« I need a Hero »

Par Emma

 

 (ceci est un post déprime, spécial dédicace pour le titre à Jennifer Saunders)

 
 

            Bon, ben il est 3h du mat’, je bosse à 9h30 tout à l’heure, et je parle de la vie avec Gauthier au téléphone depuis plus d’une heure. La Vie, les déprimes, l’Amour, les rencontres, les déceptions, les relations, les parents, l’adolescence, les Hommes, les Femmes…

 

            J’en suis à un stade de ma vie où j’ai l’impression d’avoir une sorte de bilan à faire. J’ai 26 ans ½, je suis propriétaire de mon appart, j’ai un boulot sûr et que j’aime, des amis géniaux et fidèles, des ex, ma vie est bien remplie et pleine de sens. Mais de sens pour moi seule. J’aime ma liberté, vivre la nuit, mon taff prenant, mes grasses mat’… mais je vais où ? Dans quelle direction ? Pour qui, pour quoi ? Cela fait 3 ans que je ne suis pas tombée amoureuse, que je vais de galère en échec, je reste nostalgique de l’Amour, et j’ai l’horloge biologique (je crois) qui se met en route. Je crois que j’en ai marre.

            Bon, ok, je ne suis pas la seule dans ce cas, j’en suis consciente. Je me dis même parfois que c’est le ‘mal du siècle’ cette recherche éperdu de l’âme sœur, de l’harmonie, de la construction. Je me pose de questions en ce moment, certainement à cause un nouvel échec amoureux. Enfin, ‘amoureux’ est un bien grand mot. Disons que j’ai cru quelques instants que ça pourrait le faire entre nous, que ça allait déboucher sur quelque chose de vrai, de profond, de durable. Ben non. Et c’est pas simple en plus. On a été ensemble, on s’est séparés, on a recouché ensemble, on s’est re-séparé, on a tenu le coup quelques semaines, puis recouché ensemble, puis re-dit qu’il fallait arrêter les conneries… Môsieur n’est pas prêt, n’a pas fait le deuil de son histoire passée, bla bla bla, bref, il ressent des choses pour moi mais c’est pas le bon moment voilà voilà… Il est sincère dans tout ce qu’il me dit, dans tout ce qu’il ressent, mais n’empêche quoi moi j’ai les glandes. Au-delà de la déception de cette relation-là, c’est tout un ensemble de représentations, d’espoirs, d’envies, de besoins qui remontent à la surface. Une de mes amies les plus proches est actuellement enceinte de 6 mois ½, et ça me fascine, ça m’émeut, ça ravive l’envie spontanée, biologique, animale d’être mère qui est en moi. Je sais qu’un enfant ne sera pas pour tout de suite, quoiqu’il arrive. Mais par contre, je ne peux m’imaginer cela que dans un contexte d’amour et de partage, donc, avec un papa que j’aime, qui a la même envie et les mêmes espérances que moi. Et je ne vois rien arriver à l’horizon.

 

            Donc, Emma, elle en marre des faux espoirs, elle aimerait bien trouver un peu d’amour dans sa vie. Pour être honnête, je n’ai pas encore fais correctement le deuil de mon ex. Je l’ai aimé à la folie, il m’a révélée à moi-même pour plein de choses essentielles, et je le regrette encore. Mais je dois dire que j’ai bien avancé ! Je ne suis plus autant investie de lui qu’à une époque, et je ressens surtout une nostalgie de notre relation à tous les deux. Il n’est plus le même qu’il y a 3 ans, et moi non plus, nous ne pourrons jamais revivre ce que nous avons vécu, ça je l’ai compris et enregistré.

            Je pense donc être prête à tomber à nouveau amoureuse, mais encore faut-il que quelqu’un s’y prête !!! D’un autre côté, il y a encore plein de choses inexplorées vers lesquelles je ferai bien un petit tour… Coucher avec une femme, m’essayer au plan à trois … (arrêtez de vous faire des films bande de pervers). Bref, plein de situations difficiles à expérimenter quand on est en couple, avec tout ce que ça engendre. Bah, vu comme ça, je me dis qu’il me faut encore un peu de temps et d’occasion d’en profiter… ! Surtout que je tiens encore très fort à mon indépendance, à ma mobilité, à mes activités, à mon rythme en décalage, aux imprévus de ma vie. Dilemme. Quelles sont mes envies profondes ? Quels sont mes besoins immédiats ?

 

            Moi, quand je serai grande, un héros grand, fort, beau, intelligent, drôle viendra, et m’enlèvera sur un grand cheval blanc, on se mariera et on aura beaucoup d’enfants. Bon, je reconnais, on aura aussi les impôts, les traites de la maison à payer, les soucis scolaires, les relations avec les beaux-parents, l’adolescence de l’aîné, les problèmes de crèche, les vacances à organiser, la voiture à changer, la varicelle du dernier, la routine conjugale………. Ok j’arrête. Vu comme ça, le tableau n’est pas très flatteur, mais j’ai quand même envie d’y plonger. Peut-être pas tout de suite, mais malgré mes peurs, mes angoisses, mes doutes, j’ai envie d’y aller. Je connais des tas de gens très bien qui s’en sortent pas mal !!! Alors pourquoi pas moi ? Tout ceci enveloppé d’amour. Pourquoi pas ?

 

            Je n’ai aucune idée de ce que je serai à 50 ans. Ni même si je serai toujours là. J’espère que j’aurai pu accomplir des choses pour les autres et pour moi-même, que je serai fière de mon petit parcours, que je pourrai regarder en arrière avec une certaine sérénité, sans l’impression de m’être trompée de chemin. J’ignore si le héros que j’espère sera là pour partager le ‘bilan’ avec moi. Je pense que quelque part, je suis mon propre héros. C’est moi qui mène ma vie et qui l’amènera où je le souhaite, en composant avec ses hasards et ses aventures.

            Et s’il te plait, ô lecteur, ne te suicide pas de suite après la lecture de ce post, je me sentirai un brin coupable.

Friends

« I’ll be theeeere for youuuuu ! » En 1997, j’allume la télé un soir d’été et je tombe sur une série bizarre, débile et qui me
fait mourir de rire : Friends. Je connaissais de nom, la série passait depuis quelques temps sur Canal Jimmy et tout le monde en parlait sur Fun Radio ou dans le magasine XL (oui, là, je viens de démontrer qu’ado, j’étais une super pintade). Du coup, j’étais méfiante. Quand on hurle au génie, j’ai peur de l’effet de mode. Donc comme rien ne vaut ma propre opinion, je regarde.

 

Voici donc l’histoire de 6 New-Yorkais pré-trentenaires. Rachel, Monica, Phoebe, Chandler, Joey et Ross. J’avoue que je ris comme une bossue, je suis totalement fan. Bon, je m’abstiendrai de présenter les personnages, je pense que tout le monde connaît la série et l’a vu au moins une fois. Cette série a « révolutionné » ma culture de fin d’adolescence. Au lycée, dans notre groupe d’amis, on ne parlait que de ça, j’étais surnommée « Phoebe » parce qu’à l’époque, j’étais totalement mystique, un peu timbrée et surtout, je voulais devenir
chanteuse. Oui, moi, mon rêve, ado, c’était de me retrouver seule sur une scène avec ma guitare. Bon, presque 10 ans plus tard, je n’ai jamais pris un cours de guitare mais les rêves d’adolescence sont très beaux. Bref, on en était accro, on s’était amusé à doubler un épisode, on en parlait souvent : « et tu as vu Friends, hier soir ? ». Cette série m’a d’ailleurs valu une déclaration d’amour particulière. Je raconte. J’ai donc 17 ans et je fais une soirée chez moi, trois copains restent dormir à la maison. Je vais me coucher et quelques
instants plus tard « toc, toc, toc ». Je vais ouvrir : Julien, un des trois garçons. Il m’explique que les deux autres font les cons et qu’il a envie d’un peu de calme donc on commence à discuter et on dérive sur Friends. A un moment, je babillais sur le sujet et je me prends un : « je t’aime ». Là, je bloque et je réponds : « Heu… Tu dis ça pour moi ou pour Friends ? ». Oui, quand je dis qu’ado, j’étais vraiment nulle dans mes relations homme/femme, je mens pas.

