Faut-il draguer au cours de danse ?

Tant qu’on est à faire du sport en intérieur, pourquoi ne pas tenter quelques cours de danse ? Le bénéfice peut être double : d’une part, vous cesserez de vous sentir empotée lors des soirées dansantes à gigoter comme un asticot et ensuite, vous allez peut-être virevolter dans les bras puissants d’un beau Cubain, doré comme un pain d’épice.

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Et puis si Francis Lalanne arrive à ressembler à quelque chose en remuant du popotin en rythme, moi aussi, je peux le faire. Tiens, la salsa, tout le monde en parle comme le bon plan chope… Un, dos, tres, pas de 2, me voilà inscrite.

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J’ai beau faire de la musique (enfin, de la chorale), force est de constater que je pêche souvent dans le rythme et la coordination. « 1,2,3 et 5,6,7 et 1,2,3 et… euh, pardon ton pied”. Je sais compter jusqu’à 8 mais si on rajoute le mouvement, la tentative d’être un minimum gracieuse et souple, ça donne quelque chose de pas très… Définissable en fait. Une vague évocation de Bambi évoluant sur la glace. Touchant à regarder de loin mais le partenaires aux orteils broyés, lui, il n’est pas super fan.

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Mais la bonne nouvelle, c’est que nous sommes justement là pour apprendre, il est normal d’être mauvais au départ. Donc on va travailler dur pour écrabouiller de moins en moins d’orteils, pour virevolter de plus en plus gracieusement, de planter son talon au sol avec une confiance à tout épreuve, sans même penser qu’on pourrait éventuellement se tordre la cheville. Là, nouvelle épreuve : trouver un partenaire de danse qui évolue aussi vite (ou lentement…) que vous. Parce que si vous avez honteusement piétiné quelques appendices podaliques, votre partenaire n’est pas en reste et votre pédicure a pleuré des larmes de sang la dernière fois qu’elle vous a vue. Donc le but est que chacun laisse les pieds de l’autre tranquille et qu’on évolue en même temps sur la pente ascendante de l’apprentissage. Parce que si vous le dépassez, vous n’allez pas évoluer. Mais pire : s’il vous dépasse, ça veut peut-être simplement dire que vous êtes extrêmement mauvaise en la matière.

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Personne ne meurt de ne pas savoir danser et d’avoir un sens du rythme alternatif. Sauf que pour draguer, ça n’aide pas, à moins de tomber sur un prof particulièrement zêlé qui, préoccupé par votre cas, vous proposera quelques cours particuliers. Eventuellement à l’horizontale. Mais ne rêvez pas du grand amour : pensez-vous que vous pouvez construire une relation avec une personne passionnée par quelque chose qu’il ne pourra jamais partager avec vous ?

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Conclusion : la drague au cours de danse, c’est réservé à ceux qui maîtrisent un minimum le rythme et le virevoltage en talons hauts. Pour les autres, pas de désespoir, vous pourrez toujours séduire un homme en boîte de nuit. Les stroboscopes, ça transforme n’importe quel gigotage frénétique en danse à peu près potable.

Mais pourquoi tant d’instabilité ?

La semaine dernière, j’ai eu une conversation qui m’a légèrement énervée avec une_vaness sur Twitter. C’est pas elle qui m’a énervée, la pauvre, mais ce qu’elle m’a raconté m’a profondément gonflée. Remise en situation : la demoiselle a passé un entretien où on lui a posé la question suivante “mais pourquoi avez-vous eu tant de CDD?”. Sous entendu : t’es instable, c’est pas bon pour toi.

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Ah ben oui, tiens, tout le monde choisit le CDD. Moi, je négocie à chaque entretien qu’ils passent mon CDI en CDD, bien sûr. “Bon écoutez les mecs, ne nous mentons pas, dans un an, j’en aurai marre de vos gueules, on n’a qu’à partir sur un CDD de 12 mois et comme ça, je partirai sereine avec ma petite prime de précarité. Bisous les mecs !”. Non mais soyons un peu sérieux… Tu le connais un peu le contexte ? Tu préfères qu’on reste au chômage en attendant un éventuel CDI plutôt que d’essayer de cumuler un peu d’expérience, gagner sa vie en travaillant plutôt que d’attendre les allocations chômage ? Tu as posé une question au hasard parce que tu ne savais pas quoi dire ? Oui, rien que d’en parler, ça me re énerve, ça me donne envie d’aller chercher une pile de Les Echos et lui jeter avec élan à la gueule.

