La victoire de l’Homme normal

Je n’avais pas prévu au départ de parler de la victoire de François Hollande et puis, finalement si. Courage, je vous promets des articles très futiles dans les prochains jours pour compenser. Mais hier soir, alors que j’étais prise dans la foule à Solférino et que le résultat officiel est tombé, que les gens sautaient de joie en hurlant de bonheur, j’ai repensé à ceux qui se gaussaient de Hollande y a un an en disant qu’il n’avait aucune chance. Et j’y ai vu une sublime leçon de vie.

Je l’avais confessé alors que DSK était annoncé comme prochain président : j’ai toujours bien aimé François. Il incarne une force tranquille admirable, une fidélité sans faille, un homme droit. Il a préparé son tour avec soin et a su partir au bon moment, menant une campagne propre. François, c’est aussi l’anti-bling bling. Ce que François n’est pas est aussi important ce qu’il est. Il n’est pas La France que j’exècre, cette France des médiocres élus sur des mensonges, des faux semblants, l’image d’un candidat qui se présentait proche des Français qui n’a même pas tenu une nuit. François n’est pas arrogant, méprisant, à la limite de la violence. Pour reprendre l’expression de Sarkozy face à Ségolène Royal, lui, il sait « garder ses nerfs ».

La victoire de François, c’est la défaite de l’homme d’apparence, ce genre d’individus que j’abhorre et qu’on croise tous à un moment dans notre vie : celui ou celle qui nous endort avec de belles paroles ou promesses masquant à la perfection leur incompétence crasse. Sauf que nul vernis n’est éternel et un jour, on se réveille avec une sale gueule de bois. Je ne peux pas dire que Sarkozy ait réussi à m’endormir, je n’ai jamais cru en lui mais je peux comprendre l’espoir qu’il a pu incarner, un espoir de changement. Bonjour la gueule du changement…

La victoire de François, c’est la victoire d’un homme « normal ». Un homme cultivé et intelligent, un travailleur mais un homme comme vous et moi qui a des valeurs. Je ne peux pas dire qu’il révolutionnera la France, je pense qu’il fera du mieux qu’il pourra sans faire passer ses intérêts avant ceux de la Nation. J’aimerais être dans sa tête, là, maintenant. Ce gars qu’on prenait tous pour un perdant, que nul ne voyait triompher. Il est là, il est Président. Personne ou presque (je t’ai entendue crier derrière ton écran mais je sais que tu es une Hollandiste de la première heure) n’aurait parié sur lui y a un an. Et il l’a fait, il l’a juste fait. Je peux pas m’empêcher de trouver cette victoire émouvante ne serait-ce que pour ça. Parce que ça nous montre que tout est possible, pour tous, que rien n’est insurmontable.

Hier soir, la France a choisi : entre le bling bling, le mépris, la colère et l’honnêteté, la rigueur et la modestie, elle a opté pour la seconde option. J’ai espoir que ce soit significatif pour des gens comme moi qui préfèrent être consciencieux plutôt que morveux, qui préfèrent travailler bien plutôt que fanfaronner fort. Le changement est radical, il était nécessaire.

Je suis aujourd’hui fière de mon Président et confiante. Un homme serein et digne, c’est ce dont nous avions besoin. Je resterai droite dans mes convictions, j’ai voté pour un homme mais aussi un projet, une vision de la société. J’attends de cet homme qu’il tienne ses engagements, j’y serai attentive.

Le syndrome « Les petits mouchoirs »

Dimanche soir de Noel, mes parents m’ont proposé de voir « Les petits mouchoirs » film dont j’avais entendu de tout, surtout du bien mais je connaissais son potentiel émotionnel. A posteriori, le mater à trois jours de l’enterrement de ma mamie, je suis pas sûre que ce fut l’idée du siècle. Passons.

Je crois que j’ai encore été victime du fameux syndrome de « on m’en a trop parlé, j’ai finalement été déçue ». Je l’appellerai désormais le syndrome des petits mouchoirs. Ce film, j’avais bien envie de le voir et finalement, je n’ai quasi pas ri (sauf à la réplique : »prends un Lexomil avant d’aller embrasser tes enfants »). J’étais surtout occupée à me demander lequel j’avais envie de tuer en premier (en fait, je n ‘aurais sauvé que Magimel et Bonneton dans les personnages, les autres m’ineupportaient) et à admirer les paysages également. J’y achèterais bien une baraque par là-bas aussi. Je passerai sur l’hystérie des personnages en opposition aux provinciaux toujours si purs… Ouais bon, ok, j’ai pas aimé puis y avait trop de personnages, le grand dadais et sa Juliette ne servaient à rien, les guests se tapant Cotillard non plus. En fait, je déteste les films chorale, aucun personnage n’est creusé, tu comprends rien et je trouve le scénario de départ complètement bancal. Non mais sérieux qui partirait en vacances avec un pote à moitié mort à l’hosto ?

Mais revenons au syndrome des petits mouchoirs, celui là même qui m’a empêchée d’aller voir Intouchables et qui le fera boycotter Bref tant que tout le monde s’extasiera dessus. Parce que je suis forcement sur un terrain défavorable pour recevoir ces productions : on m’en a dit trop de bien, je serai forcement déçue. Pire, j’ai tellement été saoulée par les commentaires dithyrambiques des uns et des autres que je cherche le moindre élément de critique. Attention, je ne serai pas de mauvaise foi non plus mais si j’aime pas, je vais tailler le truc à la tronçonneuse. Cf paragraphe précédent.

