Keep off wall

Par Gauthier

Bon ça fait un petit moment que je ne me suis pas épanché sur vos épaules. Alors comme la blogo-thérapie a remplacé la psychothérapie, on va m’analyser un peu… Il y a quelque temps, j’ai fait la plus grosse connerie de ma vie (non je ne parle pas du fait de coucher avec un séropositif, j’ai fait pire, sisisisi j’en suis capable). Pour celles et ceux qui lisent mon blog, j’en ai parlé .

Pour les autres, petit cours de rattrapage. Flashback, nous voilà en 2001.

Gauthier est à l’université depuis deux ans, c’est le printemps, il vient de décider de mettre un terme à son analyse. L’analyse, c’est quelque chose de merveilleux, de confortable, mais bon quand la psy vous raconte ses problèmes de famille, c’est qu’il est temps de voler par vos propres ailes ! Je suis rassuré sur mon orientation sexuelle, sur ma normalité, sur mes envies, sur mes besoins, je peux donc me plonger à corps perdu dans cette grande aventure qu’est la vie.
 

Je me souviendrais toujours de cette phrase que j’ai eue lors de mon dernier rendez-vous d’analyse « Tout va bien pour moi, il ne me manque plus qu’un homme à aimer ! ». J’aurais mieux fait de m’arracher un bras… 27 mars 2001, minuit passé, le téléphone sonne, je sors d’un spectacle au Zénith :

– Salut Gauthier, je vais chercher un mec pour aller boire un verre, tu viens?

– Dis donc toi, t’es pas maqué et fidèle ? Tu te fous de moi ? Fais demi-tour de suite, sinon je t’étripe ! (j’avais passé le week-end à l’écouter me parler de son merveilleux, son sublimissime mec dont il était éperdument amoureux, et il s’apprêtait à le tromper ? En me prenant pour couverture ? Mais ça va pas non ?)

Allez, viens avec moi, comme ça je serai sage…

Non, je rentre me coucher et toi aussi !

Putain, je le vois, il est trop trop trop beau, viens de suite, c’est un ordre !

Mais… (et il me raccroche au nez)

 

J’avais 19 ans, je croyais encore au principe de fidélité et d’amitié, je décide donc d’aller jouer les chaperons alors que je n’avais pas dormi plus de 4h dans la semaine. J’arrive dans notre bar, et je le vois. Nom de dieu… Mais il avait raison, il est trop beau ! En disant bonjour à mon pote, je lui annonce qu’il n’a pas de soucis à se faire, je repars avec le beau gosse, et lui il se masturbera en pensant à nos ébats, comme ça pas d’infidélité (je suis sympa comme pote, non ?).

 

Je fais connaissance avec le bellâtre, il se fait draguer par tous les mecs présents, je suis on ne peut plus pressant pour marquer mon territoire. Là je me souviendrais toujours de ce que m’a dit mon pote en le regardant :

 Ok là il est parfait, mais c’est le genre de mec, à 22/23 ans, qui aura du bide 
 Mais je m’en fou complètement de sa gueule dans 4 ans, je l’encule ce soir, et on en parle plus !

Mais on fond de moi ça ne se passait pas aussi bien. Il me sourit, je suis aux anges, il parle à un mec qui lui touche le bras, j’ai envie de tuer tout le monde. Mais pourquoi je réagis comme ça ? J’ai autant de mecs que je veux, et même plus, mais c’est celui-là que je veux. Un coup de foudre ? En tout cas, ça y ressemble…

 

On se sépare, je lui propose de prendre mon num, il est nouveau, on a le même âge, je lui propose d’être son guide dans la jungle de pédé-land. Il refuse poliment. Je suis tout triste quand je rentre chez moi… Je sais que je le reverrais jamais, j’insiste alors auprès de mon pote pour qu’il me file son tel, son mail, n’importe quoi qui me permette de le retrouver, mais ce gros chacal refuse, normal il veut se le faire…

 

Deux semaines plus tard, je me console dans les bras d’un autre homme depuis quelques jours, je suis sur le net. Un garçon vient me parler, c’est lui ! Putain je le crois pas ! Je le lâche pas, sur le net je suis beaucoup plus direct :

 – Tu m’as fait très forte impression, pourquoi tu as refusé mon numéro ?

 Je ne sais pas quelles sont tes intentions, et ça me gênait…

Alors je vais te le dire : tu m’épouses quand ?

  

 

S’en suivent des heures de dials, des coups de fils interminables, et enfin, le grand rendez-vous, le 29 avril (il m’aura fait courir celui-là !). On se fait un resto, on boit un verre, Lucie nous rejoint, on va en boîte, et enfin il se décide à m’embrasser. Grand moment épique ça aussi. Ça faisait quelques heures que je tendais des perches, et toutes sont passées au dessus, je commençais à me résigner, quand enfin, lâchant un merveilleux « tip top moumoute ! » il se jette sur mes lèvres ! Oui bon ok, ça mérite une explication. Cette expression débile, on la sortait tout le temps, et on l’a dite peut-être 200 fois dans la soirée, à un moment, je dis sur la piste de danse « alors les boîtes à pédés tu en penses quoi ? », réponse de l’intéressé « tip top moumoute ! »… Mais je vous jure que c’était vachement mignon sur le coup, bon ok il faut être moi pour voir le romantisme dans cette scène, mais bon… Bref, la suite est censurée, on s’est mutuellement violé sur les banquettes, Lucie a dû nous rappeler à l’ordre !

 

S’en est suivie une année très mouvementée. Deux fois je pris mon envol, une fois il fit ses bagages. J’avais peur, je pense, d’un amour possible, à 20 ans, on ne se rend pas compte. Et lui aussi ne savait pas comment gérer tout ça. On s’est fait du mal, je l’ai trompé (lui je ne sais pas, et je ne veux pas savoir). Et je suis toujours amoureux de lui, quatre ans après qu’il m’ait brisé le cœur.

 

Il a été le seul que j’ai vraiment présenté à mes parents (comprenez, le seul que j’ai invité à manger chez eux, ceux que ma mère croisait à mon bras à Carrefour, ça compte pas !), il était là pour mes 20 ans lors de mon coming-out définitif devant tous mes amis, il était là quand j’ai pris mon premier appartement, il est le seul garçon avec qui je suis parti en week-end, il est le seul que j’ai jamais aimé. Et je suis incapable de passer à autre chose. Pourquoi ?

 

Il m’a fui pendant 4 ans, et le mois dernier, on va boire un verre ensemble, comme on le fait deux fois par an à peu près, pour se raconter nos vies. Je reste dormir chez lui parce que j’ai loupé le dernier métro, et du coup on a le temps de parler, et surtout aucun des deux ne peut s’enfuir. Et là il vide son sac, pourquoi a-t-il gardé tout ça pour lui pendant quatre ans ? Pour pas me faire souffrir, mais surtout pour pas se faire souffrir, ne pas en parler ça aide à se persuader que c’est faux.

 

Résultats des courses : je l’aime, je veux revenir avec lui (de mon côté, vous remarquez que c’est plutôt clair !). Il a des sentiments pour moi, il n’arrive pas à passer à autre chose, les autres garçons ne l’intéressent pas, il ne se voit pas passer sa vie en couple, mais si ça doit se faire ça ne peut-être qu’avec moi, il a envie de vivre de façon plus consumériste (comme moi en gros : boire, sortir, baiser…), mais il en est incapable, mais il ne veut pas se mettre en couple pour la vie sans avoir fait ça avant, mais il ne sait pas si ça va marcher, mais il ne veut pas me faire souffrir, mais de toute façon il faut réessayer quand même sinon on ne s’en sortira pas, mais après bon dans 5 ans quand il va vouloir partir vivre en province moi je ne voudrais jamais le suivre, et puis il aime pas les chats, et puis il ne l’a toujours pas dit à sa mère (qu’il était pédé, pas qu’il aimait pas les chats, c’est bon vous suivez ?), et puis je suis grand, brun, avec une bonne situation en devenir, et puis je suis beau, et puis il m’embrasse et me demande de le serrer fort dans ses bras toute la nuit…

 

Vous avez compris quelque chose vous ? Moi j’ai du mal… Là il est parti en vacances, je vais passer deux mois sans le voir. La seule chose que je lui ai demandé, enfin les deux choses en fait, me donner des nouvelles, et répondre quand je l’appelle ou me rappeler dans les heures qui suivent, et ne pas me dire s’il touche un autre mec. Et on fait le point en septembre.