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De façon plus générale, dans mon milieu, on bouge. On sait que la durée de vie dans une agence est d’un an, un an et demi. Après, où un des mecs au-dessus bouge ou c’est à toi de partir pour tenter de grimper sur l’échelon suivant dans un ailleurs. Evidemment, tout dépend du poste que l’on occupe, on n’en fait pas toujours le tour au bout d’un an, un an et demi. Mais quand tu fais bien ton taf et qu’on te laisse tranquillement à ta place. Comme je l’ai déjà dit, on ne nous laisse même plus atteindre notre niveau d’incompétence. Alors oui, quand ça ronronne trop, quand je suis trop rôdée à mes tâches et que l’ennui (et donc les conneries laissées passer car on n’est moins attentifs et impliqués) commence à m’empoisonner. Oui, M le recruteur, j’ai fini par partir car j’avais fait le tour, que j’avais besoin d’une nouvelle motivation et que ça marche comme ça dans ce milieu, on le sait. Alors la vraie question est : tu sais très bien que ça marche comme ça, Recruteur (ou alors je suis légèrement inquiète quant à ta connaissance du métier) alors pourquoi tu me poses la question ? Pour me déstabiliser ? Oh ouah, la vieille technique pourrie de la déstabilisation en entretien… Faudra un jour que je reparle plus précisément des entretiens mais, dans mes souvenirs, les recruteurs qui m’ont posé cette question, je les sentais pas des masses. La question tellement inutile.

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Parfois, je me demande à quoi servent les entretiens à part te poser des questions cons “juste pour te déstabiliser”. C’est vrai qu’on a tellement rien de plus constructif à faire en entretien. C’est vrai que la masse de nos compétences ne vaut rien face à la réponse à une question “faite pour nous déstabiliser”. Il suffit d’un instant de flottement et zou, à la poubelle la candidature.

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On a envie de travail mais on n’a pas toujours la chance de trouver le boulot en CDI qui nous permet d’évoluer sereinement dans une même société. Comme j’aimerais trouver un mec cool qui assume une fille comme moi, qui me permettrait de m’épanouir sereinement dans une relation de couple. Mais hé, salut, c’est pas la réalité ! La réalité est que nous ne sommes que les pièces d’une machine et que la pièce, elle a très peu de chance d’être changée de place. Non, elle fait son job et quand elle est usée, on espère qu’elle sautera elle-même du mécanisme qu’on la remplace par une autre toute neuve. C’est comme ça. On joue le jeu. Alors bordel, arrêtez de nous poser des questions à la con et faites de l’entretien une bonne occasion de découvrir le candidat devant vous. C’est pour ça qu’on est là, non ?

Petite musique de mon imagination

Comme à peu près 99% de la population à vue de nez, j’aime la musique. Je n’en joue pas, mon expérience en la matière se limite à un an de violoncelle et 1 an et demi de chorale mais j’ai une violente envie de me mettre aux percussions de temps en temps. Mais je ne suis pas ici pour vous détailler mon CV musical mais pour vous parler de ce que j’aime dans la musique : la possibilité de créer une émotion, un univers.

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Ado, je vivais avec une paire d’écouteurs dans les oreilles, ça n’a guère changé depuis. Au boulot, dès qu’il est l’heure de plonger à corps perdu dans une petite recommandation, je glisse mes énormes écouteurs sur mes oreilles et c’est parti. Dans ce cas là, la musique me sert surtout à m’isoler du monde pour rester concentrée sur ma tâche. Mais parfois, la musique m’accompagne dans des endroits de rêverie. Quand je marche pour aller au boulot par exemple. Ce que j’aime, c’est faire jouer le hasard. Grâce à Spotify, je navigue sur les radios liées à mes artistes préférés, j’écoute les artistes similaires à ceux que j’aime déjà. Et je fais de belles découvertes, même si je me fais souvent piéger par des pochettes appétissantes. Distraite, je me laisse bercer par les douces mélodies de ces chansons inconnues. Quand soudain, un étrange phénomène se produit. La musique m’évoque soudain quelque chose, les notes me chuchotent une histoire, une scène, quelque chose.