Bref, revenons à Friends. Les personnages sont assez caricaturaux, pour provoquer des situations burlesques, mais je pense que nous nous reconnaissons tous un peu dans ces personnages. Ado, j’étais plutôt Phoebe, aujourd’hui, je serais plutôt Rachel. Un peu gamine, un peu pleurnicheuse, carriériste, enthousiaste et totalement nulle en matière de drague. Non parce qu’il faut l’avouer, ce que je préfère chez Rachel, c’est quand elle s’amourache d’un mec et ne sait comment se déclarer. Et ses galères, je connais. Comment faire comprendre au mec trop craquant qu’on aimerait bien qu’il nous fasse des câlins, qu’on s’installe ensemble et tout ça ? En plus, j’adore la façon dont elle s’habille, faudrait que je m’inspire un peu de son style.

Pour les garçons, j’ai remarqué que la plupart d’entre eux se reconnaissent plus dans Chandler ou Ross. Sans doute parce que Joey, même s’il est très mignon et attendrissant, est un sacré idiot. Même si Phoebe a un côté très naïf, elle aussi, elle se montre redoutablement intelligente quand il s’agit de manipuler les gens. Donc les mecs aiment bien se sentir proche de ces deux-là. Je me souviens de Guillaume the first qui essayait de copier le mouvement de tête de Ross quand il part brutalement après une lose, genre « je garde ma dignité ».

Friends, c’est un peu la vie dont tout le monde rêve : une bande de potes qui reste unie quoi qu’il arrive. Ils vivent dans de beaux apparts, ont des boulots plutôt peinards (ils passent leur vie au café), ont des gardes robes impressionnantes, ont toujours des histoires amoureuses avec des personnes physiquement très séduisantes… Bref, tout est plutôt rose. Bien sûr, ils connaissent les loses du quotidien : les problèmes d’argent, les problèmes de boulot, les problèmes sentimentaux… Mais ils finissent toujours par s’en sortir, notamment grâce au soutien de leurs amis. Il y a aussi des décès, comme la grand-mère de Ross et Monica puis la grand-mère de Phoebe. Il y a des naissances également : Phoebe donne naissance aux triplés de son frère, Rachel a une fille avec Ross. A la fin, Monica et Chandler, qui ne peuvent se reproduire, adoptent des jumeaux. Il y a des mariages aussi : Monica et Chandler, Phoebe et Mike. Ross
s’est marié deux fois dans la série, la série débute juste après sa séparation de sa première femme, Carole, devenue lesbienne. Le jeune homme a épousé Emily et Rachel avant de se séparer d’elles.

Ce qui est fantastique, c’est qu’ils vivent tous en coloc : Monica et Rachel et Joey et Chandler puis Ross vient vivre chez les garçon, Monica et Chandler s’installent ensemble donc Rachel part chez Phoebe alors que Ross se prend un appart. Suite à un incendie, Rachel part vivre chez Joey puis Phoebe chez Monica et Chandler avant de récupérer son domicile. Puis lors de sa grossesse, Rachel part vivre chez Ross avant de revenir chez Joey. Ce sont les entreprises de déménagement qui doivent être contents. Notons aussi que pendant un temps, filles et garçons ont échangé leur appart et qu’avant le début de la série, Phoebe vivait chez Monica. C’est compliqué, hein ? Au moins, ça fait des économies pour les décors.

Le truc qui m’agace un peu dans Friends, ce sont les incohérences : lorsque Rachel arrive lors du premier épisode, Monica lui présente Chandler qu’elle n’est pas censée connaître. Or, lors de plusieurs flash back, on apprend qu’ils se connaissaient déjà (Chandler étant l’ami de Ross, Rachel celle de Monica), ils se sont même échangés un baiser à la fac puis Rachel s’est faite draguer par le même Chandler quand elle était fiancée à Barry (celui qu’elle a abandonné) mais elle l’oublie à chaque fois, le pauvre garçon ! Par ailleurs, il y a de gros
soucis avec les âges. Lors de la 1ère saison, Monica a 26 ans. A la 5e saison, on apprend que Ross a 30 ans. Or Monica devrait arriver à sa 31e année et vu qu’elle est la petite sœur du monsieur, y a comme un souci. D’ailleurs, dans la 7e saison, Rachel fête ses 30 ans alors qu’elle a le même âge que Monica et devrait donc arriver aux 33. Or une saison équivaut bien à une année chez nos amis puisqu’on a systématiquement droit à l’épisode de Thanksgiving. De la même façon, certaines pistes intéressantes sont abandonnées : une
fois que Phoebe a accouché, on ne revoit quasiment plus son frère et les triplés, elle en parle de temps en temps mais je la trouve pas très préoccupée par ses neveux, la tatie. Idem pour Emma, la fille de Ross et Rachel qui passe plus de temps chez ses grands-parents ou chez la nounou qu’avec ses géniteurs.

A l’inverse, certains éléments sont présents tout au long de la série comme le chien blanc en marbre acquis par Joey lors de la 2e ou 3e saison qui navigued’appart en appart jusqu’à la fin de la série. Il y a aussi la porte coupée de la chambre de Chandler. Par contre, l’élément récurrent le plus agaçant de la série est le personnage de Janice. Petite amie de Chandler durant la 1ère saison, elle revient régulièrement dans la vie du jeune homme. A partir du moment où il sort avec Monica, Janice revient de temps en temps, croisant par hasard nos héros mais je trouve que son personnage est surexploité à la fin, il n’apporte rien du tout à l’intrigue et ses : « OH MON DIEU, Nahahahahahahahah ! » sont plus agaçants que drôles, à la longue. Je veux bien croire que les hasards de la vie nous fait revoir certaines personnes mais qu’elle croise tout ce petit monde au resto, à l’hôpital (comme par hasard, elle accouche en même temps que Rachel), ou se retrouve future voisine de Monica et Chandler, faut pas déconner non plus.

Friends, c’est fini. Et ce n’est pas plus mal, il faut savoir arrêter les choses tant qu’elles marchent et pas trop tirer sur la corde. D’ailleurs, la dernière saison n’est pas forcément la meilleure et pue un peu trop la guimauve à mon goût. Phoebe se marie, Monica et Chandler adoptent des jumeaux, Rachel et Ross se retrouvent et Joey part faire carrière à Hollywood. Manquerait plus que l’un d’eux gagne au loto ! Ce qui est agaçant, aussi, ce sont les réactions excessives du public. Exemple : lors du dernier épisodes, il font des
« houhou » en applaudissant comme des fous quand Monica et Chandler présentent des jumeaux à leurs amis qui n’étaient pas au courant de la nouvelle. Mais le public sait puisque l’une des scènes précédentes montre l’accouchement. Alors c’est pas la peine de s’exciter, hein ! Mais bon, c’est pareil dans toutes les séries, ils doivent être super bien chauffés pour être au bord de l’hystérie, comme ça.