 

On s’est déjà engueulé parce qu’il me laisse 4 jours sans nouvelles (quoi psychopathe ? mais c’est juste que j’aime qu’on me réponde, surtout lui d’ailleurs), donc j’ai explosé, il m’a répondu « c’est comme ça et puis c’est tout ! ». J’ai pris ça pour un « tu m’saoule, bye ! », mais en fait pas du tout, il compte bien reprendre en septembre, sans me donner de nouvelles pendant deux mois.

 

Et je fais quoi moi ? J’ai pris une grande décision : je bois, je sors, je couche avec tout ce qui bouge, et si je suis encore en vie en septembre, il n’aura qu’à m’épouser, mais je garantis pas la gueule de la marié après 2 mois de débauche non-stop…

 

Programme du week end : trouver de la coc, trouver un mec, puis un autre, puis un autre… Vais pas me laisser emmerder parce que je suis amoureux d’un connard égoïste non ?

 

Gauthier part en vrille.

 

PS : selon lui l’égoïste dans l’histoire, c’est moi… ça s’annonce mal cette histoire !

PPS : Nina et moi en ce moment on a un grand délire sur les murs, vous savez ces murs qu’on voit arriver de loin, mais on fonce quand même dedans en dansant et en chantant. Heureusement que les copains sont là pour nous ramasser après. Donc là je fonce clairement dans un mur, nous sommes d’accord. Et hier j’ai acheté un tee-shirt « Keep off wall », ce qui signifie d’après un pote bilingue « Evitez le mur » ! Faut vraiment que je me remette à l’anglais…

On pardonne bien aux héros

Bon, en bonne petite journaliste que je suis, je vais vous faire un peu d’actu quand même. Pour vous montrer que moi aussi, je peux réagir à chaud (enfin, à tiède, là plutôt, mais bon, hein !). Puisque la nation entière, voire le monde entier et peut-être même la galaxie ne parlent que de ça, je suis le mouvement. Moi aussi, je vais vous parler du coup de boule de Zidane.

 

Bon, autant vous dire que j’ai pas regardé le match donc je me suis pas sentie trahie ou déçue ou quoi que ce soit quand il a été expulsé. Mais bon, comme les médias nous bourrent le mou depuis un mois avec le mondial, j’ai pas eu le choix, j’ai eu vent de l’affaire, j’ai même vu les images. J’ai même appris que dans l’équipe d’Italie, y avait pas que Del Pierro et Buffon (hihihihihi !), il y en a un qui s’appelle Materazzi, aussi. Même que les Italiens, ils étaient pas contents qu’ils soit sélectionné parce que ce petit con insulte tout le monde. Et voilà
que ce vilain glandus vient insulter notre Zizou à nous, quel crime de lèse-majesté ! Et là, paf, le Zidane nous pète un plomb et va cogner son adversaire. Ben merde alors, si on s’attendait ! Du coup, on ne parle plus de la fin du match, surtout pas de l’erreur de Trezeguet qui a eu chaud aux fesses : un autre David ne s’est jamais remis de son erreur lors des qualifications du mondial 94.

 

Bref, le match se termine et on perd. Zidane vient même pas chercher sa médaille et là, je me demande : le demi Dieu va-t-il être descendu de son piédestal ? Et bien non et même, au contraire : tout ça, c’est la faute à l’Italien ! C’est lui qui a provoqué Zidane, c’est lui le méchant de l’histoire ! Même Chirac cite notre ami Zidane en exemple, le demi Dieu est devenu Dieu, alléluia ! Bon, alors, comprends bien, lecteur, que je n’ai rien contre Zidane. Au contraire, je trouve que ce mec est calme, il nous emmerde pas avec ses histoires de cul. Bon, après, il est très utile aux politiques : bon père de famille, sorti d’une cité dortoir de Marseille et d’origine kabyle, comme quoi, on peut s’en sortir, hein !
Oui, on omet un peu de dire que c’est l’exception qui confirme la règle mais ça, on peut pas lui reprocher, à Zidane, il ne se revendique pas comme un modèle, il fait son beurre et c’est tout. Sauf que son geste reste inexcusable pour moi. Ce mec est un pro, payé des millions et des millions, il n’avait pas à péter un plomb comme ça. Si, à l’époque où j’étais guichetière, j’avais frappé un client qui m’avait insultée, j’aurais été virée fissa. Si un prof tartait un gamin qui l’a traité de fils (ou fille) de pute, il serait renvoyé aussi. Zidane fout un coup de boule à un mec, il est encensé, adulé, applaudi. Mais enfin, il a commis une bourde pas croyable ! Il a commis une erreur professionnelle monumentale qui a peut-être fait perdre la France, du coup (oui, à ce qu’on m’a expliqué, moi, je n’ai aucun avis sur la question…).

On me rétorquera que le pardon, c’est bien et compagnie. Oui, je suis d’accord. Sauf que je ne trouve pas juste qu’on pardonne certains et pas d’autres, en prenant comme mesure leur célébrité. Zidane a commis une grave erreur professionnelle et devrait être sanctionné. Les sportifs de son niveau n’ont pas à commettre de tels actes. Mais ce qui est merveilleux dans toute cette histoire, c’est cet élan national, ce resserrage des coudes ! Pas un média n’a critiqué le geste de Zidane mais tous nous ont bien fait sentir que Materazzi était un petit con que même les Italiens détestaient. Zidane s’excuse mais ne regrette rien ? Ouais ben il a raison, d’abord, on a insulté sa mère et sa sœur d’abord ! Non mais ça va pas ? L’Italien, il aurait fallu le lapider sur place !

En fait, je suis étonnée. En France, nous sommes les pros pour détruire ceux que nous avons encensé, clouer au pilori nos anciennes idoles. Ou déclouer ceux qu’on avait critiqué, l’air de rien. Genre Aimé Jacquet est un génie, Domenech est trop fort… Allez, le ridicule ne tue pas les enfants, retourner sa veste est un sport dans lequel nous sommes champions du monde et de loin. Bref, j’étais persuadée que notre ami Zidane deviendrait une espèce d’ennemi national mais finalement, non, on l’aime toujours autant notre Zizou, il va continuer ses pubs et tout, trop fort. A croire qu’en France, après Cantona qui fait une bicyclette (si le truc en l’air, là, qu’on voit dans Olive et Tom) dans la tronche d’un spectateur, on aime bien nos enfants terribles. Et quelque part, ça me rassure qu’on retourne pas notre veste une fois de plus. Ce qui serait bien maintenant, c’est qu’on puisse aussi pardonner à des gens pas célèbres. Après tout, nous ne sommes tous que des humains.

(allez, petit jeu :http://www.zappa.cc/zidane/)

Episode 21

« Si je ne m’étais pas retenue, je l’aurais descendue sur place, cette sale latino ! On aurait dû les mettre hors la loi, ceux-là aussi !
– Ma mère était mexicaine. J’aurais été un esclave, moi aussi, si ça avait été le cas.
– Chacun sa croix. Cette petite garce ne nous a même pas donné le nom d’Oceany ! J’étais persuadée que je pourrais l’avoir, cette salope, mais ça a échoué.
– Maria prétend travailler seule.
– Elle la couvre, t’as pas compris ? Bon sang, je suis entourée d’incapables ! Par moment, je me dis que tu ne vaux pas mieux que Bill, qui n’est pourtant pas une lumière.
– Parce que tu te crois supérieure à nous, peut-être ?
– Je ne me crois pas supérieure, je le suis. Je n’ai qu’à lever le petit doigt et on retrouvera ton cadavre dans une benne au rez-de-chaussée à moitié bouffé par les chiens. Alors, un conseil, ne
me parle plus jamais comme ça. »
Elle le fusilla du regard puis quitta la pièce, pour aller voir le grand patron. Seul lui la comprenait, il l’apaisait, il était si bon avec elle. Elle l’aimait plus que tout et elle s’était jurée
de faire tout ce qu’il lui demandait, y compris épouser et coucher avec Oxford. Quant à Bryan, il n’était rien pour elle, elle couchait juste avec lui pour compenser car elle ne pouvait pas faire
l’amour avec le grand patron. Elle pouvait à peine le toucher, mais elle était devenue la seule personne avec qui il communiquait et ce privilège suffisait à la rendre heureuse. Il allait oublier
ceux et celles qu’il avait aimés avant, même s’ils se comptaient sur les doigts de la main. Elle serait bientôt la seule femme de sa vie, la seule.