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Exemple : il y a deux ou trois semaines, au hasard d’une radio Spotify, j’entends une chanson, Draw your swords de Angus & Julia Stone. Alors m’en veuillez pas si c’est super connu et que je découvre que X années plus tard, j’écoute pas la radio et je lis plus Technikart depuis des années. Ceci étant, découvrir un artiste 5 ans après permet d’avoir plusieurs albums à écouter. Bref, arrive donc la chanson d’Angus et Julia Stone et soudain, je vois un métro, pas le métro parisien, non, un métro extérieur avec du soleil, les poteaux qui coupent la lumière au fur et à mesure de l’avancée de la rame, créant un effet stroboscopique. Je vois une maison en bord de plage avec des stores qui filtrent à moitié la lumière jaune de début de journée. Et je plonge dans une étrange nostalgie dès que je repense à cette chanson. Dans un prochain roman, un de mes personnages pleurera dans le métro et quand j’écrirai la scène, j’écouterai cette chanson précisément. Ouais, je suis un peu comme Malraux, moi, j’écris un roman comme je réaliserais un film, avec musique et lumière. Non, je me la pète pas du tout.

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De tous les arts, la musique est certes celui qui stimule le plus l’imagination. Même les chansons avec paroles. Perso, je ne les écoute pas très bien, même celles en français, je peux mettre une éternité avant de comprendre une chanson car, dans les faits, c’est rarement ce qui m’intéresse. La plupart sont mièvres à pleurer de toute façon. Evidemment, quand on fait partie d’une chorale, on finit par se frotter aux paroles pour interpréter le titre au mieux (mais on chante pas forcément mes chansons préférées vu qu’elles sont pas toujours connues)(d’ailleurs, j’envisage de m’organiser un petit trip à Londres pour aller voir un duo anglais que j’ai découvert par hasard sur Spotify, que j’adore mais qui traverse pas trop la Manche. Poke Zéno à tout hasard…). En fait, les paroles, les mots exacts me donnent la sensation de voler mon espace d’imagination. Tant que les chansons restent une suite de sons sur laquelle je ne mets pas de signification, je suis absolument libre d’y broder l’histoire que je veux. Mais quand j’entends les mots et que je leur rends leur signification, il est légèrement plus compliqué d’imaginer une belle scène d’amour sur une chanson d’Adele par exemple ou une rupture sur une chanson glorifiant l’amour. Alors que musicalement, dans ma tête, ça allait très bien avec la scène.

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Ou alors, je fais comme les publicistes, je me fous du texte et je mets sans trembler des chansons de type “you’re not the one for me, houhou”. Après tout, peut-être que personne n’écoute vraiment les paroles, du moment que ça sonne bien…

Passion dodo

Hé salut, toi ! Sais-tu qu’en ce moment, c’est l’hiver ? Les vingtenaires, le blog premier sur les scoops ! Qui dit hiver dit froid, pluie, neige, temps dégueu et nuit tout le temps. Donc de façon assez mathématique, en hiver, dès qu’on me parle sortie, je pleure des larmes de glace.

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C’est pas que je sois déprimée, rien de plus que le bon blues du mois de janvier où l’hiver s’installe et tu sais que ça va durer. Le mois de janvier, c’est une saloperie. T’es en pleine gueule de bois des fêtes de fin d’année où t’as baigné dans une atmosphère pleine de joie, d’amour et de cadeaux et là, tu rentres, il fait froid, le gris a conquis le monde, on te parle entretiens annuels alors que t’as encore l’alcool du réveillon qui erre dans tes veines. Moi, j’ai juste envie de me lever dignement et de partir comme un prince pour aller me réfugier sous la couette avec un bon livre, ma couverture chaude, ma bouillote et mon chat. Et éventuellement un grog avec le rhum ambré ramené par mes parents de Cuba. Ca tombe bien, j’ai pas eu les congés que je visais pour y aller (oui, rectification, 2013 s’annonce plus du tout comme l’année des voyages). La grosse teuf, quoi.