Je me demande toujours d’où viennent ces quasi unanimités ? Je veux dire comment se fait-ce que tout le monde ou presque ait adoré Les petits mouchoirs alors que je le trouve profondément mauvais ? Est-ce dans une sorte de mouvement général, de quasi hystérie collective qui entraîne ceux qui découvrent ce film au moment de sa sortie ne peuvent qu’être emportés par la vague, ceux qui ne suivent pas le mouvement ne sont que des pisse-froid snobs et un peu aigris ? Ou à l’inverse, les critiques dithyrambiques conduisent-elles ceux qui n’ont pas vu le film à s’en construire une représentation qui sera forcément loin du film qui paraîtra alors décevant ? Ceci étant, ça ne me donne pas envie de voir certains grands succès, de risque d’être inévitablement déçue.

Mais sinon, vous trouvez vraiment qu’un film sur une bande de copains qui commence par l’abandon de celui qui s’est fait démolir par un camion à l’hôpital est crédible ?

Rendez-moi mon urne !

Depuis 2007, j’ai un petit pincement au coeur à chaque fois que je fais mon devoir citoyen : pour voter, chez moi, on ne glisse plus d’enveloppe dans l’urne mais on appuie sur le bouton d’une grosse machine. Et j’aime pas !

Je ne m’attarderai pas sur la dimension de la fiabilité et du piratage, faute d’éléments tangibles sur la question. Si les résultats sont piratés, nous avons à faire à un pirate de droite… Ou alors c’est la mairie qui manipule les votes. Si on considère que mon députe-maire a été réélu dès le premier tour des législative en 2007, ça peut paraître suspect mais la circonscription compte aussi des villes sans vote électronique. Puis il est députe depuis 1997 et je crois que je dois l’avouer : ma ville est de droite.

Ce qui me navre, c’est la disparition de ce jeu particulier des élections de mon enfance, celles où on accompagnait nos parents voter. On rentrait dans l’isoloir avec eux et ils nous demandaient : « pour qui on vote ? ». Bon comme ils nous avaient bien expliqué qui était le meilleur candidat, le risque était moindre. Quoi qu’en 88, au premier tour, je voulais voter Raymond Barre car il ressemblait à un nounours… Quand je dis le physique des candidats est un (contre) argument politique digne d’un enfant de 8 ans… Bref du coup, je choisissais fièrement le bulletin « qu’il fallait » pour le mettre dans l’enveloppe. Depuis, le choix des bulletins, c’était mon petit acte de rébellion à moi. Lors des premiers scrutins, je prenais consciencieusement tous les bulletins, comme on m’a appris en éducation civique puis petit à petit, je ne prenais plus qu’une poignée de bulletins dont celui qui m’intéressait. Je me souviens que pour les européennes 2004, je n’avais pris par accident que des bulletins de gauche. Et ce fameux jour de 2002 où je fus très fière de ne prendre qu’un bulletin alors qu’on nous serinait qu’il fallait prendre les deux. Nan, je le veux pas ton bulletin Le Pen !

Mais surtout, je suis privée d’un moyen d’expression : celui d’écrire sur mon bulletin si je veux. Oui, je sais, si je le fais, mon vote est nul. Mais saviez-vous que tout ce que vous inscrivez sur un bulletin de vote est collecté et recopié dans un grand cahier consultable par tout un chacun ? Quel magnifique moyen de s’exprimer ! De voter pour son propre projet politique, exposé sur un bout de papier ! Bon, je ne sais si c’est très utilisé mais bon. Et puis y a cet article que j’ai lu y a quelques années, il débute lors des élections mexicaines, une prof met dans son enveloppe une tête de Mickey. Sur cette élection, les votes blancs et nuls avaient flirté avec les 60% je crois. Je trouvais ce geste fort. Sans doute vain mais à l’heure où l’on pleure toutes les 2 mn sur les atteintes à la liberté d’expression, réelles ou supposées, j’ai la sensation que la mienne à été symboliquement restreinte. Même si sur cette élection, je savais quel bulletin j’allais choisir…

Le fait d’aller voter a perdu de son charme : une seule machine par rideau, une machine qui bippe fort quand on valide notre choix. On ne peut plus s’amuser à jeter les bulletins bien en évidence dans la poubelle pour tenter d’influencer le suivant. On ne peut pas faire de pronostic en fonction du contenu de la poubelle, on ne peut pas snober les bulletins des partis que l’on méprise…

Le vote électronique, ça pue.

Sociologie des cons

Je vous ai parlé il y a quelques temps de cette notion de “l’autre est un con”. Cet article me fut inspiré par un livre “Les nouveaux cons” d’Etienne Liebig. Je l’ai acheté par accident, j’avais compris qu’il s’agissait d’une sorte de sociologie du con ou comment on supporte pas l’autre. Faux, il s’agissait de petites chroniques tapant sur strictement tout le monde, de la droite catho aux bobos, des écolos aux jeunes de cité en passant par le flic ou le dealer, tout le monde en prend sur son compte. Grinçant, oui. Un peu trop.