—–

Oceany sortit de sa chambre et alla à la cuisine, le cœur battant ; Et si quelqu’un s’était aperçu de son absence ? Mais elle fut rassurée dès qu’elle entra dans sa pièce et
vit sa mère lui sourire, tandis que son frère était en train d’engloutir un immense bol de céréales : tout était normal. Elle avait une folle envie de tout raconter à sa mère, de lui parler du
bonheur qu’elle ressentait, mais elle ne pouvait pas. Elle était censée se fiancer à Mark le lendemain soir et Alyson semblait avoir tellement été blessée par l’amour dans sa jeunesse qu’elle
réagirait peut-être mal. Elle s’assit donc à sa place et resta un instant à regarder les deux êtres qu’elle aimait le plus que tout, le cœur gonflé d’amour et de confiance. Au moment où elle avait
commencé à douter, Ethan lui avait montré la voie à suivre, et elle était plus déterminée que jamais.
« Bonjour ma chérie ! commença Alyson. Bien dormi ?
– Ca va.
– Tu as l’air particulièrement rayonnante, ce matin ! J’imagine que tu es pressée de te fiancer.
– Oui, ce doit être ça.
– Tu dois commander un joli costume pour l’occasion. Tu seras la personne la plus importante de cette fête, tu dois montrer à tous que tu es digne de ton rang et de ton nom.
– Tu te déguiseras en princesse, dis ? demanda Oliver.
– Je ne sais pas encore.
– Moi, j’aimerais bien ! Moi, je vais me déguiser en petit lutin.
– Tu seras très mignon, j’en suis certaine.
– Si tu veux, je peux te montrer mon costume.
– Non, je veux que tu me fasses la surprise pour demain soir. D’accord ?
– Oui, mais alors, toi, tu te déguises en princesse, d’accord ?
– Promis.
– Super ! Bon, je vais aller regarder ce qu’il y a de beau pour toi. Tu viens dans ma chambre avec moi ?
– J’arrive, je prends mon petit déjeuner et je suis à toi. »
Le petit garçon poussa un cri de joie et partit en courant dans sa chambre car il avait beaucoup à faire. Il était si sage pour un enfant de son âge, c’était une véritable perle. Oceany espérait
avoir un fils comme lui, un jour.
« Ca va lui fendre le cœur quand tu partiras.
– Quand je partirai où ?
– Tu te fiances demain soir, Oceany. Tu vas bientôt te marier avec Mark et tu iras vivre avec lui.
– Ah, oui, c’est vrai. Je n’ai pas envie de vous quitter.
– Tu ne pourras pas rester éternellement avec nous, voyons ! Tu dois vivre ta vie.
– Tu aimerais te baigner dans l’océan ?
– Pourquoi tu me demandes ça ?
– Pour savoir. Moi, j’aimerais savoir ce que ça fait de se baigner dans ces eaux salées et puissantes. Ca change des piscines chlorées et désespérément immobiles.
– Je me souviens quand j’étais adolescente, je passais mes étés au bord de la mer, sur la plage, à regarder les garçons faire du surf et à m’éclabousser joyeusement avec mes amis. Mais c’était un
autre temps.
– Je veux que tu viennes avec moi te baigner un jour.
– Enfin, chérie, l’océan est pollué et c’est trop loin et puis, pourquoi quitter la ville ? On est très bien ici, je…oh, Seigneur, ça recommence !
– Quoi ?
– Je n’ai jamais rien détesté autant que cette ville et pourtant, je n’arrête pas d’en dire du bien. Je deviens folle !
– Non, ça n’a rien à voir avec la folie, c’est juste que tu es endoctrinée comme tout le monde. Je ne sais pas comment ils s’y prennent, mais chaque habitant vénère cette ville alors que c’est une
véritable prison. Sans doute parce qu’ils n’ont plus besoin de rien et qu’ils n’ont plus vraiment de raisons de se plaindre.
– Toi, tu es comme moi alors pourquoi tu n’es pas victime de leur propagande ?
– Je ne sais pas. Peut-être parce que je ne me sers pas beaucoup de tous les outils qu’on m’offre, ce qui m’évite de m’extasier à tout bout de champ. Qui sait ?
– Je veux partir d’ici, ma vie en dépend. Si je reste ici trop longtemps, je vais devenir folle. Aide-moi à sortir d’ici.
– Oh, maman, je suis tellement contente que tu me le demandes ! Je t’aiderai, toi et Oliver et même Nicholas si tu y tiens. Nous serons tous heureux, ailleurs. Je te le promets. »
Elle étreignit sa mère et ne put s’empêcher de verser quelques larmes de bonheur. Tout s’arrangeait comme elle le voulait, elle espérait que ça allait continuer.

—–

« Ce serait l’occasion rêvée pour un coup d’éclat, non ? »
Mai était plantée devant Juan, les mains sur les hanches, bien décidée à le persuader de marcher dans sa combine, mais son acolyte ne semblait pas d’humeur à discuter. Depuis sa dispute avec Maria,
il s’était un peu refermé sur lui-même et ses grands yeux noirs trahissaient sa tristesse. Oceany et Ethan choisirent ce moment-là pour arriver, ce qui ne pouvait pas mieux tomber. Si elle arrivait
à convaincre la jeune femme, Juan suivrait forcément.
« Oceany vient voir deux minutes ici. Juan et moi ne sommes pas d’accord sur la marche à suivre.
– A propos de quoi ?
– De tes fiançailles : pourquoi ne pas en profiter pour faire un coup d’éclat ?
– Parce que je n’ai pas envie de sauter à cause d’un attentat.
– Je ne pensais pas à ça, mais à une bonne blague. On va semer la zizanie dans cette stupide fête.
– Ca s’appelle de la provocation, ça, Mai.
– Oui, je sais, mais qu’est ce que tu as fait, toi, en allant libérer Kirstie ? Si c’est pas de la provocation, ça ! J’ai juste envie qu’on fasse une bonne blague à tout ce monde et qu’on leur
fasse comprendre qu’il ne faut pas nous sous-estimer.
– C’est totalement inutile, Mai ! protesta Juan. Je n’ai pas envie de jouer à ce jeu-là et puis, avec tes yeux bridés, tu risques de ne pas aller bien loin.
– C’est une soirée costumée, personne ne verra mon visage. Et si on faisait exploser le gâteau ? Ca arroserait tout ce joli petit monde, ce serait amusant.
– Là, je ne suis pas trop pour. Normalement, je devrai couper le gâteau avec Mark et je n’ai pas envie de bousiller ma robe pour faire une blague.
– Depuis quand une robe a autant d’importance à tes yeux ?
– Cette robe, c’est Oliver qui me l’a choisie ; j’y tiens.
– Oh, je comprends. J’y pense : M Oxford va faire un discours, sans doute. Après tout, ce sont les fiançailles de son fils.
– Oui, en effet, c’est ce qui est prévu.
– Parfait : on va s’inviter à la soirée, préparer un gâteau piégé qui sera amené par un robot piraté par nos soins.
– Tout le monde ne peut pas venir, on n’a pas assez de passes.
– Je dois venir, c’est mon idée, ainsi que Myo parce que c’est un génie pour pirater les robots. Quant à Juan, ça lui ferait du bien de faire un peu la fête.
– J’aimerais que Kirstie vienne aussi, intervint soudain Ethan qui n’avait encore rien dit.
– Pourquoi ? demanda Juan.
– Je pense que ça lui fera du bien de voir son ancien maître ainsi ridiculisé.
– Il faudra qu’on se procure un nouveau passe, alors, Maria nous en a volé un. Je m’en occuperai demain. Ma mère est de notre côté et ne dira rien si j’emprunte le sien.
– OK, je vais m’occuper immédiatement du gâteau ! »
Mai repartit gaiement vers son mari, pour lui parler de leur projet, mais Juan n’arrivait pas à partager sa joie, il avait un mauvais pressentiment. Il allait se passer quelque chose de dramatique,
il le sentait.