Vive+La+Fte

Mais depuis quand il est humain de mettre une Nina dehors par temps si froid ? La Nina qui chope consécutivement la crève. Et comme la Nina est fatiguée par le froid, elle fait des conneries. Non parce que je vous ai laissé sur mon histoire de dégât des eaux mais j’ai fait fort depuis. Jeudi midi, H-1h30 avant un rendez-vous ach’ment important avec un client ach’ment essentiel, je pars m’acheter un sandwich et… Oh ben tiens, si moi, je peux pas prendre de vacances, ma carte bleue peut, elle, elle n’est plus là. A pu la carte, ciao ! Youhou, juste avant un rendez-vous important, une petite lichette de stress est une si bonne idée. Puis tiens, en rentrant du rendez-vous en question (qui s’est bien passé), j’ai voulu courir après le métro. Sauf que mon pied gauche a tenté une escapade et s’est faufilé dans l’espace entre la rame et le métro. Et blaaaaf l’énorme bûche en public à 18h. Mal à l’ego, une jambe bleue et écorchée bien profond. Une dernière pour la route ? Allez, dimanche, je décide de me faire un grog (cf supra le rhum ambré de Cuba). Je remplis une grosse tasse de jus de citron et de miel, j’ouvre la porte de mon micro ondes juché sur mon frigo. Un petit pot en verre posé sur le dessus du micro ondes me fait un petit suicide, tombe sur le sol, rebondit. Oh ouah ! me dis-je, quelle solidité. Sauf qu’apparemment (je me souviens pas bien), je me suis baissée pour le ramasser… La porte du micro ondes toujours dans ma main. Et vlaf, le micro ondes par terre, vlan les petits pots de verre atomisés, vlan le jus de citron au miel, tout parterre, youhou ! C’est pas comme si quelques minutes avant, je me glorifiais d’avoir tout bien nettoyé mon appart et que ça faisait du bien au moral. Tu vois, j’aurais entretenu ma passion dodo plutôt que de tenter de rentabiliser mon week-end, j’aurais pas cassé mes petits pots (le micro ondes va bien sinon).

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De toute façon, le froid, moi, ça m’endort, je vire totalement narcoleptique en ce moment. C’est impressionnant. Par exemple l’autre soir, j’errais sur le web, je me suis endormie quelques secondes plusieurs fois devant mon pc ! Et que dire de vendredi dernier, quand je suis allée me coucher et que je me suis dit « bon, allez, je termine ce foutu livre, me reste 5 pages. 4 ! 3… 2zzzzzzzzrrrrrrrrrzzzz ». Je me suis réveillée 4h plus tard, la lumière allumée, le livre sur mon oreiller. Il me restait VRAIMENT 2 pages en plus.

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Donc, oui, je joue les associales. On pourrait croire que je vais mal mais non, je vais neutralement. Ni bien, ni mal, je vais cool. Pas de projets particuliers pour le moment, juste l’envie de sauter sous ma couette en criant mon amour à mon matelas, me pelotonner bien comme il faut au chaud et lire, dormir, jouer au sudoku sur mon iphone en rêvassant… Bref, une vie d’hiver comme j’aime. Mais bon, comme j’aime aussi mes amis, je fais des efforts ! Mais c’est bien parce que c’est eux !

L’engagement marketing

Depuis bientôt 6 mois, la France se déchire sur la question du mariage pour tous, nous forçant à regarder droit dans les yeux l’homophobie ordinaire. C’est un peu comme tout débat touchant à la nationalité et au droit des étrangers, ça semble toujours légitimer les commentaires racistes. Ca me donne toujours un peu envie de vomir (dans la gueule des homo/xénophobes) mais bon, il paraît qu’il faut laisser tous les avis s’exprimer… Mouais.

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Du coup, les sphères artistico-médiatiques s’engagent. On (re)découvre l’allumée Frigide Barjot dont je n’ai toujours pas compris le métier (avant égérie anti mariage pour tous, j’entends), ça se positionne pour, contre. Surtout pour d’ailleurs. Jusqu’à ce que cette solidarité sur la question du mariage commence à fleurer bon le racolage et un moyen facile de faire parler… de soi. Genre Lio qui se déclare ivre de bonheur car le premier amour de sa fille était une autre fille. Mais qui va encore lui parler, à Lio ?

