ai certaines revendications. Par exemple, je tiens pas vraiment à l’église vu que Dieu et moi, on s’est perdus de vue mais je tiens à une cérémonie laïque parce que la mairie tout seul, ça pue, c’est pas très festif et la lecture du code civil me donne envie de te dire non et de quitter la salle comme une princesse. Alors j’ai imaginé des beaux mariages dans la clairière d’une belle forêt moussue, sur une plage du Finistère (je suis tombée amoureuse du coin), sur les côtes d’Armor, sur une lande…


J’imagine un quatuor à cordes (que des violoncelles et alto, je vomis le violon), des percus et même une guitare, quelqu’un qui chante… Bref, de la musique live qui te hérisse le poil.

Les plus attentifs d’entre vous auront noté que je ne parle que de lieux extérieurs… Et plutôt en Bretagne quand même (quoi qu’en cherchant bien, du côté des Pyrénées orientales berceau de mon papa, y a de la falaise et de la forêt…). Donc je prends le risque insensé de subir une averse… Alors ça peut être un style le mariage gadoue-parapluie mais je suis pas sûre que tout le monde en raffole. Même si en l’espèce, le mariage le plus magnifique des séries télé reste celui de Phoebe sous la neige, il me pincouille toujours un peu le coeur celui-ci.


Et je ne parle même pas du fait que marcher jusqu’à la clairière, la plage ou la falaise voire la lande, c’est pas une sinécure pour tout le monde. Non parce que moi, j’ai peut-être plus de grands-parents mais c’est pas forcément le cas de Jon. Et puis on ne sait jamais, la soeur de la mariée pourrait se casser le plateau tibial trois semaines avant le mariage. Par exemple…


En plus, je dis ça mais pour se marier dans un ailleurs, faut quand même que l’un d’entre nous soit domicilié (pour de faux du moins) dans la localité concernée. Imaginons que je décide (bonjour la Bridezilla) de me marier dans un coin où je ne connais personne parce que genre, un jour, on y a passé un week-end et que j’ai trouvé ça trop beau, je fais quoi ? Je prends les pages blanches et j’appelle tous les habitants de la ville « hé salut, je voudrais me marier dans votre  bled, vous pouvez dire que je vis chez vous ? ».


Ou alors on se marie à la mairie chez nous avec le strict minimum (les parents, frères, sœurs et témoins) et on se fait une cérémonie laïque où on veut. Dans mon coin joli, dans mon chez moi d’enfance, dans le sien, les deux… Bah oui, tiens, on a qu’à faire ça, deux mariages laïques plus celui de la mairie comme ça, tout le monde est content. Sauf nos parents, frères et sœurs et nos témoins qui se tapent les 3.


Et la salle des fêtes ? Ah oui, voilà un sujet dont on doit causer. Je sais pas chez Jon (c’est un peu l’ennui avec un fiancé imaginaire, je manque d’infos) mais chez mes parents, y a pas la place de mettre une grosse tente dans le jardin. Puis de toute façon, avec la piscine juste à côté, comme dirait la belle-mère de Lena « ce serait trop dommage que la fête soit gâchée !« . Oui alors on doit donc trouver une salle des fêtes. Ma foi celle de ma sœur était au poil mais :
– elle est ultra prisée (en s’y prenant quasi un an à l’avance, ma sœur aurait pu ne pas l’avoir).
– est-ce que c’est socialement admis de se marier au même endroit que sa sœur sachant que j’aurai la même responsable déco qu’elle (ma tante) ? Quoi que je sais ma tante suffisamment géniale  pour me proposer une déco complètement différente…


Mais bon, on en est donc à devoir trouver deux salles des fêtes avec donc 2 fois le repas, DJ… C’est quoi déjà le pourcentage de chance de gagner au loto ?

De toute façon, je tranche « la tradition veut qu’on le fasse dans la famille de la mariée ». Et vlan !

Trop de loisirs tue le professionnalisme ?