Ceci étant, je pense que Friends est et restera une série culte emblématique de la fin des années 90, début 2000. Malgré le côté caricatural, on se reconnaît tous plus ou moins dans les galères de ses pré-trentenaires. Et moi, je l’avoue, je revois cette série avec plaisir, surtout que toutes les chaînes du câble s’empressent de la rediffuser…

Episode 11

Chapitre 7
 

            Ethan entendit des pas dans le couloir et se prépara à accueillir son geôlier. Il
avait bien l’intention de s’échapper et les menaces d’Oceany n’y changeraient rien. De toute façon, elle ne pourrait rien lui faire, une fois qu’il serait retourné là-haut. Il attrapa donc la
chaise qui se trouvait dans sa cellule et s’apprêta à la lancer à la figure de celui qui allait entrer, mais il s’arrêta net quand il s’aperçut que c’était Oceany. Au fond, il l’appréciait
toujours et ne voulait pas lui faire du mal. Ca aurait été plus facile si ça avait été un de ces métèques.

« En voilà un accueil, Ethan. Je vous conseille de reposer cette chaise ou vous pourriez le regretter. »

Il s’exécuta docilement, tandis qu’elle refermait la porte et allait s’installer sur le lit. Elle lui tendit un objet noir, ce qu’il l’étonna un peu,
puis il se rendit compte qu’il s’agissait d’un visiophone portable.

« Qu’est ce que vous voulez que je fasse avec ça ?

– Appelez votre mère, elle est folle d’inquiétude.

– Qu’est ce qui m’empêchera de la prévenir que je suis en danger ?

– Ca, fit-elle en pointant sur lui un revolver.

– Bon sang, vous avez trouvé ça où ? Je croyais que les armes étaient interdites, ici.

– C’est le cas, mais les cyborgs policiers sont nuls en matière de sécurité, on leur pique ce qu’on veut. Et si vous vous amusiez à la prévenir quand
même, j’ai un de mes hommes juste à côté de chez votre mère. Il l’abattra si je lui en donne l’ordre. Bon, appelez et dites-lui que vous allez bien et que vous êtes chez votre
maîtresse.

– Mais je peux pas dire ça !

– Que vous voulez passer quelques jours avec elle avant de la quitter et d’épouser Neve.

– Mais ça va la tuer si je lui dis ça.

– Non, ce qui va la tuer, c’est que vous ne l’appeliez pas : elle est folle d’inquiétude. Faites-le Ethan.

– D’accord. »

Il attrapa le combiné et composa le numéro de sa mère. Il était plutôt étonné par l’attitude de la jeune femme : il ne s’était jamais imaginé un
ravisseur inquiet pour la mère de sa victime. Enfin, elle décrocha.

« Ethan ! fit-elle, ivre de joie. Je m’inquiétais tellement pour toi, où tu es ?

– C’est assez compliqué, je suis…chez une femme, pour quelques temps, encore, et…

– Une femme ? Oh mon Dieu, Ethan ! N’as-tu pas honte ? Que va dire Neve ?

– Tu n’es pas obligé de lui dire, non plus. Ecoute, je vais rompre avec cette femme, mais je veux vivre mes derniers jours de liberté avec elle, tu
comprends ?

– Oui… De toute façon, je peux pas t’en empêcher, soupira-t-elle. Rappelle-moi dès que tu rentres, d’accord ?

– Oui, maman.

– Je suis contente que tu aies appelé, je me faisais du soucis, tu sais.

– T’en fais pas, je vais bien.

– Je t’embrasse mon chéri.
– Moi aussi, m’man. »

Il raccrocha et rendit le combiné à la jeune femme, qui resta silencieuse, perdue dans ses pensées. Il avait du mal à croire que c’était elle qui le
retenait, elle avait l’air si douce, si inoffensive…Il ne fallait jamais se fier aux apparences, il le savait, mais quand même…

« Merci, dit-il, pour rompre le silence.

– De quoi ?

– De m’avoir permis de téléphoner à ma mère.

– C’était dans mon intérêt : elle n’alertera pas la police, comme ça. Que pensez-vous des Chinois ?

– Pourquoi cette question ?

– Vous êtes raciste, comme les autres, ça ne va pas me faciliter la tâche, mais je ne renonce jamais.

– Je vous promets que je ne garderai votre secret, si vous me relâchez.

– Pas question : j’ai besoin d’alliés et vous vous battez plutôt bien, pour un élitaire. Bon, trêve de plaisanterie, je n’ai pas beaucoup de
temps à vous consacrer, et…

– Fichez-moi la paix, je ne rejoindrai jamais votre groupe. Bon sang, vous trafiquez avec des Chinois, vous êtes une ennemie de la nation et ce n’est
pas parce que vous vous appelez Antelwort Geller qu’ils vont passer l’éponge aussi facilement. Vous allez vous retrouver avec tous vos copains asiatiques au fond d’une cage, c’est tout ce que
vous aurez gagné. Arrêtez de faire n’importe quoi, Oceany : vous jouez avec le feu et vous allez vous brûler.

– Je m’en fiche pas mal, au fond. Je refuse d’accepter cette société telle qu’elle est actuellement, parce qu’elle est mauvaise, mai personne n’a
l’air de s’en rendre compte, là haut.

– Enfin, cette société est celle qui s’approche le plus de la perfection, depuis le début de l’humanité : il n’y a plus de guerre, plus
d’argent, plus de travail, plus de…

– Mais ouvrez les yeux, Ethan ! Tout ça, ce n’est bon que pour nous, là-haut, mais regardez un peu où vous vivez : c’est minable, ici, il y
a vraiment le strict minimum en matière d’hygiène et personne ne voit jamais le soleil. La journée s’est passée et si vous y réfléchissez bien, le soleil ne s’est pas levé, en bas.

– Dans toutes les sociétés, il y a eu des miséreux, des laissés pour compte, c’est inévitable. Mais ici, leur pourcentage est réduit par rapport à la
société d’avant. Et puis, le capitalisme était quelque chose d’horrible, qui broyait les gens faibles. Il fallait travailler encore et encore, quitte à se tuer à la tâche pour gagner quelques
sous pour pouvoir subsister. Maintenant que l’argent a disparu, tout va mieux : pourquoi croyez-vous qu’il y a eu cette maudite guerre ? Parce que les Chinois voulaient agrandir leur
territoire. Pourquoi ? Pour avoir plus de terres à cultiver, plus de matières première, etc. tout ça dans le but de gagner plus d’argent et de devenir une puissance plus importante. L’argent
était un cancer qui rongeait la société précédente et l’a amené à l’inévitable : la destruction. Maintenant, dites-moi sincèrement, pensez-vous vraiment que la vie d’avant guerre était mieux
que celle de maintenant ? Technopolis nous offre tout ce dont nous avons besoin pour pas un sous.

– Je n’ai jamais dit que le capitalisme était mieux que notre système actuel et, de toute façon, on ne peut pas comparer, ça n’a rien à voir. Oui,
c’est vrai que Technopolis offre des avantages fantastiques qu’on aurait pas pu imaginer il y a trente ans, que l’argent était un mal, si vous voulez, ce n’est pas là, le problème. Vous avez déjà
entendu parler de Scott Rogers ?

– Non, je ne sais pas qui c’est et je m’en moque.