Lio

Premier grincement de dents de ma part sur la question : la couverture d’Elle. Elle sait s’engager, l’édito se positionne parfois pour, parfois contre. Parfois maladroitement, en tombant complètement à côté du débat comme lors de l’histoire des mademoiselles. Donc, là, forcément, Elle se positionne en faveur du mariage pour tous et veut faire fort en posant deux mariées sur sa couverture. Sauf que c’est raté. Cette photo est bien trop glamour, soignée, trop “issue d’un shooting”.

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Ca pue le toc. Sans même parler du côté incroyablement consumériste de leur « marage (mode, alliances…) Pourtant, des lesbiennes sexy et glamour, c’est quand même pas ce qui manque. Elle aurait pu choisir Jodie Foster et son récent coming out ou le couple de mannequins Arizona Muse et Freja Beha, pour rester dans l’aspect mode. Mais ça, bof quoi ! Honnêtement, je passe en kiosque, je ne repère pas du tout cette couverture. Engagement oui, mais engagement bien frileux.

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Et ça continue et là, on arrive à l’obsédé du marketing, le roi de la polémique de merde : Karl Lagerfeld. Karl Lagerfeld qui dit qu’Adele est trop grosse, François Hollande un abruti et veut faire de Zahia une grande styliste (et la fait défiler à poil, des fois qu’on oublierait d’où elle sort). Karl a donc achevé son défilé car un couple de mariées. Ouah, il s’engage dis donc. Non mais les gens, arrêtez d’être naïfs par pitié. Karl se préoccupe autant de ce débat que moi de ma première paire de chaussettes. Mais faire un petit coup d’éclat en pleine fashion week, quand les marques se font la guerre pour produire LE défilé dont parlera toute la presse spécialisée… Pardon de douter de la sincérité de l’engagement.

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Bref, à chaque débat de société, une bonne raison de faire un peu de marketing sous couvert de s’engager… Je ne pense pas que le débat en sorte grandi. Quoi qu’au point où il en est, rien ne pourrait vraiment l’aggraver. Enfin, je crois…

Le front russe de Jean-Claude Lalumière

Errant au milieu des rayons de la FNAC, mes yeux traînent joyeusement sur les livres. Oui, je suis en pleine fièvre acheteuse, j’ai besoin de nouveaux livres. Besoin, non, envie. Oh tiens, un titre m’accroche l’oeil : le front russe. Et hop, direct dans mon panier.

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Le front russe ne parle pas vraiment de Russie, en fait. Non. C’est l’histoire d’un jeune fonctionnaire qui se retrouve nommé au Quai d’Orsay. Mais comble de malchance, il fait chuter une huile du service qui l’envoie direct dans le pire bureau parisien, celui des pays en voie de création / Section Europe de l’Est et Sibérie. Le placard miteux. Notre héros se retrouve donc dans une cellule de 6 personnes avec un chef se croyant toujours en guerre, une secrétaire fabriquant (mal) ses vêtements elle-même, une autre plutôt jolie, un collègue très appliqué mais très limité et un informaticien s’inventant des voyages à travers le monde.

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A peine arrivé, notre protagoniste décide de remuer un peu les choses. Il ramasse la jolie secrétaire et commence à bien se faire voir du Quai d’Orsay, obtient quelques missions qui ne se passent pas toujours très bien mais il passe entre les gouttes. Jusqu’à une mission en Georgie. Là, je commence à grimacer. Le roman était bien sympathique jusque là mais cette histoire de Géorgie me fait furieusement penser à”Nos amis les journalistes” de François Reynaert, livre que j’ai adoré. Mais la mission en Georgie ne dure que quelques dizaines de pages et notre ami retourne en France où la voie royale s’ouvre à lui… jusqu’à la chute.

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Et là, ce livre justifie parfaitement mon credo : toujours finir un livre car la fin peut en changer la perception. Là, c’est la dernière phrase qui vous explose à la figure et transforme ce petit roman rieur en incroyable vision pessimiste de la vie et agite sous notre nez la vacuité de l’existence. Une phrase. Soudain, le livre gagne tant de profondeur qu’on a presque l’impression que ce qu’on a lu jusque là, les quelques 208 pages dévorées avec plaisir, n’étaient en fait qu’un prélude à cette phrase. Cette phrase que je ne vous dévoilerai pas, zavez qu’à lire le livre. Parce que les 208 premières pages mélangent une gentille satire du fonctionnariat (cf la lutte de notre héros pour faire évacuer le cadavre d’un pigeon échoué sous sa fenêtre), les portraits des personnages dignes d’un film de Chatilliez, quelques anecdotes amusantes. Parce que la dernière phrase est une véritable gifle qui te fait refermer le livre pour y réfléchir un peu. Et c’est assez rare pour un roman…