Je vous racontais l’autre jour que j’aimais mettre à jour la partie loisirs de mes CV. Alors au chapitre lecture, qu’aime-je lire en ce moment ? Puis on va mettre plongée, chant (chorale). Voyages ? Je pourrais, avec mon nouveau blog de voyage et tiens, faudrait que je le rajoute…

Je suis une touche à tout limite hystérique qui veut tout faire, tout le temps. Plongée, chorale, langues, loisirs créatifs… Et je vous parle pas de tous les sports qui m’appellent comme le yoga ou le kayak et je serais pas contre quelques baptêmes aériens (parapente, paramoteur). J’aimerais aussi faire des ateliers artistiques pour prendre la confiance. Non parce que moi, je veux bien coudre mais je serais plus à l’aise si on me montrait quoi. Entre tout ça, j’aimerais bien écrire aussi… Bref une sorte d’hyperactive même si j’ai parfois du mal à passer de l’envie à l’exécution.


Dans ma petite tête de salariée, ma rubrique loisirs veut dire « fille polyvalente qui n’hésite pas à se lancer dans de nouvelles activités et qui a su trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée ». Mais est-ce que pour un recruteur, ça veut pas un peu dire « fille dispersée qui ne fera aucune heure supp parce qu’elle a un cours de poterie ou de yoga onsaitpasquoi. Laisse tomber ». Trop de loisirs tué le professionnalisme ?

Lors d’un stage en 2006, j’avais discuté avec une femme mariée de 30 ans qui m’expliquait qu’elle avait du mal à trouver du boulot car jeune mariée sans enfant sous entend congé maternité dans les prochains mois. Ce qui est discutable en soi, une femme n’a pas obligatoirement une horloge biologique greffée dans le bide mais passons. Du coup, elle avait fini par omettre de signaler son statut marital. Gonflant.


Un enfant, c’est un peu comme les loisirs : si t’en as, tu ne consacreras pas à vie à l’entreprise et c’est gênant. D’une part, je ne considère pas qu’un employé corvéable à merci et qui a limite son sac de couchage sur place soit un bon employé. Si je prends mon cas, il m’arrive de terminer tard sauf qu’arrive le point de non retour, celui où mon cerveau lâche l’affaire. Je me souviens d’un soir, un vendredi, où j’étais déterminée à venir au bout de ma to do list. Ce n’était pas un impératif en soi : tu sais bien que si tu envoies un document le vendredi après 19h, le client ne le lira pas avant le lundi 10h (au mieux). Mais bon, je n’avais rien de prévu ce soir là et ça me permettait de partir sur autre chose le lundi matin. Sauf que vers 19h30, bug du cerveau qui ne produit plus qu’une bouillie de mots fade et sans réel intérêt. Continuer à tout prix pour tout reprendre lundi ou s’arrêter ? Comme dirait ma sœur « non mais le doc, il n’est ni fait ni à faire ! ». Mon corps est formel : la journée de travail est terminée. D’un autre côté, 19h30 un vendredi soir, c’est pas déconnant de rentrer.


Quant à mon incapacité de rester tard un soir à cause de mes activités ? Ben si j’ai pas le choix, je reste. Les nocturnes doivent rester exceptionnelles mais je ne lâche pas le gouvernail pour un cours de chant ou de plongée, même si ça me met en colère sur le coup. Parce que je ne suis que salariée, que je paie moins de 2500 € d’impôts et que le monsieur en numéro privé n’a même plus voulu me parler des que j’ai annoncé ce fait. Donc comme je disais dans mon article sur la génération Y, je rends ce qu’on me donne et surtout, j’équilibre ma vie. Parce que si un jour, un pan s’effondre, le seul sur lequel j’ai misé, je me retrouve sans rien. Et là, c’est officiellement la merde.

Tu préfères un neveu ou une nièce ?

(À partir d’aujourd’hui, mes petites histoires de tatie seront narrées dans la rubrique Tatie Gaga, terme emprunté à la douce Zananine qui m’a donné l’autorisation de reprendre l’expression. Merci !)