Au début, je trouvais ça drôle, ces petits épinglages même si j’étais déçue de ne pas lire une étude sociologique sur les cons (c’est quand même un super sujet). Sauf qu’au fur et à mesure de ma lecture, mon sourire s’estompait peu à peu pour ne laisser place qu’à une grimace de gêne. Est-ce de l’aigreur qui transpire de ces lignes ? Une méchanceté forcée pour dire merde au politiquement correct, un peu à la façon de Bénabar, soit à tort et à travers ? Je me sens mal à l’aise et je finis le livre avec déplaisir, suivant mon principe idiot de toujours terminer un livre. On ne sait jamais, les dernières pages peuvent toujours le sauver !

En fait, ce qui m’a gêné, outre la violence mal placée de certains propos faisant perdre de vue un éventuel second degré, c’est la destruction systématique. C’est comme Zemmour et Naulleau (et Pulvar et Polony si j’ai bien compris mais je ne supporte tellement pas l’émission que je vais pas regarder juste pour vérifier). On a le droit de ne pas aimer quelque chose, de le dire, de faire de la critique caustique. Sauf qu’à force de taper systématiquement sur tout et n’importe quoi, la notion même de sarcasme perd de sa substance et ne reste qu’une aigreur putride et peu drôle. Tout cela manque de légèreté et baigne tant dans le mépris qu’effectivement, on sent entre chaque ligne le principe du “tous des cons, des médiocres… sauf moi”.

A une époque fort lointaine, j’eus un blog de critique destructice qui, comme la plupart de mes blog parallèle,n’eut qu’une courte vie. Ouais, j’ai tendance à avoir des milliers d’idées de blogs, je devrais devenir consultante blog, j’ai des tas d’idées, de concept, mais j’ai pas le temps de les développer (et je joue pas assez le jeu de la blogosphère pour les faire suffisamment marcher pour en faire mon activité principale). J’aimais bien le concept de ce blog là et j’ai parfois envie d’importer le concept ici. Même si à part deux ou trois films, j’ai pas grand chose à critiquer et je le fais déjà dans l’art du nanard. Quoi que je me ferais un plaisir de dégommer Grey’s anatomy. Le problème de la critique destructrice est dans l’équilibre de ce que l’on dit. Dire du mal d’une série ou d’un film, livre… peut être drôle et jouissive à partir du moment où on reste à son propre niveau. Je n’ai eu aucun plaisir à lire le bouquin de Guillaume Musso dont j’avais parlé mais le critiquer ne m’autorise pas à me placer au dessus du monsieur pour lui dire qu’il n’a pas le moindre talent, que ce n’est qu’une merde… Ca pue un peu l’aigreur et limite la jalousie. Non parce que si on faut un match purement statistique, Guillaume a publié X livres, moi aucun (mais bon, j’ai jamais franchi l’étape “contacter une maison d’édition” alors bon…). De plus, il est facile de critiquer aussi les amateurs du genre mais qui suis-je, une nouvelle fois, pour dire à une personne qu’elle lit de la merde. Je peux en lire aussi…


L’idée est de rire de tout ça, y compris chez les fans. De pointer les incohérences, les côtés trop ci ou pas assez ça sans pour autant mépriser le quidam moyen. Mais est-ce juste possible ? Le critique ne finit-il pas par se sentir au dessus de la masse en désignant de son doigt divin celui qui doit être sacrifié sur l’autel de sa chronique ?

Bon et sinon, je la lance ma chronique “j’aime pas” ?

De l’impossibilité de parler du vote FN

Ma naïveté me perdra, c’est un fait. Quand je déclare sur Twitter qu’il fallait cesser d’assimiler les électeurs FN à des bouseux incultes, il m’a rien manqué, jusqu’au mec très fin me traitant de frontiste puisque je les défends (??). Un autre me disait : qui qu’ils soient, ils sont tous racistes ! Oui, très bien, tu les connais tous, non ? Alors tais toi.

Oui, il y a des électeurs FN racistes et qui s’assument. Et après ? On en reste là ? Ces 18% d’électeurs sur lesquels on crache depuis dimanche, on se contente de se dire que ce sont des abrutis et on les laisse de côté ? Ou on se dit enfin qu’il y a un vrai malaise et on arrête de s’étonner tous les 5 ans du score du FN ? Non parce que nous avons eu droit à un bel angélisme dimanche soir : quoi, Marine 3e? Heu oui, et je ne vois pas où est la surprise. De 1, elle est plus “douce” que son père, elle fait moins peur, elle ne part pas en dérapage sur les “détails de l’histoire” et autres propos qui font perdre les voix des électeurs potentiellement FN les plus mous. De 2, on la voyait quand même bien placée dans les sondages alors qu’on le sait bien, le vote extrême est toujours un peu écrasé dans les sondages par ceux qui n’assument pas tout à fait et préfèrent ne pas avouer leurs préférences frontiste. De 3, il me paraissait évident que Mélenchon était bien plus le chouchou des médias qui nous montent toujours un outsider en épingle de la sorte en nous le positionnant en 3e homme mais c’est rarement le cas. De 4, quand on arrêtera de faire comme si le FN n’existait pas sauf entre deux tours d’une élection présidentielle, ça irait peut-être mieux, aussi. Et de 5, c’est juste totalement ignorer la montée des mouvements d’extrême droite en Europe.