Chapitre 15


Oceany fourra les invitations dans son sac et se dépêcha de quitter l’appartement avant d’être attrapée par sa mère. Cette dernière était surexcitée à cause des fiançailles de sa fille et ne
cessait de harceler cette dernière pour qu’elle se prépare correctement afin d’être la plus belle. Mais Oceany s’en moquait éperdument ; peu lui importait ce que Mark pensait d’elle, elle ne
l’aimait pas. De toute façon, et si tout se déroulait correctement, elle n’aurait pas à l’épouser.
Elle prit le monorail qui la conduisit vers les premiers étages, puis se dirigea d’un pas vif vers le hangar où il n’y avait pas grand monde. Le jour, la plupart des rebelles menaient une vie
normale pour ne pas être suspecté.
Mai l’accueillit joyeusement et l’entraîna vers le centre de la pièce pour lui montrer son costume, qui n’était en fait que sa tenue habituelle de rebelle, à savoir sa combinaison argentée et son
masque ressemblant vaguement à un papillon.
« Alors, qu’est ce que tu en penses ?
– C’est marrant, j’ai la même à la maison.
– Je sais : ça va devenir notre marque. Ce soir, on sera tous déguisés comme ça.
– Tu n’as pas peur qu’on vous remarque un peu ? Quatre personnes déguisées de la même façon, c’est étonnant.
– Enfin, il va y avoir des centaines de gens, on sera masqué et maquillé ! Au pire, ils remarqueront qu’il y a deux personnes vêtues pareil, un homme et une femme, mais ils ne pourront pas savoir
que nous sommes quatre en réalité, ils penseront que Myo et Juan ne sont qu’un et me confondront avec Kirstie.
– A propos de Kirstie, si les gens voient sa peau noire, tu crois pas qu’ils vont se douter de quelque chose ?
– Juan nous a fourni du maquillage, on va tous se tartiner la figure de blanc, comme ça, personne ne verra la couleur suspecte de notre peau.
– OK, ça va, je vois que tu as tout prévu ! Alors, voilà, quatre invitations pour entrer dans la salle, plus le passe de ma mère que tu donneras à Kirstie afin de monter là-haut.
– J’ai hâte de voir cette fameuse salle de réception, Juan m’a dit qu’elle était remarquable.
– Oui, sauf que ça a lieu au Théâtre municipal.
– Ah ? Tu es sûre ? J’ai entendu à la radio que c’était à la salle de réception.
– Ce sont mes fiançailles, je suis quand même un minimum au courant. Ils ont dû faire une erreur, c’est tout. J’espère que tout se passera bien.
– Tu as le trac ?
– Hein ? Oh non, je ne parlais pas de mes fiançailles, mais de ton plan tordu.
– Tu n’as pas envie de te fiancer avec lui, n’est ce pas ?
– Tu sais, Mark est un garçon gentil, malgré tout ce qu’on m’a dit sur lui et je l’apprécie. Mais je ne l’aime pas et je crois que ce sera comme ça jusqu’à la fin de ma vie.
– C’est à cause d’Ethan ?
– Pardon ?
– J’ai bien vu qu’il te faisait de l’effet et j’ai senti que vous étiez très proches depuis quelques jours. A mon avis, vous vous ennuyez pas quand vous êtes tout seul.
– Mai ! On ne peut rien te cacher. Comment tu as su ?
– Tu oublies que je suis ta meilleure amie et une meilleure amie doit toujours deviner ce qui se passe dans la tête de l’autre. C’est un gentil garçon, tu as fait un bon choix, même s’il m’a
traitée de salope. Mais il a changé à ton contact, il a perdu ses idées racistes et ça, c’était vraiment pas gagné. J’espère que vous serez heureux.
– Je l’espère aussi. »

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Le tampon rend con

Il y a un mois ou deux, avec LilVirgo, on a lancé le concept d’un one woman show. Comme c’est ferié aujourd’hui, en cadeau bonus, voici le premier sketch : le tampon rend con

(regarde son agenda)
tampon

26, 27, 28… Bon, ben, mercredi, j’ai mes règles. Ca tombe mal, j’ai une réunion super importante où je dois démontrer que je mérite mon salaire et que je ne passe pas mes journées à devenir une championne au solitaire. Non parce que je sais pas si vous avez remarqué mais, souvent, les règles, ça nous rend con.

Est-ce dû au fait que notre sang se concentre là ? Ca veut dire que notre cerveau n’est plus irrigué ? Regardez toutes les pubs pour les tampons et les serviettes hygiéniques. Les nanas, elles se retrouvent tout à coup avec 2 de QI. Ca m’étonne que les publicitaires nous aient pas encore fait le film mettant en scène une executive woman. Imaginez, la nana en tailleur strict, chignons et petites lunettes sur le nez. Cartable à la main, elle avance d’un pas sûr, on sent qu’elle pourrait écrabouiller n’importe qui avec ses hauts talons. On la voit aller dans les toilettes et là, drame ultime : les anglais ont débarqué. Et la voici devenue toute niaise avec une voie ridicule et une espèce de gêne dans son attitude.

« Et Josiane, tu viens prendre un café ?
– J’peux pas, j’ai mes règles. »

Ce que je trouve fascinant dans le traitement des règles dans les pubs, c’est qu’on sent que c’est fait par des mecs. Outre le fait que ça nous rend totalement niaise, ça nous empêche de tout faire. La phrase à placer dans ces pubs c’est « je peux pas, j’ai mes règles », à prononcer d’une voix la plus niaise et empruntée possible, tout en rougissant. « Han, je peux pas, j’ai mes règles. » Petite mise en pratique.

« Julie, tu viens te baigner ?
– J’peux pas, j’ai mes règles
– Julie, tu viens regarder la télé ?
– J’peux pas, j’ai mes règles
– Julie, tu ranges ta chambre ?
– J’peux pas, j’ai mes règles
– Julie, tu…
– J’peux pas, j’ai mes règles »

Le problème, c’est que dans la vie, ça marche pas. Moi, si on me dit : « Nina, y a un dossier urgent à boucler, là, je vous le confie !

– J’peux pas, j’ai mes règles.
– Et alors, ça vous empêche pas de bosser ! »

De toute façon, la phrase « j’peux pas, j’ai mes règles » est toujours suivi d’une autre de type « mais enfin Julie, tu connais pas topitampon ? C’est top, ça absorbe trop bien le flux ! Bon, nous sommes toujours aussi niaises et empruntées mais au moins, on peut aller se baigner, woohoo ! ». Et là, je rêve de voir mon boss me filer un topitampon en m’en vantant ses vertus et comme ça, je pourrai finir mon dossier. Bon, c’est pas aussi glamour que draguer les mecs au bord de la plage mais bon, au moins, je suis sauvée.

C’est marrant comme les règles, ça a vraiment un côté sale et on sent les mecs pas à l’aise du tout pour parler de ça… Du flux et de l’odeur. Y a toujours un côté très poétique pour en parler. Le mieux, c’est que depuis quelques temps, on nous refile des tampons « capteurs d’odeurs » ou qui sentent bon. Bon alors, déjà, en tant que femme, je refuse que mon sexe sente le déodorant pour toilettes. Bon, le parfumé, ça n’a pas marché donc on capte les odeurs. Bon, c’est bien… Sauf que moi, le tampon, je le change suffisamment régulièrement pour pas que ça sente.

Non, vraiment, les publicistes, arrêtez de croire que les règles, c’est la fin du monde pour nous. Ca fait presque 15 ans que je les ai tous les mois et regardez, je ne suis pas morte. Je crois qu’il faut traiter le problème autrement, avec plus de fun. Virez moi ces nanas coincées qui osent à peine prononcer le mot de tampon et allons-y gaiement ! Par exemple : ambiance boîte de nuit, Jennifer et Kevin se roulent des patins d’enfer, Kevin a bien envie d’aller visiter le dessous de la micro robe de Jennifer, la jeune fille l’entraîne dans les toilettes… Ouais, je sais, baiser dans des toilettes avec les pieds qui pataugent dans une espèce de mixture à base de pâte de PQ, ça n’excite pas tout le monde mais passons…Donc Jennifer l’entraîne dans les toilettes pour filles, elle prend une pièce et la tend vers le distributeur de capotes mais au dernier moment, elle la met dans le distributeur de tampons et prend le petit objet en haussant les épaules genre « désolé Kévin, c’est pas ce soir que tu visiteras mon intimité ». Mais ça, c’est du concept ! Autre idée. Prenons notre copine Julie, celle de la plage. Bon, cette cruche a enfin compris qu’avec un tampon, on pouvait aller se baigner, on avance. Donc Julie se la joue Pamela Anderson, on la voit avancer sur la plage avec un déhanché limite interdit au moins de 16 ans et là, la caméra centre sur ses fesses et que voit-on sortir de son maillot ? La ficelle du tampon. Slogan : « Topitampon, on n’a pas non plus toutes les solutions ».