Quand j’annonce que je vais être tatie, il se passe deux choses :

– en un, on me félicite. Je suis touchée par tant de sollicitude mais il faut bien l’avouer : je n’ai rien à voir dans cette conception. Je n’ai pas présenté ma sœur à ce garçon devenu son mari, j’étais même pas en France quand la graine a été plantée, comme qui dirait. Mais merci quand même !
– en deux, on m’a demandé : alors, tu préfères une fille ou un garçon ?

Alors je me sens obligée de préciser : mais je suis pas enceinte, moi. Déjà que quand je l’ai annoncé à une collègue, un autre qui avait les oreilles qui traînait a cru que c’était moi… Sachant que je crois qu’il a entendu « faut bien le dire, ça commence à se voir. » Serait-ce le signe que je dois le remettre serieusement au régime ? Quoi que comme m’a dit un camarade de plongée « hé mais t’as pris des seins ! ». Je dois donc faire une grossesse nerveuse ou une couvade va savoir. Quoi qu’il en soit, non, je suis pas enceinte.

J’avoue que le sexe de ce petit fœtus n’a pour moi que peu d’importance. La seule question est : de quelle couleur j’achète ma laine ? Quoi que vu le butin de mes soldes, je suis en période vert amande donc ça va à tout le monde, ça, ça tombe plutôt bien ! Mais bon, garçon comme fille, ce petit fœtus fera de moi une tatie, une tatie impliquée (dans la mesure du possible) et je me fiche bien qu’il ait un petit zizi ou une petite chatounette. Quoi que ma sœur a dit « Nina, elle gardera le petit que quand elle saura changer une couche » et y a une histoire de décalotage pour les garçons… Oh bordel ! En attendant, j’ai changé deux fois la couche de la fille d’Anne, je me prépare sérieusement.

13 juillet, il va être temps de savoir. Ma soeur à passé son écho le 12, la veille, mais elle ne veut rien nous dire car elle descend dans le sud le lendemain. « J’aurai un truc sur moi qui vous dira le sexe de l’enfant ». On en parle entre nous, mes parents et moi pensons garçon. Mais les gens à qui je raconte que le gynécologue pense avoir vu le sexe pendant la première écho mais n’a pas voulu le dire pour pas se tromper me disent que c’est forcément une fille. Dans la nuit du 11 au 12, ma mère rêve que je lui annonce que c’est un garçon mais quand ma sœur appelle pour nous raconter que l’écho s’est bien passé, elle dit qu’elle a eu du mal à voir le sexe du bébé. Une fille alors ?

Vendredi 13, le train de ma sœur arrive à 12h36. 12h15, on est à la gare avec ma mère qui craignait d’etre en retard. 12h30, mon père arrive, ma mère à fini de se ronger les ongles et entame ses doigts. 12h33, le train entre en gare (en avance, oui !). Comme j’ai mes lunettes, je vois ma sœur de loin, elle porte une chemise avec des fleurs bleues, roses et jaunes… Et dans ses cheveux :


Un garçon. Je vais avoir un neveu ! Un petit boy ! Hiiiiiiii ! J’avoue que ça aurait été une fille, ça aurait été pareil. Je suis émue, envie de pleurer, un peu.

Le seul truc dommage, c’est que j’ai plein de tissu Liberty et je sais pas trop si ça va le faire.

Ces livres sans postérité

De temps en temps, j’aime fureter dans les allées d’une librairie et entendre mon moi démoniaque et mon moi angélique se foutre sur la figure à base de « han, je veux ce livre! » « mais t’en as plein déjà, arrête ! » « oui mais je le retrouverai peut-être jamais », « non, tu as trop de livres en attente et tu es dans le rouge à la banque ». Ma boulimie de livres est toujours présente mais je me soigne.