Je ne sais pas si je suis particulièrement intelligente (je finirais par croire que oui quand je vois toutes les conneries que j’ai pu lire ses derniers temps) ou si je parle qu’avec des gens plus jeunes qui ont encore l’idéalisme des jeunes votants sans l’expérience de quelques présidentielles. Mais je reste étonnée que tous les 5 ans (7 ans auparavant), on s’étonne du score du FN qui reste finalement plus ou moins constant. Effectivement, sur cette élection, Marine a chopé 2 millions de voies de plus que son père (explication de la “douceur”), le vote FN me paraît bien plus décomplexé. De par la personnalité de Marine, femme élégante que certains qualifieront de belle (c’est mal de taper sur le physique donc je ne commenterai pas. Par contre, la voix on peut ? Parce que la Marine, c’est une pub anti tabac ambulante quand même), qui sait mettre moins de passion dans ses discours, qui est moins spontanée et limite donc le nombre de conneries ou de propos dérangeants (même si j’avoue que quelques unes me restent bien en travers de la gorge genre l’IVG de confort, j’aurais pu casser des dents tellement j’étais furieuse qu’on puisse dire ce genre de choses, qu’on puisse remettre une nouvelle fois ce droit en question). Mais aussi parce que notre gentil gouvernement y est quand même allé franchement : ils n’ont pas mordu les plates-bandes du FN, il y ont sauté dessus à pieds joints. Non mais les Roms, quoi… Ce qui reste étonnant, c’est que malgré cet acte franchement raciste, l’UMP n’a pas séduit les électeurs FN les plus mous… Le vote FN ne serait pas que raciste ?

Le problème, c’est qu’on n’en sait pas grand chose. Les journaux se sont précipités pour interroger ces électeurs frontistes, ceux qui affirment crânement en avoir marre des Noirs et des Arabes. Les mêmes qui disent sans sourciller que, oui, ils votent FN et en sont fiers. Ceux-là, pourrons-nous les convaincre de voter ailleurs, de revoir leur système de pensée ? Je n’en sais rien et qui suis-je, qui sommes-nous pour dire qu’ils ont tort et que nous avons raison. Parce que le vote FN est quand même facilité par le tabou de nos hommes politiques sur les thèmes frontistes. Personne n’ose les attaquer, aller jouer sur leur terrain. C’est plus facile de taper sur leurs électeurs que sur Marine et ses amis ? Par exemple, une des clés du FN est de parler immigration. Normal, en temps de crise, le protectionnisme séduit, c’est pas précisément une nouveauté. On préfère croire que nos ennuis viennent de l’autre, cet autre identifiable par sa couleur de peau. Or savez-vous qu’il y a plus d’immigrés européens que maghrébins ? C’est vrai : tous les immigrés ne sont pas arabes, tous les arabes ne sont pas immigrés. Non parce que je sais pas vous mais dans mon entourage, la plupart de mes amis arabes (ou africains, élargissons) sont autant français que vous et moi, ils ont leur carte d’électeur, leur carte d’identité… Pourquoi personne n’ose démonter le mythe du méchant immigré ? La droite, on comprend, ils ont joué cette carte aussi mais la gauche ? Idem pour l’insécurité, c’est toujours les méchants Arabes ou Noirs les coupables. Quelqu’un a des chiffres précis, qu’on puisse étudier cette réalité ou ce mythe ? Quoi que tu me diras, je ne suis pas sûre que ce soit très légal de trier les délinquants interpellés par classe ethnique… Et le retour au franc ? Est-ce que quelqu’un peu sérieusement démolir cet argument ? C’est quand même assez simple de replacer quelques éléments : toute la monnaie franc a été détruite, nous ne pourrions pas y retourner demain, pour commencer. Revenir au franc nous ruinerait, littéralement, sans parler des ruptures de relations commerciales avec les autres pays européens qui restent nos principaux partenaires. Oui, la vie a augmenté en 10 ans d’euros mais rassurez-vous mes petits, l’inflation aurait eu lieu sans l’euro. Si on compare les prix entre 1992 et 2002, je pense que nous aurions quelques surprises en terme d’évolution des prix… J’avoue que je me souviens pas vraiment des prix de 1992 vu que je n’étais qu’une jeune adolescente avec 50 francs d’argent de poche par mois (c’était déjà pas mal).

Bref, plutôt que de jeter le problème FN à la poubelle en haussant les épaules “tous des racistes”, il serait peut-être temps d’arrêter de considérer le sujet comme tabou. Etudier le vote FN n’est pas un mal, n’est pas une légitimation de quoi que ce soit. Comprendre n’est pas excuser, c’est un processus normal pour comprendre pourquoi tous les 5 ans, près d’un électeur sur 5 qui a daigné se rendre aux urnes fait ce choix. Est-ce un mal français de gommer ce qui nous dérange (souvenez-vous des “tous résistants, pas de collabos” post 2e guerre mondiale, sans vouloir faire de point godwin, hein… Ou la condamnation très large de l’antisémitisme de l’époque Dreyfus. On insiste bien sur le grand Zola mais on omet de préciser qu’en ce temps, l’antisémitisme n’avait rien de honteux en France, bien au contraire…) ? Ignorer un phénomène ne l’a jamais fait disparaître. Alors ? On attend 2017 pour refaire un tour de “Marine 3e, ohlala, quelle horreur ?” ou on affronte enfin “la bête” ?