Alors, c’est pas du concept ça ? Hé ouais, j’ai peut-être mes règles tous les mois mais ça n’empêche pas que ça cogite, là-haut (tapote le front).

Attention !! Ceci vaut le coup d’oeil

Par Tatiana

Lecteur si tu entres dans ce billet je te jure tu ne le regretteras pas. (photo de moi nue)

Bon en fait c’est pas vrai bien sûr mais il fallait bien que je vous attrape avec une pub mensongère. Mais promis je ne le ferais plus, car c’est pas très éthique tout de même.

Aujourd’hui je vais vous parler de ma journée d’hier. Après quelques échanges de mails matinaux avec mes amies en stage, je me suis préparée pour mon déjeuner mondain avec mes anciens camarades de misère, c’est-à-dire mes anciens collègues de travail. Je les ai rencontrés lors de mon dernier stage, le seul qui a duré six mois. Au début de ce stage, je ne leur parlais pas encore, et d’ailleurs j’ai failli m’en aller car mon activité là-bas n’était pas très épanouissante et je ne m’entendais pas très bien avec ma responsable. Et puis petit à petit, étant d’une nature sociable, j’ai commencé à parler avec les gens autour de moi et j’ai créé des affinités avec ces personnes. Surtout que moi on a tendance à me remarquer. Comme je disais ce midi j’ai la faculté d’occuper l’espace d’une pièce dès que je suis dedans. En gros je prends un peu de place. Alors au début c’est un peu fatigant, mais après quand je pars ah ben là ça fait tout vide. Du coup les gens sont toujours très contents que je vienne les voir après coup.

Me voilà donc à 12h30 à l’accueil du bâtiment pour mon repas avec une partie de mes amis vu que les autres ne mangent jamais avec ceux-là. Ca fait partie des petits clivages de l’entreprise. Nous décidons d’aller à l’indien. Comme prévu tout ce passe super bien, bonne ambiance et tout. Et là, premier sujet de réflexion : je croise Mister belles fesses qui était assis à une table dans le même restau. Ben ça pour une coincidence !! Parce qu’il y avait une chance sur un million que je le croise lui. Petite explication : belles fesses (BF pour faire plus court) est donc un mec que j’ai rencontré pendant le stage et on a découvert qu’on avait fait la même école. Forcément ça crée des liens et quand je suis partie, il m’avait proposé de voir si y aurais pas du boulot dans les boites qu’il connaissait. J’avoue que j’ai dis oui tout de suite, surtout que je le trouve très miam et qu’en plus comme ça il a mon tel. Bon il faut savoir que je ne fais que fantasmer sur ce jeune homme car marié et donc même si il y a un petit jeu de séduction entre nous ça reste là. Alors, il y a deux jours je lui laisse un message sur son répondeur pour le boulot hein pas autre chose, et là pouf je le croise. Je me dis c’est un signe vas lui dire bonjour et relance le pour le job. Donc direct je vais le voir, et il se souvient de mon nom, c’est déjà pas mal parce que quand même c’est pas forcé, et ajoute « j’ai eu ton message ». Comme si j’allais l’agresser le pauvre petit. Ben moi tout ce que j’ai pensé en le voyant c’est « hum t’es quand même mignon toi tu sais… ». Non mais c’est pas possible je suis incorrigible avec cettte sale manie. Tout ce que je ne peux pas avoir il me le faut. En lui laissant mon portable une deuxième fois, je pensais à ce serait bien qu’il m’invite à boire un verre. N’importe quoi ! A croire que mon histoire précédente ne m’a pas calmé du tout. Des fois je me dis que je devrais en parler à un psy, ça m’aiderai peut être. Parce que si un jour je veux fonder une famille je suis un peu dans la merde.

Mais continuons notre périple de la journée. Je reviens dans les locaux de la boîte, toute seule car les autres ne m’ont pas attendue. Pourtant je ne suis pas restée si longtemps que ça avec BF. Là je vois un autre camarade en train de discuter avec un autre mec que je connais. Ce camarade là je l’adore ! Mais vraiment. C’est un de mes super potes là-bas. On passait toutes nos pauses ensemble et il me raconte plein de truc de sa vie. Il est comme moi du genre la vanne facile et sans tact. Je sais que je peux lui balancer des « mais putain ta gueule !!! » sans qu’il le prenne au sérieux pour autant. Chose que je ne pourrais pas faire avec d’autres. On se pose pour prendre un café et j’apprends que justement aujourd’hui le Brésilien est là pour la journée. Lui c’est un mec qui vient de temps en temps bosser chez nous (oui je dis chez nous car je suis tellement attachée à ces gens que je me crois encore là-bas). Me voilà partie à attendre qu’il revienne de manger. J’ai poiroté plus d’une heure ! Bon ça va que j’ai toujours quelqu’un à qui parler dans cette boîte de toute façon. Du coup je suis partie vers 15h, et encore j’aurais pu rester plus longtemps.

Après avoir été chercher mes nouvelles lunettes, qui en passant ne sont pas à ma vue (super l’ophtalmo !), je rentre chez moi et continue mes conversations by mails. Puis le soir direction oberkampf chez mon amie lysa, où il y avait aussi Lola. Au programme des discussions : l’amitié. En fait tout est parti du fait que le mec de Lola voulait incruster une fille à l’anniv de ce WE, alors qu’il ne la connaissait que depuis un soir. C’est à dire que pour lui c’était déjà son amie. Débat sur comment lui faire comprendre qu’on ne devient pas ami véritablement avec quelq’un au bout d’une soirée. L’amitié c’est comme l’amour, ça se construit. Maintenant il y a aussi en amitié des coups de foudre. Moi il m’est arrivé avec une de mes amies que dès le départ je lui raconte tout de ma vie même des trucs que d’habitude je rechigne à dire. Ca fait maintenant pas loin de 10 ans qu’on se connait et d’ailleurs il paraît qu’on fonctionne comme un vrai couple (ça fout la honte quand on vous dit ça…). Il m’est arrivé aussi de partir en vacances une semaine avec des gens que je connaissais seulement depuis deux soirées. Ca, faut le faire quand même car rien ne garantit que dans la vie au quotidien ça passe. Ben figurez-vous que j’ai adoré ces vacances. C’est comme si on avait toujours été amis.

Autre sujet de débat : la confiance dans un couple. Nous sommes toutes les trois dans des situations actuelles qui font que dans une prochaine relation, on ne fera que très difficilement confiance au jeune homme concerné. Cette année nous avons été mise directement ou indirectement dans des situations pas très réluisantes pour la gent masculine. On a vu que même des couples ou les deux s’aiment, il peut sans raison apparente y avoir tromperie. Bon, je vous l’accorde, des fois ça vient de la femme, mais en l’occurence nous on a eu affaire qu’a des mecs casés et non l’inverse. Quand je vois le nombre de mecs qui ont des copines et qui draguent d’autres filles, j’hallucine. Ayant été à la place de l’amante, je me dis que je détesterais être à la place de la trompée. Mais comment le savoir ? Je veux dire le jour où ça va devenir sérieux avec un mec comment savoir si oui ou non je peux lui faire confiance ? Impossible car même un mec amoureux peut craquer sur quelqu’un d’autre. C’est totalement humain. C’est sûr que finalement ça fait partie du jeu de prendre le risque de se brûler avec le feu. Mais après avoir déjà eu le bras de cramé, j’ai pas envie que ce soit mes jambes. Plus on grandit, plus on entend des histoires au fins sordides et plus on a des ruptures douloureuses, plus il devient difficile de redonner sa confiance aussi vite qu’auparavant. Là est tout le dilemme de l’amour…

Voilà retranscrit ici une partie de mes errances cérébrales. Que de questions avec ou sans réponses, il s’en passe des choses dans ma vie 😉

 

Le boulot, des fois, c’’est rigolo

Bon, aujourd’hui, j’ai envie de parler boulot mais promis, je vous embêterai pas avec mes revues de presse ou autre. Non, aujourd’hui, je vais vous dévoiler un peu les coulisses de l’asso parce que, finalement, c’est super intéressant.
fun-travail

Ca fait maintenant deux mois que j’ai commencé, j’aurais dû être à mi-chemin de mon contrat (putain, déjà !) mais finalement, ils veulent me garder jusqu’à fin septembre. Bon, j’ai un projet très important juste derrière mais ça va coller donc je dis oui. Parce que la rentrée va être très importante pour l’asso et on ne peut pas se rater. Parce que je crois en elle et je pense que bientôt, on sera connus. Parce qu’ils ont des idées de comm génialissimes qui ne pourront que marcher. Bref, au bout de deux mois, je me dis que j’ai clairement fait le bon choix.