– Vous vous souvenez du bombardement de la Chine par le virus, le 24 juin 2004 ? Rogers était un des quatre pilotes de la section spéciale qui a
arrosé Hong Kong, il est mort durant l’opération, avion abattu par une roquette ennemie, ainsi que son collègue. Ce type a donné sa vie pour nous et vous savez comment Oxford a remercié sa veuve
et son fils ? Il les a enfermés dans une cage à lapin au premier étage de la ville, tandis que le colonel Leighton qui dirigeait les opérations, tranquillement, à l’abri dans sa base, se
prélasse sur son balcon, là-haut. Les vrais héros, ceux qui sont morts sur le terrain, personne n’a pensé à leur rendre hommage, vous trouvez ça juste, vous ? Moi, pas. Le classement a été
trop mal fait, mais on ne peut plus rien changer : il n’y a aucune possibilité de promotion sociale. C’est vrai, le capitalisme avait ses défauts et ils étaient nombreux, mais grâce au
travail, un pauvre pouvait espérer se faire une place au soleil, mais maintenant, c’est plus possible. Imaginez un instant que votre mère ait été célibataire, sans mari ou homme à la
maison ou alors que votre père ait été invalide : la guerre débute, votre foyer ne peut envoyer personne sur le front et, à cause de ça, vous échouez au rez-de-chaussée avec des tas de
machines qui font un bruit d’enfer et qui produisent tellement d’ondes électromagnétiques que votre vie est raccourcie d’au moins dix ans. Maintenant, allez-y, recommencez-moi votre belle
apologie sur Technopolis et ses avantages.

– Comment vouliez-vous qu’on fasse pour qu’on détermine ceux qui devaient être en haut et ceux en bas ? Après une guerre, le mérite militaire me
semblait évident. Bien sûr, ce n’est pas juste pour tout le monde, mais qu’est ce qu’on y peut ? Je persiste à dire que cette société est bien meilleure que la précédente.

– Mais, bon sang ! Tout est figé, on ne peut pas avancer ou régresser sur l’échelle sociale, on a fait un bond immense en arrière, on est revenu
au temps de la Monarchie absolue.

– Ca n’a aucun rapport, voyons, nous sommes en démocratie.

– En démocratie ? Ils vous ont lavé le cerveau ou quoi ? Réfléchissez un instant, Ethan : le maire a tous les pouvoirs, ici, OK ?
On peut dire que c’est le président de cette société ; Comment est-il arrivé au pouvoir ? Le peuple ne l’a pas choisi, il s’est imposé et si vous y repensez, vous remarquerez qu’on n’a
jamais parlé d’élections municipales. Oxford est devenu le Roi de la ville et quand il sera mort, c’est son fils qui lui succédera : c’est la Monarchie. D’ailleurs, tous les vieux
comportements se sont remis en place d’eux-mêmes. Vous avez été obligé de vous choisir une fiancée parmi l’élite, même si vous ne l’aimez pas, parce qu’on ne mélange pas les classes. Et toutes
ces réceptions, là-haut, c’est un simulacre de cour du Roi et même les décorations inspirées de Versailles, entre autres…nous sommes totalement prisonniers, Ethan et si personne ne bouge, rien ne
changera.

– Qu’est ce que vous proposez, à la place ?

– Je ne sais pas, mais cette ville sera bientôt détruite, avec ou sans votre aide.

– Vous êtes complètement cinglée, ma pauvre fille, vous me faites de la peine.

– Vous êtes né en quelle année ?

– 1996, mais je ne vois vraiment pas ce que ça peut vous faire.

– Vous aviez donc neuf ans quand la guerre a commencé…vous vous souvenez de la société d’avant, de vos camarades de classes d’avant ? De quelle
couleur étaient-ils ? Ca m’étonnerait qu’ils aient été tous blancs. Vous avez partagé vos jeux d’enfants avec des noirs, des arabes, des asiatiques ou des latinos et, à l’époque, ça vous
paraissait normal, alors que maintenant, ça vous choque de voir des yeux bridés ailleurs qu’en prison. Vous vous souvenez du fameux melting-pot qui faisait la fierté des Etats-Unis ? Si oui,
vous avez de la chance, parce que ce n’est pas mon cas et ma meilleure amie, Mai-Li, est obligée de rester enfermée ici, parce qu’elle risquerait de se faire arrêter si elle mettait le nez
dehors…des milliers d’asiatiques américains ont été arrêtés alors qu’ils étaient innocents, dès qu’ils voient des jaunes, comme ils disent, ils les mettent en prison, sans même savoir s’ils sont
Chinois ou non. Réfléchissez à tout ça, Ethan. »

Elle quitta le lit et repartit sans rien ajouter. Il était surpris de voir tant de maturité chez cette femme, à peine adulte. Même s’il ne partageait
pas ses opinions, il devait avouer que ses arguments étaient troublants et dénotaient une intelligence et surtout une culture remarquable. Il s’étala sur le lit et fixa le plafond, pensif…en
effet, il n’avait pas vu le moindre rayon de soleil de toute la journée.

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Triolisme

Suite à l’article de Karma sur le sujet me réclamant ma version de la chose, voici donc un article sur le triolisme.
 

 

Quand y en a pour deux, y en a pour trois ! Questionnez vos amis sur leur fantasme ultime, la plupart vous répondront : le faire à trois. Un plus un plus un, c’est la formule magique ! Après, selon le sexe de votre ami, la combinaison changera : les garçons préfèreront fauter avec un charmant duo féminin, les filles glousseront en imaginant deux hommes leur faire découvrir de nouveaux paradis. Et quand vous demandez à vos amis homosexuels, au moins, il n’y a pas de surprise dans la combinaison de leur choix…

 

Certains de mes fantasmes sont originaux (et stupides), mais je reste dans la norme concernant l’un de mes fantasmes ultimes : le plan à 3. Quand je fréquentais Pierre le pervers, il m’avait raconté ses plans trio, il avait testé le homme/homme/femme et le femme/femme/homme. Il m’a même montré les photos…(je m’en serais passée). A l’époque, je trouvais ça un peu glauque, maintenant, beaucoup moins. Sentir deux hommes ne s’occuper que de moi, quatre mains qui jouent un concerto ensorcelant sur mon corps…

 

Il y a quelques temps, Laurent l’obsédé m’avait proposé ce genre de plans, d’abord avec Arnaud à l’époque où j’étais avec lui puis il m’en avait reparlé pour me convaincre de retourner dans son lit mais ça tombait pile à un moment où j’avais la libido en berne. De toute façon, je suis pas sûre qu’il avait un partenaire de trio sous la main. D’ailleurs comment mettre ce fantasme en application ? J’avais eu cette conversation avec Clara, en avril, lorsque je l’hébergeais. Alors, voyons voir comment procéder… D’abord, trouver des partenaires. Là, dès le départ, le problème se pose : quelle peut être la relation entre ces deux garçons et entre eux et moi ? Un soir, je délirais sur MSN avec Louis, il avait deux amis chez lui, je lui dis qu’ils n’ont qu’à venir mais il me rétorque que ce n’est pas possible : un est allergique aux chats, l’autre ne veut rien faire devant ses copains. Il s’est avéré par la suite que l’allergique, c’était Arnaud… De toute façon, si réaliser des fantasmes avec son compagnon ne me paraît pas inimaginable, celui-ci, je pense que c’est une mauvaise idée. En effet, il faut être sûr que les deux en aient envie et allez savoir comment votre petit ami va réagir… Et si ça le traumatisait de voir un homme visiter votre intimité en même temps que lui ? Il faut que le couple soit solide ou alors particulièrement curieux.

 

Alors, qui pourrait se coller à la tâche ? Deux garçons qui se connaissent ou deux inconnus ? Personnellement, j’aurais tendance à opter pour deux potes, histoire qu’il n’y ait pas de malentendus, qu’ils s’entendent bien… D’un autre côté, deux amis vont-ils arriver à coucher avec la même fille en même temps ? Rien n’est moins sûr ! J’ai évoqué le cas de Louis et Arnaud, plus tôt… Bon, même si c’était pour rigoler, je pense bien qu’aucun des deux n’aurait pu aller jusqu’au bout. Entre copains, ce n’est pas si évident. Pierre, mon amant pervers, avait trouvé un troisième assez particulier : son cousin. Je trouve ça franchement glauque. Même si les cousins ne se sont pas touchés ni rien, je reste à dire que c’est malsain. Deux inconnus alors ? Là, je me demande bien comment on peut arriver à traîner deux inconnus dans un même lit. Et puis je pense que si deux potes peuvent avoir du mal à se retrouver dans la même fille, imaginez deux inconnus !