 

Un long dimanche de merde

Ca faisait longtemps que le petit lutin farceur qui rend ma vie si drôle ne s’était pas manifesté. En fait, depuis le mois de novembre, il ne m’était rien arrivé de négatif. Tous les trains que j’ai pris pour aller en province (oui, bon, soit l’aller-retour pour Noël quoi) ont été à l’heure, mes colis de Noël arrivés à temps, mon neveu est le plus beau du monde et il est particulièrement éveillé (dit la fille qui a une connaissance des bambins de 0 à 7 semaines à peu près équivalente à zéro). Bref, on peut le dire, ces derniers temps, ça allait bien.

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Alors le lutin, il s’est dit que ça suffisait, qu’il fallait pas que j’oublie que ma vie était marqué du sceau de la lose. Déjà, le jeudi, ça a commencé à sentir un peu le pâté. Désirant rentrer chez moi après une soirée avec Anaïs, j’avais le choix : le train, le bus ou la marche pour 25 mn. Au vu de la douceur tropicale de ce mois de janvier et de mes doigts qui menaçaient de tomber, j’ai été courageuse : le train. J’arrive sur le quai : 10 mn d’attente. Bon… Au bout de 10 mn “oui, en fait, le train a 17 mn de retard…” Putain mais ils pouvaient pas l’annoncer plus tôt ? Je cours vers le bus et le rate de peu (merci donc l’annonce tardive). Prochain bus ? 25 mn. Bon ben je vais rentrer à pied. Je me suis juste gelée le cul 10 mn pour rien. Et jeudi dernier, il faisait vraiment mais alors vraiment froid…

Grand-froid

Revenons à dimanche. Je me lève fiévreuse, merde, merde. Je me traîne un peu et décide de rentabiliser la journée en lançant une machine. Je vaque à mes occupations quand on sonne à ma porte. Tiens ? Vu que j’entretiens des relations de politesse cordiale mais sans plus avec mes voisins, je suis un peu étonnée. Ah tiens, mon voisin du dessous “heu oui ça coule…”. Heu ? Je tends l’oreille et entends comme un bruit de cascade dans ma salle de bain. Cascade, salle de bain, ça sonne pas très bon. Je coupe aussi sec ma machine et effectivement, c’est la cata : j’ai 3 cm d’eau derrière la machine et ça se répand vite cette saloperie. Je sauve ce que je peux (4 magazines Closer ont rendu l’âme), commence à écoper. Je vous rappelle que je suis fiévreuse… Je finis par brancher mon aspirateur (au fil court donc j’ai prié pour pas faire une Claude François) et j’aspire l’eau. Vive les aspirateurs sans sac. Au bout de 20 mn, j’ai sauvé les meubles, ne reste qu’un peu d’eau. Et j’ai une furieuse envie de pleurer. Oui, quand je suis malade, j’ai tout le temps envie de pleurer. Résultat des courses : 4 magazines morts, des fringues qui n’ont pas essoré mais qu’on va étendre quand même en espérant qu’elles puent pas trop l’humidité, une prière pour ne pas avoir déclenché un réel dégât des eaux chez le voisin (ça ne serait que la deuxième et déjà à cause de la machine, oui).

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Donc à l’heure actuelle, je n’ai plus la possibilité d’utiliser ma machine et le lavabo que de façon parcimonieuse (pour se laver les dents, en gros). Amis, je vous expose le problème, des fois que certains touchent un peu leur bille en plomberie et souhaitent me filer un coup de main. J’ai fait changer le bidet par la machine à laver (au black). Le lavabo et la machine à laver ont la même sortie d’eau (pas les toilettes et la baignoire). J’ai toujours eu un léger problème de refoulement l’eau de la machine étant régulièrement rejetée mais j’avais réglé le problème en rajoutant un coude au tuyau histoire de pousser l’eau vers le bas et mis une petite bassine sous l’arrivée d’eau pour recueillir le surplus. La semaine dernière, j’ai effectivement noté que l’eau du lavabo tombait parfois dans le récipient sous l’arrivée d’eau. Pensant à un bouchon, j’ai hier soir mis du desktop puis ai fait couler de l’eau dans le lavabo. Tout est parti aussi sec dans le récipient avec l’odeur d’ammoniac du déboucheur. Donc l’eau circule bien dans le tuyau entre le lavabo et la machine mais ne s’évacue plus. Si quelqu’un a une idée… (autre que faire atterrir le tuyau d’arrivée de la machine dans la baignoire, il est pas assez long).