Bref, je cesse là ma déclaration d’amour surtout que personne de l’asso ne lit ce blog donc ça sert à rien d’insister. Qui sont les gens avec qui je travaille ? Des trentenaires ou pas loin avec des boulots de rêve, sortant tous de grandes écoles genre HEC ou CELSA, ils vivent dans de grands apparts dans Paris. Bref, je suis la prolo de service. Nous sommes environ une quinzaine mais il y en a quelques uns que je n’ai pas encore rencontrés. En gros, ceux que je fréquente le plus, ce sont Simon et Michel, président et vice-président, Karima et Flora, qui bossent dans la comm et Isabelle, qui nous prépare de petits événementiels. On se fait souvent des réunions pour déjeuner ou le soir pour travailler, parfois le week-end puisque toutes ces personnes travaillent. Bon, en gros, on est une asso sérieuse mais c’est pas pour autant qu’on est sinistre, on va d’ailleurs essayer de « djeuniser » le site, on dira parce que pour l’heure, si le site est très joli, il fait un peu trop laboratoire d’université.

Forcément, comme nous sommes des humains, y a des moments où on part en vrille et où on commence à délirer sur n’importe quoi. Genre on se moque de Michel qui a parlé de « compagne présidentielle » dans le communiqué de presse parce que c’est 8h et qu’on est fatigués.

Samedi, on a eu une réunion et j’ai bien aimé parce que ça faisait plus déj entre potes. Chacun a amené à manger, on a préparé une grosse salade. A un moment, on a rigolé : Karima, Flora et moi préparions la salade tandis que Simon fumait sa clope et on a commencé à délirer sur la répartition sexuelle des tâches dans l’asso. On parle pas mal de nos vies, Simon et Michel s’intéressent pas mal à mon projet post stage, Karima nous parle de son groupe de musique, Flora me raconte sa vie sentimentale au bout de cinq minutes de déjeuner (j’adore comme les gens me font spontanément confiance). Isabelle ne parle que de cul, tout le temps. Elle doit aimer ça, elle, elle n’a que ça à la bouche (sans aucun mauvais jeu de mot). Elle est toujours un peu excitée et fait toujours partir les conversations en vrille mais bon, elle a de très bonnes idées de comm, on a des opérations en prévision qui, si elles marchent, vont faire une pub incroyable à l’association. Mais c’est totalement interdit d’en parler, même à nos conjoints respectifs. Bon, traduction pour moi : t’en parles même pas à Gauthier. Enfin, bref, Isa, elle a un peu des soucis de thyroïde à mon avis mais passons.

Donc les réunions ressemblent de plus à plus à une bouffe entre potes qui discutent sérieusement qu’à de vraies réunions de boulot. Bon, moi, je reste assez calme, surtout quand les conversations glissent sur « ah ouais, j’ai croisé Jean-Claude aujourd’hui ! » parce que je le connais pas, moi. Ils ont plein de potes en commun donc, forcément, y a des blagues qui m’échappent. Mais bon, en laissant traîner mes oreilles, j’apprends des choses sur les uns et les autres, l’existence de la copine italienne de Simon, la non vie sexuelle de Michel (apparemment, il serait un peu coincé), l’amour désespéré de Karima pour un homme marié, la (longue) liste des exs d’Isa… Puis comme ces gens sont dans les hautes sphères, j’apprends du croustillant aussi. Enfin, bref, c’est riche en enseignement ces réunions.

Après, il y a quelques anecdotes. Par exemple, samedi, Karima, Flora et Isa ont commencé à chanter la chanson de Cauet et de chercher les paroles, Simon et moi nous sentions particulièrement largués. Parce que je savais même pas qu’il y avait autre chose que « Zidane il va marquer », dedans. On cherche à citer les joueurs de l’équipe de base, moi, j’en connais aucun donc je joue même plus. Isa m’explique que Pires et July (orthographe?) n’ont pas été sélectionnés par ils ont couché avec Estelle Denis, c’est à dire Mme Domenech herself. Ah ben je comprends enfin les blagues des Guignols sur le sujet !

Autre anecdote, la meilleure. Lundi, j’ai rendez-vous avec Simon et Gabrielle, chargée de comm, pour déjeuner. On doit parler du dossier de presse que je suis chargée de faire. On se retrouve, on s’installe en terrasse, on parle boulot, société, tout va bien… Soudain, à la table d’à côté, la serveuse s’énerve et commence à rembarquer la salade d’une cliente en lui disant de se casser. La cliente essaie de récupérer sa salade et comme elle n’y arrive pas, elle jette son assiette de frites à la figure de la serveuse avant d’essayer de la castagner. Son copain, genre armoire à glace, la retient, on se lève pour pas se prendre de coups puisque les couverts ont déjà valsés quand une autre serveuse surgit du resto en brandissant une chaise pour la jeter à la figure de la cliente. Bon, Simon arrive à l’intercepter. Tout ce petit monde s’engueule joyeusement, les serveuses accusant les clients de s’être montrés insultants, les clients d’avoir attendu trois plombes pour être servis. On nous prend à témoin mais on n’a rien vu, nous. Bon, finalement, les clients se cassent et pendant quelques minutes, on se retrouve comme des cons à rien dire. On essaie de comprendre à qui sont les portables et les lunettes qui ont atterri sur notre table, chacun récupère son bien.

« Ben, c’est violent des nanas qui se castagnent
– Ouais.
– On va demander l’addition. »
Le boulot, y a des jours où c’est vraiment rigolo.

RECONVERSION ! (ou l’’art de passer de la grande distribution à la grande masturbation)

Par Mister Big

 

Non, non, je ne vais pas vous pondre un « antisocial, tu perds ton sang-froid ! »… Je ne suis pas là pour faire de la politique de bas étages, y’a des gens bourrés de diplômes dans ce domaine et qui sont déjà pas fichus de le faire…

Je préfèrerais vous parler d’une race en perpétuelle voie d’extension exponentielle : le con. Le con, on en connait tous, on en a tous dans notre entourage… Le con, c’est l’essence même de l’humanité. Ma merveilleuse vie m’a mené à travailler dans la grande distribution (ben ouais : c’est bien mignon la vie de bohème, mais ça paye pas les factures !), et c’est dans ce microcosme social que j’ai été mis en contact direct avec cette sous-espèce humaine… Tous les jours, depuis un an, je vois du con à longueur de journée. La première moitié n’a pas compris que la réponse à « bonjour » était tout simplement un autre « bonjour » et croit que « je regarde » est un échange équivalent… Maintenant, je leur réponds « je vous ai juste dit bonjour, ce n’est pas une obligation d’achat »… enfin, ça, c’est les bons jours, ceux où je n’ai pas envie de les étriper et de me faire des lacets avec leur intestins… La seconde moitié ne répond même pas ! Et là, devant tant d’indifférence, j’engage la conversation avec ma balance, au cas où ce cher et tendre client ait cru que je m’adressais au mobilier plutôt qu’au seul et unique pequenot trainant devant mon rayon… Certes, il reste quelques individus polis sur Terre, qui me renvoie le bonjour, mais ce n’est malheureusement qu’une infime partie…

Devant tant de grâce et d’échange relationnel fructueux, le Mister Big moyen se dit : « bon, maintenant, j’ai tout payé : l’appart, les meubles, le PC, le séjour à Paris chez Gauthier pendant la première quinzaine d’aout (si ça c’est pas de l’annonce en avant première !!!), etc etc… et si je me trouvais un travail mieux que ça. Car « ça », c’est quand même 6 jours de boulot sur 7 et une semaine de congés sur un an et demi ! Donc le Mister Big a légèrement tendance à devenir asocial… Je vais m’aigrir, si ça continue comme… (Gauthier, si tu me dis que « maigrir, ça te ferait du bien », je te tue et je mets la photo de tes bourrelets sur le blog !!!).