L’arnaque de la 3D

Mardi soir, je le confesse, j’ai fait ma midinette. Avec Anna et Amy, nous sommes retournées à l’âge de l’adolescence pour revoir Titanic en 3D. Et non, je ne me suis pas retrouvée là par hasard, c’était une vraie volonté de ma part. Et je fus quelque peu désappointée.

Ce qui me lisent depuis longtemps savent que je n’ai guère le goût des comédies romantiques et autres bluettes du style. Et j’avoue qu’en terme de grande soupe sentimentale, Titanic se pose bien. Non mais quelle gourde cette Rose “oh tiens, ce bellâtre que je connais depuis 24h, je vais lui dire que je l’aime, tout plaquer pour lui et risquer ma vie plutôt que de me mettre les fesses au sec”. A sa place, j’aurais pas quitté le canot de sauvetage, c’est clair. Sans parler de la fin qui représente sa mort, je suppose, elle rejoint un mec qu’elle a fréquenté 24h. Son mari avec qui elle a eu 2 enfants ? Non, non, son seul vrai amour, c’est ce petit blanc bec de Jack. Bon, tu me diras, ado, on croit aimer plus que tout après un seul baiser, ça excuse. Enfin, elle a moins de complexes à le balancer au fond de la mer à la fin… Bref, l’histoire m’intéressait peu, ce que je voulais voir, c’est le Titanic en 3D. Parce qu’ado, j’avais trouvé les scènes autour du bateau géniales et qu’en 3D, ça devait juste être… waouh ! Et bien pas du tout. La 3D est peu voire pas visible sur certaines scènes et c’est normal, le film n’était pas fait pour ça. Arnaque !

J’avoue que je suis peu familiarisée avec la 3D puisqu’à part un week-end au Futoroscope quand j’avais 12 ans et Avatar, je n’ai vu que des films “plats”. Faut dire que je suis déjà allée plusieurs fois cette année au cinéma, j’ai la sensation de battre mon propre record ! J’avoue que je profite de la carte Gaumont d’Anna qui me permet de ne payer que 6 € mon entrée. Avec la demoiselle, on était un peu émoustillée par toute cette 3D : “Ouais, on va voir Titanic et après le Roi Lion !”. Depuis mardi soir, c’est officiel : je ne retournerai pas au ciné voir le Roi Lion en 3D et mes lunettes spéciales prendront la poussière.

Finalement, la 3D est la mnouvelle petite botte pour faire quelques bénéfices supplémentaires ni vu ni connu. Un peu comme les scènes bonus des DVD qui, in fine, ne servent à rien, les bonus fumeux, les remasterisations dolby surround de ouf et tout ces trucs et astuces qui te donnent la sensation que tu vas redécouvrir ton film chéri. Ceci étant, moi, Titanic, ça devait faire bien 10 ans que je l’avais pas vu donc y a bien eu une redécouverte mais pas au niveau des décors 3D que je rêvais de découvrir.

En fait, j’ai la sensation que la révolution 3D met un peu de temps à se réaliser. Autant, je me suis sentie happée par Avatar, autant pas du tout par Titanic 3D et de ce que j’entends sur le sujet, la plupart des films n’ont aucun intérêt dans ce nouveau format, ça n’apporte rien. Le pire serait de voir une floppée de films uniquement basés sur quelques scènes exceptionnelles pour user de la 3D au détriment d’un scénario. Je suppose que d’ici 10 ans, ce sera devenu le procédé habituel et on essaiera de nous revendre de vieux films avec un nouveau procédé révolutionnaire genre la 3D++ avec les casques de réalité virtuelle, là… Ce truc là, j’en ai tellement rêvé pendant mon adolescence.

Quoi qu’il en soit, c’est officiel : je n’irai pas (re)voir un film juste parce qu’il est en 3D.

Je déteste Sarkozy

C’est un aveu pénible à formuler pour moi mais c’est un fait : à J-2 du premier tour des élections présidentielles, je suis dans un état de rejet total du sarkozysme et tout ce que ça représente. Et je n’aime pas ça.

Il n’y a pas de honte à être opposée au Sarkozysme. En 5 ans, je ne suis pas sûre d’avoir approuvé une seule fois ses propos ou ses actes. Sans doute ai-je occulté, on ne peut être perpétuellement en désaccord avec toutes les idées du camp opposé. Mais j’ai un goût amer en bouche, le sarkozysme se résume pour moi à un mensonge, un rejet de l’autre, la culture des apparences et du bling bling. Tout ce que je déteste en somme. Honnêtement, j’étais pas très joyeuse le soir du 6 mai 2007, déçue mais bon, je me moquais gentiment de ceux qui annonçaient à corps et à cris qu’ils allaient quitter la France si Sarkozy était élu. Bon, je continue de me gausser vu que personne n’est parti mais parallèlement à ça, je souffre, j’ai mal à ma France. Et il est temps que ça s’arrête.

Je déteste Sarkozy. Et là, je parle d’affect et ça me perturbe. En politique, on peut condamner les idées tant que l’on veut, argumenter pour expliquer en quoi on est contre (tout en admettant que l’autre ne nous suivra pas forcément) mais détester un homme politique, je trouve ça stérile et gratuit. Je n’aime pas ce sentiment, c’est trop primaire, trop intestinal et pourtant, c’est un fait. Je crois que j’étais pas préparée à ce qui allait arriver. Enfin, je veux dire, c’était tellement pire que ce que j’aurais cru… Et là, l’idée qu’on pourrait en reprendre pour 5 ans me déprime complètement. Je ne supporte plus cette république mesquine, cette clique de médiocres incultes et méchants.