 

Evidemment, certains me feront remarquer qu’il existe des sites exprès pour trouver ce type de partenaires de jeu. Sauf qu’en général, ce sont des couples qui cherchent un troisième larron et ma bisexualité inexistante ne me pousse pas à faire un plan femme/femme/homme. Peut-être plus tard mais là, non. Par ailleurs, ce que j’aime dans le sexe, ce sont les opportunités. Si elles ne se présentent pas, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose de les provoquer.

 

Mais pourquoi ce fantasme si communément répandu ? Peut-être y a-t-il une question d’ego. Plaire à un homme, être désiré par lui, c’est quand même un atout non négligeable pour la confiance en soi. Alors deux et en même temps, en plus, que demande le peuple ?  

 

Par ailleurs, le trio permet de régler de façon pratique l’histoire de l’infidélité. J’ai envie de coucher avec un autre mec que Brad, pas forcément parce que je suis attirée par lui mais parce que je me souviens plus trop comment est l’herbe ailleurs. Donc là, nous avons le beurre et l’argent du beurre : non seulement on se retrouve dans les bras d’un nouvel amant mais en plus Bradounet est d’accord et même qu’il participe ! D’ailleurs, ce n’est pas une infidélité, c’est une expérience sexuelle donc ça n’a rien à voir.

 

Pourtant, le trio, ça peut paraître « sexuellement violent et subversif ». En général, ce genre de configuration est surtout présente dans les films érotiques et X. D’ailleurs, si les lits sont faits pour un ou pour deux, c’est pas pour rien. Des fois, j’ai l’impression que se déclarer fantasmant sur le trio, c’est comme déclarer qu’on aime la sodomie : c’est pour montrer qu’on est libéré sexuellement. Personnellement, je trouve ça ridicule de fantasmer sur un truc uniquement parce que c’est « à la mode », si j’ose dire. Pour ma part, c’est vraiment une curiosité au niveau des sensations. J’admets aussi la possibilité d’être déçue. A trois, faut bien s’entendre pour que ça marche et ça risque de ne
pas être aussi fluide que dans les films X. D’ailleurs, je me demande si ce fantasme n’a pas aussi un côté glauque. Faut-il s’entendre avant de procéder ? Qui fait quoi et où ? Où sont les limites… Bref, le genre de conversation qui peut totalement casser la magie de l’instant.

 

De toute façon, pour l’heure, il ne s’agit que d’un fantasme. S’il se réalise, tant mieux, s’il ne se réalise pas, tant pis. Je n’en mourrai pas de frustration.

La pudeur

Avant, au jardin d’Eden, Adam et Eve vivaient nus et vivaient bien. Puis en mangeant le fruit de la connaissance, les voilà gênés de leur nudité et ils se couvrent de belles feuilles de vigne (pas très couvrante ou Adam était mal équipé). Et voilà, les hommes se couvrent. Je n’ai jamais fait d’histoire des vêtements mais d’après ce que je sais, les hommes et femmes se sont rapidement confectionnés des habits pour se couvrir : la nudité serait-elle taboue dès la Préhistoire ?
 

Retour en arrière, j’ai 10 ans, par là, ma cousine vient dormir à la maison. Pour dormir, j’ai mis un T-shirt qui s’arrête au nombril, donc je suis cul nu et je galope dans cette tenue. Mon père me réprimande : « Tu pourrais pas avoir un peu de pudeur ! » De quoi ? C’est quoi ce mot moche ? Et oui, comme toutes les gosses, j’ai la pudeur d’un ver de terre mais à l’adolescence, voilà que je me couvre des pieds à la tête. Dans ma famille, nous sommes quatre : ma mère qui se balade à poil tout l’été et les trois autres, toujours pudiquement couverts. Ma mère est née à la campagne et ne s’est jamais embarrassée de vêtements superflus, j’ai entendu parler de la fois où elle arrivée vêtue de seules bottes en caoutchouc de son père (bon qui lui arrivaient aux hanches, certes) et qui se présente aux collègues de mon grand-père, toute fière : « bonjour, je m’appelle biiiiip biiiiip et je suis la digne fille de mon père ! ». Ben, j’aurais bien aimé voir la scène, quand même ! Petite, ma sœur avait un problème de culotte : elle les enlevait dans la voiture quand mon papa nous amenait à l’école, ce qui valut à mes parents une convocation par la maîtresse. Hé oui, une petite fille qui s’habille en robes (parce que les pantalons, c’est que pour les garçons !) et qui passe sa vie à faire le cochon pendu sans culottes… Hum ! Pourtant, y a pas plus pudique que ma sœur aujourd’hui, je ne l’ai plus vue nue depuis ses 10 ans… et c’est réciproque, d’ailleurs.

 

La pudeur est quelque chose d’assez curieux, selon moi. Enfants, on adore se balader culs nus, adultes, on en montre le moins possible (quoi que ça dépend). Suis-je pudique ? Oui, assurément. Je mets parfois des tenues un peu osées avec des dépoitrinés d’anthologie mais j’aurais du mal à aller dans un camp naturiste. Pourtant, des fois,il m’arrive de traverser mon appartement à poil juste avant d’aller me doucher alors que je n’ai pas fermé mes volets et que je vis au rez-de-chaussée côté rue. Avec mes amis, je me mets pas à poil, aucun n’a vu mes fesses ou mes seins (ou alors par accident), sans doute parce que je n’ai pas d’impulsions exhibitionnistes. La seule fois où Gauthier a vu mes seins, c’est quand j’avais mis un maillot deux pièces triangle et qu’il m’avait jetée dans la piscine. Quand je suis ressortie, j’avais le maillot sur la tête… Oui parce que les maillots triangle, c’est bien juste pour bronzer, pour le reste, faut oublier.

 

A propos de maillot, je n’aime pas bronzer seins nus. Par pudeur mais aussi parce que si je me prends un coup de soleil là (je prends des coups de soleil partout où je ne suis pas couverte, une catastrophe), je vais vraiment morfler. Déjà, la dernière fois où je suis allée à la plage, je n’ai pas pu m’asseoir pendant trois jours (malgré le port du maillot) donc le naturisme, c’est trop dangereux pour moi. Et puis, tous ces corps exposés, ça doit blaser, quand même. Déjà, errer dans des vestiaires avec une quarantaine de rugbymen nus, je les voyais plus alors dans un camp de naturistes, pfffff ! Et qu’en est-il du plaisir de l’effeuillage. Quelque part (c’est horrible ce que je vais dire, mais je le fais quand même), j’adore le premier effeuillage, découvrir petit à petit le corps de mon futur amant, en particulier son pénis. Oui, il faut dire ce qui est !