Je navigue de tête de gondole en tête de gondole, mes lunettes vissées sur le nez, je laisse mon regard bondir de couvertures flashies en couvertures flashies. En général de la chick litt à base de fille célibataire à qui il va arriver de folles choses et qui à la fin, trouve un mec trop cool qui est l’homme de sa vie, même qu’ils feront sans doute des bébés. Depuis les frères Grimm, on en revient toujours au même point. En prime, pour nous allécher, un petit dessin de Pénélope Bagieu ou Margaux Motin. Quoi que je pense qu’elles ont un peu passé la main mais comme je ne fais que survoler ces rayons, je ne suis pas très attentive.

Bref, je volète tel un colibri, je butine ci et là à la recherche des fleurs les plus gorgées en suc, celles qui me donneront entière satifsfaction. Et tandis que je picore, une réflexion s’impose à moi : mon Dieu, tous ces livres qui finiront au pilon dans deux mois. Et ça me rend triste.

Déjà, en temps que nouvelle accro au DIY (enfin, je do it myself surtout dans ma tête, faut vraiment que je passe le cap, ça commence à m’énerver cette petite trouille de pas me lancer. Au pire, je rate, c’est-pas-grave putain. Y a pas écrit couturière sur mon intitulé de poste), je zieute pas mal les livres pour apprendre à faire de la couture, des doudous rigolos, de la fimo aussi… Parfois j’achète avant de me dire que j’ai eu tort et envisager de les revendre (je suis pas chiante, pas du tout). Dans ces rayons, partout autour de moi, des petits livres sans postérité possible. Le pire, c’est en cuisine : un livre sur cuisiner le nutella, un autre le kiri, faire des muffins, des macarons, des ci, des là, avec les petits ustensiles qui vont bien. Une fois les recettes testées, on range le livre ou on le jette ?

Et que dire de ces livres d’actu hyper circonstanciels qu’on aura oublié dans un an ou deux ? Ca fera toujours le bonheur des historiens mais si je furète sur les rayons virtuels de la FNAC (parce que j’écris cet article à 23h10), que vois-je ? Une BD de Mathieu Sapin sur la présidentielle, un livre de Raphaëlle Bacqué sur les Strauss-Kahn, le livre de Bachelot… Dans la bibliothèque de mes parents, quelques brûlots anti Ségolène Royal et Martine Aubry. Intéressant de voir que mes parents achètent des livres critiquant des gens qu’ils n’aiment pas et rien sur les personnes qu’ils apprécient plus (enfin, je suppose). Ca mériterait un article… Bref, qui s’intéresse aujourd’hui aux livre parus sur Ségolène Royal en 2007 ? Quelqu’un qui veut réécrire un livre sur elle, un ou deux étudiants qui font un master sur elle, et ensuite ? Tout ça, c’est bon pour le pilon, c’est tout. Drame écologique, tous ces arbres coupés pour rien… Et que dire des espoirs de l’auteur publié qui espérait se faire un nom au Panthéon des auteurs, ses espoirs réduits en purée de papier. Quoi que plus je furète dans les rayons, plus j’ai la sensation qu’on peut publier tout et n’importe quoi. Sans en attendre une quelconque reconnaissance. J’avais vu une femme interviewée dans une émission, elle était interrogée en tant qu’auteur… d’un dictionnaire franco-chti. Tu m’étonnes que ça finisse au pilon.

Ce qui est drôle (ou pas), c’est que les livres pilonnés sont recyclés en papier…magazine. Quand le vide remplace le vide pour finir au même endroit : la poubelle.

Comme une vieille conne, je pourrais me dire qu’être édité, aujourd’hui, n’a plus de valeur en soi, qu’on peut écrire un livre qui n’a que 3 mois de durée de vie, le voir trôner quelques jours en tête de gondole avant de rebondir dans les rayonnages puis terminer sa triste vie au pilon. Pourtant, reste quelques pépites, quelques livres qu’on lit avec délectation, émotion, intérêt. Pas les livres éphémères, sans postérité. C’est vrai. Mais ils ont le mérite d’apporter de l’eau au moulin des éditeurs qui pourraient prendre le risque de lancer un jeune auteur. On peut toujours rêver…

Et pour votre culture, un article bien intéressant sur le pilon.