Je déteste Sarkozy. Je le déteste de me faire ressentir ça, de me faire perdre tout sang froid quand je vois des gens à la limite de l’idôlatrie devant lui. Je comprends qu’on puisse être de droite, c’est une question de vision de la société. C’est un choix qui ne se discute pas. Mais sarkozyste, je ne comprends pas. Il est le seul à pouvoir nous sauver de la crise ? Mais ça fait 5 ans qu’il est au pouvoir et qu’on y est jusqu’au cou, que fera-t-il de plus ? Il a menti, manipulé, insulté… Dès le lendemain de l’élection, celui qui déclarait « si je suis élu, je me retirerai quelques jours dans un monastère pour réfléchir » se pavane sur le yacht d’un patron de presse rempli d’oseille. Ca ne présumait rien de bon. Puis il y eut Carla et l’indécence d’une vie privée exposée. Ray ban et rolex au programme, on a eu le menu un peu tard mais on a dégusté. Puis les « descend me le dire en face », les « casse-toi pauv’ con », une racaille bling bling. Tout, on aura tout eu, jusqu’à la stigmatisation d’un peuple entier, les Roms, responsables de tous les maux. Tellement pratique. A défaut de karchériser les cités, il a défoncé les caravanes. Je ne sais même plus de tout ce qui m’a rendue hystérique, en colère, dégoûtée… Il y en a tant eu que j’ai fini par occulter.

Ainsi va la France. J’espère que ça va pas durer 5 ans de plus.

Et sans trop de rapport et surtout sans la moindre transition, je vous offre mon pronostic premier tour basé sur mon ressenti plus qu’autre chose. Je le balance gratuit, sans le justifier parce que j’ai la flemme (la paresse intellectuelle est un cancer, je sais).

– Nicolas Sarkozy
– François Hollande
– Marine Le Pen
– Jean-Luc Mélenchon
– François Bayrou
– Eva Joly
– Philippe Poutou
– Nicolas Dupont-Aignan
– Nathalie Artaud
– Jacques Cheminade

Oui, je crois que Sarkozy va finir en tête du premier tour car les voix de gauche seront plus éparpillées. Non, je ne crois pas en un phénomène Mélenchon, c’était juste la nouvelle mascotte des médias, comme Chevènement et Arlette Laguiller en 2002 (ahahah) et, il me semble, De Villiers en 1995 (re ahahah).

Dimanche, allez voter ou abstenez-vous pour de bonnes raisons. La pluie n’en est pas une, par exemple.

Vote utile, vote futile ?

Vendredi, discussion autour des plateaux de la cantine ? « Pour qui allez-vous voter ? ». Sur 6 personnes, nous avons 2 Hollande, 2 « je vais pas répondre », 1 Mélenchon et un « je sais pas, ça m’emmerde de voter utile au premier tour ». Zoooooom, focus sur cette sentence qui est, tu l’as compris lecteur, le sujet de mon article.

2002, je suis très jeune et un peu survoltée, l’effet fac communiste, peut-être. Le 21 avril, je dépose crânement mon enveloppe contenant le nom de Besancenot dans l’urne. Puis le soir, devant mon écran, la douche froide, la tarte à la rhubarbe maison qui ne passait plus et la nécessité de partir vite de la maison tant ma mère se réjouissait du résultat (elle est pas Le Peniste mais pas du tout du tout de gauche…). D’abord, je m’en suis voulue d’avoir fait ma révolutionnaire de papier mais quand j’ai vu tous les gens de ma fac de gauche ne pas avoir bougé leur cul jusqu’à l’isoloir (mais être néanmoins de toutes les manifs de l’entre deux tours), je me suis dit que moi, au moins, j’avais voté. Je pensais que Jospin passerait au second tour et que de voter extrême gauche serait un petit appel du pied, un « te droitise pas, mec ». Raté. 2007, j’ai été prudente, j’ai voté PS au deux tours et point.

Et 2012 ? Je n’ai jamais caché mon choix, je voterai Hollande. Par peur d’un remake de 2002 ? Non. Juste que, dès le départ, c’est le programme qui me convient le mieux, qui correspond le plus à ce que j’attends. Ah oui, c’est sûr, ça reste un programme raisonnable, « ça fait pas rêver » mais les autres non plus, pardon. Entre les programmes irréalistes, les candidats qui me font flipper et les idées qui ne me conviennent pas, au premier tour, ça ne peut être que Hollande. Et je le vis très bien. Pourquoi choisir un vote forcément exotique au premier tour ? Les crises de colère de Mélenchon me terrorise (c’est bien la peine de le reprocher à Sarko, c’est un peu pareil), Eva Joly, j’aime son accent et sa rhétorique mais le programme est un peu trop light, Nathalie Artaud… Ben j’avoue que je connais pas ses propositions (j’ai pas reçu les programmes encore). Quant à Philippe Poutou, il a l’air de bien trop souffrir le pauvre, laissons retourner à son relatif anonymat dès dimanche soir. Même si vendredi, je me suis offert un petit délire à base de « Non mais comme ce serait trop cool d’avoir un Président qui s’appelerait M. Bisous, ce serait génial ! ». Oui je suis fatiguée parfois. Et fatigante, oui, oui.