 

L’effeuillage, justement. Je me souviens, à l’époque où j’étais vierge et totalement complexée par mon corps (à tort ou à raison selon les moments de ma vie), paraître nue devant un homme m’effrayait au plus haut point, je ne voyais pas comment j’arriverais à me désaper autrement que dans le noir. Finalement, j’ai perdu ma virginité en pleine lumière, l’excitation m’ayant fait oublier mes complexes. Parce que finalement, avec mes amants, je retrouve mon impudeur naturelle : je n’aime pas faire l’amour dans le noir, je me fiche qu’il voit ma cellulite en pleine levrette. En même temps, un mec qui remarque ça, c’est qu’il n’est pas trop dans l’ambiance, il me semble. Une fois la première brouette consommée, je dors nue, je me promène nue devant lui, ça m’est égal. Après tout, il a visité mon intimité, à partir de là…

 

L’autre soir, je discutais avec un jeune homme qui était étonné de savoir que je dormais très souvent nue, seule ou accompagnée, il m’expliquait que ses copines enfilaient toujours au moins une culotte… Je trouve ça un peu curieux : s’il y a bien une personne avec qui je peux me montrer sans le moindre artifice, c’est bien avec mon copain. Y a qu’en hiver que je me couvre mais c’est plus une question de froid que de pudeur. Franchement, je ne trouve rien de plus agréable que de m’alanguir contre le corps nu de mon petit ami (ou de mon amant), on se rhabillera en sortant. En attendant, on reste nus, comme ça, si l’envie d’une brouette nous prend, on ne perd pas de temps.

 

La pudeur est vraiment un phénomène intéressant. J’adore m’habiller et porter de jolies tenues, ça doit venir de nos vieux instincts animaux, on se pare pour plaire. Et puis je me vois pas me promener à poil dans Paris. Plus on veut séduire, plus on se pare de couleurs (même si le noir, c’est d’une classe folle, j’adore), comme les oiseaux, par exemple. Mais qu’est-ce qui a poussé les premiers hommes à se couvrir d’oripeaux ? Par pudeur ou pour protéger certaines parties délicates ? Car en Egypte, par exemple, les femmes se promenaient seins nus… On se couvre et on se découvre selon les modes… Je pense qu’après l’actuelle période où on en montre le plus possible, on va revenir à une mode plus couvrante. Il est vrai que je préfère suggérer qu’exhiber mais pour autant, je ne suis pas une fanatique de la robe de bure.

 

Autre pudeur particulière chez moi : je déteste qu’on me voit dans la salle de bain. J’ai déjà parlé de la douche : avec mon petit ami, oui, sinon, on me regarde pas me laver. Je n’aime pas qu’on me regarde quand je me lave la figure ou les dents, je n’apprécie pas forcément qu’on me voit en train de me maquiller. Peut-être est-ce de la pudeur ou alors de l’égoïsme. J’aime me maquiller, c’est un moment rien qu’à moi donc qu’on me laisse tranquille. D’un autre côté, je ne trouve rien de moins sensuel que ces moments d’hygiène indispensables. C’est comme une belle maison, quelque part : c’est agréable de la regarder mais se passionnerait-on de voir une personne la nettoyer pour qu’on puisse la voir sous son meilleur jour ? Non, je crois pas. Le pire du pire : mes besoins naturels. Je suis EXTREMEMENT pudique à ce sujet. Je n’aime pas que quelqu’un, y compris mon petit ami, soit dans la même pièce que moi quand je m’abandonne à ce besoin naturel et je n’aime pas qu’on m’entende non plus (et je n’aime pas entendre, ça me gêne). Ca, ce doit être un truc de filles parce que les mecs, y en a plein qui pissent joyeusement dans la rue, par exemple. A l’époque où j’étais avec Guillaume Ier, ça le gênait pas de venir pisser à côté de moi pendant que je me maquillais, ce qui m’énervait au plus haut point : il peut pas attendre que j’ai fini ?

 

Bref, je pense ne pas être particulièrement pudique mais y a quand même quelques bornes que je m’impose. Je ne comprends pas l’intérêt de se foutre à poil au milieu d’une boîte sous les regards indifférents des mecs (scène vue dans Paris Dernière). Je ne comprends pas l’intérêt de mettre sur le net des photos de moi à poil (j’en ai pas, remarque). Je préfère garder l’essentiel pour les hommes qui partagent ma couche.

 

Areuh

Il y a 25 ans et quelques heures, le petit Gauthier Marcel venait au monde. Oui je porte comme deuxième prénom celui de mon grand père, il est horrible, mais en même temps on s’en fout royal ! À la façon de Nina, je m’en vais vous conter l’histoire de ma naissance, hautement rocambolesque !

 Donc en cet été de l’année 1980, monsieur et madame futurs parents de Gauthier décident de mettre en branle leur premier héritier. Cela se déroule dans la maison de famille, elle nous appartient depuis près de deux siècles, et est actuellement la résidence secondaire de mes grands parents maternels. Mes parents estiment que c’est le meilleur endroit qui existe sur Terre pour concevoir l’enfant de l’amour (paroles exactes qu’emploiera ma mère quelques années plus tard pour me raconter ça !). Et puis ils veulent un enfant qui naisse au printemps (en fait ma mère ne veut surtout pas se retrouver enceinte en été, quelle bonne idée qu’elle a eue !).
La mayonnaise prend de suite, mes parents sont doués eux (Nina ne voit ici aucune attaque personnelle). Et voilà maman Gauthier enceinte, heureuse et épanouie. Elle veut un garçon, elle en veut un depuis qu’elle a 12 ans, il s’appellera Gauthier, mon père n’a même pas la voix au chapitre, il accepte ou il accepte. Connaissant ma mère, il n’essaye même pas d’argumenter ! Elle est tellement persuadée d’avoir un garçon qu’elle ne demande pas le sexe à l’échographie. Le gynécologue lui parle donc de mon petit cœur, de mes petits bras, de mes petits yeux, et là il lui dit :

  Je vois bien les cuisses là !
         … (ma mère ne comprend pas en quoi le fait que j’ai des cuisses l’extasie à ce point !)
         Je vois vraiment bien les cuisses là vous savez !
         Et alors ?
         Vous voulez pas savoir ce qu’il y a au-dessus des cuisses ?
         Dites-le-moi uniquement si c’est un garçon ! (ma mère est très joueuse !)
         Félicitations madame, vous attendez un petit garçon !

Quelques larmes de joies plus tard ma mère annonce la nouvelle à mon père, à ce jour elle a toujours la photo de l’échographie sur elle. Mais tout ne devait pas être aussi rose que ça. À 6 mois, elle retourne chez le gynéco, elle s’assoit dans la salle d’attente, et elle remarque que toutes les autres femmes ont le même ventre qu’elle. Ma maman ne côtoyait pas d’autres femmes enceintes, donc elle ne savait pas trop comment elle devait être à 6 mois de grossesse. Le gynéco arrive dans la salle d’attente et demande à toutes les femmes à terme de se lever. Toutes les femmes se lèvent, sauf ma mère. Grand moment de solitude.

Persuadée qu’elle est enceinte de triplés, elle demande au gynéco de bien vérifier, il lui dit que non je suis tout seul, mais je suis peut-être un peu gros, tout simplement. Pour rajouter à la nouvelle, elle apprend que son col de l’utérus supporte mal le choc. Elle doit donc rester allongée jusqu’à l’accouchement pour éviter que je n’arrive prématurément. Et c’est parti pour 3 mois de sédentarisations totale.

Ma mère est grande (1m80), et svelte (57kg avant la grossesse), une semaine avant ma venue au monde, elle décide d’arrêter de se peser, elle vient de passer les 80 kg et elle en prend un par jour. Elle pense avoir frôlé les 90kg le jour de l’accouchement. L’accouchement justement parlons-en.

Je devais naître le 30 avril. Étant donné qu’elle était au lit depuis 3 mois, le matin du 30 avril, ma maman a senti un immense sentiment de soulagement, se disant « ça y est, je vais me débarrasser du monstre ! ». Mais non. Moi je suis très bien là où je suis. Le 1e mai rien. Le 2 mai rien. Mon père n’en pouvant plus non plus, ils décident de « provoquer » un peu tout ça. Les voilà donc parti sur les chemins creux de la campagne voisine, mon père conduit comme un taré, histoire de secouer ma mère comme une bouteille d’Orangina. En fin d’après-midi, ils rentrent, ma mère n’a toujours pas la moindre contraction, le désespoir s’empare de mes parents.