PS : Des fois que, pour être claire : je n’ai envoyé aucun roman à un éditeur donc non, cet article n’est bien que le fruit de mes errances en librairie et non d’une quelconque rancoeur.

L’entretien, ce long speed dating

Fossé générationnel oblige, ma mère ne connaît pas la joie des entretiens. Ben oui, elle, elle a fait son école infirmière, elle est devenue infirmière, fin de l’histoire. Mon père, c’est pareil : hop école de médecine, hop la thèse, hop le boulot. Bon, je simplifie un peu son parcours, je résume 10 ans en 3 hops, quel manque de reconnaissance ! Bref mes parents ne connaissent pas le monde merveilleux du travail tel que la génération Y le côtoie. Notamment le jeu de l’entretien.

Un entretien, c’est codé. D’abord une poignée de main, deux noms lâchés distraitement. « M. Duchemin », « Mlle Bartoldi » ou si vous postulez dans une agence djeunz (ou qui souhaite le paraitre) « Loïc », « Nina ». Puis survient quelques formalités polies à base de verre d’eau ou, pour les plus généreux, un café, prenez place, merci. Chacun s’installe et dégaine ses armes : un cahier, un crayon, un CV et éventuellement un book pour le candidat, un dossier coloré avec votre cv et quelques autres papiers (le cv de vos concurrents en général) de l’autre. Et c’est parti pour toujours le même discours. Moi : « j’ai fait telles études, j’ai fait tel travail, ça m’a permis d’acquérir, je suis partie parce que, voilà voilà », l’autre « le poste que nous proposons, compétences, expérience, mutuelle, ticket resto, vos revendications salariales ? ». Ça dure certes plus de sept minutes mais féroce est de constater qu’on est en plein speed dating : on sort un discours rôdé pour convaincre la personne en face de donner suite à cette première rencontre.


Évidemment, les coachs emploi (ça doit bien exister, y a des coachs en tout) vont hurler « mais non mais pas du tout mais quelle hérésie ! Un entretien, ça se prépare, faut faire ressortir les compétences clés pour le poste proposé, bla bla. » Ah oui, je te le confirme, Septime (j’assume qu’à moitié cette rime pauvre) sauf que voilà, même si tu insistes un peu plus sur certains éléments que d’autres, reste que ton parcours est toujours le même. Sauf mythomanie mais ça, c’est un autre problème. Peu importe où je postule, je reste la fille qui a fait des études d’histoire puis de journalisme, qui a galéré un an et demi en multipliant le piges non rémunérées (oui, j’en voulais) puis un jour, au détour d’une annonce, la voilà animatrice de communauté. Puis community manager ou chef de projet, selon les sociétés. Même si je met en avant certains points plutôt que d’autres, si je détaille plus une expérience plutôt qu’une autre, mon parcours ne bouge pas. À la limite, la seule partie de mon cv qui bouge beaucoup, ce sont mes loisirs. Ouais, je remets souvent cette partie de mon cv à jour alors qu’elle est pas si lue mais moi, j’aime bien, ça me donne l’impression d’évoluer (parce que je peux pas changer de taf tous les 3 mois quoi).


Et on ressort donc le même discours, les mots finissent par devenir creux à force de toujours les répéter. Le community management, la gestion de projet, et maintenant que vais-je faire ? T’as pas un peu envie qu’on écrive un nous ? Je me demande à partir de combien d’entretiens, de combien speed datings on finit par perdre la main. À force de trop ressasser ces histoires qui perdent leur sens, on n’y met plus vraiment de conviction, on les balance à la figure du recruteur ou de notre prétendant avec une énergie molle. À moins de jouer un job de rêve ou d’être face à un Jon Kortajarena garanti hétéro (au moins à 50%…). On dit qu’il faut passer je ne sais plus combien d’entretiens pour trouver un premier job. Mais à partir de combien les chances de trouver s’estompent ? À partir de combien on va à son rendez-vous, amoureux ou professionnel, débiter toujours les mêmes propos en se demandant à quoi bon ?