Mais celle qui « ne veut pas voter utile » au premier tour ne semble pas convaincue. On est deux à lui expliquer que non, on ne vote pas « utile », on vote par conviction. Mais j’ai la sensation que voter PS ou UMP au premier tour, c’est faire preuve de mollesse, de manque de réelles convictions. On doit être exaltés, on doit voter en dehors des sentiers battus. Même Bayrou, ça compte. Je dis pas ça contre Bayrou mais si y a un candidat du consensus mou et du vote sans danger, c’est bien lui. Pensez-vous sincèrement que les 20% environ qui votent PS ou UMP le font de peur d’une vague rouge ou marine ? Pensez-vous qu’on se retrouve avec un Président « second choix » ? Soyons raisonnables.On peut aussi voter par réel engagement pour ces gros candidats. Le 22 avil, j’appuierai sur le bouton Hollande (oui, je vote électronique moi) sans remords ni regrets. J’attends de ces élections une réelle alternance, je vote donc en fonction.

Maintenant, je respecte le vote de chacun, on peut effectivement voter « petit » candidat (je trouve ça un peu méprisant comme terme) parce que c’est le programme qui convient le mieux. Même Jacques Cheminade qui nous ressort depuis 10 ans son histoire d’ascenseur jusqu’à la Lune (mais bordel comment tu peux obtenir 500 signatures avec ça, sérieusement ?). Il n’y a de bon vote que celui qu’on fait en toute connaissance de cause, pas juste pour faire style.

Le point Tupperware

Hier, je vous parlais débat et de cette impossibilité de convertir l’autre à partir du moment qu’il a une opinion solide et construite. Tu peux en parler pendant des heures, tu resteras rose, il restera bleu. Sauf qu’il n’est pas toujours facile de l’admettre : puisque j’ai raison, tu as tort, c’est mathématique.

Sauf qu’un avis n’est pas une vérité. On peut débattre des heures de qui de la Terre ou du soleil tourne autour de l’autre, un fait est établi : c’est la Terre qui tourne autour du soleil, point. Par contre, pour une foule de sujets, il n’y a pas qu’une vérité, tout n’est question que de perception. En politique, tu peux considérer que l’éducation est un sujet plus important que l’économie, si celui en face pense l’inverse, aucun n’a tort ou raison (à partir du moment où aucun ne s’appuie sur des arguments fallacieux ou de contre-vérité, j’entends). Mais tu ne lâches rien, tu es persuadé que tu es dans le vrai donc si l’autre ne comprend pas, c’est qu’il est con. Et là, paf, point Tupperware.

Rendons à César ce qui lui appartient, ce nom m’a été proposé par Victor Boissel suite à un appel à contribution twitteresque sur le sujet. J’avais aussi point douche bag proposé par Gugli_ (douche bag : Insulte anglo-saxonne, qui peut se traduire par idiot. À l’égard d’une personne qui ne fait que s’écouter parler.) mais j’ai préféré le 1er qui me paraît plus reconnaissable par tous (et ok, je connaissais pas le douche bag). L’idée est celle d’un hermétisme qui te pousse à énoncer que si l’autre n’épouse pas ton avis, c’est qu’il a certaines tares mentales (débilité, inculture, nombrilisme…). En général, tu sens venir poindre le point Tupperware : celui qui s’apprête à le commettre te répète le même argument en boucle comme si la répétition finirait par lui donner raison (mais, c’est comme le volume sonore, c’est pas parce que tu cries que tu détiens la vérité) puis souligne ton manque d’ouverture d’esprit. Lui n’en n’a pas besoin puisqu’il a raison. Tu refuses de l’admettre. Alors t’es con. Point Tupperware. À partir de là, plus de retour possible, chacun campera sur ses positions et le débat est clos. Et tu te seras pris quelques amabilités dans les dents, c’est gratuit, ça fait plaisir.

Pourtant, tout comme le point Godwin ou le point Alonso (ce moment où ton contradicteur sous-entend ou énonce clairement que tu es mal baisée), l’utilisation du point Tupperware est une défaite. Je lis parfois des débats sur Twitter (enfin, débats, en 140 caractères…) et le premier à dégainer un point Tupperware me paraît perdant, une sorte de pirouette discutable prouvant un manque d’argument ou de répondant. Il y a notamment une twitteuse dont j’apprécie les écrits mais qui agresse très rapidement ses contradicteurs à base de « tu peux pas savoir donc tais-toi ». Oui sauf que ne pas avoir d’enfants ou ne pas être une femme n’empêche pas d’observer. J’ai pas d’enfants mais je sais que certains principes éducatifs ne correspondent pas aux valeurs que je souhaiterais inculquer à mes enfants. Je ne suis pas un homme mais je peux voir quelles sont les traits de caractères devant être les leurs sous peine de passer pour des « tapettes ». Pas besoin d’être une femme pour voir le mot régime imprimé en énorme sur tous les magazines s’adressant aux femmes. Une moindre connaissance sans doute, une inculture totale sur le sujet, pas forcément. Et quand on n’a pas d’avis sur un sujet donné, on ne se mêle pas au débat quoi qu’il en soit.