À 18h, maman est allongé devant la télé, papa bricole. Tout le monde essaye de se calmer. Et là : maman perd les eaux sur le canapé tout neuf pas encore fini de payer ! YOUPI ! Elle appelle mon père, et lui dit qu’elle va aller prendre une douche avant d’aller à l’hôpital. Elle n’a pas le temps de finir sa phrase que mon courageux paternel est dans l’entrée avec les valises et hurlant « allez dépêche toi, sinon tu vas accoucher ici ». Ma mère a eu beau lui expliquer qu’ils avaient encore le temps, il ne veut rien entendre, elle se lavera plus tard. Et les voilà parti pour la clinique. Mes parents ont choisi une clinique assez éloignée de chez eux, pour éviter que je ne naisse dans un hôpital public surchargé. Ils voulaient des soins de qualités et de la tranquillité. Mais tout ceci à un prix : il faut traverser la ville un samedi soir à 18h. Ma mère s’est vue mourir mille fois au moins, mon père a défoncé la voiture de devant puis celle de derrière pour sortir de son créneau. Il a embouti trois autres voitures sur le trajet (sans s’arrêter), il a grillé 4 feux rouges, et au moins autant de priorités. Dieu existe, et il a œuvré ce jour-là pour qu’on arrive tous en entier. Une fois ma mère dans les mains du personnel de la clinique, il s’est posé sur une chaise pour « décompresser », ma mère se souviendra toujours de sa tête à ce moment précis qui disait quelque chose comme « ouf, c’est bon, j’ai fait ma part du job ! ».

Il est donc quelque chose comme 18h30, ma mère s’installe sur la table de travail. Et là c’est parti pour le rodéo ! Je veux bien sortir, mais je n’y arrive pas vraiment. Ma mère est resté sur la table de travail jusqu’à 3h12 du matin (heure officielle de ma naissance). 9h c’est long ! Surtout que là, elle faisait pas du tricot la vieille, elle souffrait ! La pauvre, j’ai honte quand j’y pense (bien que techniquement je ne sois pas responsable !). Bref, pas de péridurale, parce que le travail est trop engagé, pas de césarienne, parce qu’« il finira bien par sortir » comme elle a dit la sage-femme (sage ? mon œil oui !). Par contre on y va gaiement sur les entailles au cutter.

         Poussez madame, poussez !
         *pousse*
         Soufflez, inspirez, soufflez, eeeeeeet pousseeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeez
         MAIS JE POUSSE ESPÈCE DE BATARD, TU VOIS BIEN QUE JE POUSSE ALORS ARRÊTER D’HURLER OU JE TE DÉVISSE LA TÊTE ! ENCULÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
         ….

Après deux changements d’infirmiers, que ma mère a, semble-t-il, choqué par son langage de charretier, le troisième arrive avec l’espoir affiché de mettre fin à ses souffrances ! Il enjambe ma mère et se retrouve à califourchon sur son ventre, il pose ses fesses sur la poitrine de ma douce maman, et pousse avec ses bras pour que j’arrive à sortir. Ma maman se retrouve donc avec un gentil monsieur qu’elle ne connaît pas assis sur ses seins. Le problème c’est qu’il doit peser 60kg tout mouillé le monsieur, et ma maman est une femme de 90kg en plein travail depuis 6h maintenant. Moralité : elle attrape l’infirmier d’une main, et il finit dans le mur ! Wonder maman ! Enfin, après encore 3h de travail, et quelques points de sutures chez le personnel médical, je viens au monde. Il était temps.

Mes parents ont acheté pour l’occasion un appareil photo dernier cri, mon père avait pour consigne de prendre la photo juste quand la sage-femme me pose sur le ventre de ma maman, avant qu’on me nettoie. Ma maman voulait avoir cette photo dans son album. Mon papa a donc pris les photos en ce mettant face à ma mère, on voit très bien ma tête sur la première photo, alors que mon corps est encore dans ma mère, puis on me voit en entier sur la seconde ! Je suis tombé sur ces photos, à l’âge de 15 ans, j’en fais encore des cauchemars. Mon père dit pour s’excuser qu’il avait oublié qu’on voyait ma mère à poil en fond, lui il ne voyait que moi à ce moment-là ! Bref inutile de préciser que ces photos n’ont jamais trouvé leur place dans un album.

Pour la suite de l’histoire, je vous dirais juste qu’en fait j’étais mort à la naissance. Ma maman ignorait pourquoi la sage-femme était partie en courant avec moi, sans prendre le temps de me montrer à ma maman. Personne ne voulait lui donner de mes nouvelles. Elle était persuadée que j’étais mort et que personne ne voulait le lui dire. Enfin à midi le gynécologue de garde est venu me ramener à mes parents plus qu’anxieux.

Je faisais 4,780kg pour 55cm, j’étais énorme, plein de poils, déformé par les forceps, et le manque de place dans le ventre de ma mère, le tout avec une jolie couleur violette ! Bref j’étais horrible, ma mère en a pleuré quand elle m’a vu. Il n’y avait que mon père pour me trouver beau. Les membres de la famille ont grimacé quand ils sont venus me voir, y compris ma grand mère :

         Ah ! Ben il est…
         Mais dit le qu’il est horrible maman !
         Mais non, il est…

Elle n’a jamais réussi à le dire ! Mais maintenant je suis tout beau. En fait je suis devenu un beau bébé passé un mois. Le temps que je retrouve une corpulence et une couleur normales ! La preuve, je vous mets ici une photo ou j’avais deux ans. N’étais-je pas le plus adorable des bambins ?????

Je me dois de préciser que le gynécologue a dit à ma maman que plus elle aurait d’enfants, plus ils seraient gros et grands ! Elle a mis 4 ans avant de me donner un petit frère. Et Dieu merci il est né trois semaines avant terme, sachant qu’il faisait quand même 51cm pour 3,600kg, à terme il aurait été plus gros que moi ! La génétique est cruelle parfois.

Pauvre petite chose

Par Mister BigCertains d’entre vous entendent parler de Mister Big, voient mon nom apparaître de ci de là, et, pour les plus curieux qui ont cliqué sur les archives, je représente aussi quelques rares articles. Le pourquoi du comment de cette présence épisodique est simple : la vie et ses déboires. En ce moment, mon meilleur ami vit une de ces périodes difficile où tout semble s’acharner sur lui. Moi, je l’ai vécu entre septembre 2005 et Janvier 2006. Il me semble vous avoir promis, dans une de mes rares apparitions (qui a dit « j’ai vu la vierge ??? »), de vous raconter le pourquoi du comment. Et bien le voilà.

Prenez un Mister Big heureux en amour, avec un CDI lui permettant de poser le préavis de départ de son appart pour aménager avec son cher et tendre, des zozios qui chantent, le soleil qui brille, etc etc… Ca, c’était moi l’été dernier. Et là, cruel comme un enfant qui arrache ses ailes à une mouche pour voir combien de temps elle va survivre sans, le destin a décidé que j’étais trop gâté depuis trop longtemps et m’a fait payé mon bonheur au prix fort.