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2013 me salue bien bas. Pétasse !

Devenez une déesse du sexe pour son plus grand plaisir

Le sien, pas le vôtre.

Des fois, y a des trucs qui m’énervent. Oui bon ok souvent mais est-ce vraiment ma faute si mon bisounoursisme ne cesse d’être contrarié par la réalité ? Et encore, je vous ai évité what milliards d’articles sur ce débat nauséabond pour le mariage pour tous, la marche de la honte du 13 janvier, de mon envie d’hurler des “mais putain assume ton homophobie au lieu de nous baratiner avec ton code civil ou n’importe quelle autre connerie !”. C’est marrant d’ailleurs comme ils se sentent insultés quand tu leur mets le nez dans leur caca anti-homo. “Non mais trop pas, quoi… Mais bon je suis contre le mariage, j’ai le droit, non ?”. Bon voilà, c’était la parenthèse “j’ai mal à ma France” du jour, passons à la suite. Le désir et le sexe dans les magazines.

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En ce moment, comme c’est l’hiver, les magazines s’inquiètent un peu pour notre vie sexuelle. C’est normal, libido ne rime pas du tout avec pyjama, bouillotte et grosses chaussettes. On sort dans la rue recouverts de 3 millions de couches, difficile de se sentir séduisant… Alors pour qu’on ne laisse pas tomber notre sexualité, les magazines essaient de nous aider. Notamment Be qui publie un test sexo “êtes-vous un bon coup ?” présenté comme suit “Plutôt active ou passive ? Libérée ou mijaurée ? Répondez à ces quelques questions pour savoir si vous détenez les clés pour séduire un homme et le faire fondre de plaisir”. Et pour enfoncer le clou, 2 jours plus tard, un statut Facebook nous dit que, quitte à rester sous la couette, lisons un article sur… le plaisir masculin. Histoire de le faire fondre de plaisir, encore. Vous allez me dire que c’est important de faire grimper son mec aux rideaux aussi, que le sexe, c’est encore mieux quand c’est du partage, que c’est trop cool d’expédier un mec au 7e ciel… Je ne dis pas le contraire. Je suis juste légèrement gênée de constater qu’en 2013, une fille estampillée bon coup doit maîtriser le plaisir masculin… Et point. Au secours ! Et pour en rajouter une couche dans cette nouvelle misogynie sexuelle, je vous colle l’article sexo le plus navrant de l’année (alors qu’on n’est qu’en janvier) où on apprend que l’on DOIT faire plaisir à monsieur au réveil et qu’on a qu’à prendre une pastille de menthe et se planquer sous la couette, des fois que notre haleine de poney et nos cheveux décoiffés le fassent débander aussi sec. Je vous renvoie également au discours de la dame qui vendait des sextoys lors de l’enterrement de vie de jeune fille de Lena et qui nous expliquait qu’il fallait toujours céder aux avances sexuelles de son mec sinon il allait coucher ailleurs. Au secours.

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Et le plaisir féminin, il est où dans tout ça ? Question : un bon coup est-il une nana qui connaît son corps suffisamment pour prendre son pied et donc s’éclater ou une nana qui applique à la règle le contenu de tas de magazines féminins ? Oui, je sais, c’est une question rhétorique tournée de telle façon que vous devez répondre la première. Je suis diabolique. Oui, déjà, d’une part, je pense très sincèrement qu’une fille “bon coup” est une qui sait comment fonctionne son propre corps car je pense que peu de mecs adorent baiser avec des meufs appliquées mais qui ne s’éclatent pas. De toute façon, les filles, ne nous mentons pas : un mec qui ne s’intéresse qu’à notre capacité à lui prodiguer une fellation même le matin et qui ne voit que son propre plaisir n’a AUCUN intérêt.