Bref, ne pas être d’accord n’est pas signe de débilité profonde et quitter un débat en criant « de toute façon, t’es trop con pour comprendre » ne fera pas de vous le vainqueur du débat. Bien au contraire.

PS : Par hasard, j’ai découvert que j’avais déjà parlé de l’idée de si t’es pas d’accord, c’est que t’es con, j’avais oublié ! Et je reste sur la même ligne.

Le débat n’existe pas

Le saviez-vous ? Ce week-end, on vote pour élire notre futur President, youpi ! Qui dit élections dit débat. Enfin, « débat » ne me parait pas le mot puisque quels que soient les protagonistes de la discussion, ce ne sont que chicaneries, chacun restant sur ses positions. Et c’est assez normal.

Diner au McDo avec Anna après le navrant Young Adult, on commence à discuter un peu politique. Après lui avoir exposé ma théorie de « 2014-2015, virage du siècle, un grand soir se prépare », on parle de prochain élections à base de « quel que soit le candidat élu, rien ne changera fondamentalement », elle me répond « moi, j’aime pas parler politique, ça sert à rien… (d’en parler, s’entend) et je suis assez d’accord. Anna et moi ne sommes pas du même bord (oui, de mon trio de plongeuse, je suis la seule de gauche d’où sans doute le manque relatif de discussions à ce sujet. Hormis mes théories mais les théories, c’est comme les métaphores, je peux pas m’en passer). Nous avons chacune une opinion politique née de nos expériences de vie, de notre éducation, des milieux fréquentés. Jeune, j’étais dans une fac très (très) à gauche, certain choses me paraissent plus essentielles que d’autres (l’éducation est notre avenir par exemple), mes valeurs sont de gauche, c’est comme ça. Je ne connais pas le parcours d’Anna en matière de réflexion politique mais ce n’est pas parce que nous ne sommes pas du même bord que son opinion a moins de valeur que la mienne. Surtout qu’elle n’est pas Sarkozyste (ça, ça l’aurait éliminée de mon cercle d’amis d’office !) et est plus proche du çentre que de la droite-droite… Bref.

Nous avons donc chacune notre opinion. Tout comme la plupart des individus. Certains ont une opinion molle due à un manque de réflexion ou d’intérêt pour la chose politique et adoptera l’avis de celui qui çrie le plus fort pour avoir la paix (mais crier n’a jamais donné raison). Mais si on prend 2 individus lambda avec un avis solides, construit au fil des années, l’un de droite, l’autre de gauche, il est inutile d’espérer un débat constructif. Au mieux sera-t-il cordial mais en conclusion, chacun restera sur ses positions. On pourra avoir quelques concessions de ci de là, des consensus mous mais jamais ô grand jamais une totale conversion de l’une des parties. Dommage, çe serait drôle dans un débat tele, un candidat ou un politique qui fait unt totale volte face « Mais vous avez raison Mme Berthier. J’étais dans l’erreur depuis 30 ans, vous m’avez ouvert les yeux ! Demain, je rends la carte de mon parti et je viens m’encarter chez vous.  » Ce serait tellement génial. Malheureusement, les conversions sont souvent plus opportunistes qu’idéologiques (coucou Eric B.!).

Non, ça ne se passe pas comme ça et j’ai envie de dire « heureusement ! ». Non mais imaginez un peu le drame : vous avez une opinion construite depuis 30 ans et il suffit d’un débat pour tout détruire. Désespoir total ! Attention, je ne dis pas qu’il faille être buté, l’opinion la plus construite du monde souffre toujours de failles, d’approximation et je pense que quel que soit notre bord, y a toujours un truc qui peut nous plaire en face (mais si allez !). Il ne faut pas être stupidement buté, il faut aussi écouter l’autre et même si on n’est pas convaincu par son système de pensée, ça ne fera de mal à personne de chercher à le comprendre (car comprendre n’est pas cautionner). Le problème, c’est que l’opinion est quelque chose de profond, limite de viscéral, le débat posé est rarement possible. Déjà à mon niveau, quand je lis certains tweets de droite, j’ai envie de tâcler les personnes, surtout celle qui pensent qu‘attaquer Hollande sur sa coiffure ou sa perte de poids est un argument. Ou ceux qui pensent que Poutou est forcement stupide car ouvrier et qu’il ne connait pas la vraie vie. La vraie vie de qui, de quoi ? Mystère. Mais je ne dis rien car je ne vois juste pas l’intérêt, il n’y aura pas de débat, on en restera à des « j’ai raison, t’as tort » – « non, toi d’abord ! » pour finir dans le pire des cas aux insultes. Bof.

Les politiques, eux, c’est pire : admettre que l’adversaire a raison à la télé, c’est lui refiler un paquet de voix et en perdre pas mal vers d’autres candidats, plus solides. Non, mais c’est vrai, imaginez que vous hésitiez entre Sarko et Hollande et que l’un des deux admette que l’autre a raison, vous vous dites « ah ben même son adversaire reconnait qu’il est dans le vrai, je vote pour lui ! ». Naufrage.

Mais bon, le débat politique, ça divertit, on renoue avec la bonne vieille tradition des tribuns et ça permet de constater qui est de droite (Sarko a mis une fessée à Fabius) et qui est de gauche (Fabius a mis la fessée à Sarko) sur vos réseaux sociaux et sourire quand chacun se reproche son manque d’objectivité.