Parfois, l’échange monotone est dynamisé par la balle slicée de votre partenaire de jeu qui fait sortir la conversation de ses rails pour lui donner une allure folle, délirante. Au choix, on pénètre dans un monde merveilleux, au pire, on se crashe contre un mur. Mais bordel, que j’en ai marre de toujours ânonner mes qualités et mes défauts (version politiquement correcte). Toujours les mêmes questions à quelques exceptions près (on m’a demandé un jour quel était le projet dont j’étais la plus fière, j’ai trouvé ça déstabilisant donc intéressant, ça me poussait à réfléchir). Teste-moi, sors du cadre, bousculons nous un peu. Force moi à réfléchir à toute vitesse pour te donner la meilleure réponse, pose-moi des questions précises sur les compétences et pas de vagues questions sur ma personnalité. Propose-moi de l’inédit, fais-moi frissonner.

Il y a cependant une différence, une différence énorme. Au speed dating, tu pars sur un pied d’égalité et tu as un vrai pouvoir de décision. En entretien, tu as juste le pouvoir de refuser un poste. Et si ton chômage est de longue durée, autant dire que tu vas pas faire ta diva non plus.

Faut-il draguer… ?

Sous titre : Où trouver l’homme, reload


Il y a 4 ans (!!), je lançais une série sur ce blog appelée « où trouver l’homme« . Partant d’une pression matrimoniale relativement fictive (ma soeur ayant eu la gentillesse de se marier ET de tomber en enceinte, autant dire que mes parents ont leur quota de bonheur familio-matrimonial et ont bien compris que moi, j’étais plus douée pour me réjouir du mariage des autres que pour envisager le mien), j’imaginais des histoires de drague gentillettes même si certains hommes en profitaient pour me sacrifier sur l’autel des gentils garçons victimes de sales connasses dont je semble être, bien malgré moi, le porte-drapeau. Mais je dois le confesser : j’ai commencé à déraper très vite et j’ai persisté dans ma sortie de route jusqu’à m’enliser au fin fond d’une forêt où personne ne vous entend crier. Je me permettrai cependant un lien vers la version où trouver l’homme histoire que vous puissiez apprécier la différence (et l’évolution de mon style huhuhu).


Alors je reprends tout et je recommence.

Chapitre 1 : faut-il draguer ?

Je vais débuter ce récit par une confession, une révélation : oui, nous les filles célibataires aimons nous lamenter sur le manque d’opportunités masculines. Où sont les hommes mignons, cultivés, drôles, à peu près équilibrés… Et surtout libres ? Si j’examine mon champ des possibles masculins, je ne croise que des hommes en couple en mal de concupiscence reluquer avec envie mes courbes manifestement pleines de promesses. Si nous pouvons envisager la bagatelle, inutile de projeter la première présentation aux parents avec blanquette, champagne et anecdotes gênantes de mon enfance au menu. Les hommes en couple ne quittent jamais leur copine ou trop rarement pour fonder un quelconque espoir, laissez tomber.


Alors où draguer ? Qui ? Quand ? D’ailleurs, faut-il draguer tout court ? Et oui mes chères princesses, il est terminé le temps où l’homme venait vous quérir sur son fier destrier et vous délivrer d’une nuit sans fin, d’une marâtre esclavagiste ou de tours lugubres gardées par des dragons. Et c’est tant mieux. Passons sur le fait qu’avoir un dragon dans le voisinage, ça doit nous faire du bruit et de l’odeur comme qui dirait. Est-ce que la princesse peut dire non à son chevalier servant ? Ben non, il a tué le dragon ou a réussi à glisser chaussure à ton pied, tu l’épouses et tu te tais. Wahoo, envoyez-moi du rêve ! De toute façon, c’est un fait, les princes charmants sont des crétins.


Bref, nous sommes à l’ère où le premier pas n’est plus réservé aux hommes donc si tu me plais, prends garde à toi, je pars à ton assaut.