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Mais ça me fait chier de constater qu’une nouvelle fois, en 2013, le plaisir féminin n’existe pas. On ne couche que pour faire plaisir à ses messieurs puisque, dans les magazines, il semble qu’on ait jamais réellement envie de sexe. Quelque part dans les années 70, une femme brûle son soutien gorge en pleurant.

Petit éloge de l’échec

Parmi les sujets sur lesquels j’aime se pencher se trouve le thème de l’emploi, souvenir ému de l’époque où j’écrivais sur la chômagie, sans doute. Avouons que le sujet est passionnant et ô combien varié : trouver du travail, progresser sur l’échelle de la carrière, se créer des opportunités, travailler en bonne intelligence avec son manager quelles que soient ses qualités en la matière. Or ces derniers temps, je vois fleurir plusieurs articles sur l’échec professionnel. Tiens tiens.

SCENARIO ECHEC

Qu’est-ce qu’un échec professionnel ? Je ne crois pas en l’échec pur. Imaginons que je crée une petite entreprise et que, in fine, je me plante. Echec ? Financier, oui mais personnel, tout est relatif. La question est pour moi ailleurs. L’échec est-il dans l’essai non transformé ou l’absence d’essai tout court. Qui ne tente rien n’a rien et dans le contexte actuel, nul n’est garanti d’arriver à ses fins. Même avec de bonnes idées, un travail consciencieux et des comptes tenus méticuleusement. En amour comme au travail, le contexte est parfois vérolé. Ca n’enlève rien à votre valeur intrinsèque et à la qualité de vos idées et de votre travail. Bien sûr, nul n’est à l’abri d’une erreur, même les meilleurs entrepreneurs en commettent. D’ailleurs dans Management, il y a toujours cette question aux entrepreneurs qui ont réussi : “quelle a été votre erreur”. Sauf que parfois, par chance, l’erreur se corrige. Par malchance, ça plante.

plantage

Reconnaître ses erreurs est une démarche saine, on en commet tous et on apprend. Cependant un échec est-il réellement le fruit que d’une chaîne d’erreurs ou parfois simplement un coup de malchance ? Par ailleurs, je trouve le terme échec négatif. Oui, je me suis plantée MAIS j’ai appris des choses. C’est souvent ainsi qu’on progresse. Quand j’ai appris à marcher, je me suis gamellée plus souvent qu’à mon tour (je suppose, je ne m’en souviens pas). Quand j’ai appris à skier, j’ai passé d’abord plus de temps le cul par terre qu’à glisser sur la neige. Quand j’ai appris à écrire, mes lettres étaient maladroites, mal formées et mes mots truffés de fautes d’orthographe. Par exemple, quand j’étais en grande section, je ne savais pas faire les boucles. Un vrai traumatisme d’enfance surtout quand on devait écrire les prénoms d’autres enfants, plein de E et de L. J’y arrivais juste pas. Puis un jour, à force de m’entraîner, de me planter encore et encore, j’y suis arrivée. Je me souviens du prénom que j’ai réussi à écrire : Emmanuelle. Trois E, deux L. Aujourd’hui encore, je me plante. Lors de ma première plongée en mer, je me suis flinguée les oreilles. Aujourd’hui, ça passe sans problème. La dernière fois que j’ai dansé sur un bar, je me suis pétée la jambe. Depuis, je danse au sol. On apprend de nos erreurs. Mais tout ceci n’est pas un échec.

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Autre point intéressant : cette apparition soudaine de la notion d’échec dans les articles emploi où on nous parle généralement de succès, d’entrepreneurs qui ont la win, de la bonne façon d’être le meilleur du monde. Devrait-on y voir les signes qu’en ce moment, c’est pas la joie ? Qu’en cette période de crise et de licenciements économiques et autres plans sociaux, on essaie de nous donner un peu de baume au coeur. De “t’inquiète, on trébuche tous un jour” ? Le temps des self made (wo)men et des incroyables success stories est terminé ? Plus de Steve Jobs ou Mark Zuckerberg jusqu’à la fin de la crise ? Le mieux qu’on puisse réussir, c’est de sauver les meubles. Que de réjouissances…

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Ceci étant, cette histoire permet de trouver une utilité à cette foutue crise : nous reconnaissons désormais le droit aux travailleurs de ne plus être des machines 100% performantes. Soufflez les enfants, on a désormais le droit à l’erreur.