Et là, Ô providence, un ami me parle d’une de ses connaissances qui cherche un employé pour sa boutique ! Ni une, ni deux, je saute sur mon téléphone, j’appelle ladite connaissance, et je m’assure d’avoir la place. Un entretien informel à la boutique, et hop ! Me voilà embauché pour le 1er septembre !

Aurais-je le cul bordé de nouille ? (tout le monde connait cette expression, mais de la voir écrit, ça fait bizarre, non ?) Oui, car je laisse un boulot de merde dans un magasin de merde pour un salaire de misère et des horaires de fou. Mais, fallait bien qu’il arrive, ce mais, je ne vais pas être mieux payé et moins bosser pour rien : je vais officiellement pouvoir sortir en soirée « je fais quoi dans la vie ? je vends des bites en plastiques ! » J’attends les prochaines réunions de famille avec impatience… ! Hé oui, je vais devenir vendeur dans un sex-shop ! Boulot supra-peinard, salaire beaucoup plus motivant, 3 jours de repos/semaine, que demande le peuple ? Ok, je vais en voir des vertes et des pas mûres, mais je pense que ce boulot va « m’aérer » plus qu’un peu ! Puis là, les clients me feront beaucoup moins chier !

Donc, à partir du moins de septembre, je vais pouvoir vous faire la rubrique « sortie DVD du mois » sur le blog pour vous commenter le film porno du moment… ! Bien sur, il y aura aussi une newsletter sur les accessoires diverses et variés qui fleurissent à longueur d’année…

Le sushi échoué

Ce week-end, Lucie est venue sur Paris nous faire un coucou, à Gauthier et moi, donc on en a profité pour faire des choses, forcément. Et je te le raconte, lecteur, ça t’occupera.
 

Tout commence vendredi soir, la miss arrive à 21h25 sur Paname. Au départ, avec Gauthier, on avait prévu de se faire un petit pique-nique, balade sur les bords de Seine. 20h45, il pleut des cordes donc non. A 17h, Lucie m’avait appelée et m’avait demandé si Gauthier venait la chercher et je lui réponds que oui, sans doute, on irait tous les deux. 21h, j’arrive donc chez notre ami, je m’installe. 21h15, je lui fais remarquer que Lucie arrive dans 10 minutes et que ce serait une bonne idée d’aller la chercher. « Mais non, elle vient toute seule !

– Heu… Je lui ai dit le contraire. »

Bon, finalement, Lucie arrive en râlant toute seule comme une grande (enfin, après un pilotage téléphonique, quand même). On discute en buvant du coca puis on se rapatrie dans un japonais prêt de chez Gaugau. Bon, on est un peu serrés mais ça va. Et là, on découvre les talents de Lucie en matière de maniement des baguettes. C’est-à-dire qu’elle ne sait absolument pas s’en servir et peine à manger sa salade de chou, si bien que le serveur finit par nous ramener une fourchette. Ce qui ne l’empêche pas de laisser un de ses sushis s’échouer dans la sauce.

 

Repas intéressant, j’ai aperçu la raie des fesses très poilue du gars d’à côté, ce qui m’a un peu coupé l’appétit, des Américains de type pas minces et bruyants se sont installés à la table voisine pile au moment où on partait, ça tombe bien. On retourne vite fait chez Gauthier, le temps que je tire les cartes à la demoiselle et je repars.

 

Samedi, 11h30, Lucie me réveille mais je ne dis rien, on discute 5 minutes puis je me lève, vu que j’ai une réunion deux heures plus tard (oui, j’ai des réunions tout le temps). Bref, je réunionne et à 16h, je sors et j’appelle les deux zigotos. Je compose le numéro de Gauthier et là, une voix féminine me fait un « mmmm nallooooo ? ». Je regarde mon portable : ben oui, j’ai bien appelé Gauthier. En fait, les deux s’étaient endormis comme des larves et je les réveillais en pleine sieste. Du coup, je rentre chez moi et en fait autant, les lâchant pour aller au Solidays, vu que j’avais dormi 4 heures la nuit précédente. On se retrouve vers 23h30 chez Gauthier, on boit un peu, on recueille lefroid qui sortait de son boulot. Soirée peinarde, on boit, on fume (des cigarettes, hein !), on papote. Rien de bien subversif mais qu’est-ce que c’est bon. On se quitte vers 5h, chacun rentre chez soi, Gauthier sort.

 

Dimanche, le programme : 14h, quai Branly, on va se faire le musée. 13h, prise d’un pressentiment, j’appelle Gauthier. « Grmpflp » me répondit-il. Bon, ok, je le réveille. Il me passe Lucie qui est réveillée depuis un moment, on décide qu’on se retrouve vers 14h30. Puis finalement, on se rappelle, ce sera 15h. 15h30, on est enfin devant le musée. Mais on regarde la queue et on déchante : on en a facile pour deux heures. Donc on décide de se rapatrier vers le Louvre. En chemin, on croise des bouquinistes et Lucie décide d’acquérir de vieux magazines donc, finalement, on renonce aussi au Louvre vu qu’il est 17h. A la place, on se pose à la terrasse d’un café et là, on explose : mais qu’est-ce qu’ils nous font chier les footeux ! On a croisé cinquante mille mecs en maillots de l’équipe de France ou avec des drapeaux, des gens qui klaxonnent en permanence… Plus on s’approche de l’heure fatidique, pire, c’est. Les drapeaux se dessinent sur les joues et sur les paupières des filles (c’est très laid), tout le monde chante « Zidane, il va marquer… ». Ah, pire que le foot, Cauet ! On a vraiment l’impression d’être à beauf-land, genre le mec qui gueule « et frout, le pet de la mouche ! ». Ca en est trop, on rentre chacun chez soi en espérant très fort que la France va perdre car on craint les débordements de la victoire. Et ils nous ont tellement gavés avec leur « Zidane il va marquer… », on n’en peut plus, une vraie overdose. On est atterrés par le niveau intellectuel de tous ces gens qui chantent cet hymne de merde. Franchement, je peux comprendre que quand on aime un sport, on apprécie de voir son équipe arriver aussi loin dans la compétition, il n’y a aucun souci. Mais cette espèce de frénésie idiote, je comprends pas. Moi aussi, j’ai pu faire ma supportrice beauf, je m’étais maquillée aux couleurs du Stade Toulousain pour la finale de rugby mais je l’ai fait dans l’enceinte du stade et en partant, on s’est tous joyeusement démaquillés (une grande expérience, ça aussi). Parce que le maquillage et les drapeaux dans un Stade, c’est normal. En dehors, c’est curieux. Et quand on se met à chanter Cauet, c’est proprement ridicule.

 

Donc, on avait très peur de la victoire. Déjà, vu les débordements de la demi-finale… On s’est dit qu’on dormirait pas.

 

Sinon, Paris est magique, on a donc croisé une sublime mariée (en fait, un mannequin avec un mec très moche). D’ailleurs, mes 27 ans seront sur le thème du mariage, histoire qu’on se marre un peu.

 

Bref, un week-end tellement agréable mais tellement court ! Je redescends 15 jours sur Toulouse puis Lucie remonte début août, juste avant de partir en Guadeloupe. Et là, cette perspective m’angoisse complètement. J’ai pas envie qu’elle parte même si c’est sa vie. Enfin, je lance l’opération « économisons pour aller en Guadeloupe » car entre le billet d’avion et les somnifères pour pas faire une crise de panique dans l’avion, ça va coûter cher !