Premier acte : je te quitte. Pour moi, le vent a tourné le temps d’un WE. J’étais casé, suffisamment alcoolique pour sortir presque tous les WE avec Gauthier, le reste du temps partagé entre son boulot et l’homme que j’aimais, et tout semblait parfait. Fin octobre, je devais quitter ma coloc pour me créer un nid douillet avec mon homme. Et là, à la mi-septembre, sans crier gare, en rentrant d’une journée passée avec des amis, voilà que j’entends un « je ne t’aime plus, ça peut plus durer comme ça ». Un coup de vent sur un château de carte, et vlan, plus rien ! J’étais largué. Lui, le lendemain, prenait le train pour rentrer chez papa-maman et me laissait seul avec un préavis pour nulle part et un hébètement sans fin face à ce qui me tombait sur la gueule. Bon, vous me direz, on se fait tous larguer. Avoir son univers entier qui s’effondre, c’est probablement arrivé à tous ceux qui lisent ces lignes, on y survit. Ca, je suis d’accord avec vous. Mais ce n’était que le premier acte.

Acte deux : tu m’passes ton portable ? Environ 15 jours après m’être fait méchamment lourdé, Gauthier me sort un vendredi soir et on noie nos pensées dans la vodka, mère au sein si réconfortant quand tout va de travers… 5h du mat : faudrait que je rentre, je bosse à midi (hé oui, même le samedi !) Qu’à cela ne tienne : je vais rentrer à pieds, 20 minutes de marche, ça va me dégriser. Je bise tout le monde et hop ! Je décolle… je fais 100mètres, et là, au rond point, une voiture s’arrête, un jeune homme d’obédience nord-africaine (oui, on appelle ça du politiquement correcte, car si j’avais dit un reubeu, on m’aurait traité de raciste ! mais j’y peux rien, moi, si je me suis po fait agressé par un suédois !!!) descend du coté passager et m’apostrophe en me disant « ma voiture est tombée en panne ! Tu peux me passer ton portable ? » « heu… j’ai plus de forfait, désolé ! » D’habitude, ça suffit pour que le type me lâche. Ben pas ce coup-là !  Il continue à m’importuner, moi j’avance, puis d’un coup, je sens une main sur mon épaule gauche genre « tu vas me regarder que tu le veuilles ou pas ! », je tourne légèrement la tête, et, sûrement soucieux que ma coupe de cheveux tienne en place, le type me pulvérise une grande giclée de laque ! Sauf que la laque, c’était une bombe lacrymo, et que c’est pas mes cheveux qui étaient visés, mais mes yeux. Et il avait bien calculé son coup : il me l’a collé à deux centimètres de l’œil gauche et m’en a pulvérisé sur toute la gueule ! Mais pas de chance, suis pas un pédé, moi ! La surprise passée, je me retourne et je lui lance un « t’avais bien calculé ton coup, connard ! » Enfin… courageux, mais pas téméraire, le gars ! Il était déjà en train de courir à toutes jambes pour retourner retrouver son pote dans la voiture soit disant en panne ! Tout fout le camp ! Il m’agresse et oublie même d’essayer de me faucher mon portable que je tiens pourtant dans la main ! Bref… il aura fallu 8 à 10 secondes pour que la lacrymo commence à faire effet, mais après, elle a pas fait semblant de brûler ! Heureusement pour moi, la mère d’un pote habitait la rue d’à coté, donc j’ai foncé chez elle, je l’ai réveillé et j’ai rincé tout ça ! Aucune de mes lentilles n’avaient disparu, mes yeux allaient mieux, et le lendemain, me suis réveillé avec le plus merveilleux peeling qui ne m’ait jamais été fait ! En un mois, je me retrouve largué puis agressé. Ca commence bien.

Acte trois : Toit et moi. Entre toutes ces émotions (car, en plus de ça, mon ex m’a joué pendant presque deux mois le grand jeu du « je sais plus si je sais que je sais pas si je sais vraiment si j’aurais pas mieux fait de savoir avant car au final je me demande si je t’aime pas toujours ») et mon boulot, me voilà arrivé à la fin de mon préavis et toujours pas d’appartement en vue ! Premier novembre : Mister Big remplit un garde meuble et amène ses dernières affaires chez la mère du pote qui m’avait recueillit après l’agression. Que cette femme soit canonisée ! Elle m’a hébergé pendant un mois, et ça m’a énormément aidé ! Mais en décembre, elle avait de la famille qui arrivait, je pouvais pas rester. Un copain connaissant mon problème m’avait proposé une colocation provisoire, je bondis donc sur l’occasion : je prends mon baluchon sous le bras et je passe décembre chez lui. Mais là aussi, chaque chose a une fin. Début janvier, toujours SDF, j’échoue chez Océane chez qui j’avais déjà dormi quelques WE. Mais, détail intéressant, elle aussi lâchait son appart, donc j’avais jusqu’à la fin janvier pour trouver quelque chose, même une vieille niche pour chien, sinon c’était vraiment la rue ! Chez Emma, je repère quelques offres sympa d’appart sur internet, je visite, je visite, mais rien. Je dois en visiter un dernier. Mais le jour même, on m’appelle une heure avant pour me dire « ben on a pas encore récupéré les clefs, on vous prévient dès qu’on les a ». J’étais en deuxième position pour le visiter. Je vais à l’endroit, je regarde l’immeuble, et, me sentant aculé, je décide de prendre le susdit appart sans même l’avoir visité, vu que je n’étais pas prioritaire pour le voir et donc le prendre. Je n’avais jamais fait ça de ma vie, mais aux grands maux les grands remèdes : je joue la Causette à l’agence, qui accepte, puis refuse, mais me promet (-craché-juré !) de me le faire visiter en tout tout premier ! Je visite, je signe ! Et voilà comment j’ai enfin mis fin à presque trois mois de SDFisme mondain.

A tout ceci je rajouterai d’importants problèmes d’argent en Novembre, des pressions à mon boulot de merde, Gauthier qui part pour Paris, mon ex qui me tourmente, et même des morpions en décembre, tant qu’à y être. Mis bout à bout, tout ça, ça use, et ça use même beaucoup. J’étais assez souvent dans un état second, j’ai même décompressé une fois au boulot (pour plus de définitions, demandez à Emma, c’est elle l’infirmière psy !), et je lançais même un « qu’est-ce que je serais mieux si j’étais mort » à l’occasion. Heureusement, ceux qui me connaissent vous le diront, j’ai un moral solide et une personnalité assez prononcée pour dire ce genre de chose mais jamais passer à l’acte ! C’était une sorte d’exutoire à mes idées noires. D’ailleurs on riait beaucoup de nos malheurs avec Gauthier à l’époque en les abordant de façon tragi-comique genre « je me suiciderai jamais, mais si un bus avait la bonne idée de perdre le contrôle et de me faucher au passage, ça serait pas une mauvaise idée… » Bref, je ferai pas un « acte quatre » pour tout ça, mais j’ai été à deux doigts de la dépression nerveuse, et c’est bien parce que j’ai une volonté d’acier, un moral à tout épreuve et des gens qui m’entourent que j’ai réussi à dépasser tout ça ! Maintenant, je finis de me reconstruire, que ça soit au niveau de mon cocon à moi (mon appart, en gros !) comme de penser les plaies de mon cœur et de réaliser tout ce qui m’est arrivé en l’espace de quelques mois. Le prochain acte sera de réellement faire quelque chose de ma vie. Dans l’immédiat, je garde mon boulot de merde le temps de finir de me reconstruire (et surtout de tout payer !) et après, je tente de trouver ma voie. Mais ma priorité number one maintenant, c’est d’être égoïste et de ne penser qu’à moi. J’ai toujours pensé aux autres, taché de leur faire plaisir, tout sacrifié pour mon mec, et voilà où ça m’a mené ! Je passe en premier, désormais. Quand je vivrai la vie que je veux vivre, là, je pourrai penser aux autres.

Voilà en gros un aperçu de la vie de Mister Big et de ses petits tracas. Présentations et explications faites, je vais enfin pouvoir plus participer à ce blog !