Nos voisins les chieurs

A moins de vivre dans une campagne reculée, nous avons tous un point en commun : des voisins. Chacun les siens, chacun sa merde, si j’ose dire. Depuis ma naissance, j’ai vécu dans cinq lieux différents (enfin, six mais le premier, je l’ai quitté, j’avais six mois, je ne m’en souviens pas). Donc, des voisins, j’en ai eu. Et quelques uns, je les aurais tués.
 

En 2001, je passe le concours de journalisme de l’école de Toulouse pour lequel il faut faire un petit reportage en une journée. Je me creuse la tête pendant toute la soirée et, finalement, le lendemain, j’opte pour un reportage sur la police de proximité. Que ça tombe bien, j’ai un commissariat dans mon immeuble ! Donc, j’appelle, j’ai le feu vert, je rencontre le commissaire. Aujourd’hui, je me rends compte à quel point c’est étonnant car lors de mon CDD, je n’avais pas pu interroger le commissaire local ni aucun flic car je n’avais pas l’autorisation de la préfecture. Enfin, bref, je l’interviewe et il m’explique que la plupart de leurs interventions concernent des problèmes de voisinage. Sujet qui fait les beaux jours des émissions de Julien Courbet avec ces scènes hallucinantes :

(voisine à voisine) :

« Casse-toi avec ton gros cul de devant ton portail !

– Ta gueule connasse, le trottoir est à tout le monde.

– Je veux plus te voir devant chez moi, t’es trop moche.

– Et toi alors, espèce de grosse baleine ! Ca me fait vomir quand tu bronze à poil dans ton jardin.

– Et ben ton cochon de mari n’est pas de cet avis. »
Vous voyez le topo.
 

En temps normal, pour moi, mes voisins n’existent pas ou peu. Un bonjour, au revoir quand on se croise mais rien de plus. Parfois, je sympathise. Petites, avec ma sœur, on avait sympathisé avec les voisines de l’autre côté du grillage, on passait pas mal de temps à jouer sur le parking entre nos deux immeubles. Dans cet immeuble de mon enfance, tout le monde se connaissait et s’entendait bien, même si le voisin du second avait couché avec la voisine du rez-de-chaussée (ils étaient mariés…mais pas ensemble), ce qui a forcément fait des histoires. Y a aussi eu une histoire de table de ping pong achetée en commun et que tout le monde revendiquait lors des déménagements des uns et des autres.

Ensuite, on aménagé dans la maison actuelle de mes parents, petit pavillon de banlieue tranquille. Vu que le précédent propriétaire avait eu des soucis avec une voisine, il a construit un grand mur entre son jardin et le notre, y a des haies de 2m50 tout autour de la baraque. Comme on vit au fond d’un chemin privé, on a pas moins de 7 voisins directs mais on n’en connaît vraiment que deux : un couple de retraités très gentils qui gardent nos clés et nous ont recueillies un jour, Alice et moi alors que la foudre avait fait pété les plombs de la maison et qu’on avait paniquées comme des idiotes. Et un jeune qui commence à approcher de la quarantaine depuis le temps, vieux garçon qui a un chat qui vient manger à la maison et avec qui mes parents partagent désormais un chaton. Finalement, le seul voisin avec qui on a eu un problème, c’est un vieux qui a un terrain juste à côté de chez nous où il y a trois malheureux pieds de vigne. Son grand plaisir au monsieur ? Passer le motoculteur à 8h du matin, de préférence le dimanche et les jours fériés. Ma mère, excédée, a donc décidé de réagir. Travaillant à l’époque à 6h du matin, elle se levait, prenait le téléphone et appelait le gars. Elle attendait qu’il décroche (le téléphone n’était même pas dans la chambre) et elle raccrochait. Elle se préparait, déjeunait et
tout et juste avant de repartir, re-coup de fil. Ma mère est une garce, je l’adore !

Bon, je quitte le nid familial pour mon premier appart dans une résidence étudiante. Trois premières années, tout va bien dans l’ensemble. Bon, j’ai bien entendu ma voisine en pleine levrette (mais c’était marrant), on a eu des histoires de parking. Comme je le disais plus haut, on partageait l’immeuble avec la police municipale et à un moment, les bourgeoises des flics venaient se garer là pour faire leurs courses en ville, empêchant les locataires de se garer (déjà qu’il y avait une vingtaine de places pour 80 apparts). Un de mes voisins, un des seuls que je connaissais (oui, j’étais pas forcément toute la journée chez moi) s’était d’ailleurs engueulé avec un flic et s’était pris une amende pour outrage à agent. Sinon, une fois aussi, je rentre chez moi avec Guillaume the first, on sortait ensemble depuis… 24 heures. Bref, on marche dans la rue quand on voit deux mecs sortir du commissariat en courant, sortir un flingue et le
pointer sur un troisième qui marchait dans la rue en hurlant « bouge plus ! ». Ben nous, on est vite rentrés dans l’immeuble, au cas où… Puis ça s’est gâté. Une bande de copains s’est installé dans l’immeuble donc c’était fête tous les soirs dans le couloir jusqu’à pas d’heure. Le pire fut atteint un soir où, à 4h du mat, ma voisine et ses copains rentraient et sortaient de son appart en gueulant, j’ai appelé les flics qui ne sont jamais venus. Le lendemain, je bossais donc à 8h30, me voilà en bas de l’immeuble. J’appuie sur l’interphone de ma voisine, bien longtemps. Quand elle répond, je vais au local poubelle jeter mes déchets, je purge ma boîte aux lettres de toutes les pubs…Et je resonne. Je suis la digne fille de ma mère.

Bon, je deviens littéralement folle, je ne supporte plus les nuisances sonores de ma voisine qui passe son temps à écouter la musique à fond, Guillaume commence à bien être énervé aussi. Le comble : je suis au 5e et j’entends la techno de la diva passiva du… 9! Qui habite côté rue alors que je suis côté cour. Bien, je déménage. Cette année-là, l’immeuble a perdu la moitié de ses locataires, dont nos amis les teufeurs, pour la plus grande joie du gardien qui n’en pouvait plus non plus des gens qui ne cessaient de se plaindre.
A un moment, j’avais même mis un petit mot à l’entrée de l’immeuble « petit guide du voisinage » où j’expliquais ce qu’était un voisin et tout ça… Il est resté qu’une heure mais le gardien qui avait eu le temps de le lire m’a félicitée car j’étais pas la seule à me plaindre.

Nouvel appart, rien de spécial à signaler si ce n’est le couple de poivrot qui s’est installé sur la fin et qui se battait dans le couloir à 6h du mat’ (mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec les couloirs ?). Tout le monde s’était engueulé avec eux à l’étage sauf moi et il y avait même eu une pétition pour les faire dégager. Sinon, je m’entendais bien avec le gars qui partageait le balcon avec moi, il me gardait Kenya des fois.

Arrivée sur Paris, nouvel appart dans un quartier tranquille, dans un immeuble tranquille avec 9 apparts. Bon, j’avais sympathisé avec la nana qui habitant au rez-de-chaussée qui avait aussi un chat mais elle est partie très vite. Les autres, c’est du bonjour, au revoir, quand ils daignent le faire, ce qui m’énerve au possible. C’est quand même la moindre des politesses de saluer ses voisins, ils m’énervent de bien m’ignorer (enfin, y en a deux qui font ça). En ce moment par contre, y a quelqu’un du quartier qui a décidé que la techno, ça s’écoutait fort. Donc, ça fait deux fois dans la semaine où je me retrouve avec de la musique que je n’ai pas choisi dans l’appart. Et la techno, en plus, ça fait « boum boum ! », y a rien qui couvre ce bordel.

Enfin, je ne suis pas forcément non plus la voisine rêvée : j’ai fait du violoncelle (hum !), il m’arrive de chanter à tue-tête et Kenya tape l’incruste chez les gens. La dernière fois, j’étais morte de honte, elle est rentrée chez une voisine qui était… en débardeur culotte ! Gloups !

Enfin, bref, les voisins, on peut pas faire sans donc, tant qu’à faire, autant que ça se passe bien, j’essaie de ne pas dépasser les bornes et tant qu’ils en font autant, tout va bien. Je sympathise rarement avec mes voisins mais bon, si y a bien un truc que j’ai jamais fait, c’est la classique aventure avec le charmant choupinou de l’étage… J’espère que le prochain locataire de l’appart de la fille au chat (vide depuis 6 mois) sera un délicieux jeune homme…